Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Les diaboliques: Jubilee Concert (Intakt - 2009)

lesdiabosliques

En 2006 à Zurich, la pianiste Irène Schweizer invitait Maggie Nicols (chant) et Joëlle Léandre (contrebasse, chant) à fêter avec elle le vingtième anniversaire du label Intakt. Les diaboliques ainsi reformées, de profiter aussi de sa vingtaine d’années d’existence et de création.

S’il n’avait été filmé par Jürg et Marianne Rufer, l’événement aurait beaucoup perdu : concert déjà intense qui imbrique dans l’allégresse de multiples langages (accents monkiens de Schweizer, folies contemporaines de Léandre et constructions fantasques ou exercices de style de Nicols), Jubilee Concert profite en effet de ses images. Car, souvent, la grande représentation prend des airs de théâtre halluciné, pour le bien duquel le trio manie le grotesque avec une élégance hors-norme.

Alors, sur l’air de déconstructions improvisées ou d’hymnes patentés, les trois femmes pensent, grondent et pleurent, s’emportent toujours, se cherchent sans arrêt, et puis : édifient une relecture grandiose d’All Alone (Irving Berlin) avant de supplier qu’on les jette en pâture : Maggie Nicols à lunettes noires et tee-shirt orange requérant « Dip Me in Chocolate and Throw Me to the Lesbians ». L’essentiel aura été dit ; aller voir ce film tient de la priorité.

DVD: 01/ Intro 02/ Jubilation I 03/ Jubilation II 04/ Jubilation III 05/ All Alone 06/ Interference 07/ Dip Me in Chocolate and Throw Me to the Lesbians 08/ Jubilation IV >>> Les diaboliques - Jubilee Concert - 2009 - Intakt. Distribution Orkhêstra International.

Irène Schweizer déjà sur grisli
Berne Concert (Intakt - 2009)
First Choice (Intakt - 2006)
Portrait (Intakt - 2005)
Live at Taktlos (Intakt - 2005)

Joëlle Léandre déjà sur grisli
Basse-continue (Hors-Oeil - 2008)
Out of Nowhere (Ambiances magnétiques - 2008)
Kor (Leo Records - 2008)
The Stone Quartet (DMG - 2008)
A voix basse (Musica Falsa - 2008)
Winter in New York (Leo Records - 2007)
9 Moments (Red Toucan - 2007)
At the Le Mans Jazz Festival (Leo Records - 2006)
Face It! (Leo Records - 2005)
Fire Dance (Red Toucan - 2005)

Maggie Nicols déjà sur grisli
At the Le Mans Jazz Festival (Leo Records - 2006)
Live at Taktlos (Intakt - 2005)



Christof Kurzmann, Burkhard Stangl : Neuschnee (Erstwhile, 2009)

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Sorti de The Magic I.D., Christof Kurzmann redonne une actualité au duo qu’il forme avec le guitariste, pianiste, vibraphoniste et chanteur Burkhard Stangl, sorti, lui, de Polwechsel. Et Neuschnee, de mettre au jour le curieux rapport des deux hommes au format chanson.

L’électroacoustique pour tout langage, ils abordent le domaine en originaux tourmentés : traînant de longs morceaux sur lesquels on trouve field recordings, ébauches de travaux minimalistes, perturbations sonores et instrumentations démembrées, au rythme d’un vague à l’âme cher jadis à Gastr Del Sol – voix et guitares de Stangl rappelant plusieurs fois celles de David Grubbs.

La lassitude pas assez affirmée pour refuser de créer encore, Kurzmann et Stangl élaborent enfin Gredler, grande pièce de musique dissonante élevée sur boucle, puis Song Songs, au texte nourri de titres de chansons célèbres empruntés à Nick Cave ou à Cole Porter, aux Carpenters ou aux Beatles, histoire de combler de références leur forme singulière de chanson expérimentale.

CD: 01/ Las Hijas de Nieve 02/ In The Global Snow of Things 03/ Gredler 04/ Homeless Dogs 05/ Song Songs >>> Christof Kurzmann, Burkhard Stangl - Neuschnee - 2009 - Erstwhile. Distribution Orkhêstra International.


Anthony Braxton: Seven Compositions (Trio) 89 (HatOLOGY - 2009)

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Enregistré en 1989 à la Maison de la culture d’Amiens, Seven Compositions présente Anthony Braxton aller et venir entre saxophones, clarinette et flûte, aux côtés du contrebassiste Adelhard Roidinger et du batteur Tony Oxley.

L’association, de s’occuper de trois combinaisons musicales requérant sept compositions (quatre signées Braxton, une autre Oxley, la dernière étant All The Things You Are de Jerome Kern). Entre les reliefs tranchants de la première (les coups secs du batteur portant haut le soprano expectorant) et les phrases précipitées à la clarinette de la dernière, trouver l’étrange ouvrage né du rapprochement de pièces de Kern, Braxton et Oxley : bop clinquant bientôt mis à mal par toutes déviances instrumentales – alto et puis flûte, éboulement percussif et archet vindicatif –, croulant enfin sous les coups d’un free expiatoire. Définitif.

CD: 01/ Compositions 40D & 40C (+63) 02/ All The Things You Are - The Angular Apron - Composition 6A 03/ Compositions 40J & 110A (+108B + 69J) >>> Anthony Braxton - Seven Compositions (Trio) 89 - 2009 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

Anthony Braxton déjà sur grisli
Standards (Brussels) 2006 (Amirani - 2008)
Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)


Musique pour statues menhirs (Arbouse - 2009)

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Pour sortir un peu les statues menhirs du musée archéologique de Rodez de leur environnement maintenant quotidien, le label Arbouse invita une vingtaine de musiciens à leur composer d’autres paysages, enfermés sur deux disques. 

Inaugurant les travaux, Christian Fennesz peint une musique d’éveil à la masse imposante, oscillations adéquates au transport délicat requis par des pièces de taille et toise sous laquelle devront passer les autres intervenants. Parmi ceux-là, quelques figures capables d’accorder avec pertinence leur singularité au propos du jour (David Daniell, Benoît Pioulard, Sylvain Chauveau, Jasper TX), d’autres répétant leurs façons de faire (Mapstation, Mira Calix, Astrïd), tandis que quelques derniers s'égarent en individualistes grossiers (Parlour, Greg Davis, Melodium, Vs_price) et, par là même, scellent encore davantage les statues au sol de béton du Musée Fenaille.

Malgré eux, Musique pour statues menhirs parvient dans son ensemble à profiter des charmes d’une ambient réconciliatrice à laquelle se seront appliquées les postures changeantes d’adeptes de folk, de pop, d’electronica ou d’expérimentations légères.

CD1: 01/ Christian Fennesz, Sundial 02/ Rafael Anton Irisarri, Still 03/ Parlour, A Permanent Might 04/ David Daniell, Pillar 05/ www.lowman, Excerpt 2/3 06/ Serafina Steer, I Guess This Is Yours That You 07/ Benoit Pioulard, Je resterai ici tandis que 08/ John Hughes, BC Drone 09/ Astrïd, High Blues 10/ Zelienople, The Light No One Knows - CD2: 01/ Sylvain Chauveau, La chanson des pierres 02/ Jefre Cantu-Ledesma, The Iron Age 03/ Greg Davis, All Things Change 04/ Schneider TM, Statues Menhirs TM 05/ Orla Wren, The Climbing Rope 06/ Mapstation, Les tailleurs de pierre 07/ Melodium, Filitosa 08/ Mira Calix, In A Stony Place 09/ Nathan Bell, Portrait of An Ice Age 10/ VS_price, Arénite 11/ Jasper TX, Open Field >>> Musiques pour statues menhirs - 2009 - Arbouse Recordings.


Guionnet, La Casa, Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming, 2009)

guionnet la casa samartzis soleil d'artifice

Enregistré en studio, Soleil d’artifice est la trace laissée sur disque de l’association Jean-Luc Guionnet (saxophone alto) / Eric La Casa (microphones, laptop et enregistrements) / Philip Samartzis (électronique, laptop, field recordings), entendue en Europe en 2007.

En compagnie de l’Australien – qui s’occupa aussi de mixer l’enregistrement –, Guionnet et La Casa réinterrogent l’espace, le temps et la forme à donner à la dualité. Au son de sirènes, de grésillements, de chuchotements et d’aigus perçants, les trois hommes bâtissent un édifice de grisailles enfermant l’entente de sons préenregistrés et de pratiques instrumentales inventant sur l’instant. Bientôt, l’alto insiste pour se libérer de la forme jusque-là donnée à l’ensemble, se balance entre deux notes puis en répète une seule, de moins en moins inquiet d’aller voir ailleurs qu’à l’endroit indiqué : Soleil d’artifice dans lequel il finit par se fondre pour mieux en intensifier la flamme.

« J’aurai vécu dans le soleil. J’ai connu dans ce monde un bonheur infini. Certains soirs, le bruit de la pluie me procurait une jouissance indicible car il était la chanson que faisait ma vie pour résonner dans les profondeurs du temps qui me donnait tout. » Joë Bousquet, Traduit du silence, extrait cité dans Le bruit de fond, texte de Jean-Luc Guionnet.

Jean-Luc Guionnet, Eric La Casa, Philip Samartzis : Soleil d’artifice (Swarming / Metamkine)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Keith Tippett: A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor (Ogun - 2009)

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Sur scène à l’automne 1984, le pianiste Keith Tippett conduisait un septette aux membres choisis (Larry Stabins, Elton Dean et Mark Charig aux saxophones et cornet, Nick Evans au trombone, Paul Rogers à la contrebasse, Tony Levin aux percussions). L’ensemble, à réentendre aujourd’hui sur la réédition d’A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor.

Inspiré par un texte signé Maya Angelou, Tippett composa une œuvre en quatre parties souvent rattrapée par une improvisation abrasive : de l’unisson bon enfant qui ouvre l’enregistrement, les saxophonistes s’éloignent rapidement pour confronter des individualités perturbatrices que le pianiste accueille avec bienveillance. A force de commander des changements d’atmosphères, Tippett peut se laisser aller ici à un lyrisme obséquieux, là à une facilité d’exécution par trop légère, et puis investir une progression à la noirceur revigorante – aller entendre l’étrange évolution de la deuxième partie du titre principal. Partout, ensuite, le pianiste se voit remercié pour la confiance qu’il fait à ses partenaires, jusqu’à la dernière seconde de Dedicated to Mingus, conclusion lancée au son d’une valse dingue sur laquelle il fait sienne la folie persuasive d’un contrebassiste fait modèle.

CD: 01-04/ A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor 05/ Dedicated to Mingus >>> Keith Tippett - A Loose Kite In A Gentle Wind Floating with Only My Will for An Anchor - 2009 - Ogun. Distribution Orkhêstra International.

Keith Tippett déjà sur grisli
Live at Le Mans (Red Eye - 2007)
Viva la black Live at Ruvo (Ogun - 2006)


Evan Parker: Saxophone Solos (Psi - 2009)

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Aujourd’hui réédité : Saxophone Solos, ou treize Aerobatics enregistrés en 1975 – à l’occasion du tout premier concert solo qu’Evan Parker donna au soprano, pour les trois premiers ; dans les studios du label FMP, pour les autres.

A Londres, Unity Theatre, Parker donnait à entendre des recherches encore balbutiantes mais déjà singulières : développements qu’urgence et réflexion se disputent à coups de sifflements et de notes précipitées, d’aigus insistants et de glissements de terrain sonore. 

A Berlin, il redisait quelques semaines plus tard son discours emporté, transformant pour l’occasion son soprano en presque cornemuse, ou divaguant en interne autant qu’en externe en suivant, pour donner le change, les mouvements d’une danse de Saint-Guy expérimentale. Le saxophone soprano fait instrument malléable, changeant en morceaux d’un expressionnisme imposant toute prise de risque calculée et tout affolement.

CD: 01/ Aerobatics 1 02/ Aerobatics 2 03/ Aerobatics 3 04/ Aerobatics 4 05/ Aerobatics 5 06/ Aerobatics 6 07/ Aerobatics 7 08/ Aerobatics 8 09/ Aerobatics 9 10/ Aerobatics 10 11/ Aerobatics 11 12/ Aerobatics 12 13/ Aerobatics 13 14/ Aerobatics 14 >>> Evan Parker - Saxophone Solos - 2009 (réédition) - Psi. Distribution Orkhêstra International.


Laurie Anderson: Rien dans les poches (Dis Voir - 2009)

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En 2003, ayant accepté une commande de l’Atelier de création radiophonique de France Culture, Laurie Anderson tint un journal sonore, aujourd’hui retenu sur deux disques qu’accompagne un livre dans lequel on trouve tous propos retranscrits et quelques photos.

Recueil de sons intimes, Rien dans les poches révèle ainsi trois mois de la vie d’une artiste – hier exigeante, aujourd’hui installée – ayant sacrifié son audace à toutes commodités bourgeoises. Alors, en français, le disque donne à entendre et le livre redit des chroniques miniatures sans véritable intérêt qui, de New York au Sri Lanka, de salle de sport en réunion d'artistes à bout de souffle, transportent l’intéressée. Relégué au rang de simple illustration, même la musique n’y est pas. Restent ici ou là de plus jolies photos et quelques phrases moins insipides nées du rapport particulier que Laurie Anderson entretient avec les animaux – « Sur la route de la plage, il y a un singe malade avachi. » Et puis, à propos d’un concert de Patti Smith, cette note qui atteste que l’on ne peut à la fois être et avoir été mais, qu'après tout, ce qui compte est de savoir s'en satisfaire, voire en profiter : « Elle crie : « Main sacrée ! Trou du cul sacré ! Pied sacré ! » La foule adore. »

Laurie Anderson, Gilles Mardirossian, Lionel Quantin - Rien dans les poches - 2009 - Editions Dis Voir.


MVP: LSD (Riti - 2009)

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Sous-titré The Graphic Scores of Lowell Skinner Davidson, LSD donne à entendre Joe Morris (guitare), John Voigt et Tom Plsek (MVP, donc), inspirés par les notations personnelles d’un musicien qu’ils ont tous les trois fréquentés.

Auteur, dans les années 1960, d’un seul et unique enregistrement élaboré aux côtés de Gary Peacock et Milford Graves pour ESP, Davidson trouve là – certes, à titre posthume – ses conceptions singulières réinvesties et son œuvre prolongé. Donnant son interprétation de compositions graphiques couchées sur le papier par Davidson dans les années 1980, le trio installe une suite de progressions mélodiques souvent empêchées par une implication personnelle intense : découpées toutes, les conversations se font brutes et souvent lasses, ou développements sans cesse contrecarrés par la découverte probable d’une sonorité nouvelle. Extatiques en équilibre, Morris, Voigt et Plsek, tiennent sur le fil distandu qui court d’un bout à l’autre de l’ouvrage. Avec, qui plus est, un aplomb remarquable.

CD: 01/ Blue Sky and Blotches 02/ Particles 03/ Separate Blue X’s 04/ Gold Drop #2 05/ Orange Cards 06/ Index Cards #3 07/ Index Cards #1 08/ Index Cards #2 09/ Double Sheet 10/ Gold Triptych 11/ Gold Drop #1 >>> Joe Morris, John Voigt, Tom Plsek - LSD, The Graphic Scores of Lowell Skinner Davidson - 2009 - Riti. Distribution Orkhêstra International.

Joe Morris déjà sur grisli
Elm City Duets 2006 (Clean Feed - 2008)


Schweizer Holz Trio: Love Letters to The President (Intakt - 2009)

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Le trio de saxophones (et clarinette) Schweizer Holz – que composent Urs Leimgruber (soprano et ténor), Hans Koch (soprano et clarinette basse) et Omri Ziegele (alto) – improvise sur Love Letters to The President sept doléances d’une fantaisie anxieuse.

A l’intérieur : une vindicte à la ponctuation singulière qui oppose les altercations de sifflements et de rauques (Letter I) à quelques preuves de mélodies plaidant en faveur des réconciliations : gradation de Koch à la clarinette basse mettant en valeur toute l’intensité du jeu de Leimgruber au ténor (Letter II). Parfois, le discours est précipité et les contrastes s’estompent : associations délirantes de Somehow Brighter Sky et notes décousues de Waiting for an Answer imposant au message le champ d’une abstraction salutaire, quand la voix de Ziegele le tire ici et là vers le bas. Pour un temps seulement, puisque l’accord trouvé par Leimbgruber et Koch troque chacun des mots facheux contre une phrase d’une justesse implacable (Couldn’t Think of One Word).

CD: 01/ Letter I 02/ Letter II 03/ Letter III 04/ Rain Upon Your Heart 05/ Somehow Brighter Sky 06/ Waiting for an Answer 07/ Couldn’t Think of One Word >>> Schweizer Holz Trio - Love Letters to The President - 2009 - Intakt. Distribution Orkhêstra International.



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