Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Helmut Lachenmann, The JACK Quartet : Complete String Quartets (Mode, 2014)

helmut lachenmann complete string quartets

Trois compositions pour quatuor à cordes. Et c’est déjà l’intégrale de l’œuvre pour quatuor à cordes d’Helmut Lachenmann. La distance qui sépare ces trois pièces peut étonner : 1972, 1989, 2000-2001. Le quatuor à cordes ne hante pas les nuits de Lachenmann. Mais ses compositions pourraient pourtant hanter les nôtres.

D’autant qu’au beau milieu de la nuit, Lachenmann pourrait nous réveiller pour nous confier que le silence n’a pas tout envahi, pas plus la musique que le monde. Pour appuyer ses dires, il lancerait Gran Torso, une « musique concrète instrumentale » où des sons que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans la musique classique perturbent le silence. Les manches des violons de Christopher Otto, Ari Streisfeld et John Pickford Richards s’embrasent pour l’amadouer alors que le violoncelle de Kevin McFarland le rejoint… A son chevet, toutes les cordes le provoquent, chacune avec des sons « nouveaux » (résultant de ce que Lachenmann appelle des « moyens extraterritoriaux de jouer de l’instrument »).

Comme le temps passe, il en ira différemment avec Reigen Seliger Geister. La pratique instrumentale de The JACK Quartet est plus conventionnelle. Les archets dessinent dans le ciel des formes furtives, les instruments sont maltraités s’il le faut. Le silence est encore en question mais on en fait moins cas. Avec Grido, le compositeur retourne à plus de fragilité. Les cordes chuchotent dans les aigus et l’on trouve derrière leurs conciliations des angles sonores qu’on n’imaginait pas possible. Quand Lachenmann dit « ce que je veux, c’est toujours la même chose », on ne peut lui donner tort. On précisera seulement qu’il veut toujours la même chose (disons-le à sa place : un classique unclassable) mais avec des moyens différents : avant-hier les sons non conventionnels, hier les gestes extraordinaires.  



Helmut Lachenmann, The JACK Quartet : Complete String Quartets (Mode)
Edition : 2014.
CD : 01/ Gran Torso (1972) 02/ Reigen Seliger Geister 03/ Grido
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Michael Francis Duch : Tomba Emmanuelle (Sofa, 2014)

michael francis duch tomba emmanuelle

La pièce est unique – courte, aussi, qui n’atteindra pas la demi-heure – mais découpée en différents tableaux. Noirs, tous, cependant. Ocres, aussi, pour que Tomba Emmanuelle puisse rappeler peut-être, après s’en être imprégnée, les fresques du mausolée d'Emanuel Vigeland Michael Francis Duch l’a enregistrée.

C’est d’un murmure que Duch extrait les premières secondes de cette composition qu’il interpréta plus tôt en compagnie d’autres contrebassistes, de ses élèves, et qui est désormais son second solo enregistré de contrebasse. Seul, peut-être redouble-t-il d’efforts pour faire croire en la présence de plusieurs musiciens – son ombre combien de fois portée sir ces parois où apparaît ce lent vaisseau balançant ?

Les graves et les aigus qui l’environnent en assurent respectivement l’aplomb et le maintien. Dans la cale, Duch s’active : en charge de la trajectoire – en fait ligne de fuite –, il se montre insistant, combine, varie ou altère, va s’essoufflant puis reprend courage. Alors l’archet double la note et l'homme peut même donner de la voix. C’est une musique non pas de nuit mais de brume, toutes ses longues notes s’y sont emmêlées, comme Michael Francis Duch l’avait écrit.   

Michael Francis Duch : Tomba Emmanuelle (Sofa)
Enregistrement : 11 mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Tomba Emmanuelle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mesa Ritual : Mesa Ritual (SIGE, 2014)

mesa ritual sige

Mesa Ritual – l’association de William Fowler Collins et de Raven Chacon – poursuit donc sur disque SIGE son œuvre de processions. De « voltaic processions », pour reprendre le nom de son premier enregistrement, publié en 2010. 

Chacune des neuf stations annoncées balise un terrain dont le duo a plus tôt enregistré l’atmosphère mais qu’il a surtout miné en savants artificiers. Dès le premier crachin – au loin, un cri –, le terrain en question libère de multiples éléments que l’eau emporte en rigole : tremblements graves, grésillements et crépitements, motifs de guitares renversés et capables de former un rythme ou de tonner de plus en plus, plainte lente d’un violon (celui de Szu-Han Ho)…

Parvenus à Low Mountain, l’accélération soudaine du battement d’un cœur impose son rythme à cette musique de strates épaisses. Au son et à l’ombre de laquelle brillent d’étonnants alluvions – bourdons élimés, empreintes fossiles, éclats métalliques…



Mesa Ritual : Mesa Ritual (SIGE / Souffle Continu)
Edition : 2014.
LP / Cassette : 01/ Procession I 02/ Procession II 03/ Procession III 04/ Procession IV 05/ Procession V 06/ Procession VI 07/ Procession VII 08/ Low Mountain 09/ Procession VIII
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Duane Pitre : Feel Free: Live at Cafe OTO (Important, 2013)

duane pitre feel free live at cafe oto

Tout de suite (= avant la toute première note), le décor est planté : Duane Pitre / Feel Free: Live At Cafe OTO. Ce qui nous rappelle qu’il y eut avant cela un Feel Free de studio, sorti en 2012 sur Important Records.

Ne connaissant pas la prise studio, je ne pourrais donc vous dire ce qui change… Si ce n’est, quand même, les intervenants. Au côté de Duane Pitre, des musiciens du coin, cette fois, loin d’être inconnus des abonnés du grisli : Guillaume Viltard (contrebasse), Oliver Barrett (violoncelle), James Blackshaw (dulcimer), Jennifer Allum (violoncelle), Jesse Sparhawk (harpe). A l’harmonique de guitare électrique, le Monsieur Pitre avale d’un coup d’un seul toutes les racines qui l’influencent : & asiatique (les drones du dulcimer et les archets) & gothique (le romantisme que portent en eux les cordes de ses camarades du jour). C’est lent, ça insiste & ça tourne, ça peut endormir si joué trop fort, c’est inattendu et quelque chose me dit que les invités de l’OTO n’y sont pas pour rien.



Duane Pitre : Feel Free: Live at Cafe OTO (Important / Souffle Continu)
Enregistrement : 14 juin 2012. Edition : 2013.
LP : Feel Free: Live at Café OTO
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Seth Cooke, Dominic Lash : PACT (1000füssler, 2014)

seth cooke dominic lash pact

Leurs collaborations respectives avec Sarah Hugues attestent, chez Dominic Lash (contrebasse) et Seth Cooke (électronique mais aussi effluents et traitement des déchets), un intérêt commun pour les préoccupations du Wandelweiser – le premier ayant d’ailleurs collaboré avec Antoine Beuger quand le second frayait avec Michael Pisaro. Certes, mais ensemble ?

Eh bien, différemment, sur ces deux pièces d’une dizaine de minutes consignées sur mini CD 1000 füssler. Un grésillement électronique y monte d’abord jusqu’à ce qu’un moteur grippé se mette en branle : les cordes lâches d’une contrebasse capable aussi de grincements embrassent l’inquiétude de synthèse, et voici inventé un bestiaire d’abstraction rare.  

Sur la seconde plage, des râles se mesurent en rampant et leur course suit l’allure d’un archet balançant entre deux notes. Louvoyant, mais aussi plus « musical », le duo joue d’une autre manière d’autres grincements et d’autres moteurs (étouffés, ceux-là). A chaque fois, leur duo intéresse et pose la question : au son de quels – ni contrebasse, ni matériel électronique, ni déchets d’aucune sorte – instruments nouvellement inventés ?

Seth Cooke, Dominic Lash : PACT (1000füssler)
Enregistrement : mars 2014. Edition : 2014.
Mini CD-R : 01/ PA 02/ CT
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

time

 

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Andrea Belfi, David Grubbs, Stefano Pilia : Dust & Mirrors (Blue Chopsticks, 2014)

andrea belfi david grubbs stefano pilia dust & mirrors

La recette serait toujours la même si ce n'est qu'aux fourneaux les popotiers (Stefano Pilia aux guitares et Andrea Belfi à la batterie et aux electronics), dit-on, tourneraient ? Bien, bien… Mais les popotiers en question ne suivent-ils pas le rythme du chef David Grubbs ?

Au menu de Dust & Mirrors (qui suit de quelques années l’enregistrement par le même trio d’Onrushing Cloud) le post-rock alambiqué dont l’Américain a fait sa marque. Des gimmicks de guitares et des arpèges (claires en règle générale mais qui pourront saturer un peu) renverront aux belles heures de Gastr del Sol tout en continuant de traquer l’instrumental (ambiantique, bruitiste, déluré…) qui cherche ses mots ou la chanson-puzzle.

Dans la lumière italienne brillent les mille facettes des compositions de Grubbs. Sept plages (pour sept collines ?), mais combien de refrains et de couplets cachés dans ces valses d’autistes qui ont tout compris des secrets du monde ? Peut-être autant que Dust & Mirros trouvera d’auditeurs.



Andrea Belfi, David Grubbs, Stefano Pilia : Dust & Mirrors (Blue Chopsticks / Souffle Continu)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Charm Offensive 02/ Brick DUst 03/ Cool Side of the Pillow 04/ The Distance, Cut 05/ Ambassador Extraordinaire 06/ The Headlock 07/ Foamy Originale
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ran Blake : Cocktails at Dusk : A Noir Tribute To Chris Connor (Impulse!, 2014)

ran blake cocktails at dusk

Pour Ran Blake, la chanson est toujours un cadre sous lequel glisser une impression personnelle. Un contexte, aussi, qui lui permet de faire œuvre d’interprète composant dans le même temps avec ses propres souvenirs. Ceux qui le ramènent à Chris Connor – comme celles d’Abbey Lincoln, de Mahalia Jackson ou d’Al Green, de ces voix qui l’ont marqué à vie – sont précis : « A 18 ans, j’ai vu Chris Connor au Village Vanguard. C’est une des chanteuses de jazz à n’être pas noire que j’ai le plus adoré. » [Entretien par téléphone, septembre 2009].

This Is Chris, redit donc Blake en compagnie de la chanteuse Laïka Fatien (sa sobriété en impose) et du saxophoniste ténor Ricky Ford (ses lents dérapages rendent, eux aussi, instables tous les codes). Sur ce noir hommage, l’art du pianiste (toucher appréhensif, phrases de notes inquiètes, digressions et divagations valant élongations) emprunte au répertoire de Connor quelques airs populaires : I Get a Kick Out of You au refrain soudain égaré, Driftwood obsessionnel au point d’avoir déjà été multiplié (Driftwoods) ou Speak Low plongé dans un brouillard épais. Le charme de l’ensemble tenant dans la nostalgie ancrée en ces refrains-souvenirs au son desquels Ran Blake continue de s’exprimer.  

écoute le son du grisliRan Blake
Cocktails at Dusk (Extraits)

Ran Blake : Cocktails at Dusk : A Noir Tribute To Chris Connor (Impulse! / Universal)
Edition : 2014.
CD : 01/ Ten Cents a Dance 02/ All About Ronnie 03/ Fine and Dandy 04/ WHy Can’t I 05/ WHere Are You ? 06/ I Get A Kick Out of You 07/ Moon Ride 08/ Go ‘Way From Being In Love 10/ Hallelujah I Love Her So 11/ Speak Low 12/ Anything Goes 13/ Driftwood
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Howard Riley : To Be Continued... (Slam, 2014)

howard riley to be continued

Aujourd’hui, le piano d’Howard Riley est un long fleuve tranquille. Il ne s’abreuve à aucune source empoisonnée. Il s’affaire au dénuement. Il interroge la résonance. Il interroge le jazz. Il dénude sans lutte.

Certains pourront le trouver monocorde. Ils n’y trouveront aucune évasion. Ils occulteront cet art de rendre dynamique des mélodies étroites, enserrées. D’autres aimeront ces cadres d’où l’on ne sort pas. Ces mêmes autres remarqueront les saillies inquiètes de Just Maybe, les tensions souterraines de Solving the Problem. Et se souviendront de ces petites mais essentielles choses jadis entendues chez Mal Waldron ou Ran Blake. Voire Paul Bley. Soit un disque de justes mémoires et de justes émotions.



Howard Riley : To Be Continued (Slam Productions)
Enregistrement : 19 juin 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ To Be Continued 02/ East West 03/ Just Maybe 04/ Two Part Intention 05/ The Folks Who Live on the Hill 06/ Solving the Problem 07/ Descending Thoughts 08/ Haunted 09/ One More Thing
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Lawrence English, Werner Dafeldecker : Shadow of the Monolith (Holotype, 2014)

lawrence english werner dafeldecker shadow of the monolith

Dans l’ombre du Monolith (et surtout pas dans le monolithique) a été creusée cette collaboration de 2010 entre Lawrence English & Werner Dafeldecker. Et cela tombe plutôt bien car c’est en creusant qu’English s’est montré le plus convaincant ces dernières années.

Avec Francisco López ou Akio Suzuki, l’Australien a en effet laissé son ambient pastel au placard pour travailler une matière plus épaisse & plus noire. Avec le bassiste autrichien (Polwechsel, Ton-Art, quand même !), il creuse donc encore jusqu’à découvrir non pas du pétrole mais des strates surprenantes qui renferment des field recordings fossilisés (pour beaucoup des traces d'air et d'eau enregistrés en Antarctique). Le plus fort étant que ceux-là ne nous ramènent jamais à la réalité. Si bien qu’on se demande si ce n’est pas au plus profond de la matière qu’il y a le plus d’espace à habiter... et de choses à entendre.



Lawrence English, Werner Dafeldecker : Shadow of the Monolith (Holotype / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2014.
LP : A1/ Fathom Flutter A2/ Marambio A3/     Intake A4/ Mapping Peaks – B1/ Moro Mute B2/ Fall B3/ Rio Gallegos B4/ Outtake
Pierre Cécile © Le son du grisli

time

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Luc Ferrari : Almost Nothing With... (Errant Bodies, 2013) / Contes Sentimentaux (Shiiin, 2013) / Tautologos III (PiedNu, 2014)

luc ferrari almost noghting with luc ferrari contes sentimentaux

Deux jours entiers, c’est presque rien. Deux jours entiers, avec Luc Ferrari (1929-2005), c’est presque presque rien. Un livre et deux CD. Sur deux jours, c’est beaucoup quand même, vous l’admettrez.  

Vous, Jacqueline Caux, qui signez Almost Nothing with Luc Ferrari aux éditions Errant Bodies. Dommage qu’il faille, pour un Espagnol, passer par l’anglais pour parler en français de ce livre tiré d’un film. Un livre d’entretiens (avec vous, François Delalande, Evelyne Gayou, Daniel Teruggi) et d’autobiographies imaginaires auquel le marque-page cousu m’a renvoyé sans cesse pendant ces deux jours. Parfois j’entends « petite symphonie intuitive pour un paysage de printemps » ou « c’est sûr, ça s’appelle maintenant les contes sentimentaux », alors que je lis. Les mots du disque et les mots du livre s’entrechoquent. Sous mon nez, toute la vie de Ferrari (Olivier Messiaen, Pierre Schaeffer et Pierre Henry…), tout son œuvre (parfois expliqué, comme sa Suite pour piano), tous ses souvenirs (ses demeures et ses voyages, son humour, ses recherches sonores, etc.), tout son amour de la contradiction, et ses rapports au théâtre, à l’installation, à la radio...

La radio, justement. Vous, Luc Ferrari, la radio. Ces Contes sentimentaux que le label Shiiin a compilé sur quatre CD, réfléchis pour la radio et réfléchissant la radio. Posant la question « qu’est-ce qu’une pièce sonore si elle doit passer par la radio ? »  dans une série avec un vrai générique (minimal piano ouvert) et des codes flous. Avec Brunhild, vous jouez pour la radio, à vous parler, à vous entendre, à vous souvenir. En français, en allemand, la version originale, la traduction pour une même poésie du concret, de la mémoire et de l’autofiction. C’est intéressant et c’est long aussi et parfois je retourne au livre où je collecte des informations sur comment composer avec la chance, l’anecdotique, le presque rien et le quasiment tout en fait. Les programmes radiophoniques, enregistrés pour la SWF dès la fin des années 80 sont des témoignages et des field recordings comme on dit maintenant. Ce sont aussi un concret en déclin, un monde qui disparaît (de mer, de terre, de fermes, de paysans heureux qui témoignent une dernière fois avant que leurs fils ne se plaignent pour toujours, de musiciens de la Place des Abbesses et de « vies minuscules » des Corbières…). Un monde qui disparaît et un autre qui le remplace, un monde de confusions. La sieste méridienne fait que l’on confond l’objectif et le subjectif, le réel (vous dîtes, Luc, « l’enregistrement c’est ma manière à moi de photographier ») et le rêve, la vie et l’imagination. Votre vie, décortiquée et recomposée, mêlée à la mienne, pendant deux jours...

Je veux bien réécrire que deux jours entiers, avec Luc Ferrari, c’est presque presque rien. Or presque presque rien, de nos jours, c’est déjà ça de gagné. Et avec Luc Ferrari, ce sont même deux jours (sur deux) de gagnés.



Jacqueline Caux : Almost Nothing With Luc Ferrari (Errant Bodies / Les Presses du Réel)
Edition : 2013.
Livre (anglais) : Almost Nothing with Luc Ferrari

Brunhild & Luc Ferrari : Contes sentimentaux (Shiiin)
Edition : 2013.
4 CD : Contes sentimentaux
Héctor Cabrero © Le son du grisli

luc ferrari tautologos iii havresac

Effacée l’électroacoustique improvisée et surtout conventionnelle d’Havresac (collaboration de Brunhild Ferrari et GOL), ce disque de la collection PiedNu (ESAHaR) enferme Tautologos III (1969) dans sa récente interprétation par Brunhild Ferrari (voix), Jean-Marcel Busson (électronique, charango), Frédéric Rebotier (voix, clarinette, objets) et Ravi Shardja (basse, mandoline électrique, flûte traversière, sanza). Déséquilibré, le discours sonore semble poser la question de… l’appropriation par d'autres d'un langage personnel. La mélancolie et l’ironie peuvent-ils en effet être transmises du compositeur à l’interprète, mû discoureur ? Difficile de jouer la distance, d’autant que la longueur de cette symphonie de mouvements frénétiques n’est pas faite pour aider.  

Luc Ferrari : Tautologos III, Havresac (ESAHaR / Metamkine)
Enregistrement : 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Tautologos III (1969) 02/ Havresac (1969)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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