Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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The Noiser : The Black Symphony (Monochrome Vision, 2013) / KK Null, The Noiser (Monotype, 2013)

julien ottavi the noiser black symphony

Le nom de scène de Julien Ottavi est The Noiser et c'est certain qu'il n'est pas immérité – il est autant musicien (de noise? de harsh-noise même..) qu'activiste – il porte depuis plus de dix ans la structure APO33, à Nantes, qui est aussi inhabituelle qu'exemplaire en France, soutenant non seulement les musiques « autres » (ou expérimentales) mais également toutes activités artistiques avec une idée forte de leur politisation – que ce soit par des politiques de « copyleft », de leur distribution, que plus simplement par une réflexion sur leur positionnement dans notre monde.

Et parfois le travail d'Ottavi le musicien a pu être occulté par ces activités. Mais cette nouvelle production devrait remettre les proverbiales pendules à l'heure : le nom de « symphonie » n'est pas usurpé pour cette pièce (électronique) basée essentiellement (ou exclusivement) sur l'utilisation de bruits, tels que définis physiquement – bruit blanc, rose, noir, bleu ou fractal, resynthèse granulaire et waveshaping – mais dont la structure est de toute finesse, comprenant (élément inhabituel dans les productions « noise ») des silences ou des ruptures de dynamiques soudaines et surprenantes. Loin du bruit en quelques sorte bien qu'en plein dedans, un des disques les plus réussis de son auteur.

Julien Ottavi (The Noiser) : The Black Symphony (Monochrome Vision / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Prelude 02/ Silcenzio 1 03/ Adagio Mouvement Primo 04/ Canon Mouvement Primo 05/ Silcenzio 2 06/ Mouvement Secundo Presto 07/ Mouvement Secondo Variation 08/ Fugue Mouvement Tercio 09/ Silcenzio 3 10/ Canon Mouvement Tercio 11/ Suite Allegro 12/ Suite Variation Menuet 13/ Finale Lento
Kasper T. Toeplitz © Le son du grisli

kk null the noiser

Un des maîtres incontestés du noise et collectionneur de collaborations (avec Merzbow, Z’EV, Anla Courtis…), KK Null rencontre ici un Noiser français en la personne de Julien Ottavi. Dans ce CD remuant avec des bouts de live dedans, on trouve de la prototechno poussée ou de l’indus technoïde, des lasers et des saturations, des synthés qui mitraillent et des délires de claviers old school. Et tout ça provoque les mêmes choses que les montagnes russes : un super frémissement ou alors la nausée.

écoute le son du grisliKK Null, The Noiser
Untitled

K.K. Null, The Noiser (Monotype)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01-08/ Untitled
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer : The Darkened Mirror (Monotype / Cat Sun, 2013)

tetuzi akiyama tom carter christian kiefer the darkened mirror

Fameux casting sur The Darkened Mirror : Tetuzi Akiyama, Tom Carter et Christian Kiefer. Ca n’étonnera pas les fans des secoués Charalambides, il règne une sacrée atmosphère d’Americana de traviole (gravos, encore bien) sur cette première collaboration américano-nipponne – on sent bien derrière tout ça l’influence de Tom Carter, qui va pêcher à toutes les sources (du blues à la folk) et c’est pour mieux dépatouiller les vieilles et vilaines habitudes.

Ca balance entre Charlie Nothing et Cyan Nugent, on passe sans coup férir d’un méchant trip dans une vieille Cadillac déglinguée à une jam session virtuose et mélodique et au final, on se dit que nom d’un Colt fumant, les gaillards ont vachement plus que six cordes à leur putain d’arc.

écoute le son du grisliTetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer
Sea Hag's Lament

Tetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer : The Darkened Mirror (Monotype)
Edition : 2013.
LP : A1/ Grandmother's Body A2/ Alligator A3/ Bloody Mary A4/ Sea Hag's Lament A5/ The Duendes B1/ The Lady In Lace B2/ The Hook B3/ The Express Train to Hell B4/ The Vanishing Hitchhiker
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Arnold Dreyblatt, Megafaun : Appalachian Excitation (Northern Spy, 2013)

arnold dreyblatt megafaun appalachian excitation

Si Jim O’Rourke signe les courtes notes de pochette d’Appalachian Excitation, est-ce que le folk moderne de Megafaun et l’excentricité minimaliste d’Arnold Dreyblatt – ancien élève de Pauline Oliveros, La Monte Young et Alvin Lucier, qui dut souvent inventer les instruments capables de donner corps à son invention sonore – ont su y trouver un équilibre ?

A l’ « excited String Bass » (qui pourra nous renvoyer à l’Orchestra of Excited Strings qu’il fonda à la fin des années 1970), Dreyblatt s’applique en compagnie du jeune trio (lui aussi obnubilé par les cordes : guitares, banjo, basse, mandoline…) à une musique aux mélodies simples qui pêche en différents lacs (post-rock, folk, pop, drone…). Si quelques sonorités relèvent l’ensemble et si l'on trouve même un certain plaisir à entendre cet étrange Edge Observation qui croise bourdons, harmoniques et parasites, l’essentiel de l’ouvrage se satisfait de marches aux idées minces mais exploitées jusqu’à la corde. Des longueurs, en conséquence, et lorsqu’une idée se concrétise, voici que Dreyblatt et Megafaun l’abattent comme d’autres assomment la truite.

écoute le son du grisliArnold Dreyblatt, Megafaun
Home Hat Placement

Arnold Dreyblatt, Megafaun : Appalachian Excitation (Northern Spy)
Enregistrement : 10 septembre 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Recurrence Plot 02/ Home Hat Placement 03/ Edge Observation 04/ Radiator
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Angelica Sanchez, Wadada Leo Smith : Twine Forest (Clean Feed, 2013)

angelica sanchez wadada leo smith twine forest

Le ton est donné : le premier (Wadada Leo Smith) vrille ses aigus ; la seconde (Angelica Sanchez) plaque l’accord tranchant. La fidélité sera de mise. Les compositions de la pianiste porteront dans leurs veines la mémoire d’astres sombres. La trompette délivrera le filet de son, se perdra et se réverbérera dans le silence. Les accords-glas de la pianiste chercheront les passages secrets. Ceux qui, intimement, tentent d’investir la lumière. Une noire lumière précisément.

Et il aura ces trouées de cuivre, ce surgissement de blues. Un surgissement, certes court, mais qui dit tout des pactes passés. Et il y aura d’autres surgissements : ils auront pour territoire le murmure de la douleur, la masse frappant l’intérieur du piano, le velours des attentes. Et il y aura, surtout, deux musiciens portant à bras le corps une musique s’ajustant à leurs denses élans.

Angelica Sanchez, Wadada Leo Smith : Twine Forest (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Cones of Chrome 02/ Veinular Rub 03/ Retinal Sand 04/ Echolocation 05/ Light Black Birds 06/ Twine Forest 07/ In the Falls of… 08/ Ultimate Causes
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Yann Novak : Snowfall (Dragon’s Eye, 2014)

yann novak snowfall

Derrière son Snowfall, Yann Novak remercie (entre autres) Steve Roden, Richard Chartier, Robert Crouch, Stephen Vitiello, Lawrence English… Si je ne sais pas exactement pourquoi, je jurerais qu’il s’agit là d’une question, si ce n’est d’influence, au moins d’accointances.

Car cette pièce d’une heure (tout pile) nous transporte dans les hautes sphères… Crescendo (après les ablutions d’usage, me voilà en soucoupe), nous montons lentement, passons des champs magnétiques ou électrostatiques, bref des strates & des strates de sons et parfois parfois parfois d’images. Spatial, horizontal (quand ses couches de synthés vous apaisent), Novak s’occupe de l’ascension et s’en occupe bien. Bon, maintenant, si au jeu du blind test, un de ces soirs [de merde, comme celui d’hier, où à une soirée de trentenaires névrosés on vous teste en vous balançant un musicien expérimental aveugle & sourd du Sud Pérou et que là bah oui connard on sèche - si tu t'es reconnu, sache que cette chronique sera twittée], j’ai du mal à faire la différence entre l’art de Yann Novak et ceux de ses « accointés », faudra pas m’en vouloir… [On se réconciliera sur un bon Get Lucky.]

écoute le son du grisliYann Novak
Snowfall (extrait)

Yann Novak : Snowfall (Dragon’s Eye Recordings)
Edition : 2014.
CD : 01/ Snowfall
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Dave Rempis' Aerophonic Expéditives

dave rempis aerophonic expeditives

S’il a déjà autoproduit quelques disques par le passé – deux Ballister, notamment –, Dave Rempis n’avait, jusque-là, pas éprouvé le besoin de donner un nom à leur « étiquette ». Aujourd'hui, les choses ont changé : son label a pour nom Aerophonic.

phalanx

Rempis Percussion Quartet : Phalanx (Aerophonic, 2013)
La première référence Aerophonic documente, en deux disques, le développement du Rempis Percussion Quartet. En concerts – à Milwaukee le 12 juin 2012 et à Anvers le 25 avril 2012 –, la batterie double (Daisy / Rosaly) et la contrebasse (Haker Flaten) invectivent quand Rempis s’amuse avec brio à leur faire perdre leurs repères : ainsi, louvoie-t-il ici pour exacerber ailleurs les tensions contenues en courts motifs qu’il répète. Alto, ténor et baryton, nerveux tous, jouent de l’étincelle et de la cogne avec un art toujours épatant.

boss of the plains

Wheelhouse : Boss of the Plains (Aerophonic, 2013)
En Wheelhouse, formé en 2005, Rempis côtoie Jason Adasiewicz (vibraphone) et Nate McBride (contrebasse). En concert à Chicago (Izzy’s Palace) le 9 octobre 2010, le trio progresse à pas feutrés, flottant parfois, sur dix pièces inquiètes de format chanson. De Song Sex Part 1 à Song Tree – et exception faite sur ce Song for Teens plus tourmenté –, Wheelhouse développe un air d’Easy Way qui cache de belles étrangetés (cet archet grave qui embrasse les longues notes d’alto sur Song Hate, première de toutes).

second spring

Dave Rempis, Tim Daisy : Second Spring (Aerophonic, 2014)
Enregistré en studio le 20 mai 2013, Second Spring poursuit les efforts entamés en 2005 par le duo avec Back to the Circle. Le souffle mis au service d’autres motifs courts n’empêche pas la confection d’un patchwork bigarré : les échanges vifs, les réflexions mêlées et les accords soudains redisent l’entente de partenaires qui se connaissent bien : l’un, souffleur de notes grisantes ; l’autre, carillonneur d’avant-poste.  

aphelionDave Rempis, Joshua Abrams, Avreeayl Ra : Aphelion (Aerophonic, 2014)
Extraits de trois concerts datés de 2013, Aphelion donne à entendre Dave Rempis (alto et baryton) aux côtés de Josh Abrams (contrebasse, gambri et petite harpe) et Avreeayl Ra (percussions). Entre deux légères impressions d’Afrique (évocations sans doute de celle que Rempis a jadis connue), Abrams et Ra, s’ils peinent à enthousiasmer, démontrent quand même une force qui enjoint le saxophoniste à dévier beaucoup. Lui trace alors presque autant de directions qu’il dessine de lignes : instable, l’invention de Rempis est autrement pertinente.

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Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9, 2013) / CMKK : Gau (Monotype, 2013)

sergio sorrentino machinefabriek vignettes

On aurait bien vu Rutger Zuydervelt alias Machinefabriek à l’affiche du récent Stream Machines. Toutefois, au lieu de suivre le panneau Den Haag, c’est du côté de l’Italie de Sergio Sorrentino que les pas du Rotterdamois se sont dirigés pour des Vignettes nuancées et délicates (mais…).

Très présente, l’électronique du Néerlandais s’inscrit en contrepoint du jeu de guitare de l’Italien. Parfois, l’apport de ce dernier tend carrément vers la sourdine, et le travail d’orfèvre-pâtissier de Zuydervelt imprime des caractères numérisés à l’extrême – d’ailleurs, Echi Del Tempo / Echo’s van de tijd est le titre le plus réussi, because à l’opposé de cette vision étriquée.Car oui, la recette ne fonctionne que partiellement, et la compatibilité des deux protagonistes guère évidente pour qui aura laissé au clou son casque de mineur. Et pour le coup de grisou, on retournera en 2009, quand Zuydervelt s’amourachait d’Andrea Belfi (Pulses And Places).

Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9 Under The Sky Records)
Edition : 2013.
CD : 1/ Prefazione / Introductie 2/ Caduta Libera / Vrije Val 3/ Trotto / Draf 4/ Buco Nero / Zwart Gat 5/ Echi Del Tempo / Echo's Van De Tijd 6/ Rettile / Slakkegang 7/ Pendolare / Forens 8/    Frammenti / Fragmenten 9/ Perdersi / Dwaling  10/ Ghirigoro / Doedel 11/ Trasformazione / Transformatie     12/ Alba / Dageraad 13/ Nebbia Fitta / Dichte Mist
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

cmkk gau

Insatiable, l’ami Machinefabriek, le revoici membre du trio CMKK aux cotés de Jan et Romke Kleefstra, soit trois des quatre équipiers du merveilleux projet Piiptsjilling, dont on ne vantera jamais assez l’unique Wurdskrieme. Habitués des titres en Frison, les trois compères remettent le couvert avec Gau, qui exprime une idée de vitesse et d’urgence. En prime, Jan Kleefstra lit de sa fascinante voix rauque les textes dans sa langue maternelle, soutenus de main de maître par Machinefabriek et son Jan de frangin. C’est formidablement troublant, parfois carrément trippant, on sent le vent glacé souffler de la Mer du Nord en novembre et ça donne une envie bandante d’apprendre la langue séance tenante.

écoute le son du grisliCMKK
Gau (extrait)

CMKK : Gau (Monotype)
Edition : 2013.
CD : 01/ Gau
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Joana Sá : Elogio da desordem (Shhpuma, 2013)

joana sa elogio da desordem

A celles et ceux qui furent hypnotisé(e)s par l’entêtante musique du Tabou de Miguel Gomes, on conseillera vivement cet Elogio da desordem. Parce que multi-facettes (musique de films, improvisation, concertos pour piano de Cage…), Joana Sá captive. Après l’écoute de cet enregistrement solo, nous pouvons rajouter : envoûte.

L’univers de la pianiste portugaise est ample, infini. C’est un royaume de mélanges et de fusions. Les voix s’imbriquent. Elles chuchotent, murmurent. Le piano est anxiogène ici, éclaté ailleurs. Il sillonne la rafale, s’interrompt brusquement. Il est violence et ne s’approche que de très loin de la douceur. On pourra refuser cette tentation du brouillage. Ou s’abandonner à sa perte. Comme un cauchemar, les tensions s’amplifient, gomment le jeu de la pianiste. Ici, l’on grésille, l’on grignote et l’on abîme l’évidence. Ici, sonnettes et sirènes aiment à faire sursauter l’auditeur. Ici, le désordre se consomme large et sans prudence. Et l’on aime cela. Passionnément, intensément.
 

Joana Sá : Elogio da desordem (Shhpuma Records)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Ouverture 02/ Hierarchy of Insanity 03/ Weakness of Solids 04/ All That Is Light Has a Dark Part 05/ Praise of Disorder 06/ Reality, Imagination 07/ The Elegant Fall
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Pacific 231, Lieutenant Caramel : Aunt Sally (Alone At Last, 2013)

pacific 231 lieutenant caramel aunt sally

Field recordings, guitare, electronics, art acousmatique… Du début à la fin (six morceaux dont deux captés en concert), la (nouvelle) rencontre des deux figures indus que sont Pacific 231 et Lieutenant Caramel tire dans tous les sens, s’en tenant quand même à une citation de Pierre Schaeffer, qui dit : « Le bruit est le seul son parfaitement adéquate à l’image, car l’image ne peut montrer que des choses et le bruit est le langage des choses. »

Et puisque les choses que nous montrent Pierre Jolivet (Pacific 231) et Philippe Blanchard (Lieutenant Caramel) sont bruyantes et folles, leur langage doit bien s’adapter... Tour à tour concret, usurpé, polyglotte, abstrait, il semble chercher une chose et une seule : ne surtout pas chercher à entrer en contact avec l’autre (en l’occurrence... avec moi). A force, et sans la poésie de leurs camarades Hjuler & Bär, les deux hommes nous servent à la place de leur « Tante Sally » une « attente salie » (pardon tata) qui se montre passablement ennuyeuse…

Pacific 231, Lieutenant Caramel : Aunt Sally (Alone at Last)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Yellow House in Beirut 02/ Birolo 03/ Bagliore 04/ Perhentian Kecil 05/ Angela Palnep Chu 06/ L’autre massacre
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Akos Ròzmann : Images of the Dream and Death (Ideologic Organ, 2013)

akos rozmann images of the dream and death

Cette réédition bienvenue – en 3 LP vinyles, mais c'est là plus une question de mode, le vinyle ayant le vent en poupe en ce moment, et surtout, intéressant un public « autre » (plus jeune) qui n'achèterait jamais ces mêmes musiques en CD – donne à entendre un compositeur passionnant, peu (ou pas ?) connu en France, auteur d'une musique des plus singulières : Akos Ròzmann (1939 - 2005) est né en Roumanie mais a passé la majeure partie de sa vie adulte en Suède où, entre autres, il était l'organiste attitré de la Cathédrale de Stockholm en même temps que l’hôte fréquent d'EMS, le studio de musique électronique de cette ville.

Et cette apparente contradiction (entre la musique « classique » et la recherche acousmatique) se retrouve non seulement dans sa production musicale mais dans sa vie toute entière : que ce soit dans la position du fervent catholique persuadé d'être en permanence entre deux portes – ciel et enfer – et ne parvenant à en ouvrir aucune, que dans celle du compositeur de solide formation classique qui la rejette en bloc, persuadé qu'il est qu'elle ne peut plus parler d'aujourd'hui.

Et effectivement ces Images of the Dream and Death donnent à entendre une autre part, qu'on aurait envie de situer entre les mystères et les violences d'un Moyen-Age et une autre électricité, pétrie de crainte, de respect et de terreur.

Akos Ròzmann : Images of the Dream and Death (Ideologic Organ / Editions Mego / Metamkine)
Réédition : 2013.
3 LP : A : Part I & Part II (Attacca) B : Part II 20:53 C : Part II (conclusion) & Part III D : Part III E : Part III F : Part III (Conclusion)
Kasper T. Toeplitz © Le son du grisli

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