Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Alan Courtis, Aaron Moore : Brokebox Juke (NO-FI, 2009)

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Fruit de la collaboration d’Anla Courtis (Reynols) et Aaron Moore (Volcano The Bear), Brokebox Juke est composé d’enregistrements ayant fait le voyage entre Argentine et Etats-Unis au point d’en devenir un précieux ouvrage au positionnement indéfini.

Parce que le duo va voir partout où la musique populaire saura faire preuve d’audace : mélodie répétée au point de tenir bientôt de la litanie abstraite, mécanique grippée de cordes de guitare ou de violon, mouvements lents vouant un culte aux effets crachant, gestes improvisés sur instruments multiples et épaisses couches de claviers électroniques ; enfin, progression fière et inattendue d’une autre guitare et d’une batterie. Formé au gré des transports, Brokebox Juke n’en finit pas de changer d’allure et de point de vue, laissant au final l’auditeur attester du passage d’un objet rare, confectionné dans le secret par deux musiciens ayant la pop ombreuse en partage.

Alan Courtis, Aaron Moore : Brokebox Juke (NO-FI / Metamkine)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2009.
LP : A01/ Prorgreso = Ropes Gro A02/ Lopsla Nes = Opals Lens A03/ Lunoion = A Nu Lion A04/ Bluifedls = I Feed Bulls B01/ Conpcion = P-Cone Conic B02/ El Sincio = Silence Oil B03/ Gigngante = Anti Egg
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



The Fall : The Frenz Experiment (Beggars Banquet, 1988)

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One of my all time faves. To me, this is something like a drum and bass manifesto, without being drum'n'bass-like at all. Cold and driving beats provided by the one and only rhythm section Steve Hanley on bass and Simon Wolstencroft on drums. Can't decide which song I love most: Victoria, Carry Bag Man, Hit The North or Bremen Nacht. But The Fall rules anyway.

The Fall : The Frenz Experiment (Beggars Banquet)
Edition : 1988.
CD : 01/ Frenz 02/ Carry Bag Man 03/ Get a Hotel 04/ Victoria 05/ Athlete Cured 06/ In These Times 07/ The Steack Place 08/ Bremen Nacht Alternative 09/ Guest Informant 10/ Oswald Defence Lawyer 11/ Tuff Life Booogie 12/ Guest Informant 13/ Twister 14/ There's a Ghost in My House 15/ Hit The North
Guido Möbius © Le son du grisli

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Iconoclaste musicien allemand, Guido Möbius a récemment vu le label Karaoke Kalk produire son troisième disque : Gebirge.


Ingrid Laubrock : Sleepthief (Intakt, 2008)

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La saxophoniste d’origine allemande Ingrid Laubrock intervient dans plusieurs formations (Nois4, Nein) dont un trio avec l’excellent pianiste Liam Noble (qui s’était déjà fait remarquer pour son travail avec le mythique Moondog) et le batteur Tom Rainey. Dans le livret de Sleepthief, le pianiste et compositeur anglais Steve Beresford s’interroge, en référence au titre de l’album, sur le rapport qu’entretient la musique du trio avec le sommeil. Il imagine notamment que chacun des membres du groupe est dans une phase différente d’assoupissement, rendant le fruit de leurs improvisations aussi bien intense et détendu que vague et spécifique dans le même temps. Cette capacité d’interaction, presque involontaire et qui paraît si naturelle à l’écoute, est en grande partie due à la manière dont Ingrid Laubrock a su s’entourer.

Les improvisations du trio embarquent l’auditeur dans des zones oniriques et hypnotiques où la subtilité des échanges est toujours privilégiée à la fureur d’un défrichage sonore. Tour à tour, les instruments se succèdent, s’additionnent, passent d’un registre plutôt mélodique et atmosphérique à une fonction rythmique. Si les nombreuses respirations participent à la mise en valeur des différentes propositions du discours, ce dernier ne se transforme jamais en une vaine quête abstraite. Ce disque confère au trio, dont la réputation des prestations est grandissante, une place essentielle, souvent difficile à atteindre, à la frontière du classicisme et de l’avant-garde.

Ingrid Laubrock : Sleepthief (Intakt / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007. Edition : 2008.
CD : 01/ Zugunruhe 02/ Sleepthief 03/ Oofy Twerp 04/ Never Were Not 05/ Environmental Stud 06/ The Ears have it 07/ Batchelor’s Know-how 08/ Social Cheats 09/ Amelie
Jean Dezert © Le son du grisli


Robert Wyatt, Jean-Michel Marchetti : Anthologie du projet MW (Æncrages & Co, 2009)

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Célébrant une dizaine d’années de traduction et d’illustration par l’artiste Jean-Michel Marchetti de textes signés Robert Wyatt et Alfreda Benge, Anthologie du projet MW (qui assemble les cinq volumes de la série) évoque le parcours de Wyatt en 80 chansons et quelques noirs dessins. Et puis d’un disque, sur lequel souligner la présence de Pascal Comelade et la trace d’une interview donnée par Wyatt en français.

Sincère, la collaboration éclaire d’une autre manière un art musical rempli de contes miniatures – scènes d’une vie quotidienne réinventée, chroniques animales –, d’ironie, de spiritualité velléitaire et quelques fois de naïveté, auquel Marchetti oppose sa typographie épaisse et quelques silhouettes jouant – par quelle astuce – de détails. Le beau fruit d’une longue rencontre artistique obnubilée par deux initiales : sous couvert d’option pataphysique prise, voici par exemple dévoilé au lecteur l’alphabet britannique : le nôtre, mais à l’envers, et auquel deux lettres manquent : M et W.

Robert Wyatt, Jean-Michel Marchetti : Anthologie du projet MW (Æncrages & Co)
Elaboration : 1997-2008. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Splinters : Split The Difference (Reel, 2009)

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A l’instar de Coleman Hawkins aux Etats-Unis, le saxophoniste et flûtiste Edward “Tubby” Hayes et le batteur Phil Seamen purent, en Angleterre, estimer le potentiel du dialogue intergénérationnel entre créateurs curieux.

Ancien partenaire de Ronnie Scott, Hayes s'oppose à tout clivage en se rendant en 1972 au 100 Club de Londres histoire d’échanger avec quelques représentants d’un art musical forcément plus novateur : Trevor Watts (saxophone alto), Kenny Wheeler (trompette et bugle), Stan Tracey (piano), Jeff Clyne (basse) et John Stevens (batterie). Propulsée par une section rythmique renforcée, la rencontre prend d’abord l’allure d’un swing capable de recueillir toutes interventions fantasques : archets de contrebasse rivalisant d’invention avec les entrelacs que dessinent les instruments à vents. La longue pièce, d’imposer ensuite ses allures : bop favorable aux déviations, et puis ballade écartée afin que sonne l’heure des scansions libertaires, grands écarts qui rappellent à Londres les fameux usages de Mingus.

Deux pièces seulement, sur lesquelles les individualités s’accordent sur une concession grandiose, le respect et la confiance en guise de langage commun. L’année suivante, Hayes disparaissait, laissant jouer sans lui les grands représentants d’un autre jazz britannique.


Splinters, Two in One Hundred (extrait). Courtesy of Reel Recordings.

Splinters : Split The Difference (Reel / Orkhêstra)
Enregistrement : 1972. Edition : 2009.

CD :  01/ One in One Hundred 02/ Two in One Hundred
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Phosphor : Phosphor II (Potlatch, 2009)

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Avec ce second album de Phosphor, le label Potlatch donne une nouvelle marque du suivi qu’il exerce fidèlement auprès de « ses » artistes – il faut dire également que la première galette (P501, 2001) du groupe berlinois pâtissait d’un son terne et que le présent enregistrement répare cet inconvénient : Burkhard Beins (percussion, objets, etc.), Axel Dörner (trompette, electronics), Robin Hayward (tuba), Annette Krebs (guitare, objets, etc.), Andrea Neumann (intérieur de piano, table de mixage), Michael Renkel (guitare, ordinateur) et Ignaz Schick (tourne-disque, objets, archets) ont gravé ces six pièces (qui prennent la suite des six mouvements du précédent opus) dans d’excellentes conditions.

Et cela concourt beaucoup à l’adhésion de l’auditeur : l’espace d’écoute se voit redimensionné par les structures portantes soufflées, grenues, lissées ou pulvérulentes qui émanent de l’instrumentarium du groupe ; mécaniques ou organiques, électriques ou acoustiques, les sonorités, dans leur « jeu », déploient des mondes poétiques, déposent des mégalithes complexes – et quelques vignettes dont les riches textures et dynamiques sont assez éloignées de l’emprise urbaine du primo-réductionnisme.

Phosphor : Phosphor II (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009
CD : 01/ P7 02/ P8 03/ P9 04/ P10 05/ P11 06/ P12
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Tortoise : Beacons of Ancestorship (Thrill Jockey, 2009)

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Ils auront pris leur temps. C'est-à-dire cinq ans. Cinq ans pour renvoyer tout le monde à ses livres d'histoire. Cinq ans pour expliquer l'histoire de la musique rock / pop / contemporaine / post-rock / tout ce que tu veux. Et la refaire. Et l'exposer à nouveau. Cinq ans pour faire ce que d'aucuns, à tort ou à raison, ne les croyaient plus capables de faire. Cinq ans pour faire un disque synthétique, un disque punk.

Ce qui fascine, dès les premières secondes de Beacons of Ancestorship, c'est qu'encore une fois Tortoise sait faire du Tortoise, c'est-à-dire ne pas en faire. Être toujours parfaitement reconnaissable et, cependant, trouver des moyens nouveaux de s'exprimer. Ainsi, les harmonies rappellent les disques précédents, mais l'atmosphère est synthétique. Pas l'ombre d'une marimba ni d'un vibraphone. Mais un corps qui s'unit dans l'association batterie / basse / synthétiseurs.

Si le disque finit par une faiblesse (Charteroakfoundation), trop longue, trop peu variée, elle l'est surtout en comparaison avec le reste. À commencer par ce triptyque d'ouverture, qui ne se lasse jamais de rebondir, de se réinventer dans le rythme, dans le tempo, d'épuiser en presque neuf minutes les lignes saturées mais pures de ses synthétiseurs (High Class Slim Came Floatin' In). Ou encore : Northernsomething, dont les premières mesures peuvent faire croire à un paradoxe exotique, mais qui se révèle être un monument de groove, basses filtrées à l'extrême et batterie qui épuise la boîte, prend plaisir à la surclasser, parce qu'elle connaît déjà le secret du rythme.

Sauf que c'est sur Yinxianghechengqi qu'on s'attardera pour finir. Parce qu'il est, jusqu'à la contradiction, la vraie nouveauté de ce disque, qui fait entendre l'origine punk-rock de la musique de Tortoise, origine que l'on pressentait certes, mais qui n'avait jamais été aussi manifeste ici. Et qui n'avait jamais été manifeste, en fait. On n'avait jamais entendu ça : ce rythme ouvertement binaire, cette basse enragée, énergie brute, en somme, qui prend littéralement le contre-pied de tout ce que Tortoise a pu faire sur disque. Avant que les assauts de Jeff Parker contre le mur du son ainsi installé n'établissent un équilibre nécessairement instable entre ces deux pôles autour desquels la musique n'a eu de cesse en vérité de s'articuler : puissance et complexité.

Tortoise : Beacons of Ancestorship (Thrill Jockey / Pias)
Edition : 2009.
CD : 01/ High Class Slim Came Floatin’ In 02/ Prepare Your Coffin 03/ Northern Something 04/ Gigantes 05/ Penumbra 06/ Yinxianghechengqi 07/ The Fall of Seven Diamonds Plus One 08/ Minors 09/ Monument Six One Thousand 10/ de Chelly 11/ Charteroak Foundation
Jérôme Orsoni © Le son du grisli


Sonny Simmons : Autour de Sonny Simmons (La vie est belle, 2009)

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Ainsi, Sonny Simmons aura résisté aux vicissitudes d’une vie qui auront abattu plus d’un musicien de jazz. Bien des années après avoir œuvré à l’avant-garde aux côtés de Prince Lasha et reçu toute la confiance d’Eric Dolphy, Simmons découvrira la drogue, dont l’usage répété le jettera à la rue. A force de soutiens, le saxophoniste s’en sort ensuite, rattrapé in-extremis mais pas assuré pour autant de ne plus voir venir à lui d’autres genres d’épreuves.

Autour de Sonny Simmons le prouve : coffret réunissant un film, un disque et un livret consacrés au septuagénaire, l’objet démontre que les meilleures intentions du monde ne peuvent pas grand-chose contre l’implacable fatalité. A voir ici, donc : un film réalisé par François Lunel, montage décousu de morceaux de vie filmée qui, sous prétexte de faire toute confiance à la force de l’image, passent à côté de leur sujet. Une courte conversation entre le saxophoniste et Sunny Murray pour toute exception ; partout ailleurs, on met en boîte un saxophoniste de taille sans lui permettre de parler beaucoup, on l’installe et le dirige dans un sordide décor de sursis aux côtés d’âmes parfois bienveillantes, parfois inconsistantes et cherchant les preuves de leur propre existence auprès de plus grand qu’eux – tous, gravitant autour d’un astre qui vacille, l'important étant avant tout d'apparaître avec lui dans le cadre.

Sonny Simmons méritait évidemment mieux, car le musicien a des choses à dire autant qu’à faire entendre. Il méritait, par exemple, un film rehaussé des présences de complices qui le connaissent et connaissent sa musique – en premier lieu desquels Marc Chaloin, qui a recueilli des années durant le témoignage de Simmons, biographe exigeant qui tient sans doute à disposition de tout éditeur audacieux les innombrables pages d’un hommage autrement sincère – et auraient pu, en images quand bien même, s’entretenir avec lui d’un autre thème à côté duquel passe le film : celui de la musique.

Heureusement quand même, les mots de Julien Palomo tissent dans un livret adjoint une biographie convaincante même si frisant parfois l’hagiographie, principales étapes d’un parcours hors-norme que le disque, non plus, n’arrive pas à illustrer : tendrement, le saxophoniste y rend avec le guitariste Jeff Ryan et le pianiste Gilbert Sigrist une musique sans saveur, bande-son d'autres films de Lunel et nouveaux espoirs déçus. Pas de ceux faciles à mettre en cage, Sonny Simmons, musicien magistral, n’aura pas permis non plus qu’on l’enferme en coffret.

Sonny Simmons : Autour de Sonny Simmons (La vie est belle)
Edition : 2009.
DVD : Together with Sonny Simmons, François Lunel. CD : Filmworks, Sonny Simmons.

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Sonny Simmons


Paul Motian : On Broadway, Vol. 5 (Winter & Winter, 2009)

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Voici le 5ème volume d’On Broadway, projet que Paul Motian mène à la tête d’orchestres  changeants, mais pour le même label (Winter & Winter), depuis 1988. Le propos demeure donc ici le même : revisiter les grands thèmes du Song Book américain.

Le sous-titre du volume 4, « The Paradox of Continuity », permet de jeter une éclairante lumière sur ce projet. Le paradoxe de la continuité, donc, ou comment le jazz est une musique de perpétuation de l’héritage en même temps qu’une ré exploration, une transformation, de cet héritage. Le choix de reprendre des standards portant à son acmé ce paradoxe du changement dans la continuité. Paul Motian a aujourd’hui 78 ans, et on peut estimer à cinquante années son activité dans la sphère jazz (en 1959, il intègre le trio de Bill Evans avec Scott La Faro). Cependant, l’effet de surprise demeure intact : le batteur ne sonne comme personne et on le reconnaît entre tous. Le son unique de Motian imprègne la poignée de standards revisités ici, et semble déteindre sur les quatre  musiciens qui l’accompagnent (les saxophonistes Loren Stillman et Michaël Attias, le pianiste Masabumi Kikuchi et le contrebassiste Thomas Morgan).

La musique est comme en apesanteur, en flottement, les motifs développés détournent de l’évidence, incarnent l’hésitation et, en empêchant les réflexes de s’exprimer, garantissent l’exploration de voies nouvelles. Après l’écoute de ce cinquième volume d’On Broadway – dont le plus beau moment pourrait bien être ce Just a Gigolo mis à nu – une impression de paix et d’étrange familiarité demeurent…

Paul Motian : On Broadway, Vol. 5 (Winter & Winter / Abeille Musique)
Enregistrement : 2000. Edition : 2009.
CD : 01/ Morrock 02/ Something I Dreamed Last Night 03/ Just a Gigolo 04/ I See Your Face Before Me 05/ A Lovely Way to Spend an Evening 06/ Midnight Sun 07/ Sue Me
Pierre Lemarchand © Le son du grisli


Rice屎Corpse : Mrs Rice (Dual Plover, 2009)

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Terme hélas galvaudé dans la critique musicale, la folie conserve le plein sens de sa démesure en la personne de Lucas Abela, le fantasque Australien à l’origine de Rice屎Corpse (et, auparavant, de Justice Yeldham). Reconnu – et célébré – pour ses performances scéniques lors desquelles il joue des morceaux de verre brisé amplifiés au contact de ses lèvres, l’artiste des Antipodes manie pourtant un sens de la musicalité très noise rock, finalement pas très éloigné des distorsions de guitares à la Sonic Youth, tendance radicale, le côté sanguinolent en prime (et ce n’est pas du chiqué !). Ajoutez-y l’idéogramme chinois 屎 (pour excréments, combinaison du riz 米 et du cadavre 尸, autrement dit le cadavre du riz) et vous imaginerez le tableau complet. Et bien non !

Associé aux musiciens chinois Yang Yang (batterie, voix) et Li Zenghui (piano), rencontrés au cours d’un séjour pékinois, Abela nous livre un disque à la fois familier par son penchant jazz rock et surprenant par l’addiction que certains morceaux procurent au bout de deux écoutes. Véritable déluge d’accords pianistiques plaqués métal, Mountain délivre une floraison tempétueuse implacable de fureur mélodique et de défoulement percussif, ce ne sont pas les seules qualités de l’album. Quelque part entre Terrestrial Tones, carnaval chinois pour schizophrènes à la bougeotte et recrudescence dadaïste à la 16 17, Stamp On My Balls (le titre !) arrache tout sur son passage, et tant pis pour les monomaniaques de la finesse esthétisante. Plus expérimental et moins réussi, Desktop Frog se veut une tentative ludique de collision fractale entre Strotter Inst. et Yellow Swans qu’on oublie bien vite, au profit de Resurrection Men et son pianisme proche d’un Ervin Schulhoff forcément… Ressuscité en notre époque dans un jazz band signé sur Paw Tracks.

Rice屎Corpse : Mrs Rice (Dual Plover / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Mountain 02/ Stamp On My Balls 03/ Desktop Frog 04/ Resurrection Men 05/ Peking Duck 06/ Mrs. Rice
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli



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