Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques OgerLe son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Alessandra Rombolá, Michel Doneda : Overdeveloped Pigeons (Con-V, 2011)

overdevelopedgrizzlys

L’une et l’autre avaient signé jadis un solo sur le label Sillon. Aujourd’hui (en fait 20 avril 2008), ils se penchent ensemble sur le cas d’Overdeveloped Pigeons.

Alessandra Rombolá (flûtes et objets) et Michel Doneda (saxophones soprano et sopranino, radio, objets) partis donc à la découverte d’oiseaux rares dont le souffle fait l’élan : volatiles plaintifs, expressifs voire disant, ou gibier plus commun qui, s’il ne joue pas un peu les surdéveloppés bravaches, s’en fait oublier d’autant. En guise de chants, qui se succèdent semble-t-il selon le développement artificiel de ladite espèce (de fragments de pigeons en pigeons gonflés à bloc) : respirations en partage, sifflements hauts et râles confondants, notes enquillées par la flûte et déraillements du soprano, et même quelques coups de plumes portés à des objets – lorsque ceux-ci ne sont pas plutôt traînés à terre.

C’est d’ailleurs au son des plaintes de ces choses que le duo maltraite qu’il lui arrive de gagner en originalité : pour cela – condition sine qua none ? – il aura dû perdre en assurance.

Alessandra Rombolá, Michel Doneda : Overdeveloped Pigeons (Con-V)
Enregistrement : 20 avril 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ O.V. 02/ E.R. 03/ D.E.V. 04/ P.I.G.E. 05/ O.N.S.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Muta : Bricolage (Al Maslakh, 2010)

grislibricole

Ces travaux de Bricolage sont ceux de Muta, le disque est leur second. Comme sur Yesterday Night You Were Sleeping at My Place, Alessandra Rombolá (flûtes, préparations), Rhodri Davies (harpe électrique, electronics) et Ingar Zach (percussion, drone commander, scruti box), composent avec leurs qualités et leur entente.

Alors, on pourrait reprendre, pour définir cette musique d’établi, les mêmes termes qu’hier – drones encore et pièces sombres autant – auxquels ajouter les éléments d’un langage commun au vocabulaire fourni davantage et dont une roue motorisée disperse les éléments : Rombolá traînant sur le carreau quelques uns de ceux-là lorsqu’elle n’ouvre pas le corps de sa flûte à un bestiaire hurlant ; Davies progressant en discret dans sa forêt de cordes électriques ; Zach commandant tous allumages de moteurs minuscules ou transformant sa cymbale en autre machine à drones.

Célébrer pour finir la persistante angoisse enfantée par la seconde rencontre de Muta sur disque. Au mixage, cette fois, Giuseppe Ielasi : pas étranger non plus aux râles magnifiques du cerbère bricolant.

Muta : Bricolage (Al Maslakh)
Enregistrement : 8 avril 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Driphlith 02/ Encilion 03/ Goriwaered 04/ Hafflau 05/ Llinyn 06/ Osgo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Rombolá, Algora, Zach: … de las piedras (Another Timbre - 2008)

delasgrislis

En six improvisations, Alessandra Rombolá (flûtes et installations), Esteban Algora (accordéon) et Ingar Zach (percussions) parcourent sur ...de las piedras des compositions qu’ils peignent dans le même temps : morceaux d’angoisses dilués puis déposés par couches successives.

Inquiet de matière sonore différente, le trio amasse ainsi nappes longues et notes élaborées dans l’urgence, résonances et bruits parasites, chocs nés de gestes brusques et preuves de lyrisme éteint pour provenir d’une pratique qui a déjà beaucoup donné. Horizontale ici, verticale ailleurs, l’improvisation s’insinue dans l’ombre, avant de tout avaler.


Rombolá, Algora, Zach, ... de las piedras (extrait). Courtesy of Another Timbre.

CD: 01/ ámbar 02/ alabastro 03/ galena 04/ turmalina 05/ jade 06/ amatista >>> Alessandra Rombolá, Esteban Algora, Ingar Zach - … de las piedras - 2008 - Another Timbre. Distribution Metamkine.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Muta : Yesterday Night You Were Sleeping At My Place (Sofa, 2007)

mutasli

Depuis 2003, la flûtiste Alessandra Rombola, le harpiste Rhodri Davies et le batteur Ingar Zach, interrogent, sous le nom de Muta, une musique électroacoustique basée sur quelques structures et bousculée par l’usage impromptu d’un dispositif instrumental recherché. Premier essai discographique, Yesterday Night You Were Sleeping At My Place expose leurs tentatives les plus récentes.

D’une pratique expérimentale ayant pour conséquence la défense d’une abstraction plus ou moins quiète (Birds Wake Up, We Go to Sleep, Coffe And Brain, Daylight Black), le trio peut ainsi passer à la construction soumise à règles de pièces sombres, sur le drone installé par un moteur tenace (Hamida) ou sous les effets grisants de répétitions de cordes et de flûte (Dead Time).

Après avoir servi une musique contemporaine torturée - Passing Time combinant les tensions acoustiques et les interventions électroniques bruitistes -, le groupe finit par tomber sur l’épave d’un vaisseau fantôme craquant sur Vertical Time, morceau résumant à lui seul les aspirations angoissées d’un trio d’expérimentateurs dont la capacité à se montrer convaincants tient de l’habitude.

Muta : Yesterday Night You Were Sleeping at My Place (Sofa)
Edition : 2007.
CD :
01/ Hamida 02/ Birds Wake Up, We Go to Sleep 03/ Dead Time 04/ Passing Time 05/ Vertical Time 06/ Coffee And Brain 07/ Daylight Black
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Alessandra Rombolá: Urueña (Sillon - 2005)

rombosli

Installée à Madrid, c’est en voisine que la flûtiste italienne Alessandra Rombolá s’est rendue à Urueña pour emplir d’improvisations profanes l’église de la ville. Afin d’attaquer un peu les voûtes au son d’expérimentations variées, et de sortir aussi son tout premier disque, Urueña.

Dans lequel on trouve certains éléments tirés d’un répertoire que les improvisateurs du jour ont en commun : rebonds graves des clefs de l’instrument, souffles fulgurants en traversant l’appareil interne, volutes mimant mal les mélodies possibles, grincements contemplatifs et gargarismes échappés en tube.

Evitant les redites, Rombolá assemble ces ingrédients à des touches plus personnelles (interventions vocales proches de grognements d’animaux lourds, recours au subterfuge d’une flûte faite percussion) pour rendre compte enfin d’une densité troublante. Lorsqu’elle prend l’église Ermita de la Anunciada pour cadre de la conduite d’un exorcisme (Hisopo), par exemple, ou quand, redevable, elle y peint la lutte de Jacob avec l’Ange dans une niche oubliée, au moyen de souffles rapides et d’un bourdon sonore installé (Amapola).

Provocante, elle se laisse charmer par l’incantation et sort de sa réserve une danse indienne encore inédite (Nueza). Oscillant sans cesse entre le sacré de l’endroit et le profane de ses propres gestes, Alessandra Rombolá aura, au terme, beaucoup donné sans avoir rien voulu prévoir. Et le plus petit don – larsen et grincements de Jazmín – d’incarner en lui la loi humaine et charmante de l’inabouti.

CD: 01/ Nueza 02/ Hisopo 03/ Dulcamara 04/ Amapola 05/ Quejico 06/ Jazmín

Alessandra Rombolá - Urueña - 2005 - Sillon. Import.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>