Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Elliott Sharp, Scott Fields: Scharfefelder (Clean Feed - 2008)

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... En compagnie de Scott Fields, Sharp improvise cette fois les titres de Scharfefelder. Sur guitares acoustiques, les deux hommes trouvent un terrain d’ententes à leurs interventions minuscules mais angoissées, recourent à un unisson faussaire avant d’insister ensemble sur des phrases individuelles écorchées. Pas toujours original, mais souvent alerte.

CD: 01/ branedane 02/ Between Octopus and Squid 03/ Big, Brutal, Cold Raindrops 04/ Minerali 05/ Giganotosaurus 06/ Shuffle Through the Restaurateur Gauntlet 07/ Doubula 08/ Put your Pennies in my Portuguese Cork hat 09/ Doubleviz 10/ Fresh Red Flea 11/ Freefall 12/ Fried Splash >>> Elliott Sharp, Scott Fields - Scharfefelder - 2008 - Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.

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Joëlle Léandre: The Stone Quartet (DMG/ARC - 2008)

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En 2006, à l’invitation de la Downtown Music Gallery, Joëlle Léandre improvisait sur la scène du Stone de New York ses retrouvailles avec Marilyn Crispell (piano), Roy Campbell (trompette) et Mat Maneri (violon).

Selon différentes combinaisons, la contrebassiste organisa les échanges, inaugurés par le développement en quartette d’une longue pièce d’atmosphère nébuleuse, sur laquelle les interventions se frôlent avant d’emboîter le pas à celles d’un Campbell passé à la flûte, qui commande un orientalisme incapable de résister longtemps aux coups d’un piano emporté.

Deux duos, ensuite : Maneri et Léandre inspirés sur un grand dialogue d’archets, puis Crispell et Campbell économisant leurs moyens, jouant de la paraphrase en accordant toujours leurs points de vue. Déjà convaincante, l’interactivité gagne encore en densité sur la quatrième et dernière partie du disque, qui profite d’un relâchement faisant toute confiance aux grincements d’archets, aux notes projetées et aux répétitions minimalistes d’un final sombre et enchanteur.

CD:  01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3 04/ Part 4 >>> Joëlle Léandre, Marilyn Crispell, Roy Campbell, Mat Maneri - The Stone Quartet - 2008 - DMG.

N.B. Joëlle Léandre improvisera aux côtés de Maja Ratkje à Paris, le 12 juin prochain, dans le cadre du festival La voix est libre. Pour revenir aux origines de cette rencontre, aller consulter le site internet de la revue Mouvement.

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BJ Nilsen, Stilluppsteypa: Passing Out (Helen Scarsdale - 2008)

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A la suite d’un Drykkjuvisur Ohljodanna publié en 2006 par le même label, BJ Nilsen et le duo Stilluppsteypa limitent aujourd’hui leur musique électroacoustique au propos environnemental et ombreux d’une pièce unique : Passing Out.

Plus d’une heure, alors, d’une combinaison tortueuse de souffles et de résonances, d’une suite d’impressions dissoutes en abstractions qui réfutent sans arrêt la cause naturelle d’éléments recueillis au préalable sur bandes. Quelques interventions métalliques trahissent quand même les manipulations, pensent en dire un peu sur les techniques pratiquées sur Passing Out, tandis que tout échappe à l’auditeur sous le coup des effets du transport.

CD: 01/ Passing Out >>> BJ Nilsen, Stilluppsteypa - Passing Out - 2008 - Helen Scarsdale.

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Jon Raskin: Quartet (Rastascan - 2008)

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Echappé de Rova – groupe d’improvisateurs pas toujours inspiré –, le saxophoniste Jon Raskin menait en 2005 de plus franches improvisations en quartette.

Auprès de Liz Allbee (trompette et percussions), George Cremaschi (contrebasse et matériel électronique) et Gino Robair (batterie et claviers), Raskin commande une musique électroacoustique abstraite, jouant des limites sonores des instruments ou profitant d’un dialogue fantasque qui motive chacun des intervenants. Au final, fait alterner déconstructions inquiètes et morceaux jubilatoires nés des préceptes de l’école de Chicago, et ce, toujours à propos.

CD: 01/ Cracked Earth 02/ Sound Barometer Reading 1 03/ African Tulip 04/ Swing Sing 05/ Kandinsky 06/ Sound Barometer Reading 2 07/ Postcard 2 08/ Ceilometer Reading 09/ Postcard 1 10/ Bleckner 11/ Disdrometer Reading 12/ Qupe >>> Jon Raskin - Quartet - 2008 - Rastascan Records. Distribution Orkhêstra International.

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Mario Pavone : Trio Arc (Playscape, 2008)

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De 1968 à 1972, Mario Pavone fut le contrebassiste du trio de Paul Bley, pianiste qu’il invite aujourd’hui à improviser en sa compagnie et celle du batteur Matt Wilson.

Trio Arc,  d’être formé d’expériences différentes qui s’entendent sur l’instant : dialogue interrogatif commandé par les retrouvailles (Hello Again), déconstruction inspirée sur laquelle Bley ose une mélodie de rien (Miro) ou discours auto-rénégéné capable de mauvais conseils, qu’il arrive au pianiste de suivre, quitte à lasser un peu à force de vouloir trop en faire (Slant).

Les erreurs, inévitables mais rarement imputables à Pavone, qui a usé ses cordes auprès d’improvisateurs convaincus (Bill Dixon, Anthony Braxton, Wadada Leo Smith, Tony Malaby), et sait quand ménager les pauses et les expérimentations – fantasme des allées et venues d’un métronome sous les cordes étouffées de Lazzi – pour le bien de l’ensemble.

CD: 01/ Slant 02/ Hello Again 03/ Quest 04/ Miro 05/ Lazzi 06/ Sweet 07/ Solo Bley >>> Mario Pavone - Trio Arc - 2008 - Playscape Recordings. Distribution Orkhêstra International.

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Marc Ribot's Ceramic Dog: Party Intellectuals (Yellowbird - 2008)

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En chien de faïence, Marc Ribot promène le bassiste Shahzad Ismaily et le batteur Ches Smith au son d’un bouillon de culture plus ou moins malin, mais efficient quand même.

D’un blues rock passablement déconstruit à un morceau suintant de musiques du monde, d’une version punitive de Break On Through à une électropop indigeste, Ribot investit l’exercice avec difficulté, rendant stérile le produit de ses tentatives. Et puis, l’allure de Party Intellectuals change, l’ironie se fait plus redoutable avec l'arrivée soudaine d'une bassstation et l’élucubration électronico-dansante de Fuego.

Toujours plus chanceux, le guitariste imbrique maintenant une mélodie de rien décorée de field recordings (Digital Handshake) et une pièce d’un minimalisme arty (When We Were Young and We Were Freaks), emporte son trio au rythme d’une no wave adolescente et drôle (Girlfriend) ou d’expériences rappelant celles de DNA (C=). Ainsi, en appliquant un no future au domaine de la pop universaliste et brouillonne, Ribot finit quand même par convaincre, dans le même temps qu'il relativise l’importance de l’essai transformé.

CD: 01/ Break On Through 02/ Party Intellectuals 03/ Todo el mundo 04/ When We Were Young and We Were Freaks 05/ Digital Handshake 06/ Bateau 07/ For Malena 08/ Fuego 09/ Girlfriend 10/ Midost 11/ Shhh Shhh 12/ C= >>> Marc Ribot’s Ceramic Dog - Party Intellectuals - 2008 - Yellowbird. Distribution Harmonia Mundi.

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Don Cherry: Live at Café Montmartre, vol. 2 (ESP - 2008)

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Suite et fin du Live at Café Montmartre, qui donne à entendre Don Cherry enregistré en 1966 aux côtés de Gato Barbieri, Karl Berger, Bo Stief et Aldo Romano.

Avec la même fougue et sur les quasi mêmes plaintes, le quintette sert la suite du répertoire qui servit à l’enregistrement, l’année précédente, de Complete Communion et Symphony for Improvisers, références produites par le label Blue Note. Comme pour diversifier l’exposé, Cherry adresse là un hommage à Ayler, son ancien camarade, et atteste de son intérêt croissant pour les musiques du monde : notamment brésilienne, sur l’interprétation, quand même bouleversée, d’Insensatez. Vingt ans plus tard, Don Cherry y reviendra avec Nana Vasconcelos au sein de Codona.

CD: 01/ Intro 02/ Orfeu Negro (Insensatez) 03/ Suite for Albert Ayler 04/ Spring is Here 05/ Remembrance 06/ Elephantasy 07/ Complete Communion >>> Don Cherry - Live at Café Montmartre, vol. 2 - 2008 (réédition) - ESP. Distribution Orkhêstra International.

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Musique Action: Défrichage sonore (Le mot et le reste - 2008)

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A l’occasion de la 25e édition du festival Musique Action, Henri Jules Julien interroge la pratique expérimentale d’une trentaine de participants et, en supplément, donne dans le détail la programmation des 25 éditions de Musique Action. 

Parmi les personnes interrogées : George Aperghis, Jean-François Pauvros, Daunik Lazro, Michel Doneda ou Xavier Charles, qui parlent d’interventions et de gestes, d’expression ou de contact à établir avec le public. Une autre fois, relire que cette démarche jugée parfois intellectualiste découle pour beaucoup de l’instinct (Lazro) ou des présupposés d’une situation (Martine Altenburger), voire, des promesses d’une apparition (Camel Zekri).

Complément apprécié au Blocks of Consciousness and the Unbroken Continuum, le livre balaye avec acuité l’objet sonore pas toujours identifiable de musiciens se baladant entre improvisation, musiques électroacoustique, pop et contemporaine, et qui ont pour point de convergence régulier la ville de Vandœuvre-lès-Nancy.

Henri Jules Julien - Musique Action : Défrichage sonore - 2008 - Le mot et le reste.

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Simon Wickham-Smith: Love & Lamentation (Pogus - 2008)

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D’anciens travaux abandonnés, de l’intérêt qu’il porte à l’ethnomusicologie et d’une obscure – pour ne pas dire obscurantiste – lecture de la Bible, Simon Wickham-Smith a fait Love and Lamentation, œuvre électroacoustique de traditions réinventées.

Puisqu’on y trouve des souffles longs propulsés en tubes et des collages maniaques, des motifs passés à l’envers et mille modifications sonores. Enfin, et surtout : un travail sur la voix. Qui montre Wickham-Smith s’appliquant à imposer des vitesses différentes à l’allure des récitations qu’il a glanées : ralentissement et accélération des bandes sur récitation latine ou message amoureux, et puis découpes, appositions d’effets déstabilisants, ou jeu de résonance pour psychédélisme tardif commandé par les redites.

L’Asie, enfin, qui point un peu partout : entre deux sonorités métalliques ou sur le drôle d’instrument à cordes entendu en conclusion de Love & Lamentation. Déconcertant, qui glisse un peu de jeu dans un exercice quelque fois abordé par un art contemporain avide d’expériences sonores.

CD: 01-05/ Love & Lamentation - Simon Wickham-Smith >>> Love & Lamentation - 2008 - Pogus. Distribution Metamkine.

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Joëlle Léandre: A voix basse (Musica Falsa - 2008)

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Dans A voix basse, à un Franck Médioni qu’elle a changé en scribe, Joëlle Léandre raconte tout, ou presque : son rapport à la contrebasse, son instrument, l’attachement d’une musicienne à la terre, son idée d’une improvisation qui ne s’apprend pas, ne s’improvise pas, n’interdit surtout pas l’erreur. Entre les lignes qui traitent de sa pratique musicale, des incartades sur le jazz ou le classique, des manières autres d’aborder l’instant, et beaucoup de voyages, de trajets la rapprochant de l’endroit du concert comme ils semblent l’éloigner, le temps de leur durée, du souci musical. Enfin, quelques colères : animées par la culture et ses institutions, ou par la place faite aux femmes dans la musique. Tout cela, évidemment, qui la motive.



Joëlle Léandre, Franck Medioni - A voix basse - 2008 - Musica Falsa.

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