Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Jazz en MarsA paraître : le son du grisli #5En librairie : Bucket of Blood de Steve Potts

Han Bennink : Cover Art (Huit Clos, 2008)

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Comme quelques-uns de ses confrères du free jazz et de l’improvisation (Peter Brötzmann et Paul Dunmall, pour ne citer qu’eux), le batteur hollandais Han Bennink a également exercé ses talents dans le domaine des arts plastiques. Ses créations pour les pochettes de disques du label ICP (Instant Composers Pool), qu’il fonde en 1967 avec le saxophoniste Willem Breuker et le pianiste Misha Mengelberg, ont été regroupées dans un beau petit livre édité en 2008 par la maison amstellodamoise Huit Clos.

Comme le souligne Ben van Melick dans son introduction à l’ouvrage, les pratiques sonore et graphique de Han Bennink subissent très tôt l’influence de mouvements tels que Fluxus ou le Pop Art. L’attitude sur scène, la fuite en avant de l’improvisation et l’interaction avec le public composent une performance, une seule œuvre, dont l’accomplissement est placé sous l’égide du slogan qu’est l’ICP.

Cette « composition instantanée » prônée par les musiciens préside également à la réalisation des pochettes de disques. L’artiste utilise ce qu’il a sous la main, pratique le collage – d’objets récupérés (plumes, allumettes), mais aussi de photographies et dessins d’images typiques des Pays-Bas sous une forme synthétique (moulins, fromages, oiseaux…) – et trace des signes typographiques et traits divers. Tous ces éléments se combinent pour former l’« Amsterdam Cobra Pop », d’après les termes employés en 1968 par un journaliste hollandais. Cette synthèse joyeuse et débridée correspond magnifiquement bien à la musique de l’ICP : libre, faussement naïve et se référant à des classiques (Thelonious Monk, Herbie Nichols) avec respect et ironie tout en allant de l’avant.

Han Bennink, Ben van Melick (préface) : Cover Art (Huit Clos).
Edition : 2008.
Jean Dezert © Le son du grisli

Archives Han Bennink



Sonic Youth : The Eternal (Matador, 2009)

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En près de trente ans, Sonic Youth, a réussi à installer son identité singulière, imposé sa marque en jouissant d’une honnête liberté d’action sans trop céder aux facilités permises à un groupe qui fait figure d’exemple dans le domaine d’un rock que l’on appelait hier encore indépendant. Sonic Youth n’a pas cédé, n’a pas été dissous pour être plus tard reformé – comme beaucoup d’autres formations jadis excellentes aussi – au son des guitares sous effets de musiciens fatigués par la retraite.

Le souci, maintenant, est justement pour eux de trouver encore à dire : pas forcément autrement, mais encore, même si, comme à chaque fois que paraît un nouvel enregistrement du groupe, ne manqueront pas d’abonder en articles qu’on leur consacrera les termes pourtant bien usés de « jeunesse éternelle », « jouvence » ou « renaissance ». Bref, chaque album à sortir atteste du mieux-être d’un groupe dont personne n’avait pourtant osé douter plus tôt de la forme – de l’âge, à peine. 

Avec The Eternal, les presque mêmes méthodes, et puis la même chanson : Sonic Youth donne là une preuve indubitable d’inspiration – surtout comparée à celle dont peinent à jouir leurs suiveurs de cadets, s’il faut préciser les choses. Pourtant, The Eternal répète ce qu’ont déjà dit chacune des références de sa discographie de ces dix dernières années : de grands titres confortent sa majesté, voire attestent de sa capacité à créer encore (Calming The Snake, Anti-Orgasm), quand d’autres noient l’ensemble sous des mélodies indignes ou factices et les manières quelques fois irritantes de Thurston Moore chanteur (Antenna, Poison Arrow, Thunderclap for Bobby Pyn, No Way). L’histoire du groupe faisant que le fidèle relativisera les écarts dommageables pour se lover au creux de plages sonores qui relèvent de leurs trouvailles des thèmes une fois sur deux trop minces, et The Eternal pourra être qualifié de bon disque : comme tous ceux de Sonic Youth, quels que soient leurs défauts, quelles que soient leurs longueurs.

Sonic Youth : The Eternal (Matador / Beggars)
Edition : 2009.
CD : 01/ Sacred Trickster 02/ Anti-Orgasm 03/ Leaky Lifeboat (For Gregory Corso) 04/ Antenna 05/ What We Know 06/ Calming The Snake 07/ Poison Arrow 08/ Malibu Gas Station 09/ Thunderclap for Bobby Pyn 10/ No Way 11/ Walkin Blue 12/ Massage The History
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Sonic Youth


Polwechsel, John Tilbury : Field (HatOLOGY, 2009)

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Ah, voilà un de ces disques qu’on repère avant sa sortie, qu’on prie son disquaire de commander, qu’on se prépare à écouter avec l’envie de « reconnaître » (un son de groupe façonné, une géologie unique) et de « découvrir » ; il faut avouer que, d’album en album, Polwechsel a su créer, par les ajustements de son effectif et la documentation de ses évolutions esthétiques, un désir chez l’auditeur avide de « l’épisode suivant »…

Cette sixième* publication marque, à plusieurs égards, une importante étape dans l’histoire de l’orchestre après la récente intégration des percussionnistes Burkhard Beins et Martin Brandlmayr aux côtés des membres fondateurs Werner Dafeldecker (contrebasse) et Michael Moser (violoncelle) : saxophoniste soprano & ténor du groupe depuis dix ans, John Butcher a choisi de le quitter après cet enregistrement. L’invitation faite, pour ce disque, à John Tilbury, signale également un infléchissement musical et confère à sa contribution une portée significative ; le pianiste n’apporte pas cette suspension caractéristique d’AMM – écoutez-le avec Prévost et justement Butcher, dans Trinity, sur Matchless – mais plutôt un art somptueux du « placer & déposer » les objets sonores. Les deux compositions de Moser et Dafeldecker y gagnent une belle ampleur, dans une sorte de dépassement de l’austère ascétisme (qui culminait sur le disque Durian et se formalisait chez Erstwhile) par une rêverie nouvelle qui n’est pas sans rappeler certaines options des premiers scénarios du groupe. Séquences & jeux de structures, alternances & bascules de polarités, élégance & obstination, c’est tout Polwechsel, mais taillé dans des tissus plus piqués, frotté dans des essaims d’une autre légèreté…


Polwechsel, John Tilbury, Place (extrait). Courtesy of HatOLOGY.


Polwechsel, John Tilbury, Field (extrait). Courtesy of HatOLOGY.

*après Polwechsel (hat[now]ART 112), Polwechsel 2 (hat[now]ART 119), Polwechsel 3 (Durian 016-2), Wrapped Islands (avec Fennesz, Erstwhile 023), Archives of The North (hatOLOGY 633)

Polwechsel, John Tilbury : Field (HatOLOGY / Harmonia Mundi)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.

CD : 01/ Place / Replace / Represent 02/ Field

Guillaume Tarche © Le son du grisli


Alan Courtis, Aaron Moore : Brokebox Juke (NO-FI, 2009)

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Fruit de la collaboration d’Anla Courtis (Reynols) et Aaron Moore (Volcano The Bear), Brokebox Juke est composé d’enregistrements ayant fait le voyage entre Argentine et Etats-Unis au point d’en devenir un précieux ouvrage au positionnement indéfini.

Parce que le duo va voir partout où la musique populaire saura faire preuve d’audace : mélodie répétée au point de tenir bientôt de la litanie abstraite, mécanique grippée de cordes de guitare ou de violon, mouvements lents vouant un culte aux effets crachant, gestes improvisés sur instruments multiples et épaisses couches de claviers électroniques ; enfin, progression fière et inattendue d’une autre guitare et d’une batterie. Formé au gré des transports, Brokebox Juke n’en finit pas de changer d’allure et de point de vue, laissant au final l’auditeur attester du passage d’un objet rare, confectionné dans le secret par deux musiciens ayant la pop ombreuse en partage.

Alan Courtis, Aaron Moore : Brokebox Juke (NO-FI / Metamkine)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2009.
LP : A01/ Prorgreso = Ropes Gro A02/ Lopsla Nes = Opals Lens A03/ Lunoion = A Nu Lion A04/ Bluifedls = I Feed Bulls B01/ Conpcion = P-Cone Conic B02/ El Sincio = Silence Oil B03/ Gigngante = Anti Egg
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


The Fall : The Frenz Experiment (Beggars Banquet, 1988)

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One of my all time faves. To me, this is something like a drum and bass manifesto, without being drum'n'bass-like at all. Cold and driving beats provided by the one and only rhythm section Steve Hanley on bass and Simon Wolstencroft on drums. Can't decide which song I love most: Victoria, Carry Bag Man, Hit The North or Bremen Nacht. But The Fall rules anyway.

The Fall : The Frenz Experiment (Beggars Banquet)
Edition : 1988.
CD : 01/ Frenz 02/ Carry Bag Man 03/ Get a Hotel 04/ Victoria 05/ Athlete Cured 06/ In These Times 07/ The Steack Place 08/ Bremen Nacht Alternative 09/ Guest Informant 10/ Oswald Defence Lawyer 11/ Tuff Life Booogie 12/ Guest Informant 13/ Twister 14/ There's a Ghost in My House 15/ Hit The North
Guido Möbius © Le son du grisli

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Iconoclaste musicien allemand, Guido Möbius a récemment vu le label Karaoke Kalk produire son troisième disque : Gebirge.



Ingrid Laubrock : Sleepthief (Intakt, 2008)

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La saxophoniste d’origine allemande Ingrid Laubrock intervient dans plusieurs formations (Nois4, Nein) dont un trio avec l’excellent pianiste Liam Noble (qui s’était déjà fait remarquer pour son travail avec le mythique Moondog) et le batteur Tom Rainey. Dans le livret de Sleepthief, le pianiste et compositeur anglais Steve Beresford s’interroge, en référence au titre de l’album, sur le rapport qu’entretient la musique du trio avec le sommeil. Il imagine notamment que chacun des membres du groupe est dans une phase différente d’assoupissement, rendant le fruit de leurs improvisations aussi bien intense et détendu que vague et spécifique dans le même temps. Cette capacité d’interaction, presque involontaire et qui paraît si naturelle à l’écoute, est en grande partie due à la manière dont Ingrid Laubrock a su s’entourer.

Les improvisations du trio embarquent l’auditeur dans des zones oniriques et hypnotiques où la subtilité des échanges est toujours privilégiée à la fureur d’un défrichage sonore. Tour à tour, les instruments se succèdent, s’additionnent, passent d’un registre plutôt mélodique et atmosphérique à une fonction rythmique. Si les nombreuses respirations participent à la mise en valeur des différentes propositions du discours, ce dernier ne se transforme jamais en une vaine quête abstraite. Ce disque confère au trio, dont la réputation des prestations est grandissante, une place essentielle, souvent difficile à atteindre, à la frontière du classicisme et de l’avant-garde.

Ingrid Laubrock : Sleepthief (Intakt / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007. Edition : 2008.
CD : 01/ Zugunruhe 02/ Sleepthief 03/ Oofy Twerp 04/ Never Were Not 05/ Environmental Stud 06/ The Ears have it 07/ Batchelor’s Know-how 08/ Social Cheats 09/ Amelie
Jean Dezert © Le son du grisli


Robert Wyatt, Jean-Michel Marchetti : Anthologie du projet MW (Æncrages & Co, 2009)

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Célébrant une dizaine d’années de traduction et d’illustration par l’artiste Jean-Michel Marchetti de textes signés Robert Wyatt et Alfreda Benge, Anthologie du projet MW (qui assemble les cinq volumes de la série) évoque le parcours de Wyatt en 80 chansons et quelques noirs dessins. Et puis d’un disque, sur lequel souligner la présence de Pascal Comelade et la trace d’une interview donnée par Wyatt en français.

Sincère, la collaboration éclaire d’une autre manière un art musical rempli de contes miniatures – scènes d’une vie quotidienne réinventée, chroniques animales –, d’ironie, de spiritualité velléitaire et quelques fois de naïveté, auquel Marchetti oppose sa typographie épaisse et quelques silhouettes jouant – par quelle astuce – de détails. Le beau fruit d’une longue rencontre artistique obnubilée par deux initiales : sous couvert d’option pataphysique prise, voici par exemple dévoilé au lecteur l’alphabet britannique : le nôtre, mais à l’envers, et auquel deux lettres manquent : M et W.

Robert Wyatt, Jean-Michel Marchetti : Anthologie du projet MW (Æncrages & Co)
Elaboration : 1997-2008. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Splinters : Split The Difference (Reel, 2009)

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A l’instar de Coleman Hawkins aux Etats-Unis, le saxophoniste et flûtiste Edward “Tubby” Hayes et le batteur Phil Seamen purent, en Angleterre, estimer le potentiel du dialogue intergénérationnel entre créateurs curieux.

Ancien partenaire de Ronnie Scott, Hayes s'oppose à tout clivage en se rendant en 1972 au 100 Club de Londres histoire d’échanger avec quelques représentants d’un art musical forcément plus novateur : Trevor Watts (saxophone alto), Kenny Wheeler (trompette et bugle), Stan Tracey (piano), Jeff Clyne (basse) et John Stevens (batterie). Propulsée par une section rythmique renforcée, la rencontre prend d’abord l’allure d’un swing capable de recueillir toutes interventions fantasques : archets de contrebasse rivalisant d’invention avec les entrelacs que dessinent les instruments à vents. La longue pièce, d’imposer ensuite ses allures : bop favorable aux déviations, et puis ballade écartée afin que sonne l’heure des scansions libertaires, grands écarts qui rappellent à Londres les fameux usages de Mingus.

Deux pièces seulement, sur lesquelles les individualités s’accordent sur une concession grandiose, le respect et la confiance en guise de langage commun. L’année suivante, Hayes disparaissait, laissant jouer sans lui les grands représentants d’un autre jazz britannique.


Splinters, Two in One Hundred (extrait). Courtesy of Reel Recordings.

Splinters : Split The Difference (Reel / Orkhêstra)
Enregistrement : 1972. Edition : 2009.

CD :  01/ One in One Hundred 02/ Two in One Hundred
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Phosphor : Phosphor II (Potlatch, 2009)

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Avec ce second album de Phosphor, le label Potlatch donne une nouvelle marque du suivi qu’il exerce fidèlement auprès de « ses » artistes – il faut dire également que la première galette (P501, 2001) du groupe berlinois pâtissait d’un son terne et que le présent enregistrement répare cet inconvénient : Burkhard Beins (percussion, objets, etc.), Axel Dörner (trompette, electronics), Robin Hayward (tuba), Annette Krebs (guitare, objets, etc.), Andrea Neumann (intérieur de piano, table de mixage), Michael Renkel (guitare, ordinateur) et Ignaz Schick (tourne-disque, objets, archets) ont gravé ces six pièces (qui prennent la suite des six mouvements du précédent opus) dans d’excellentes conditions.

Et cela concourt beaucoup à l’adhésion de l’auditeur : l’espace d’écoute se voit redimensionné par les structures portantes soufflées, grenues, lissées ou pulvérulentes qui émanent de l’instrumentarium du groupe ; mécaniques ou organiques, électriques ou acoustiques, les sonorités, dans leur « jeu », déploient des mondes poétiques, déposent des mégalithes complexes – et quelques vignettes dont les riches textures et dynamiques sont assez éloignées de l’emprise urbaine du primo-réductionnisme.

Phosphor : Phosphor II (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009
CD : 01/ P7 02/ P8 03/ P9 04/ P10 05/ P11 06/ P12
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Tortoise : Beacons of Ancestorship (Thrill Jockey, 2009)

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Ils auront pris leur temps. C'est-à-dire cinq ans. Cinq ans pour renvoyer tout le monde à ses livres d'histoire. Cinq ans pour expliquer l'histoire de la musique rock / pop / contemporaine / post-rock / tout ce que tu veux. Et la refaire. Et l'exposer à nouveau. Cinq ans pour faire ce que d'aucuns, à tort ou à raison, ne les croyaient plus capables de faire. Cinq ans pour faire un disque synthétique, un disque punk.

Ce qui fascine, dès les premières secondes de Beacons of Ancestorship, c'est qu'encore une fois Tortoise sait faire du Tortoise, c'est-à-dire ne pas en faire. Être toujours parfaitement reconnaissable et, cependant, trouver des moyens nouveaux de s'exprimer. Ainsi, les harmonies rappellent les disques précédents, mais l'atmosphère est synthétique. Pas l'ombre d'une marimba ni d'un vibraphone. Mais un corps qui s'unit dans l'association batterie / basse / synthétiseurs.

Si le disque finit par une faiblesse (Charteroakfoundation), trop longue, trop peu variée, elle l'est surtout en comparaison avec le reste. À commencer par ce triptyque d'ouverture, qui ne se lasse jamais de rebondir, de se réinventer dans le rythme, dans le tempo, d'épuiser en presque neuf minutes les lignes saturées mais pures de ses synthétiseurs (High Class Slim Came Floatin' In). Ou encore : Northernsomething, dont les premières mesures peuvent faire croire à un paradoxe exotique, mais qui se révèle être un monument de groove, basses filtrées à l'extrême et batterie qui épuise la boîte, prend plaisir à la surclasser, parce qu'elle connaît déjà le secret du rythme.

Sauf que c'est sur Yinxianghechengqi qu'on s'attardera pour finir. Parce qu'il est, jusqu'à la contradiction, la vraie nouveauté de ce disque, qui fait entendre l'origine punk-rock de la musique de Tortoise, origine que l'on pressentait certes, mais qui n'avait jamais été aussi manifeste ici. Et qui n'avait jamais été manifeste, en fait. On n'avait jamais entendu ça : ce rythme ouvertement binaire, cette basse enragée, énergie brute, en somme, qui prend littéralement le contre-pied de tout ce que Tortoise a pu faire sur disque. Avant que les assauts de Jeff Parker contre le mur du son ainsi installé n'établissent un équilibre nécessairement instable entre ces deux pôles autour desquels la musique n'a eu de cesse en vérité de s'articuler : puissance et complexité.

Tortoise : Beacons of Ancestorship (Thrill Jockey / Pias)
Edition : 2009.
CD : 01/ High Class Slim Came Floatin’ In 02/ Prepare Your Coffin 03/ Northern Something 04/ Gigantes 05/ Penumbra 06/ Yinxianghechengqi 07/ The Fall of Seven Diamonds Plus One 08/ Minors 09/ Monument Six One Thousand 10/ de Chelly 11/ Charteroak Foundation
Jérôme Orsoni © Le son du grisli



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