Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


ChroniquesArchivesHors-sérieDisquesLivresFilmsle son du grisliNewsletterContact
Grisli Shop

Le son du grisli est en vacancesA paraître : Félix Fénéon & Nurse With WoundInterview de Jonas Kocher
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Leif Elggren : Un peu comme voir dans la nuit (Rip on/off, 2013)

leif elggren un peu comme voir dans la nuit

Une introduction de Christine Ritter et une présentation de Thibault Walter, qui évoquent l’un et l’autre l’hétéroclite travail de Leif Elggren, une conclusion de Laura Daengeli qui aborde son œuvre sous l’angle du sympathique homme qu’il est, et c’est sa « production littéraire » (1970-2013) qui nous est ici livrée, et en français encore.

Derrière la dédicace au dessinateur Charles Méryon, quelques influences (Rimbaud, Lautréamont, Breton, Bataille…) – Il est dit que nulle Reine n’est une Reine sans être une Reine avant – dont Elggren se sera éloigné pour créer un langage personnel dont il aura nourri, et dont il nourrit encore, combien de voix dissimulées – celles de ces bonshommes à têtes d’épingles qui prolifèrent sur papier ou celles de ces cellules sur pattes qui peuvent s’insinuer jusque dans ce qu’il reste de Catherine de Suède ?

Le chagrin qui divise l’abîme n’est pas mesurable, il crée simplement un lien vers un autre abîme et n’est perceptible ni par la peau (toucher) ni par l’odeur, ni par l’écoute, ni par le goût ni même par la vue, mais par quelque chose d’autre. Quelque chose d’autre. Chez Elggren, ce « quelque chose d’autre » pourra prendre la forme d’une performance, d’un souvenir, d’une phrase ou d’un dessin… Mais ce ne sont là que de simples tentatives, qui vont au son de rumeurs diverses (charges électriques, moteurs ronflant, inquiétantes phonations…) dont un disque donne ici un aperçu. Et toutes les tentatives faillissent – c’est là leur beauté – dans un bruit étouffé de poésie étrange : Il est trop tôt pour croire que nous allons oublier d’où nous venons…

un peu comme voir dans la nuit

Leif Elggren : Un peu comme voir dans la nuit, et autres textes
Rip on/off (Van Dieren) / Les Presses du Réel
Edition : 2013.
Livre (144 pages) + CD
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Roland Etzin : Sonic Drawings (Gruenrekorder, 2016)

roland etzin sonic drawings

Après nous avoir fait faire un petit tour d’Asie dans son TransMongolian, Roland Etzin nous revient d’Allemagne, d’Italie et d’Irlande avec des sons plein la musette (floquée Gruenrekorder, of course). Reste plus qu’à piocher dedans pour confectionner un nouvel album, et c’est Sonic Drawings !

Pour faire vite on pourrait dire qu’Etzin ne sait pas vraiment quoi dessiner et qu’il crayonne en attendant l’inspiration. Il fourre donc tous les bruits qu’il peut (cloches suspendues à des cous de moutons, bruit d’une moto sur la route, notes de piano…) sur une même piste (ou plutôt sur quatre, même si les trois premières sont bien plus courtes que la dernière) et compte peut-être sur son auditeur pour trouver un sens caché à tout ça, qui sait ?

Les sons de Sonic Drawings sont nombreux ; ils vont, en plus des field recordings, des nappes de synthétiseurs analogiques à des notes d’instruments inventés par Etzin himself. Surtout, ils partent dans tous les sens sans vraiment de cohérence mais… rien de grave. L’essentiel n’est pas là. Il est plutôt dans ce fourre-tout à dominante électronique (au final) qui vous explose à l’oreille et, selon les moments, vous agresse ou vous étourdit (come il est beau, le rythme des débuts de Garten). Si ce n’est peut-être pas abouti, l’ébauche peut donc avoir du charme !

sonic drawings

Roland Etzin : Sonic Drawings
Gruenrekorder
Edition : 2016.
CD : 01/ Wand 02/ Vinschgau 03/ Wasser 04/ Garten
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Peter Evans, Alfred Vogel : Il Piccolo Incidente (Boomslang, 2016)

peter evans alfred vogel il piccolo incidente

Engagés dans une même spirale, Peter Evans (trompette de poche) et Alfred Vogel (batteur-percussionniste autrichien, fondateur du label Boomslang) n’ont que trente-trois petites minutes pour se présenter à nous.

Le souffleur et le percutant soignent les mêmes issues : flux et phrasés positionnés en rafales, vélocités assumées. Peu de techniques étendues ici (une corne de brume en vient quand même à passer par là) mais le jeu, rien que le jeu. Et à ce petit jeu (je ?), c’est le trompettiste qui emporte la partie, le percussionniste s’engouffrant parfois en des  coloriages superflus. Le batteur, par contre, sait faire jeu égal avec son bavard partenaire : jeu serré, caisse claire acérée, dextérité du geste. Le tout nous rappelant, épisodiquement, les divins duos Cherry / Blackwell.  Pas mal pour une première prise de contact.



il piccolo incidente

Peter Evans / Alfred Vogel : Il Piccolo Incidente
Boomslang Records
Enregistrement : 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Pe-av1 02/ Pe-av2 03/ Pe-av3 04/ Pe-av4 05/ Pe-av5 06/ Pe-av6 07/ Pe-av7
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Diatribes & Cristián Alvear : Roshambo (Trio) / Yan Jun : On 3 Pipes (1000füssler, 2015)

diatribes cristian alvear yan jun roshambo trio on 3 pipes

Sans y paraître, les petits disques 1000füssler prennent de plus en plus de place, s’installent dans le paysage mais en toute discrétion. C’est ce que font les deux dernières publications du label, qui datent de novembre dernier : Roshambo (Trio) de Diatribes et Cristián Alvear et On 3 Pipes de Yan Jun. Après l’écoute, et une fois rangés, on les soupçonne même d’enregistrer encore…

C’est chez Alvear, au Chili, que D’incise et Cyril Bondi sont allés enregistrer Roshambo, une de leurs compositions déjà consignée sur disque (A New Castle). La guitare de l’invité devra faire face aux bourdons du duo et jouer aussi avec ses souffles, ses silences, ses enregistrements de terrain – d’un monde renversé où les Suisses gagnent en altitude –, ses usinages en équilibre… Alvear choisissant de se fondre dans le décor, il composera ce trio qui ne changera pas Diatribes mais le déstabilisera quand même, en sourdine.

A Pékin, c’est un autre trio que Yan Jun fit chanter en deux fois (et modifia bien sûr ensuite) : un tuyau enregistré en 2009 (Track 2), puis deux autres l’année suivante (Track 1). Derrière les sifflements étouffés – ceux du matériel utilisé pour l’enregistrement – de la première plage, entendre un peu d’eau qui circule à différentes vitesses ; derrière la succession de roulements et de (presque) silence de la seconde, c’est cette fois le bruit d’une position : les micros dont se sert Yan Jun révélant à chaque fois la musique d’un intérieur qu’on supposait inaccessible jusqu'à ce que la sonnerie d’un téléphone, atténuée par les parois du tube, ne nous ramène à une réalité, autrement concrète.

diatribes_cristian_alvear_roshambo

Diatribes & Cristián Alvear : Roshambo (Trio)
1000füssler
Enregistrement : 11 décembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Roshambo (Trio)

 

cover_yan_jun_3pipes

Yan Jun : On 3 Pipes
1000füssler
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2015.
CD : 01/ track 1 02/ Track 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Dave Rempis, Lasse Marhaug : Naancore (Aerophonic, 2013)

dave rempis lasse marhaug naancore

Moi qui m’étais promis de ne plus jamais faire de jeux de mots (de ma vie, je veux dire), imaginez ma déception au déballage de ce LP du nom de Naancore et imaginez la surtout lorsque le bras de ma platine a remonté après avoir sillonné tout le vinyle… J’en suis (presque) tombé à genoux tel Rahan éreinté de ne jamais parvenir à rejoindre le soleil avant de m'écrier : « Naaannn’core ! »

C’était mon dernier jeu de mot. C’est à dire que je ne pourrais rien faire de Skinning the Poke & Strategikon (ô, fada, la belle évocation de Marseille qu'on m'interdit !), les noms des deux pistes enregistrées à Oslo en 2012 par le saxophoniste Dave Rempis et l’électroniciste Lasse Marhaug qui m’ont mis dans un tel état.

L’alto secoué et l’électro coupante, l’électro déchirée et l’alto galopant (qui semble amplifié en face B) : c’est une improvisation conduite comme on le fait dans les courses de stock-cars. Conducteurs émérites, chacun dans son (ou ses ?) domaine, Rempis & Marhaug s’en donnent à cœur joie, se réservent des abordages-limites et sortent même les mitraillettes… Tout simplement fantastique !



naancore

Dave Rempis, Lasse Marhaug : Naancore
Aerophonic
Enregistrement : 16 août 2012. Edition : 2013.
LP : A1/ Skinning the Poke – B1/ Strategikon
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean-Jacques Birgé, Francis Gorgé : Avant Toute (Souffle Continu, 2016)

jean-jacques birgé francis gorgé avant toute

Comme de Bernard Vitet (voir La guêpe, récemment réédité par Souffle Continu), on sait de Jean-Jacques Birgé « à peu près » le parcours. C’est que le parcours en question est, lui aussi, dense et hétéroclite, dont Avant Toute, enregistré en 1974-1975 en duo avec Francis Gorgé, sonne en quelque sorte le départ – et le préambule au Drame Musical Instantané que le duo jouera ensuite avec Vitet.

Birgé aux claviers (synthétiseur ARP 2600 et piano électrique) et Gorgé à la guitare, et aussi une époque : celle d’une improvisation (instantanéisation ?) capable encore d’émettre sans trop s’écouter (voire se regarder) faire. Raccord avec son temps, le duo musarde à loisir sur trois quarts d’heure de quartier libre, et ses Bolet Meuble, CXLII, Coup de Groutchmeu ou Corde lisse, en profitent souvent.

Car l’ego trip est, quand il n’est pas vain (deux ou trois « baisses de régime » en concluront les générations suivantes), plutôt bon conseiller : qui va au son de gimmicks tournants, de cordes qui légèrement saturent, d’élucubrations électroniques minutieuses, de programmations sous cloches… Mais, pour résumer encore, il faudra choisir : alors, pop ou kraut, ce folâtre minimalisme ? « Il s’agit avant tout d’expliquer l’action », répondent (presque en chœur) Birgé et Gorgé.



birgé borgé

Jean-Jacques Birgé, Francis Gorgé : Avant Toute
Souffle Continu
Enregistrement : 1974-1975. Réédition : 2016.
LP : A1/ Bolet Meuble A2/ CXLII – B1/ Coup de Groutchmeu B2/ Corde lisse
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Fritz Hauser : Different Beat (Neu, 2015)

fritz hauser we spoke different beat

Si les dix plages qui se succèdent sur ce disque double pourraient n’en faire qu’une, c’est que le travail de Fritz Hauser, on l’a souvent dit, est d’une cohérence rare. Qu’il écrive pour trois ou quatre percussionnistes, pour un seul – certes, doté de « huit bras » – ou pour un ensemble n’y changera rien, ou presque.

C’est bien sûr dans ce « presque » que Fritz Hauser met au jour toutes les nuances que les quatre percussionnistes de We Spoke (Serge Vuille, Julien Annoni, Olivier Membrez et Julien Mégroz) nourriront ici avec lui : sur l’allure changeante de gestes tentés sans cesse par la relâche – qui fait qu’un rythme qui se désagrège trouve un second souffle dans sa chute même (Second Thought) –, au son de cymbales renversées qui, avec l’appui de quelques graves, travaillent à un minimalisme complexe aux couches s’opposant tout en faisant corps (Double Exposition)…

Et puis, sur cette idée de grattage (Schraffur) qu’il concrétise depuis 2008, Hauser entretient son entente avec le quartette de percussionnistes : quelques secondes de silence et c’est le chant discret de gongs que l’on frotte, si ce n’est celui qu’aurait laissé sur son sillage – sur ses sillages, même, auxquels les intervenants accrochent cent rythmes proches mais différents – un train de nuit à l’ancienne.

Autre méthode (autre « concept », pourquoi pas), celle de l’étirement auquel Hauser soumet sur Rundum des notes que l’on dirait sorties de larges plaques de métal et qui cherchent un équilibre sous un ciel grondant. L’ouvrage-reflet est sombre en conséquence, la densité de son atmosphère n’a d’égal que son épaisseur et, pour dissiper les nuages lourds, il faudra que claquent de grands coups de baguettes. Mais l’équilibre tient bon, et cette mise en place de rythmes étouffés et de pulsations louvoyant impressionne autrement encore.



different beat

Fritz Hauser, We Spoke : Different Beat
Neu
Enregistrement : décembre 2014. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : 01/ Second Thought 02-07/ As We Are Speaking 08/ Double Exposition – CD2 : 01/ Schraffur 02/ Rundum
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jeph Jerman, Tim Barnes : Versatile Ambience (IDEA Intermedia, 2016)

jeph jerman tim barnes versatile ambience

Si je me plie aux règles du jeu qu’a l’air de me proposer ce beau (et lourd) vinyle, je devrais essayer de reconnaître les instruments utilisés par couche, les uns après les autres… Après un vieux magnéto-trifouille et une cigale synthétique (ô chant rapide, suspens ton vol), je dirais un violon joué à l’archet et une clarinette… Mais voilà que déjà se fait entendre un autre instrument… un orgue, non ?

Ce jeu, c’est celui de Jeph Jerman & Tim Barnes, qui collaborent depuis une douzaine d’années, mastered by Rashad Becker, & auquel on arrête de jouer assez vite. Non pas parce qu’on n’y comprend plus rien (je maintiens : une clarinette, ou un basson, et un archet au moins) mais parce qu’on a autre chose à faire et que cet autre chose c’est : l’écouter. D’autant que plus on avance et plus il y a de matière : après les instruments acoustiques (dans la pochette du disque, je trouve la liste des participants : Aaron Michael Butler, Ken Vandermark, Sara Soltau, Jacob Duncan, Rachel Short, Bret Berry), voilà le vent qui souffle et des bêtes qui vocifèrent.

Les indications ne disent pas par contre dans quelles conditions le disque a été enregistré, qui des field recordings ou des instruments sont arrivés le premier, par exemple, ou encore pourquoi le tout premier larsen de la face B détruit tout cet ouvrage de couches ? Pour un autre bel ouvrage, du reste : concret-brut-abstract-noise, avec voix & autres inserts préenregistrés, moteurs & souffleries… Versatile, pour sûr !, et un seul défaut avec ça : que ce 33 tours de taille tourne à la vitesse d’un 45…





jerman barnes

Jeph Jerman, Tim Barnes : Versatile Ambience
IDEA
Edition : 2016.
LP : A-B/ Versatile Ambience
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Rapoon : The Kirghiz Light (Zoharum, 2015)

rapoon the kirghiz light

Après avoir quitté le cultissime Zoviet France, Robin Storey forma le projet Rapoon. Encore un peu indus mais surtout ambient-ique et (surtout au carré) d’inspiration ethnomusicologique, ce n’est pas The Kirghiz Light (première collaboration de Storey avec la vocaliste Vicki Bain, sortie à l’origine sur Staalplaat) qui nous dira le contraire.

Réédité aujourd’hui par l’écurie Zoharum, le double album est enrichi d’un troisième, un remix 2016 de cette production qui date de vingt ans. Si l’on ne sent pas forcément que la remasterisation est passée par là, l’atmosphère est toujours moins étouffante que sur les ZF. Nappes de synthé, loops sur loops (d’un répétitif tech tout simplement ralenti) de voix célestes ou d’instruments souvent exotiques (tablas, cithare…), peu de rythmes et encore moins d’envolées…  

C’est ce qui est intéressant, d’ailleurs, même dans les moments un peu longuets (et il y en a plusieurs, étant donné les deux CD), cette « platitude », si je puis dire… ce jusqu’au-boutisme ambient-ethno-indus assez bellement réactualisé sur le remix par d’autres synthés (beaucoup de cordes), la même voix (mise plus en avant) et les mêmes percussions (mises en arrière)… Un pas de plus vers l’étrange pour le Rapoon et Robin Storey, et c’est normal : le monde n’est-il pas plus étrange qu’il y a vingt ans ?



kirghiz light

Rapoon : The Kirghiz Light
Zoharum
Réédition : 2016.
3 CD : The Kirghiz Light
Pierre Cécile © le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Vijay Iyer, Wadada Leo Smith : A Cosmic Rhythm with Each Stroke (ECM, 2016)

vijay iyer wadada leo smith a cosmic rhythm with each stroke

Avant d’en découdre avec A Cosmic Rhythm with Each Stroke, suite en sept parties dédiée à l’artiste indienne Nasreen Mohamadi, Vijay Iyer et Wadada Leo Smith inaugurent leur duo avec Passage. Arpèges crépusculaires, trompette déchirant la voute céleste, le duo sélectionne les espaces à conquérir, ceux à bannir. Après A Cosmic Rhythm with Each Stroke, pianiste et trompettiste évoquent Marian Anderson. Chant crépusculaire, larges spectres, larges souffles, piano se libérant, la structure est ajustée, manifeste.

Au centre : A Cosmic Rhythm with Each Stroke, ou l’art des lignes crépusculaires et ininterrompues. Dans ce territoire de consonances : un seul paysage, une seule contrée. Le piano hèle la trompette, lui indique le chemin à suivre. Le temps de s’éparpiller et de se jauger, le désordre semble adopté. Puis se rétracte et réintègre l’harmonie initiale. Mais rien de monocorde ici, juste une grande et envoûtante résonance.



each stroke

Vijay Iyer, Wadada Leo Smith : A Cosmic Rhythm with Each Stroke
ECM / Universal
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Passage 02/ All Becomes Alive 03/ The Empty Mind Receives 04/ Labyrinths 05/ A Divine Courage 06/ Uncut Emeralds 07/ A Cold Fire 08/ Notes on Water 09/ Marian Anderson
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]