Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sun Ra Arkestra : Live in Ulm 1992 (Leo, 2014)

sun ra arkestra live in ulm 1992

En 1992, il ne reste à Sun Ra que quelques mois à vivre. L’Arkestra pose son vaisseau à Ulm et Herman Poole Blunt ressemble étrangement à l’homme-lion, cette statuette en ivoire de mammouth vieille de 40 000 ans, exhumée précisément près de la ville d’Ulm. L’Arkestra d’aujourd’hui est cabossé. Il ne possède plus les transes d’antan. John Gilmore n’est pas du voyage, Marshall Allen convulse sans conviction, Sun Ra vagabonde en chorus laborieux.

Mais cet Arkestra ne s’avoue pas vaincu. Le trompette d’Ahmed Abdullah joue haut et serré, le trombone de Tyrone Hill est flamboyant au possible, la guitare de Bruce Edwards dévisse à vitesse hyprasonique, Buster Smith demeure un sacré batteur (Love in Outer Space). Et quand, dans le deuxième CD, la machine s’emballe et retrouve le joyeux bordel des origines, quand le chant devient danse et bastringue foutraque, quand le vieux DX7 du maître pose quelques accords déraisonnables, l’on retrouve quelques-unes des essentielles vertus de l’Arkestra. Faut-il vous en faire l’énumération ?

Sun Ra Arkestra : Live in Ulm 1992 (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1992. Edition : 2014.
2 CD : CD1 : 01/ Ankhnaton 02/ The Mayan Temples 03/ El Is a Sound of Joy 04/ Fate in a Pleasant Mood 05/ Hocus Pocus 06/ Love in Outer Space 07/ Nameless One N° 2 08/ Prelude to a Kiss 09/ Theme of the Stargazers – CD2 : 01/ Unidentified 02/ Lights on a Satellite 03/ The Shadow World 04/ Space Is the Place 05/ They’ll Come Back 06/ Destination Unknown 07/ Calling Planet Earth 08/ The Forest of No Return
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Danae Stefanou : [herewith] (Holotype Editions, 2014)

danae stefanou herewith

C’est d’abord un coup de foudre pour un nom, Danae Stefanou (qui a déjà quelques enregistrements à son actif, dont on peut télécharger des extraits sur son site). Un coup de foudre pour une femme inconnue (mais que cet autre lien nous présente à sa manière), ni tout à fait Danae ni tout à fait Stefanou, qui semble renier tout ce qu’elle a appris du piano & prendre un malin plaisir à le lui faire comprendre.

Je ne sais avec quels instruments de torture, mais Danae s’en occupe. : il ne sonnera plus classique, son piano. Plus déterminée que la moins nonchalante des pianistes elle gratte la corde jusqu’à la rapper ou la glisse pour obtenir (presque toujours) des aveux et c’est le piano qui parle : non, il n’a rien d’un instrument classique, y’a qu’à écouter ses échos de fond de caverne, ses harmoniques filandreuses, son imitation bruyante de cloches d’église de Satan, ses enfantillages de piano-jouet…

Il fera tout pour établir the limits of imagined music measured… Le problème (qui, vous l’aurez compris, est loin d’en être un) est que le piano de Danae Stefanou finit par se trahir : car sur [herewith] tout est harmonieux.
 

Danae Stefanou : [herewith] (Holotype Editions)
Enregistrement : janvier-février 2014. Edition : 2014.
LP : A1/ Prefaced ‘’to Whom it may concern A2/ He Said A3/ A Folded Post-It Wedged A4/ Between the Window and the Wall – B1/ We Are the Pronouns that You Leave B2/ Unspecified B3/ The Limits of Imagined Music Measured B4/ By Densities of Foreground Noise
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Evan Parker, Paul Dunmall, Tony Bianco: Extremes (Red Toucan, 2014) / Parker, Courvoisier : Either or And (Relative Pitch, 2014)

evan parker paul dunmall tony bianco extremes

La force de feu (Evan Parker et Paul Dunmall, tous deux au ténor) et de frappe (Tony Bianco, aussi efficient qu’un Levin avec lequel les saxophonistes ont ensemble plusieurs fois enregistré) est étourdissante. Qui, de l’aveu du batteur, fit dire à Parker après l’enregistrement de la première improvisation ce 27 juin 2014 : « That was extreme. »

Le titre était donc tout trouvé d’un disque qui jouerait de tensions et d’endurance, de connivences compulsives sur allant coltranien (Extreme) – s’ils sont deux, les saxophones y donnent l’impression d’être bien davantage – ou de vrilles et d’obstacles sur course ascensionnelle (Horus). Entre les deux grandes improvisations, l’interlude qu’est All Ways permet à Parker et Dunmall de croiser le fer comme pour ré-aiguiser leurs instruments. La réunion est rare, il ne s’agissait pas de laisser sa musique au hasard.     

Evan Parker, Paul Dunmall, Tony Bianco : Extremes (Red Toucan)
Enregistrement : 27 juin 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Extreme 02/ All Ways 03/ Horus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



evan parker sylvie courvoisier either or and

Quelques mois plus tôt, Parker enregistrait avec Sylvie Courvoisier, autre frappe et autre urgence. Du piano, les motifs courts et les progressions grippées, les chants de harpe contrariée ou les éclats impressionnistes ; du ténor et du soprano, les soliloques fabuleux, les louvoiements expressionnistes et les points de suspension. Et l’association convainc, notamment par le talent qu’elle a de faire varier les séquences, soit : de mettre au défi son entente.

Evan Parker, Sylvie Courvoisier : Either or And (Relative Pitch)
Enregistrement : 24 septembre 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ If/Or 02/ Oare 03/ Spandrel 04/ Stillwell 05/ Stonewall 06/ Penumbra 07/ Heights 08/ Either Or And
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled #295 (GOD, 2014)

francisco lopez 295

Une pochette noire comme la peur (de god) ou le délire (de fou) qui vous prendra ! (malhonnête, ne sais-tu pas que les pochettes GOD Records sont plus noires les unes que les autres ?). Celle-là, c'est Untitled #295 de Francisco López (à ne pas confondre avec la 952eme de Narciso Yepes). Mais au fait !, il se fait tard.

Car, je vais vous dire, de guitare point n’en n'est (pardon mais depuis Sarkozy j’ai comme tout le monde perdu tout mon français). Et mon espagnol avec parce que n’attendais-je pas, ô douce dulcinée tranquillement affalée sur les berges de la SMAC, du bruit et du gros son. Et qu’ouïs-je à la place ? Seraient-ce des infrabasses et des têtes de platine qui sautillent sur place ? Oui, le diamant tremble et sautille (j’ai vérifié : dans mon studio il est pourtant aussi tranquille que lorsqu’il tourne sur les autres disques). Mais si c’est le cas, c’est pour mieux te faire danser mon infant : la proto-techno de la 295 sans titre, c’est une danse de Saint Guy autour d’un feu dans la gueule duquel on a jeté un vinyle. Ca crépite, criaille, et rythme bien bien… A jouer fort, si possible, pour la danser encore mieux.

Francisco López : Untitled #295 (GOD)
Enregistrement : 2012. Edition : 2014
LP : A-B/ Untitled #295
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pandelis Karayorgis : Afterimage (Driff, 2014)

pandelis karayorgis afterimage

Délaissant la microtonalité de son regretté mentor, Joe Maneri, Pandelis Karayorgis s’engage en jazz. Et ce jazz ressemble à mille autres jazz. Basé à Chicago et ne se démarquant pas de la masse des combos de la Wind City, il fleurit, certes, entre chahuts et déconstruction, mais au risque de me répéter, il n’est pas le seul.

Devenu sage pianiste, Karayorgis ne tutoie plus la marge et semble ne plus savoir quoi faire de la feuille blanche. Ses complexes compositions s’oublient parfois au profit d’instances progressives (Afterimage) ou d’actes furieux (Obsession). Reste, ici, à louer les souffles combinés et les duels d’harmoniques à la charge de Dave Rempis et de Keefe Jackson. Le premier agité et le second anguleux font corps avec une rythmique (Nate McBride, Frank Rosaly) qui aurait pu en offrir sans doute plus si… La prochaine fois sans doute.

Pandelis Karayorgis : Afterimage (Driff Records)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Ledger 02/ Haunt 03/ Nest 04/ Velocipede 05/ Veil 06/ Afterimage 07/ Simmer 08/ Sway 09/ Obsession 10/ Never Ending
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Dave Burrell, Steve Swell : Turning Point (NoBusiness, 2014)

dave burrell steve swell turning point

Steve Swell, qui fêtait récemment sa soixantième année, a encore l’âge de trouver en tel ou tel aîné un partenaire – un compositeur, même, dans le cas qui nous intéresse – à sa convenance. Il y a deux ans, en concert au Rosenbach Museum de Philadelphie, c'était Dave Burrell.

Pour Burrell, le piano a toujours été un jeu d’enfant, et sur la marche défaussée d’One Nation – qui inaugure la troisième des cinq suites qu’il dédia à la Guerre de Sécession –, le trombone se plie aux codes du jeu en question. Une chaloupe à pavillon prend alors lentement l’eau, sans alarme mais avec panache. Et c’est ce panache qui embellira la première moitié de ce recueil d’hymnes que jazz, blues et comptines vénéneuses se disputent.

Du free de jadis, on l’aura compris, Burrell n’a rien voulu retenir (c’est un retour à Earl Hines, même, sur ce Paradox of Freedom qu’il interprète seul) : son répertoire est composé de refrains qu’un peu d’audace bouscule, certes, mais que bientôt le sérieux étouffe. Abandonnant toutes dissonances, le lyrisme du pianiste se résigne maintenant à des évocations plus graves que poignantes. Que Steve Swell accepte, en jeune homme respectueux.

Dave Burrell, Steve Swell : Turning Point (NoBusiness)
Enregistrement : 19 janvier 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ One Nation 02/ Battle at Gettysburg
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gareth Davis, Machinefabriek : Lucier: Memory Space (GOD, 2014)

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Tu le sais bien, je préfère les compositeurs contemporains qui se passent d’interprètes de conservatoires. Je préfère les compositeurs qui ont des idées et qui les partagent. Comme Alvin Lucier. Son Memory Space enjoint au musicien de sortir glaner des « situations sonores » (en prenant des notes, en les gardant en mémoire ou plus simplement en les enregistrant) pour les rejouer ensuite avec ses instruments, quand il le sentira, sans rien y ajouter.

Gareth Davis à la clarinette basse et Rutger Zuydervelt (Machinefabriek) ont joué le jeu, une fois en République Tchèque et une fois en Pologne. C’est Ostrava la première face, et Cracovie la deuxième. Et c’est toujours une clarinette qui s’enroule autour de field recordings (beaucoup de voix, d’annonces en haut-parleur, on sait qu’il y a beaucoup de voix qui traînent par chez Lucier). Et l’instrument à vent qui l’imite, le vent, qui le fait passer dans le hall et les couloirs de cet aéroport dans lequel nous avons été coincés. La neige est partout sur les pistes, Memory Space où on pourra graver nos impressions. Y revenir, dans les mêmes conditions. En attendant la suite du projet Prescribed Course of Action de Gareth Davis.

Gareth Davis, Machinefabriek : Lucier: Memory Space (GOD)
Edition : 2014.
LP : A/ (Ostrava) Memory Space B/ (Krakow) Memory Space
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Chik White : Jaw Works & Behind a Dead Tree on the Shore (Notice, 2014)

chik white jaw works & behind a dead tree on the shore

Habitant de la Grand-Rue, la mélancolie me prend la nuit. Quand même plus un chat ne passe sous mes fenêtres. C’est comme le manque d’un truc que je ne connais pas (le jour, je travaille). C'est que je regrette les bruits de la journée, du trafic routier et aérien, des conversations ultimes du genre « alors les travaux ça avance ? »… Mais depuis quelque temps, je passe Chik White à la place.

Et j’ai la police… que j’ai l’air d’avoir dérangée (un peu) tard, qui m’arrive avec son Charlie Hebdo sous le bras et qui me dit que c’est pas une heure indue (SIC) pour passer de la bande (le gars a tout de suite repéré que c’était de la cassette, l’expérience sans doute). Quoi ? Indue, l’heure, pour passer de la guimbarde transformée ? Mais quoi, on n’a pas tous les mêmes horaires et la gigue me prend, moi, quand elle veut, gars… Le « gars » était de trop et la guimbarde pas sûr que c’en était. « Il jouerait de la harpe de juif avec les dents que ce serait pareil... capiche ? C’est pas l’heure ! »

« De la harpe de juif, putain ? Con, c’est bien de la musique dansante, d’accord, mais plutôt du crado-folk en solo qui fait tout, de l’Hendrix à la bouche sans dents sur lamelles de métal, et en plus j’en suis sûr : c’est bien de la guimbarde, mon con ! ». Le ton monte. Mon interlocuteur tend l’oreille (ça éructe bizarre avec des bruits de vagues (de mer) derrière) et : « OK, c’est bon, c’est pas du hautbois muslim, ça ira pour cette fois ». Il était perdu. A rebrousse-poil, le type me lance : « Au fait, Je suis Charlie ». (...) « Moi c’est Chik », que j’y réponds, « Chik Cécile ». « On est tous Charlie » qu’y m’assaille (en deux mots). « Je ne vous permets pas », que j’y réponds. J’étais au bout de la face A, il fallait que je remonte pour retourner la chose (et baisser un peu le volume afin de prouver ma bonne foi) et dans mon dos j’entends encore : « Charlie aurait jamais cautionné ton attitude. »

Chik White : Jaw Works & Behind a Dead Tree on the Shore (Notice Recordings)
Enregistrement : 2012-2013. Edition : 2014.
Cassette : A/ Jaw Works B/ Behind a Dead Tree on the Store
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq, 2014)

thomas bonvalet jean-luc guionnet éloges de souffle

L’excellente idée d’un rapprochement Jean-Luc Guionnet / Thomas Bonvalet fut notamment concrétisée en octobre 2010, au temple protestant de Bergerac. Là, le premier investissait l’orgue (capable de présider à un autre genre de Carnaval des âmes) quand le second passait de banjo en diapasons, orgue à bouche, micros et amplis – ce qu’atteste donc Loges de souffle: refuges multiples et unique soupir.

La résonance de l’endroit est d’abord interrogée par une corde qui, plusieurs fois, claque, et de longues notes timidement soufflées. Désormais bourdons, celles-ci trouvent un écho dans les feedbacks que dompte Bonvalet, murmures en filigrane ou périphériques. Comme de grands vents engouffrés par-dessous les portes du temple prendraient sournoisement possession du lieu, Guionnet et Bonvalet confectionnent à coups de rumeurs et d’usinages divers une berceuse adéquate aux attentes des fidèles (de l’un, comme de l’autre musicien). 

Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq)
Enregistrement : 23 octobre 2010. Edition : 2014.
CD : 01/ Loges de souffle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Stefano Ferrian, Luca Pissavini, Andrea Quattrini, Sabir Mateen : the uneXPected (Not Two, 2013)

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En égrenant toutes les perles du chapelet du free jazz, Stefano Ferrian (saxophones), Luca Pissavini (contrebasse) et Andrea Quattrini (batterie) prennent le risque d’enfermer leurs fortes sensibilités. Reste donc, ici, à se satisfaire des nombreuses intensités divulguées par le trio dans le cadre du Novara Jazz Festival 2010.

L’invitation faite à Sabir Mateen de rejoindre le trio permet que se soudent les souffles. L’italien aime la sécheresse des phrasés, les harmonies dangereuses. L’américain regorge de fluidité à la clarinette et de blues insoumis au ténor. En duo, ils forcent le mimétisme jusqu’aux extrêmes limites. Différents ici, identiques ailleurs, ils connaissent l’alphabet de toutes les convulsions. Une ballade les sépare : l’un est tendresse, l’autre est fouillis. Et le jazz ne se pointe pas par hasard. Il est là depuis le début, fixant et régulant les brûlants caquetages des souffleurs. Et quand il déserte la place, laissant de tristes formulations binaires prendre le dessus, il est amèrement regretté. Mais ne sera aucunement regrettée l’écoute d’un disque aux denses  émois.

Stefano Ferrian, Luca Pissavini, Andrea Quattrini, Sabir Mateen : the uneXPected (Not Two Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.
CD : 01/ Introduction 02/ Jazz, Never Heard It! 03/ 5 Miles to Brooklyn 04/ No Questions for Tomorrow 05/ The Unexpected 06/ The Dewey Song
Luc Bouquet © Le son du grisli

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