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Yoshio Machida: Naada (Amorfon - 2006)

yoshiogrisliDonnant  d’habitude  dans  une   electronica  influencée  par  les travaux des minimalistes américains et de Satie, Yoshio Machida fait entendre sur Naada quelques improvisations sur steelpans, données l’année dernière en 3 endroits de Tokyo.

Parti sur les pas de Yann Tomita mais décidé à œuvrer davantage que lui en faveur de la mélodie, Machida précipite quelques notes sur des progressions instables, accueillant dissonances (Lotus Part 1) ou hésitations (Lotus Part 3), toutes portées au faîte de sa démarche intuitive.

Inspiré des Vexations de Satie, Texas Vino est une marche angoissée faisant office de liant indispensable avant l’arrivée de Bloom, sur lequel le musicien réenregistre à loisir les drones étranges rendus par ses instruments. En guise de conclusion, il lâche des paquets de 5 notes à intervalles changeants, sur le répétitif Lotus Solo.

Exploitant autrement ses fantômes (figures improvisées, sérielles ou parallèles), Machida convainc qui goûte aux digressions curieuses, et qui supporte le steel pan.

CD: 01/ Lotus Part 1 02/ Lotus Part 2 03/ Lotus Part 3 04/ Texas Vino 05/ Bloom 06/ Dew 07/ Lotus Solo

Yoshio Machida - Naada - 2006 - Amorfon.

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Calling Signals: Dreams in Dreams (FMR - 2005)

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Fondé en 1995 par Frode Gjerstad et le contrebassiste Nick Stephens, Calling Signals – ensemble qui aura compté parmi ses membres Paul Rutherford ou Louis Moholo – improvisait encore récemment et interrogeait les possibilités de cohabitation entre clarinettes, contrebasse, batterie et accordéon.

S’occupant d’abord de tendre la toile de fond des débuts de Dreams, l’accordéoniste Eivin One Pedersen, gagné aussi par la ferveur, ne cesse de prendre du galon. Seul instrument à servir un rien de mélodie, il pourra canaliser les intentions insaisissables du quartette (Dreams In Dreams In) ou servir une soul empreinte de folk (Dreams In Dreams In Dreams).

C’est que Gjerstad laisse beaucoup de place à Pedersen, lorsqu’il ne distribue pas des phrases furtives sur un rythme langoureux (Dreams In) ou ne propose de jolies trouvailles décidant d’arrangements sur l’instant (la lente chute des corps et instruments, sur Dreams In Dreams).

Saluer, enfin, l’assurance de la section rythmique: Stephens, capable de pizzicatos aussi frénétiques que discrets ; Paal Nilssen Love, à la batterie, auteur d’élans denses et concis, qui n’en finissent pas de proposer les éclairages différents. Pour parfaire l’inspiration d’un quartette inédit autant que convaincant.

CD: 01/ Dreams 02/ Dreams In 03/ Dreams In Dreams 04/ Dreams In Dreams In 05/ Dreams In Dreams In Dreams

Calling Signals - Dreams in Dreams - 2005 - FMR.

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John Tchicai, Garrison Fewell, Charlie Kohlhase : Good Night Songs (Boxholder, 2006)

john tchicai garrison fewell charlie Kohlhase good night songs

Ancien compagnon de route de Coltrane ou Ayler, John Tchicai a depuis multiplié les collaborations diverses (ayant par exemple récemment joué aux côtés du français Rodolphe Burger), et parfois confidentielles (quelques disques enregistrés aux Iles Féroé auprès de musiciens locaux). Passé au saxophone ténor après avoir longtemps joué sur alto, Tchicai retourne avec Good Night Songs à ses amours récurrentes: le jazz exigeant.

Auprès du guitariste Garrison Fewell et du saxophoniste Charlie Kohlhase, il érige alors un double album en l’honneur d’une musique de la réflexion et de la mesure. Rappelant parfois le trio historique de Jimmy Giuffre, les trois hommes déposent un jazz atmosphérique agrémenté d’expérimentations légères (Undercurrent, The Queen Of Ra), confrontent le swing de la guitare et le free apaisé sorti du ténor (Start To Finish), ou distillent un peu de blues dans une ballade charmeuse (X-Ray Vision) ou dans une pièce plus déconstruite (Floating).

A la clarinette basse, Tchicai propose contrepoint ou fuites soudaines en guise de réponses changeantes au jeu de Kohlhase (On fait la taille), avant que les deux musiciens déposent à l’unisson l’air de Llanto del Indio. Rattrapé par ses vieux démons, il terminera quand même par un Consolation Cake qui convoque un free jazz expéditif et inaltérable, puisque l’essentiel est pour lui de convaincre de son adresse quelle que soit la manière employée. Et Good Night Songs de recueillir autant de preuves que de plages de la sagacité de John Tchicai et de ses partenaires.

John Tchicai, Garrison Fewell, Charlie Kohlhase : Good Night Songs (Boxholder)
Edition : 2006.
CD : 01/ Floating 02/ The Queen of Ra 03/ Thriftshopping 04/ Undercurrent 05/ Ramana Maharshi 06/ On Fait la Taille 07/ X-Ray Vision 08/ Start to Finish 09/ Llanto del Indio 10/ Consolation Cake
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Irène Schweizer: First Choice (Intakt Records - 2006)

irenegrisliD’une soirée  spéciale  organisée  en  2005  au  KKL de Lucerne (concert solo d’Irène Schweizer et diffusion, plus tôt, d’un film lui étant consacré), First Choice vient grossir les rangs des nombreux enregistrements de la pianiste. Capable d'étonner encore.

A l’image de First Choice – premier morceau, sur lequel Schweizer convoque Debussy, Satie, Morton Feldman et Jerry Roll Morton – la pianiste navigue tout au long du concert entre ses amours pour le jazz et le contemporain. Ainsi, elle évoque Monk sur Into The Hall Of Fame, ou Mal Waldron sur l’intense Ballad Of The Sad Café, avant de sortir de son piano préparé une ode expérimentale allégée par l’utilisation de cymbales et de jouets made in China (Scratching at the KKL).

Revenue de ses expériences, voici Schweizer interprétant, sous tension, Oska T. de Monk, musicien dont l’influence se fait ressentir jusque sur Jungle Beats II, composition personnelle dédiée à Don Cherry. Elégante, Irène Schweizer aura ainsi bravé et remporté l’épreuve de la consécration.

CD: 01/ First Choice 02/ Into The Hall Of Fame 03/ The Ballad of The Sad Café 04/ Scratching at the KKL 05/ Oska T. 06/ Jungle Beats II

Irene Schweizer - First Choice - 2006 - Intakt Records. Distribution Orkhêstra International.

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Frequency: Frequency (Thrill Jockey - 2006)

frequencygrisliRécemment formé par quatre représentants de la jeune garde du jazz de Chicago, Frequency expose ses ambitions sur un disque autant fourni que sage, aussi évident que recherché.

Ainsi, Edward Wilkerson (clarinette basse), Nicole Mitchell (flûtes), Harrison Bankhead (contrebasse et violoncelle) et Avreeayl Ra (percussions) entament leur exposé par deux morceaux plus qu’efficaces : jazz roulant et swing déposé sur un gimmick de contrebasse (Pitiful James), et bop servi par l’unisson des instruments à vent, bientôt tentés par une échappée free (Take Refuge).

Par la suite, le quartette rend des instants d’un calme à deux doigts du méditatif – impressions sages portées par le son du kalimba de Ra (Portrait of Light) ou la flûte de Mitchell (Serenity), improvisations évanescentes (Optimystic) n’interdisant pas le recours à quelques expérimentations (From The Other Side).

Au final, c’est cette couleur apaisante que prendra Frequency. Un brin de free (Satya) ou un funk croulant sous les dissonances (The Tortoise) pourront venir tester la véracité des intentions, sans réussir à l’emporter jamais devant le flegme affiché par le groupe. Qui s’en sera servi pour emplir encore davantage la densité de son jazz imperturbable.

CD: 01/ Pitiful James 02/ Take Refuge 03/ Satya 04/ Portrait of Light 05/ Fertility Dance 06/ From the Other Side 07/ The Tortoise 08/ Optimystic 09/ Serenity

Frequency - Frequency - 2006 - Thrill Jockey. Distribution Discograph.

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Wintsch, Weber, Wolfarth : WWW (Leo, 2006)

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Habitués des enregistrements Leo Records, le pianiste Michel Wintsch (sideman récurrent de Gerry Hemingway) et le batteur Christian Wolfarth (sideman récurrent de John Wolf Brennan) invitent le contrebassiste Christian Weber à improviser en leur compagnie.

Réfléchi, le trio fait preuve d’élégance et se montre judicieux : dans la mise en pratique d’une musique lente bien que martiale, presque naïve bien qu’instruite (American Fondue) ; dans le recours mesuré au piano préparé, mis bientôt de côté pour offrir toute la place à un cool jazz expérimental fait de grincements et de coups emportés d’archet (Jimmy Buzzard) ; dans le jazz soudain investi par Liquid Music, swing entêtant gonflé de dissonances. Quand Wintsch prend le dessus, Weber et Wolfarth acceptent de suivre la voie d’un gimmick sûr (Buffalo Hat) ou enrobent de leurs trouvailles des arpèges fantasmant un Night In Tunisia sophistiqué (Mushrooms and Umbrella). Ailleurs, le trio peut donner dans la déstructuration, où il se perdra même (les digressions sans âme de Wintsch sur The Latter Half of a Century - seul bémol regrettable).

Sans paraître y toucher, WWW met en pratique une improvisation qui a su prendre du recul pour densifier son inspiration. Jusqu’à faire croire à un répertoire de compositions véritables, nettes et élaborées. Le comble du chic.

Michel Wintsch, Christian Weber, Christian Wolfarth : WWW (Leo Records / Orkhêstra International)
Edition : 2006.
CD : 01/ Near Mint 02/ American Fondue 03/ The Latter Half of a Century 04/ Jimmy Buzzard 05/ Liquid Music 06/ Mushrooms and Umbrella 07/ Sweet Lodge 08/ Buffalo Hat 09/ But Where?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Dan Joseph: Archaea (Mutable Music - 2006

DanJosephgrisliAvant  de  faire  ses  classes  auprès  de  Pauline Oliveros  ou Alvin Curran, le compositeur Dan Joseph était un punk comme un autre, batteur de surcroît, prédisant son no future du côté de Washington. Ajouter à ces enseignements un workshop avec Terry Riley, et voici Joseph endossant l’habit du musicien raffiné, adepte de musiques nouvelles et contemporaines, d’improvisation et d’électronica.

Rangé à tel point qu'il interroge maintenant ses capacités de compositeur à partir d’un simple hammer dulcimer, dont il joue au sein de son propre ensemble. Là, on trouve une clarinette et un clavecin, un violon et un violoncelle, enfin, quelques percussions. Sur Archaea, le groupe investit d’abord une composition enlevée et entêtante, qui dévoile des influences évidentes – Riley, Adams, Cage – avant de commander à tous instruments l’unisson étiré jusqu’au terme de Percussion and Strings.

Ronde passionnée, Archaea Quartet évoque ensuite le Kronos Quartet, quand la troisième et dernière composition donnée à entendre ici opte pour des arrangements moins grandiloquents. Alors, Lotus Quintet combine les répétitions des instruments à cordes frappées aux notes allongées de clarinette et de violon, et esquisse un univers proche de celui peint jadis par Abou Khalil et Balanescu sur Arabian Waltz.

Empruntant ici et là les ingrédients de sa musique, Dan Joseph obtient avec Archaea l’assentiment accordé par l’amateur poli. Seulement. Pour ne pas avoir œuvré davantage en faveur d’une musique très originale, tout en ayant eu la présence d’esprit de ne déranger personne.

CD: 01/ Percussion and Strings 02/ Archaea Quartet 03/ Lotus Quintet

Dan Joseph - Archaea - 2006 - Mutable Music.

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Günther Rabl: Werk II, 1976 (Canto Crudo - 2000)

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En 1976, Günther Rabl se cantonnait aux possibilités de sa contrebasse et de percussions, en solo ou aux côtés des musiciens Xavier Breton et Renate Porstendorfer.

Elaborée en trio, Eingtlich Soitma part sur un gimmick de contrebasse, renforcé bientôt par les trouvailles de Breton (au sanza) et de Porstendorfer (usant, elle, d’objets du quotidien), pour instituer un climat proche de celui que John Lurie peindra plus tard sur African Swim. Plus loin, Rabl et Porstendorfer emmêlent les phrases d’un grand archet compulsif aux inserts de voix trafiquées d’un prêcheur convaincu (Funny B.A.).

Seul, le contrebassiste opte pour le re-recording, dans le but de mieux défendre une pièce répétitive et dissonante (Zum Henker), une impression orientale plus mélodique (Syntax der Seefahrer), ou une composition qui pourrait être celle d’un Morricone ayant versé dans l’expérimental (Polka für Unpaarhufer), avant de donner à entendre, pour conclure, une symphonie pour deux contrebasses échafaudée selon le bon vouloir de changements de tons et de digressions grinçantes (Sinfonie für Zwei Bässe).

Plus facile d’accès que le premier volume des œuvres complètes de Rabl, Werke 2 informe sur les intentions acoustiques du musicien, gérées aux côtés de tentations électroniques alambiquées, et donc beaucoup plus expérimentales.

CD: 01/ Eingtlich Soitma 02/ Zum Henker 03/ Syntax der Seefahrer 04/ Funny B.A. 05/ Merry X-ray 06/ Polka für Unpaarhufer 07/ Sinfonie für Zwei Bässe

Günther Rabl - Werk II, 1976 - 2000 - Canto Crudo.

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Joe Fonda : Loaded Basses (CIMP, 2006)

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Distribuant quelques accrocs à sa discrétion au gré des sorties régulières d’albums presque à chaque fois impeccables, le contrebassiste Joe Fonda dresse en 2006 une stèle imposante aux graves : Loaded Basses.

Auprès du saxophone baryton de Claire Daly, du tuba de Joe Daley, de la clarinette basse de Gebhard Ullman et du basson de Michael Rabinowitz, enfin, porté par la science percussive de Gerry Hemingway, Fonda tire d’un gimmick soutenu une composition sourcilleuse mais charmante, qui fait aussi bien avec l’unisson des notes allongées des instruments à vent qu’avec les digressions individuelles – tenant d’un free mesuré ou d’un apaisement nécessaire prôné par le basson (Bottoms Out/Gone Too Soon).

Emporté ensuite dans une ronde jouant des contretemps et des prédispositions au solo de chacun des musiciens (Breakdown), le sextette profite pleinement des possibilités graves de ses instruments sur Rocks In My Head : lentes, rampantes, les phrases investissent un sillon d’où Daley voudra s’extraire, pour emmener bientôt ses partenaires sur la voie d’une ballade soul et lâche, dans laquelle on instille des périodes de flottement. Pour conclure, le duo Fonda / Hemingway lance une marche fantasque, prétexte pour l’ensemble à feindre l’épuisement, avant de servir un swing rageur. Et de conclure dans un chaos allègre ce concert donné en 2005 au Spirit Room de New York, et cette nouvelle preuve offerte sur disque du don du Bottom's Out de Joe Fonda.

Joe Fonda's Bottoms Out : Loaded Basses (CIMP)
Enregistrement : 2006. Edition : 2006.
CD :
01/ Bottoms Out/Gone Too Soon 02/ Breakdown 03/ Rocks In My Head 04/ Brown Bagging It
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ross Bolleter: Secret Sandhills and Satellites (Emanem - 2006)

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Cofondateur de WARPS (World Association for Ruined Piano Studies), l’Australien Ross Bolleter donne avec Secret Sandhills and Satellites – rétrospective d’enregistrements produits sur son propre label entre 2001 et 2005 - un aperçu saisissant de ses pratiques sur pianos ravagés ou en passe de l’être.

Réfléchissant aux différentes manières d’anéantir encore davantage ses instruments, Bolleter n’en sort pas moins quelques morceaux de choix : comptines étranges (Save What You Can), progressions sous tension (Time Waits) ou pièces essentiellement percussives (Dead Marine, et Going To War Without The French Is Like Going To War Without An Accordion, que l’apparition d’un accordéon changera bientôt en java fantasque).

Ailleurs, le musicien allie un gimmick ou une note faite référent aux divagations précipitées de la main droite (And Then I Saw The Wind, Old Man Piano), ou monte à force de re-recording une pièce colossale sur laquelle 6 pianos et quelques chants d’oiseaux rappellent les visions singulières de Jérôme Bosch (Secret Sandhills).

Convaincant à chaque fois, Ross Bolleter, perdu parmi les débris, fait figure d’enchanteur. Et si Secret Sandhills and Satellites a tout de la curiosité, son usage change rapidement le tout en évidence désormais indispensable.

Ross Bolleter : Secret Sandhills and Satellites (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2001-2005. Edition : 2006.
CD : 01/ Secret Sandhills 02/ Axis 03/ Dead Marine 04/ And The I Saw The Wind 05/ Chorus Line 06/ Save What You Can 07/ Going To War Without The French Is Like Going To War Without An Accordion 08/ Time Waits 09/ Come Nights 10/ Jaunty Notes Of Paddocks Bright 11/ Old Man Piano
Guillaume Belhomme © Le son du grisli.

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