Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Spéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhommele son du grisli #3
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Efzeg : Krom (HatOLOGY, 2006)

kromsliSi la musique électroacoustique d’Efzeg donne dans l’ambient expérimentale, Krom a ceci de spécial qu’il investit le genre avec singularité, mêlant l’électronique à des phrases (mal) traitées de saxophone et de guitares, et ses soucis d’intelligence à la défense d’un folklore inventé.

Ainsi sur Intron, premier morceau lancé au son de nappes oscillantes et de grésillements sortis d’amplis changé bientôt en amas de danses folles. Pour étayer son propos, Efzeg fomente ensuite le crescendo féroce d’une combinaison de notes de guitares répétées et de souffles perdus en saxophones (Som), ou institue quelques boucles ordinatrices d’un univers partagé entre effets de masses et grésillements, interventions étouffées de clavier et bourdon électronique (Exon).

Apposant de multiples sections sur les lignes mélodiques qu’ils tracent, les musiciens prônent une dernière fois leur abstraction géométrique en imbriquant l’intervention grave d’un bassstation et quelques chocs sur le piezzo des guitares (Ribo). Jusqu’à obtenir le larsen ultime, qui avalera, pour le mettre en bouteille, la cosmogonie atmosphérique, organique et revêche, exposée sur Krom.

CD: 01/ Intron 02/ Som 03/ Exon 04/ Ribo

Efzeg - Krom - 2006 - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

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Sonny Simmons : Live at Knitting Factory (Ayler, 2006)

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Enregistré au Vision Festival de New York en 2001, ce live du Sonny Simmons Trio est l’une des cinq premières références du catalogue digital fraîchement inauguré par le label Ayler records. Qui pouvait donc partir plus mal.

Epaulé par le contrebassiste Cameron Brown et le batteur Ronnie Burrage, Simmons déploie là un jazz soutenu et chaleureux, jouant des répétitions mélodiques (Cosmic Ship) ou usant de postures funk (Rev. Church) et groove (New Groove Mode) pour repenser un peu son approche musicale.

Revenant tout de même au free des origines sur le dernier titre, il fleurit sa verve d’envolées plus lyriques, comme il plaide contre les violences policières de sa voix sensible sur le speech amusé qu’est Pas bon. Prouvant que si la forme musicale peut aller voir ailleurs que jadis, la motivation première du créateur Sonny Simmons reste la même.

CD : 01/ Announcement 02/ Cosmic-Ship 03/ Rev. Church 04/ Pas bon 05/ New Groove Mode >>> Sonny Simmons - Live at Knitting Factory - 2006 - Ayler Records. Téléchargement.

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The Library Tapes: Feelings for Something Lost (Resonant - 2006)

librarysliChez Library Tapes, rien n’échappe aux airs de mélancolie que l’on se donne. Titre et couverture du nouvel album, passé présent partout dans les noms à rallonge donnés aux morceaux, et mélodies déployées sur le mode mineur, appuyant les regrets ou plaignant une attente qui n’en finit pas.

Chargé, donc, sur le papier. Mais à l’écoute des 12 instrumentaux de Feeling for Something Lost, le charme rattrape les grisailles décidées, porté par la mélodie d’un piano agile coulée dans les craquements de field recordings spécieux, ou suintant de compositions allant au gré des conséquences de la rencontre d’instruments osant à peine et d’inserts brumeux.

Evoqués ici, Gurdjieff et Hartmann, Zbigniew Preisner et Mark Hollis. Et puis, pour le changement, une pièce bruitiste faite de boucles simples, ou un clavier au son plus hasardeux. Qui détone dans l’univers plutôt raffiné de Library Tapes, musique de bois et d’orages, downtempo aux fioritures écarlates disposées savamment sur une demi-heure à peine de noir et blanc.

CD: 01/ but now things were different, with birds unable to speak 02/ feelings for something lost in two parts (pt.1) 03/ leaves abstract in a village plunged into mourning (feat. Colleen) 04/ abandoned houses hiding in flickering shadows 05/ lines running low through 7th (...the shame of it all...) 06/ it was a cold day in february and we walked across the lake 07/ departures (burning saints for your own sins) 08/ shut your eyes and you'll find the trees turning into flames 09/ when we no longer are around to write our love on each other's eyelids 10/ fading lights and distant memories 11/ feelings for something lost (pt.2) 12/ it ends with a version of keeping, reminding about what once were...

The Library Tapes - Feelings for Something Lost - 2006 - Resonant. Distribution La baleine.

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Sound in Action Trio: Gate (Atavistic - 2006)

gategrisliAutre projet des prolifiques Ken Vandermark et Tim Daisy, Sound in Action confronte les deux musiciens à un savoir-faire plus ancien: celui de Robert Barry, batteur un temps en charge de la rythmique de l’Arkhestra de Sun Ra. Deuxième enregistrement studio du groupe, Gate adresse des dédicaces à quelques grands batteurs d’avant-garde, ou reprend des thèmes de figures imposantes.

Salués au son de compositions signées Vandermark, on trouve Elvin Jones et Tony Williams, évoqués sur le swing assuré de Red Cross et de Side Car. Paul Lovens, Paul Lytton et Han Bennink, aussi, lorsque le leader dépose à la clarinette un thème subtil (Slate), au soprano, un swing plus introspectif (Medium Cool), au ténor, un free soutenu par les efforts conjoints des deux batteurs (Horizontal Fall).


Au nombre des reprises, Togo (Ed Blackwell) et House Party Starting (Herbie Nichols) mènent le trio à la sérénité, quand Love Cry (Albert Ayler) conduit Vandermark à déraper de rauques en aigus jusqu’à n’en plus pouvoir, et One Down One Up (Coltrane) d’instiller un peu de funk à l’ensemble. The Prophet (Dolphy) et Enlightenment (Sun Ra), enfin, rendues plus fidèlement par l’entier trio, comme on ne change jamais grand-chose à des standards de cette facture.

Certes, Gate s’inscrit sans apporter de grande nouveauté dans la somme des enregistrements récemment publiés par Ken Vandermark (du Vandermark 5 à Bridge 61). Mais l’adresse est ici la même qu’ailleurs, qu’il ne faudrait pas bouder sous prétexte qu’elle est connue déjà. Au contraire, continuer à collecter ces classiques d’un genre peu réinterprété, pour que ne manque pas un seul titre au répertoire que Vandermark défend depuis des années, patrimoine unique dont il s’est chargé de l’inventaire.

CD: 01/ Horizontal Fall (For Han Bennink) 02/ The Prophet 03/ Red Cross (For Elvin Jones) 04/ Medium Coll (For Paul Lovens) 05/ Enlightenment 06/ Togo 07/ Side Car (For Tony Williams) 08/ Slate (For Paul Lytton) 09/ One Down One Up 10/ Love Cry 11/ House Party Starting

Sound in Action Trio - Gate - 2006 - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.

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Junko Wada: Music Dances Itself (Sonic Arts Network - 2006)

wadasliCarte  blanche  et  sonore  donnée  à  l’artiste  Junko  Wada – pratiquant la danse et responsable depuis plus de vingt ans de performances singulières -, Music Dances Itself expose un panorama charmant de musiques minimalistes et percutantes.

En dix titres, Wada décline sa sélection de musiques capables de l’inspirer. Improvisations ou collages installés au creux d’enregistrements champêtres (celles du flûtiste Akio Suzuki ; ceux d’Arno P. Jirir Kraehahn), odes à l'abstraction confectionnées à partir de pratiques instrumentales originales (David Moss, Arnold Dreyblatt) ou compositions électroacoustiques plus méthodiques (Werner Durand).

Et puis, évidemment, quelques pièces rythmiques, élaborées selon différentes méthodes : bourdonnements marquant bientôt la cadence de Gordan Monahan, électronica burlesque du Supafly RMX de Kraehahn, ou prosodie arrangée au piano par Arnold Dreyblatt.

Affaiblie par trois choix moins judicieux – expérimentations prosaïques rassemblées, pour plus de commodité sans doute, en fin de compilation -, Music Dances Itself peut tout de même se prévaloir de révéler quelques musiciens rares, transcendés par une pratique adroite des musiques expérimentales.

CD: 01/ Arno P.Jiri Kraehahn: Sequined Seed Pply 02/ Werner Durand: Hearthunters 03/ Akio Suzuki: Tanabata 04/ Gordan Monahan: Speaker Swinging 05/ David Moss: ...Leaning Into The High Grass… 06/ Arno P.Jiri Kraehahn: Supafly RMX 07/ Arnold Dreyblatt: Nodal Excitation 08/ Rolf Julius: Walzer für ein Dreieck 09/ Christina Kubisch: Circles 1 10/ Hans Peter Kuhn: Chidori IV-2

Junko Wada - Music Dances Itself - 2006 - Sonic Arts Network.

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Seth Meicht: Illumine (CIMP - 2006)

meichtsliRenforcé par le saxophoniste Matt Bauder, The Seth Meicht Trio devient quartette, et signe avec Illumine un enregistrement qui investit avec éloquence l’entière histoire du jazz. Tout en ayant recours à quelques digressions davantage en rapport avec le jeune âge de ses musiciens.

Né en 1976, Seth Meicht ne rechigne pas à aborder la question d’un swing actuel, emmené par la contrebasse de Matt Engle et la batterie – pas avare de breaks efficaces – de Lonnie Solaway (Everything Is Everywhere), parfois bousculé par les digressions tempétueuses des saxophones (Invisible Moments).

Souvent, Meicht et Bauder recourent à l’unisson, histoire d’accentuer leurs élans à la manière du World Saxophone Quartet (The Enormous Room). Ailleurs, ils choisiront de se partager graves et aigus sur la lente progression virant free éraillé qu’est Illumine, ou de se faire plus simplement complémentaires – l’un servant la mélodie, l’autre tortueux, sur 44.

Evoquant aussi Roland Kirk sur Dualing Diptychs, l’ECFA Trio sur Resonator, le quartette ne donne jamais dans la référence hors sujet. Mais enrichit plutôt son jazz serein au moyen de gestes d’avant-garde, histoire de pouvoir dire qu’il connaît les tenants et les aboutissants (momentanés) de son thème.

CD: 01/ Everything Is Everywhere 02/ Invisible Moments 03/ Resonator 04/ Blue Smiles 05/ 44 06/ Dualing Diptychs 07/ Illumine 08/ The Enormous Room

Seth Meicht Quartet - Illumine - 2006 - CIMP Records. Distribution Improjazz.

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David Murray Trio: 3D Family (HatOLOGY - 2006)

murray3dsliEnregistré en 1978 au Festival de Willisau (Suisse), 3D Family donne à entendre David Murray aux côtés d’une section rythmique idéale, puisque composée du contrebassiste Johnny Dyani et du batteur Andrew Cyrille.

Sur le gimmick efficace de contrebasse de 3D Family et les ponctuations de Cyrille - avouant sa préférence pour les cymbales -, Murray perche haut les notes sorties de son ténor, instille un peu de funk dans une valse hasardeuse faite pour finir en pandémonium virulent – archet en renfort avant que le morceau ne change d’allure, au son d’un solo de batterie ironique autant que flamboyant.

Après être passé par la sophistication de Patricia - liaison réinventée entre les fantômes d’Albert Ayler et les interrogations concrètes des loft sessions new yorkaises -, le trio sert un free jazz exubérant (In Memory of Yomo Kenyatta) avant d’imbriquer quelques répétitions sur l’opposition forcée d’un archet aigu tranchant la contrebasse et des rauques récurrents du ténor.

Peu avant de conclure, sur Shout Song, Dyani déploie un solo introspectif, presque las, avant que Cyrille ne se plie une nouvelle fois à l’exercice, réfléchi et percutant. Murray revenant pour conclure, aura à chaque fois réservé une place de choix, voire majeure, à des partenaires de taille, qu'il aura su conduire en rivalisant d’astuces tout en leur concédant un vaste territoire d’interventions réservées.

CD: 01/ 3D Family 02/ Patricia 03/ In Memory of Yomo Kenyatta 04/ Shout Song

David Murray - 3D Family - 2006 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

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Thelonious Monk: The Classic Quartet (Candid - 2006)

grismonkPause studio faite à Tokyo le 23 mai 1963 au milieu d’une tournée mondiale et imposante, The Classic Quartet donne à entendre Monk une nouvelle fois en compagnie de Charlie Rouse (saxophone ténor), Butch Warren (contrebasse) et Frankie Dunlop (batterie). Mais une fois comme une autre, pour Monk, signifie toujours altière.

S’il se montre moins fantasque qu’à ses débuts – dans son jeu ou ses arrangements -, Monk donne ici le change en offrant davantage de place à ses partenaires (Ba-lue Bolivar Ba-lues-are) – et à Rouse, notamment, qui rend presque seul les thèmes d’Epistrophy ou d’Evidence.

Plus sage, le pianiste n’est pas pour autant débarrassé de toquades éclairées, interprétant un extravagant Just a Gigolo, ou se laissant aller avec moins de retenue aux frasques jubilatoires sur un Blue Monk qu’emporte, fougueuse, la section rythmique.

Oeuvrant aussi pour la qualité du disque, le son de l’enregistrement, net et chaleureux, qui fait de The Classic Quartet un opus assez rare dans la discographie du groupe, souvent desservi par des prises de sons aléatoires.

CD: 01/ Epistrophy 02/ Ba-lue Bolivar Ba-lues-are 03/ Evidence 04/ Just a Gigolo 05/ Blue Monk

Thelonious Monk - The Classic Quartet - 2006 - Candid. Distribution Harmonia Mundi.

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Dominic Duval, Jimmy Halperin: Monkinus (CIMP - 2006)

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Habitué  des  hommages adressés par des musiciens pointilleux (des reprises nombreuses de Steve Lacy et Roswell Rudd au récent Monk's Casino d’Alexander Von Schlippenbach), Thelonious Monk voit cette année 13 de ses compositions interprétées par le contrebassiste Dominic Duval et le saxophoniste Jimmy Halperin.

Alliant le ténor d’un Halperin prêt toujours à dérailler au charme discret de Duval (sur cet enregistrement, en particulier), Monkinus présente toutefois plusieurs façons d’abord les thèmes du maître: le saxophone évoquant la progression irrégulière de Monk (Evidence) ou donnant davantage dans l’exaltation voilée (Blue Monk) ; la contrebasse jouant la sécurité d’un swing délicat (Rhythm-a-Ning) ou menant la danse sur ‘Round Midnight fait construction à étages.

Si Duval peut parfois faire preuve de timidité, il est aussi à l’origine des meilleures reprises exposées sur ce disque, ramassant la structure des thèmes pour lui imposer un cadre dont profite le phrasé juste d’Halperin (Epistrophy, Bye-Ya, Monk’s Dream), ou pour en explorer autrement les possibilités (Misterioso).

Autre enregistrement consacré au songbook de Monk, Monkinus n’en est pas seulement un de plus. Ayant choisi d’interpréter en duo ces quelques thèmes, Duval construit ici en compagnie d’Halperin une œuvre sincère et capable de mises en valeur nouvelles, prompte à œuvrer différemment en faveur de la somme des disques de son espèce, invoquant Thelonious.

CD: 01/ Ruby My Dear 02/ Evidence 03/ Crisscross 04/ Rhythm-a-ning 05/ Misterioso 06/ 'Round Midnight 07/ Epistrophy 08/ Brilliant Corners 09/ Off Minor 10/ Monk's Mood 11/ Blue Monk 12/ Bye-ya 13/ Monk's Dream

Dominic Duval, Jimmy Halperin - Monkinus - 2006 - CIMP. Distribution Improjazz.

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Friedrich Gulda : 3 Piano Pieces, Opus Posthum 1986 (Canto Crudo, 2005)

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Landschaft Mit Pianist de Günther Rabl, trois pièces posent aujourd’hui la question de la présentation d’un enregistrement qui ne pouvait soupçonner finir œuvre, tout en dressant le portrait sauvage d’une figure renommée du monde classique.

Donnant d’abord dans la répétition d’arpèges ou d’aigus isolés, Gulda peut peindre une atmosphère déliquescente à grands coups d’intervalles silencieux déposés entre les progressions mesurées puis verser dans l’ardeur ténébreuse du pianiste romantique (Piece A), ou frôler l’abstraction au moyen de touches légères rappelant Debussy avant d’engager une poursuite (Piece B).

Alternant les gestes différents – allant quelques fois gratter à l’intérieur de son piano sur les deux premiers titres ou tout sacrifier à une fiévreuse posture classique sur Piece C -, Gulda peut aussi accentuer l’intensité de sa frappe, comme s’il tenait à satisfaire les attentes de Rabl, qui trouvera bien son compte parmi les tentatives multipliées.

Si, dérivant au gré des inspirations charmantes et des intentions forcées, 3 Piano Pieces a forcément des allures d’œuvre non aboutie - voire, d’ouvrage secondaire -, restent l’hommage et le document.

Improvisées en 1986 à  Vienne par le  pianiste  Friedrich Gulda pour servir de matériau sonore au

CD: 01/ Piano Piece A 02/ Piano Piece B 03/ Piano Piece C

Friedrich Gulda - 3 Piano Pieces, Opus Posthum 1986 - 2005 - Canto Crudo.

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