Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofskyle son du grisli sur twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jacques Demierre: One is Land (Creative Sources - 2008)

DemiOnisli

La fougue avec laquelle Jacques Demierre investit Sea Smell, premier des deux titres de One is Land, fera preuve d'endurance : ayant mis en marche sa mécanique fiévreuse, le pianiste s’y accroche, porté par l’écho (drone composé de résidus sonores amassés), ou alors se laisse glisser, casse le rythme installé pour y revenir naturellement. Entre les accords, ce que le geste n’a pas commandé : les marteaux soumis sans doute à plus rude épreuve que les cordes, au service d’une rumeur qui finira par tout avaler.

Land Smell, ensuite, et en opposition : Demierre édifiant à l’intérieur de son instrument de subtiles constructions sonores prolongées – et rattrapées parfois – par une série d’artifices : éléments de développement passés qui insistent pour se voir concéder une autre place dans un jeu implacable de lyrisme constructiviste. .

CD: 01/ Sea Smell 02/ Land Smell >>> Jacques Demierre - One is Land - 2008 - Creative Sources.

Jacques Demierre déjà sur grisli
Avenues (Unit Records - 2008)
Black/White Memories (Insub - 2006)

Brainforest (Intakt - 2006)
Idp-Cologne (Psi - 2005)

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Trio Sowari: Shortcut (Potlatch - 2008)

Triosowasli

Pour leur deuxième collaboration sur disque sous le nom de Trio Sowari, Phil Durrant (ayant délaissé le violon pour se consacrer davantage à l’électronique), Bertrand Denzler (saxophone ténor) et Burkhard Beins (percussions), attirent à eux l’électricité qu'il y a dans l’air pour lui trouver sur Shortcut une place adéquate.

Morceaux bruts d’abstraction fondue dans l’atmosphère, les treize improvisations du disque entassent larsens et silences, notes minuscules pour être concentrées, coups secs de balais et dérives pseudo mélodiques de souffles le plus souvent engoncés en tubes. Ténu, le frémissement suffit pour tout transport, qui, à force d’avoir abusé de raccourcis, en arrive au court-circuit révélateur. Les treize étapes, d’avoir su mener jusqu’à une œuvre de minimalisme imposant.

CD: 01-05/ Piercing #1-#5 06/ Britzelfeld 07/ Corridor 08/ Dots #1 09/ Triton 10/ Vitesse 11/ Trespassing 12/ Dots #2 13/ Moving Targets >>> Trio Sowari - Shortcut - 2008 - Potlatch.  Distribution Orkhêstra International.

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Cannonball Adderley : Live in ’63 (Naxos, 2008)

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Poursuivant son œuvre d’archivage de films donnant à voir de grands noms du jazz donner des concerts en Europe, la série Jazz Icons publiait en fin d’année dernière sept nouveaux titres, dont un consacré à Cannonball Adderley.

En 1963, le saxophoniste se produit notamment à Lugano et Baden-Baden : en quintette, dans lequel rivalisent de présence Nat Adderley, Joe Zawinul et Yusef Lateef. Ce-dernier, de se voir confier quand même l’attention privilégiée du leader : rendant presque à lui seul la mélodie d’Angel Eyes ou tempêtant sur Jessica’s Day. Ailleurs, le hard bop ciselé du groupe (Jive Samba, Work Song) et un grand hommage adressé par Adderley à Coltrane : Brother John, sur lequel Lateef intervient à la musette en qualité d’idéal intermédiaire de circonstance.

Cannonball Adderley : Live in '63 (Naxos / Abeille)
Edition : 2008.
DVD : 01/ Jessica’s Birthday 02/ Angel Eyes 03/ Jive Samba 04/ Bohemia After Dark 05/ Dizzy’s Business 06/ Trouble in Mind 07/ Work Song 08/ Unit Seven 09/ Jessica’s Birthday  10/ Brother John 11/ Jive Samba
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ursula Bogner : Recordings 1969-1988 (Faitiche, 2008)

ursulasli

Pour œuvrer à la réhabilitation du mirage Ursula Bogner – Allemande ayant, en dilettante, servi son goût pour la musique électronique –, Recordings 1969-1988 fait défiler de ces expériences sonores : menées (à la maison) sur orgues d’époque mis au service d’une electronica semi lente ou d’un minimalisme aussi sobre que ludique.

De morceaux d’une pop électronique qui peut évoquer l’illustration sonore de La planète sauvage par Alain Goraguer en pièces égarées de proto new wave ou constructions rythmiques en appelant forcément sans le savoir aux premiers ouvrages de Jimi Tenor, Recordings 1969-1988 travestit Jan Jelinek en Bogner, plus encore : en curiosité inattendue autant qu’en petit-maître espiègle.

Ursula Bogner : Recordings 1969-1988 (Faitiche)
Enregistrement : 1969-1988.
Edition : 2008.
CD : 01/ Begleitung für Tuba 02/ Inversion 03/ Proto 04/ Metazoon 05/ Momentaufnahme 06/ Ton 07/ Speichen 08/ Modes 09/ Atmosphäre 10/ Punkte 11/ Expansion 12/ Für Ulrich 13/ Pulsation 14/ Testlauf 15/ Soloresonanzen
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Annea Lockwood: Early Works 1967-82 (EM - 2008)

Annealocksli

Pour revenir aux sources du travail d’Annea Lockwood – musicienne néo-zélandaise ayant rapidement changé d’hémisphère –, Early Works 1967-82 fait défiler de ces expériences sonores : menées (devant public) sur l’effet du mouvement sur l’oralité envisageable d’une plaque d’acier léger ou sur les vibrations à aller au discours possible de gongs et de clochettes qu’elle envisage en frénétique ; encore, essai comme un autre de musique concrète soignant l'intérêt de l'intervenante pour un matériau arrêté : le verre (Glass World).

Ailleurs, le bourdon dont se charge un saxophone ou un amas de notes sorties d’une pratique instrumentale épanouie seulement lorsqu’elle se montre revêche (cordes abordées essentiellement à l’intérieur du piano, qui commanderont plus tard, exténuées, qu’on mette le feu à l’instrument).

Documentant l’auditeur sans véritablement le transporter – s’il n’a pas attendu que paraisse cette réédition pour en entendre d’autres –, les vingt-trois premières vignettes de cette collection se font aisément oublier à l’ouverture d’une vingt-quatrième et dernière, d’ailleurs plus longue : Tiger Balm, collage hypnotique de râles de contentement d’un tigre amadoué, d’autres clochettes et de battements – d’un cœur, sans doute –, pièce désormais indispensable attestant d’un travail plus réfléchi, et autrement décisif.

CD: 01-23/ Glass World 24/ Tiger Balm >>> Annea Lockwood - Early Works 1967-82 - 2008 - EM Records. Distribution Metamkine.

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Les fées du Rhin: Passages (Sans bruit - 2008)

GrisliduRhin

En hommage à un texte d’Henri Micheau, le trio Daniel Erdman (saxophone ténor) / Benjamin Duboc (contrebasse) / Antoine Paganotti (batterie) enregistrait récemment Passages sous le statut de Fées du Rhin.

Investissant le champ d’un jazz modal inspirant, le trio met au jour quelques développements traînants seyant à une pratique instrumentale rampante : obnubilée par les motifs répétitifs (Drames d’un instant) ou libre d’aller interroger toutes combinaisons (grand archet sur saxophone introspectif sur Ou presque ; insistances lasses bientôt évanouies devant un swing emportant C’était donc ça). Entre ces morceaux de grande envergure, quelques dialogues, que les musiciens se réservent pour finir de soigner leur collaboration.

CD: 01/ Les fées du Rhin 02/ Drames d’un instant 03/ C’était donc ça 04/ Ou presque 05/ Sur Place 06/ Petit à petit 07/ Que faire d’autre ? 08/ Mais comment répondre ? 09/ Ici et là 10/ L’appel des ondines >>> Les fées du Rhin - Passages - 2008 - Sans Bruit. Téléchargement.

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Tony Malaby: Warblepeck (Songlines - 2008)

Malabisli

A la tête d'un Cello Trio qui convoque le violoncelliste Fred Lonberg-Holm et le percussionniste John Hollenbeck, Tony Malaby passe sur Warblepeck de saxophone ténor en soprano en profitant des combinaisons peu habituelles permises par sa formation. 

Oeuvrant au déraillement de Warblepeck à coups de provocations instrumentales mesurées ou investissant le champ d'une atmosphère grave (Waiting Inside), voire oppressante (Anemone), il donne ailleurs dans un morceau de soul commune (Two Shadows) – malgré les beaux efforts de Lonberg-Holm à l'archet. Ailleurs aussi : les fruits de la rencontre de trois musiciens remarquables, mais pas forcément inspirés, défilent sans marquer véritablement. D'autres qu'eux auraient pu s'en satisfaire.

CD: 01/ Warblepeck 02/ Jackhat 1 03/ Two Shadows 04/ Waiting Inside 05/ Fly on Wall / Remolino 06/ Anemone 07/ Anemone Vamp 08/ Sky Church 09/ Sky Church 10/ Scribble Boy 11/ Jackhat 2 12/ Chicotaso >>> Tony Malaby Cello Trio - Warblepeck - 2008 - Songlines. Distribution Abeille Musique.

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Lapslap: Itch (Leo Records - 2008)

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Trio écossais (Michael Edwards, Karin Schistek, Martin Parker), Lapslap consigne sur Itch dix improvisations allant voir du côté d’une musique électroacoustique perturbée, qu’elle soit brute ou plus sophistiquée.

Parti au son d’imprécisions instrumentales (piano désaccordé et saxophones souffreteux opposant leurs longues notes à quelques nappes électroniques imperturbables), la sélection va voir ensuite du côté de la tradition improvisée européenne (Paul Rutherford sur Sloopy Lips, Jacques Demierre sur Scratchy) puis de celle d’une musique contemporaine jadis inquiète d’avenir, lorsque le trio sort de son appareillage moderne les sons de très anciens orgues électriques (Nailed), avant de tout sacrifier à des déflagrations sonores hésitant entre pseudo indus et musique de jeux vidéo.

Quelques fois maladroit, Itch parviendra à satisfaire dans son ensemble l’auditeur qui saura partager les références du trio, ou goûtera l’œuvre des musiciens qu’il évoque : Pierre Henry, Al Margolis, Ross Bolleter, Sun Ra ou Günther Rabl.

CD: 01/ No Cheddar But 02/ Spoons 03/ Sloopy Lips 04/ Nailed 05/ Honk 06/ Hungry 07/ Schweigen 08/ Scratchy 09/ Motor Mouth 10/ Rhapsody in Light Yellow >>> Lapslap - Itch - 2008 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

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Joe Morris, Barre Phillips : Elm City Duets 2006 (Clean Feed, 2008)

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Après avoir rencontré Anthony Braxton, Joe Morris (ici à la guitare classique) improvisait en compagnie d’un autre musicien d’importance : Barre Phillips.

Elm City Duets, de partir au son de l’archet frénétique du contrebassiste, avant de faire état de pratiques percussives conjointes, capables d’imposer l’allure de l’improvisation – précipitations puis ralentissement de Recite. Aussi réfléchi qu’habité, Phillips reçoit avec superbe les interventions d’un Morris évoluant sur une boucle d’arpèges (Saved Stones) ou tirant parti d’un lot de cordes défaites ; pour les accueillir toujours différemment : pizzicatos abrupts ou grand archet baroque.

Ailleurs encore, la paire se débat sous des montagnes de cordes étouffées puis, prise de frénésie, trouve un peu de réconfort au creux d’une mélodie. Une fois n’est pas coutume.

Joe Morris, Barre Phillips : Elm City Duets 2006 (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006. Edition : 2008.
CD : 01/ Ninth Square 02/ Recite 03/ Saved Stones 04/ June Song 05/ Normal Stuff 06/ Spirals 07/ Translate 08/ Got Into Some Things
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gérard Siracusa: Drums Immersion (Signature - 2008)

Siracusli

Membre fondateur – depuis échappé – du GRIM, batteur discret mais entendu pourtant auprès de Raymond Boni, André Jaume, Yves Robert ou Mark Dresser, Gérard Siracusa réimpose sur Drums Immersion son art de batteur solitaire. 

Après avoir adressé un clin d’œil à Max Roach (Rouge rappelant les motifs de The Drums Also Waltzes), Siracusa déploie un savoir-faire polyphonique éclatant, qui peut prendre les atours d’une injonction martiale (Flagrance) ou d’une exploration sonore plus inquiète (Immersion), d’interventions tirant leurs substances premières des silences qui les séparent (Monologue, Illusion) ou d'exercices d’un jazz plus cadré (Hommage).

D’une démonstration mise au service de ses inventions ou d’instincts créatifs venant fleurir le parcours arrêté de la mécanique insoupçonnable de maladresse, Siracusa convainc, de Rouge à Hommage, soit : d’un bout à l’autre de Drums Immersion.

CD: 01/ Rouge 02/ Flagrance 03/ monologue 04/ Immersion 05/ Emergence 06/ Illusion 07/ Hommage >>> Gérard Siracusa - Drums Immersion - 2008 - Signature, Radio France.

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