Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Spéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhommele son du grisli #3
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

WildFlowers: Loft Jazz New York 1976 (Douglas - 2006)

wildgrisliMai 1976, New York. 10 nuits durant, se tient le Wildfowers Festival, marathon organisé dans le loft du saxophoniste Sam Rivers, auquel participent une soixantaine de musiciens parmi les plus emblématiques de ceux issus des deux premières générations du free jazz. Wildflowers, aujourd’hui réédité, rend compte de cette décade précise, au son d’une sélection de 22 titres établie par le producteur Alan Douglas.

Alors s’y glissent forcément quelques perles. Parmi elles, l’intervention de l’hôte en personne (Rainbows) et d’un fidèle qui ne manque jamais d’investir un endroit qu'il connaît par coeur, Jimmy Lyons
(Push Pull). Plus ramassé, le solo du saxophoniste Marion Brown qui conduit son trio sur And Then They Danced, pièce impeccable.

Sacrifiant tout, parfois, à l’image que le public s’est fait d’une musique de la revendication, les musiciens donnent dans la rage exacerbée, tels Henry Threadgill (Uso Dance), Leo Smith
et Oliver Lake (Locomotif N°6), Andrew Cyrille et David S. Ware (Short Short), Sunny Murray (Something’s Cookin’) ou Don Moye accompagnant Roscoe Mitchell (Chant).

Mais la New Thing ne peut se contenter de redire ad vitam sa vindicte, aussi convaincante soit-elle. Elle prend alors d’autres tournures, tisse des parallèles avec la soul (Maurice McIntyre sur Jays), le blues (Hamiet Bluiett
fantasque sur Tranquil Beauty), ou même l’Afro beat (Byard Lancaster et Olu Dara sur The Need To Smile), avant qu'Anthony Braxton, Charles Brackeen et Ahmed Abdullah, ou Julius Hemphill, ne fomentent un free plus réflexif (73°-S Kelvin, Blue Phase, Pensive).

Intelligente, la sélection proposée par Wildflowers tient de l’anthologie, quand elle témoigne aussi des possibilités d’une seule et unique salve de concerts donnés par quelques musiciens de choix. Qui évoquent, voire résument, ici, l’époque des Lofts Sessions.

CD1: 01/ Kalaparusha : Jays 02/ Ken McIntyre : New Times 03/ Sunny Murray : Over The Rainbow 04/ Sam Rivers : Rainbows 05/ Henry Threadgill : USO Dance 06/ Harold Smith : The Need To Smile 07/ Ken McIntyre : Naomi 08/ Anthony Braxton : 73°-S Kelvin 09/ Marion Brown : And Then They Danced - CD2: 01/ Leo Smith : Locomotif N°6 02/ Randy Weston : Portrait of Frank Edward Weston 03/ Michael Jackson : Clarity 2 04/ Dave Burrell : Black Robert 05/ Charles Brackeen : Blue Phase 06/ Andrew Cyrille : Short Short 07/ Hamiet Bluiett : Tranquil Beauty 08/ Julius Hemphill : Pensive - CD3: 01/ Jimmy Lyons : Push Pull 02/ Oliver Lake : Zaki 03/ David Murray / Shout Song 04/ Sunny Murray : Something’s Cookin’ 05/ Roscoe Mitchell : Chant

Wildflowers: Loft Jazz New York 1976 - 2006 (réédition) - Douglas Records. Distribution DG Diffusion.

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Marcin & Bartlomiej Brat Oles: Suite for Trio + (Fenommedia - 2005)

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Repérés sur les deux derniers disques d’un coffret Alchemia à ranger dans la discographie du saxophoniste Ken Vandermark, le contrebassiste Marcin Oles et le batteur Bartlomiej Brat Oles se sont, depuis, attelés à renouer les liens entre Pologne et jazz raffiné auprès de compatriotes éclairés (ici, le saxophoniste et clarinettiste Mikolaj Trzaska) et d’invités internationaux (ici, le trompettiste français Jean-Luc Cappozzo).

Sur les pas de Komeda ou Namyslowski, les deux frères installent sur Suite for Trio + des compositions à géométrie variable, oscillant entre l’efficacité des unissons liée à celle d’une section rythmique imperturbable (Suite for Trio +, Budmo), les apparitions soudaines de digressions free (JLC), et les mirages mélodiques imposés par quelques impressions - mélancoliques ici (N-Ju, qui virera cependant à la joute expiatoire), orientales ailleurs (Bolero Stefana).

De leur rencontre avec Vandermark, Marcin et Bartlomiej ont gardé un goût pour l’impromptu groove (5-5) et l’usage répété de gimmicks de contrebasse, qui déposent une à une les carcasses d’interprétations denses (Urodzaj, Suite for Trio +). Ne reste plus à Cappozzo et Trzaska qu’à se montrer aussi inspirés que la section rythmique est vaillante. Or, là, ni l’un ni l’autre ne faillit.

Histoire que Suite for Trio + soit digne des attentes de ceux qui n’ignoraient pas qu’en Pologne des jazzmen accomplis ont toujours existé. Marcin et Bartlomiej Oles étant 2 des figures faites preuves contemporaines de ce fait établi.

CD: 01/ Freetan 02/ Suite for Trio + 03/ JLC 04/ Budmo 05/ 5-5 06/ Bolera Stefana 07/ N-Ju 08/ Urodzaj

Marcin & Bartlomiej Brat Oles - Suite for Trio + - 2005 - Fenommedia. Distribution Improjazz.

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The Wedding Present: Search for Paradise, Singles 2004-05 (Talitres - 2006)

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Revenus récemment à la place de choix qu’ils occupaient dans les années 1990 avec Take Fountain, The Wedding Present confirme que l’heure est au retour en publiant Search for Paradise, compilation de singles étalés sur 2 ans, d’inédits et de versions acoustiques.

David Gedge ayant toujours mené son groupe sur la voie d’une énergie prônant partage (Watusi, Seamonster, Hit Parade), il eut été dommage de déroger à la règle sous prétexte d’âge forcément plus avancé. Alors, le groupe donne à nouveau, mais joliment, dans la rengaine pop décomplexée et efficace (I’m Further North Than You (Klee Remix), American Tan), exposant parfois autant de rage qu’une mélodie soignée peut en contenir (Interstate, Nickels And Dimes).

A côté de cela, comme il l’a toujours fait, Gedge verse dans la ballade - faite complainte (Snapshots) ou bluette (Shivers) -, sans ajouter quoi que ce soit à ses recettes anciennes, à raison (la complainte) ou à tort (la bluette). Parce qu’il arrive aussi au Wedding Present de s’égarer, le temps d’une exécution poussive (The Girl With The Curious Smile) ou d’une composition insignifiante (Bad Thing). La discographie du groupe comptant quelques perles, Search for Paradise ne saurait mériter qu’on le remarque autrement que comme un document d’actualité honorable bien qu’insatisfaisant. Déjà pas mal, si l’on compte les nombreux come-back ayant pris les atours du dernier espoir aussitôt sabordé.

CD: 01/ Interstate 02/ Bad Thing 03/ Snapshots 04/ I’m Further North Than You 05/ Reckindling 06/ The Girls With The Curious Smile 07/ Nickels And Dimes 08/ I’m Further North Than You (Klee Remix) 09/ Ringway To Seatac 10/ Shivers 11/ American Tan 12/ Interstate 5 (Acoustic) 13/ I’m Further North Than You (Acoustic) 14/ Ringway To Seatac (Acoustic)

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David S. Ware : Point éphémère / 3 mai 2006

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L'amour des cordes est un mal qui a depuis longtemps gagné le jazz. Perdu, donc, si l'on pense, entre autres, aux sirupeux accompagnements qu'une Amérique prête à tout pour récupérer au moyen d'instruments nobles un style qui ne pouvait échapper plus longtemps au lyrisme fait loi d'un vernis cachant simplement les moisissures, ou à l'école française du violon jazz, qui continue de déverser une musique d'accompagnement idéale pour qui tient absolument à donner dans le cliché et se mettre, un beau matin, à courir nu et heureux sur une plage de Cabourg. Le problème est qu'à force de se laisser emporter par des envolées dégoulinantes, on finit inéluctablement par glisser sur une algue.

Bien sûr, dans le domaine, on repère ici ou là quelques disques acceptables. Et David S. Ware, qui se produisait le 3 mai au Point Ephémère (Paris), a été de ceux à rendre une copie convaincante avec Threads, album enregistré par son quartette en compagnie de Mat Maneri et Daniel Bernard Roumain. Qui s'attendait donc à entendre Ware dialoguer avec les huit musiciens de son " String Workshop " aura connu une déception, puisque le saxophoniste a préféré les conduire, assis face à eux - eux, face au public, donc, lui, dos au public {soit : W (assis) ~ 8X (assis, debout) / quoi, 80 personnes ? } - sur une chaise de jardin. Si quelques musicologues éclairés auraient pu se poser la question de savoir si l'on peut honnêtement produire quelque musique engageante assis sur une chaise de jardin, en plastique qui plus est, d'autres moins ambitieux en déduiront, sûrs de leur fait, " Ware aurait dû venir grossir le rang des interprètes, ténor à l'appui ".

Au lieu de ça, le voici dirigeant 2 violons, 2 altos, 1 violoncelle et 3 contrebasses, les gestes peu orthodoxes mais exaltés, l'assurance peut être d'avoir à dire de cette façon, tandis que ses compositions ne tiennent pas longtemps l'épreuve qu'il leur fait subir. Alors, une longue, trop longue séance musicale se cherche, égarée entre minimalisme américain, dissonances prudes et recours mélodiques trop légers. Soit, un mélange de John Adams, Berio et Sakamoto, mais en toujours moins bon, version poussive. Le tout agrémenté de passages plus dramatiques rendus à l'unisson, lourds et quasi vides. Dommage d'autant que le " String Workshop " respecte les partitions, se montre attentif aux gestes fulgurants, et donne beaucoup, comme il lui est demandé, soit, s'acharne et s'épuise.

Bref, tout ça est trop mince pour le temps qu'on lui consacre, à l'inverse de la deuxième partie de la représentation. Là, sur la même chaise qu'on a pris soin de retourner, Ware improvise une vingtaine de minutes. Recueilli, le saxophoniste livre un condensé de sa propre histoire. Des rauques internes de son ténor aux suraigus irritants, il évoque sa relation au free des origines tout en n'oubliant pas que cette musique est aussi le fruit d'une époque et que l'évolution irrémédiable est advenue. Rares, les schémas mélodiques sont répétés un peu, autant de pauses au milieu des fulgurances tumultueuses, des doutes soulignés par un souffle plus mesuré ou des affirmations rageuses. Ici, Ware ne se sera pas trompé de parti pris, et aura choisi la concision pour présenter la densité d'un art qu'il maîtrise à l'accoutumée.

De ces rattrapages appropriés d'erreurs pas si graves. David S. Ware ayant, en plus, une foi solide en l'évolution des choses, et donc, en leur relativité dans le domaine des conséquences.

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Brad Goode: Hypnotic Suggestion (Delmark - 2006)

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Trompettiste formé aux côtés de Joe Henderson, Lee Konitz ou Von Freeman, Brad Goode retrouve le Chicago de ses origines au son d’Hypnotic Suggestion, disque qui défend un classicisme jazz loin d’être affecté, proche d’être parfait.

Choisissant d’interpréter en quartette 5 standards pour 4 compositions personnelles, Goode bouscule chacun des thèmes au moyen d’audaces mesurées. Sur le Beautiful Love de Gillespie, il combine par exemple les passages où prédomine sa clarté d’exécution à d’autres enclins à accueillir quelques rauques plus expressifs. Ailleurs, afin toujours de troubler l’interprétation du groupe, il usera d’une bouteille en guise de sourdine pour démonter Crazy Rythm, ou chargera le pianiste Andrean Farrugia de destiner des dissonances sophistiquées à Bemsha Swing.

A l’image de Farrugia (remarquable déjà sur Hypnotic Suggestion), les sidemen du trompettiste impressionnent ici ou là. Comme sur Once Unpon a Summertime, bossa réinventée devenue prodige polyrythmique aux origines duquel on trouve Dana Hall (batterie) et Kelly Sill (contrebasse), section soignée qui emportera ensuite Thinking of You.

Lorsqu’ils sont dissociés, les penchants du quartette que sont (pour faire vite) le classicisme et l’avant-garde ne convainquent pas tout à fait : déstructuration molle avec Thinking of You ou swing rebattu sur Detroit Scene. Seuls regrets à avoir à l’écoute d’un enregistrement sinon malin, qui devrait encourager Brad Goode à poursuivre ses ambitions de leader.

CD: 01/ Hypnotic Suggestion 02/ Once Upon a Summertime 03/ Bemsha Swing 04/ Just a Thought 05/ Thinking of You 06/ Beautiful Love 07/ Detroit Scene 08/ I Can’t Forget About You 09/ Crazy Rythm

Brad Goode - Hypnotic Suggestion - 2006 - Delmark. Distribution Socadisc.

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Graewe, Reijseger, Hemingway: Continuum (Winter and Winter - 2006)

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Entre 1989 et 1999, Georg Graewe (piano), Ernst Reijseger (contrebasse) et Gerry Hemingway (batterie) ont formé l’un des trios les plus enthousiasmants de ceux qui prônent la diversité d’influences partagées pour mieux toucher au résultat singulier. Enregistrement de retrouvailles récentes et de musique improvisée, Continuum ne déroge pas à la règle.

En 2005 comme avant, si les domaines de prédilection de chacun des musiciens cherchent à imposer leurs vues, la manière reste délicate : inclinaisons baroques ici (Reijseger sur Continuum Phase Three), dissonances viennoises là (Graewe sur Phase Two) ou infiltrations rythmiques plus proches du jazz ailleurs (Hemingway sur Phase Seven).

Revêtant le plus souvent les atours d’une divagation située quelque part entre Satie et Morton Feldman, Continuum ne cesse d’égarer l’auditeur au moyen de partis pris plus impertinents : grincements du violoncelle (Phase One, Phase Ten), déconstructions libres (Phase Six) ou usage d’un marimba (Phase Three) et de petites percussions (Phase Nine).

Si ce n’est sur Phase FiveContinuum au lyrisme pesant -, le trio improvise partout des pièces subtiles. Précises, aussi, dans leur exécution, sans que cela n’enlève rien au charme de l’ensemble, qui pourrait annoncer une nouvelle étape dans la carrière du trio.

CD: 01/ Continuum Phase One 02/ Continuum Phase Two 03/ Continuum Phase Three 04/ Continuum Phase Four 05/ Continuum Phase Five 06/ Continuum Phase Six 07/ Continuum Phase Seven08/ Continuum Phase Eight 09/ Continuum Phase Nine 10/ Continuum Phase Ten

Graewe, Reijseger, Hemingway - Continuum - 2006 - Winter and Winter. Distribution Harmonia Mundi.

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Fred Anderson: Timeless (Delmark - 2006)

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Membre encore actif de l’A.A.C.M., le saxophoniste Fred Anderson démontre à domicile – en son Velvet Lounge de Chicago – l’impeccable longévité d’un free jazz que d’autres ont depuis longtemps échangé contre un bâillon de velours.

Aux côtés de sidemen aussi irréprochables qu’Harrison Bankhead (contrebasse) et Hamid Drake (batterie), le ténor déverse ses propositions mélodiques au gré d’un souffle hors d’atteinte, tenté d’abord par la déconstruction innocente (Flashback). Sur un gimmick lancé par Bankhead, il sert ensuite un Ode to Tip renouant avec une structure établie, bousculée néanmoins par les digressions fastes de la section rythmique.

Délaissant sa batterie pour un simple tambour de rythme, Drake mène ensuite By Many Names, pause rafraîchissante dans laquelle s’insinue discrètement un free minimaliste rendu par les graves du ténor et quelques schémas répétés par la contrebasse. Le batteur y dépose aussi sa voix, raisonne les intentions sourdes, avant d’engager enfin à la reprise des hostilités.

Au son d’une soul fiévreuse, d’abord, qui introduit Timeless, morceau aux couleurs changeantes parmi lesquelles se glissent quelques références funk ou rythm’n’blues, avant que le trio n’opte pour la césure faite de pizzicatos légers, d’interventions de percussions minuscules et de souffles retenus. La conclusion peut alors en revenir à ce genre d'essentiel qui plaide en faveur d’un free pugnace mais réfléchi, d’un jazz évoluant haut et d’instinct*.

[*Musique que Fred Anderson affirme vouloir prodiguer jusqu’à son dernier souffle, dans l’interview que renferme l’édition DVD de Timeless.]

CD: 01/ Flashback 02/ Ode to Tip 03/ By Many Names 04/ Timeless

Fred Anderson - Timeless - 2006 - Delmark. Distribution Socadisc.

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Warren Burt: The Animation of Lists And the Archytan Transpositions (XI Records - 2006)

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Sous l'oeil engageant du producteur Al Margolis, Catherine Schieve et Warren Burt dressent en deux temps une oeuvre mystérieuse, manifeste érudit tout autant qu'exposé de relaxation sur le qui-vive.

Passé derrière un lamellophone dernier cri, le duo fait d'une lecture neuve de traités et de modes le prétexte à l'élaboration d'une musique abstraite, qui doit beaucoup à la préparation des instruments et compte, pour ce qui est de son exécution, pas mal sur le hasard. Toujours délicats, les coups portés sur lamelles décident d'oscillations incertaines, de réverbérations aptes à accueillir les courses d'harmoniques, et mettent en avant quelques tonalités rassurantes.

Formellement assez proches du For Bunita Marcus de Morton Feldman, les deux parties dévoilées ici refusent comme elle la progression évidente, déclinant la moindre annonce de crescendo, pour multiplier, malignes, les amorces de perturbations avec lesquelles l'exécution devra faire ici ou là. La mesure, partout, et la décision juste.

Oeuvrant à la découverte de tonalités alternatives, les deux compositions de Burt prouvent qu'il est possible de concilier la recherche du compositeur versé dans la théorie et l'écoute contemplative de l'auditeur détaché de tout désir de complexité. Qui se rencontrent ici dans un champ apaisant d'attentions métalliques déposées.

CD1: The Animation of Lists: 01/01 02/02 03/03 04/04 - CD2: And the Archytan transpositions: 01/ 01 02/ 02 03/ 03 04/ 04

Warren Burt - The Animation of Lists And the Archytan Transpositions - 2006 - XI Records.

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Pan American : For Waiting, For Chasing (Mosz, 2006)

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For Wainting, For Chasing est le cinquième album de Mark Nelson (Labradford) publié sous le nom de Pan American. En compagnie de Steven Hess (percussions) et David Max Crawford (bugle), il échafaude ici une ambient des derniers jours, bruitiste et enveloppante, qu’il décide d’effriter peu à peu.

Partout, le même canevas de départ : une progression indescriptible de nappes sonores, sur lesquelles viendront se greffer field recordings, constructions d’électronique minimaliste, interventions au bassStation, craquements et aigus divers. D’un morceau à l’autre, les variations sont rares, tenant ici de l’usage de la réverbération (Dr. Christian), là de la redite d’un mini gimmick fait unique option d’évolution (Are You Ready ?).

Au gré de crescendos et de leurs contraires, Nelson donne avec mesure dans une musique atmosphérique loin d’être limpide, assez proche de celle que fabrique Rafael Toral. Pièces climatiques peintes au lavis, toutes sauf Ammuls refusent le recours à une mélodie assumée. Ammuls, où en guise de conclusion Nelson autorise une combinaison discrète de notes reconnaissables à filtrer enfin.

Menée jusqu’à son terme, l’évidence révèle la traversée de zones de perturbations voilées. Expérience insoupçonnable qui rassure autrement qu’en prévenant des risques.

Pan American : For Waiting, For Chasing (Mosz / La baleine)
Edition : 2006.
CD : 01/ Love Song 02/ Are You Ready? 03/ Dr. Christian 04/ Still Swimming 05/ From Here 06/ The Penguin Speaks 07/ Amulls
Guillaume Belhomme © Le son du grisli
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Bass Tone Trap: Trapping (Music à la coque - 2006)

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Formé en 1981 par Martin Archer (saxophones, violon, claviers) et Paul Shaft (contrebasse, voix), le groupe Bass Tone Trap change d’allure à l’arrivée du saxophoniste Derek Saw. Venu du jazz, celui-ci met ses influences au service d’un groupe faisant déjà avec les siennes propres, nombreuses et éclatées. Le résultat : la musique d’une fanfare punk, allant voir, sans se poser de questions, du côté du Krautrock, de la No Wave et du Free Jazz.

Sorti en 1983, Trapping donne à entendre un tel mélange, déjanté et plaidant le long de 13 morceaux en faveur de son émancipation immédiate. Peu importe qu’il s’agisse de le faire au son de progressions expérimentales atmosphériques (Magnetic North) ou bruitistes (Magnetic South), de pop funk délurée (Sanctified), ou de free changeant – virant au swing sur le motif répété des guitares de Safe in The Inner Core, ou plus radical sur Rare & Racy et Afraid of Paper.

Selon l’humeur, les 6 musiciens fantasment les rencontres : celle de Soft Machine et du World Saxophone Quartet (pour l’unisson des instruments à vent auquel il a souvent recours), ou celle de Can et d’Alterations. Le plus souvent convaincantes, ces collisions ne laissent rien en place longtemps et font un puzzle cataclysmique de quelques influences ramassées.

La musique en réaction, confiant à qui veut l’entendre que le domaine n’a rien à faire des leçons. Qui évolua avec Bass Tone Trap 4 années durant au gré d’une énergie impertinente, pour viser aujourd’hui le statut de document démesuré, attestant de l’existence d’un Lower East Side transposé jadis en Angleterre. Forcément moins sourcilleux.

CD: 01/ Sanctified 02/ Safe in The Inner Core 03/ Stay There 04/ Afraid of Paper 05/ Magnetic North06/ Intruder in the Dust 07/ AAK 08/ The Complex Aesthetic of John Jasnoch 09/ Sleep Lights 10/ Magnetic South 11/ Rare & Racy 12/ Africa Calling 13/ Radio Slot

Bass Tone Trap - Trapping - 2006 (réédition) - Music à la coque.

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