Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Peter Brötzmann Graphic WorksAu rapport : Rock In Opposition XParution : Du piano-épave de Ross Bolleter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Eventless Plot : Structures (Creative Sources)

eventless plot structures

On pourra désormais envisager le monde d’Eventless Plot en ces Structures que portent Vasilis Liolios (piano, synthétiseur analogique, bols chantants, objets…), Yiannis Tsirikoglou (guitare, électronique) et Aris Giatas (piano préparé ou non, cloches). Flottantes, puisque le trio peut les improviser « seul » ou en compagnie d’invités : Chris Cundy à la clarinette basse sur la première pièce, Louis Portal aux percussions et objets sur la troisième.

Avec Cundy, c’est un jeu de soutiens permanent : piano effleuré en divers endroits, percussions fines additionnant leurs résonances, filet électronique et objets travaillés engagent la clarinette à trouver sa place sur une électroacoustique en équilibre charmant, mais précaire aussi. Tentantes, les saillies individuelles sont toujours réfrénées : et voici le collectif fondu en interférences ou, avec Portal, ravi par un drone. Changeants, les trois temps de ce disque court réaffirment (après Recon) le bel art qu’Eventless Plot tire de sa mesure et de ses discrétions.  

Eventless Plot : Structures (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2014.
CD : 01/ Interior/Interaction 02/ Points of Attraction 03/ Co_exist
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Alvin Fielder, Ike Levin : Together Again (Charles Lester, 2013)

alvin fielder ike levin together again

Empruntant des chemins maintes fois parcourus (free jazz modéré, rythmes subordonnés), Alvin Fielder (batterie) et Ike Levin (saxophone ténor, clarinette basse) déjouent la plupart des pièges passant à leur portée. Conscients que le lyrisme ne peut s’éviter, les voici prenant à bras-le-corps mélodies, phrasés et rythmes, et ce, sans attendrissement ou durcissement. Aucunement recycleurs mais pas encore innovants, tous deux prennent le temps – au risque de l’étirement inutile – d’installer-prolonger leur suave musique. 

L’un est adepte des résonances de toms, l’autre d’un grain raffiné. L’un ne casse jamais la course de l’autre. L’un serait presque l’accompagnateur de l’autre s’il n’était à l’origine de rythmes-mouvements aux pourpres couleurs. En vérité, l’un et l’autre sont émouvants de tendresse et d’emportements mêlés.

écoute le son du grisliAlvin Fielder, Ike Levin
Sketches (extrait)

écoute le son du grisliAlvin Fielder, Ike Levin
Freedom Square Roots (extrait)

Alvin Fielder, Ike Levin : Together Again (Charles Lester Music)
Enregistrement : 23 novembre 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Freedom Square Roots 02/ Shadings 03/ Sketches 04/ Outside In 05/ Melodic Presence 06/ Excursion 07/ Into Now
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Bobby Bradford/Frode Gjerstad Quartet : Silver Cornet (Nessa, 2014) / Frank Rosaly : Cicada Music (Delmark, 2013)

bobby bradford frode gjerstad silver cornet

Depuis l’arrivée en 1987 de Bobby Bradford en Detail – trio John Stevens / Frode Gjerstad / Johnny Dyani qui en deviendra Detail Plus –, Bradford et Gjerstad n’ont cessé de se retrouver dans d’autres conditions : récemment dans le Circulasione Totale Orchestra du second ou en formations réduites qui les associent à Ingebrigt Håker Flaten et Paal Nilssen-Love.

Après Kampen, Silver Cornet documente donc la longue collaboration en changeant quelque peu la formule : l’absence, au printemps dernier alors que le quartette tournait aux Etats-Unis, de Nilssen-Love permettant à Frank Rosaly – sur invitation du contrebassiste qu’il côtoie notamment dans le Rempis Percussion Quartet – de jouer pour la première fois avec Bradford et Gjerstad. Et même, de donner un autre allant au quartette qu’ils emmènent ensemble : le swing modeste mais la frappe précise, Rosaly travaille la sonorité en batteur inquiet de sonorités déconcertantes. Qui plus est, son application convient à l’idée que se fait sans doute Håker Flaten d’une section rythmique, ici duo capable d’accompagner les souffleurs les plus turbulents tout en glissant dans son jeu quelques motifs qu’un solo n’aurait peut-être pas mieux mis en valeur.

Assurés, Bradford et Gjerstad retournent alors à ce jazz « hésitant entre un bop poussé dans ses derniers retranchements (en date) et les phrases brèves d’un free commis d’office » pour regonfler l’improvisation qu’ils ont toujours – et exclusivement – servie ensemble. Après quoi le cornettiste pourra conclure : On n’a toujours pas trouvé de nom pour ce genre de musique. (…) Souvent, les gens me demandent « est-ce que c’est du jazz ? », ce à quoi je réponds : « en tout cas, ce n’est pas du classique… Si vous avez une autre idée...»



Bradford/Gjerstad Quartet : Silver Cornet (Nessa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 30 mars 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Silver Cornet Tells 02/ A Story about You 03/ And Me, Me and You
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

frank rosaly cicada music

Les quelques secondes de la berceuse exaltée d’Adrian n’y feront rien : Cicada Music, nouvel ouvrage de Frank Rosaly, malgré la qualité éprouvée des musiciens du sextette (Jason Stein, Jason Roebke, Keefe Jackson, James Falzone, Jason Adasiewicz), ne se montre que rébarbatif, sans invention... Certes l’envie d’y aller, mais un retour aux mêmes choses : bop de contrebande, électroacoustique paresseuse…

Frank Rosaly : Cicada Music (Delmark)
Enregistrement : 2008-2011. Edition : 2013.
CD : 01/ The Dark 02/ Wet Feet Splashing 03/ Yards 04/ Babies 05/ Adrian 06/ Driven 07/ Tragically Positive 08/ Bedbugs 09/ Typophile/Apples 10/ Credits
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Rosalind Hall : Carriage the Voice (Avant Whatever, 2014)

rosalind hall carriage of the voice

Rosalind Hall et moi, nous n’avions jusqu’ici pas été présentés. Or, l’ « ici » c’est Carriage of the Voice ; et l’ « ici », c’est déjà demain. OK, ce ne sont là que des extraits de concerts (ou de performances), me direz-vous… Oui, mais lesquelles (performances, d’où le féminin…).

Le nombre de souffles qu’on y trouve… et presque autant de notes avec ça. Hall a un faible pour les graves et elle ne peut pas le nier longtemps. Son (ses ?) saxophone(s) (avais-je mentionné son instrument de prédilection ?) le dit sur tous les tons : bien sûr pas dans la note (trop conventionnel !) mais dans la mélodie quand même… Par procuration, c’est-à-dire dans le raccourci, la voix involontaire, l’intervalle, l’écho… Chanter avant la note, chanter avant le saxophone (même)… Pas étonnant que Rosalind Hill ait trouvé refuge sur Avant Whatever.  



Rosalind Hall : Carriage the Voice (Avant Whatever)
Enregistrement : Mai 2013. Edition : 2014.
Téléchargement : 01/ Carriage of the Voice 02/ A Chain of Suspensions
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Luc Ex : Assemblée (Red Note, 2014) / Ab Baars : Give No Quarter (Evil Rabbit, 2013)

luc ex assemblée

Fait d’extraits de concerts donnés en France l’année dernière, Assemblée célèbre en quelque sorte sur disque dur les premiers pas (L’assemblage) d’une association du même nom, emmenée par Luc Ex. Aux côtés du bassiste, trouver Ingrid Laubrock (saxophones ténor et soprano), Ab Baars (saxophone ténor, clarinette, shakuhachi) et Hamid Drake (batterie).

Comme hier (Nantes, 22 novembre 2013), « l’entrée en matière est engageante, les saxophones nerveux », dont les interventions semble vouloir échapper à l’allure de compacts modules rythmiques (Zajj Siht Is, reflet de question et grande chevauchée que la basse tient en bride). Comme hier, aussi, ce parti pris d’une « retenue (ou d’une agitation toute… apathique) » qui vire souvent, sur disque, à une tranquillité molle, et donc peu contrariante. Que viendra bousculer quand même Primates Travel by Train, dont la formule tient du rapprochement entre composition serrée et agissement irréfléchi : voilà l’hymne que devrait choisir cette Assemblée en formation.



Luc Ex : Assemblée (Red Note / Instant Jazz)
Edition : 2013. Enregistrement : 2014.
CD : 01/ L’assemblage 02/ The Unexpected Death of A Fortune-Teller 03/ Zajj Siht Si 04/ Lost ‘Sol’ 05/ When the Demiurge Looks the Mirror 06/ Expanding for Aye 07/ Primates Travel by Train 08/ The Road 09/ Mutated Square Dance
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

ab baars meinrad kneer bill elgart give no quarter

Il faut entendre la fougue avec laquelle Meinrad Kneer porte Anacrusis, morceau qui ouvre cet enregistrement du trio qu’il forme avec Ab Baars et le batteur Bill Elgart. En Aylérien détaché, Baars manie le saxophone avec une force qui gagne l’entier disque – si ce n’est ses plages où il passe au shakuhachi et à la clarinette – et en font un indispensable de la discographie du souffleur.

Ab Baars, Meinrad Kneer, Bill Elgart : Give No Quarter (Evil Rabbit)
Enregistrement : 9 octobre 2011. Edition 2013.
CD : 01/ Anacrusis 02/ Eyrus 03/ Give No Quarter 04/ Zephyrus 05/ Late Preamble 06/ Song for Our Predecessors 07/ Sêcific Gravity 08/ Notus 09/ Logical Consistency 10/ Tale of the Bewildered Bee 11/ Complementary Progress 12/ Fundamental Ambush 13/ Boreas
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Daniel Menche : Marriage of Metals (Editions Mego, 2013)

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La première face, c’est une sorte de tonalité de téléphone qui passe en boucle alors que (ce qui semble être) des guitares se font de plus en plus présentes. Menche a encore frappé, se dit-on : faire du beau bruit avec tout ce qui lui passe sous les doigts… en l’occurrence, des gongs de gamelan.

Pas des guitares, donc ! N’empêche que Menche branche ses percussions sur un effet fuzz que ne renierait pas la plus tordante des pédales. Et mine de rien, ce sont deux javanaises qu’il a écrites avec ce système : une qui sature et s’entortille lentement autour de ses fréquences et l’autre qui vous endort sur un crescendo de distorsions tout en vous faisant craindre le choc du réveil (or, ce sera un larsen diplomate). Surprenant.



Daniel Menche : Marriage of Metals (Editions Mego / Metamkine)
LP : A/ Marriage of Metals 1 B/ Marriage of Metals
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jason Kahn : Noema (Editions, 2014)

jason kahn noema copy

Les quelques mois qu'a duré le séjour nippon de Jason Kahn en 2012 semblent avoir donné plusieurs occasions de documenter les activités représentatives des centres d'intérêt du musicien : en trio avec Tetuzi Akiyama & Toshimaru Nakamura (ihj / ftarri) ou Takahiro Yamamoto & Takuji Naka (Yugue), en duo avec Tim Olive (Two Sunrise), en contemplateur écrivant (In Place : Daitoku-ji and Shibuya Crosssing), mais aussi en promeneur écoutant, micro à la main...

Bien différente des Fields ou des Songs for Nicolas Ross des années 2000, la collection – regroupée sur deux luxueux vinyles – qui témoigne de ces déambulations se compose de trente-sept vignettes (moins des haïkus que des capsules) intelligemment agencées et finement gravées : carrousel de sirènes ; tintements ; beats, bips et bribes de voix ; coups de vent chargés de lambeaux de musique (religieuse ou commerciale) ; suzumushi buzzant ; flux de la mousson et du trafic urbain... La brièveté de ces instantanés qui se déposent et forment mosaïque peut surprendre ; elle demande une attention particulière, kaléidoscopique, minutieuse ou flottante.

Soigneusement rédigés pour le livret, les petits textes accompagnant les pièces sonores leur confèrent la perspective personnelle, touchante, qui les transforme ; contextes, circonstances et pensées ainsi induites donnent une belle épaisseur à l'ensemble. Et c'est là, dans cette combinaison, cette interaction des mots et des sons, que Kahn élève l'élégant catalogue au rang de journal : et intime et vraiment partageable.



Jason Kahn : Noema (Editions)
Enregistrement : juillet-octobre 2012. Édition : 2014.
2LP : A1/ Warning Tone A2/ Temple Dance A3/ Checkout A4/ Haunted House A5/ Winds Away A6/ Sporting A7/ Musician A8/ 100 Yen A9/ Shopping Arcacde – B1/ Kids B2/ Outside Karaoke B3/ Hara B4/ Kyoto Station B5/ Big Ship B6/ Parlor B7/ For Alms B8/ Fire Warning B9/ Flea Market 10/ Ghost Pond – C1/ Sender C2/ Summer Phase C3/ Shopping C4/ Kamogawa C5/ Temple Ground C6/ Daybreak C7/ Footstep C8/ Enryaku-ji C9/ Little Shrine – D1/ Shimogama D2/ Rains D3/ Underground D4/ Above D5/ Coffee Shop D6/ Announcement D7/ Night Out D8/ Sword Fight D9/ Casting Wish
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Arto Lindsay : Encyclopedia of Arto (Northern Spy, 2014) / Arto Lindsay, Paal Nilssen-Love : Scarcity (PNL, 2014)

arto lindsay encyclopedia of arto

Bien sûr, ça fait drôle de retrouver des morceaux que l’on connaît (par cœur pour certains) dans le désordre, chamboulés par le devoir de compilation. Un CD, un seul, concasse donc Arto Lindsay – qui en fait s’est auto-concassé puisqu’il est l'homme qui a choisi les morceaux qui résument son répertoire enregistré entre 1996 et 2004. Un CD, un seul, rapproche des morceaux d’uber-pop née sur les cendres de la No Wave aux effluves do brazil. Parfois la production manque de tact ou de retenue, mais la force de Lindsay ce sont plus ses idées que la façon dont il les arrange.

Le CD qui accompagne ce Best-Of va dans le sens de ce que j’avance. C’est même là que l’on trouvera l’intérêt de cette sortie Northern Spy, dans cette performance solo captée (la vidéo tourne, notamment ci-dessous) au Pete Candy’s Store de New York, le 8 mai 2012. L’occasion pour Lindsay de donner de grands coups de guitare / voix dans le corpus-fourmilière (grossi par des reprises de MPB).

Griffant ses accords réduits, jappant avec panache, repoussant la note à plus tard, gribouillant un noise ludique (comme sur la fin de The Prize), Lindsay retrouve son ADN DNA et réinvente en interprète casseur son corpus de compositeur. Pour que l’auditeur trouve ses repères, il faudra qu’il connaisse le bonhomme ou apprenne à le connaître… voilà donc le but de l’Encyclopédia of Arto : qu’à la fin, tout le monde s’y retrouve !





Arto Lindsay : Encyclopedia of Arto (Northern Spy / Souffle Continu)
Enregistrement : 1996-2012. Edition : 2014.
2 CD / 2 LP : 01/ Skies 02/ Simply Are 03/ Illuminated 04/ The Prize 05/ Personagem 06/ Child Prodigy 07/ Ridiculously Deep 08/ Complicity 09/ Invoke 10/ Reentry 11/ Combustie 12/ Ondina – 13/ The Prize 14/ Privacy 15/ Pony 16/ Erotic City 17/ Invoke 18/ Maneiras 19/ O Mais Belo dos Belos 20/ Garden Wall of Guitar 21/ Illuminated 22/ Simply Beautiful 23/ Estação Derradeira 24/ Wall of Guitar
Pierre Cécile © Le son du grisli

arto lindsay paal nilssen-love scarcity

La rencontre entre Arto Lindsay et Paal Nilssen-Love date du 2 juillet 2013 – d'autres que celle-ci se sont faites entendre depuis (ci-dessous, à Moers). En concert à Rio, le duo arrangea sur l’instant une frappe nerveuse et une guitare revêche, en somme deux approches faites pour s’entendre. Scarcity, de documenter un échange débridé, souvent raide, que les exclamations de Lindsay transforment presque en recueil de chansons bruitistes.

Arto Lindsay, Paal Nilssen-Love : Scarcity (PNL / Souffle Continu)
Enregistrement : 2 juillet 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Scarcely  B/ Scarcely 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Teho Teardo, Blixa Bargeld : Still Smiling (Specula, 2013)

teho teardo blixa bargeld still smiling

On regrettera d’abord le parti-pris « variété » de cette rencontre entre Teho Teardo et Blixa Bargeld, d’autant que l’un et l’autre ne sont, il faut le reconnaître, que peu coutumiers du parti-pris en question.

En italien, anglais et puis allemand, les deux hommes poussent la chansonnette romantique et jongle avec les références (Paolo Conte, Tindersticks ou Tiger Lillies, et ce Balanescu Quartet qui parfois les influence en plus de les accompagner en studio) avec un équilibre précaire. C’est d’ailleurs à la formation de Balanescu (ainsi qu'à la violoniste Elena De Stabile) qu’on devra les heureux moments du disque, sur quelque ballade tourmentée qui change de l’art pompier incapable d’étincelles dont se sont satisfaits ensemble Teardo et Bargeld.



Teho Teardo, Blixa Bargeld : Still Smiling (Specula)
Edition : 2013.
CD / 2 LP : 01/ Mi Scusi 02/ Come Up and See Me 03/ Axolotl 04/ Buntmetalldiebe 05/ Still Smiling 06/ Alone with the Moon 07/ What If…? 08/ Nocturnalie 09/ Nur Zur Erinnerung 10/ Konjunktiv II 11/ Negroni 12/ Nocturnalia 13/ A Quiet Life 14/ Defenestrazioni
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sudden Infant : Wölfli’s Nightmare (Voodoo Rhythm, 2014)

sudden infant wölfli's nightmare

Que la brut(al)e existence d'Adolf Wölfli ait inspiré Joke Lanz n’a rien de surprenant. Il y a en effet de quoi faire en piochant dans l’enfance de l’artiste (abandonné par son père), ses visions et son long enfermement. Pour mieux se balader dans le « cauchemar », JK a invité deux de ses compatriotes : le bassiste Christian Weber et le batteur Alexandre Babel.

En cette compagnie, on retrouve du plaisir à se plonger dans les textes des « chansons ». Car c’est une histoire terrible que nous raconte avec autorité Sudden Infant… Celle d’un enfant qui rêve d’être conducteur de grue pour toucher le ciel et qui… (mais dois-je dévoiler la fin ?). Voilà en tout cas un disque-livre qui vous met le frisson (je veux dire : vous l’injecte direct !). Comme toujours dans la veine indus / noise, Joke Lanz excelle, et ici il signe une performance où les claques pleuvent, les coups se répètent et leurs répétitions vous saignent à blanc. Bien sûr, ce sang est noir, puisque c’est le sang du cauchemar.



Sudden Infant : Wölfli’s Nightmare (Voodoo Rhythm)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Wölfli’s Nightmare 02/ Hold Me – Prawn Version 03/ Crane Boy II – Electric Version 04/ Father 05/ Kiss 06/ Endless Night 07/ Sleep Little Death 08/ Girl 09/ Human Fly 10/ Crane Boy I – Acoustic Version 11/ Tandoori Chicken Scooter IV 12/ Stairs
Pierre Cécile © Le son du grisli

imageEvent_1409672767Le 20 octobre prochain, Sudden Infant donnera un concert à Paris, Espace B. Avant lui, auront joué Zad Coquart et Hasar de Doria.

 

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