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Le son du grisli

2 mars 2021

Katsumasa Kusunose : Gateway To Jazz Kissa / Tohoku (Jazz City, 2020)

grisli gateway to jazz kissa

Que sont devenus les jazz kissa, ces lieux de vie où, au Japon, il est possible de boire (de tout) et d’entendre (du jazz, principalement) ? Combien le livre de Michel Henritzi, Micro Japon, en compte-t-il ? Quelle importance ont-ils eu sur les musiciens japonais que nous écoutons aujourd’hui ? La question d’un jazz imposé au pays, après-guerre, n’est plus d’actualité. Il est d’autres urgences, d’autres catastrophes, un autre quotidien même.

A Tohoku, dans le nord du Japon, le tremblement de terre de 2011 et le tsunami qui l’a suivi ont failli avoir raison du Johnny, le plus fameux des jazz kissa à s’être relevé des secousses. Aujourd’hui, de son café « temporaire », plutôt qu’ « éphémère », Yukiko Terui témoigne : « Comment étais-je supposée servir le café après la catastrophe ? » Elle raconte l’événement, son lieu et sa collection de disques dévastés, et puis la solidarité des « jazz fans ». Elle se dit aujourd’hui contente avec ce qu’elle reçoit de disques qu’on lui envoie et surtout heureuse d’avoir un endroit où manger et dormir.

Le premier volume de « Gateway to Jazz Kissa » dénombre 600 établissements de la sorte, aujourd'hui, au Japon. Moins qu’hier, certes, mais toujours aussi actifs, à en croire les images du Tohoku imprimées dans cette publication : Vanguard (depuis 1967), Pablo ou Café Koropokur : l’espace est réduit mais combien de nos médiathèques envieraient ces bois et ces vues partagées entre pochettes de disques de Monk, Dolphy ou Garland, et le paysage environnant ?

Pour qui voudra aller se rendre compte par lui-même, la brochure nous donne les adresses des lieux choisis, jusqu’au nom de l’arrêt de bus le plus proche. Et puisque Yukiko Terui explique : « Tenir un jazz kissa, c’est rencontrer beaucoup de monde, et c’est fabuleux. »

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microjapon125

 

Gateway to Jazz Kissa
Jazz City
Edition : 2020
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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