Le son du grisli

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Archives des interviews du son du grisli

Phantom Orchard Orchestra : Through the Looking Glass (Tzadik, 2014)

phantom orchard orchestra through the looking glass

Crénom, quitte à être courageux (c’est un synonyme de « mâle »), je le dis et je vais le dire : maintenant c'est confirmé j’aime pas Phanthom Orchard Orchestra, ce repère de zombies femelles qui trustent l’électroamoustique – mon gars, y’a que les femelles qui piquent ! –  comme d’autres (des gars et des vrais) s’en mettent par-dessus (et même dessus tout court) la cravate.

Ça crinouille larmoyant (The Beauty and the Beast me l’accorde) et t’as de la pince au piano et à la harpe que t’en veux bientôt plus (mais alors plus jamais) et par-dessus tout ça, on trouve quoi ? De la bobine musicale qui ferait même pas une bonne B.O. pour un 8 mm de Jacques Demy. En bonne soumise qui a couché, fière de la chevelure d’un centimètre qu’elle a sur le caillou (voilà que je parle de moi à la troisième personne), je vais te balancer les noms : Zeena Parkins, Ikue Mori, et avec qui que je te le demande ?... Maja Ratkje, Sylvie Courvoisier, Sara et Maggie Parkins.

Mais aussi, en bonne coucheuse toujours, j’ose avouer maintenant (une fois la guerre passée) l’amour (contraint, maman) que j’ai eu pour Maja. C’est pas dans mes habitudes de pleurer comme une femme mais nardinamouk cette mélodie de voix sur Goblin Spider m’a tiré quelques larmes (de crococils). A tel point que j’ai trouvé (sur un titre et sur un titre seulement, je vous le jure mon Père) que le dégingandé et les chinoiseries (je dis pas ça parce que je suis raciste, les gars) des sorcières Parkins et Mori valaient bien le détour (un détour d’un morceau sur douze qu'elles ont enregistrés !) et que ça a même fait ressortir le côté femelle qu’il y a en moi. Vilaine(s) !

Phantom Orchard Orchestra : Throught the Looking Glass (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 18-19 octobre 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Luminous Fairies 02/ Goblin Spider 03/ The Little Mermaid 04/ The Snow Queen 05/ Alice In Wonderland 06/ Kaguya 07/ Snow White 08/ Hedgehog In the Fog 09/ The Beauty and the Beast 10/ Psyche and Cupid 11/ The Ugly Duckling 12/ Sleeping Beauty
Pierre Cécile © Le son du grisli

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New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point, 2013)

new york art quartet call it art

John Tchicai : « Roswell Rudd et moi voulions nous regrouper pour jouer davantage. Je l’appréciais en tant que personne et que musicien. Je voyais bien que le NYC5 tirait sur sa fin… Alors, nous avons commencé à rechercher les bonnes personnes… » La recherche en question mènera à la création, en 1964, du New York Art Quartet, ensemble que le saxophoniste et le tromboniste emmèneront quelques mois seulement (si l’on ne compte les tardives retrouvailles) et dans lequel ils côtoieront Milford Graves (troisième pilier d’un trio, en fait, diversement augmenté), JC Moses et Louis Moholo, pour les batteurs, Lewis Worrell, Reggie Workman, Don Moore, Eddie Gomez, Bob Cunningham, Richard Davis et Finn Von Eyben, parmi les nombreux contrebassistes.

A la (courte) discographie du New York Art Quartet, il faudra donc ajouter une (imposante) référence : Call It Art, soit cinq trente-trois tours et un livre du même format, enfermés dans une boîte de bois clair. Dans le livre, trouver de nombreuses photos du groupe, quelques reproductions (boîtes de bandes, pochettes de disques, partitions, lettres, annonces de concerts, articles…) et puis la riche histoire de la formation : présage du Four for Trane d’Archie Shepp, naissance du ventre du New York Contemporary Five (lui-même né du Shepp-Dixon Group) et envol : débuts dans le loft du (alors) pianiste Michael Snow, arrivée de Milford Graves et liens avec la Jazz Composers’ Guild de Bill Dixon, enregistrements et concerts, enfin, séparation – possibles dissensions esthétiques : départ de Tchicai pour l’Europe, qui du quartette provoquera une nouvelle mouture ; rapprochement de Graves et de Don Pullen, avec lequel il jouait auprès de Giuseppi Logan… Dernier concert, en tout cas, daté du 17 décembre 1965.

call it art a                  call it art b

Au son, cinq disques donc, d’enregistrements rares, sinon inédits : extraits de concerts donnés à l’occasion du New Year’s Eve ou dans le loft de Marzette Watts, prises « alternatives » (« parallèles », serait plus adapté), morceaux inachevés et même faux-départs : toutes pièces qui interrogent la place du soliste en groupe libre et celle du « collectif » en association d’individualistes, mais aussi la part du swing dans le « free » – Amiri Baraka pourra ainsi dire sur le swing que l’on n’attendait pas de Worrell –, l’effet de la nonchalance sur la forme de la danse et sur la fortune des déroutes, la façon de trouver chez d’autres l’inspiration nouvelle (Now’s The Time ou Mohawk de Charlie Parker, For Eric: Memento Mori ou Uh-Oh encore – apparition d’Alan Shorter –, improvisation partie du Sound By-Yor d’Ornette Coleman), le moyen d’accueillir le verbe au creux de l’expression insensée (Ballad Theta de Tchicai, sur lequel Baraka lit son « Western Front »)… Autant de morceaux d’atmosphère et de tempéraments qui marquent cet « esprit nouveau » que Gary Peacock – partenaire de Tchicai et Rudd sur New York Eye and Ear Control d’Albert Ayler – expliquait en guise de présentation à l’art du New York Art Quartet : « Plutôt que d’harmonie, on s’occupait de texture ; plutôt que de mélodie, on s’inquiétait des formes ; plutôt que le tempo, on suivait un entrain changeant. »

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Rosmosis

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Now's the Time

New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point)
Enregistrement : 1964-1965. Edition : 2013.
5 LP + 1 livre : Call It Art 1964-1965
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience, 2014)

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Mettre un disque de Ghédalia Tazartès, c’est un peu comme aller voir ses grands-parents (quand on en a encore) : on sait ce qu’on va (ce qu’on peut) y trouver, on sait d’avance les temp(o)s morts (avant eux), les désillusions, la naphtaline, mais aussi… on n’est pas à l’abri des surprises cachées dans le grenier.

Alors on y revient, au Tazartès, et ce disque LA. ne nous fait pas regretter l’habitude qu’on a prise. Car dès les premières secondes, son folklore sous les bombes ressurgit, comme son langage replié pour cause d’intempérie dans une boîte en carton (c’est que, diantre, sa chanson est soluble !), ses airs de diasporiste à jambe unique, sa guimbarde triple-note, son harmonica-désamorcé, ses flûtes engrenaillées, ses psalmodies tibéto-couinardes, ses voix de fausset faussées (à la Romico Puceau), sa poésie salasse, ses oiseaux gonflés à l’hélium, sa nostalgie-vodka hypnotique, ses messages subliminaux (n’entends-je pas « il vient de me dire non » ou « l’amour, c’est tant de boisson » ?). Désaxé, certes ;  hirsute, certes ; plein, tambien !

Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience / Metamkine)
Edition : 2014.
LP : A1-A6/ Oslo – Solo B/ LA.
Pierre Cécile © Le son du grisli


GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando : Wellenfeld : For Amplified Brainwaves (Fragment Factory, 2014)

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Le concept est de Rudolf Eb.er et la conception de l’instrument (casque sans fil transmettant à Rashad Becker les ondes cérébrales des quatre hommes qui le portent : GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando) du Dr. Mick Grierson. Mixant les signaux qu’il obtient, Becker fait de la musique. A celle-ci, les cobayes peuvent réagir.  

L’expérience – enregistrée le 2 décembre 2012 à Bristol dans le cadre du festival EXTREME RTUALS – est d’une demi-heure, au cours de laquelle les émissions inspirent donc autant qu’elles composent une musique diffusée sur huit enceintes. Après quelques crépitements, les premières ondes diffusent, rechignant certes au motif musical mais multipliant les travestissements : bourdon d’orgue ancien, encodages variés, programmation électronique impétueuse ou morse télégraphique. A l’ombre de l’expérience rare, Jupitter-Larsen, Lanz, Eb.er et Dando augmentent leurs discographies de bruits neufs et exaltants.   

GX Jupitter-Larsen, Joke Lanz, Rudolf Eb.er, Mike Dando : Wellenfeld : For Amplified Brainwaves (Fragment Factory)
Enregistrement : 2 décembre 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Wellenfeld : For Amplified Brainwaves
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Roscoe Mitchell : Conversations I & II (Wide Hive, 2014)

roscoe mitchell conversations i & ii

Pas facile de converser avec qui ne veut pas. Conversation I porte assez mal son nom. L’un déverse son souffle continu sans se soucier de l’autre. Le second place sa métronomie glaciale sans se préoccuper du premier. Et le troisième, le seul qui écoute, essaie de rendre cohérent ce qui ne le deviendra jamais. Tout commence donc très mal (Knock & Roll). Par chance, les silences et autres battements d’ailes chers à Roscoe Mitchell s’immiscent dans le chaos (Ride the Wind). Maintenant, le saxophoniste cajole le sifflement, le percussionniste filtre les attentes, le pianiste use de synthétiseurs d’un autre âge : courts moments de grâce au milieu d’une improvisation aride et sans perspectives. Dispensable.

Plus resserrées ces Conversations II bénéficient  d’une toute autre écoute. La batterie démonstrative de Kikanju Baku trouve sur son chemin un Roscoe Mitchell en état de transe plénière. Craig Taborn n’est plus témoin impuissant mais déploie de (très) vives séquences. Les duos ne sont plus négligés (mention spéciale aux dissonances made in Mitchell-Taborn) et on se délecterait presque de l’hystérie percussive que l’on avait tant damnée dans le disque précédent. Indispensable.

Roscoe Mitchell, Craig Taborn & Kikanju Baku : Conversations I (Wide Hive / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Knock & Roll 02/ Ride the Wind 03/ Distant Radio Transmission 04/ Rub 05/ Who Dat 06/ Splatter 07/ Cracked Roses 08/ Outpost Nine Calling 09/ Darse 10/ Last Trane to Clover Five

Roscoe Mitchell, Craig Taborn & Kikanju Baku : Conversations II (Wide Hive / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Frenzy House 02/ Chipper & Bing 03/ Stay Hayfer 04/ They Rode for Them 05/ I’ll See You Out There 06/ Wha-Wha 07/ Bells in the Wind 08/ Shards & Lemons 09/ Just Talking 10/ Next Step 11/ Fly Over Stay a While
Luc Bouquet © Le son du grisli



Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Gianna de Toni, Christophe Berthet, Raphaël Ortis : Trees (Creative Sources, 2014)

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Au Tcha3, où Creative Sources et Ernesto Rodrigues ont leurs habitudes, fut enregistré Trees le 22 mai 2013. Auprès du violiniste, le violoncelle de Guilherme Rodrigues, la contrebasse de Gianna De Toni, la basse électrique de Raphaël Ortis et – pour contrebalancer peut être le poids des cordes – le soprano de Christophe Berthet.

De part et d’autre du trébuchet – taillé peut-être dans un des arbres dont il est question –, on trouverait ainsi le saxophoniste opposé à ses camarades. Le jeu de bascule commande précision et patience, qui ménage bruissements (violon interrogé de l’ongle, graves soignés à l’archet, partitions mécaniques étouffées) et souffles voilés. Habilement suspendus, les éléments sonores forment bientôt dans l’espace une composition que se disputent impression de louvoyer et expression affranchie. Cinq improvisateurs s’en trouvent lévitant.  

Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Gianna de Toni, Christophe Berthet, Raphaël Ortis : Trees (Creative Sources)
Enregistrement : 22 mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Ancient Trees 02/ Whistling Trees 03/ Lonely Trees 04/ Moonlit Trees 05/ Tree of Life
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Hecker : Articulação (Editions Mego, 2014)

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En parlant de légende, Hecker nous a déjà fait le coup avec au moins un disque totalement bouleversant, le formidable Acid In The Style Of David Tudor (2009), sans même parler de son überintransigeant Palimpset aux côtés de Yasunao Tone en 2004. Tant qu’à faire et demeurer dans le ton des noms qui en jettent, l’artiste allemand convoque sur Articulação – accrochez-vous au laptop – la très grande Joan La Barbara où la soixantaine largement atteinte, l’ex-membre du Philip Glass Ensemble démontre qu’elle n’a rien perdu de son pouvoir ensorcelant, tellement au-delà des conventions vocales de notre temps.

Fascinantes d’hypnose obsessive, les vingt-cinq minutes de sa performance au micro (Hinge) ne mettent toutefois pas en péril le reste du projet, du même très haut calibre. Le second morceau Modulator se veut un rappel totalement bienvenu à l’acide et à David Tudor (à croire que c’est le morceau oublié à l’époque), alors que les voix germano-androgynes de Sugata Bose et Anna Kohler revisitent Hinge de telle manière qu’on croit à une nouvelle composition. Bref, un nouveau chef-d’œuvre signé Florian Hecker.

Hecker : Articulação (Editions Mego)
Edition : 2014
CD : 1/ Hinge*     2/ Modulator (… meaningless, affectless, out of nothing …) 3/ Hinge**
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Ryoji Ikeda : supersymmetry (Nantes, Lieu Unique, 2014)

ryoji ikeda supersymmetry nantes lieu unique 2014

On pourra aller s’informer ailleurs – sur le site du Yamaguchi Center for Arts and Media, notamment – des soucis et des objectifs de supersymmetry (parallèles, superposition, synergies…), des intentions et des motivations de Ryoji Ikeda (inspirante résidence au CERN, intérêts pour l’inconnu et le probable, pour la physique subatomique et la Matière noire, …) : au sol, la double-installation est faite de trois tables lumineuses et, à quelques pas de celles-ci, d’une salle de contrôle dans laquelle deux double-rangées d’écrans sont séparées par un long couloir.

La lumière sera celle, intermittente, que produiront les machines ; l’origine des sons restera, elle, inconnue. Les tables de verre – qu’une règle-partition peut scanner – recouvrent des boîtes carrées dans lesquelles des billes roulent sur un plateau en mouvement lent. L’inclinaison semble dictée par un signal sonore, à moins que le signal en question ne trahisse en fait le mouvement opérant. Même question de cause et d’effet pour la trajectoire des billes : réagit-elle aux flashs subits et stroboscopes ou les provoque-t-elle sournoisement ? Le ballet est de patience, c’est-à-dire : d’attente, de déclenchement, de révolution, de nouvelle attente enfin.

Dans la salle de contrôle, une quarantaine d’écrans se font face qui, en blanc, noir et rouge, font état – retranscrivent peut-être – d'une sérieuse recherche. Les graphiques y abondent, chassés bientôt par l’image reprise de ces billes en mouvement ou par un cliché de galaxie éclatée. Derrière les deux rangées d’écrans, en parallèle, d’autres écrans encore sur lesquels le Temps ne passe pas mais court, affolé, tant l’enjeu de l’expérience et la charge de travail qu’elle représente lui interdit tout loisir.

Sévère d’aspect, l’installation mêle à l’inquiétude de science et au numérique qui la domine une poésie que son (aux aigus qu’on lui connaît, Ryoji Ikeda a travaillé quelques graves qui impressionnent et forgé un langage inédit qu’il donne à entendre) et même images (transcriptions incompréhensibles de quelles recherches en cours, dans ce langage justement) lui confèrent. Ainsi ce qui échappe au poète (les preuves de vérité) et ce qui échappe au scientifique (la vérité prouvée) s’accordent, en supersymmetry, au son et à l’image d’un bel art installé.

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ikeda droite  ikeda gauche

Ryoji Ikeda, supersymmetry (installation), Nantes, Lieu Unique, du 27 juin au 21 septembre 2014.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Jaki Liebezeit, Hans Joachim Irmler : Flut (Klangbad, 2014)

jaki liebezeit hans joachim irmler flut

Je ne remercierais jamais assez Jaki Liebezeit (ex CAN) et Hans Joachim Irmler (ex Faust) de nous avoir démontré que ce n’est pas dans les vieux pots à tabac qu’on trouve de quoi faire les meilleures prises…

En effet, Flut nous fait non seulement regretter le krautrock de jadis mais l’on se demande maintenant si ses provocations n’étaient pas là pour cacher une épaisse couche de nullité. C’est cette couche que Flut mettrait au jour avec ses percussions qui tournent comme aurait pu le faire un rythme d’accompagnement de Casio ou sa batterie qui accouche d’un binaire pas contrariant & son orgue qui fait part d’un dilettantisme (débutantisme ?) avachi et donne dans l’improvisation psyché-quoik d’une stérilité mes aïeux… Flut !, après Neu! voici donc Nul !

écoute le son du grisliJaki Liebezeit, Hans Joachim Irmler
Flut (Extraits)

Jaki Liebezeit, Hans Joachim Irmler : Flut (Klangbad)
Edition : 2014.
CD : 01/ Amalgam 02/ Golden Skin 03/ Ein Perfektes Paar 04/ Sempiternity 05/ Washing Over Me 06/ König Midas
Pierre Cécile © Le son du grisli


Rodrigo Amado : The Freedom Principle / Live in Lisbon (NoBusiness, 2014) / Wire Quartet (Clean Feed, 2014)

rodrigo amado motion trio peter evans the freedom principle

Hier avec Jeb Bishop, aujourd’hui avec Peter Evans, le Motion Trio (Rodrigo Amado, Miguel Mira, Gabriel Ferrandini) déploie de brûlantes pistes.  La matière est grouillante, souterraine toujours. Cette fondation (Shadows) l’aide à s’élever. Flottante puis se précisant, la voici terre sauvage, le trompettiste s’en allant décrisper des phrasés jusque-là ceinturés. Et le saxophone ténor de le rejoindre au sein de cette rugissante fourmilière.

Ailleurs (The Freedom Principle, Pepper Packed), le Motion Trio retrouve ses tanières : saxophone aux graves soyeux, violoncelle oublieux de son archet, percussionniste aux bibelots grouillants. Mais ne rate pas l’occasion d’attiser la rousseur des incendies passant à sa portée. Ne change rien et tout sera différent disait l’autre…

Rodrigo Amado Motion Trio, Peter Evans : The Freedom Principle (NoBusiness)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ The Freedom Principle 02/ Shadows 03/ Pepper Packed
Luc Bouquet © Le son du grisli

le son du grisli

rodrigo amado motion trio peter evans live in lisbon

Sur vinyle et en public, le Motion Trio + Peter Evans ne prend pas de gants pour ferrailler sec. Le trompettiste ose les terres du grand Donald A. et réinvente la wah-wah d’Hendrix, le saxophoniste encourage le cri, la rythmique retrouve son rouge vif. Le free jazz est en fête. Ceci pour la face A. Quand le calme se propage, Amado et Evans sablent leurs souffles. Puis, jettent leurs unissons aux orties. S’embarquent alors en discussion râpeuse. Moments de franches intensités illuminant une face B très animée.

Rodrigo Amado Motion Trio, Peter Evans : Live in Lisbon (NoBusiness)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Conflict in Intimacy B/ Music Is the Music Language
Luc Bouquet © Le son du grisli

le son du grisli

rodigo amado wire quartet

Préférant le feutre au silex, le ténor de Rodrigo Amado se met à l’unisson du Wire Quartet : intimité ouatée, longue exploration de la matière, crescendos goulument exposés. Mais, incité par le jeu profond et abondant du batteur-percussionniste (Gabriel Ferrandini, un percutant comme on les aime), le  saxophoniste moissonne des poudres grises, volcaniques. Et les fait partager à ses petits camarades (Manuel Mota, faux Bailey, vrai bluesman / Hernani Faustino, contrebassiste à la découpe franche). Ainsi s’exprimait le Wire Quartet en deux journées de janvier 2011.

Rodrigo Amado : Wire Quartet (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Abandon Yourself 02/ Surrender 03/ To the Music
Luc Bouquet © Le son du grisli



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