Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Newsletter

suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Jazz en MarsA paraître : le son du grisli #5En librairie : Bucket of Blood de Steve Potts

Leroy Jenkins: The Art of Improvisation (Mutable - 2005)

jenkinsgrisli

Enregistrement d’un concert donné le 8 octobre 2004 par le quartette de Leroy Jenkins, The Art of Improvisation atteste de l’énergie endurante du plus charismatique des violonistes de l’A.A.C.M., porté par 3 partenaires triés sur le volet.

En moins d’une heure, l’exercice est décliné sur 4 modes et autant d’ambitions. To Live : à un rythme fougueux, Min Xiao-Fen imbrique les phrases de son pipa à celles du violon, et décide d’une progression abrupte et dissonante, évoluant sur fond de western mongol. To Sing : où les solos se succèdent poliment - le pianiste Denman Maroney interrogeant accordage et désaccordage, Jenkins optant pour une impression pseudo-baroque, ou le percussionniste Rich O’Donnel jonglant entre construction entêtante et ruptures de rythme.

Elaborées en commun sur la fin de To Sing, les propositions musicales retrouvent la fougue du début du disque sur To Run. Là, les musiciens se font plus virulents encore, à l’image de Jenkins, qui frotte les cordes de son violon au moyen d’un archet sec, tandis que Maroney n’hésite plus à distribuer les coups à l’intérieur de son instrument. Inéluctable, la retombée des tensions : To Believe, sur lequel le violoniste trouve seul le chemin de la mélodie légère, qui convaincra bientôt les interventions individuelles du bien-fondé de se fondre.

Vu de loin, The Art of Improvisation est une source intarissable de projections intempestives et d’initiatives mûrement réfléchies. Le tout lié admirablement par le savoir-faire de quatre musiciens qualifiés, qui ne cessent cependant d’hésiter entre assurance et doute. Entre l’un et l’autre, sûrement trouvent-ils leur charme.

CD: 01/ To Live 02/ To Sing 03/ To Run 04/ To Believe

Leroy Jenkins - The Art of Improvisation - 2005 - Mutable Music.



François Carrier: Happening (Leo - 2006)

carriergrisli

A peine sorti du Conservatoire de musique de Québec, le saxophoniste François Carrier a tenu à aller voir du côté de l’improvisation réfléchie et d’un jazz pour lequel il éprouve un intérêt fervent, aux côtés de jazzmen tels que Dewey Redman, Gary Peacock ou Uri Caine. Et d’avoir bien considéré, Carrier est aujourd’hui capable d’un Happening superbe.

Le long de deux disques, le trio du saxophoniste – constitué aussi de Pierre Côté (contrebasse) et Michel Lambert (batterie) -, appuyé par Mat Maneri (violon) et Uwe Neumann (sitar, sanza…), donne une actualité élégante aux façons improvisées. A force d’inspections modales, de swing soudain et des cercles envoûtants des répétitions individuelles sur Happening (One), ou de gradations sensibles que l’on escalade afin de prouver qu’une musique déstructurée peut virer soudain à l’excroissance rythmique soucieuse d’efficacité honnête sur Happening (Two).

Aussi bien défendue, la musique peut se permettre de laisser un peu de champ à une poignée de danseurs, accueillis sur scène pendant l’introduction d’Happening (Four). Mêlant leurs voix au développement décidé par les musiciens, sans doute soulignent-ils de leurs gestes la densité allant crescendo d’une ronde lancinante sur laquelle se greffent, les uns après les autres, sanza, contrebasse, batterie, violon et saxophone. Jusqu’à ce que la charge fasse basculer l’ensemble, au son des ruades de musiciens interdisant le prolongement du bal.

Essoufflé à peine, l’ensemble s’attachera, pour finir, à rendre l’envers torturé des choses. Loin des répétitions boisées et séduisantes affirmées jusqu’ici, Happening (Five) sonne l’heure de la perte de contrôle. Motivé par les encouragements appuyés des danseurs, Carrier et ses partenaires en viennent à tout sacrifier au chaos expiatoire. Et font éclater, en guise de conclusion, la boîte dans laquelle ils avaient amassé leurs intentions redondantes et raffinées. Avec ou sans motif, comme on suspecte d’autres d’avoir incendié Rome.

CD1: 01/ Happening (One) 02/ Happening (Two) 03/ Happening (Three) 04/ Happening (Encore) 05/ Happening (Sound Check) - CD2: 01/ Happening (Four) 02/ Happening (Five)

François Carrier - Happening - 2006 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.


Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz, 2006)

grislaholiks

Après avoir dit beaucoup et fort sur un premier album publié en 2001 par le label Crazy Wisdom, le trio Thurston Moore / Jim O’Rourke / Mats Gustafsson réengage son Diskaholics Anonymous Trio sur la voie d’une improvisation brouillonne, certitude bruyante et désinvolte.

Le tumulte instable défendu plus que tout, en deux fois. Sur une première partie emportée, chargée des larsens ressassés de Moore, des inserts électroniques vibrants et parasites d’O’Rourke et des plaintes rauques sorties du saxophone de Gustafsson. Sur une seconde partie plus leste, combinant d’abord l’effet de masses électriques et les attaques nerveuses individuelles, avant d’accorder le trio sur un projet commun : l’établissement entendu de parallèles sonores.

Peut-être est-ce de ne s’être pas assez posé de questions, mais en instaurant l’amas grave et confus qu’est Weapons of Ass Destruction, Diskaholics Anonymous donne souvent dans la complaisance pour interroger tout à coup l’intérêt à rendre sur disque un exercice improvisé déjà partiellement intéressant en public.

Même honnête, l’improvisation n’est jamais à l’abri d’accueillir soudain les prétentions déplacées de ses apologistes. Et voilà que sans l’image et la confrontation directe au spectacle donné, le set ne tient plus que de l’anecdote ronflante, quand elle aurait dû au moins chercher à briguer le statut de document.

Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz / Differ-ant)
Edition : 2006.
CD : 01/ Weapons of Ass Destruction Part 1 02/ Weapons of Ass Destruction Part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Ivo Perelman: Introspection (Leo Records - 2006)

ivogrisli

Les phrases lancinantes du premier titre d’Introspection - Introspection lui-même – déploient des charmes conseillant la fausse piste : par-dessus le décorum du saxophone d’Ivo Perelman, la violoniste Rosie Hertlein ballade son archet et clame haut l’intention chimérique de vouloir défendre un lyrisme contemporain préoccupé. Oublié, celui-ci, dès Karmic Forces, à partir duquel l’album ne dérivera plus.

Pour se laisser aller plus naturellement sur le mode majestueux d’un jazz troublant, presque inédit. En compagnie d’Hertlein, donc, mais aussi du contrebassiste Dominic Duval et du batteur Newman Baker, Ivo Perelman s’engage ici encore en faveur du free jazz, mais d’une manière plus particulière, cette fois, moins assagi que véritablement apaisé. Les regrets n’auront pour autant pas lieu d’être. Puisqu’au contraire, l’enregistrement y gagne.

En retenue, surtout, avec laquelle le saxophoniste brésilien mène 9 de ses compositions, faisant face à un embrouillamini de cordes gracieuses (Spiritual Destiny, Karmic Forces), ou retenant dans ses mains le fluide musical pour mieux l’évaluer et y constater une forte concentration de free, certes, mais aussi la présence d’un cool sous-jacent (Extended Consciousness), d’un baroque insoupçonnable (All Power Emanates From One Source).

Sans le moindre soupir, la prosodie circule. Auprès de Duval, le saxophoniste prône l’entente élégante et rare (Divine Awareness) ; avec Hertlein, il établit des parallèles trompeurs, obliquant soudain pour pouvoir, n’y tenant plus, se croiser (Angel of Forgetfulness) ; encouragé par Baker, il cède enfin, et rue dans les brancards une fois pour toute, et en guise de conclusion (Faith). Prouvant ainsi, peut être, que si le jeu, comme la vie, est un éternel recommencement, rien n’interdit d’aller voir ailleurs ou de penser différemment avant le retour irrémédiable.

CD: 01/ Introspection 02/ Karmic Forces 03/ Divine Awareness 04/ Extended Consciousness 05/ Spiritual Destiny 06/ Self-Forgiveness 07/ All Power Emanates From One Source 08/ Angel of Forgetfulness 09/ Faith

Ivo Perelman - Introspection - 2006 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.


Phil Minton, Roger Turner: Ammo (Leo Records - 2006)

ammogrisli

Enregistré par le chanteur Phil Minton et le batteur Roger Turner en 1984, voici réédité Ammo, disque sorti la même année et devenu rare, document important relatif à l’histoire de l’improvisation en duo.

C’est que l’exercice est inhabituel - accidentel, voire -, qui se contente d’une voix et d’une batterie à plier selon ses principes. Or, évalué par Minton et Turner, il permet curieusement une multiplication soudaine des possibilités. Dans un souffle, un chant curieux se fait entendre sous les percussions légères, avant de disparaître au profit du vacarme d’une sphère ORL agitée, auquel s’opposent bientôt des propositions rythmiques effrénées (Ammo).

Apte aussi à imbriquer des effets minuscules, le duo associe quelques effets de gorge et des impulsions atteignant les cymbales (Cold Storage), éprouve mille moyens d’établir une communication – sifflements (Cut Face), miaulements ou vociférations (Ing-A-Ting) -, ou mesure le potentiel des micros à rendre le relativement petit, l’infiniment caché (Feral).

C’est d’ailleurs ici que réside le charme du disque : dans l’enregistrement lui-même. Choisissant tour à tour de couvrir, rapprocher ou éloigner le micro, l’usage que l’on en fait tient souvent du secret, allant même jusqu’à faire naître chez l’auditeur pervers le fantasme de l’introduction (Cut Face). Moyen comme un autre de jouer un tour, de force et de taille, célébré dans l’allégresse frôlant folie d’une reprise de Monk (Round About Midnight) ou une facétie menant jusqu’à l’étouffement (Urgent).

CD: 01/ Ammo 02/ Cold Storage 03/ Ing-A-Ting 04/ Feral 05/ Rubbed And Told 06/ Round About Midnight 07/ Cut Face 08/ Urgent

Phil Minton, Roger Turner - Ammo - 2006 (réédition) - Leo Records. Dictribution Orkhêstra International.



Nathan Michel: The Beast (Ski-pp/Sonig - 2005)

michelbeast

Troisième album de Nathan Michel, The Beast voit son créateur réinvestir le domaine acoustique pour rendre autrement une pop délurée, dont la fantaisie ne cache pas longtemps l’esprit tourmenté de ses origines.

Briguant un statut de songwritter qu’il semblait négliger jusque là, Michel donne ici dans la ritournelle extravagante, à qui il destine plusieurs sortes d’arrangements déroutants : bidouillages électroniques (Planet), rythmiques découpées à la hache (Dust), répétitions piquantes (Erhasel) ou dissonances accentuées (Status Dive).

Parti à la recherche de la pop song parfaite, il évoque quelques figures exigeantes du genre : sa voix rappelant celle de Robert Wyatt (Status Dive, Dust), ses desseins ceux de Beck (Ram), de Jim O’Rourke (Cricket) ou des Beach Boys (A to B).

Plus maladroit, ailleurs, il cède au mièvre sur The Beast et Simple Animal ou au décalage usurpateur d’un presque générique de dessin animé avec Suds. Faute d’avoir, par trois fois, poussé la fanfaronnade ludique jusqu’au maniérisme ultra léger d’une pop japonisante. Erreur qui ne pourra rien contre la distinction accordée à The Beast, ouvrage récréatif et réfléchi, garni à foison et profond sous la fourrure.

CD: 01/ Dust 02/ Planet 03/ The Beast 04/ A to B 05/ Ram 06/ Status Dive 07/ Suds 08/ Simple Animal 09/ Erhasel 10/ Cricket

Nathan Michel - The Beast - 2005 - Ski-pp / Sonig. Distribution La baleine.


Sonic Youth: Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui (SYR - 2006)

brackgrisli

En hommage au réalisateur Stan Brakhage, Sonic Youth et le percussionniste Tim Barnes improvisaient, le 12 avril 2003, l’accompagnement quasi idéal de la projection d’une sélection d’œuvres cinématographiques exigeantes.

Inaugurée par les répétitions d’un piano jouet, la bande-son tire rapidement parti de la mise en abîme des interventions. Réverbérations et oscillations, guitares peu intrusives, larsens raisonnables, tout est d’abord soumis aux manières du percussionniste. Jusqu’à ce qu’un cadre rythmique légitime apparaisse, et accueille impromptus et habitudes des solistes (guitares rendant leur millionième harmonique). Affable, la première partie aura couru au son d’un rock bruitiste et downtempo, engagé, pour finir, sur la voie d’une marche titubante et charmeuse.

Moins saisissable formellement, la deuxième partie de l’improvisation – la plus courte - mêle les mots rapportés sous saturation par Kim Gordon aux lavis sombres de guitares sous effets divers. L’intervention d’une grosse caisse ferme le dialogue, et fait le pont vers l’ultime tentative de résoudre l’équation interrogeant la composition instantanée et le noir et blanc des images.

Les notes passées à travers filtres tiennent alors la dragée haute aux interventions brutes, qui devront jouer d’une plus grande nervosité pour se faire entendre encore. Aux cordes torturées on ajoute les attaques sourdes et convulsives de la section rythmique avant d’allumer un poste de radio, d’où sortent les voix qui annoncent le moment irrémédiable du chaos. Grave, rien ne l’empêche d’être gonflé encore, sur les encouragements d’une batterie qui enfonce toujours plus profond une musique industrielle et sauvage.

Dernier enregistrement en date autoproduit par Sonic Youth, Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui est aussi un tour de force : celui effectué par un groupe qui a mille fois servi la posture improvisée tout en étant capable encore – quelle qu’en soit la cause : présence de Tim Barnes, joie de se plier aux règles d'un exercice particulier ou inspiration faste – d’offrir un peu d’inédit à sa maîtrise consommée.

CD: 01/ - 02/ - 03/ -

Sonic Youth - Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui - 2006 - SYR. Distribution Differ-ant.


Nathan Michel: Trebly (Mr. Mutt - 2003)

nathangrisli

Après avoir fabriqué 2 albums pour le compte du label Tigerbeat, Nathan Michel profitait de quelques concerts pour agencer Trebly, projet destiné ensuite à venir grossir les rangs d’une série limitée (200 exemplaires) que le label Mr. Mutt consacre aux enregistrements en public.

Sur l’imbrication répétitive d’échantillons électroniques, Michel donne avec emphase dans le déballage sonore : samples, timbres variés, et incrustations artificielles non identifiables rivalisant - sur les 3 Subtonic, notamment - au son d’une ambient déstructurée ou d’une construction rythmique presque groove.

Imposant à ses arrangements la nécessité de notes intrusives, courtes et interférant étrangement dans la mesure (Friendship House), Michel peut aussi donner dans la pièce rythmique déjantée, inaugurée par l’accompagnement programmé d’un orgue ancien, fleurie bientôt par d’autres tentatives de découpes ludiques et confondantes (Tonic).

Non content d’avoir donné à entendre 5 piècettes efficaces, Michel envahit pour finir un champ plus expérimental, fait de nappes sonores disposées sous une pluie de percussions légères. Assez bancal, jouant des réverbérations et des boucles formatives, Terrace Club brouille malheureusement le propos tenu jusque là. Sans pour autant annuler les effets remarquables disséminés plus tôt.

CD: 01/ Subtonic – New York City 02/ Tonic – New York City 03/ Subtonic – New York City 04/ Friendship House – Philadelphia 05/ Subtonic – New York City 06/ Terrace Club - Princeton

Nathan Michel - Trebly - 2003 - Mr. Mutt Records. Import.


Hamid Drake, Assif Tsahar: Live at Glenn Miller Café (Ayler - 2006)

draketsahargrisli

Après avoir brillé en duo au Vision Festival de New York en 2001, Hamid Drake et Assif Tsahar renouvelèrent l’expérience l’année suivante. A Stockholm, cette fois : Live at Glenn Miller Café, condition et emplacement comme surtitre de ce Soul Bodies, Vol. 2.

Au son d’une rythmique oscillant entre soul et bossa, Drake met en marche Warriors of Stillness, qu’il ne cessera de charger de propositions décoratives et d’accents changeants, jusqu’à ce que l’alto de Tsahar s’impose au moyen d’un free rauque. Oubliant le respect des mesures - comme le duo pourra le faire d’un bout à l’autre de Praying Mantis (Tsahar flamboyant) ou sur Handing Clouds (l’expérimental au contact du blues) – pour mieux y revenir, au son du groove insatiable du batteur.

Lorsqu’ils abandonnent l’improvisation, les musiciens rendent hommage au contrebassiste Peter Kowald, récemment disparu, en interprétant Mother and Father, sur lequel Drake roulent des mécaniques latines complexes quand, de graves en aigus excentriques, le saxophoniste rappelle le phrasé d'Ayler. Parallèle remarquable encore sur Grosp The Bird’s Tail, improvisation sombre, introspective jusqu’à la confidence.

Ayant ménagé avec emphase l’efficacité et la réflexion sensible, Hamid Drake et Assif Tsahar peuvent offrir, en guise de rappel, un Saint Thomas écourté, clin d’œil amusé à Sonny Rollins et façon de conclure le set brillant d’un duo rare.

CD: 01/ Warriors of Stillness 02/ Praying Mantis 03/ Mother and Father 04/ Handing Clouds05/ GAsp The Bird’s Tail 06/ Saint Thomas

Hamid Drake, Assif Tsahar - Live at Glenn Miller Café - 2006 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.


Dawid Szczesny: Unheard Treats (Supralinear - 2006)

dawidgrisli

Pour sa deuxième sortie, Supralinear - branche à peine éclose du label allemand Mille Plateaux – se tourne vers la Pologne et offre à Dawid Szczesny la possibilité d’exposer un peu mieux ses compositions électroniques.

Résolument tournées vers une ambient apaisée, elles jouent des rebonds de boucles choisies et de l’usage discret d’une guitare électrique. Toujours claire, celle-ci tourne souvent sur elle-même (Wake), et défend le plus souvent à elle seule les arrière-pensées mélodiques de pièces insaisissables, toutes attaquées en vol par les craquements légers de vinyles minaudant leur raison d’être (Noth, The Kiss Not Made).

Allant voir ailleurs que dans l’éther, Szczesny peut faillir – lorsqu’il hache les accords d’un clavier sur Leigh-Anne -, ou convaincre différemment : à l’écoute de collages prônant la variation du thème à rendre (Cat on the Table) ou en programmant des nappes courant sur l’espace restreint de 2 à 3 notes (Morning). Difficile d’aller plus loin dans la description des atmosphères. Le reste, à chacun de le ressentir, aidé par l’aisance avec laquelle Unheard Treats convie à l’assurance d’une délicatesse électronique diaphane et enveloppante.

CD: 01/ The Kiss Not Made (Ilkay) 02/ Noth 03/ Wake 04/ Leigh-Anne 05/ Hook-up 06/ Cat on the Table 07/ Sleep 08/ View
09/ Morning

Dawid Szczesny - Unheard Treats - 2006 - Supralinear. Import.



Commentaires sur