Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Newsletter

suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Spéciale Jean-François PauvrosJackie McLean de Guillaume BelhommePJ Harvey : Dry de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Clifford Brown & Eric Dolphy: Together Recorded Live at Dolphy’s Home L.A. 1954 (Rare Live Recordings - 2007)

browndolphygrisliLos Angeles, 1954. Eric Dolphy, 26 ans, habite encore chez ses parents. Dans le jardin, on a aménagé pour lui un petit studio de répétition. Rare, ce genre d’endroit, dans la région ; si bien que les jazzmen de passage n’auront d’autre solution que d’investir la maison familiale. Et Dolphy de côtoyer, à domicile, John Coltrane, Ornette Coleman, ou Max Roach.

Document dont l’intérêt relativise le son plutôt médiocre, Together donne ainsi à entendre le trompettiste Clifford Brown – menant alors un quartette aux côtés de Roach – et Eric Dolphy – saxophoniste, flûtiste et clarinettiste, passant sur la West Coast d’une formation à l’autre (Gerald Wilson, Buddy Collette) en attendant que lui vienne l’idée, en 1959 seulement, de rejoindre New York.

Sur l’accompagnement net de la contrebasse et du piano, Brown et Dolphy engagent donc un dialogue évidemment bop. Seule exception faite à la règle, la longueur des titres, permise par une répétition qui incite les musiciens à développer : dextérité et brillance de Brown, poursuivi par un Dolphy surentraîné, sur des thèmes signés Miles Davis, Charlie Parker ou Gershwin.

Privilégiant trompette et piano, l’enregistrement éclaire davantage les premiers pas de Dolphy – sur les quatre premiers titres, surtout, et l’intervention timide d’Old Folks - qu’il ne vient combler un manque dans la discographie de Brown. Son plus grand atout étant, d’ailleurs, de révéler l’atmosphère d’un jour d’été passé, à Los Angeles en 1954, entre musiciens d’exception.

CD: 01/ Deception 02/ Fine And Dandy 03/ Crazeology 04/ Old Folks 05/ There’ll Never Be Another You 06/ Our Love Is Here To Stay

Clifford Brown & Eric Dolphy - Together recorded Live at Dolphy’s Home L.A. 1954 - 2007 - Rare Live Recordings. Distribution Nocturne.



Fennesz & Sakamoto: Cendre (Touch - 2007)

cendregrisliEnregistré à Vienne entre 2004 et 2006 et deuxième collaboration entre Christian Fennesz et Ryuichi Sakamoto, Cendre dépose ses ors au son d’une ambient précieuse.

Une autre fois, les habitudes prises au piano par Sakamoto l’incitent à mesurer son propos, imposant une distance de sécurité entre chacune de ses interventions, mélodies rêveuses (Kokoro, Aware) ou plus dramatiques (Oto), ou déposant un accompagnement prompt à devenir le champ sur lequel fleuriront des répétitions perturbatrices (Abyss). Rassurant mais peu novateur, Sakamoto compte sans doute sur Fennesz pour donner toute sa singularité à la rencontre.

De son côté, le guitariste s’attache à envelopper les mélodies du pianiste ou plonger son discours dans une abstraction stylisée : drones vaporeux, inserts d’effets divers et bruitistes tous ; accords timides, ailleurs, sortis d’une guitare folk (Glow). Et à force d’efforts, le dialogue se fait œuvre équilibrée, dans laquelle s’entendent sans rien rogner de leurs premiers desseins les intentions mélodiques et les expérimentations légères. Y gagnent, même et fantasment parfois la figure d’un Satie jouant au milieu des drones (Kuni, Mono). Alors, allez entendre, rien que pour l’image.

CD: 01/ Oto 02/ Aware 03/ Haru 04/ Trace 05/ Kuni 06/ Mono 07/ Kokoro 08/ Cendre 09/ Amorph 10/ Glow 11/ Abyss

Fennesz & Sakamoto - Cendre - 2007 - Touch. Distribution La Baleine.


Barry Guy: Portrait (Intakt - 2007)

portrait_guyAprès avoir dressé le portrait d'Irène Schweizer, le label Intakt s’attaque à celui du contrebassiste Barry Guy.

On sait le goût de Guy pour les écarts. Ceux qu’il se permet entre un lyrisme régulièrement emporté par les dissonances à la tête du London Jazz Composers Orchestra (aux free jazzmen inspirés: Paul Rutherford
sur Ode Part 1, ou Evan Parker et Paul Dunmall sur Harmos) et une improvisation libre en solo (les grincements à l’archet et les cordes accrochées de Toujours rouge et I Have Crossed By The Grace of The Boatman), par exemple ; ceux, aussi, dus à un aller-retour entre les déconstructions d’un New Orchestra parmi lequel on trouve, entre autres, Mats Gustafsson et Raymond Strid (Inscape), et les rencontres productives en petit comité - des délicatesses mises en place aux côtés du pianiste Agusti Fernandez et du batteur Ramon Lopez (Odyssey) aux gestes vindicatifs fomentés avec Evan Parker et Paul Lytton (Agreement).

Fidèle, le portrait présnte les multiples facettes découvertes sous le masque du musicien d’avant-garde. A l’amateur, maintenant, d’aller y voir, et de poursuivre ensuite une exploration prometteuse.

CD: 01/ Ode Part 1 02/ I Have Crossed by the Grace of the Boatman 03/ Harmos 04/ Agreement 05/ Sleeping Furiously Part 3 06/ She Took the Sacred Rattle and Used It 07/ Double Trouble 08/ Alar 09/ Odyssey 10/ Veni Creator Spiritus 11/ Inscape – Tableaux Part VII 12/ Toujours Rouge

Barry Guy - Portrait - 2007 - Intakt. Distribution Orkhêstra International.


Morton Feldman: Three Voices (Col Legno, 2006)

morton feldman marianne schuppe three voices

Après avoir abandonné, au contact de John Cage, quelques formes déjà connues de composition pour bâtir des pièces singulières devant autant à l’écriture sourcilleuse qu’au hasard digne de confiance, Morton Feldman a signé quelques unes des pièces maîtresses de la musique du XXe siècle. Avec For Bunita Marcus, Three Voices est sans doute l’une de ses œuvres les plus abouties.

Interprétées par la vocaliste Marianne Schuppe (voix triplée via la diffusion sur haut-parleurs d'enregistrements auxquels elle répond), les onze parties de la composition tirent leur pouvoir enchanteur de répétitions et de chevauchements des lignes mélodiques, de constructions profitant des brisures et de langages abstraits assemblés sur le vif. D’une sentence d’outre tombe qu’elle intercepte – « Who’d have thoughts that snow falls » , Schuppe tire des mots à mélanger, avant de servir la cause désespérée de vierges folles, et qui revendiquent. Revenue au texte, elle sectionne, ouvre d’autres portes encore, et retrouve l’apaisement. Tout l’univers de Feldman est ici ramassé : celui de déploiements infimes soumis à une cadence généralement lente, mesurée avant de se faire perturbatrice, mettant bientôt au jour une grande œuvre de densité.

Morton Feldman, Mazrianne Schuppe : Three Voices (Col Legno)
Réédition : 2006.
CD : 01/ 02 :21 02/ 03 :14 03/ 08 :39 04/ 05 :26 05/ 11 :56 06/ 02 :03 07/ 02 :15 08/ 01 :16 09/ 02 :24 10/ 03 :30 11/ 06 :26
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


ON: Second Souffle (Brocoli - 2007)

onsliA partir de l’enregistrement d’une improvisation menée ensemble, Sylvain Chauveau et le percussionniste Steven Hess édifièrent Your Naked Ghost Comes Back At Night, premier album de ON sorti en 2004 sur le label Les disques du soleil et de l’acier. Muni de ces mêmes bandes, Pierre-Yves Macé construit le Second souffle d’une rencontre fructueuse.

Qu’il décide d’installer un bourdon électronique sur lequel viennent se greffer les coups lents portés par Hess sur toms ou cymbales (I) ou donner dans une mélodie lasse sortie d’un mélodica (IV, moins réussie), Macé transporte le duo dans un univers qui, forcément, lui ressemble : musique électroacoustique sortie de jeux de hasard.

Se voyant refuser le recours à de telles tentatives, les notes d’un piano donnent dans une étrange pop déconstruite (II, fantasmant une pièce de Jim O’Rourke privée de toute énergie) ou installent une impression mélancolique ressassée jusqu’à l’interruption obligatoire et sauvage (Afterward). Lentement déployées, les pièces de Second souffle finissent par former un tout cohérent, voire logique. Conclusion d’une appropriation réussie.

CD: 01/ I 02/ II 03/ III 04/ IV 05/ Afterward

ON - Second Souffle - 2007 - Brocoli.



David S. Ware: Renunciation (AUM Fidelity - 2007)

renunciagrisliEnregistré en 2006 au Vision Festival de New York, ce concert, annoncé comme étant le dernier du quartette en terre nord-américaine, voit David S. Ware distribuer de quoi faire naître quelques regrets de l’autre côté de l’Atlantique.

Après avoir imposé sur Ganesh Sound une méditation coltranienne - phrases allongées jusqu’à l’écorchure de Ware, piano évoquant à divers endroits celui de McCoy Tyner - les musiciens dressent un triptyque en hommage à la Renunciation promise : tourmentes du questionnement énoncées par le duo William Parker / Matthew Shipp
(Suite I), recherche de réponses valables et différentes (hard bop virant free puis progression quasi contemporaine de Suite II), enfin, apaisement relatif parce qu’obligatoire le temps d’une autre duo Shipp / Parker (Suite III).

Sur un mode plus urbain, le groupe porte ensuite Mikuro’s Blues, ballade sur laquelle Ware dépose des lamentations denses sur le gimmick servi par ses partenaires, accéléré seulement sur la fin par Guillermo E. Brown. Reprise de Ganesh Sound, plus court et délayé, et puis applaudissements. Alors, le speaker redonne les noms des musiciens d’un quartette impeccable, décidé, faut-il le croire, à se consacrer à d’autres continents.

CD: 01/ Intro 02/ Ganesh Sound 03/ Renunciation Suite I 04/ Renunciation Suite II 05/ Renunciation Suite III 06/ Mikuro’s Blues 07/ Ganesh Sound (Reprise) 08/ Saturnian

David S. Ware - Renunciation - 2007 - AUM Fidelity. Distribution Orkhêstra International.


Spontaneous Music Ensemble : Quintessence (Emanem, 2007)

quintesli

Résumé de trois concerts donnés en 1973 et 1974 par le Spontaneous Music Ensemble, Quintessence donne à entendre John Stevens aux côtés du saxophoniste Trevor Watts et du contrebassiste Kent Carter, trio accueillant, la deuxième année, Derek Bailey et Evan Parker.

1974. Intimant d’abord à son improvisation des airs de plaintes aigues et lentes, amassées sur le décorum sombre mis sur pied par l’archet de Carter, le quintette ne tarde pas à libérer les tensions (in)novatrices – harmoniques de Bailey et arpèges étouffés, invectives des deux saxophonistes à qui Stevens conseille, tambour battant, d’en découdre sans relâche (Forty Minutes). Sortie aussi des lamentos premiers, Thirty-Five Minutes conciliera les différents efforts – soubresauts des sopranos et de la guitare – sur le jeu emporté de Stevens, avant que Ten Minutes draine les interventions jusqu'à mettre au jour plus nettement encore l’entente exceptionnelle des musiciens.

Un an plus tôt, Stevens, Watts et Carter improvisaient ensemble Rambunctious et Daam-Oom. Là, le percussionniste adopte une posture plus radicale  et répond au soprano au son de sa voix – litanie perturbée jusqu’à s’obliger le cri, ou incantation maltraité par ses curieuses méthodes de chant. Passé au cornet, Stevens élabore plus tard en duo avec Watts une pièce multipliant autant les charges compulsives qu’elle se réserve des plages mesurées aux frontières, parfois, de l’ultime discrétion (Corsop). De quoi, donc, en apprendre encore sur la pratique et les interrogations de cinq pionniers de l'improvisation européenne faisant aujourd'hui figures de prophètes.

Spontaneous Music Ensemble : Quintessence (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1973-1974. Edition : 2007.

CD1 : 01/ Forty Minutes (part 1) 02/ Forty Minutes (part 2) 03/ Thirty-Five Minutes (part 1) 04/ Thirty-Five Minutes (part 2) - CD2: 01/ Ten Minutes 02/ Rambunctious 1 03/ Rambunctious 2 04/ Daa-Oom (Trio Version) 05/ Corsop 06/ Daa-Oom (Duo Version)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Wadada Leo Smith : Eclipse (La Huit, 2006)

wadadaEn noir et blanc, Jacques Goldstein filme le trompettiste Wadada Leo Smith et son Golden Quartet, au programme du festival Banlieues Bleues 2005. Plus qu’une simple captation augmentée d’une interview, Eclipse est un portrait précieux.

Sur scène, d’abord. Aux côtés de Smith, le pianiste Vijay Lyer, le contrebassiste John Lindberg et le batteur Ronald Shannon Jackson, suivent leur inspiration autant que les gestes du leader, pour permettre comme celui-ci l’entend des allées et venues entre free jazz et blues, périodes de déconstructions et compositions plus méditatives.

Intercalés, des extraits d’une interview donnée par Smith, dans laquelle il redit l’importance du blues et des systèmes qui font la musique, d’Ornette Coleman, aussi, qui a sonné l’heure dernière d’un jazz devenu, après lui, « Creative Music ». Sur scène comme face à la caméra, l’échange est surfin, le message, supérieur. Ainsi s’impose Eclipse.

Wadada Leo Smith Golden Quartet - Eclipse - 2006 - La Huit.


Eric Deshayes: Au-délà du rock (Le mot et le reste - 2007)

au_dela_du_rockgrisliDu site Internet Néosphères dont il a la charge, Eric Deshayes a tiré sa légitimité pour écrire une histoire du rock allemand des années 1970 (autrement appelé, pour faire vite et schnell, Krautrock): Au-delà du rock, la vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70.

Après avoir succinctement exposé les forces musicales en présence au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale (influences des groupes rock / psychédélique aux côtés des recherches plus sérieuses de l’Ecole de Darmstadt), Deshayes explique une situation politique et sociale favorable à la (contre) culture de jeunes comptant, via la musique ou le théâtre, faire valoir un droit de révolte. L’époque (1966-1968) et les enjeux s’y prêtant, Berlin voit émerger une scène rock instrumental, faite de musiciens venus de tous horizons (rock, pop, classique, jazz) oeuvrant au creux de vapeurs de substances illicites, et dont la cohérence sera révélée en 1968, lors du Festival d’Essen. Ainsi, la fin des années 1960 voit s’imposer quelques groupes de taille : Can, Organisation (qui deviendra, en 1970, Kraftwerk), Neu !, premiers ressortissants convaincants d’une Kosmische Musik en devenirs - de splits en transformations d’intentions hypnotiques en discours pop, new age ou expérimental.

S’ensuit un panorama exhaustif des groupes concernés, ordonné selon l’alphabet – passés au crible, les groupes (Agitation Free, Ash Ra Templ, Tangerine Dream, Can, Faust, Neu ! ...) et les musiciens papillonnant (Conrad Schnitzler, Dieter Moebius, Klaus Schulze, Asmus Tietchens) -, de producteurs ou managers d’importance (Connie Plank), de personnages capables d’influence (Joseph Beuys, Stockhausen) et de quelques labels (Brain Records, Virgin). Pratique, l’ouvrage s’avère complet (et épais, donc), ménageant l’histoire et l’anecdote pour mieux aborder dans le détail un propos pourtant éclaté. Seul point regrettable - mais à relativiser selon les goûts du lecteur -, la rigidité factuelle du style, adéquate, cependant, à toute lecture du livre faite sur le rythme binaire de la musique Motorik.

Eric Deshayes, Au-delà du rock, la vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70, Editions Le mot et le reste, 2007. Distribution Orkhêstra International.


Post-Minimalisme (Trace Lab, 2007)

postminimisli

Courant en manque d’avoir été plus tôt « postisé », le minimalisme de Steve Reich, Philip Glass ou Terry Riley, voit aujourd’hui son influence évaluée par une compilation regroupant 19 compositeurs contemporains dispersés sur 4 pays (Belgique, Chine, France, USA).

Si le minimalisme américain a su profiter des libertés d’un champ stylistique permissif, étendu entre musique contemporaine et musique pop, il en aura aussi parfois abusé, quitte à mettre la main sur quelques compositions maniéristes, voire bouffies. 40 ans plus tard, le mouvement influence encore, et, toujours, de différentes manières.

Ainsi, on remarquera sur cette compilation préparée par le musicien Hervé Zenouda un goût certain pour les trajectoires éclectiques : celles de musiciens attirés par une orchestration aux intérêts dramatiques (Eric Schwartz) ou héroïques (Belinda Reynolds) le long de compositions ronflantes ; celles de faiseurs d’atmosphères plus convaincantes, bâties au son de guitares (Claude Izzo), d’accordéon (Steve Peters) ou de nappes électroniques (Fathmount, Hervé Zenouda) ; d’autres trajectoires encore, déviant leurs pratiques classiques afin de sublimer des compositions soignées (Pierre-Yves Macé, Dean Rosenthal) ou imposant une musique électroacoustique qui voit ses penchants mélodiques remis en cause par une électronique perturbatrice (John King) ; celles, enfin, de brouilleurs de cartes inspirés (Nick Didkovsky) ou pas (Marco Oppedisano), appliquant le développement de leurs répétitions à leur rock bruitiste.

D’inventions éclairées en exercices de style parfaitement cadrés, Post-Minimalism a l’avantage d’exposer de façon exhaustive ce que peuvent faire d’un courant musical des compositeurs arrivés après lui, qu’ils tiennent du suiveur influençable, du continuateur honnête ou (pour la plupart, soulignons-le) du véritable créateur transformant ses influences en œuvres personnelles.

Post-Minimalism (Trace Lab / Orkhêstra International)
Edition : 2007.
CD1: 01/ Eric Schwartz – Thunk... A ghost story 02/ Steve Peters – Ancestral Memory 03/ Nick Didkovsky/Kevin Gallagher (arr.)  I kick my hand 04/ Belinda Reynolds – Over and Out 05/ Yan Jun – kitchen performance 2 06/ Ryan Brown – Banksy 07/ Pierre Yves Macé – Trio 08/ Alphonse Izzo – Shibuya crossing - CD2: 01/ Marco Oppedisano – Steel Sky 02/ Dan Becker – Gridlock 03/ Istvan Peter B’Rack – Decantur 04/ John King – Rubai.13 (from Book of Rubai’yat) 05/ Fathmount – Rendering Harmonics 06/ Olivier Pé et Yannick Frank – Piragua 07/ Dean Rosenthal – Underpinnings
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Commentaires sur