Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Dax Pierson & Robert Horton: Pablo Feldman Sun Riley (Nosordo - 2006)

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Sur Pablo Feldman Sun Riley, un membre de Subtle (Dax Pierson) et un punk sur le joli retour (Robert Horton) adressent un hommage à quatre compositeurs de premier ordre, tous genres exigeants confondus : Augustus Pablo, Morton Feldman, Sun Ra et Terry Riley.

Entamant la construction d’un univers reconnaissant, mais aussi en train de se construire, Winterlong convoque un mélodica et un violoncelle déraillant, une voix grave fantasmant le râle d’une bête imaginaire et quelques silences. Sans cohérence évidente, le duo travaille ensuite à une composition répétitive changée bientôt en amas de drones sortis de guitares (When A Stone Speaks), puis à une pièce dont les premiers airs de baroque non aboutis disparaîtront au profit de boucles et d’interventions bruitistes (Winterworld Dub).

Sûrs de leur bon droit, Pierson et Horton continuent de multiplier les effets, et l’inspiration de ne pas faiblir : des field recordings choisis du Drive Along the Boundaries of Nothingness remixé par Subtle aux dérélictions électroniques de Piece of the Sun, des larsens minuscules infiltrés par quelques clics d’Offguard aux conspirations des guitares de Living Room Music, les charges sont nombreuses, et souvent prodigieuses. Prétexte sensible et évocation permettant toutes les libertés, Pablo Feldman Sun Riley trahit sur toute sa longueur les influences profondes de Dax Pierson et Robert Horton : de celles qui refusent toute copie ; là, davantage, pour être sublimées.

Dax Pierson, Robert Horton : Pablo Feldman Sun Riley (Nosordo)
Edition : 2006.

CD: 01/ Winterlong 02/ When a Stone Speaks 03/ Winterworld Dub 04/ Piece of the Sun 05/ Drive Along the Boundaries of Nothingness (remix of Subtle) 06/ Offguard 07/ Living Room Music
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Free Range Rat: Nut Club (Clean Feed - 2006)

freerratsliObnubilé par la musique de Sun Ra – dont il reprend ici The Satellites Are Spinning -, le quartette Free Range Rat invite le clarinettiste Douglas Yates à rendre un free jazz emporté, capable de mener à bien plusieurs improvisations ténues comme de sublimer quelques reprises choisies.

Parmi celles-ci, celle du Nut Club Non-Believer de James Blood Ulmer – qui rappelle l’atmosphère d’Out to Lunch de Dolphy -, ou une autre, se chargeant de So Much Trouble in the World de Bob Marley – ici plus sombre, avalée par le ténor coltranien d’Eric Hipp.

Ailleurs, le groupe peut rendre un hommage au free jazz canal historique (Extension, sur lequel le trompettiste John Carlson évoque Don Cherry sur le jeu expressionniste de ses partenaires) ou s’engager à la suite de Ken Vandermark pour défendre un mélange efficace pétri de soul autant que d’improvisations iconoclastes (Hipp-Hopp, Part 2).

Usant de toutes les permissions parce que rassurés par une impeccable section rythmique (Shawn McGloin à la contrebasse, George Schuller à la batterie), Hipp, Carlson et Yates, fomentent sur Nut Club un jazz éclatant et précis ; qui plus est, excellent vulgarisateur.

CD: 01/ Nut Club Non-Believer (Suite) 02/ Part 1 03/ Part 2 04/ Below Canal 05/ Extension 06/ Horn Trio #2 07/ Hipp-Hopp 08/ So Much Trouble in the World 09/ The Satellites Are Spinning 10/ Bottom Feeders

Free Range Rat - Nut Club - 2006 - Clean Fedd. Orkhêstra International.


Trio Vopa: Fauxpas (Schraum - 2006)

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Avec Fauxpas, le Trio allemand VopaRoland Spieth (trompette), Cornelius Veit (guitare), Axel Haller (basse) – dresse un premier et tiède portrait de ses pratiques improvisées.

Mis à part le dernier titre (Dans, frôlant la vingtaine de minutes), Fauxpas présente des pièces minuscules aux tons changeants selon la nature des intentions : constructions expérimentales (Suc, Cor), drones inachevés (Fern, Badischer Marsch) ou atmosphères ténues (Melenc). Quelques accès plus mélodiques, aussi, le long desquels le trio confronte son jeu tourmenté (grattements et coups donnés sur micros, trompette peinant à déclamer) et le désir soudain de se faire lisible (Rspah, Quine).

Plus conventionnel dans sa façon d’aborder les instruments, mais aussi plus sombre, Dans déploie enfin un amas de graves prioritaires et envahissants. Longue plage convaincante venant conclure le premier essai sur disque du Trio Vopa : Fauxpas acceptable, rattrapant un manque certain d’identité propre au son de quelques combinaisons heureuses.

CD: 01/ Suc 02/ Malaise 03/ Ruade 04/ Tromperie 05/ Melenc 06/ 21st Century Groove 07/ Humer 08/ Badischer Marsch 09/ Rspah 10/ Bas 11/ Cor 12/ Fern 13/ Electrified guitar 14/ Quine 15/ Dans

Trio Vopa - Fauxpas - 2006 - Schraum.


Calling Signals: s/t (Loose Torque - 2005)

callingsliDatant de 1996, cet enregistrement de Calling Signals voit Frode Gjerstad et le contrebassiste Nick Stephens improviser aux côtés du batteur Louis Moholo et du guitariste Hasse Poulsen. Ainsi configuré, le groupe hésite entre émulation plus que soutenue et moments d’évolution lasse.

Au saxophone alto, Gjerstad mesure chacune de ses interventions jusqu’à ce que la guitare électrique multiplie les assauts saturés. Peu convaincant dans cet exercice, Poulsen n’en persuade pas moins ses partenaires de donner avec lui dans les charges virulentes : premier et deuxième morceaux du disque, sauvés toutefois par le savoir-faire de Gjerstad (Fjord Deep, Mountain High) et de Moholo (Threeways Meet).

Heureusement, le quartet sait ensuite accorder ses intentions diverses : sur l’ondulation fragile de The Breeze and Us ou au son de l’entente irréprochable d’un alto frénétique et d’un archet grinçant sur la première partie de Crossing the Bar ; à l’origine, ailleurs, d’un climat ample fait d'une combinaison de plaintes longues et d’attaques sèches de guitare (The Last Three Notes).

C’est que Poulsen aura su revenir d’où il s’était égaré. Auteur, même, de propositions pertinentes : postures bruitistes adoptées avec plus de retenue (Unanticipated Turns) ou recherche minutieuse consacrée au son juste – larsens et plaintes discrètes – trouvant sa place sans insistance (Crossing the Bar). Histoire de prouver l’adresse de chacun des 4 musiciens à l’origine d’une des premières moutures de Calling Signals.

CD: 01/ Fjord Deep, Mountain High 02/ Threeways Meet 03/ Crossing the Bar 04/ Dots and Dashes 05/ The Last Three Notes 06/ Drum’n’Bass 07/ Unanticipated Turns 08/ Breeze And Us

Calling Signals - s/t - 2005 - Loose Torque.


Geir Jenssen : Cho Oyu 8201 m (Ash International, 2006)

geir jenssen cho oyu

Au moyen de field recordings attrapés sur Minidisc, Geir Jenssen (Biosphere) nous transporte au sommet du Cho Oyu, mont himalayen situé à la frontière tibéto-népalaise, auquel il s'est attaqué à l’automne 2001.

Carnet de route sonore, Cho Oyu raconte 8201 m de transport. A terre (Zhangmu, Tingri), des bribes de conversations filtrant parmi clochettes et gongs, le bruit d’un moteur ou le chant d’un torrent. Et puis, après avoir mis en boucle un court passage de musique tibétaine retenue sur cassette (Jobo Rabzang), c’est l’ascension. A 5400 mètres de hauteur, Jenssen croise quelques bergers et leurs troupeaux (Palung). Dernière présence animale, une nuée d’oiseaux (Cho Oyu Basecamp, Nangpa La).

Moins fréquentes, les rencontres se font aussi moins concrètes : voix d’un pilote d’avion survolant les parages (Camp 1) ou faible mélodie passant à la radio (Camp 15) captés par les appareils de Jenssen. Qui enfermeront aussi la rumeur d’une tempête de grêle (Camp 3) et celle de l’ambiance régnant au sommet (Summit).

Forcément insaisissable dans son intégralité, la portée de ces field recordings n’en est pas moins fascinante. Matériau ayant servi à la confection de Dropsonde – album de Biosphere sorti en 2005 -, Cho Oyu 8201 m expose concrètement la somme de souvenirs influents, et invente une cartographie d’enregistrements rares.

Geir Jenssen : Cho Oyu 8201 m, Field recordings from Tibet (Ash International / La baleine)
Edition : 2006.

CD : 01/ Zhangmu 02/ Tingri 03/ Jobo Rabzang 04/ Chinese Basecamp 05/ Palung 06/ Cho Oyu Basecamp 07/ Nangpa La 08/ Camp 1 09/ Camp 15 10/ Camp 2 11/ Camp 3 12/ Summit
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Free Zone Appelby 2005 (Psi - 2006)

psi0606sliAutour du saxophoniste Evan Parker, neuf improvisateurs de choix servent, selon les combinaisons, une musique exaltée et vorace, aux allures oscillant entre free jazz définitif et contemporain déluré.

Parmi les combinaisons, trois trios: Kenny Wheeler (trompette), Paul Rogers (contrebasse) et Tony Levin (batterie), déroulant un free incisif sur Red Earth Trio-1; Gerd Dudek (saxophone ténor), John Edwards (contrebasse) et Tony Marsh (batterie), introduisant Red Earth Trio-2 de manière déconstruite avant de tout sacrifier à l’énergie implacable ; Paul Dunmall (soprano et ténor), Philipp Wachsmann (violon) et Tony Levin, enfin, opposant les entrelacs mesurés de saxophones et de violon à la charge féroce des hurlements et des sirènes (Red Earth Trio-3).

A Red Earth Quartet 1, ensuite, d’occuper l’espace. Ouvert au son du contrepoint abrupt des deux ténors (Evan Parker et Gerd Dudek), la pièce progresse sous l’effet de l’ardeur de Tony Levin. Insatiables, déjà, les saxophonistes amassent leurs trouvailles sans plus se poser de question, quand Levin gagne encore en densité et que la contrebasse de John Edwards n’en peut plus d’insister.

Réunis tous, enfin, sur Red Earth Nonet, les improvisateurs investissent des sphères ténébreuses, mouvements lents et circulaires pour free jazz dense évoquant le Way Ahead de Coursil. Irrémédiable, la charge sera passagère, fière et accablante, et regagnera peu à peu le souterrain duquel on l’avait extirpée. Un final dans les brumes, après autant d’épreuves du feu essuyées avec prestige.

CD: 01/ Red Earth Trio-1 02/ Red Earth Quartet 1 03/ Red Earth Trio-2 04/ Red Earth Trio-3 05/ Red Earth Nonet

Free Zone Appleby 2005 - 2006 - Psi. Distribution Orkhêstra International.


Steve Lacy: Esteem (Atavistic - 2007)

esteemsliEnregistrement jamais édité jusque-là, Esteem aurait pu trouver sa place dans la série Unheard Music instituée par le label Atavistic, si celui-ci n’avait pas décidé d’en faire la première pierre d’une autre collection : The Leap : Steve Lacy Cassette Archives, qui puisera au gré de ses sorties dans la somme des bandes personnelle de Steve Lacy.

Amateur, donc, l’enregistrement de ce concert donné en février 1975 à La cour des miracles - club parisien que le quintet du saxophoniste fréquentait alors. Pour conséquence, le son du soprano, lointain, qui devait pourtant rivaliser de présence avec la section rythmique de Kenneth Tyler (batterie) et Kent Carter (contrebasse), et, surtout, avec les interventions débridées du saxophoniste Steve Potts (The Crust).

Sur le fond, cette fois, Esteem parle de tout ce qui faisait la musique du quintet de Lacy à cette époque : mélange de déconstruction rattrapée à peine par le violon d’Irène Aebi (Flakes), déploiement polyrythmique sur lequel Lacy avance par à-coups (The Duck, Esteem), ou espaces réservés à un free collégial (The Rush).

Pour attester une dernière fois des possibilités du groupe, The Uh Uh Uh emporte tout : danse lasse ou marche macabre gagnée par la joie, sur laquelle Lacy et Potts combinent des perles altières et dissonantes. Morceau qui, à lui seul, prouve qu’il faut croire au potentiel des bandes anciennes, pour peu qu’elles soient du nombre des souvenirs enfouis d’un musicien surdoué.

Steve Lacy : Esteem (Atavistic / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1975. Edition : 2007.
CD : 01/ The Crust 02/ The Uh Uh Uh 03/ The Rush 04/ Esteem 05/ Flakes 06/ The Duck
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


John Carter / Bobby Bradford Quartet: Seeking (HatOLOGY, 2006)

john carter bobby bradford seeking

Si le multi instrumentiste John Carter a joué aux côtés d’Ornette Coleman, c’est au sein du New Art Jazz Ensemble, qu’il fonda en 1964 avec le trompettiste Bobby Bradford, qu’il aura démontré toute l’étendue de ses possibilités  combinaison d'avant-garde et d'assurance West Coast. En 1969, le quartette enregistre son premier disque, Seeking, réédité aujourd’hui par hatOLOGY.

En connaisseurs, Carter et Bradford y servent un jazz tenant de l’éclat – swing délicat de The Village Dancers et performance bondissante de Sticks and Stones , mais aussi du clinquant – phrases langoureuses du saxophone sur Karen On Monday, et, surtout, impression liquoreuse qu’est Seeking, sur laquelle une flûte sous réverbération ne permet aucune échappatoire.

Deux reproches qui ne peuvent pourtant pas grand-chose face à des morceaux comme In the Vineyard et Song for the Unsung (seule composition de Bradford), tirant largement profit l’un et l’autre du savoir-faire de la section rythmique : maintien assuré du batteur Bruz Freeman et (surtout) maîtrise et imagination du contrebassiste Tom Williamson, capable de modeler étrangement n’importe quel gimmick sans jamais rien lui faire perdre de son efficacité.

Au final, donc, le meilleur l’aura emporté, qui plaide pour le bien-fondé de la réédition de Seeking, premier des quatre enregistrements que John Carter et Bobby Bradford auront eu le temps de mener ensemble.

John Carter / Bobby Bradford Quartet : Seeking (hatOLOGY / Harmonia Mundi)
Enregistrement : 16 janvier 1969. Réédition : 2006. 

CD: 01/ In the Vineyard 02/ Karen On Monday 03/ Sticks and Stones 04/ The Village Dancers 05/ Seeking 06/ Song for the Unsung
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 2006


Gérard Nicollet, Vincent Brunot: Les chercheurs de sons (Editions alternatives - 2004)

cherchgrislicherchSpécialiste  de  la  nouvelle  lutherie,  Gérard Nicollet  dresse  en compagnie de l’illustrateur Vincent Brunot une trentaine de portraits de musiciens iconoclastes, savants fantasques et artistes hors cadre, partis à la recherche de sons inexpérimentés.

S’il ne cache pas qu’un travail de classification reste à faire dans le domaine de la lutherie expérimentale, Nicollet préfère s’attacher à rendre ici le parcours de quelques uns de ses artisans. Et à présenter certaines de leurs œuvres, qu’il distingue selon qu’elles tiennent de la machine musicale, de l’œuvre d’art (installations et sculptures), ou du nouvel instrument de musique - 3 catégories induisant différentes pratiques musicales.

Evoluant, donc, aux marges de l’expérimentation et des musiques populaires, voici rappelées ou révélées les figures de Pierre Bastien (dont ont peut conseiller les enregistrements du Nu Creative Methods), des frères Baschet (inventeurs du Cristal), de Georges Azzaria ou Pierre Berthet (percussionniste aperçu aux côtés du compositeur Arnold Dreyblatt). Préoccupés par l’acoustique ou le bricolage électronique, à l’origine d’une lutherie monumentale (percuphone de Patrice Moullet, vielles gigantesques de Philippe Destrem et Jean-Michel Ponty) ou minimaliste (objets trouvés que combine Frédéric le Junter, instruments de guingois de Max Vandrevost), l’essentiel réside pour chacun de ces artistes dans la dérobade autant que dans l’invention, dans le prétexte sonore dont se sert leur passion pour concrétiser ce qu’ils peuvent imaginer de plus déraisonnable. Pour preuve, l’inventaire des noms de ces instruments – souvent illustrés avec précision, et détaillés via légendes : balasson, cornebidouille, nénuphone, spalafon, frénétique, dodéklaxophone ou capteurs poilus. Termes que n’aurait pas renié Jarry, et qui convainquent une nouvelle fois de ces tentatives de réconcilier l’expérimental et le populaire, le sérieux de la quête et l’extravagance des gestes. Et dont Gérard Nicollet et Vincent Brunot se font ici de pertinents défenseurs.

Gérard Nicollet, Vincent Brunot, Les chercheurs de sons, Instruments inventés, machines musicales, sculptures et installations, Paris, Editions alternatives, 2004.


Marc Berhens, Paulo Raposo : Hades (and / OAR, 2006)

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Après avoir disposé leur matériel d’enregistrement à l’intérieur d’embarcations évoluant en rade de Lisbonne, Marc Berhens et Paulo Raposo montent leurs field recordings en vue de fantasmer une traversée du Styx, puis une approche du Royaume d’Hades.

Ingrédients concrets de l’ambient expérimentale proposée ici, le souffle des vents et quelques vagues, les craquements du bois des nacelles puis des chocs métalliques. Relevant l’ensemble concret, le traitement électronique se charge d’amasser les nappes grondantes, d’allonger les enregistrements brefs offrant la possibilité de leur propre changement en bourdon hésitant.

Aux portes d’Hades, donc, la tempête est simulée, qui marie les zones d’ombres portées aux menaces des flammes, et transporte l’auditeur de l’appel étrange d’une soufflerie inquiète à l’abîme abstrait de silences troublants. Le tout déposé lentement, conseillé paisiblement ; imposé avec confiance et audace.

Marc Berhens, Paulo Raposo : Hades (and / OAR)
Edition : 2006.

CD : 01/ - 02/ - 03/ - 04/ -
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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