Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Grisli d'été10 Years a Grisli : Rétrospective 2004-2014Garrison Fewell (1953-2015)
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

John Chantler : Still Light, Outside (1703 Skivbolaget, 2015)

john chantler still light outside

Si (jusque-là) j’ignorais tout de John Chantler (ce qui prouve au lecteur que je ne connais pas ma grisli bible par cœur), Still Light, Outside m’a bien motivé à aller fouiller, comme on dit de la taupe au trou. Et de la taupe au trou, on sait qu’il n’y a qu’un pas.

Alors qu’est-ce ? Eh bien un Long Shadow of Decline en trois parties à l’instrumentarium qui trahit des guitares, un church organ et des electronics, bref de quoi faire. Et faire bien puisque Chantler fabrique avec tout ça une sorte d’ambient expérimentale (oui, mais légère) qui entasse n’importe quel bacillaire ou adventice (des synonymes de parasite) avec un calme agaçant (pour eux, en tout cas j’imagine).

L’auditeur que je suis n’a plus qu’à constater, la tête dans les étoiles, que ce suspense de film fantastique rêvé est moins effrayant que bien bien malin et que ses sons continus ont même l'accueil sympathique. C’est dire la confiance qu’il faut. Et, même si c’est un peu frais, je fais toute confiance à John Chantler.  

John Chantler : Still Light, Outside (1703 Skivbolaget)
Enregistrement : août-novembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ The Long Shadow of Decline – Pt I 02/ 01/ The Long Shadow of Decline – Pt II 03/ 01/ The Long Shadow of Decline – Pt III
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Paul Dunmall, Tony Bianco : Homage to John Coltrane (Slam, 2015)

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Est-ce le souvenir d’Interstellar Space qui rapprocha un jour Paul Dunmall et Tony Bianco autour de compositions de John Coltrane ? C’est en tout cas le troisième hommage que le duo rend au saxophoniste – après Thank You John Coltrane et Tribute to Coltrane. Et l’inspiration est la même, qui le travaille.

Deux fois en 2013 (Café Oto le 16 juillet et Delbury Hall de Shropshire le 7 novembre), Dunmall et Bianco révisaient donc leur classique avec une implication fiévreuse. Si ce n’est sur l’imposante texture filée d’Alabama, la batterie est sémillante et ses emportements comblent les attentes d’un ténor – abandonné deux fois pour une flûte en introduction de Psalm et un saxello sur My Favorite Things – dont Coltrane jadis dessina les (pour ne pas dire « décida des ») desseins.

Qu’ils ne gardent du thème qu’un court motif prétexte à inventer autrement (Giant Steps, Sunship…) ou approchent les versions originales avec plus d’égard (Central Park West, Alabama…), Dunmall et Bianco entretiennent la flamme avec, toujours, la ferme intention d’inventer « par-dessus ». The real risk is in not changing, avertissait en son temps Coltrane. Paul Dunmall et Tony Bianco, sur du Coltrane pourtant, confirment.

Paul Dunmall, Tony Bianco : Homage to John Coltrane (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 7 novembre 2013 & 16 juillet 2013. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : 01/ Ascension 02/ Resolution 03/ Central Park West 04/ Transition 05/ Psalm – CD2 : 01/ Ogunde/Ascent 02/ Naima 03/ The Drum Thing 04/ Sunship 05/ Giant Steps 06/ Expression/Affirmation 07/ Alabama 08/ My Favorite Things
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jessica Meyer : Sounds of Being (Pipeline Collective, 2014)

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Le coup du (de la) musicien(ne) qui sait tout jouer (classique, contemporain, jazz, impro, indien, flamenco, bourrée auvergnate…), on vous l’a déjà fait ? A moi aussi. On en arrive le plus souvent à un patchwork indigeste et sans saveur. Est-ce ce qui arrive avec Jessica Meyer ici ? Soyons honnêtes, nous avons entendu bien pire.

Jessica Meyer est une altiste confirmée, et qui n’a pas l’archet dans sa poche. Elle aime à se démultiplier et à envisager quelques belles et saines périphéries : virtuosité nerveuse (Hello), attente et suspension quasi-microtonale (Touch), petites frayeurs (Afflicted Mantra), inquiétude sourde (Duende). Tout cela est très consonnant, très joli, mais est-ce suffisant pour nous passionner ?

Jessica Meyer : Sounds of Beings (Pipeline Collective Recordings)
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Getting Home (I Must Be…) 02/ Hello 03/ Into the Vortex 04/ Afflicted Mantra 05/ Source of Joy 06/ Touch 07/ Duende
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Lukas Ligeti, Thollem McDonas : Imaginary Images (Leo, 2014)

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Codes et usuels du langage improvisé au vestiaire, Lukas Ligeti (batterie) et Thollem McDonas (piano) s’offrent quelques blocs sportifs, limite démoniaques. Le premier précise sa direction : jeu rejetant finesse et vibration au profit d’un foisonnement sec, mâtiné d’un désir constant de pousser la saturation en de hautes sphères. Intégrant une figure rythmique pour aussitôt la rejeter, c’est lui qui le plus souvent pousse son partenaire à fouetter la trame.

On sait ce dernier soûlant de virtuosité vaine. On le découvre ici plus que supportable. Intimidant le trait, jamais en reste dans le cluster assassin, on lui donne ici mention honorable. Et espoir pour la suite. Parce que plusieurs fois hors sujet et dégageant les habitudes de jeu (sans jamais les pulvériser toutefois), Ligeti et McDonas donnent beaucoup à espérer. A suivre…

écoute le son du grisliLukas Ligeti, Thollem McDonas
Imaginary Images (extrait)

Lukas Ligeti, Thollem McDonas : Imaginary Images (Leo Records / Orkhêstra International)
Edition : 2014.
CD : 01/ Dark Correspondance 02/ Minds Fill In 03/ Whisper Stream 04/ Reflexivities 05/ Connecting Thoughts 06/ Advance in Standstill 07/ The Gravity of Up
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Ulrich Krieger : Winters in the Abyss (Pogus, 2015)

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Si Winters in the Abyss consigne les cinq premières pièces des quatorze qui font le Deep-Sea Cycle d’Ulrich Krieger, c’est toutefois adaptées : par le compositeur en personne aux instruments de ses interprètes (trombone de Matt Barbier, cor d’harmonie de Zara Rivera et trombone contrebasse de Paul Rivera), puisque ces pièces étaient destinées à l’origine à trois contrebasses (flûte, saxophone et tuba).

Ce sont donc un cor et deux trombones (aux micros rapprochés) qui, jetés d’on ne sait où, viennent grossir la neige marine et, à leur propre vitesse, gagneront comme elle le fond de l’océan. Cinq étapes mais pas de stations : trois instruments gravent qui, l’un après l’autre, cherchent à établir le contact au son de signaux répétés. A force de redites, leurs notes se superposent ; à force de dérivation (verticale, certes), reprennent de la distance.

A chaque fois, c’est un effet de couplage (dirait-on « triplage » ?) qui donne à la chute lente et au sondage opportuniste qui y est attaché l’ombreuse et impressionnante musique – minimalisme revu à la lumière du Wandelweiser – que renferme Winters in the Abyss.

Ulrich Krieger : Winters in the Abyss (Pogus)
Enregistrement : 2012. Edition : 2015.
CD : 01/ V Sun Lit 02/ IV Twilight 03/ III Midnight 04/ II Lower Midnight 05/ I Pitch Black
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Enema Syringe : Upshutlenvolte (Fragment Factory, 2014)

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Ce n’est pas le catalogue de nez de la pochette qui m’aurait détourné de ce 33 rpm un tiers (rounds per minute = tours par minute, et là dans ta tête tout s’éclaire !) de l’Enema Syringe de Kai Parviainen dont j’avais loué (mais sans l’écrire, étant alors trop jeune) le Bögens Massage Institut du label Ultra Eczema.

D’autant qu’en dos de couv’, il y a cet enfant obèse qui me sourit (j’ai toujours eu un faible pour les enfants obèses) et cette femme qui fume qui pense (la contrepèterie de cette phrase donne la même phrase, ce qui ne lasse pas de m’abasourdir). Sur la A, de face, il y a marqué « (infinite version) » sous la pièce number 2 (En Krullig Mongoloid). Parce que ce ne serait pas moins bon que de laisser tourner pour toujours ces voix / beats / scratchs… de chanson indusbuzz.

Mais sur la B, de face, c’est un beat happening qui recadre tout le vinyle rond de la chose. Du genre techno facile mais qui lâche des pointes qui font mal sous l’effet de la centripète force (ne voyez là aucune malice). C’est donc presque musical, cette fois. En tout cas, ça marche pareil… Et (tenez-vous bien) tout ça enregistré en 1987. C’était une belle année, 1987…

Enema Syringe : Upshutlenvolte (Fragment Factory)
Enregistrement : 1987. Edition : 2014.
7’’ : A1/ Upshutlenvolte A2/ En Krullig Mongoloid (Infinite Version) – B/ Rytmarantz
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Roots Magic : Hoodoo Blues (Clean Feed, 2015)

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Dénominateur commun des façons de nombre de « jeunes » musiciens  nés aux quatre coins de la planète, l’écoute (et non plus le souvenir) du free jazz des années 1960 et 1970 n’en finit plus de se faire entendre – voire, de réclamer qu’on l’entende encore : ici une fois de plus, là une fois de trop.

Avec Roots Magic – qyartette composé d'Alberto Popolla (clarinettes), Errico DeFabritiis (saxophone alto), GianFranco Tedeschi (contrebasse) et Fabrizio Spera (batterie), parfois augmenté de Luc Venitucci (orgue, melodica, cithare amplifiée) –, c’est l’Italie (et non plus les Etats-Unis, la Scandinavie ou la Pologne) qui verse dans l’hommage à quelques figures choisies : Julius Hemphill, John Carter, Sun Ra, Olu Dara… Sans pour autant (notons-le) « sonner jazz italien »…

Des reprises, donc, qui permettent aux musiciens d’alterner unissons efficients et solos impromptus, plages de climat suspendu ou morceaux de soul rassurants. Certes, on aurait parfois du mal à distinguer quelque identité – voire personnalité – dans ce groupe qui rappelle les premières heures du Vandermark 5 ou les dédicaces de The Thing… Mais le plaisir est là, d’entendre, joliment relues, The Hard Blues ou Dark Was the Night (qui profite de la belle clarinette de Poppolla). Au creux du répertoire, Defabritiis et Tedeschi placent bien deux compositions personnelles, mais celles-ci insistent, toutes « modernes » sont-elles : l’originalité, fut-elle d’une autre époque ?  

Roots Magic : Hodoo Blues (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : printemps 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ The HARD blues 02/ UNITY 03/ The SUNDAY AFTERNOON jazz and blues SOCIETY 04/ Blues for AMIRI B. 05/ DARK was the NIGHT 06/ A CALL for all DEMONS 07/ POOR me 08/ The JOINT is JUMPING 09/ I CAN’T WAIT till I get HOME 10/ The SUNDAY AFTERNOON jazz and blues SOCIETY
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Frank Lowe : OUT LOUD (Triple Point, 2014)

frank lowe out loud

Quarante ans après leur enregistrement, ce sont là des bandes dans lesquelles Frank Lowe aurait aimé puiser pour composer son second album personnel (Logical Extensions). Or, après Black Beings, ce sera Fresh qui, au son de compositions personnelles et de reprises de Thelonious Monk, fera la deuxième référence de sa discographie. Enregistrées en 1974 en studio (Survival Studio) et en concert (Studio Rivbea), ces séances de « rattrapage » sont aujourd’hui publiées par l’exigeant label Triple Point.

Dans un grand cahier rouge (Inside OUT LOUD), Ed Hazell – qui signa jadis les notes de quelques documents de choix : The Jimmy Lyons Box Set, Centering ou Muntu Recordings – explique qu’OUT LOUD présente tout ce que le « nouveau quartette » de Lowe, pensé pour l’enregistrement de son Logical Extensions, a pu enregistrer. Après quoi, l’écrivain retrace le parcours du saxophoniste : naissance à Memphis, arrivée à New York, collaboration avec Sun Ra, Alice Coltrane, Rashied Ali, Don Cherry…, enregistrement de Black Beings et formation du quartette à entendre sur ce double-vinyle : Lowe associé à Joseph Bowie, William Parker et Steve Reid – sur la quatrième face, le quartette est augmenté du trompettiste Ahmed Abdullah –, soit : trois partenaires que l’on retrouve à ses côtés sur Black Beings, The Fresh ou The Flam.

Loin de la retenue de Fresh, Lowe en appelle ici à un nouvel « Act of Freedom » au son de phrases rentrées – parfois, il semble en lutte contre sa propre identité sonore – et de franches exclamations. Afin de les exalter encore, la paire rythmique presse souvent le saxophoniste quand Bowie multiplie les interjections parallèles (Listen). Mais le jeu du quartette n’est pas que de tensions et de frictions, puisqu’il lui arrive souvent de servir un expressionnisme minimalisme qui flotte entre les combinaisons réduites de l’Art Ensemble et l’Inside Story de Prince Lasha

Au Rivbea, les micros se rapprochent – l’œil de l’auditeur aussi, puisqu’un code permet à l’acquéreur de la référence Triple Point de visionner le film de ce passage chez Bea et Sam Rivers. Sortis de l’interprétation des trois temps de l’ « Act of Freedom » composé pour Logical Extensions, les musiciens lâchent la bride d’une inspiration plus fervente encore : l’archet de Parker ose la répétition, et la répétition intensifie son jeu ; la batterie de Reid multiplie rebonds et soubresauts qui agissent sur les souffleurs comme autant d’électrochocs ; le saxophone (ténor, soprano, et aussi sifflets, harmonica…) et le trombone n’en finissent plus d’entrer en collision. Et puis, puisqu’on ne se refait pas – animateur des concerts donnés en lofts new-yorkais, Lowe n’aimait pas tant le free jazz que la musique de Coltrane et la tradition d’où elle avait jailli –, c’est avec des airs de formation Nouvelle-Orléans que le quartette tire sa révérence. Voilà donc, entre Black Beings et Fresh, le trait d’union qu’il faudra aller chercher.

écoute le son du grisliFrank Lowe Quartet
OUT LOUD (extrait)

Frank Lowe : OUT LOUD (Triple Point)
Enregistrés : 1er mai 1974 (A/B) / (sans doute) printemps / été 1974. Edition : 2014.
2 LP : A1/ Untitled 1 A2 Vivid Description – B1/ Listen B2/ Untitled 2 B3/ Logical Extensions – C1/ Whew! – D1/ Untitled 3 D2/ Closing Announcement
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Steve Reich, Ensemble Avantgarde : Four Organs / Phase Patterns / Pendulum Music (Karl, 2015)

steve reich ensemble avantgarde four organs

Je veux bien l’avouer aujourd’hui même si aujourd’hui c’est déjà trop tard. Quand Steve Reich y était, je n’y étais pas encore. Une fois que Steve Reich était parti, combien je l’ai attendu… Et je suis parti aussi.

Oui mais partir pour où ?, m’as-tu demandé – formerons-nous jamais un couple, un vrai, comme Steve Reich et Beryl Korot, Beatriz ? Là était la question, c’est vrai, puisqu’il s’agissait bien de lui mettre la main dessus pour lui poser des questions qui s’imposaient. Qui s’imposaient ?, m’as-tu demandé alors. Beryl poserait-elle à Steve des questions de ce genre ? Les Four Organs sont-ils quatre ou douze ? Sont-ils même des orgues et pas des accordéons étendus (de nos jours tout est possible) ?

Au lieu de répondre, Steve s’enfermerait dans son silence. Mais moi je te réponds. Donc voici mes questions : est-ce que l’Ensemble Avantgarde qui vous joue aujourd’hui vaut autant qu’un ensemble d’arrière-garde qui vous aurait joué hier ? Un accordéon vit-il en meute ? Et quand il est seul un accordéon retombe-t-il sur toujours ses pattes ? Est-ce d’ailleurs vraiment un accordéon que j’entends ? N’est-ce pas un basson populaire, ou un basson de Tour de France ? Et ce Pendulum Music, avec sa variation de volume et tutti quanti, Philip Glass lui aurait-il tout pris ? Et aussi (« enfin, s’il te plaît », me dis-tu, Beatriz) le décalage est-il la clef de voute du minimalisme ?

Cette dernière question, j’aimerais te la poser à toi aussi, Beatriz : « le décalage est-il la clef de voute du minimalisme ? » A la place, je te demande : « tu aimes ? » Mais tu es le Steve de notre couple et tu ne me réponds pas. Moi, Beryl, je te le dis : « c’est toujours beau, ce que tu composes. »

Steve Reich, Ensemble Avantgarde : Four Organs / Phase Patterns / Pendulum Music (Karl)
Edition : 2015
LP : Four Organs / Phase Patterns / Pendulum Music
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Cactus Truck : Seizures Palace (Not Two, 2015) / Are You FREE? (BeCoq, 2015)

cactus truck seizures palace

Pire que la tondeuse du dimanche et les cigales de l’été : le nouveau Cactus Truck (John Dikeman, Jasper Stadhouders, Onno Govaert). Le p’tit dernier se nomme Seizures Palace. Ici, ce n’est qu’éruption continue : pas de regret pour le silence. Papa Cage ne s’en remettrait pas.

Oui, c’est une bataille. C’est l’axe du brutal. Guitares cisaillantes, batterie en rebonds retors, saxophone forant le cri jusqu’à l’agonie : la morsure est fatale. Le chaos n’admet aucune reconstruction. Je ne sais comment les p’tits jeunes nomment ça : proto-noiso-préhistorico-punko-garage ? Moi, et depuis longtemps d’ailleurs, je ne sais qu’une chose : diable, que je les aime ! Après le non du peuple grec, une autre bonne nouvelle : le Seizures Palace de Cactus Truck.

Cactus Truck : Seizures Palace (Not Two Records)
Enregistrement : 2012. Edition : 2015.
CD : 01/ ? 02/ Will to Power 03/ Drones 04/ Fetzer 05/ Difference & Repetition 06/ Fuck You Nash 07/ One for Roy 08/ Fourth Wind
Luc Bouquet © Le son du grisli

cactus truck are you free

En trois temps – 01/ Are 02/ You 03/ FREE?, pour reprendre le nom du festival slovaque qui programma le trio ce 10 octobre 2014 –, Cactus Truck improvise et pose la question de la liberté (de jeu). Mais aussi des artifices qu’elle impose : free ascensionnel (un contrepoids – le trombone de Jeb Bishop, hier – aurait ramené à la raison le ténor de John Dikeman), colifichets « soniques » débités en repli commandé (guitare de Jasper Stadhouders là pour faire patienter le public entre deux emportements) et succession de reliefs contrastants découpés à la baguette (Onno Govaert, donc). Caractéristique d’une improvisation tonitruante, certes, mais sans grand caractère, aussi.  

Cactus Truck : Are You FREE? (BeCoq)
Enregistrement : 10 octobre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Are 02/ You 03/ FREE?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

le son du grisli

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