Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : le son du grisli #5Interview de Quentin RolletPJ Harvey : Dry de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Rashied Ali (1935-2009) par Gunter Hampel

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Rashied Ali grapped my arm and knocked his head over to follow him. I was sitting at Greene Street in his studio-loft-basement with Jeanne Lee, and were checking tracks on which Jeanne and two other singers had performed with Rashied. Sounded great.

Rashied led me upstairs : “I want you to check something“ and… I was to sit in a rehearsal room, an empty room, and some sort of stage, but the curtain was closed. He was like a little boy, wanting to show me his toys. I was supposed to guess. He had gotten one of those new electronic drums and he had tuned it and was pretty shure, I wouldn‘t guess if he was playing his regular drum set or if it was the electronic one. So I was in this room in new york, in Soho and had Rashied playing a special drumsolo, actually two drumsoli playing for my ears, only (and unfortunately, I didn‘t have any device on me, like a recorder or a carry with me small enough video recorder. I guess this was before 1985, now – 2009 – on the day when I got an e-mail from John from New York, I am sitting in Berlin, Germany, where I write this, saying that Rashied passed away today). Because the one hour I spent with Rashied were one of these moments which make my “gunter life” rich , with   special communications between other artist who obviously love my way of playing, because they open up to my like you open up to a friend, here the word brother would probably more meeting the occasion… But what Rashied played in his first solo for me — remember, we do not see each other, he was behind the curtain to let me guess which drumset he was playing – was the mightiest drumsolo I had heard of him, and believe me, I LOVE Coltrane’s duo recording, where Rashied and Trane were together ; his voice pulled me out of the visions in my head and ears :  “Gunter ? You are still here ? Now I play the other drumset”.

From the moment he started “the other“ drumset, I heard it was the electronic drumset, but there was no room to even keep any notice about it, it was RASHIED who played that drumset and I concentrated on WHAT he played, and that wasn‘t any less, from what came out of his acoustic drumset. All I wanted was SEE him play, so I pulled the curtain away, and luckily he continued playing, because we understood each other, with our feelings. Then, he got up and gave me his sticks : “Let‘s have a drum battle“, went over to the accoustic… And here we went. Playing for an hour or so, we took off, I wasn‘t the only one who had fun,  it was one of those BRIGHT MOMENTS.

To play with him, was so easy, We didn`t battle, we played with each other, we had calls and answers, rhythm and free playing, painted sounds, percussion waves on cymbals, one played a rhythm, the other soloed over it,  in other words, being musicians we had our talk. Transcontinental and transcultural exchange. No competition. A celebration. Having fun with each other with what we can do best : create sounds. When Jeanne joined the two of us we had become friends and wanted to play together and start with a duo, with the vibes an bassclarinet and flute, and then with Jeanne and… Musicians life-moving and thinking we can do all at the same time, too busy, now we cannot document our spirits, Rashied, but you‘ll live on in the cathedral of my heart, i‘ll burn a candle there for you.
   
Gunter Hampel © My Gunter Life / Le son du grisli

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Hildegard Kleeb, Peter Hansen : World News (Everest Records, 2009)

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Par la voix singulière de la pianiste Hildegard Kleeb, nous parviennent aujourd'hui World News, adressées par le compositeur Peter Hansen de la petite île suédoise qu'il habite. Kleeb une autre fois en interprète révélatrice d'atmosphères, et jouant ici du double sens.

Seule au piano, elle sert donc les vignettes musicales d'Hansen : tranquilles, celles-ci ; lointaines parfois au point d'avoir manqué d'être égarées vraiment : mélodies qui n'ont l'air de rien jusqu'à ce qu'elles se liquéfient et révèlent alors leur contenu véritable : tournures naïves et répétitions à distances changées en grandes pièces de musique en fragments : morceaux d'une identité qui se dit en silences, notes assoupies ou à la dérive d'une partition déposée sur carte postale.

Bien que personnage excentrique, Peter Hansen prouve là qu'il ne peut s'exprimer plus naturellement qu'en musique et, surtout, posément. Suffisait à Hildegard Kleeb de le faire parler au son de marches lentes sur lesquelles tournent des mondes qu'il est indispensable d'aller encore chercher.

Hildegard Kleeb, Peter Hansen : World News (Everest Records)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ World News 88  02/ Summerair Sketch 03/ World News 88 04/ World News 211 05/ Autogrill Bologna 06/ Vexation for a Burger 07/ World News 67 08/ Summerair Sketch 09/ World News 1 10/ 0 Corciano Notte 11/ World News 1 12/ Sunset Song 13/ World News 111 14/ Objet trouvé 05/ World News XXV “Month of Maying” 16/ Sylvestersang 17/ World News 111 18/ Fifth Trajectory “Upon One Note” for Crotales 19/ Impromptu 20/ World News 111 21/ World News XXX (Sphinxes) 22/ Adeles Song 23/ World News + World News 20 24/ Avebury 25/ World News XXIII
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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David Berezan : La face cachée (Empreintes digitales, 2008)

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David Berezan est compositeur de musique électroacoustique. Directeur de l'University of Manchester, il est le fondateur du Manchester Theatre in Sound (MANTIS) et a récolté de nombreux prix et distinctions tant en France qu’en Italie ou au Canada.

Pour ce DVD audio, le compositeur est parti de sources sonores diverses avant de transformer et reconstruire celles-ci. Ainsi les rayons d’une roue de vélo (Cyclo), les boules Baoding (Baoding), une grande roue à aubes en fer (Styal), l’eau déferlante du Hoodoo Trail (Hoodoos) ou les automates de Jean Tinguely (Hannibal) sont prétextes à des déambulations sonores du plus bel effet. Grouillements, fourmillements ; les sons pullulent, tourbillonnent et balaient de vastes et denses prairies magnétiques où, parfois, se retrouvent où se devinent la source sonore initiale. Même si amoindrie par l’absence de spatialisation, La face cachée, tel un labyrinthe où il fait bon se perdre et s’égarer est une expérience unique et à renouveler le plus souvent possible.

David Berezan : La face cachée (Empreintes Digitales)
Edition : 2008
DVD Audio : 01/ Cyclo 02/ Baoding-Prologue 03/ Baoding-Ecstatic 04/ Baoding-Intimate 05/ Baoding-Pulsing 06/ Baoding-Epilogue 07/ Styal 08/ Hoodoos 09/ Hannibal
Luc Bouquet © Le son du grisli


Günter Müller : Buenos Aires Tapes (Monotype, 2009)

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C’est à l’occasion d’un séjour argentin, début 2006, que ces deux disques ont été gravés ; ils reproduisent deux concerts donnés par Günter Müller (iPod, electronics), le 9 février avec Courtis & Reche, le 10 avec Merce & Paiuk – soit deux trios qui ne sont pas sans renvoyer les amateurs aux autres « électrios » dans lesquels officie GM : avec Kahn & Dieb 13 par exemple, Sachiko M & Yoshihide, eRikm & Nakamura, Ambarchi & Samartzis, dans MKM (qui a d’ailleurs tourné en Amérique du sud au printemps 2007 comme en témoigne le disque MSA, For4Ears), ou encore avec Voice Crack

Première facette (en une longue pièce) : lourdes pales en rotation, horizon chuintant, pouls secret ; au fil d’un lent zoom, Günter Müller, Anla Courtis (guitare sans cordes, bandes) et Pablo Reche (sampler, electronics) élèvent une maquette portuaire nocturne puis, par des jeux de cache-cache et d’étagement des matières, dégagent de nouveaux reliefs. Dans ces déploiements d’anamorphoses et de profondes basses onduleuses, l’oreille semble se perdre : parfois – à fort volume – au profit de perceptions osthéophoniques, parfois pour mieux découvrir, par une écoute flottante, la subtile présence d’un élément « discret », au bord de la disparition, occupant pourtant une place d’influence dans le champ auditif. Une réussite.

Seconde galette (organisée en trois développements) : en compagnie de Sergio Merce (quatre pistes sans bande, WX7) et Gabriel Paiuk (piano, bandes), si l’ambiance est moins contemplative et les sollicitations plus explicites, le scénario reste intéressant ; un tissage passant du raréfié à l’hétéroclite et du lamé à l’urticant sert de substrat à la fouille sporadique du piano. Une dérive mixte (comme l’on peut parler de « techniques mixtes » en peinture).

Günter Müller : Buenos Aires Tapes (Monotype / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD1 : 01/ CD2 : 01/ 02/ 03/
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Fenn O’Berg : The Magic Sound & Return Of… (Editions Mego, 2009)

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A ce stade de leur notoriété, underground indeed, il n’est plus nécessaire de revenir sur les glorieux parcours respectifs des trois ultimate geeks qui forment le projet Fenn O’Berg. Véritables dieux des musiques expérimentales, qu’elles soient d’une teneur ambient majestueuse (Christian Fennesz), indie rock folk noise (Jim O’Rourke) ou drone metal vs electronica (Peter Rehberg aka Pita et moitié de KTL), les protagonistes à l’œuvre en cettte splendide double réédition n’ont plus guère à prouver, si ce n’est envers eux-mêmes. Aujourd’hui pleinement – osons le mot, il n’est point galvaudé – mythiques, les deux albums réunis sur ce double CD datent respectivement de 1999 (The Magic Sound) et 2002 (The Return Of…) et ont marqué une étape cruciale dans le développement de l’improvisation au laptop.

Adeptes d’une liberté d’action sans la moindre concession aux modes de pensée dominants, Fennesz, O’Rourke et Rehberg avaient enregistré The Magic Sound au cours de diverses performances entre Tokyo, Berlin, Hambourg, Vienne et Paris, et c’est peu dire que dix années plus tard, les neuf titres n’ont pas pris une ride. D’un esprit fondamentalement libertaire – à l’image de ce xylophone qui danse, loufoque et jazz, sur les grondements sourds d’un monde digitalisé (Shinjuku Baby Pt. 1) – l’opus ne recule devant aucun obstacle a-mélodique, quitte à nous laisser sur le bord du chemin (Horst und Snail mit Markus). Comme toujours dans ce type de collaborations, les influences des uns et des autres l’emportent, tels Gürtel Eins et Gürtel Zwei, marqués d’une approche quasi-boulezienne, elle n’a jamais autant rimé avec fenneszienne. Carrément superbe en maints endroits (dont Fenn O’Berg Theme, magnifique variation aux contours néo-classiques), l’œuvre est à (re)découvrir de toute urgence.

Le second disque The Return Of… – enregistré au Centre Pompidou et au Porgy & Bess de Vienne – vole tout autant des les hautes sphères de la galaxie électronique. Débutant par quelques secondes pratiquement techno, Floating My Boat noie très vite la tentation du beat qui bouge, pour s’achever sur des boucles obsédantes qui donneront des années plus tard le meilleur de Giuseppe Ielasi (son EP Stunt de 2008). Plus étendues et plus développées, les cinq tracks (dont l’inédit Adidas Sun Tannned Avant Man, sorti à l’époque sur l’édition japonaise) prennent le temps de la (dé)mesure, übersensorielle et métaphysique. Quand elle atteint la grâce ultime d'A Viennese Tragedy, ex-tra-or-di-nai-re contorsion mélodique basée sur des samples d’un orchestre hollywoodien (cette mélodie tournoyante !) essaimé par la ruche d’un certain Christian F., on repense à la maxime de Faithless : God is a Laptop Improviser

Fenn O’Berg : The Magic Sound & Return Of… (Editions Mego / La Baleine)
Enregistrement : 1998, 1999 & 2001. Réédition : 2009.
CD1 : 01/ Shinjuku Baby Pt. 1 02/ Steam Powered Oscillation 03/ Horst und Snail mit Markus 04/ Gürtel Eins 05/ Escape From Hamburg 06/ Shinjuku Baby Pt. 2 07/  Gürtel Zwei 08/ Fenn O’Berg Theme 09/ (5,6m Of) Fenn O’Berg - CD2 : 01/ Floating My Boat 02/ A Viennese Tragedy 03/ Riding Again 04/ We Will Diffuse You 05/ Adidas Sun Tannned Avant Man
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Archives Fennesz
Archives Jim O'Rourke
Archives Peter Rehberg



Susan Stenger : Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media, 2009)

soundtrackforagrisliLivre-disque et souvenir d’une exposition organisée au Musée d'Art Contemporain de Lyon en 2006, Soundtrack for an Exhibition s’attache à recréer un projet qui alliait peinture, cinéma et musique, en assemblant photographies de toiles (John Armleder, Steven Parrino), extraits des rushs du film The King is Alive (Kristian Levring), et pièce sonore (revue pour tenir ici sur l’espace d’un DVD mais courant à l’origine le long de 96 jours, durée de l’exposition) écrite par Susan Stenger (Band of Susans, Brood).

S’il ne donne qu’un aperçu de l’univers musical déployé pour l’occasion, le disque donne à entendre une longue progression découpée dans l’optique de rendre hommage à des styles musicaux différents, et qui fait, sur son ensemble, référence aux travaux de drones de Phill Niblock. En guise d'intervenants : Kim Gordon, Alan Vega, Ulrich Krieger, Bruce Gilbert, Jim White, Mika Vainio, FM Enheit ou Spider Stacy, finissent de diversifier le propos, qui va de ritournelles répétitives en mélodies de pop précieuse, de nappes monochromes en constructions rythmiques lasses. Partout, le transport est lent, engage l’auditeur sur terrains différents – certains accueillants, d’autres moins.

Pas toujours heureux, donc, le voyage touche pourtant à sa fin en donnant l’impression d’avoir traversé une œuvre conceptuelle d’un minimalisme magistral et souvent obnubilant. Pour revenir aux origines du projet, se plonger enfin dans l’entretien de Mathieu Copeland avec Susan Stenger et Tony Conrad, le second ne cachant pas ses inquiétudes face à l’ampleur d’un exercice encore en projet. Désormais évanoui mais consigné en objet rare.

Susan Stenger, Mathieu Copeland (édition) : Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media / Les presses du réel)
Exposition : 2006. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living, 2009)

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This Heat est l'un de mes groupes préférés de tous les temps. Seulement une poignée d'albums, tous géniaux, et le frisson assuré à chaque écoute de l'album bleu. Tout était là : un sens rythmique incomparable (on peut souvent danser sur leur musique), un sens mélodique inoui (et des voix à tomber par terre) et un travail sur le son en avance de 20 ans sur son époque.

J'avais écouté les autres disques sortis de ce vivier après la dissolution du groupe au début des années 1980 : Camberwell Now (le projet du batteur Charles Hayward) et Lifetones (le projet dub de Charles Bullen) mais je n'ai découvert que tout récemment l'existence d'une cassette post This Heat de Gareth Williams, maintenant rééditée en CD. Autant le dire tout de suite : cette réédition est un repiquage de la cassette : le son est plus low tech que low fi. Mais peu importe. Il n'y a pas eu de nettoyage dénaturant le propos... On y entend des boites à rythmes empruntées à Scritti Politi, des harmonies vocales qui évoquent This Heat, bien sûr, mais aussi souvent le groupe Tuxedomoon. Le disque a semble-t-il été composé suite au départ de Gareth Wiliams en Inde, après avoir quitté le groupe. Cet album a mis 25 ans à être réellement édité et distribué. Depuis que j'ai reçu le CD par la poste (le lendemain de mon paiement par paypal via le site myspace du groupe), je n'écoute pratiquement que ça. Magnifique !

Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1985. Edition : 2009.
CD : 01/ Another Flaming Tune 02/ Beguiling the Hours 03/ The Best Weapon 04/ A to B 05/ Breast Stroke 06/ Raindrops from Heaven 07/ Restless Mind 08/ B to A 09/ Golden Age 10/ It's Madness 11/ Generous Moon
David Fenech © Le son du grisli

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David Fenech est musicien. Polochon Battle est à ce jour son dernier enregistrement paru.


Wooley, Lonberg-Holm, Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter, 2009)

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Nate Wooley (trompette), Fred Lonberg-Holm (violoncelle) et Jason Roebke (contrebasse) phrasent l’inquiétude, la menace. Le bois, vitriolé, grince et s’écartèle. Les archets appuient sur les cordes jusqu’à la double cassure. Tout se noue et jamais rien ne se dénoue. En sursaut ou en silence, l’étrangeté s’entretient. Tension continue : on racle, on brise, on repousse, on strie. Ça fuit tout convenu, tout rituel. Il y aura beaucoup d’horizontalités, d’unissons, d’écarts, d’incidences, de pulsions et ça ne dira rien de l’apaisement. Ça ira magnétiquement. Ça sera perturbé et insondable. Ça n’ouvrira aucune porte, aucune piste. Ça existera d’un souffle fielleux et profond. Un disque perturbant jusqu’à l’excès.

Nate Wooley, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter Records / Orkhêstra International)
CD : 01/ Tacones Altos 02/ Sans Aluminumius  03/ Southern Ends of the Earth 04/ Saint Mary 05/ Anywhere, Anyplace at All
Edition : 2009.
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Archives Fred Lonberg-Holm

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Nicole Mitchell’s Black Earth Strings : Renegades (Delmark, 2009)

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Le Black Earth Strings est une émanation du Black Earth Ensemble, emmené par la flûtiste Nicole Mitchell. On y retrouve le contrebassiste Josh Abrams et la violoncelliste Tomeka Reid et y sont accueillis la violoniste Renee Baker et la percussionniste Shirazette Tinnin. Il plane sur cette session le même esprit que dans l’Ensemble : celui de la Great Black Music.

Rappelons que Nicole Mitchell est vice présidente de l’AACM, cette association chicagoane qui rassemble des musiciens et dont Lester Bowie, membre fondateur, définissait ainsi le propos : « contribuer à développer la personnalité des jeunes musiciens afin de créer une musique d'un haut niveau artistique à l'attention du grand public ». Soulignons aussi que c’est sur Delmark, historique label indépendant, que sort ce disque.

L’instrumentation évoque tantôt la musique de chambre européenne (le violon, le violoncelle, l’alto et la contrebasse, comme en témoigne Symbology # 1), le jazz (la pulsation de la contrebasse et de la batterie sur Mama Found Out) ou l’Afrique (quand Abrams s’emparant du gembi accompagne les percussions de Tinnin sur Windance). Et c’est la flûte, un des plus anciens instruments du monde, qui fait le lien. Nicole Mitchell est ici au sommet de son art : insaisissable, toujours surprenante et changeante. Elle est à la tête d’un quintet qui, si c’est ici son premier disque, a commencé de jouer il y a bientôt dix ans. D’où le sentiment de fraîcheur et de complicité mêlées.

« J’ai appris que, quand on est femme et noire et que l’on veut faire de la musique, il faut être agressive » nous dit Mitchell. Son groupe, à forte empreinte féminine (un homme, tout de même), parle de liberté et de rupture avec la société machiste (Waris Dirie, en hommage à l’artiste somalienne qui lutte contre les mutilations sexuelles ou encore By My Own Grace, hymne féministe), écho d’un monde impérialiste et esclavagiste (Wade, inspiré par le gospel Wade in the Water) balayés d’un revers de main par ce grand disque.

Nicole Mitchell’s Black Earth Strings : Renegades  (Delmark / Socadisc)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 1/ Crossroads 2/ No matter what 3/ Ice 4/ Windance 5/ Renegades 6/ By my own grace 7/ What if 8/ Symbology #2A 9/ Wade 10/ Waterdance 11/ Symbology #1 12/ Mama found out 13/ If I could have you the way I want you 14/ Symbology #2 15/ Waris Dirie 16/ Aaya’s rainbow
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources, 2009)

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Au Música Portuguesa Hoje festival de Lisbonne, fut donnée l’année dernière une trentaine de minutes d’une musique électroacoustique élaborée par Rhodri Davies (harpe, électronique), Carlos Santos (électronique), Stéphane Rives (saxophone soprano), et puis Guilherme et Ernesto Rodrigues (violoncelle et violon).

Plus d’une demi-heure, pour être tout à fait juste, d’une rencontre internationale s’entendant sur un amas de lignes de fuite, souterraines ou ascendantes, et de drones assemblés : là, un aigu perce, ailleurs, un autre renonce. L’improvisation s’immisce dans le paysage, attire à elle l’auditeur pour l’avaler ensuite. L’exercice est réussi, et l’épreuve : manifeste.

Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources)
Enregistrement : 12 juillet 2008. Edition : 2009
CD : 01/ #1
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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