Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Richard Cook, Brian Morton: Penguin Guide to Jazz Recordings (Penguin Book - 2008)

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Louis Armstrong et couleurs, en couverture : la neuvième édition de The Penguine Guide to Jazz Recordings passe en revue de nouveaux disques et en abandonne d’anciens, refuse l’entrée à quelques musiciens ou groupes accueillis jadis dans ses double-colonnes au profit d’autres : revenus (le saxophoniste Daunik Lazro) ou apparus enfin (le tromboniste Roland Dahinden). Seuls éléments à ne pas bouger : la méthode employée et la verve de ses auteurs, Richard Cook (disparu l’année dernière) et Brian Morton.

Morton, qui adresse un hommage à son collaborateur avec l’élégance que l’on connaît à un duo ayant été capable de changer un guide ambitieux en ouvrage indispensable, de ceux dont on s’inquiète quelques semaines avant d’apprendre leur parution prochaine.

Richard Cook, Brian Morton - The Penguin Guide to Jazz Recordings, Ninth Edition - 2008 - Penguin Book.

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Atomic, School Days: DISTIL (Okka Disk - 2008)

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Une autre fois, Atomic rencontrait School Days – Green Mill, Chicago, en 2006. DISTIL, ouvert d'abord aux sons d'un post-bop croulant sous les interventions trop démonstratives du vibraphoniste Kjell Nordeson, mais rattrapé bientôt avec application par Paal Nilssen-Love, qui impose de lents et denses développements rythmiques approuvés par le pianiste Hävard Wiik puis gonflé des charges de soul intempestives commandées par Ken Vandermark, Jeb Bishop et Magnus Broo.

Irrémédiablement, d'autres encombrements convulsifs (Visitors) et un jazz made in Chicago imposé aux Scandinaves (Dark Easter) : entre swing et déconstructions, polymorphe, l'association trouve une suite bravache à lui aller (Andersonville) avant d'investir le champ d'un lyrisme avide de montées en puissance (saxophone baryton de Vandermark et clarinette basse de Fredrik Ljungkvist) et de redescentes accordées, fait désormais habituel terrain d'entente.

CD1: 01/ Deadline 02/ Irrational Ceremony 03/ Visitors 04/ Dark Easter – CD2: 01/ Andersonville 02/ Fort Funston 03/ Closing Stages 04/ Ghosts and Spirits 05/ Bunuel at the Cocktail >>> Atomic, School Days - DISTIL - 2008 - Okka Disk. Distribution Improjazz.

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Anthony Braxton : Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records, 2008)

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Le quartette emmené l’un des derniers jours de juin 2008 à Moscou par Anthony Braxton exposait celui-ci aux côtés de Taylor Ho Bynum (cornet, bugle et trompettes), Katherine Young (basson) et Mary Halvorson (guitare électrique).

La Composition 367b, de naître ainsi de râles électriques traînants dont le saxophoniste motive la transformation en fond sonore bruitiste sur lequel pouvoir instituer le propos du jour. Les instruments à vent, d’alterner pour animer une série de dialogues forcément soutenus auxquels sera bientôt préféré un développement plus atmosphérique, plaque sonore en mouvement trouvant refuge, en fin de parcours, au creux d’une mélodie mélancolique aux notes allongées. Dans la veine de son ancienne collaboration avec Wolf Eyes, Braxton encore inattendu et encore inspiré.

Anthony Braxton : Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2008.
CD : 01/ Composition 367b
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Fennesz, Dafeldecker, Brandlmayr: Till the Old World's Blown Up and a New One Is Created (Mosz - 2008)

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A coups d’improvisations réarrangées, Christian Fennesz et deux membres de Polwechsel (le contrebassiste Werner Dafeldecker et le percussionniste Martin Brandlmayr) profitent de leur association sur Till the Old World's Blown Up and a New One Is Created, disque d’une musique électroacoustique reposée.

Sur transport lent, des arpèges de guitare claire et une poignée de notes sorties d’un vibraphone ouvrent ainsi un espace que revendique bientôt une série de charges vociférant. Or, c’est une pop atmosphérique qui prendra le dessus, rassurée ici par un archet de contrebasse, là par la cadence timide qu’imposent des balais sur caisse claire. Ailleurs encore – sur un mini cd accompagnant le principal –, par quelques structures rythmiques plus cadrées supportant trois morceaux plus courts et plus fades, qui contrastent avec la musique déroutante déposée jusque-là par le trio.

CD1: 01/ Till the Old World's Blown Up and a New One Is Created - CD2: 01/ Tau 02/ Jets 03/ Me Son >>> Fennesz, Dafeldecker, Brandlmayr - Till the Old World's Blown Up and a New One Is Created - 2008 - Mosz.

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Morton Feldman: For Philip Guston (Wergo - 2008)

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For Philip Guston, œuvre de Morton Feldman longue ici de quatre disques, sur laquelle Elmar Schrammel (piano, celesta), Julia Brener (piccolo, flûte) et Matthias Engler (vibraphone, glockenspiel, marimba) suivent une ligne au ralenti, passent avec elle de la position verticale à la planéité implacable.

Chutent avec elle, donc, avançant par à-coups porteurs, d’abord, combinant ou déposant à distance leurs répétitions, instaurant des dialogues aléatoires bâtis sur l’usage d'instruments différents, voire changeants, jusqu’à ce que les premières réverbérations emportent quelques basses, les insistances prenant le pas sur la pratique du trio : qui s’évertue à lutter sans cesse contre une fatalité feinte. Longtemps après le début, les dernières suspensions, les phrases encore osées en guise d’évocations d’un temps impossible à percer, mais dont il n’est pas inutile d’interroger surtout avec l'aide de Feldman la position dans l’espace.

CD1: 69:06 CD2: 71:52 CD3: 68:58 CD4: 64:39 >>> Morton Feldman / Trio Schrammel, Brener, Engler - For Philip Guston, for flute, percussion and piano  - 2008 - Wergo. Distribution Harmonia Mundi. 

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Amanda Stewart, Jean-Luc Guionnet: Non-Songs (La barque - 2008)

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Sur Non-Songs, enregistrement sorti de la collaboration d’Amanda Stewart (poète australienne) et de Jean-Luc Guionnet (saxophoniste français) et disque proposé avec le cinquième numéro de la revue La barque – là : quelques traductions d’œuvres de Stewart aux côtés d’autres textes, critiques ou littéraires –, retrouver, mêlées, deux formes de langage (sinon plus).

Celui fait de longues notes de saxophone alto, de souffles et de dérives sonores faites accompagnement, et celui d’une action littéraire expérimentale, que Stewart manipule avec savoir-faire et implication. Partagés, silences et râles rapprochent encore le murmure de l’une et la rumeur de l’autre, finissent même par conjuguer leurs différences pour qu’aboutisse enfin l’expression harmonieuse.

CD: Amanda Stewart, Jean-Luc Guionnet - Non-Songs - 2008 - Revue La barque, n°5.

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Jim McAulay: The Ultimate Frog (Drip Audio - 2008)

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Membre discret d’un Acoustic Guitar Trio dans lequel évoluait aussi Nels Cline, le guitariste Jim McAuley voit aujourd’hui paraître un double-album composé de titres qu’il enregistra en duo avec son ancien partenaire, ainsi qu’avec le violoniste Leroy Jenkins, le contrebassiste Ken Filiano et le percussionniste Alex Cline.

Souvent improvisées, les rencontres ont pour point commun un mélange de genres assumé : pièces déconstruites et anguleuses élaborées avec Jenkins (Improvisation #12) ou Filiano (Escape Tone), épreuves d’un minimalisme répétitif (Improvisation #5) ou expérimental (Froggy’s Magic Twanger), morceaux de folk atmosphérique (November Night) ou d’un blues quelques fois insipide (Jump Start). L’ensemble, de receler quelques moments de grâce.


Jim McAuley, Leroy Jenkins, A Ditty for NC (extrait). Courtesy of Drip Audio.

CD1: 01/ Improvisation #12 02/ Nika’s Love Ballad 03/ Improvisation #5 04/ November Night 05/ Improvisation #1 06/ Escape Tones 07/ A Ditty for NC 08/ Improvisation #6 09/ The Zone of Avoidance 10/ Froggy’s Magic Twanger 11/ Huddie’s Riff 12/ Il Porcelino – CD2: 01/ Jump Start 02/ Improvisation #9 03/ Bullfrogs and Fireflies 04/ Successive Approximations 05/ Improvisation #11 06/ Five’ll Get Ya’ Ten 07/ Work with Sharp 08/ ‘’No Snarel” 09/ Improvisation #10 10/ Angie Moreli Truly Confesses 11/ Okie Dokie 12/ For Rod Poole >>> Jim McAulay - The Ultimate Frog - 2008 - Drip Audio.

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Jacob Kirkegaard : Labyrinthitis (Touch, 2008)

jacob kirkegaard labyrinthitis

Derrière les drones tenaces commandés par Jacob Kirkegaard – lignes de fuite enveloppantes élevées sur de plus aigues, notes cristallines étirées à loisir puis changées en impatientes et finalement fragmentées – et sous ses airs d’ambient constructiviste, l’horizon de Labyrinthitis est fait aussi des réactions de qui l’écoute aux impulsions discrètes qui ne cessent de l’y provoquer.

Sans dire que Kirkegaard élève ici l’acouphène au rang d’œuvre d’art, celui-ci expose l’auditeur à quelques sifflements et bourdons instinctifs, et donc, le met à contribution le temps d’édifier une œuvre qu’il n’aura aucune raison, ensuite, de juger incomplète ou triviale. Parce qu’elle le changera aussi des sourcilleux audiogrammes, non pas tant sur la forme que sur la relativité des résultats qu’il doit en attendre. 

Jacob Kirkegaard: Labyrinthitis (Touch)
Edition : 2008.
CD : 01/ Labyrinthitis
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Magic I.D. : Till My Breath Gives Out (Erstwhile, 2008)

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Emmené par Christof Kurzmann (entendu jadis auprès de John Butcher ou Steve Lacy) et Michael Thieke (membre notamment du Clarinet Trio), The Magic I.D. compose un premier album d’une électroacoustique soumises à influences – David Grubbs, Mark Hollis ou Stina Nordenstam – ainsi qu’à l’originalité de son instrumentation (voix, guitares et clarinettes).

D’allure plutôt lente, l’ensemble défend souvent une pop atmosphérique ou un folk mouvant, aux mélodies instituées sur boucles et déviant selon l’effet des interventions. Capables de quelques maladresses (voix ici trop appuyée ou improvisation virant là au refrain stérile), The Magic I.D. parvient sur la longueur à imposer avec Till My Breath Gives Out (première référence d’une section pop ouverte par le label Erstwhile) un idéal musical polyphonique et polymorphe, rare et presque singulier ; prometteur, surtout. 

The Magic I.D. : Till My Breath Gives Out (Erstwhile / Orkhêstra Interational)
Edition : 2008.
CD : 01/ True Holiday 02/ Feet Deep 03/ Wintersong 04/ Martin Fierro 05/ From the Same Road 06/ Loopstück
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

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Joëlle Léandre, Akosh S.: Kor (Leo Records - 2008)

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Quelques années après leur première collaboration, Joëlle Léandre et Akosh Szelevényi redirent à l’Olympic Café, Paris, l’intensité commune de leur démarche improvisée.

Graves, forcément, l’archet et le saxophone : Part 1 à peine ouvert et, immédiatement, le transport en terres bouleversées : grincements de contrebasse et mélodies discrètes d’une Europe introuvable à force de revendiquer plusieurs centres, folklores interrompu ensuite par un mouvement de clochettes et une série majestueuse de pizzicatos dérangés.

Progressions difficiles, aussi – souffles en peine contre râles accrocheurs (Part 2) – et puis Balkans réinventés : diphonies chassées par le tumulte (Part 4) ou pièces contemplatives nées d’incantations plus rassurantes (Part 7). Ainsi, différemment et avec naturel, clarinette basse, saxophones et flûtes, auront opposé avec adresse quelques chimères mélodiques à l'imaginaire percussif et lyrique d’une Léandre qui ne faiblit pas (Part 6).

CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3 04/ part 4 05/ Part 5 06/ Part 6 07/ Part 7 >>> Joëlle Léandre, Akosh S. - Kor - 2008 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

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