Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

The C.T. String Quartet: Reqiphoenix Nexus (Cadence Jazz Records - 2006)

ctStringsliFormé par Dominic Duval (contrebasse), Thomas Ulrich (violoncelle), Jason Kao Hwang (violon) et Ron Lawrence (alto), le C.T. String Quartet profite d’un concert donné en 1999 à la Knitting Factory pour exposer Reqiphoenix Nexus, précis d’harmonie discordante expliqué en trois points.

Si quatre archets devisent d’abord au son d’entrelacs subtils, le résultat ne satisfait pas longtemps les musiciens, qui s’empressent de faire éclater, entre quelques pauses décidées, les aigus de pizzicatos précipités, sacrifiant toute logique à un Part 1 enfin déconstruit en distribuant les charges dissonantes, tant qu’ils peuvent investir sans compromission le premier plan.

Liberté que Part 2 ne peut leur permettre d’obtenir. Accueillant Joe McPhee, le quartette s’y inquiète davantage de confectionner des nappes sur lesquelles le soprano de l’invité trouvera l’assurance qui le laissera aller à quelques postures relevant d’un free jazz emporté. McPhee accompagné comme il faut, forcément irréprochable.

Avec son départ, Part 3 peut débuter : progression lasse soumise à plusieurs accès de fièvre. Sur le grand et grave archet de Duval, les violons grincent et se répètent, arrachent quelques notes inattendues, pour se laisser terrasser enfin par le gimmick qu’impose la contrebasse. Rassurant, et conseillant d’en finir ici avec l’exposé sensible qu’est Reqiphoenix Nexus.

CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3

The C.T. String Quartet - Reqiphoenix Nexus - 2006 - Cadence Jazz Records. 



Michael Keith, John Oswald, Roger Turner: Number Nine (Emanem - 2006)

keithsliInvité par le guitariste canadien Michael Keith à enregistrer en sa compagnie et celle du saxophoniste John Oswald, le percussionniste Roger Turner incite le duo à toujours plus de ferveur dans sa pratique improvisée.

A l’image de son engagement vindicatif au cœur de Nine, sur lequel les attaques répétées de la guitare et les sifflements de l’alto (déjà couplés sur Sister) ne pourront s’accorder que lors de brefs moments de pauses. Sur Canal, aussi, où Turner enfonce - quand il ne peut plus se contenter de souligner - le dialogue à étages des solistes.

Ailleurs, il arrive à Keith de reprendre les commandes : lâchant des accords avant de faire corps avec la batterie pour asséner quelques coups secs au saxophone (Centre) ; élaborant Staircase presque seul, au son d’arpèges nerveux ; ou fleurissant le propos du groupe d’expérimentations personnelles (Sister).

Faisant suite à une suite de concerts donnée en Europe en 2005, l’enregistrement de Number Nine scelle avec évidence l’entente définitive du trio. Accomplit, enfin, son œuvre turbulente.

CD: 01/ Canal 02/ Sister 03/ Staircase 04/ Instants 05/ Nine 06/ Centre 07/ Harbourfront

Michael Keith, John Oswald, Roger Turner - Number Nine - 2006 - Emanem. Distribution Orkhêstra International.


Roswell Rudd: Blown Bone (Emanem - 2006)

ruddsliLongtemps partenaire de Steve Lacy, avec lequel il se pencha sur les compositions de Monk, le tromboniste Roswell Rudd a suivi comme lui un des chemins qui mène à un jazz exigeant. Florilège au casting de choix, Blown Bone présente huit enregistrements, issus de trois sessions différentes, pour mieux illustrer l’évidence.

Si Long Hope - morceau enregistré en 1967 sous la direction d’un Rudd passé au piano - est une progression romantique brouillonne, alourdie encore par les interventions à l’alto du saxophoniste Robin Kenyatta, les autres titres – enregistrés, eux, en 1976 – parlent davantage en faveur du leader. Cette année là, deux jours de mars  auront permis au tromboniste de conduire avec grâce un nonette puis un sextette.

Mêlant d’abord en grande formation les dissonances du saxophone de Lacy aux divagations de Louisiana Red à la guitare électrique (Blown Bone), Rudd donne ensuite dans un blues caricatural avant de servir, avec plus de réussite, une danse lasse gonflée par la clarinette de Kenny Davern, puis une impression afro-cubaine portée par le bata drum de Jordan Steckel: Bethesda Fountain tirant son épingle du jeu grâce à la qualité de ses solos (signés Lacy et Davern, notamment).

En sextette, le résultat est plus soigné encore. Intéressé toujours par les ruptures stylistiques, Rudd décide de confectionner un bop étrange qui combine les interventions à étages de Lacy, le jeu éclairé du trompettiste Enrico Rava et le sien propre, évoluant sans attache ou citant It could happen to You (It’s Happening). Pour décider ensuite d’une chanson plus anecdotique – voix de Sheila Jordan déposée sur la divagations des instruments – avant de concevoir un free ravageur lancé par la batterie de Paul Motian bientôt abandonné pour un jazz vocal (Sheila Jordan, toujours) au swing plus que décadent (You Blew It).


Allant voir partout, Rudd éprouve ses talents et capacités d’arrangeur. Avec quelques maladresses, parfois. Mais celles-ci ne peuvent pas grand-chose face à la lucidité créatrice de musiciens de la taille de Lacy, Motian, Rava, Davern, et de Rudd lui-même.

CD: 01/ It’s Happening 02/ Blues for the Planet Earth 03/ You Blew It 04/ Long Hope 05/ Blown Bone 06/ Clement Blues 07/ Street Walking 08/ Bethesda Fountain

Roswell Rudd - Blown Bone - 2006 - Emanem. Distribution Orkhêstra International.


Spontaneous Music Ensemble: Biosystem (Psi - 2006)

spontsliEmmené par John Stevens jusqu’en 1992, le Spontaneous Music Ensemble version cordes – composé aussi de Nigel Coombes (violon), Roger Smith (guitare) et Colin Wood (violoncelle) – enregistra en 1977 pour le label Incus d’Evan Parker et Derek Bailey. Aujourd’hui, Parker réédite Biosystem sur Psi.

Virulent, Biosystem l’est à/sur plus d’un titre. Au jeu éclaté de Stevens, jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit de renouveler ses façons d’attaquer cymbales ou toms, Coombes oppose un archet grinçant (Biosystem) ou quelques dissonances (Mystery), Smith des arpèges secs et effrénés (Back To The Beginning for the First Time), Wood, enfin, des pizzicatos tortueux (Mystery).

Augmentée de 4 inédits, la réédition offre des chutes d’époque : morceau entièrement emporté par la fougue du violoncelle et de la guitare (Another Beginning), petite pièce répétitive élaborée à partir de pizzicatos bondissants (Saved by The Bell), ou véritable hymne au service d’un folk d’aliénés (Restored).

Ainsi complété, Biosystem gagne encore en valeur. Et vient grossir le paquet de preuves révélant  la majesté du Spontaneous Music Ensemble, projet aussi singulier qu’incontournable pour qui décide de passer un jour par le champ des musiques improvisées.

CD: 01/ Biosystem 02/ Mystery 03/ Replanted 04/ Back To The Beginning for the First Time 05/ Another Beginning 06/ Restored 07/ Saved by the Bell 08/ The Bell and Beyond

Spontaneous Music Ensemble - Biosystem - 2006 (réédition) - Psi. Distribution Orkhêstra International.


The Idealist : I Am The Fire (Nosordo, 2006)

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Premier enregistrement de The Idealist – en vérité Joachim Nordwall  –, I Am The Fire explique en six phases les tenants et les aboutissants d’un dérapage vers le Nord d’une musique atmosphérique et bruitiste.

Amateur de drones chargés, Nordwall combine des oscillations changeantes et des nappes denses d’éléments rêches, passant au tamis des influences allant de My Bloody Valentine à Fennesz (The Knives Are My Eyes), quitte, parfois, à les exposer trop longuement (To Make Exact Copy Of Every Mistake Ever Made).

Mais lorsqu’il agrémente son propos de touches qui, à défaut d’être originales, sont élaborées singulièrement – grésillements, effets de masses et fulgurances échappées du jeu auquel il s’adonne derrière un pod -, Nordwall se sort plutôt bien de l’impasse que constitue l’hommage timide aux maîtres (The Cranium).

Altérant même volontairement son propos au moyen de traitements dévastateurs : discours attaqué par le grain (The Declaaaration of Indeeependence) ou accrocs appuyant encore la lente dépression jouissive qu’est My Head Is On Fire. Sorti grandi de l’expérience et des nécessités d’un premier album, ne reste plus à The Idealist qu’à confirmer.

The Idealist : I Am the Fire (Nosordo)
Edition : 2006.

CD : 01/ The Knives Are My Eyes 02/ To Make Exact Copy Of Every Mistake Ever Made 03/ I Am Not Here 04/ The Cranium 05/ The Declaaaration of Indeeependence 06/ My Head Is On Fire
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Pierre-Yves Macé : Crash_Test II (Orkhêstra, 2006)

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En compagnie du Quatuor Pli, Pierre-Yves Macé dépose la troisième pierre de sa discographie personnelle : Crash_Test II, ou comment bousculer des compositions quiètes en adressant toute confiance aux accidents que l’on provoque.

Après avoir servi un mouvement las et court (Prologue), les cordes profitent des grands élans répétitifs commandés par Tensionnelle intégrité, amalgame de charges relevant d’un contemporain affable et de chutes en cascades ; folklore mystérieux, aussi, qui hésite entre l’insistance d’un archet et le laisser-aller lâche provoqué par l’étourdissement irrémédiable.

Histoire que le hasard ne soit pas seulement affaire de musiciens, deux Opérations de chance peuvent ensuite être entendues selon que l’on écoute l’un ou l’autre pressage qui a été fait du disque. Deux versions d’une oeuvre d’interprètes perturbés par le recours soudain à d’anciens enregistrements du quatuor. Forcément déconstruite, cassante et presque braque, elle révèle un univers incertain que l’on rêve de concrétiser à coups d’usages déviés – grattements, souffles et chocs minuscules.

D'une plus grande maturité encore, Tensionnelle intégralité, parti d’une tension infinitésimale à qui l’on aura donné sa chance, éternel retour d’archets délicats sur fond sonore grouillant. La place investie peu à peu par le passage des bandes, arborant pour finir les couleurs d’un collage feint de brouillage radio et de morceaux d’orchestrations redistribués. Revenue, l’acoustique mesurée sur le bourdon initial. Pour sceller minutieusement l’ouvrage subtil et dense qu’est Crash_Test II.

CD : 01/ Prologue 02/ Tensionnelle intégrité 03/ Opérations de chance 04/ Tensionnelle intégralité


Sun Ra: Springtime in Chicago (Leo Records - 2006)

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Publié dans la série “Golden Years of New Jazz” du label Leo Records, Springtime in Chicago revient sur un concert donné par L’Arkestra le 25 septembre 1978, à Chicago.

A la tête d’une quinzaine de musiciens, Sun Ra improvise d’abord une impression africaine et entêtante, avant de laisser June Tyson à l’interprétation a capella d’un Springtime in Chicago qui finira par disparaître sous le pandémonium défendu par la totalité des instruments à vent. Et l’ensemble d’évoluer à l’image de cette succession, au gré des tourmentes fomentées par le free d’un big band euphorique (Discipline 27, Next Stop Mars) et de ritournelles certes plus calmes, mais hallucinées.

Au nombre de celles-ci, quelques retours vers un swing des origines (du Big John’ Special de Fletcher Anderson à King Porter Stomp), des refrains enthousiastes portés en groupe (Second Stop is Jupiter, Space is the Place, Enlightenment), ou d’autres combinaisons singulières de bop, rythm’n’blues et boogie (Somewhere Over The Rainbow, Yeah Man !).

Ici ou là, des interventions individuelles remarquables: invocations de l’orgue de Sun Ra sur The Shadow World, charges prodigieuses des saxophonistes John Gilmore et Marshall Allen (Calling Planet Earth) ou dissonances chastes des trompettistes Eddie Gale, Walter Miller et Michael Ray (Body and Soul, Yeah Man !).

Perturbé et insouciant, Sun Ra compte sur les surprises d’un chaos jubilatoire permis par la relativité des conséquences d’un tel voyage : concert foisonnant porté haut, simplement pour irradier plus intensément.

CD1: 01/ Untitled improvisation 02/ Springtime in Chicago 03/ Astro black 04/ The world is waiting for the sunrise 05/ Discipline 27 06/ The shadow world 07/ Yeah man! 08/ Queer notions - CD2: 01/ Big John's special 02/ Somewhere over the rainbow 03/ Lights on a satellite 04/ Body and soul 05/ King Porter stomp 06/ Second stop is Jupiter 07/ Space is the place 08/ Enlightenment 09/ Next stop Mars 10/ Calling Planet Earth

The Sun Ra Arkestra - Springtime in Chicago - 2006 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.


Otomo Yoshihide's New Jazz Quintet: Live in Lisbon (Clean Feed - 2006)

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L’édition 2004 du Festival lisboète Jazz em Agosto accueillit le quintette appelé à devenir Ensemble du guitariste Otomo Yoshihide. A noter que le saxophoniste Mats Gustafsson y remplaçait Kikushi Naruyoshi ; le reste tenant de l’évidence.

Réinvestissant des thèmes qu’il connaît et maîtrise, le quintette part sur la combinaison du Song for Che de Charlie Haden et de Reducing Agent, morceau signé de son leader. Soutenu, le jazz défendu ici tient du free le plus ostensible, les saxophones de Tsugami Kenta et Gustafsson fantasmant l’apparition d'Ayler avant de crouler sous la guitare saturée de Yoshihide, jugeant le moment venu de sacrifier les mélodies timides aux plages bruyantes.

Sur Serene, composition de Dolphy, Kenta dessine des parallèles aux interventions du saxophone basse de Gustafsson sur un drone grésillant institué par le guitariste. Echappé de ses doutes expérimentaux efficaces, le groupe se lance au rythme d’un swing las prêt à en découdre avec chacune des nouvelles et nombreuses perturbations, valant décorations.

Les larsens de guitare, brute et déposée au premier plan, imbriqués au free ultra des saxophones, solo convulsif ou tapage collégial qu’est Flutter, et vient le dernier titre, Eureka de Jim O’Rourke. D’avoir perdu ses effets, Yoshihide mène son quintette sur voie calme, fausse peut être, puisque, enlevé, le final emboîtera d’autres tumultes individuels. Concluant un Live in Lisbon de facture monstrueuse, raffinée et grondante.

Otomo Yoshihide's New Jazz Quintet : Live in Lisbon (Clean Feed / Orkhêstra International).
Enregistrement : 2004. Edition : 2006.

CD:
01/ Song for Che / Reducing Agent 02/ Serene 03/ Flutter 04/ Eureka
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Matthew Robertson: Factory Records, Une anthologie graphique (Thames & Hudson - 2006)

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En 224 pages et 400 illustrations, le graphiste australien Matthew Robertson revient chronologiquement sur la politique graphique mise en place par le label – et plus généralement institution culturelle – Factory. Loin d’être cohérente – malgré les dires de l’auteur -, celle-ci n’en est pas moins prodigieuse, tirant sa singularité de vues artistiques parfois contraires mises au service d’un langage interne respectant codes et nécessités fait outils d’invention comme on en avait peut être plus vu en Grande-Bretagne depuis le Mouvement Arts & Crafts.

Créé en 1978 par Tony Wilson (qui signe la préface de l’ouvrage) et Alan Erasmus, Factory devra beaucoup à ses graphistes, et notamment au premier d’entre eux : Peter Saville. Puisant d’abord largement dans le langage industriel propre à Manchester, Saville investira le domaine de l’emprunt pour façonner peu à peu la charte graphique qui illustrera le Factory première période. S’inspirant d’œuvres de Warhol, Asger Jorn, Dali, de futuristes italiens ou d’artistes proches de l’International Situationniste, il marquera surtout par les travaux qu’il réalisa pour Joy Division – mises en valeur des photos néoclassiques de John D. Closer – ou ceux élaborés en compagnie de Trevor Key pour New Order.

S’ils ont été à l’origine de travaux incontournables qui auront fait beaucoup pour la reconnaissance de Factory, Saville et sa conceptualisation graphique ont quelques fois frôlé le sévère, voire l’austère. Forme de conception rigide à laquelle s’opposeront quelques uns de ses collègues, comme Martyn Atkins – donnant davantage dans le kitsch et l’humour, détournant par exemple le logo Philips sur un disque de Minny Pops -, Trevor Johnson – voyant dans l’utilisation d’une toile de Staël le moyen adéquat d’en revenir à la couleur -, ou Mark Farrow – artiste qui aura sans doute été le plus à l’écoute des groupes avec lesquels il collabora, des Stockholm Monsters à A Certain Ratio. Et puis Karen Jackson, Matt et Pat Carroll, qui, sous le nom de Central Station Design, réagissent dès 1988 à l’austérité ambiante, au moyen de collages denses, de compositions bariolées et de détournements d’images communes d’une société heureuse, dit on, car consommant. Le temps, donc, des pochettes allant de pair avec une scène un rien plus chaleureuse, Happy Mondays en tête, Northside et Adventure Babies suivant. D’autres graphistes, enfin, peut être moins inspirés, tels 8vo ou John Panas, capables seulement d’illustrer une perte de vitesse et le manque de charme de la fin d’une histoire. Rideau sur Factory, 1992.

Inventive et extravagante, tirant parti de ses contradictions, l’anthologie graphique exposée ici dresse, d’affiches en pochettes de disques et du papier à en-tête de l’institution à l’architecture de l’Hacienda, l’éclat de la petite révolution culturelle que fut Factory Records.

Matthew Robertson, Factory Records, Une anthologie graphique. Londres, Thames & Hudson, 2006.


Keefe Jackson: Ready Everyday (Delmark - 2006)

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Emmenant son propre sextette - The Fast Citizens - depuis 2003, le jeune saxophoniste Keefe Jackson installe sur Ready Everyday un jazz de connaisseurs, éclatant soudain au contact des interventions (et compositions) de musiciens aussi particuliers qu’Aram Shelton (autre saxophoniste) et Fred Lonberg-Holm (au violoncelle).

Investissant le patrimoine au son d’un bop cuivré sous les effets du cornet de Josh Berman (Ready Everyday) ou d’un autre instituant le canon des instruments à vents moyen d’investir un classicisme appuyé (Saying Yes), le groupe peut trahir d’autres influences, à la fois moins anciennes et plus proches (voire, locales): l’efficacité rythmique et la redondance enthousiaste propres à l’A.A.C.M., notamment, sur Signs et Course. Convenable, donc.

Mais pour faire pencher tout à fait la balance, Fast Citizens fait preuve d’une personnalité plus affirmée: sur Pax Urbanum – cool déconstruit signé Lonberg-Holm -, Band Theme – pièce ondulante glanant sa texture au fur et à mesure des interventions -, Signs – sur lequel le violoncelle électrifié bruite à loisir -, Blackout, enfin et surtout – fantaisie élaborée par Shelton, vacillant au rythme d’un swing las recueillant les interventions les plus lestes.

Différentes manières de voir, donc, défendues sur un même ton méticuleux et altier. Le long d’une œuvre adoptant l’allure d’un melting-pot divertissant, et quelques fois frondeur.

CD: 01/ Ready Everyday 02/ Signs 03/ Band Theme 04/ Blackout 05/ Saying Yes 06/ Pax Urbanum 07/ Course

Keefe Jackson - Ready Everyday - 2006 - Delmark. Distribution Socadisc.



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