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Interview de Ken Vandermark

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Poly instrumentiste protéiforme, meneur singulier de groupes différents (du Vandermark 5 à Bridge 61, en passant par Spaceways Inc), Ken Vandermark est un musicien aussi incontournable qu'étrangement discret. Plus enclin à multiplier les collaborations qu’à sacrifier son œuvre aux efforts de communication sans laquelle l’auditeur moyen ne peut rien découvrir, il amasse les épreuves convaincantes d’un jazz qui doit beaucoup au free élaboré jadis à Chicago, mais qui n’arrête pas, aussi, d’aller voir ailleurs. Dernier enregistrement en date : Beat Reader du Vandermark 5, sur le label Atavistic.

… J’ai commencé à jouer d’un instrument de musique en CM1, j’avais 9 ans. Il s’agissait d’une trompette. Cela n’a pas été une grande réussite à cause de problèmes d’embouchure, alors je me suis tourné vers le saxophone ténor à l’âge de 16 ans.

Comment vous êtes-vous tourné vers le jazz, et le free notamment ? Très jeune, mon père m’emmenait avec lui dans des clubs de jazz pour me faire entendre la musique qu’il aimait, et que j’ai à mon tour adorée. C’est devenu quelque chose de naturel pour moi. J’ai probablement dû voir des centaines de concerts de tous les genres de jazz possible avant de quitter mes parents pour l’université, en 1982. Quant à mon intérêt pour ce que l’on appelle communément le free jazz, il est surement né lorsque j’ai entendu l’album Tenor de Joe McPhee, j’avais alors 17 ans. Bien sûr, j’avais à cet âge déjà entendu des enregistrements d’Ornette Coleman, et vu Archie Shepp ou l’Art Ensemble of Chicago en concert, mais, pour je ne sais quelle raison, la musique de McPhee m’a parlé davantage et m’a révélé la substance de tout ce que j’avais entendu avant et que je n’arrivais pas à m’expliquer jusque-là. Une fois l’avoir entendu, j’ai vraiment su ce que je voulais faire de ma vie.

Vous restez d’ailleurs redevable envers les musiciens qui vous ont précédé, et mettez un point d’honneur à reprendre des morceaux signés par de grands représentants de la New Thing. Est-ce un moyen de conférer enfin à ces morceaux un statut de standard ? Oui, en un sens, il s’agit de cela. Il y a tellement de compositions fantastiques qui n’ont été défendues que par leur créateur, et qui, pourtant, comme d’autres grands thèmes, ont beaucoup à dire à des musiciens de générations différentes, d’époques différentes. Mais il est toutefois nécessaire de les réinventer, pas simplement de les réinterpréter à la manière de ce qui a déjà été fait par le passé.

L’improvisation joue bien sûr un rôle dans cette « réinvention »… Quelle différence faites-vous entre jazz et improvisation aujourd’hui, soit : après le passage de Derek Bailey ? Je pense que la grande différence est que le jazz a à voir avec la relation entre des éléments prédéterminés, ou pré-composés, et une pratique spontanée qui charrie une autre forme de matériau musical, tandis que l’improvisation totale renvoie toute la composition à ce qui est créé sur l’instant.

La pratique de l’improvisation rassemble aujourd’hui des musiciens de natures différentes. Vous êtes l’un de ces musiciens, qui n’hésite pas à collaborer avec des groupes issus de la scène rock indépendante, par exemple. Quel est votre regard sur ces collaborations ? Je dirais qu’il s’agit ici d’attitude, d’improvisation et de créativité. Pour moi, la chose essentielle est de relever des challenges et de créer un travail qui ait de l’intérêt, voilà pourquoi j’aime collaborer avec n’importe qui pourvu qu’il aime repousser un peu les limites imposées par les convenances ou le manque de largeur d’esprit de certains. Le background des musiciens est donc bien moins important que leurs perspectives artistiques.

N’existerait-il pas en jazz plus de différences entre les musiciens, celles inhérentes aux scènes auxquelles ils se rapportent, notamment – prenons l’exemple de la scène jazz de New York et de celle de Chicago. Avez-vous jamais envisagé votre musique comme rattachée au jazz de Chicago ? Eh bien, je pense que chacune des grandes villes musicales a une scène qui lui est propre, qui a quelque chose d’unique. L’une des grandes différences entre Chicago et New York est le prix de la vie – les loyers étant par exemple deux fois plus élevés à New York qu’à Chicago. Actuellement, beaucoup plus de musiciens vivent à New York, mais la ville compte bien moins d’endroits où ils peuvent se produire que Chicago. Tous ces facteurs rendent plus facile les collaborations entre musiciens de Chicago, il y a moins de compétition à propos de l’argent à gagner ou des opportunités de jouer, ce qui a attiré une variété de musiciens, aux idées différentes, et a permis de développer plus d’expérimentations, empêchant par là-même la constitution d’autant d’écoles ou de courants de pensée qu’il n’en existe à Manhattan en ce moment. Pour clarifier les choses, cela ne veut pas dire que la musique de qualité est moins l’apanage de New York que de Chicago, mais seulement que ces musiques ont des caractéristiques différentes. Bien que la scène new yorkaise soit davantage reconnue sur le plan international, la scène jazz de Chicago remonte aux années 1920, à une époque où Louis Armstrong a changé la face du monde musical. Depuis, Chicago a toujours continué de réfléchir, ce qui a pu profiter au développement d’organisations du genre de l’AACM, dans les années 1960, et à sa renaissance actuelle. 

Votre participation à ces efforts ont récemment donné Beat Reader, enregistré avec le Vandermark 5, pouvez-vous nous parler de ce disque ? Beat Reader est le dernier document enregistré en studio d’un groupe qui évolue depuis plus de dix ans. Durant cette période, le groupe a connu des changements de formation et de styles, et je pense que chaque disque que nous avons enregistré rend compte de mon évolution en tant que compositeur pour le groupe et de notre réflexion esthétique au moment précis de l’enregistrement. Comme le quintette est le plus ancien de mes projets, il révèle le mieux mon parcours de compositeur pour un groupe d’improvisateurs. Et puis, je pense que les membres du groupe – Tim Daisy (batterie), Kent Kessler (contrebasse), Fred Lonberg-Holm (violoncelle) et Dave Rempis (saxophones) – sont parmi les personnes les plus talentueuses avec lesquelles j’ai jamais travaillé.

Les 1000 premiers exemplaires de Beat Reader ont été (puisque aujourd’hui épuisés, ndlr) livrés avec un autre disque : New York Suite, sur lequel vous rendez hommage à différents artistes  ayant évolué à New York dans les années 1950, un peu à la manière de Morton Feldman. Pouvez-vous nous parler de ce projet ? C’est Dave Rempis qui m’a poussé à écrire New York Suite. Pendant la tournée que nous avons effectuée aux Etats-Unis durant l’hiver 2007, nous avons donné un concert à New York qui a tout eu du fiasco. En pensant à la situation économique désastreuse avec laquelle doivent faire les artistes – la fermeture d’endroits où jouer, la hausse des loyers – j’ai un peu déprimé, pensant au sombre avenir des arts vivants à New York. J’en parle à Dave pendant le voyage, et je décide qu’il serait plus productif de créer quelque chose à partir de ce sentiment plutôt que de continuer à me morfondre, et cela a donné cette idée de « suite new yorkaise ». Alors, en effet, j’ai appliqué à ma manière de composer cette image de peintres et de musiciens s’influençant l’un l’autre dans les années 1950 à New York.

Avec quels musiciens rêvez-vous encore de jouer ? J’ai toujours souhaité avoir une chance de jouer avec Derek Bailey. Ceci étant, je sais ma chance de jouer avec tellement de personnes d’horizons et d’idées différentes. Je ne pourrais rien demander de plus que cela continue.

Autre chose à ajouter ? Toujours.

Ken Vandermark. Photo: Juan Carlos Hernandez. Remerciements: Ken Vandermark & Cale.



Two Bands And A Legend: I See You Baby (Smalltown Superjazz - 2007)

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Restes de l’enregistrement du premier album de Two Bands And A Legend – projet réunissant The Thing, Cato Salsa Experience et Joe McPheeI See You Baby présente trois reprises valant bien le pressage d’un EP.

Celle d’I See You Baby de Groove Armada, d’abord, sur lequel Cato Salsa prend l’ascendant, et commande les riffs efficaces prêts à porter la voix de Joe McPhee en personne. En fond, un baryton tare de ses graves une balance jusque là dévolue aux guitares. Plus anecdotique, la courte interprétation du Nation Time de McPhee, ouverte ensuite par un grand duo de saxophones évidemment free, mais poussive, bientôt, notamment à cause de l’inspiration peu convaincante du clavier.

En guise de conclusion : Our Prayer, thème signé Donald Ayler qui dépose en filigrane le portrait de son frère, hymne aylérien au carré sur lequel déraillent, intuitifs, les instruments à vent. Pièce, aussi, qui vaut presque à elle seul la raison d’être du EP.

CD: 01/ I See You Baby 02/ Nation Time 03/ Our Prayer

Two Bands And A Legend - I See You Baby - 2007 - Smalltown Superjazz. Distribution Differ-ant.


Kioku: Both Far and Near (Quiet Design - 2007)

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Partagés entre approche libre du jazz et leur intérêt pour les traditions musicales asiatiques, les trois membres de KiokuWynn Yamami (taiko, percussions), Ali Sakkal (saxophones) et Christopher Ariza (électronique) – rendent avec Both Far and Near une épreuve hésitante.

Pour ne pas savoir décider ni trouver le bon dosage entre recueillement oriental et grands emportements propres au free jazz, l’équilibre semble d’abord tenir, avant de céder bientôt. Sur les résonances des percussions, quelques moments décisifs, auxquels met un terme un saxophone tout à coup trop lyrique. Both Far and Near vaudrait donc aussi pour l’auditeur.


Kioku, Pinari (extrait). Courtesy of Quiet Design.

CD: 01/ Pinari 02/ Yatai Bayashi 03/ The Drum Thing 04/ Binalig 05/ Miyake 06/ Spirits 16

Kioku - Both Far and Near - 2007 - Quiet Design.


Hélène Labarrière: Les temps changent (Emouvance - 2007)

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Les temps changent. Auprès d’Hélène Labarrière : le saxophoniste François Corneloup (au baryton), le guitariste Hasse Poulsen et le batteur Christophe Marguet, ouvrent comme l’on s’y attendait sans qu’on y trouve à redire : Soizig, progression cyclique faite de grincements, qui plante le décors avant l’implacable crescendo (Un jour plus tôt) et le développement contrarié de Regard suspendu, rattrapé à grands coups de duos éclairés.

Et puis, le contraste terrible, entre le folk trop gentil de Good Boy – sur lequel un Poulsen aux arpèges clairs ne donnera pas de suite aux dissonances glissées sur le tard – et le retour à une pratique plus expérimentale qui met aux commandes un laisser-aller racé sur la Complainte de la Butte ou une fièvre bienfaitrice sur Histoire de collection.

Exposé ramassé, la conclusion oscille entre The Ex et Akosh S., et Les temps changent auront passés. Les compositions de Labarrière, aussi brillantes que sont investis les quatre musiciens.

CD: 01/ Soizig 02/ Un jour plus tôt 03/ Regard suspendu 04/ September The Bass 05/ Good Boy 06/ Une cure d’inefficacité 07/ Histoire de collection 08/ Une femme sous influence 09/ La complainte de la butte 10/ Donde estan ustedes

Hélène Labarrière - Les temps changent - 2007 - Emouvance. Distribution Abeille musique.


Steve Lehman : Manifold (Clean Feed, 2007)

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Après avoir tiré ses leçons de l’enseignement de professeurs tels que Jackie McLean et Anthony Braxton, restait au jeune saxophoniste Steve Lehman de mettre en pratique. Au Festival de Jazz de Coimbra, en 2007, par exemple.

A la tête d’un quartette classique d’apparence – trompette de Jonathan Finlayson, contrebasse de John Hébert et batterie de Nasheet WaitsLehman mène à l’alto un jazz encore influencé par l’avant-garde des années 1960 (celle de Max Roach, Don Cherry, ou Andrew Hill – dont il reprend ici Dusk) qu’il rafraîchit toutefois au son d’arrangements éclectiques et parfois audacieux.

Impeccable, la section rythmique pousse souvent dans ses derniers retranchements trompette et alto, qui plaident partout ailleurs en faveur de leur entente au son d’entrelacs réjouissants. Le temps, encore, d’un hommage amusé à Evan Parker, et l’enregistrement se termine, qu’il est alors obligatoire de conseiller.

Steve Lehman : Manifold (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007. Edition : 2007.
CD : 01/ Interface D 02/ Is This Rhythm 03/ Dusk 04/ Interface F 05/ Interface C 06/ Cloak & Dagger 07/ Interface A 08/ Berceuse 09/ For Evan Parker
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Karlheinz Stockhausen : Bass Clarinet & Piano (MDG, 2007)

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Récemment appliqué à rendre une sélection de pièces emblématiques du corpus de l’école viennoise, le pianiste Steffen Schleiermacher interprète en compagnie du clarinettiste Volker Hemken des pièces pour piano et clarinette basse écrites entre 1954 et 1979 par Karlheinz Stockhausen.

Du neuvième Klavierstück – au développement chahuté par les hésitations feintes de son interprète (accord appuyé disparaissant en decrescendo puis défait par les silences) – à de précédents plus tempétueux encore, et du lyrisme déconstruit de Tanze Luzefai – sur lequel la clarinette basse fantasme un recours toujours possible à l’improvisation – à la terre de contrastes qu’est In Freundschaft, Schleiermacher et Hemken défendent chacun leur tour les pièces du compositeur.

Et puis, ensemble, ils servent les douze mélodies de Tierkreis : Bartók et Satie bousculés par le cours moderne des choses, ou pratiques plus expérimentales recourant parfois à l’usage d’un piano jouet ou d’une boîte à musique. Maîtrisant son sujet, le duo rend ainsi grâce au travail acoustique de Stockhausen, appliqué au piano et à la clarinette basse.

Karlheinz Stockhausen : Bass Clarinet & Piano (MDG / Codaex)
Edition : 2007.
CD : 01/ Klavierstück IX (1956/61) 02/ Tanze Luzefai (1979) 03/ Klavierstück VII (1954) 04/ Klavierstück VIII (1954) 05/ In Freundschaft (1977/79) 06 – 17 / Tierkreis (1975) : Aquarius, Pisces, Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libra, Scorpio, Sagittarius, Capricorn
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Kali Fasteau, Kidd Jordan: Live at The Kerava Jazz Festival, Finland (Flyin Note - 2008)

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Au Kerava Jazz Festival, édition 2007, Kali Fasteau retrouvait le saxophoniste Kidd Jordan et le percussionniste Newman Taylor Baker, puis établissait le dialogue au moyen d’instruments divers.

Incisive dès l’ouverture, elle rejoint le ténor au son d’une zurna – sorte de hautbois originaire du Proche Orient – pour consacrer ensuite un nouvel instrument à chaque échange. Défilent alors piano, flûtes, clavier électrique, violon, percussions et saxophone soprano, qui interrogent toujours autrement le contact établi avec Jordan. Expérimentale ou lyrique, Fasteau pêche parfois par excès de naïveté (noyant ses flûtes en delay ou faisant toute confiance à un son de harpe sorti d’un vieux clavier), quand elle démontre ailleurs ses possibilités iconoclastes : expérimentations électroniques appliquée à ses partenaires sur Talking Trance ou grand duo de free jazz sur un Exponantial Time qui la voit passer à la batterie.

Jordan, quant à lui, n’abandonne jamais Kali Fasteau à ses élucubrations, mais la suit parfois comme pour l’amadouer, puis la ramène dans le champ d’un jazz singulier, qu’elle confronte depuis plus de trente ans à ses interrogations personnelles de la modernité.

CD: 01/ Sound Tranceport 02/ Trancendance 03/ Reed Trance Plant 04/ Received Wisdom 05/ Sibelius Suite 06/ Talking Trance 07/ Violit Violines 08/ Exponential Time 09/ Sound Science

Kali Z. Fasteau, Kidd Jordan, Newman Taylor Baker - Live at The Kerava Jazz Festival - 2008 - Flying Note.


Fessenden: v1.1 (Other Electricities - 2008)

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Premier enregistrement studio mais sixième référence de Fessenden – comprendre : Steven Hess (Pan American, On), Joshua Convey et Stephen Fiehn –, v1.1 redit toutes les qualités de la musique électroacoustique du trio.

Passées en ordinateurs, une batterie, une guitare et une basse, s’occupent de peindre différentes atmosphères, quoique toutes oppressantes. Des rythmes mis en boucles que bousculent des effets ayant déjà avalé les guitares, un embouteillage d’aigus provoqué par la progression saccadée des musiciens, le mariage improvisé et réussi de nappes bruitistes et de larsens. L’électroacoustique brute voire féroce, souveraine et agissante.


Fessenden, Diode. Courtesy of Other Electricities.

CD: 01/ Not Sleeping, Just Resting 02/ Mid-Swing 03/ Diode 04/ A Walk In The Park 05/ PeakV/Z*sin

Fessenden - v1.1 - 2008 - Other Electricities.


Raphaël Imbert: Bach Coltrane (Zig Zag Territoires - 2008)

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Après avoir réfléchi, pour le compte de la Villa Médicis hors les murs de New York, aux rapports qu’entretiennent jazz et sacré, Raphaël Imbert convoque une poignée de musiciens dont le Quatuor Manfred pour l’enregistrement de Bach Coltrane, point d’orgue aussi déroutant que convaincant dans la carrière du saxophoniste.

Bach et Coltrane, donc : rapprochement qui aurait pu tenir de la fantaisie mais dont Imbert use comme d’un prétexte, qui l’oblige à mettre au jour des arrangements étudiés à l’occasion d’une rencontre musicale rare. Alors, le saxophone vacille peu à peu sur la voie de Crescent, s’emporte malgré le soutien de l’orgue et emmène avec lui un monde de cordes que l’on pensait inaltérable ; le contrepoint réinstallé par le quatuor, un texte porté haut par la voix de Gérard Lesne, et puis un autre déraillement, celui de Song of Praise.

Le mouvement, partout, suit les nuances des croyances de siècles différents, de doutes en assurances, voire, en vérités. Sur le papier, l’expérience délicate tant les pièges sont nombreux. Et puis Bach Coltrane, qui dépose son épreuve, magistrale.

CD: 01/  J.S. Bach - Art de la fugue - 1er contrepoint et improvisations de Raphaël Imbert 02/  John Coltrane - Crescent Partie I - Partie II - Partie III - Partie IV 03/ John Coltrane - Crescent Partie II 04/ John Coltrane - Crescent Partie III 05/ John Coltrane - Crescent Partie IV 06/ J.S. Bach - Concerto pour clavier BWV 1056 – Largo 07/ J.S. Bach - Concerto pour clavier BWV 1056 – Improvisation 08/ He nevuh said a mumbalin' word (Live) – Introduction 09/ He nevuh said a mumbalin' word (Live) - He nevuh said a mumbalin' word 10/ J.S. Bach - Fantaisie BWV 542 en sol mineur 11/ J.S. Bach - Messe BWV 232 en si mineur 12/ J.S. Bach - Art de la fugue - 9ème contrepoint - Quatuor Manfred 13/ John Coltrane - Song of praise / J.S. Bach - Jesu mein Freund BWV 227 - Partie I 14/ John Coltrane - Song of praise / J.S. Bach - Jesu mein Freund BWV 227 - Partie II 15/ J.S. Bach - Cantate "Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust" BWV 170 (1er air) 16/ Improvisation sur B.A.C.H. / John Coltrane - The Father, the Son and The Holy Ghost 17/ M. Luther - Mit'Fried und Freud'ich fahr dahin 18/ John Coltrane - Reverend King 19/ A. Rossi - Choral de Mi - Partie I 20/ A. Rossi - Choral de Mi - Partie II 21/ J.S. Banch - "O Welt, ich muss dich lassen" BWV 45

Raphaël Imbert Brotherhood Consort - Bach Coltrane - 2008 - Zig Zag Territoires. Distribution Harmonia Mundi.


Vandermark 5: Beat Reader (Atavistic - 2008)

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Sur Beat Reader, Ken Vandermark offre une place de choix à l’un de ses partenaires : le violoncelliste Fred Lonberg-Holm, qui s’en sort ici bien mieux que d’habitude.

Le long de nouvelles compositions de son leader (dédiées notamment à Ligeti, Paul Rutherford ou Max Roach), le Vandermark 5 remet donc ses intentions éclatées sur l’ouvrage, qui combine à son tour bop et free jazz, swing, blues et funk. Toujours, et avec la même persuasion, l’efficacité immédiate et cet attrait pour la dissonance qui remet tout en cause, tout à coup.

Alors, Dave Rempis et Ken Vandermark (de saxophones en clarinette basse) improvisent d’autres fois avec passion, et accueillent, bienveillants, les déflagrations sonores sorties d’un violoncelle sous effet ou de machines électroniques maniées, elles aussi, par Lonberg-Holm. Qui donne un peu d’inédit à l’exercice, voire, en rehausse encore l’intérêt.


Vandermark 5, New Acrylic (extrait). Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Friction (for Gyorgy Ligeti) 02/ New Acrylic (for Andreas Gursky) 03/ Any Given Number (for Bernd and Hilla Becher) 04/ Signposts (for Lee Friedlander) 05/ Speedplay (for Max Roach) 06/  Compass Shatters Magnet (for Paul Rutherford) 07/ Further From The Truth (for Walker Evans) 08/ Desireless (for Daido Moriyama).

Vandermark 5 - Beat reader - 2007 - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.



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