Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Cassettes Expéditives : Fusiller, Arno Bruil, Beauty School, Double Morris, Giulio Aldinucci, Pick-Up, BCH+C, Yves Charuest...

cassettes expéditives avril 2015

la passeYves Charuest, Ellwood Epps : La Passe (Small Scale Music, 2014)
2 juin 2014 : Yves Charuest au saxophone alto, Ellwood Epps à la trompette. La passe, improvisée, fait état de la recherche d’un équilibre entre l’instabilité du premier, qui multiplie les angles d’attaque, et la distance du second, qui appose et rappellera Bill Dixon ou Jacques Coursil. C’est seulement en seconde face que le duo parvient à intéresser, quand les graves de l’alto embrassent une trompette désormais dilettante. Reste un manque de tempérament. (gb)

liveBCH+C : Live: Taking a Shot (Small Scale Music, 2014)
Tempérament qui n’aura manqué ni à Charuest ni à ce trio qu’il est venu augmenter le 11 mars 2014 au Cagibi de Montréal : Chris Burns (guitare et batterie), Nicolas Caloia (contrebasse) et John Heward (batterie). Pourtant local, le free jazz n’y est pas réchauffé, mais défait, décidant de retraits dans des progressions pourtant affirmées d’où les musiciens travailleront à une rare harmonie. (gb)

archipelagoGiulio Aldinucci : Archipelago (Other Electricities, 2013)
On aurait vite fait de classer Giulio Aldinucci (Obsil) dans l’ambient à couches genre Biosphere ou Fennesz. Prenons la face A et son rythme qui bouleverse les nappes synthétiques. Prenons maintenant la B où on les dilue pour obtenir deux notes originelles. C’est fait et c’est bien fait et c’est même assez impressionnant ! (pc)

pickup-departure

Pick-Up : Departure (Ultramarine, 2013)
Oui, Frans de Waard multiplie les projets et les enregistrements de tout acabit. Et il fait bien... Avec le guitariste Martin Luiten, il s’empare non d’un pick-up (eh bien, mon gaillard !) mais d’un ordinateur pour tricoter des loops et tailler des drones à l’ancienne. Mais le plus étonnant n’est pas là, non. Le plus étonnant c’est quand il donne une seconde vie aux petits solos de guitare de son comparse pour en faire des refrains galactique. Voilà qui explique le nom de la K7 ! (pc)

a3614433647_2Double Morris : Best-Of the Hightone Years (Pilgrim Talk, 2013)
Une guitare / une voix (oui, mais dans quel sens ?) : Aaron Zarzutzki & Morgan Bausman ont certainement avalé un champignon de trop. Les voilà renvoyés dans leur but (= à leur adolescence : lo-fi de Barlow Lou ou old Pavement ou foutraque genre Daniel Johnston) pour pondre des chansonnettes au mètre. Le plus, c’est justement dans cette manie de l’interruption déglingue, qui leur vaut ce coup de Stetson ! (pc)

a0189367018_10Hexen : - (Diazepam, 2013)
Pas de titre pour cette cassette emballée dans une pochette de velours rouge avec un bout de (je pense) météorite en bois. Bel effort, mais quid d’Hexen ? Eh bien une ambient mélodique aux dérapages stellaires & puis un peu de noise & puis une electronica qui crache son noise de décoration… Bref plein de choses, mais (presque) rien dedans. (pc)

beauty schoolBeauty School : Residual Ugly (Humbler, 2014)
Ce qu’il peut rester des années « college », il faudra aller le demander à Matt Chandler (basse électrique), Tom Djll (trompette & electronics) et Jacob Felix Heule (percussions & electronics). Un souvenir de bruits et de désordre qu’ils tentent aujourd’hui de canaliser et qui donne ces maquettes-bidules qui font des étincelles d’un genre expé lo-fi... qui me sont étrangères, mais qui m’interrogent. (pc)

fusillerArno Bruil, Fusiller : Split (Hum Rec, 2013)
Une split-tape, quoi de plus charmant ? Face A, Arno Bruil (Haute Volta) qui distribue les séquences claustro comme d’autres les coups de marteau avec un goût pour la sifflote et la saturation. Face B, son comparse Fusiller* (Ce temple est la reproduction d’un des bâtiments), qui fait penser à Throbbing Gristle bien sûr mais pas que. Car une loop et une voix lointaine mais forcée noircissent encore et toujours le propos. Un deuxième morceau donnera dans la miniature beat… autrement étonnant ! (pc)

SP2015-logo* Ce samedi 4 avril, Fusiller est à l'affiche du festival Sonic Protest en compagnie de Ryan Jordan et Esplandor Geométrico.

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Erb & Lonberg-Holm Erb Expéditives

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erb_lonberg_holm_sackChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke, Frank RosalySack (Veto, 2011)
Le 2 mai 2011 à Chicago, Christoph Erb embouchait saxophone ténor et clarinette basse en grande compagnie : Fred Lonberg-Holm (violoncelle et guitare), Jason Roebke (contrebasse) et Frank Rosaly (batterie, électronique). Le groupe investit le domaine d’une improvisation aux tensions vives où fleurissent les références (jazz, minimalisme, noise…). Erb brille lorsqu’il répète un motif et le fait vriller, Lonberg-Holm lorsqu’il exalte le collectif, à coups d’archet ou de médiator.

erb_aloneChristoph Erb : Alone (Veto, 2011)
A Chicago déjà, Erb enregistrait un peu plus tôt Alone. Au ténor et à la clarinette basse, enregistrant parfois plusieurs fois pour une même plage, il s’adonnait à l’exercice en solitaire en expressionniste. Dans les pas d’Evan Parker au ténor (évocation de Chicago Solo, que publia Okka Disk), Erb invente dans le même temps qu’il vibrionne, voire s’affole : à bout de souffle, il envisagera encore l’instrument en l’astiquant.

erb_lonbergChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm : Screw and Straw (Veto, 2012)
La clarinette basse est remontée, l’archet la contre avant de l’agacer davantage : les premières minutes de Screw and Straw, duo improvisé le 23 juin 2011, peignent Erb et Lonberg-Holm en querelleurs inquiets des coups qu’ils pourraient prendre. Plus loin, Lonberg-Holm passe à la guitare et part à l’assaut des répétitions du clarinettiste. L’opposition, dans un brouillard électronique, finit par impressionner – sur le neuvième temps notamment.

lonberg_zarzutzkiFred Lonberg-Holm, Aaron Zarzutzki : Feminization of the Tassel (Peira, 2011)
Si cette rencontre Fred Lonberg-Holm / Aaron Zarzutzki commence chichement, elle saura prendre de la hauteur. Lancé par des machines expressives (le violoncelle en est une, ce « no-input turntable » une autre), raclements et tiraillements s’entendent sur une improvisation éclatée à en devenir singulière : certes parfois creuse, mais encourageante (qu’il faudra creuser, donc)…

lonberg_stridFred Lonberg-Holm, Raymond Strid : Discus and Plumbing (Peira, 2012)
Autre référence Peira,  cette improvisation (non datée) oppose Lonberg-Holm à Raymond Strid. Le batteur, qui a appris à plus d’un musicien de quoi retourne le respect, oblige l’archet à plus de concentration. Contrant les coups secs et prenant appui sur les résonances, Lonberg-Holm élabore attaques franches et mouvements de fuite qui font de ces conversations de sensibles  échanges. Aux frileux : les coups pleuvent.

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