Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz, 2006)

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Après avoir dit beaucoup et fort sur un premier album publié en 2001 par le label Crazy Wisdom, le trio Thurston Moore / Jim O’Rourke / Mats Gustafsson réengage son Diskaholics Anonymous Trio sur la voie d’une improvisation brouillonne, certitude bruyante et désinvolte.

Le tumulte instable défendu plus que tout, en deux fois. Sur une première partie emportée, chargée des larsens ressassés de Moore, des inserts électroniques vibrants et parasites d’O’Rourke et des plaintes rauques sorties du saxophone de Gustafsson. Sur une seconde partie plus leste, combinant d’abord l’effet de masses électriques et les attaques nerveuses individuelles, avant d’accorder le trio sur un projet commun : l’établissement entendu de parallèles sonores.

Peut-être est-ce de ne s’être pas assez posé de questions, mais en instaurant l’amas grave et confus qu’est Weapons of Ass Destruction, Diskaholics Anonymous donne souvent dans la complaisance pour interroger tout à coup l’intérêt à rendre sur disque un exercice improvisé déjà partiellement intéressant en public.

Même honnête, l’improvisation n’est jamais à l’abri d’accueillir soudain les prétentions déplacées de ses apologistes. Et voilà que sans l’image et la confrontation directe au spectacle donné, le set ne tient plus que de l’anecdote ronflante, quand elle aurait dû au moins chercher à briguer le statut de document.

Diskaholics Anonymous Trio : Weapons of Ass Destruction (Smalltown Superjazz / Differ-ant)
Edition : 2006.
CD : 01/ Weapons of Ass Destruction Part 1 02/ Weapons of Ass Destruction Part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ivo Perelman: Introspection (Leo Records - 2006)

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Les phrases lancinantes du premier titre d’Introspection - Introspection lui-même – déploient des charmes conseillant la fausse piste : par-dessus le décorum du saxophone d’Ivo Perelman, la violoniste Rosie Hertlein ballade son archet et clame haut l’intention chimérique de vouloir défendre un lyrisme contemporain préoccupé. Oublié, celui-ci, dès Karmic Forces, à partir duquel l’album ne dérivera plus.

Pour se laisser aller plus naturellement sur le mode majestueux d’un jazz troublant, presque inédit. En compagnie d’Hertlein, donc, mais aussi du contrebassiste Dominic Duval et du batteur Newman Baker, Ivo Perelman s’engage ici encore en faveur du free jazz, mais d’une manière plus particulière, cette fois, moins assagi que véritablement apaisé. Les regrets n’auront pour autant pas lieu d’être. Puisqu’au contraire, l’enregistrement y gagne.

En retenue, surtout, avec laquelle le saxophoniste brésilien mène 9 de ses compositions, faisant face à un embrouillamini de cordes gracieuses (Spiritual Destiny, Karmic Forces), ou retenant dans ses mains le fluide musical pour mieux l’évaluer et y constater une forte concentration de free, certes, mais aussi la présence d’un cool sous-jacent (Extended Consciousness), d’un baroque insoupçonnable (All Power Emanates From One Source).

Sans le moindre soupir, la prosodie circule. Auprès de Duval, le saxophoniste prône l’entente élégante et rare (Divine Awareness) ; avec Hertlein, il établit des parallèles trompeurs, obliquant soudain pour pouvoir, n’y tenant plus, se croiser (Angel of Forgetfulness) ; encouragé par Baker, il cède enfin, et rue dans les brancards une fois pour toute, et en guise de conclusion (Faith). Prouvant ainsi, peut être, que si le jeu, comme la vie, est un éternel recommencement, rien n’interdit d’aller voir ailleurs ou de penser différemment avant le retour irrémédiable.

CD: 01/ Introspection 02/ Karmic Forces 03/ Divine Awareness 04/ Extended Consciousness 05/ Spiritual Destiny 06/ Self-Forgiveness 07/ All Power Emanates From One Source 08/ Angel of Forgetfulness 09/ Faith

Ivo Perelman - Introspection - 2006 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

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Phil Minton, Roger Turner: Ammo (Leo Records - 2006)

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Enregistré par le chanteur Phil Minton et le batteur Roger Turner en 1984, voici réédité Ammo, disque sorti la même année et devenu rare, document important relatif à l’histoire de l’improvisation en duo.

C’est que l’exercice est inhabituel - accidentel, voire -, qui se contente d’une voix et d’une batterie à plier selon ses principes. Or, évalué par Minton et Turner, il permet curieusement une multiplication soudaine des possibilités. Dans un souffle, un chant curieux se fait entendre sous les percussions légères, avant de disparaître au profit du vacarme d’une sphère ORL agitée, auquel s’opposent bientôt des propositions rythmiques effrénées (Ammo).

Apte aussi à imbriquer des effets minuscules, le duo associe quelques effets de gorge et des impulsions atteignant les cymbales (Cold Storage), éprouve mille moyens d’établir une communication – sifflements (Cut Face), miaulements ou vociférations (Ing-A-Ting) -, ou mesure le potentiel des micros à rendre le relativement petit, l’infiniment caché (Feral).

C’est d’ailleurs ici que réside le charme du disque : dans l’enregistrement lui-même. Choisissant tour à tour de couvrir, rapprocher ou éloigner le micro, l’usage que l’on en fait tient souvent du secret, allant même jusqu’à faire naître chez l’auditeur pervers le fantasme de l’introduction (Cut Face). Moyen comme un autre de jouer un tour, de force et de taille, célébré dans l’allégresse frôlant folie d’une reprise de Monk (Round About Midnight) ou une facétie menant jusqu’à l’étouffement (Urgent).

CD: 01/ Ammo 02/ Cold Storage 03/ Ing-A-Ting 04/ Feral 05/ Rubbed And Told 06/ Round About Midnight 07/ Cut Face 08/ Urgent

Phil Minton, Roger Turner - Ammo - 2006 (réédition) - Leo Records. Dictribution Orkhêstra International.

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Nathan Michel: The Beast (Ski-pp/Sonig - 2005)

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Troisième album de Nathan Michel, The Beast voit son créateur réinvestir le domaine acoustique pour rendre autrement une pop délurée, dont la fantaisie ne cache pas longtemps l’esprit tourmenté de ses origines.

Briguant un statut de songwritter qu’il semblait négliger jusque là, Michel donne ici dans la ritournelle extravagante, à qui il destine plusieurs sortes d’arrangements déroutants : bidouillages électroniques (Planet), rythmiques découpées à la hache (Dust), répétitions piquantes (Erhasel) ou dissonances accentuées (Status Dive).

Parti à la recherche de la pop song parfaite, il évoque quelques figures exigeantes du genre : sa voix rappelant celle de Robert Wyatt (Status Dive, Dust), ses desseins ceux de Beck (Ram), de Jim O’Rourke (Cricket) ou des Beach Boys (A to B).

Plus maladroit, ailleurs, il cède au mièvre sur The Beast et Simple Animal ou au décalage usurpateur d’un presque générique de dessin animé avec Suds. Faute d’avoir, par trois fois, poussé la fanfaronnade ludique jusqu’au maniérisme ultra léger d’une pop japonisante. Erreur qui ne pourra rien contre la distinction accordée à The Beast, ouvrage récréatif et réfléchi, garni à foison et profond sous la fourrure.

CD: 01/ Dust 02/ Planet 03/ The Beast 04/ A to B 05/ Ram 06/ Status Dive 07/ Suds 08/ Simple Animal 09/ Erhasel 10/ Cricket

Nathan Michel - The Beast - 2005 - Ski-pp / Sonig. Distribution La baleine.

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Sonic Youth: Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui (SYR - 2006)

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En hommage au réalisateur Stan Brakhage, Sonic Youth et le percussionniste Tim Barnes improvisaient, le 12 avril 2003, l’accompagnement quasi idéal de la projection d’une sélection d’œuvres cinématographiques exigeantes.

Inaugurée par les répétitions d’un piano jouet, la bande-son tire rapidement parti de la mise en abîme des interventions. Réverbérations et oscillations, guitares peu intrusives, larsens raisonnables, tout est d’abord soumis aux manières du percussionniste. Jusqu’à ce qu’un cadre rythmique légitime apparaisse, et accueille impromptus et habitudes des solistes (guitares rendant leur millionième harmonique). Affable, la première partie aura couru au son d’un rock bruitiste et downtempo, engagé, pour finir, sur la voie d’une marche titubante et charmeuse.

Moins saisissable formellement, la deuxième partie de l’improvisation – la plus courte - mêle les mots rapportés sous saturation par Kim Gordon aux lavis sombres de guitares sous effets divers. L’intervention d’une grosse caisse ferme le dialogue, et fait le pont vers l’ultime tentative de résoudre l’équation interrogeant la composition instantanée et le noir et blanc des images.

Les notes passées à travers filtres tiennent alors la dragée haute aux interventions brutes, qui devront jouer d’une plus grande nervosité pour se faire entendre encore. Aux cordes torturées on ajoute les attaques sourdes et convulsives de la section rythmique avant d’allumer un poste de radio, d’où sortent les voix qui annoncent le moment irrémédiable du chaos. Grave, rien ne l’empêche d’être gonflé encore, sur les encouragements d’une batterie qui enfonce toujours plus profond une musique industrielle et sauvage.

Dernier enregistrement en date autoproduit par Sonic Youth, Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui est aussi un tour de force : celui effectué par un groupe qui a mille fois servi la posture improvisée tout en étant capable encore – quelle qu’en soit la cause : présence de Tim Barnes, joie de se plier aux règles d'un exercice particulier ou inspiration faste – d’offrir un peu d’inédit à sa maîtrise consommée.

CD: 01/ - 02/ - 03/ -

Sonic Youth - Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui - 2006 - SYR. Distribution Differ-ant.

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Nathan Michel: Trebly (Mr. Mutt - 2003)

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Après avoir fabriqué 2 albums pour le compte du label Tigerbeat, Nathan Michel profitait de quelques concerts pour agencer Trebly, projet destiné ensuite à venir grossir les rangs d’une série limitée (200 exemplaires) que le label Mr. Mutt consacre aux enregistrements en public.

Sur l’imbrication répétitive d’échantillons électroniques, Michel donne avec emphase dans le déballage sonore : samples, timbres variés, et incrustations artificielles non identifiables rivalisant - sur les 3 Subtonic, notamment - au son d’une ambient déstructurée ou d’une construction rythmique presque groove.

Imposant à ses arrangements la nécessité de notes intrusives, courtes et interférant étrangement dans la mesure (Friendship House), Michel peut aussi donner dans la pièce rythmique déjantée, inaugurée par l’accompagnement programmé d’un orgue ancien, fleurie bientôt par d’autres tentatives de découpes ludiques et confondantes (Tonic).

Non content d’avoir donné à entendre 5 piècettes efficaces, Michel envahit pour finir un champ plus expérimental, fait de nappes sonores disposées sous une pluie de percussions légères. Assez bancal, jouant des réverbérations et des boucles formatives, Terrace Club brouille malheureusement le propos tenu jusque là. Sans pour autant annuler les effets remarquables disséminés plus tôt.

CD: 01/ Subtonic – New York City 02/ Tonic – New York City 03/ Subtonic – New York City 04/ Friendship House – Philadelphia 05/ Subtonic – New York City 06/ Terrace Club - Princeton

Nathan Michel - Trebly - 2003 - Mr. Mutt Records. Import.

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Hamid Drake, Assif Tsahar: Live at Glenn Miller Café (Ayler - 2006)

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Après avoir brillé en duo au Vision Festival de New York en 2001, Hamid Drake et Assif Tsahar renouvelèrent l’expérience l’année suivante. A Stockholm, cette fois : Live at Glenn Miller Café, condition et emplacement comme surtitre de ce Soul Bodies, Vol. 2.

Au son d’une rythmique oscillant entre soul et bossa, Drake met en marche Warriors of Stillness, qu’il ne cessera de charger de propositions décoratives et d’accents changeants, jusqu’à ce que l’alto de Tsahar s’impose au moyen d’un free rauque. Oubliant le respect des mesures - comme le duo pourra le faire d’un bout à l’autre de Praying Mantis (Tsahar flamboyant) ou sur Handing Clouds (l’expérimental au contact du blues) – pour mieux y revenir, au son du groove insatiable du batteur.

Lorsqu’ils abandonnent l’improvisation, les musiciens rendent hommage au contrebassiste Peter Kowald, récemment disparu, en interprétant Mother and Father, sur lequel Drake roulent des mécaniques latines complexes quand, de graves en aigus excentriques, le saxophoniste rappelle le phrasé d'Ayler. Parallèle remarquable encore sur Grosp The Bird’s Tail, improvisation sombre, introspective jusqu’à la confidence.

Ayant ménagé avec emphase l’efficacité et la réflexion sensible, Hamid Drake et Assif Tsahar peuvent offrir, en guise de rappel, un Saint Thomas écourté, clin d’œil amusé à Sonny Rollins et façon de conclure le set brillant d’un duo rare.

CD: 01/ Warriors of Stillness 02/ Praying Mantis 03/ Mother and Father 04/ Handing Clouds05/ GAsp The Bird’s Tail 06/ Saint Thomas

Hamid Drake, Assif Tsahar - Live at Glenn Miller Café - 2006 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.

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Dawid Szczesny: Unheard Treats (Supralinear - 2006)

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Pour sa deuxième sortie, Supralinear - branche à peine éclose du label allemand Mille Plateaux – se tourne vers la Pologne et offre à Dawid Szczesny la possibilité d’exposer un peu mieux ses compositions électroniques.

Résolument tournées vers une ambient apaisée, elles jouent des rebonds de boucles choisies et de l’usage discret d’une guitare électrique. Toujours claire, celle-ci tourne souvent sur elle-même (Wake), et défend le plus souvent à elle seule les arrière-pensées mélodiques de pièces insaisissables, toutes attaquées en vol par les craquements légers de vinyles minaudant leur raison d’être (Noth, The Kiss Not Made).

Allant voir ailleurs que dans l’éther, Szczesny peut faillir – lorsqu’il hache les accords d’un clavier sur Leigh-Anne -, ou convaincre différemment : à l’écoute de collages prônant la variation du thème à rendre (Cat on the Table) ou en programmant des nappes courant sur l’espace restreint de 2 à 3 notes (Morning). Difficile d’aller plus loin dans la description des atmosphères. Le reste, à chacun de le ressentir, aidé par l’aisance avec laquelle Unheard Treats convie à l’assurance d’une délicatesse électronique diaphane et enveloppante.

CD: 01/ The Kiss Not Made (Ilkay) 02/ Noth 03/ Wake 04/ Leigh-Anne 05/ Hook-up 06/ Cat on the Table 07/ Sleep 08/ View
09/ Morning

Dawid Szczesny - Unheard Treats - 2006 - Supralinear. Import.

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Castanets: First Light's Freeze (Asthmatic Kitty - 2005)

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Epaulé par une kyrielle d’intervenants – parmi lesquels se glissent le saxophoniste Daniel Carter ou l’ultra célébré Sufjan Stevens -, le Castanets de Raymond Raposa traîne, sur First Light’s Freeze, sa pop folk dans la boue sombre, avant de la faire sécher au soleil.

Ancré dans un downtempo ténébreux, l’album file à la vitesse où une new beat generation traîne ses savates. Au son de folksongs minimales (Good Friend, Yr Hunger, Bells Aloud), de pop progressive défaillante (No Voice Was Raised) ou de morceaux d’ambient acoustique mis bout à bout (Reflecting in the Angles, First Light’s Freeze).

Ici, la voix nasillarde de Raposa évoque celle de Dylan ou d’O’Rourke ; là, sa musique revêt des intentions proches de celles d’Eels, de Bonnie Prince Billie ou de Sparklehorse. A même le sol, Castanets s’inscrit en droite ligne de ces influences, et entraîne l’auditeur à sa suite, parti qu’il est à la rencontre d’un but qu’il semble ne jamais s’être fixé.

La balade est paisible, humble et plaisante. N’a l’air de rien et invite pourtant à la récidive. Qui approfondit à chaque fois l’analyse des chardons et digitales plantés sur First Light’s Freeze.

CD: 01/ (The Waves Are Rolling Beneath Your Skin) 02/ Into the Night 03/ A Song is Not The Song of The World 04/ Good Friend, Yr Hunger 05/ (We Drew Uncertain Breath) 06/ Bells Aloud 07/ First Light's Freeze 08/ Evidence (A Mask of Horizon, Distortion of Form) 09/ No Voice Was Raised 10/ (Migration Concentric) 11/ All That I Know To Have Changed in You 12/ Dancing With Someone (Privilege Of Everything) 13/ Reflecting in the Angles

Castanets - First Light's Freeze - 2005 - Asthmatic Kitty. Import.

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Paul Dunmall: Bridging The Great Divide Live (Clean Feed - 2003)

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Après l’avoir enregistrée une première fois en 2000, Paul Dunmall revoit, deux ans plus tard, la copie de sa composition The Great Divide. Devant public, il se charge de son entame au son de sa cornemuse avant de changer l’ordre d’intervention des solistes de son octette. L’introduction passée, le contrebassiste Paul Rogers peut lancer le swing explosif sous lequel évoluera l’interprétation.

Chacun des musiciens aura tout loisir de fulminer - Dunmall au saxophone ténor, Tony Levin à la batterie – quand Keith Tippett se contente, derrière son piano, de jouer les accompagnateurs discrets. Jusqu’à la consécration d’une pause, qu’il instaure avec le soutien de Levin, pour mieux l’abandonner, ses attaques sèches ravivant les intentions furieuses de l’ensemble des musiciens.

Retrouvé, le pandémonium court maintenant le long d’un swing jouant davantage des dissonances. La trompette de Gethin Liddington ou le trombone de Paul Rutherford tirant leur épingle du jeu sur la redondance efficace de la contrebasse. La conclusion célèbrera le retour du duo Tippett / Dunmall, défenseur surprenant d’un free jazz voué à tout embraser, jusqu’aux cendres.

En guise de rappel, une improvisation. A 4, cette fois : Dunmall, Tippett, Rogers et Levin, s’essayant de nouveau à l’exercice. Energique et ramassée, Wind est une pièce qui concilie la progression retenue du pianiste et l’ardeur des phrases du saxophone, et prend ainsi les allures d’un compromis agile et pertinent. Complétant à merveille la relecture d’un thème écrit tout en s’en démarquant.

CD: 01/ The Great Divide 02/ Wind

Paul Dunmall - Bridging The Great Divide Live - 2003 - Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.

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