Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Pop fin de siècle de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #5PJ Harvey : Dry de Guillaume Belhomme
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Die Enttäuschung: Die Enttäuschung (Intakt - 2007)

diegrisli_copySoutien de choix du pianiste Alexander Von Schlippenbach sur son monstrueux Monk Casino, le projet Die Enttäuschung impose cette fois au trompettiste Axel Dörner, au clarinettiste Rudi Mahall, au contrebassiste Jan Roder et au batteur Uli Jennessen, l'interprétation de compositions originales.

Renouant avec la cacophonie réjouissante des premières heures du free jazz – par l'amas, surtout, de legatos accrocheurs sortis de la trompette et de la clarinette basse (Drei-null, Vorwärts – Rückwärts) -, le quartette peut aussi défendre un swing, certes perturbé, sur Arnie & Randy, ou quelques morceaux d'inspiration latine signés Roder (Very Goode, Drive it Down on the Piano).

Révélant avec allant leurs influences diverses - Monk et Don Cherry sur le même Viaduct -, Die Enttäuschung cède ailleurs à des tentations plus personnelles: pratique instrumentale expérimentale sur 4/45 ou échange complexe et jubilatoire sur Selbstkritik Nr. 4. Au final, le groupe aura convaincu partout et de différentes manières.

CD: 01/ Drei-Null 02/ Arnie & Randy 03/ Vorwärts – Rückwärts 04/ Drive it Down on the Piano 05/ resterampe 06/ Klammer 3 07/ Worwärts – Rückwärts 08/ Oben Mit 09/ Viaduct 10/ Very Goode 11/ Wer Kommt Mehr Vom AGL 12/ Silke 13/ Selbstkritik Nr. 4 14/ Silverstone Sparkle Goldfinger 15/ Foreground Behind 16/ 4/45 17/ Mademoiselle Vauteck

Die Enttäuschung – Die Enttäuschung – 2007 – Distribution Orkhêstra International.



John Coltrane, Sa vie, sa musique (Outre Mesure - 2007)

jcgrisliAyant conscience que la vie de John Coltrane déborde à plus d'un titre de ses cadres (1926-1967), Lewis Porter a signé une biographie du saxophoniste dans laquelle le récit d'une vie rivalise d'acuité avec une étude musicale minutieuse. Traduit en Français par Vincent Cotro, l'ouvrage est publié par les éditions Outre Mesure.

Musicien et professeur de musique, la méthode apliquée par Lewis Porter est scolaire, musicologique, mais pas hermétique pour autant, puisque l'auteur prend soin d'agrémenter son propos sérieux de touches plus légères et indispensables (anecdotes, citations rassemblées sous différents thèmes en fin d'ouvrage, ou documents divertissants – photo de Coltrane, âgé de huit ans, auprès de ses camarades de classe). Clair, le développement respecte le cours naturel d'une carrière: Coltrane pratiquant son instrument sans relâche dès la mort de son père, enregistrant pour la première fois au sein de la marine, en démontrant sur la scène be bop de Philadelphie, apprenant encore auprès d'Eddie Wilson et Gillespie, de Johnny Hodges, dont il intègre la formation en 1954 dans le même temps qu'il doit gérer ses rapports à l'héroïne. Parti avec Hodges donner quelques concerts sur la côte ouest, Coltrane rencontrera Eric Dolphy, qui, comme Sonny Rollins, Pharoah Sanders ou Archie Shepp, saura combien le saxophoniste donne de valeur à ses amitiés. 1955, et ce sont pour le saxophoniste des allers-retours dans la formation de Miles Davis, la découverte de l'Islam, aussi – qu'il aura vite fait de transformer en quête spirituelle plus oecuménique – auprès de Naïma. Est-ce d'avoir fait cette découverte ou d'avoir quitté Davis, le fait est que Coltrane, à cette époque, va mieux, travaille auprès de Thelonious Monk, et peut envisager d'imposer des vues plus expérimentales. Là, l'auteur a la bonne idée de dresser la portrait d'un Coltrane devant ses juges (critiques acquis ou non à sa cause – exemple de J. Tynan qui, pour Down Beat, parlera de l' « anti-jazz » auquel Coltrane et Dolphy, ensemble, sacrifient la tradition; plébiscite du saxophoniste dans les référendums de lecteurs du même journal et succès hors-norme d'A Love Supreme). Retournant à un blues plus grave que celui auquel se référaient les boppers, Coltrane pousse ses expériences au-delà de toutes attentes, précipitant sans doute le départ d'Elvin Jones et de McCoy Tyner de son quartette classique – Porter rétablissant quelques vérités au passage, dont celle qui voudrait que Rashied Ali soit à l'origine de la dissolution du groupe. Irrémédiablement, le passage de témoin (à Sanders et Shepp, notamment) et les espoirs d'une descendance.

Après avoir digéré les biographies de Coltrane publiées en langue anglaise – signées J.C. Thomas, Eric Nisenson, et, à une moindre échelle Frank Kofksy -, Porter a mis en place un travail de recherches (en multipliant les entretiens avec de nombreux proches du saxophoniste) qui ajoute à un discours déjà passionnant les charmes de la nouveauté. De quoi placer ainsi cette biographie de Coltrane à la première place de celles publiées en langue française – épuisées, celle déjà satisfaisante de Xavier Daverat et la traduction de l'étude de Thomas ; sans doute pas encore, d'atroces petits ouvrages dus à Alain Gerber et, dans une mesure insurpassable de médiocrité, Pascal Bussy.

Lewis Porter, John Coltrane, Sa vie, sa musique, Paris, Outre Mesure, 2007.

john coltrane luc bouquet lenka lente


Anthony Braxton, Joe Fonda : Duets I 1995 (Clean Feed, 2007)

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Disque sorti à l'origine sur Konnex Records, Duets reparaît aujourd'hui sur le label Clean Feed pour donner à réentendre Anthony Braxton dialoguer avec un autre improvisateur de taille: le contrebassiste Joe Fonda.

Mesurant d'abord leurs attaques sur All of You de Cole Porter, Braxton et Fonda investissent ensuite des compositions sophistiquées sur lesquelles alto puis clarinette basse rebondissent sur les constructions à étages de la contrebasse (Relentlessness), Braxton évoque Paul Desmond (Autumn in New York) ou Eric Dolphy (Out of the Cage) quand Fonda déploie un savoir-faire d'envergure, enfonçant encore un peu plus la polyrythmie du discours (Composition 136) ou déposant sous archet grave un partenaire qui papillonne (Composition 168 + 147).

Avec une efficacité qui tient, pour les deux hommes, de l'évidence, Duets I 1995 confirme la maîtrise d'Anthony Braxton et redit l'importance d'un Joe Fonda souvent mésestimé.

Anthony Braxton, Joe Fonda : Duets I 1995 (Clean Feed / Orkhêstra International).
Enregistrement : 1995. Réédition : 2007.
CD : 01/ All of You 02/ Relentlessness 03/ Out of the Cage 04/ Something from the Pas 05/ Composition 168 + 147 06/ Composition 136 07/ Composition 173 08/ Autumn in New York
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Speeq: Or, Live at Strasbourg (Red Note - 2007)

Orgrisli_copyFormé lors de l'édition 2006 du Festival Banlieues Bleues, Speeq impose avec ce concert donné à Strasbourg une virtuosité tirée des originalités complémentaires des trois membres qui le composent - Hasse Poulsen (guitare), Mark Sanders (batterie) et Luc Ex (basse) - et d'une invitée de taille – Sidsel Endresen (voix).

Improvisant treize titres, le groupe choisit de ne pas trop donner dans l'abstraction, et tisse au fil des envies une musique efficace repassant des leçons signées Derek Bailey autant qu'elle doit à un rock progressif ou qualifié de post, décide de plages bruitistes ramassées ou se permet un impromptu sur mode latin. Délurée, Endresen répond avec une verve éclairée aux plaintes des guitares et aux assauts anguleux de la section rythmique dans un langage incompréhensible – portée par une frénésie qui ne s'embarrasse pas de soigner son allure – ou en empruntant des rondeurs à un folk inédit singeant parfois quelques standards.

De déflagrations lentes en déraillements jouissifs, Speeq déballe ainsi la palette d'un Or pour lequel il n'aurait pas mal fait de plaider le pluriel, et trouve mille chemins de traverse à une improvisation que d'autres, beaucoup moins capables, s'entichent à confiner en impasses.

CD: 01/ Clean 02/ Young 03/ Money 04/ Never 05/ Heard 06/ Small 07/ Sound 08/ Could 09/ Break 10/ Their 11/ Stone 12/ Faces 13/ Apart

Speeq – Or, Live at Strasbourg – 2007 – Red Note. Distribution Orkhêstra International.


Anthony Ortega: Afternoon in Paris (HatOLOGY - 2007)

ortega_copyAmi d’enfance d’Eric Dolphy, le saxophoniste, flûtiste, clarinettiste et pianiste Anthony Ortega aura eu autant de peine que lui (de son vivant) à diffuser sa musique auprès d’un large public. Salué il y a une quarantaine d’années pour son enregistrement de New Dance, en duo avec le contrebassiste Chuck Domanico, Ortega rééditait l’expérience en 2005 auprès de Kash Killion.

Le temps de quelques reprises sophistiquées, le duo réinvente des thèmes connus – Ask me Now et Blue Monk de Thelonious Monk, Now’s The Time de Charlie Parker – à coups de traitement aussi exigeant qu’inspiré : Ortega explorant de fond en comble chacun des thèmes, passant du swing au free mesuré, allant voir à côté quand Killion se fait discret sur un discours pourtant partagé.

Sur I’ll Remember April, Killion passe au violoncelle et Ortega à la flûte, parallèle contemporain à la collaboration Ron Carter / Eric Dolphy, si ce n’est que Killion joue davantage les accompagnateurs. En guise de conclusion, le disque s’offre un inédit : Ornithology, titre enregistré par Ortega et Domanico en 1966, sur lequel le saxophoniste manie avec virtuosité l’art du soubresaut. Retour aux sources exquis et informatif.

CD: 01/ Ask me Now 02/ Jupiter 03/ Blue Monk 04/ I’ll Remember April 05/ Now’s The Time 06/ Afternoon in Paris 07/ One 08/ Open Spaces 09/ Ornithology

Anthony Ortega - Afternoon in Paris - 2007 - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.



Steve Peters : Three Rooms (Sirr, 2007)

steve peters three rooms

Créateur d'installations sonores quiètes, Steve Peters mène sur Three Rooms la visite d'univers précieux ou instables, captivants toujours.

Delicate Abrasions, d'abord, sorti des murs d'un ancien entrepôt de Santa Fé, capable de déployer une batterie de sons hétéroclites (assimilables quand même : souffles, craquements, cliquetis et larsens), chacun se refusant à dire plus haut ou plus fort que les autres, histoire de ne pas déranger la progression enveloppante en cours. Au moyen de son seul souffle et d'un processeur, le musicien construit ensuite Center of Gravity, exposé d'attaques fulgurantes séparées par de longs silences.

Pour finir, Peters investit un temple bouddhiste, sort de l'une de ses cloches un premier son prétexte au développement d'une esthétique de la transformation: Mountains Hidden in Mountains, oeuvre de résonances qui fantasme l'éternel retour d'une note originelle quand la vérité veut que celle-ci, changée en drone oscillant, dévoile au fur et à mesure ses insoupçonnables possibilités sonores. Soit, une composition délicate, qui propose encore et parle de retour à l'heure de sa conclusion.

Steve Peters : Three Rooms (Sirr)
Edition : 2007.
CD : 01/ Delicate Abrasions 02/ Center of Gravity 03/ Mountains Hidden in Mountains
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Derek Bailey: Standards (Tzadik - 2007)

bailey_copyGenèse d'une oeuvre à part, Standards donne à entendre le travail de préparation auquel se livra le guitariste Derek Bailey avant l'enregistrement de Ballads, son disque le plus facile d'accès - et donc, son plus grand succès.

A chacun des morceaux choisis, Bailey applique la même méthode: s'égarant d'abord, il improvise dans le même temps qu'il interroge les possibilités de l'harmonie, distribue ses attaques rèches avant de déposer, studieux, une suite d'accords révélateurs prompts à accueillir quelques accès de fièvre romantique.

Abrupt, orageux et puis délicat, Bailey ménage ici écriture et improvisation, écarts libres et respect des cadres, avec une application qui transforme l'étude en pièce de choix. Alors, Standards troque son statut de document pour celui de disque aussi convaincant que ce Ballads qu'il préparait, et se fait référence affranchie.

CD: 01/ Nothing New 02/ Frankly My Dear I Don't Give a Damn 03/ When Your Liver Has Gone 04/ Please Send Me Sweet Chariot 05/ Don't Talk About Me 06/ Pentup Serenade 07/ Head

Derek Bailey - Standards - 2007 - Tzadik. Distribution Orkhêstra International.


David Murray: Sacred Ground (Justin Time - 2007)

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Premier des deux enregistrements studio de David Murray à sortir en 2007, Sacred Ground voit le saxophoniste prendre la tête d'un Black Saint Quartet dans l'idée de revenir à quelques principes anciens et souvent galvaudés: liberté du geste et revendication.

Auprès de Lafayette Gilchrist (piano), Ray Drummond (contrebasse) et Andrew Cyrille (batterie), Murray défend ses compositions récentes, inspirées par un documentaire pour lequel il a écrit la musique, qui raconte l'histoire des violences subies par la population noire dans le sud des Etats-Unis. Porté par l'enjeu autant que par une section rythmique impeccable, le saxophoniste s'en trouve régénéré, déploye un lyrisme dense à la clarinette basse comme au ténor, et invite par deux fois Cassandra Wilson à lire les poèmes lourds de sens d'Ishmael Reed (Sacred Ground, The Prophet of Doom).

A la hauteur du discours - comme quoi, tout est parfois affaire de répertoire -, Wilson permet à Sacred Ground de prendre la parole avec justesse, complétant ainsi le subtil mélange de blues, de mode latin tempéré et de dissonances distillé jusque là. Histoire, pour Murray, d'être sûr d'avoir tout (et bien) fait pour transmettre son message.

CD: 01/ Sacred Ground 02/ Transitions 03/ Pierce City 04/ Banished 05/ Believe in Love 06/ Family Reunion 07/ The Prophet of Doom.

David Murray Black Saint Quartet - Sacred Ground - 2007 - Justin Time (Just 204-2). Distribution Harmonia Mundi.


Henry Grimes, William Parker: Signs Along The Road Poems / Who Owns Music? (Buddy's Knife - 2007)

Grimes_TitelLa ligne éditoriale des éditions Buddy's Knife est simple: donner aux jazzmen la possibilité d'écrire sur leur art. Premières références du catalogue, Signs Along The Road Poems et Who Owns Music? sont l'oeuvre de deux contrebassistes de générations différentes: Henry Grimes et William Parker.

Après avoir joué aux côtés de Thelonious Monk, John Coltrane, Sonny Rollins ou Albert Ayler, Henry Grimes dut mettre sa carrière entre parenthèses pendant une vingtaine d'années années, avant de reprendre du service grâce à l'implication d'un de ses admirateurs: William Parker. Pendant son absence, Henry Grimes a écrit. Des poèmes, essentiellement, recueillis ici et présentés par le guitariste Marc Ribot – qui invita le contrebassiste à prendre place dans son Spiritual Unity Quartet, formation consacrée au répertoire d'Albert Ayler. Expression d'un homme contraint au renoncement, les poèmes de Grimes parlent d'amour, de tâches à accomplir, de solitude et de mystique, ici fille illégitime de la résignation. L'écriture, anguleuse, porte en elle les preuves de la respiration, mais permet surtout au contrebassiste de renouer avec la musique sans l'aide de son instrument: parlant de l'évolution qu'aura connu le blues, ou évoquant quelques fantômes (Bessie Smith ou W.C. Handy) que n'aurait pas reniés Ayler.

Parker_TitelDans un « Sound Journal » qu'il tient depuis plus de vingt ans, William Parker ne cesse d'interroger sa pratique musicale. Who Owns Music? d'offrir un aperçu exhaustif de l'intérêt que Parker voue aux mots. Etudes théoriques ramassées, poèmes, souvenirs, pensées, le contrebassiste multiplie les expériences pour dévoiler une esthétique hors du commun et une sagesse qui l'aide à faire avec l'étrange marche du monde. Alors, après avoir adressé un hommage à quelques contrebassistes (Ron Carter, Richard Davis, Malachi Favors, Henry Grimes, Peter Kowald...), Parker explique le rapprochement qu'il fait entre musique et peinture, avance que la musique permet au monde d'échapper au pire faute d'être plus efficace en le rendant tout simplement beau. En chercheur, il tente de définir son et mélodie ou d'éclairer le rôle du critique ; mystique, il dit le musicien disciple de dieu, s'interroge sur la part que doit prendre la vérité en toute chose. Les sujets éclatés convergent ainsi sous la plume de William Parker, pour mieux exposer l'oeuvre d'une vie animée par une quête tenace.

Henry Grimes, Signs Along The Road Poems, Cologne, Buddy's Knife, 2007 & William Parker, Who Owns Music?, Cologne, Buddy's Knife, 2007. Ces deux ouvrages (en anglais) sont disponibles par correspondance auprès des éditions Buddy's Knife.


Rob Wagner: Trio (Valid Records - 2007)

22969Familier du jeu en trio, le saxophoniste et clarinettiste Rob Wagner convoquait deux nouveaux partenaires - le percussionniste Hamid Drake et le bassiste Nobu Ozaki – pour enregistrer en décembre 2005, à la Nouvelle Orléans, une session hantée par l'ouragan Katrina.

Par l'inertie des autorités à avoir suivie, aussi, à en croire Desoparia, lamentation rageuse sur laquelle Wagner fait part, au soprano, de ses motivations premières sur le mode oriental défendu par la section rythmique. S'ensuit une série d'impressions inspirées: colère sourdant à travers quelques dérives free (Childhood Memory), recueillement profond (La Madrugada, Plutino, Freedumb), angoisse lentement révélée (Shock, Awe, Sham, Shame) ou états d'âme contraires que réussit à réconcilier le drame (Where Is Home?).

Plaidoyer pour un retour au bon sens, politique autant que musical, Trio allie avec élégance fond et forme, et en profite pour fustiger l'intérêt aléatoire aloué aux catastrophes selon l'endroit du monde où elles tombent.

CD: 01/ Desoparia (They handed out $12 billion cash in Iraq and couldn't even give New Orleans drinking water 02/ Plutino 03/ Where Is Home? 04/ Shock, Awe, Sham, Shame 05/ Childhood Memory 06/ La Madrugada 07/ Freedumb (Aren't you glad to vote in America?) 08/ Penumbria

Rob Wagner - Trio - 2007 - Valid Records.



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