Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Biosphere : Wireless (Touch, 2009)

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A Bristol à l’automne 2007, Geir Jenssen (ou Biosphere) reprenait en public ses travaux d’ambient vaporeuse, l’inspiration animée par son goût des grands espaces : Ciel et Asie.

Allant jusqu’à les rapprocher sur Shenzou, capsule spatiale chinoise changée en morceau d’atmosphère faite de boucles et de nappes enveloppantes, après avoir mis en branle pour l’atteindre une mécanique de souffles sortis d’un trombone (Pneuma). La suite, d’osciller au gré des chocs sonores plus ou moins bien amortis : les maladresses prenant les noms de When I Leave (rythme peu subtil, enregistrement vocal agaçant d’avoir été trop entendu), Birds by Flapping Their Wings (boucle moins maligne) ; les réussites, ceux de Kobresia (guitare en perpétuelle décalage), Warmed The Drift (basse insistant sur deux notes), Moistened and Dried ou Calais Ferryport (ambient relevé d’un peu d’expérimental et transport avalé par un amas de field recordings).

Entre les deux, Jenssen assure le minimum, et d’un Pneuma à l’autre (Pneuma II), de l’ouverture à la conclusion de Wireless, l’auditeur estimera le chemin parcouru selon l’humeur du jour : goûtant les morceaux de choix avant d’être irrité, ou relativisant les écarts en comptant sur la surprise.

Biosphere : Wireless (Touch Music)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD : 01/ Pneuma 02/ Shenzou 03/ Birds by Flapping Their Wings 04/ Kobresia 05/ When I Leave 06/ Warmed by The Drift 07/ The Things I Tell You 08/ Moistened and Dried 09/ Sherbroke 10/ Calais Ferryport 11/ Pneuma II
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Biosphere



Qwat Neum Sixx : Live at Festival NPAI 2007 (Amor Fati, 2009)

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Des quelques formations regroupées ces dernières années autour de Daunik Lazro (ici au seul saxophone baryton), je chéris particulièrement ses Aérolithes (avec Doneda, Nick et Hoevenaers, disque sur le label Vand’œuvre) et le présent quatuor – à la première apparition publique duquel j’ai assisté à La Malterie lilloise en janvier 2007 – que complètent Sophie Agnel (piano), Michael Nick (violons) et Jérôme Noetinger (dispositif électroacoustique), soit déjà tout un réseau de connaissances et d’affinités connexes.

Enregistrée sur scène en juillet de la même année, au festival NPAI, cette suite de quarante-cinq minutes se déploie, fleur de thé au goût ferreux et narcotique, dans un atelier d’industrie onirique : travailleurs du son, fondeurs de fractales, chacun est à sa tâche, sans obstruction, œuvrant à une subtile propulsion, chargeant l’établi puis l’allégeant. Ça fritte, ça frotte, ça tresse et éparpille ; baryton à hélices & tuyères, archet projetant ses rais de limaille ; Noetinger trame, zippe, déchire tandis qu’Agnel, au piano « intégral », câble et file et tisse. Exigeant, superbe.

Quatuor Qwat Neum Sixx : Live at Festival NPAI 2007 (Amor Fati / Metamkine)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD : 01-05/ Live at NPAI 2007
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Kommissar Hjuler & Mama Bär : Asylum Lunaticum (Intransitive, 2009)

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Couple d’artistes se suffisant quelque part à l’extrême nord de l’Allemagne, Kommissar Hjuler et Mama Bär publient aujourd’hui Asylum Lunaticum, compilation d’œuvres musicales dispersées jusque-là sur disques et cassettes autoproduits.

Au moyen de leurs voix, de micros et magnétophones, Hjuler et Bär construisent un langage qui pourrait bien n’appartenir qu’à eux : art forcément brut rehaussé d’influences ayant donné dans la provocation (Kurt Schwitters, Dada, Fluxus) qui oscille entre musique expérimentale et poésie sonore. Enregistrée sur cassette, une voix s’en trouve bientôt ralentie, que l’on oppose au refrain insistant d’une autre qu'elle, plus éloignée ; imbriqués ailleurs, souffles et projectiles sonores, silences concrétisés sur bandes ou bribes d’un discours évoquant le proche Danemark.

Surtout, Ehrfurcht, près de trente minutes de chants à se chevaucher : airs approximatifs et textes indéchiffrables posent enfin la question d’un format-chanson enfin débarrassé des contraintes de temps et d’uniformité rassurante. A la place, quelques field recordings accompagnent une berceuse étrange au point d’en devenir dérangeante. On ne peut alors rien reprocher à Kommissar Hjuler et Mama Bär, sinon d’oser inventer et de déranger parfois quand d'autres artistes vivent de restes inoffensifs.   

Kommissar Hjuler, Mama Bär : Asylum Lunaticum (Intransitive Recordings / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ HJVCGrimmelshausen 02/ Lichtblicke 03/ Ehrfurcht 04/ Meine erste Zeitmaachine 05/ de nye Rigspolitichefen 06/ Lauf in Eine Herde 07/ Asylum Lunaticum

Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Hiasham Mayet : Palace of The Winds (Sublime Frequencies, 2009)

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Avec ses collègues du label Sublime Frequencies, Hisham Mayet contribue à la reconnaissance de genres musicaux mésestimés comme le raï primitif, le rock cambodgien ou la transe touareg à guitares. Depuis des années, il arpente les régions les plus reculées et les plus inattendues afin d’y filmer des performances musicales, des rites et des scènes du quotidien en usant d’une forme qui a été définie de « folk cinema ». N’ayant pas suivi de formation professionnelle, le cinéaste se laisse avant tout guider par une passion : découvrir et tenter de montrer quelques facettes des peuples rencontrés. A l’aide d’une caméra DV, il filme avec une grande liberté de mouvement et, souvent, des fulgurances de cadrage et de travellings, en témoignent, parmi d’autres, les étranges et beaux Niger : Magic and Ecstasy in the Sahel et Jemaa El Fna : Morocco's Rendez-Vous of the Dead. Le montage alterne les scènes dans un ordre subjectif, faisant de ces productions des propositions poétiques plus que des documentaires au sens strict.

Pour Palace of The Winds, Hisham Mayet s’est baladé entre 2006 et 2008 dans le Sahara occidental et la Mauritanie. Dans son film, on peut voir des paysages lunaires, des étals de marchands ressemblant à des cabinets de curiosités et des groupes (Group Doueh ou Sadoum Oueld Aida par exemple) à l’expression hantée et obsédante. Accompagnant toute la pellicule et participant pleinement à l’atmosphère onirique, cette musique associe rythmes extatiques, guitares électriques et chants habités. Une image dont on se souviendra longtemps est celle du guitariste de Group Doueh posant dans la lumière bleutée de son magasin de K7, tel le modèle d’un Edward Hooper africain.

Hisham Mayet : Palace of The Winds (Sublime Frequencies / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006-2008. Edition : 2009.
Jean Dezert © Le son du grisli


Paul Panhuysen : Le jeu & les règles (Les presses du réel, 2009)

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S’il œuvra un temps dans la mouvance de Fluxus, l’artiste hollandais Paul Panhuysen sut aller voir ailleurs et de tous côtés. Voici l’évidence à laquelle Le jeu & les règles, première monographie consacrée à son travail, amène le lecteur, et puis l’auditeur, qui sera allé entendre Small Samples, Many Pieces, rétrospective de ses expériences sonores consignées sur un disque accompagnant le livre.

Car Panhuysen aura vite fait de remettre en cause sa première approche, classique, des arts graphiques. Dans le livre, quelques exemples d’une peinture influencée (expressionnisme, abstraction, cobra) à laquelle l’artiste préférera bientôt l’élévation de sculptures ou l’installation d’œuvres souvent sonores : instruments inventés, mécanismes chantant, magnétophones réquisitionnés et pianos suspendus. Davantage intéressé par l’invention de processus que par une accumulation d’œuvres soumises à un concret souci d’en démontrer, Panhuysen découvre là son terrain de prédilection.

Ludique, celui-ci, mais soumis aussi à quelques systèmes, ordre établi mais réinterprété. Sous toutes ses formes, certaines musicales : minimalisme bricolé à l’aléatoire surprenant, folklore de récupération défendu à la tête du Maciunas Ensemble, variations de cordes retenues en sculptures ou chants d’oiseaux pris en installations. La litanie inquiète de l’art de Paul Panhusen, autrement cinétique puisqu’avide de mouvement pour transformer l’image en sons de distraction haute.

Collectif (Edité par Yvan Etienne) : Paul Panhuysen : Le jeu & les règles (Les presses du réel)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Profound Sound Trio : Opus de Life (Porter, 2009)

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Combien de concerts intenses et grandioses perdus à jamais à cause de l’absence d’enregistrement ? Combien d’enregistrements pirates gardés jalousement par quelques aficionados avisés et que nous ne découvrirons jamais ? Par chance, les micros traînaient en ce soir du 14 juin 2008 sur la petite scène new-yorkaise du Clemente Soto Velez Cultural Center. Et c’était une sacrée bonne idée que ces micros soient là !

Sur scène : Andrew Cyrille, Paul Dunmall, Henry Grimes. Inutile de faire les présentations. D’emblée, ils jouent comme si c’était la dernière fois de leur vie. Les voici dans le vif du sujet, bataillant une musique (appelez-là free jazz si ça vous chante) saisissante et torrentielle. Ce soir, ils jouent comme s’ils avaient été réduits au silence des années durant (pour Grimes, la chose n’est pas tout à fait fausse). Ce soir, ils jouent avec grandeur et insolence. Alors, à quoi bon décrire tout cela ? Voici le Britannique comme un poisson dans l’eau face aux deux vétérans de la new thing. Les voici rajeunis, mitraillant et jouant sans discontinuer. Parfois se combinent et s’enchâssent les timbres (violon et cornemuse) et c’est magnifique. Car oui, Henry Grimes est un violoniste sidérant et nous ne le savions pas.

Il n’y aura donc pas de temps mort, pas de round d’observation mais une transe irréelle et continue. S’agissait-il de leur premier concert ? On voudrait le croire tant cette musique dit le bonheur et l’euphorie des premières fois. Retrouveront-ils un tel état de grâce ? La suite au prochain numéro. 


Profound Sound Trio, This Way Please. Courtesy of Porter Records.

Profound Sound Trio : Opus de Life (Porter Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009
CD : 01/ This Way, Please 02/ Call Paul 03/ Whirligigging 04/ Beyonder 05/ Futurity
Luc Bouquet © Le son du grisli

Archives Paul Dunmall
Archives Henry Grimes
Archives Andrew Cyrille


Derek Bailey : Ballads (Tzadik, 2002)

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Le disque que j’emporterais sur une île déserte (cliché éculé) ? Sans aucune hésitation, le Ballads de Monsieur Derek Bailey… Les raisons bien que subjectives et très personnelles sont nombreuses. En voici quelques unes en vrac. Pourquoi puis-je affirmer qu’il s’agit  du disque ultime de guitare solo ? Toute la musique est là. Écrite et improvisée, savante et populaire, mélodique et abstraite, facile et difficile… Une grande partie de la musique du vingtième siècle et même au-delà.

Certains (et même beaucoup) diront que cette musique est facile (combien de fois n’ai-je pas lu que n’importe qui peut jouer comme Derek Bailey, même un enfant, un débutant…), comme certains l’on déjà fait à propos d'autres artistes (Picasso, Klee, ou aujourd’hui Anu Tuominen)… Mais n’est ce pas là, justement, la grande force de ces artistes ; celle de donner l’impression que tout est facile, que tout est possible ? N’est-ce pas cette faculté, cette qualité qui un beau jour m’a aidé à me lancer dans la musique à plus de trente ans !? Si aujourd’hui je pratique la guitare, la contrebasse, ce n’est pas pour copier tel artiste ou tel groupe, mais bel et bien parce que des personnes comme Monsieur Bailey ou bien Ribot (l’album Don't Blame Me), Chadbourne, ont osé être libres (garder la fraîcheur de l’enfance) et ont su me la communiquer. Au fait, ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi toutes les personnes qui écoutent ce genre de musiques sont de gauches ?

Derek Bailey : Ballads (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2002.
CD : 01/  Laura 02/ What's New? 03/ When Your Lover Has Gone 04/ Stella by Starlight 05/ My Melancholy Baby 06/ My Buddy 07/ Gone With the Wind 08/ Rockin' Chair 09/ Body and Soul 10/ Gone With the Wind 11/ Rockin' Chair 12/ You Go to My Head 13/ Georgia on My Mind 14/ Please Don't Talk About Me When I'm Gone
Bruno Duplant © Le son du grisli

Archives Derek Bailey

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Bruno Duplant est guitariste et contrebassiste. Malachi est son dernier enregistrement paru à ce jour.


Sophie Agnel : Capsizing Moments (Emanem, 2009)

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Aux Instants chavirés, Sophie Agnel donnait seule en novembre 2008 une improvisation en trois parties aujourd’hui consignée sur Capsizing Moments : l’enregistrement n’a pas été retouché par la suite, précisent les notes de pochette.

C’est que le piano préparé d’Agnel – aux possibilités sonores étendues au contact d’objets du quotidien – exagère quant il s’agit de tourner le do(s) à sa nature classique : transformé en machine à sons trahissant chez la pianiste un certain goût de l’ombre, l’instrument chancèle sous les effets d’un lyrisme noir et des effets du hasard musical.

Alors, lorsque les vagues tempétueuses ne l’emportent pas tout à fait, l’allure laisse se bousculer craquements et crissements des cordes, clusters à distance et bribes d’arpèges frénétiques, n’en finit plus d’être altérée de mille façons sans qu’aucune minauderie ne vienne alourdir la démonstration. Sous les doigts et les coups de Sophie Agnel, le piano rend son âme vertueuse et vagabonde parmi des collines de débris charmants : charges voraces mises au service d’une esthétique de la dislocation, morceaux d’emportement dont le comble est l’éclat.

Sophie Agnel : Capsizing Moments (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 14 novembre 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Evelyn Petrova : Living Water (Leo Records, 2009)

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Ce solo n’est pas puisque duo. Mais le format CD empêchant la vision du travail de la danseuse Tanya Khabarova – et donc par la force des choses –, solo il y a. Etrange sensation d’une présence gommée et néanmoins essentielle à l’émergence de la belle musique d’Evelyn Petrova. Une Evelyn Petrova toujours aussi tonitruante et enchaînant les tableaux sans le moindre temps mort.

Il y a de l’Attila chez Petrova. Une force de frappe qui n’a que faire du doute et de ses questionnements. On ne se ressource pas chez Petrova, on n’observe pas : on agit directement avec diversité et certitude. D’une mélopée se gangrenant et se désagrégeant jusqu’à sa perte finale, il ne restera rien car voici maintenant un accordéon en cascade puis un cri perçant. Ne cherchez pas de lien : il n’y en a pas. Il y a juste ces folklores imaginés, tantôt limpides, tantôt brumeux ; ces chansons hargneuses ici, caressantes là et, toujours, l’expression d’une personnalité entière et magnifiquement entêtée.

Evelyn Petrova : Living Water (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Mysterious Forest 02/ Lullubye 03/ Play 04/ Lass 05/ Song 06/ Party  07/ Angel 08/ Conversation with Mother 09/ Contest 10/ Lament 11/ Dream 12/ Bride 13/ Market Scrap 14/ Wedding Train
Luc Bouquet © Le son du grisli


Grails : Acid Rain (Temporary Residence, 2009)

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Regroupant vidéos, concert intégral à New York et images diverses de tournées, Acid Rain documente l’esthétique de Grails depuis son tournant psychédélique, qui fit succéder à l’abstraction instrumentale post-rock de Redlight (Neurot Recordings, 2004) la recherche d’une origine proprement hallucinogène dans la musique des années 1960-70 (Interpretations of Three Psychedelic Rock Songs from Around The World, Latitude, 2005). Ne variant plus, le groupe creuse depuis lors le même sillon de l’interprétation comme réinvention du passé.

Imagerie et références d'un kitsch assumé (mais dont on ne saurait dire au juste s’il est ou non ironique) que mettent d’abord en évidence les vidéos. Montages d’extraits de films de série B, images d’archives, cauchemars érotiques, superpositions apocalyptiques de plans, messes noires et autres exotismes. Et dont le sens, dans le meilleur des cas, échappe parfaitement.

Sans aucune commune mesure avec la musique. Elle est sans apprêts inutiles, sombre et forte. Comme ce soir de novembre 2007 à la Knitting Factory de New York, dont la captation constitue la partie la plus intéressante (et indispensable) du DVD. Proche du bootleg dans sa façon, il fait entendre le son sale mais pur d'un groupe sans attitude. Ce qui ne signifie pas sans présence. Au contraire : dépouillé, Grails est tout entier dans la musique, concentré en elle. Et délivre un enchaînement de pièces qui touchent à ce qu’on pourra appeler, à l'intention des amateurs de jargon pseudo-technique, une forme de shoegaze psychédélique.

Ainsi de ce son lourd, saturé de profundis que les douze cordes de la guitare acoustique (transposition intelligente du mythique sitar) mettent en avant par contraste plutôt qu'elles ne les tempèrent. Mélodies qui semblent n’avoir d'autre but que la recherche d'une certaine forme de transe à laquelle parvient vite Emil Amos. Batteur ici investi d'une mission plus que rythmique, déroulant sa virtuosité en un toucher trop rare dans le rock. Qui s’impose comme le véritable premier moteur de Grails.


 
Grails : Acid Rain (Temporary Residence)
Edition : 2009.
DVD : 01/ Acid Rain 02/ X-Contaminations 03/ Predestination Blues 04/ The Natural Man 05/ More Extinction 06/ Take Refuge - Live in NYC : 07/ Reincarnation Blues 08/ SIlk rd 09/ Take Refuge (abbr.) 10/ Immdiate Mate 11/ Predestination Blues 12/ Burning Off Impurities 13/ Origin-ing - Earlier Days : 14/ 2004 European Tour 15/ ‘Latitudes’ Recording Session 16/ Live in Philadelphia ’08 & NYC/CMJ ‘06
Jérôme Orsoni © Le son du grisli



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