Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofskyle son du grisli sur twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sun Ra: Some Blues But Not The Kind Thats Blue (Atavistic - 2007)

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Publiée par Saturn en 1978, voici rééditée par le label Atavistic la somme d’interprétations rares qu’est Some Blues But Not The Kind Thats Blue – standards et compositions du pianiste enregistrés à neuf ou dix en 1977 –, augmentée de deux versions de I’ll Get By, enregistrées en trios en 1973.

D’un amas d’instruments geignant parvient d’abord à s’extirper le thème de Some Blues qu’impose un piano leste, attentif aux solos – instruments pas tous à la même distance du micro – de John Gilmore, Marshall Allen  et Akh Tal Ebah. Traités avec grâce, ensuite : le thème de My Favorite Things : instruments à vents (dont le ténor rauque de Gilmore) portés par l’accompagnement sombre du leader ; celui de Nature Boy, évoqué par les arpèges de piano puis croulant sous les dissonances dues aux flûtes.

Et puis, I’ll Get By, deux fois interprétée : par Sun Ra à l’orgue, Ronnie Boykins et Akh Tal Ebah, version au cool décalé un peu par l’intervention d’un clavier parfois excentrique ; par un second trio, ensuite, Gilmore remplaçant le trompettiste et mesurant ses écarts pour ne pas trop rompre avec les intentions convenables. Autant d’atouts en faveur d’une autre réédition, d’un autre document d’importance.


Sun Ra, I'll Get By. Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Some Blues But Not The Kind Thats Blue 02/ I’ll Get By 03/ My Favorite Things 04/ Untitled 05/ Nature Boy 06/ Tenderly 07/ Black Magic 08/ I’ll Get By 09/ I’ll Get By

Sun Ra - Some Blues But Not The Kind Thats Blue - 2008 (réédition) - Atavistic. Distribution Orkhêstra International. 

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The Story of Modern Farming : Someone New (D’autres cordes - 2007)

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Deuxième album de The Story of Modern Farming – soit : Jessica Sligter (chant, guitare, clavier) et Louise Jensen (saxophone, xylophone) –, Someone New expose une dizaine de rengaines brillantes sous couvert de timidité – forcément feinte. Phrasé fragile de saxophone, vague à l’âme trahi par les voix et minuscules combines électroniques, révèlent peu à peu l’expression sophistiquée d’une musique nouvelle nourrie de plus anciennes (Jeanne Lee, Carla Bley, Laurie Anderson, Mark Hollis). Alors, des arrangements soucieux et délicats, découle un folk expérimental et souvent flamboyant.


The Story of Modern Farming, Made. Courtesy of D'autres cordes.

CD: 01/ Morning Tune 02/ Someone New 03/ Christ 04/ Hold me tight 05/ Sidespring 06/ Kenny Gsus 07/ All in tears 08/ Made 09/ St Michaels 10/ Gillende Keukenmaid

The Story of Modern Farming - Someone New - 2007 - D'autres cordes. Distribution Abeille Musique.

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Stefan Németh: Film (Thrill Jockey - 2008)

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Premier album personnel de Stefan Németh (Radian, Lokai), Film assemble des pièces instrumentales écrites à destination de courts-métrages ou d’installations vidéo ; réétudiées, un peu, pour l’occasion.

Au nombre des instruments : guitare électrique et batterie (réunis sur la composition brute qu’est Via L4 Norte), claviers plus ou moins datés, et ordinateur, pour les fioritures : grésillements, reverses, bourdons, boucles et parasites. Alors, s’installe une électroacoustique capricieuse, qui hésite à servir une ambient plus (Ortem Ende) ou moins (Soprus) fameuse, une sage illustration sonore (Transitions) ou quelques progressions convaincantes (Field, enregistrée en compagnie du batteur Martin Brandlmayr). Acceptable, l’ensemble, même si plombé souvent par l’usage peu original qu’on y fait de l’électronique.


Stefan Németh, Via L4 Norte (extrait). Courtesy of Thrill Jockey.

CD: Via L4 Norte 02/ Field 03/ Luukkaankangas 04/ Soprus 05/ Transitions 06/ Ortem Ende

Stefan Németh - Film - 2008 - Thrill Jockey.

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Philippe Robert: Great Black Music (Le mot et le reste - 2008)

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Nouvelle galerie de portraits signée Philippe Robert, dressée cette fois en hommage aux musiciens ayant œuvré en faveur d’une Great Black Music aux genres disparates, dont les acteurs eurent pour point commun de protester contre l’abjecte place que les Etats-Unis auront longtemps réservé à leur population noire. Promesses de rêves contre réalité discriminatoire, le constat accablant conseilla aussi la résistance en musique : 110 preuves données ici, courant entre 1954 (Lady Sings The Blues de Billie Holiday) et 2005 (Vietnam Reflections de Billy Bang).

Une autre fois, Philippe Robert se montre judicieux et explique avec intelligence chacun de ses choix : disques montrant tous un intérêt musical autant qu’ils ont à voir avec des soucis d’ordre politiques et sociaux, spirituels ou mystiques, quelques parfums de désillusion au fur et à mesure que l’on avance dans le temps (mais dont le show business est aussi capable de se nourrir) et l’espoir d’échappatoires baroques ou cosmiques.  Jazz (seul oubli :Oliver Nelson, mais présences de Max Roach, Coltrane, Sanders, Ayler, Shepp, Leroi Jones, et de quelques figures choisies avec habileté : Joe McPhee, Milford Graves, scène inoubliable du Wildflowers Festival), soul, rhythm’n’blues et funk (Otis Redding, Ike & Tina Turner, Curtis Mayfield, George Clinton), joutes incandescentes (Sam & Dave, Last Poets, Public Enemy) et impressions plus individuelles (Terry Calier, Fela Kuti, Jimi Hendrix), jusqu’aux échos récents : prolongations jouées par Saul Williams, Mos Def, Madvillain. Les revendications multiples et les intérêts parfois différents aux origines d’œuvres importantes. Au bas de chaque chronique, une discographie sélective du musicien concerné, et d’autres noms encore : musiciens proches et nouvelles pistes à explorer. Ainsi, Great Black Music s'avère intarissable.

Philippe Robert - Great Black Music, Un parcours en 110 albums essentiels - 2008 - Le mot et le reste.

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Davor Mikan: Täuschung (Cronica electronica - 2007)

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Sorties de l’ordinateur personnel de Davor Mikan, les 31 pièces qui composent Täuschung parlent de silences et de sons détériorés, renferment les preuves sonores d’une identité en construction et du bestiaire étrange dont elle ne peut se passer.

Projetée, l’audace électronique – qui peut frôler l’absurde au point d’interdire toute connivence avec l’auditeur – n’en peut plus d’édifier un monument à ses déviances digitales à coups de grains et de souffles, de larsens et de chocs. Déflagrations, grincements, plaintes et râles indéterminés, attaques instrumentales soudaines et pauses de temps à autre. L’implacable revanche des machines, sur la musique et sur le musicien. Sans concession.


Davor Mikan, Eine Erinnerung. Courtesy of Cronica Electronica.

CD: 01/ animal 02/ ; o 03/ Gehässig 04/ Masken 05/ Schon halb verwest 06/ Geäst 07/ - 08/ Gespenster und Lippenstift, ein komplettes Drama 09/ Eine Erinnerung 10/ Cleaning my graves II 11/ Flimmer 12/ Glattes 13/ Animal 14/ Cleaning my graves I 15/ Balkig 16/ Gebälk 17/ Klitzer 18/ : o 19/ Vince 20/ s 21/ Herbst 22/ Riss 23/ Das Gewitter hat sich in eine Bahnhofshalle zurückgezogen 24/ Dunkelnder 25/ Flüsterhaus 26/ Der Eisverkäufer explodiert einfach 27/ Meine Freunde 28/ Gespenster 29/ Ein Tag 30/ Animal 31/ …rufen uns zu

Davor Mikan - Täuschung - 2007 - Cronica Electronica.

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Daniel Levin: Blurry (Hat Hut - 2007)

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A la tête de son quartette, Daniel Levin gravait en 2006 un second album pour HatOLOGY : Blurry, qui applique, entre autres,  ses vues de musique de chambre au jazz d’Ornette Coleman et de Charlie Parker.

Deux reprises, donc : Law Year et Relaxin’ With Lee, avec lesquelles le violoncelliste impose une texture sonore dense et délicate, née du mariage de mouvements d’archets appuyés et des résonances du vibraphone de Matt Moran, disposant des strates décoratives pour permettre ensuite aux musiciens d’intervenir comme bon leur semble.

Ailleurs, Nate Wooley expose les facettes multiples d’une pratique interne de la trompette sur un autre emportement de Levin (Improvisation II), le leader mène sur un gimmick de contrebasse dont se charge Joe Morris une charmante progression cinématographique (Untitled). Et lorsqu’il arrive au groupe de sonner précieux (209 Willard Street Jazz), c’est pour rapidement rectifier le tir, et revenir plus efficacement encore à la défense d’une musique singulière d’où filtrent des audaces baroques.

CD : 01/ Law Years 02/ Improvisation II 03/ 209 Willard Street 04/ Cannery Row 05/ Untitled 06/ Relaxin' With Lee 07/ Sad Song 08/ Blurry

Daniel Levin Quartet - Blurry - 2007 - Hat Hut. Distribution Harmonia Mundi.

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Steamboat Switzerland : Zone 2 (Grob, 2007)

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Lucas Niggli (batteur entendu auprès de Jacques Demierre ou Pierre Favre, et aussi à la tête de sa propre formation : Zoom), Dominik Blum (piano) et Marino Pliakas (basse), forment le trio Steamboat Zwitzerland, dont Zone 2 est le cinquième album.

Pièce d’improvisation érudite et réussie, Zone 2 impose un feedback changeant à toutes interventions acoustiques : cordes tendues du piano et tremblement des aigus, emportements collectifs découpés en mouvements d’alertes, soutien infaillible de Niggli sur batterie réduite. Les arpèges d’une guitare sèche, soudain, signent la fin des efforts de vitesse, qui laissent toute la place à une nappe grave et roulante, presque endormie, chape de musique électroacoustique accablante, qui renferme le souvenir de l’expérience radieuse. 

Steamboat Switzerland : Zone 2 (Grob)
Edition : 2007.
CD : 01/ Zone 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Brochard, Guionnet, Perraud: [on] (In Situ - 2007)

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La rencontre du contrebassiste Eric Brochard, du batteur Edward Perraud et du saxophoniste – encore récemment entendu sur Propagations Jean-Luc Guionnet, en deux actes : Lithe et Néolithe, qui se succèdent sur [on].

Là, aviser un paquet de gestes bruts, affirmant le parti pris d’une pratique radicale de l’improvisation : qui extirpe ses visions de l’instant à coups de notes qu’on arrache : grincements de contrebasse et plaintes longues d’alto, progressions incommodes de guitare et confections de drones inquiets bien qu’en voie de développement.

Et puis, Guionnet glisse et dérive, impose à son instrument un parcours circulaire ; Brochard répète une note, relent décidé de corde lâche ; Perraud tourmente ses cymbales déjà convulsives. Lithe et Néolithe, qui se succèdent sur [on], et qui l’imposent avec adresse.

Eric Brochard, Jean-Luc Guionnet, Edward Perraud : [on] (In Situ / Orkhêstra International)
Edition : 2007.

CD : 01/ Lithe 02/ Néolithe

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Han Bennink & Terrie Ex : Zeng ! (Terp, 2007)

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Retour sur la deuxième confrontation improvisée entre Han Bennink et Terrie Ex, Zeng ! fait figure d’exposé tiède parce que pas toujours inspiré.

Déconstruite, l’expérience donne à entendre un dialogue sans arrêt sur le fil, avantage autant qu’inconvénient pour la bonne tenue de l’ensemble. Qui oscille entre moments convaincants – Ex trouvant un soutien de taille dans la répétition (Radder) ou usant avec intelligence d’un bootle-neck (Shelly), maîtrise de Bennink – et dialogues approximatifs entre une batterie sur laquelle on n’en finit pas de porter des coups secs et une guitare électrique à l’audace mesurée. L’intérêt de Zeng !, d’en tirer les conséquences.

Han Bennink, Terrie Ex - Zeng ! - 2007 - Terp Records. CD: 01/ Spikkel 02/ Zegnie 03/ Hortsik 04/ Haraf ! 05/ Snerk 06/ Radder 07/ Two Bruised Ribs 08/ Shelly 09/ Pekele

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Achim Kaufmann, Frank Gratkowski, Wilbert de Joode: Palaë (Leo, 2007)

frank gratkowski achim kaufmann wilbert de joode palaë

Compilation d’improvisations données en public par le trio Achim Kaufmann (piano) / Frank Gratkowski (clarinettes, saxophone alto) / Wilbert de Joode (contrebasse), Palaë balade son inspiration de moments illuminés – précipitations extatiques sur les notes accablantes de Joode sur l’excellent Some Lanes – en périodes de doute profond, qui ont le charme d’états d’âme que l’on traîne jusqu’à les polir : A Destination Farther angoissant, Storeys Above tenté par le silence, œuvres aux noirs superbes. Partout, le référent classique, qui conseille bientôt à Kaufmann la tirade plus enlevée d'In The Face, histoire de conclure avec davantage d’entrain.

Achim Kaufmann, Frank Gratkoswki, Wilbert de Joode : Palaë (Leo Records / Orkhêstra International)
Edition : 2007. 

CD : 01/ Some Lanes 02/ A Destination Farther 03/ On The Cold, Terrified 04/ Storeys Above 05/ The Ranks 06/ The Heart of All 07/ In The Face
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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