Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Maja S.K. Ratkje : In Dialogue w Eugeniusz Rudnik (Bôłt, 2014) / Ratkje, Wesseltoft, Norment, Galåen : Celadon (Important, 2015)

maja s k ratkje in dialogue with eugeniusz rudnik

L’exercice auquel se plie ici Maja Ratkje a plus à voir avec la conversation qu’avec celui du simple disque partagé. A ses côtés : Eugeniusz Rudnik, qui signe la première et la troisième pièce de cette référence Bôłt. Ratkje, en sandwich, trente minutes durant.

Trahissant un intérêt certain pour la voix humain, Rudnik en a fait son matériau. Deux compositions l’attestent : Divertimento (1971) et Breakfast on the Grass in the Cave of Lascaux (2002). D’un concret flagrant, la première pièce invoque la radiodiffusion pour faire œuvre de poésie et d’électroacoustique. La seconde, plus inquiète, superpose d’autres voix (celles, en l’occurrence, du Groupe de Musique de Bourges pour lequel Rudnik l’a écrite) qu’elle prendra soin de dénaturer.

Entre les deux, donc, Maja Ratkje compose à partir de samples qu’elle peut elle aussi modifier ou augmenter d'archives personnelles. C’est alors une rame de métro qui freine pour desservir une station : de ses portes ouvertes fileront des voix de toutes natures, des oiseaux caquetant et des collages obscurs. Un trait d’accordéon marque le centre de la composition, qui y trouve un peu d’envergure : la voix d’une danseuse tournant sur sa pointe nous parvient là d’une boîte à musique qu’aurait compressée César. C’est là tout l’intérêt du dialogue en question : la voix de Ratkje au-delà de celles de Rudnik

Maja S. K. Ratkje : In Dialgue With Eugeniusz Rudnik (Bôłt)
Edition : 2014.
CD : 01/ ER : Divertimento 02/ MR : In Dialogue with Rudnick 03/ ER : Breakfast on the Grass in the Cave of Lascaux
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Maja S

Michael Francis Duch enregistra Tomba Emmanuelle, Maja Ratkje est elle aussi allée. C’était en 2013, en compagnie de Jon Wesseltoft (accordéon, orgue et harmonium), Camille Norment (armonica de verre) et Per Gisle Galåen (cithare et harmonium). Jouant de l’acoustique de l’endroit, le groupe confectionne un folklore évanescent qui emmêle voix et bourdons légers. Certes la méthode est facile, mais il lui faudra encore se garder de tout excès de lyrisme pour parvenir à séduire vraiment : c’est le cas sur Beneath the Bough, la première des trois pièces du disque.

Maja S.K. Ratkje, Jon Wesseltoft, Camille Norment, Per Gisle Galåen : Celadon (Important)
Enregistrement : mai 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Beneath The Bough 02/ The Green Flood 03/ Afterglow
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

LDP 2015 : Carnet de route #10

ldp 2015 10

Passée la frontière autrichienne, Urs Leimgruber, Jacques Demierre et Barre Phillips s'arrêtent à Ulrichsberg, où l'on fête les trente années d'existence du festival Kaleidophon. Après quoi les musiciens se séparent, le temps de quelques solos.

1 et 2 mai, Ulrichsberg, Autriche
Ulrichsberg Kaleidophon 2015

Oh yeah! Like being back home. This old barn, made over with the minimum amount of money into a concert space. Somehow in the cold of early May weather (rather chilly and wet out) even some heat. In the 60's and 70's I remember there being loads of places like this – alternative, pretty home-made, run by sub-culture folks, mezzo-forte revolutionary, where creative musics, the ones that followed after the American Free Jazz wave, were presented. And a big public. And how? In almost every case it was one person (usually a guy) who for whatever personal reasons was dedicated to making something positive happen in his isolated island and who had the means to assemble a crew of supporters to help him. One guy. Amazing. And here it's no different. The guy, Aloïs Fischer, still there, 15, 20, 25, 30 years. A welcome back to a space that loves you for who you are. The right stuff. The audience just wants you to be who you are – so, YES, let's do that!!!!
The next day, my solo in the town church. Heat yourself. And this same feeling of home. Some of the listeners were at my first concerts in Europe, in 1964. Can you imagine?
And of course, all the bass players... check out the old guy, see what he's up to. And it still works. You let yourself be carried by all that positive energy that is the public who wants to hear you. How much love! Amazing. And Black Bat just sat on my shoulder the whole time, didn't even whisper in my ear.   
B.Ph.

1-2 May B&W

Elf Konzerte mit aktueller Musik aus den Bereichen Jazz, Neue Musik und Improvisationen stehen auf dem Programm der 30. Ausgabe des Ulrichsberger Kaleidophons. Der Grossteil des Konzertprogrammes findet im vereinseigenen Haus des Jazzateliers statt. Zwei Konzerte sind ausgelagert in die Pfarrkirche. Etwa sechzig Musiker und Musikerinnen aus Ländern wie Frankreich, Schweiz, USA, Australien, England, Italien, Kanada, Deutschland und Österreich werden die Jazzatelierbühne bespielen. Ensembles mit langjähriger Geschichte wechseln sich ab mit neuen Projekten. Das verwendete Instrumentarium reicht von Stimme, Dudelsack und Viola da Gamba über Saxophon, Klavier und E-Gitarre bis zu Synthesizer und Computer. Akustisches steht neben Elektronik, Geschriebenes neben Improvisiertem. Die bunte Mischung kreativer Ansätze ist einmal mehr, die das Kaleidophon prägt.
Mit dem Jazzatelier Ulrichsberg verbindet mich eine langjährige Beziehung. Sie hatte ihren Anfang in den frühen 1970er Jahre. Als  Mitglied der Jazzgruppe „OM“, spiele ich auf einer unserer ersten Ausland Tourneen ein Konzert im Jazzatelier. Seit den frühen 1990er Jahre spiele ich mit eigenen Projekten mehrmals am Kaleidophon. Mit Alois Fischer, Begründer und Motor des Ulrichsberger Jazzateliers verbindet mich nicht nur eine künstlerische, sondern auch eine freundschaftliche Beziehung. Für seinen engagierten, unermüdlichen und jahrelangen Einsatz für Musik im Grenzbereich improvisierter und komponierter Musik bin ich ihm sehr dankbar.
Das Trio Leimgruber-Demierre-Phillips spielt am Eröffnungsabend im Jazzatelier ein Konzert. Die Stimmung ist belebt. Das Trio spielt wie immer komplett akustisch. Die Klänge des Trios manifestieren sich ihm Raum. Die Ohren der Zuhörer finden ihren Weg zu den  Klängen. Offenheit, Leidenschaft und Freude machen sich bemerkbar. Der Kreis mit den Musikern und den Zuhörern schliesst sich. Das Publikum ist begeistert. Das Konzert wird zum einmaligen Erlebnis.
80 Jahre Barre Phillips, 60 Jahre Kontrabass und 40 Jahre Solo. 1968 macht Barre als erster Kontrabassist Solo Aufnahmen, die beim New Yoker Label Opus One als Schallplatte veröffentlicht werden. Heute spielt Barre Phillips in der Pfarrkirche Ulrichsberg ein Solo Konzert. Die Kirche füllt sich, die Spannung steigt. Ich fühle mich geehrt, sein persönlicher Assistent zu sein. Barre ist still, konzentriert und wie immer jederzeit für ein Lächeln bereit.
In der Einführung bittet Barre das Publikum, während dem Konzert weder zu fotografieren, noch zu filmen und keine Audioaufnahmen zu machen. Er weist darauf hin, dass er zum Schluss ein Stück spielen wird, wo ad lib fotografiert, gefilmt und Aufnahmen gemacht werden darf. Er läd alle Anwesenden ein, mit ihren Mobiltelefonen während diesem Stück aktiv zu sein.
Das Konzert beginnt. Barre horcht, bringt sein Instrument in Schwingung und setzt Klänge in den Raum. Die Zuhörer sind aufmerksam und gefordert.
Das ganze Konzert dauert ungefähr eine Stunde. Es gibt Schwerpunkte jedoch keine offen-sichtlichen Höhepunkte, weder leise noch wirklich laute Stellen. Das Konzert an sich ist ein kompletter Höhepunkt, ein extensives Opus, eine Art Naturereignis, das von jeglicher Beurteilung befreit ist und nicht kommentiert werden muss. Barre erlebe ich heute als wahren Zen Meister. Das Konzert ist ein historisches Ereignis mit Bedeutung, ohne Anfang und ohne Ende, improvisierte Musik – als Kunst ohne Werk.
U.L.

Le concert à l'occasion de la 30ème édition de Kaleidophon, festival de jazz, musique improvisée et musique contemporaine écrite, aura une nouvelle fois fourni la preuve qu'on joue toujours de deux instruments simultanément. De son instrument et du lieu, lesquels furent ce soir-là un piano K. Kawai, 2628974, RX-5, et une ancienne grange aménagée en salle de concert et de cinéma. D'un côté, un piano auquel on aurait souhaité davantage d'inégalités pour en découvrir un peu plus la force vitale, et de l'autre, une acoustique particulièrement sèche qui n'accordait aux sons qu'une propagation minimale.
L'un des plaisirs essentiels du jeu improvisé, c'est de donner vie aux sons sans rien forcer, c'est de sentir le lien limpide, résultat de diverses énergies et forces à l'œuvre, entre le geste d'origine, transitant et traduit par les deux instruments, et le son perçu au final. Car le corps agit à la fois sur le piano et sur le lieu, les utilisant tous deux pour produire de la forme sonore. Jean-François Billeter, qui a déjà été évoqué dans ce carnet de route (lire 23 mars, Baden), lorsqu'il décrit le pinceau du calligraphe chinois, parle « d'un instrument qui enregistre avec la fidélité d'un sismographe les infléchissements les plus légers du geste aussi bien que ses écarts les plus soudains ». En l'occurrence, pour cette performance autrichienne, l'enregistrement sonore par les deux instruments « sismographiques » en présence des mouvements corporels en action ne fut pas aussi fluide que souhaité. La sensation que quelque chose était déjà là a étrangement prévalu, alors que toujours ou presque, avec Barre et Urs, c'est le vide, riche en potentialités infinies, qui fonde et innerve la musique du trio.
Le jour suivant, tandis que Barre jouait son solo dans l'église d’Ulrichsberg, j'avais déjà franchi les Alpes, et me retrouvais en Italie, sous l'œil de San Leonardo, dans une ancienne église bolognaise transformée en théâtre, face à un nouvel instrument, un Yamaha C6, 6046489. Mondialisation : un piano japonais dans un ensemble suisse, baBel, pour jouer en Italie, au festival Angelica, les partitions filmées et photographiques de Christian Marclay, un artiste americano-suisse. Mondialisation et uniformisation : une épinette, una spinetta dans la bouche des techniciens italiens, de couleur blanche et en aile d'oiseau, faite sur un modèle de Bas à Marseille, datant de 1771, revendiquait fièrement, face au Yamaha C6, une palette de couleurs et une différenciation sonore abandonnée depuis longtemps par les facteurs de pianos.
J.D.

Photo : Urs Leimgruber par Barre Phillips

Commentaires [0] - Permalien [#]

Butch Morris : Possible Universe (Nu Bop, 2014)

nutch morris possible universe

Le 29 août 2010 – soit 25 ans après avoir inauguré le concept de « conduction » : méthode personnelle qui est à la direction d’orchestre ce que la composition graphique est à la partition –, Lawrence ‘Butch’ Morris conduisait en Italie un orchestre rare : ses membres (Evan Parker, David Murray, Alan Silva, Harrison Bankhead, Hamid Drake…) capables du crime d’obéir (Han Ryner) comme de celui d’invention  « When you are the interpreter you must have ideas », prévenait Morris.

Loin, si loin, du Kitchen Club, Butch Morris conduisait donc encore : honnêtement, bien sûr ; avec charisme, qui plus est. Serait-ce, maintenant, que le cœur n’y est plus ? Et le chœur, aussi : quelques solos brillent néanmoins – garants qu'ils sont du'ne expression franche – parmi les agréments à l’unisson. Or, les maladresses abondent, comme en parallèle.  

Si le terme de « conduction » était, de Butch Morris, une invention et une promesse, cette 192e annoncée peine à convaincre tant le partage joue de facilités et de confiances accordées – abandonnées, voire – à d’imposants solistes. Manquent la cohérence et le panache, qu’on ira retrouver en Current Trends in Racism in Modern America, Some Order, Long Understood ou Berlin Skyscraper ’95.

Lawrence D. Butch Morris : Possible Universe. Conduction 192 (Nu Bop)
Enregistrement : 29 août 2010. Edition : 2014.
CD : 01-08/ Possible Universe Part 1 - Part 8
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Konrad Korabiewski, Roger Döring : Komplex (Gruenrekorder, 2015)

roger döring konrad korabiewski komplex

Diantre, une nouvelle affaire & déjà le premier indice (couverture du LP). Me voilà embarqué en véhicule motorisé derrière Sir (Roger) Döring et Lord (Konrad) Korabiewski. J'imagine qu'ils ne m’imaginaient certainement pas si fin limier… Et ce que de ma place à l’arrière j’aperçois de la route (ce type de bande rugueuse et cette forme de gros nuage) me fait dire qu’on est en Islande. Et en Islande de l’est, qui plus est.

Bingo, mecs ! L’Islande de l’est, rien que ça… Je m’attends maintenant à ce que vous me fassiez écouter vos plus belles prises de roucoulements de gobemouches et de respiration de flétans des glaces chopés lors de la saison propice à l’agrandissement de la famille. Alors ? Non ? Mais alors, quoi ? Est-ce que l’étiquette fieldrecs naturalistes de la firme Gruenrekorder m’aurait mystifié ?

J’ai failli vous avoir avec mon histoire de gobemouches… Bien sûr que je m’attendais un peu à ces solos ou solos à deux (je préfère cette façon de dire) de saxophones ténor et baryton et de clarinettes. Et de dictaphone, toc / un flétan derrière la clarinette ? comme si de rien n’était. Non ? Bref. Les instruments de Döring & Korabiewski sont d’un naturel époustouflant et leur jeu est pétri de mélancolie (pas de cette mélancolie fastoche post-ECM (parfois, quand même un peu), mais d’un vrai truc qui vous prend là). Et les huit petites pièces qu’ils lâchent sur ce vinyle sont autant de bouteilles à la mer lancées contre un glacier.

C’est loin, l’Islande, et tu m’étonnes que tu pleures. Mais ne pleure plus, Konrad, et toi non plus, Roger, ne pleure plus : j’arrive… Je suis derrière vous, face à l’Islande du Sud. Le retour c’est pour maintenant !

Konrad Korabiewski, Roger Döring : Komplex (Gruenrekorder)
Edition : 2015.
LP : Komplex
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

LDP 2015 : Carnet de route #9

ldp 30 avril 2015

Sárvár, ouest de la Hongrie : notre LDP Trio se rapprocherait-il (dangereusement ?) de la frontière autrichienne ? Et si oui, dans quel but ? Serait-ce pour poser à propos du public la question qui en effet interroge : en concert, écouter ou filmer ? Sinon, pour s'exclamer : « encore un Yamaha ! »

30 avril, Sárvár, Hongrie
Nadasdy Ferenc Muzeum

Concert in the museum in the old castle, well, not soooo old. Highly decorated large room, probably for receptions in the olden days, good acoustics, about 30 people, mostly old but a few 40's or under. And a situation that is maybe becoming  uncomfortable. In this country, which is basically still a 2 wheel suitcase one, the internet + instant life + affordable rather high-tech gear is making for a particular situation for us, the live performer. Last night was like a film shoot, or photo session, with a live public. It seemed like the majority of the people were there to film, not to listen to the music. And they take the liberty to move around the hall, get a better position, stand in front of their fellows (maybe not on purpose). It put me into a place that is not so comfortable, that I am going to be on Youtube or Facebook or somewhere else public that I didn't chose to be in/on probably before the concert is even over. So, I carry on. Twirl the bass in the air. Stand on my head. Speak in tongues. Still improvising mind you. I think that I have to consider joining the ranks of the difficult, the KJ's of the stage, and forbid filming and photographing during the concert. We could hold a photo session before we begin playing, make all kinds of grimaces and other body language moves that the Facebookers can catch.   
In the meantime Black Bat was flying all over the room, pooping here and there.
B.Ph.

Heute spielen wir im Nadasdy Ferenc Museum in Sarvar. Der Konzertraum besteht aus einem altertümlichen Saal aus dem 18. Jahrhundert mit mittelalterlichen Wandgemälden aus der Barock Zeit. Der überakustische Raum bietet eine ausgesprochen transparente Akustik. Einige der Zuhörer kommen offensichtlich nicht nur um zu hören. Sie fotografieren und filmen Teile des Konzerts. Höchstwahrscheinlich sind auf dem Internet bald Spuren dieser Momentaufnahmen zu sehen und zu hören. So können heute live Aufführungen über Internet Streams dokumentiert und öffentlich zugängig gemacht werden. Musik ist und bleibt jedoch ein einmaliges live Erlebnis. An diesem Abend hatte ein vornehmlich älteres Publikum den Zugang die gespielte Musik direkt zu erleben. Die Reaktionen waren enthusiastisch. Die Leute waren berührt und begeistert. Danach hielt in Sarvar  wieder die Stille Einzug.
U.L.

Encore un Yamaha dans la grande salle du château Nadasdy. Un C7, no 1863365, qui, bien que localisé à Sarvar, appartient à l'opéra de Budapest. De belles basses, rondes, à la fois profondes et claires, qui se marient étonnamment avec l'acoustique très réverbérante du lieu. L'accordeur y est peut-être pour quelque chose : les meilleurs accordeurs sont ceux qui n'accordent pas le piano en tant que tel, mais ceux qui l'accordent avec la salle, travaillant sur la rencontre entre les propriétés acoustiques de l'espace et le son du piano. A mes mots élogieux sur les graves de l'instrument, l'organisateur sourit et me dit les commentaires critiques d'un célèbre pianiste de jazz hongrois qui jugea ce piano déséquilibré précisément à cause de l'ampleur de ses sons graves. Ce « déséquilibre » pointé par d'autres est précisément ce qui m'a plu et attiré chez cet instrument. J'ai aimé son hétérogénéité sonore, profitant au maximum de chaque différence. Un « bon » piano est habituellement d'une homogénéité presque terrifiante. Cette homogénéité, associée au tempérament égal a permis la création d'oeuvres musicales qui ont marqué l'histoire, mais l'écoute a changé. La technologie de l'enregistrement, des artistes comme Luigi Russolo, plus tard John Cage, ont remis profondément en question notre rapport aux sons. C'est pour cela que jouer le piano aujourd'hui, quelque soit le piano, ce n'est pas seulement jouer un instrument, c'est pénétrer un espace, avec ses pavés bien alignés, mais aussi avec sa face cachée, ses zones de non-droit, ses herbes folles et proliférantes.
J.D.

P1100121

P1100123

Photos : Jacques Demierre.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Skuggorna Och Ljuset : Would Fall from the Sky, Would Wither and Die (Another Timbre, 2015)

magnus granberg would fall from the sky, would wither and die

Peut-être croirait-on les percussions malhabiles si on ne les savait subtilement agitées par Erik Carlsson. C’est donc à Magnus Granberg, compositeur de Would Fall from the Sky, Would Wither and Die, qu’il faut attribuer l’équilibre précaire de cette pièce de trois quarts d’heure.

Sur ces marches découpées, la clarinette – instrument de Granberg – tentera plusieurs fois le rétablissement. Lente mais joueuse, elle invitera trois autres instruments qu’elle à s’y essayer : violon d’Anna Lindal, violoncelle de Leo Svensson Sander et piano préparé de Kristine Scholz. C’est dans le piano, d’ailleurs, que l’on mettra nos espoirs de voir empêchée cette énième litanie feldmanienne. Or, le piano se résout vite au laisser-aller charmant d’un discours qui hésite, cherche à s’affiner mais, finalement, s'écaille. Lunatique à défaut d’être originale, Would Fall from Sky… est une jolie pièce de peu d’empreinte. Or, l’empreinte est ce qui marque.

Magnus Granberg : Would Fall from the Sky, Would Wither and Die (Another Timbre)
Enregistrement : 16 avril 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Would Fall from the Sky, Would Wither and Die
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

LDP 2015 : Carnet de route #8

ldp 29 avril 2015

A la date du 29 avril pour le LDP : Budapest, encore, mais sur scène cette fois : celle du Patyolat, aux murs plaqués piano.

29 avril, Budapest, Hongrie
JazzaJ @ Patyolat

That other kind of concert where the audience is already very acceptive of what we're going to play. Due mostly to having given the workshop in the same space the day before. First day you tell "how it works" and the 2nd day you do the actual work.
Quite good sound space tho I could have used a bit more resonance from the hall. About 60 folk and the place is jammed – perfect. And there is light, a nice, clear white onto what is usually a black box but  where we've pulled back as much as possiblle the velvet covering the 3 walls.   
A scene that I haven't seen since the 70's or so, say in Switzerland, when there were Gast-Hofs that had been taken over by the young, in collectivity, and although they were in the private sector it was more like hip youth centers. Alternative but functioning well.
We played our hearts out and the crowd was very appreciative. The great majority of the people who had been at the Master Class the day before were there.    We were able to open a few minds, and hearts too, and that's part of the gig.
B.Ph.

JazzaJ ist eine Organisation von Musikern aus Budapest. Sie organisieren an verschiedenen Orten Konzerte für improvisierte Musik. Heute spielen wir im Patyolat im gleichen Raum wo der Workshop stattgefunden hat, im Rahmen von JazzaJ Koncertek. Es kommen 60 Leute, jung und alt. Die Teilnehmer der Masterclass sind ebenfalls anwesend. Das Konzert wird für das Archiv auf Video aufgezeichnet. Oft nach Workshops, wo wir Musiker zusammen mit den Teilnehmenden auf Schwerpunkte hinweisen und Abläufe analysieren, ist es für uns Musiker eine zusätzliche Herausforderung ein Konzert zu spielen. Heute Abend gelingt es völlig entspannt. Ich denke in keiner Weise darüber nach was gestern war. Ich bin offen für das was heute passiert. Barre beginnt mit Klängen, Gesten und einzelnen Bewegungen. Er bleibt länger damit beschäftigt. Ich schaue ihm nicht zu, ich spüre jedoch dass heute beim ihm etwas aussergewöhnliches passiert und es inspiriert mich sofort. Barre’s Bewegungen und die Klänge des Trios durchmischen und ergänzen sich. Das Konzert nimmt seinen Lauf. Das Publikum ist aufmerksam und begeistert. Anschliessend spielt ein Quartett von ungarischen Musikern zusammen mit dem amerikanischen Saxofonisten John Dikeman ein grandioses Konzert. Es herrscht eine festliche Stimmung und die Leute tauschen sich aus.
U.L.
 
Patyolat théâtre, soir de concert, renversement de l'écoute, mais empreinte acoustique semblable à celle vécue lors de la master class. Je retrouve le Yamaha, NO. G7, NIPPON GAKKI S.K.K., en face à face cette fois-ci, de pianiste à piano, fin des mots, début du jeu. Beaucoup de pianos Yamaha en général sous les doigts des pianistes, beaucoup de Yamaha qui divergent pourtant les uns des autres, beaucoup de pianos très différents à jouer soir après soir au risque de perdre son identité sonore de pianiste. Comment échapper à cette tension spécifique relative à la diversité et à la qualité des pianos mis à disposition ? Il m'apparait de plus en plus que la stratégie d'écoute prime l'attention portée à l'objet producteur de sons (lire 27 mars, Schorndorf). J'ai en mémoire une pièce de David Dunn, Purposeful Listening In Complex States of Time, for a solo listener, de 1997-1998, qui est exemplaire quant à la question de l'organisation de la perception en regard de la manipulation des éléments matériels servant à la production du son. J'aimerais observer la problématique pianistique évoquée en prolongeant les mots et la pensée de Dunn : la seule manière de pouvoir accepter chaque piano susceptible d'être joué, c'est de prendre radicalement conscience que celui ou celle qui perçoit les sons – en l'occurrence le ou la pianiste – est également organisateur ou organisatrice de ces mêmes sons et leur attribue dans un même mouvement d'appropriation un sens particulier. Accorder une priorité absolue à la perception peut être une des voies pour se libérer du poids traditionnel que les matériaux, les instruments, les structures ou les intentions font peser sur la composition musicale, écrite ou improvisée. En tant que pianiste, organiser la perception de mon propre jeu face au piano me semble plus pertinent que me préoccuper de la possibilité ou de l'impossibilité des manipulations sonores offertes par tel instrument ou tel autre. Ce rapport d'auralité, qui ne se limite dès lors plus à l'instrument mais englobe aussi le corps de l'instrumentiste, et l'environnement, agit sur une production d'éléments complexes, à la fois appropriés et impossibles à prévoir. Je dirais: écouter les sons de son piano, mais se concentrer davantage sur le processus même de la perception, plutôt que sur les capacités sonores de son instrument.
J.D.

P1100090

Commentaires [0] - Permalien [#]

João Camões, Rodrigo Pinheiro, Miguel Mira : Earner (Tour de Bras, 2014)

joao camoes rodrigo pinheiro miguel mira earner

João Camões (violon alto), Rodrigo Pinheiro (piano) et Miguel Mira (violoncelle) possèdent l’art de naviguer large. Parfois s’affrontent, s’invectivent (Theorical Morning, Stifling Contretemps), donnent à leurs phrasés des tempi distincts (Imprint) mais ne sont jamais aussi convaincants que lorsqu’il s’agit d’ariser leur fougue (Dream Theory).

Se détachant, les voici pénétrés par d’étranges songes. Tenant la matière, se servant d’un piano pour détendre et affirmer une harmonie, violoncelle et alto délient les cadres et, par petits traits, explorent les recoins les plus obscurs de ces temps allongés, étirés. On entendra alors de fins craquements, de fins ricochets. Ils se recentreront alors. Iront jusqu’à s’effacer, s’éteindre. Mais au loin, résistera la riche résonance d’un piano toujours prêt à devancer l’aventure.

Earner : Earner (Tour de Bras)
Enregistrement : 2010-2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Imprint 02/ Dream Theory 03/ Time Leak 04/ Theoretical Morning 05/ Gömböc 06/ Airfoil 07/ Stifling contretemps 08/ Triage
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

LDP 2015 : Carnet de route #7

ldp 2015 27 et 28 avril 2015

Quelques jours d'absence, et c'est déjà la reprise pour Urs Leimgruber, Jacques Demierre et Barre Phillips (ou LDP Trio). Reprise de la tournée Listening ; reprise, alors, du carnet de route !

27 avril, Budapest, Hongrie
Voyage / Travel

Time to join up again with Jacques and Urs. How many days cleaning Black Bats' cage?
Are the strings still supple? What not to forget to put in the suitcase? Now all these damn meds. And a load of books, just in case someone's interested. Gonna be hot, cold, rainy? Take it all, use the huge suitcase. Now, where did I put those tickets and the senior cards? Ma, can you drive me to the station?
The usual place in the handicap car is available. No handis today. Pardon me, excuse me... there, the bass is fixed for the trip. Geneva, an easy station, no stairs. Roll'em all the way. And that good coffee shop just opposite quai 7. MMMMMM! Damn, going all the way to Budapest by train. Five of them. Thirty hours door to door. For just an hour's concert? Naw, there's a workshop too. Name of the game. Budapest - love it.
B.Ph.

Einen Monat später treffen wir uns um 07:15 Uhr am Bahnhof in Luzern wieder. In Zürich steigen wir in Richtung Wien um. Es gibt Tage wo wir nur reisen.
Heute ist ein solcher Tag. 12 Stunden sind wir im Zug unterwegs. In Wien steigen wir ein weiteres Mal in Richtung Budapest um. Am Zielort Keleti Palyaudvar sollten wir aussteigen, um vom Veranstalter abgeholt zu werden. Der Zug hält heute da nicht, sagt uns der Schaffner. Also steigen wir in  Köbanya-Kispest aus und fahren mit dem Regionalzug zurück nach Kelenföld. Im neuen, grossräumigen Bahnhof angekommen, bringt uns ein Taxi nach Budapest zum Hotel. Mit der Fahrerin einer Ungarin, die lange Zeit vor der Wende in den USA gelebt hat unterhalten wir uns angeregt in perfekten Englisch. Nach einem Humus-Teller mit Bier geht es anschliessend ab in die Klappe. Das ist genug für heute.
U.L.

Le train est un espace mobile. Mobile et hétérotopique. Un lieu autre entre deux lieux, un espace où l'imaginaire se retrouve sans limite. C'est dans cet emplacement, où l'utopie loge, que les trois derniers pianos joués me sont apparus comme les caractères d'une écriture – chinoise ? – surgissant devant moi : le RIPPEN, bel canto, 211752, premier objet aperçu dans la trouée murale et zürichoise de Sieb & Brot, le Yamaha, G2, E 2522324, que j'ai préféré, pour les possibilités offertes par l'horizontalité de ses cordes, à un piano droit placé à l'arrière-scène du club Metro, à Beyrouth lors du festival IRTIJAL, et le paisible Schiedmayer & Soehne, sur lequel je travaille à la maison la lenteur du geste et la rapidité de l'écoute en me superposant aux voix radiophoniques de France Culture, aux chants des oiseaux du parc Geisendorf et aux cris des enfants montant du préau jouxtant mon immeuble.
Images déroulant une calligraphie pianistique, où chaque piano est un nouveau caractère, en noir et blanc, un bloc de temps cadré autour d'un son central, yin/yang sonore au sein d'une continuité sans fin. Jouer ces pianos, et tous les autres, l'un après l'autre, années après années, c'est déployer l'écriture de sa propre histoire dans un tempo lent, caractère après caractère, traçant son propre texte de vie et le découvrant tout à la fois. Récit qui reste à décrypter… comme il nous reste encore à comprendre pourquoi l'arrêt budapestois Keleti Palyaudvar, destination finale de notre voyage, avait subitement disparu, après 12 heures de rails, de la feuille de route du train hongrois dans lequel nous venions de monter à Vienne...
J.D.

P1100047

28 Avril, Budapest, Hongrie
Master Class

The young lions of Buda. There is hunger here but some how it's soft, it's palette hunger not belly hunger. A lack of immediateness, urgency, life&deathness. Do you know that it doesn't get any better than today? Today's the last chance.
Good technical level in general. Alertness on the idea front. Quite interested in "how it works". Students and young professionals – about 50/50. One lady visual artist (very interesting approach to sounding). Beginnings of climbing out of a hole but even so, too comfortable.
B.Ph.

Patyolat ist ein neuer Kulturraum für Ausstellungen, Klanginstallationen und Konzerte in Budapest. Hier leiten Barre, Jacques und ich heute Nachmittag gemeinsam eine Masterclass zum Thema Solo in der freien Improvisation. Die Teilnehmer sind Musikstudenten und professionelle Musiker. Das technische Niveau ist erstaunlich hoch, wie oft bei ausgebildeten Musikern. Die Erfahrung im Umgang mit freier Improvisation im Sinne des instant composings ist beschränkt und unerfahren. Dennoch ist es äusserst interessant wie verschieden und individuell diese Aufgabe von den MusikerInnen gelöst wird. Die meisten präsentieren ihr Können mit Spielweisen die sie kennen und mit Ausschnitten ihres Repertoirs im Umgang mit Klang. Keiner von Ihnen improvisiert in dem Sinne frei, während des Spielens mit Klängen Unvorhergesehenes zu entdecken. Das ultimative Hören mit Körper und Seele wird von den wenigsten konsequent praktiziert. Loslassen, nach Gehör spielen, weniger denken und nicht komplett expandieren wäre ein sinnvoller Ansatz um weiter zu gehen.
U.L.

Sur la scène de Patyolat, lieu budapestois en devenir, deux instruments. Plaqué au mur, un piano droit Rösler, 10128, Opus no 11048, "très vieux, mieux vaut ne pas y aller trop fort", me conseille l'organisateur de la master-class. Se réfère-t-il au fait que ces pianos, qui affichent aussi, suivant l'inscription, un G. avant Rösler – G. pour Gustav – ont été anciennement conçus et réalisés dans l'usine Petrov, en République Tchèque, alors qu'aujourd'hui ils sont produits en Chine ? La question aussitôt posée est aussitôt abandonnée, car découvrant sur la droite du clavier une sorte de tirette dorée, à action mécanique, portant le nom de Moderator, j'actionne cette manette, et imagine instantanément son effet sur les relations en cours de jeu entre les différentes variables du son. Mais la tirette ne répond pas, l'effet reste imperturbablement muet. Quoi qu'il en soit, même s'il ne s'agit en fin de compte que d'une simple sourdine, ce piano Rösler reste, au sens propre du terme, une boîte à musique. Qu'un piano soit muet ou sonore, il est habité par un son qui demeure potentiellement et physiquement présent. Le piano à queue placé au centre de la scène et recouvert d'une couverture noire, en simili-cuir et matelassée, un Yamaha, NO. G7, NIPPON GAKKI S.K.K. semble confirmer mon intuition. Au moment d'ôter sa couverture, il me vient à l'esprit une oeuvre de Joseph Beuys, Infiltration homogène pour piano à queue, où un piano est entièrement recouvert de feutre gris et porte une croix en tissu rouge sur un de ses flancs. Protégé ainsi par un isolant thermique, le piano est de ce fait aussi isolé acoustiquement du reste du monde. Ce geste d'étouffement raconte paradoxalement le son à travers la mise en scène du silence : le son ne prend-il pas appui sur le silence pour apparaître et n'a-t-il pas besoin du silence pour concrétiser sa propre disparition ? La vision d'un piano calfeutré et isolé de son propre contexte acoustique a toujours fait naître en moi un sentiment étrange d'une grande solitude un peu nostalgique. C'est précisément ce sentiment qui a resurgit à l'écoute d'une des participantes à la master-class. Artiste visuelle, sans maîtrise technique de l'instrument piano, elle a réussi à montrer une adéquation rare entre ses dispositions personnelles, son écoute et sa réalisation sonore. Un équilibre qui n'existe que dans sa remise en jeu renouvelée.
J.D.

P1100089

Photos : Jacques Demierre

Commentaires [0] - Permalien [#]

Paul Rutherford : GHEIM (Emanem, 2014) / Iskra 1903 : Iskra 1903 : South on the Northern (Emanem, 2013)

paul rutherford gheim

Le changeant un peu de son habituelle compagnie – Iskra 1903, avec Phil Wachsmann et Barry Guy –, cette réédition d’une cassette Ogun consignant un live at Bracknell (deux premières plages) et quelques prises studio (trois dernières), tous enregistrements datant de 1983, donne à entendre Paul Rutherford auprès de Paul Rogers et de Nigel Morris.

Soit cinq improvisations entretenant le souvenir du free jazz des origines, qui profitent d’une vitalité partagée – le moins « traité » des trois musiciens au grisli (présence quand même dans ce même trio en fin de Tetralogy) n’a-t-il pas pris quelques leçons de tambour auprès de John Stevens ? – et d’un art certain de la mesure. Ainsi, les motifs redits en boucle par la contrebasse et les soulèvements compulsifs de la batterie engagent-elles Rutherford à ramasser une expression entière et franche dans un seul et même souffle.

En studio, les musiciens se montrent autrement démonstratifs : le son est plus chaleureux, la contrebasse moins amplifiée. La nonchalance de chacun des trois intervenants (Rutherford passant à l’euphonium le temps d’une prise) est porteuse de non-principes communs, qui soignent encore le flegme déroutant avec lequel le trio s’adonna à l’improvisation.

Paul Rutherford Trio : GHEIM. Live at Bracknell 1983 (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2 juillet 1983 & 12 décembre 1983. Edition Ogun : 1986. Rééditions Emanem : 2004 & 2014.
CD : 01/ Gheim 1 02/ Gheim 2 03/ Brandak 04/ Crontak 05/ Prindalf
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

iskra 1903 south of the northern

South on the Northern pourrait être, en deux temps que marquent les deux disques qu’il contient, un retour aux sources pour Rutherford. Deux fois enregistré à Londres en 1988 et 1989, Iskra 1903 y entretient en effet un art de l’improvisation plus « réfléchi », mais terrible tout autant : les déboîtements du trombone n’agacent-ils pas l’archet rapide de Wachsmann (aussi à l’électronique) quand celui de Guy (aussi à l’électronique) révèle sur de plus lents passages les traces évidentes d’un instant qui palpite ?

Iskra 1903 : South on the Northern (Emanem / Orkhêstra International)
Réédition : 2013.
2 CD : CD1 : 01/ Balham Bedford 1 02/ Balham Bedford 2 03/ Balham Bedford 3 04/ Balham Bedford 04 – CD2 : 01/ Clapham Commun Sun 1 02/ Clapham Commun Sun 03/ Clapham Commun Sun
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>