Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Frank Lowe : The Flam (Black Saint, 1975)

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Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Sur la couverture de The Flam, Frank Lowe a le visage symboliste. On pense au sphinx de Boleslas Biegas, dont aurait été corrigée la moue défaite. Le regard est interrogateur, de musique sans doute est-il encore question – Val Wilmer n’insiste-t-elle pas, dans As Serious As Your Life, sur cette vie faite de musique et presque que de cela (jeu, écoute et palabre) ?

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En The Flam, Frank Lowe compose en effet au gré de ses interrogations. Hier, de beaux échanges avec Rashied Ali ou l’éventualité d’un monde à mettre en musique en compagnie de Don Cherry (Brown Rice, borderline). 20 et 21 octobre 1975, l’heure est aux réponses à apporter et le disque qui les consignera prendra le nom de la composition du saxophoniste qu’on y trouve : « The Flam » – définition rapportée : drumbeat consisting of two almost simultaneous strokes of which the first is a very rapid grace note.

Elle est une pièce de free teintée d’un exotisme amusé.  Sa direction est folle et semble avoir été attribuée à Alex Blake, bassiste qui dépose un solo avant d’engager les autres musiciens en présence à dire en belles échappées : Lowe premier de tous et puis Leo Smith (trompette, bugle, flûte), le tromboniste Joseph Bowie et le batteur Charles ‘’Bobo’’ Shaw. Un quartette, donc, dont le tromboniste et le batteur étaient déjà, quelques semaines plus tôt, de l’enregistrement de The Fresh. Un quartette, surtout, dont le raffinement est à entendre sur trois compositions et deux improvisations – la dernière, un solo de Smith, n’atteint pas la minute.

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Déjà sur Black Beings, premier disque personnel publié par ESP-Disk, Lowe avait délégué un peu de ses devoirs de compositeur – c’était alors à Joseph Jarman. Sur The Flam, c’est à Joseph Bowie – dont le « Sun Voyage » est un grand-ouvrage sur lequel Lowe et Smith rivalisent de découpes hardies – et Charles Shaw – sur le « Be-Bo-Bo-Be » duquel le ténor épaissit le trait ou vocalise pour que vole en éclats sa virulence multiforme.

Morceau d’archéologie personnelle : « Si le jazz rock a jamais existé, Frank Lowe en a donné ici l’épreuve la plus convaincante » (Way Ahead, Le Mot et le reste, 2011) : « Third St. Stomp »est une improvisation collective aux éléments de rythme longtemps étouffés. Blake à la basse électrique y apparaît en guitariste dément qui insère des vociférations de 45 (voire de 78) tours au creux du 33 pourtant fabriqué. Un free électrique que les interrogations sensées, les doutes inquiets et les subterfuges fantastiques que l’on trouve partout ailleurs sur The Flam, rehaussent de leur inédite harmonie.

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