Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Urs Peter Schneider : Kompositionen 1960-2012 (Cubus, 2014) / Kompositionen 1973-1986 (Edition Wandelweiser, 2014)

urs peter schneider kompositionen

C’est toujours enthousiaste que nous poussons pour la première fois la porte ouvrant sur un corpus inconnu. Mais il faut y être préparé, même si l’on sait que cette préparation pourra ne servir à rien. Ce qui a été le cas avec le compositeur suisse Urs Peter Schneider. Né en 1939, cet élève de Stockhausen (son goût pour l’électronique et pour les chœurs lui sont-ils venu de là ?), créateur à la fin des années 1960 de l’Ensemble Neue Horizonte Bern, m’a promené pendant cinq disques.  

Tout a commencé par une compilation, Kompositionen 1960-2012. Le label (Cubus Records) a eu la bonne idée de présenter les œuvres non pas dans l’ordre chronologique de leur composition mais groupées selon les instruments à qui elles sont réservées (orgue, électronique, clarinette et piano…). Dans sa crinière blanche, c’est tout un Univers que Schneider cache en fait au monde. Puisque nous sommes passés d’une musique de cathédrale hantée par des voix d’outre-classique (c’est à dire toutes celles jamais entendues dans la musique classique qui n’est pas d’opéra, comme sur Ernsteres) à un lyrique débordé par l’usage de l’ordinateur, une poésie vocale proche de l’Ursonate, des soli brumeux, une pièce plus classique pour ensemble ou clarinette et piano, et à de mystérieux récitatifs.

Notre préparation ne nous avait servi à rien, mais l’expérience nous engageait à poursuivre notre exploration. C’est là que les éditions Wandelweiser sont intervenues. Sur les deux disques du Kompositionen 1973-1986, il y a d’autres propositions. Et d’autres chemins. Une marche contrariée pour deux pianos ou une magnifique conférence-fantôme où des voix se répètent, disparaissent sous le déluge, refont surface, etc. Un opéra distendu jusqu’à la trame ou une énigmatique fantaisie pour orgue. Ce n’est pas toujours enthousiaste que nous refermons la porte qui donnait sur un corpus inconnu. Cette fois, c’est précautionneusement que nous le faisons, car elle doit nous resservir bientôt.  

Urs Peter Schneider : Kompositionen 1960-2012 (Cubus)
Edition : 2014.
3 CD : Kompositionen 1960-2012.

Urs Peter Schneider : Kompositionen 1973-1986 (Edition Wandelweiser)
Edition : 2014.
2 CD : Kompositionen 1973-1986
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Knyst! : Knyst! (Gaffer, 2013)

knyst!

Passée une première plage à l’humour potache (Rectal Injections), Knyst! ne cachera plus rien de son projet : faire comme les copains. Et on dira – à regret – de ce (free ?) jazz qu’il est entendu, déjà entendu.

Pourtant : un alto (Kasper Skullerud Vaernes) aiguisé et éructant comme Zorn rêverait encore de le faire, un contrebassiste (Christian Meaas Svendsen) mordant et perspicace dans ses interventions solos (noyés dans la masse sonique ailleurs) ainsi qu’un batteur (Andreas Wildhagen) amoureux de découpes sèches et tonnantes auraient pu faire la différence. Mais voilà, ceci ressemble à ceci… et encore plus à cela… Et l’oreille du chroniqueur sature de copie…

Knyst! : Knyst! (Gaffer Records)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Rectal Injections 02/ Achsulott 03/ Denmark 04/ Pass 05/ Fiske 06/ Eine kleine Skleppy 07/ Om Natt 08/ Dr. Nakamats
Luc Bouquet © le son du grisli

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Michel Doneda, Lê Quan Ninh : Aplomb (Vand’œuvre, 2015)

michel doneda lê quan ninh aplomb

Enregistré l’automne dernier, l’Aplomb qui caractérise Michel Doneda et Lê Quan Ninh est moins une affaire de verticalité que de confiance – on ne reviendra pas sur les références que le saxophoniste et le percussionniste ont, depuis Concert public avec Daunik Lazro (sur Vand’œuvre déjà), élaborées ensemble – et, en conséquence, d’assurance.

Quant au fil d’Aplomb, il tiendra davantage de la baguette de sourcier, virant de bord dès les premiers affleurements improvisés – c’est-à-dire au moment de la « re-connaissance » – pour perdre ensuite toute notion de stabilité… Mais non pas d’équilibre. A les entendre (et sans pouvoir les scruter, privés donc de « l’étonnement de l’observation »), Doneda et Lê Quan stratifient en effet avec art : le soprano et le sopranino peuvent mitrailler, siffler ou graviter, les peaux rendre l’âme en filigrane ou le tambour être battu plus régulièrement, l’improvisation déjoue l’allure pour jouer de remuements au son desquels les partenaires d’hier et de toujours – « rivés aux contingences du son, à ses mouvements et à ses repos », comme l’écrit le percussionniste dans le livret du disque – se retrouvent aujourd'hui, et se découvrent encore.

Michel Doneda, Lê Quan Ninh : Aplomb (Vand’œuvre / Metamkine)
Enregistrement : 30 septembre et 1er octobre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Sol à pied 02/ Froid du ciel cru 03/ Halo d’apparences 04/ Pour la durée du dessous 06/ Les dehors
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Michel Doneda : Everybody Digs Michel Doneda (Relative Pitch, 2014)

everybody digs michel doneda

Comme hier Bill Evans embrassant la cause publicitaire (sur la pochette d’Everybody Digs Bill Evans, Miles Davis, George Shearing, Ahmad Jamal et Cannonball Adderley saluaient les talents du pianiste), voici Michel Doneda célébré sur pochette par quelques collègues de choix (Evan Parker, John Butcher, Bhob Rainey…). Le dernier hommage est de Joe Giardullo :  « The straight horn is Michel Doneda as much as Michel Doneda is the straight horn. There is no separation. »

C’est dire si l’homme a bien le droit d’agir seul. Alors, où il enregistra Solo Las Planques (Chapelle de Las Planques, Tanus), le saxophoniste est revenu en 2013 pour composer une autre fois avec la rumeur des souffles, l’imitation de l’appeau, la fragilité de notes franches, l'addenda du parallèle, l’endurance du sédiment. Le tout, lié avec force et conviction, pour abonder dans le sens d’Evan Parker : « May i commend his excellent legato? »

Michel Doneda : Everybody Digs Michel Doneda (Relative Pitch / Metamkine)
Enregistrement : avril 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Bec troué 02/ Avant canal 03/ Canal 04/ Parallèle blanche 05/ Plan Objectif 06/ Skeleton Key 07/ Après canal
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Peter Kutin : Burmese Days (Gruenrekorder, 2014)

peter kutin burmese days

C’est à dieb13 qu’il revient de fleurir les field recordings birmans de Peter Kutin (arrangé et composé par lui) et Berndt Thurner (original burmese metallophones). Aux electronics et platine, notre homme taille des sons de nature plus vrais que… des grouillements d’insectes, ou des chants humains, ou des bruits de train…

Entre les insectes, entre les chants, entre les bruits, dieb13 pose un larsen, d’abstract rythmiques ou un drone-basse agitateur d’aigus. Un cheval (et jamais un ange) passe et bing : re-noirs synthétiques sur ces enregistrements de terre, sur ces prières à la belle étoile (ou au beau nuage), sur ces fils sonores ténus comme des frontières. C’est un voyage sublimé par les retouches d’un gars resté sur place, en 33 tours du monde par minute.

Peter Kutin : Burmese Days (Gruenrekorder)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : 01/ Burmese Days Part 1 02/ Burmese Days Part 2
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Barry Guy : Five Fizzles for Samuel Beckett (NoBusiness, 2014)

barry guy five fizzles for samuel beckett

C’est un vinyle court qui consigne d’autres fruits – que ceux de Sinners, Rather than Saints – de la séance du 11 janvier 2009 organisée pour Barry Guy par NoBusiness à l’église Sainte Catherine de Vilnius. Cinq pièces qui voient le contrebassiste revenir, des années après la référence Maya, aux « Fizzles » de Samuel Beckett.

« A force de long vouloir / Tout vouloir envolé. » La formule de l’écrivain (Cap au pire) ne conviendra pas à Barry Guy. Lui, est donc allé voir à l’intérieur de Pour finir encore (ou de sa traduction) dans l’espoir de trouver l’inspiration nécessaire au retour à l’instrument puis d’abattre cinq « Fizzles » enfin.

A l’aléatoire poétique, Guy oppose une diversité de sentiments, rumine en périphérie de contrebasse, joue d’harmoniques et de grincements, de tensions surtout. S’il prend son temps, il n’est rien moins qu’évasif, chantant à plusieurs et accrochant de plus en plus, frottant puis grattant pour découvrir sous le vernis l’hymne orageux qu’il étouffait.



Barry Guy : Five Fizzles for Samuel Beckett (NoBusiness)
Enregistrement : 11 janvier 2009. Edition : 2014.
LP : A1/ Fizzle I A2/ Fizzle IIA3/ Fizzle III B1/ Fizzle IV B2/ Fizzle V
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Subsistent, dans les stocks du grisli, quelques exemplaires de notre onzième hors-série, Sept contrebasses, dont est Barry Guy. Si nos dix autres hors-série sont épuisés, certains sont encore disponibles au Souffle Continu ou chez Metamkine.

annonce sept basses

 

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Helen Mirra, Ernst Karel : Maps of Parallels 41°N And 49°N (Shhpuma, 2015)

helen mirra ernst karel maps of parallels 41°n and 49°n

Si rien à faire dans l’heure qui vient, pourquoi ne pas faire le tour du Monde ? En d'autres mots : écouter ces field recordings d’Helen Mirra et Ernst Karel ? Même si, le temps de commander le disque en question… mais passons.

Une heure pile et une heure aqueuse (mais pas que…) pendant laquelle Mirra plaque deux enregistrements de parallèles terrestres sur vos deux enceintes. La pièce d'home stereo, destinée à l’origine à illustrer une installation de l'artiste, couple des enregistrements de terrain avec une guitare, une basse électrique et un générateur de bruits analogique. Rapidement, on ne sait donc plus de quelle nature sont vraiment tous ses bruits.

Mais reste l’impression (pas déplaisante) d’être parachuté et d’assister à sa propre chute. Agréable même, quand on croise ces cordes de guitare qui donnent une autre forme au projet, le propulsent dans le champ de la musique à loops et à décalages. Entre le passage d’un train, celui d’un avion, le bruit d’une cascade ou celui d’un chantier, on déniche un couloir aérien et musical fait rien que pour nous. Son doux nom ? Maps of Parallels !

Helen Mirra, Ernst Karel : Maps of Parallels (Shhpuma)
Edition : 2015.
CD : 01-02/ Maps of Parallels 41°N And 49°N at a scale of ten seconds to one degree (home stereo version) 
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mark Alban Lotz : Solo Flutes (Lop Lop, 2014)

mark alban lotz solo flutes

On ne pourra faire reproche à Mark Alban Lotz de ne pas souffler large. Cet infatigable glotte-trotter a visité pas mal de contrées dont il a ramené flûte sur flûte. Et c’est ainsi qu’il énumère ici des dizaines de vies, de villes et d’étendues : le tàl indien, les sequenzas de Berio, les flûtes des origines, celles des lendemains qui chantent, les flûtes du désert, les souffles ancestraux du Japon, les flûtes océanes, le théâtre des voix, Kirk et l’oiseau Dolphy, l’Afrique des origines et bien d’autres souffles se retrouvent, s’accordent, se raccordent, se reconnaissent.

Thriller ici, lenteur tarkovskienne ailleurs, Lotz est un cinéaste du souffle, un sage à qui on ne pourra décemment reprocher sa boulimie de voyages.  Ni CD carte de visite, ni CD carte postale, mais CD de souffles hauts, intimes, sensibles, visibles.

Mark Alban Lotz : Solo Flutes (Lop Lop)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Albert Speaks 02/ Eastern Desert 03/ Whole Steps 04/ Hungry III 05/ PVC Mantra 06/ Dear Moth 07/ Why Not Take All? 08/ Piccolo for Makeba 09/ Adam & Eva 10/ Whisper Alap 11/ Do Not Swallow! 12/ Major Circles 13/ The Fish on the Dry 14/ For Rhasaan 15/ Kazoo Track 16/ Inside 17/ A Fine Winter
Luc Bouquet © Le son du grisli

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CABLE#8 : Emptyset, Yann Leguay, Greg Pope, John Hegre, Aaron Dilloway : Nantes, du 19 au 22 février 2015

festival cable 8 le son du grisli

J’aimerais être capable de rendre au moins partiellement le plaisir renouvelé chaque année d’assister (un peu) au festival Cable#, de l’enchantement de sa diversité (de programmation et de lieux), de son exigence générale, de toutes ces forces et finesses concentrées sur quelques journées. Extraits...

Emptyset (Vendredi, Espace Cosmopolis)
Des résonances qui s’intègrent physiquement, ré-agencent et ré-organisent le corps. Un instant, suivre un battement technoïde. Se raccrocher à une trame comme un retour de virus électronique qui, en son temps, avait peut-être su justement affranchir des corps encombrants, les engrenant dans une dynamique libératoire. Et permettre la perte de soi par répétition. Que le genre soit plus convenu n’importe pas réellement, bientôt il sera noyé dans la qualité d’un son âpre, d’une extrême rigueur, qui, s’il s’empare du corps, laisse l’esprit s’aiguiser à en découvrir les multiples dimensions. Le même soir aura vu la très délicate prestation d'Anne Guthrie ainsi qu’une lecture foisonnante d’Olivier Cadiot.

Emptyset James Ginzburg and Paul Purga   Yann Legay

Yann Leguay (Samedi, Blockhaus DY.10)
Etonnamment, dans le cadre aride du blockhaus (ruin porn forever), l’impression prédominante a été celle d’une véritable sensualité. Ici, ce n’est pas tant d’une sensualité machinique dont il serait question mais plutôt de l’expression de quelque chose qui aurait très bien pu emprunter un biais plus classique et qui, malgré l’apparent paradoxe de devoir s’interpréter par les voies/x de disques durs malmenés, s’épanouit, matière souple et dense, tout en cohérence avec le lieu. S’ajoute à cela, la mise en abyme du disque dur, objet physique et donc sonore mais aussi lecteur de données tout autant audibles. Vertiges délicieux.

Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula   Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud and Mariane Moula performs light-trap

Greg Pope (Vendredi, Espace Cosmopolis / Samedi, Ateliers de Bitche)
Les deux performances de Greg PopeCipher Screen avec John Hegre le vendredi à l’espace Cosmopolis, Light Trap avec Aaron Dilloway et trois autres projectionnistes (Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula), le samedi, aux ateliers de Bitche — vont certainement rester longtemps dans les mémoires des spectateurs. Pour la première, deux projecteurs 16 mm (horizontal / vertical), diffusent l’image de boucles de film qu’il détériore au fur et à mesure, poinçons, scratch, etc., de l’imperceptible à l’embrasement. Pour la seconde, quatre projecteurs installés en carré autour du public rayonnent vers le centre, leurs faisceaux créent un territoire de lumière qui se peuple suivant les mêmes procédés de sculpture directe de la bande. Difficile de faire la part du son produit par ailleurs, tant il semble être de prime abord une traduction directe du visuel puis, progressivement, s’installe dans une même intensité de frénésie créative ; on ne sait plus qui de l’image ou du son nous porte le plus, jusqu’à procurer une expérience totale, immersive et intense.

CABLE#8 : 19-22 février 2015, à Nantes.
C. Baryon © Le son du grisli
Photos : Emptyset / Yann Leguay / Performance de Greg Pope & Aaron Dilloway par Jean-Daniel Pauget.

DERNIERS EXEMPLAIRES

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Lucio Capece : Factors of Space Inconstancy (Drone Sweet Drone, 2014)

lucio capece factors of space inconstancy

De la nécessité que ressent Lucio Capece de « revoir son approche instrumentale et sa façon de s’exprimer », de celle de faire de sa musique une « expérience perceptive » privilégiant désormais la « diffusion sonore plutôt que la projection », on trouvera ici l’histoire. Le disque Factors of Space Inconstancy, lui, en offrira deux exemples.

Le morceau-titre met le musicien en scène dans un dispositif qui rappelle, sans le reproduire, celui de Less is Less : ainsi, deux enceintes sans fil se balancent-elles près d’un walkman cassette relié à une pédale de volume dont le feedback fera réagir Capece au saxophone soprano. Comme sensibilisé par l’interférence des instruments, l’endroit résonne de notes différentes mais toutes fragiles, qui ici s’écartent et ailleurs se confondent sur l’équilibre toujours précaire d’un système oscillant.

L’oscillation et l’équilibre seront aussi le propos d’Eyes Don’t See Simultaneously, autre pièce de perception intensifiée. Là, les deux notes aiguës d’une sirène et le drone d’un synthétiseur analogique se contrarient avant que Capece ne décide de retourner son paysage : les basses l’emportent alors, et bientôt même : font masse. C’est le moyen qu’a aujourd’hui Lucio Capece d’aller voir derrière les évidences ; pas étonnant qu’on en tremble encore.

Lucio Capece : Factors of Space Inconstancy (Drone Sweet Drone / Metamkine)
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Factors of Space Inconstancy 02/ Eyes Don’t See Simultaneously
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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