Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Spéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhommele son du grisli #3
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

GZA : Liquid Swords (Geffen, 1995)

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The greatest hip hop record ever made... Before this, I was convinced Public Enemy had this prize but this record changed my whole way of listening to rap music... The words are for me half indecipherable which is something I really enjoy when listening to music... I don't need or want to understand the words completely... Mark Smith and Captain Beefheart have a similar effect... The words have the effect of creating impressions and atmospheres. Ambiguous and in east coast staten island slang that I can hardly get a grip on... Rhythmically, The Genius flys all over the beat... Hardly ever following the pulse or tempo... This was also the first time I'd heard this style of rapping and it had a big influence on rappers for years to come. The loops and drones are dark, melancholic and cinematic and I can listen to them again and again. A jewel in the WU TANG COLLECTION.

GZA : Liquid Swords (Geffen)
Edition : 1995.
CD : 01/ Liquid Swords 02/ Duel of the Iron Mic 03/ Living in the World Today 04/ Gold 05/ Cold World 06/ Labels 07/ 4th Chamber 08/ Shadowboxin' 09/ Hell's Wind Staff/Killah Hills 10304 10/ Investigative Reports 11/ Swordsman 12/ I Gotcha Back 13/ Basic Instructions Before Leaving Earth
Andy Moor © Le son du grisli

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Guitariste entendu le plus souvent au sein de The Ex, Andy Moor a récemment publié Le journaliste, ouvrage issu de sa collaboration avec Anne James Chaton.

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FAB Trio : Live in Amsterdam (Porter, 2009)

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Certes, il s’agit ici de jazz, de thèmes et d’improvisation, de solistes et de solos. Certes, certes. Mais parce que cette musique est signée Joe Fonda, Barry Altschul et Billy Bang, on dresse l’oreille avec curiosité. Parce qu’on sait qu’avec eux, c’est encore possible. Parce qu’avec eux, le sens du mot collectif n’est pas formule mais nécessité. Et ce qui arrive ici, en ce soir du 16 avril 2008 au Bimhuis d’Amsteram, est bien trop précieux pour qu’on le passe sous silence.

Ce soir, le son est brut de fonte, l’ambiance est électrique. D’emblée, ils improvisent sans filet, ne lâchent rien. C’est limpide et héroïque. Ils s’écoutent, scrutent et sont à l’affût de toute nouvelle proposition. Celle-ci était une fausse piste. Les voici doutant puis, très vite, ils retrouvent le chemin des intensités initiales (Fabmusic Opening). Ailleurs, ils espacent la mélodie (Go East), abandonnent le violoniste en un soliloque anguleux avant de s’en repartir improviser de concert. Musique en perpétuel mouvement, flamboyante, tempétueuse, animée d’une fougue singulière (Spirits Entering), elle ne tombe jamais dans la facilité ou la redite et se construit dans un immédiat toujours partagé. Oui, quelque chose circule magnifiquement entre eux. En atteste ce disque et un second (A Night in Paris / Marge), enregistré trois jours plus tard au Sunset et tout aussi passionnant que celui-ci. S’ils passent près de chez vous, ne les ratez surtout pas !


FAB Trio, Fab Music Continuation (extrait). Courtesy of Porter Records.

Fab Trio : Live in Amsterdam (Porter / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Fabmusic Opening 02/ Go East-Da Bang 03/ Fabmusic Continuation-Spirits Entering
Luc Bouquet © Le son du grisli

Joe Fonda déjà sur grisli
Lower East Side Blues (Porter - 2009)
Trio (Not Two - 2007)
The Dope and The Ghost (Not Two - 2007)
Circle The Path (Drip Audio - 2007)
Duets 1995 (Clean Feed - 2007)
Loaded Basses (CIMP - 2006)

Billy Bang déjà sur grisli
Big M (Delmark - 2006)

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Joëlle Léandre, William Parker : Live at Dunois (Leo Records, 2009)

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Cela fait onze ans qu’est sorti l’album Contrabasses (Leo Records, 1998) documentant la rencontre des deux contrebassistes Joëlle Léandre et William Parker au festival Sons d’Hiver. Les deux légendes ont joué ensemble plusieurs fois depuis, notamment au sein de formations élargies, et ont finalement décidé d’éditer leur dernier concert en duo à ce même festival.

Les différentes pistes ne sont pas nommées et cela importe peu, tant ce que les musiciens ont à nous dire est à la fois évident et abstrait, spontané et construit par leur expérience propre. Cette dernière est nettement palpable dans la manière dont le dialogue s'élabore peu à peu : respirations, échanges et interruptions brusques bien senties. En cela, le fruit de l’interaction de Léandre et Parker est une parfaite illustration de l’improvisation définie en tant que composition instantanée.

Les strates créées, le plus souvent par le biais du frottement des cordes à l’archet, induisent d’emblée un climat d’attention et de tension émotionnelle, transcendé par moments par l’intervention vocale très soul de Joëlle Léandre. Alors, elle bouleverse à la manière d’une Abbey Lincoln qui aurait abandonné l’usage des mots. Loin de se contenter d’offrir une simple démonstration technique des possibilités sonores d’un instrument, ce duo de contrebasses compose une aventure artistique spirituelle, aussi bien engagée dans l’instant qu’ancrée dans l’expérience de l’improvisation européenne de l’une et de la musique afro-américaine de l’autre.

Joëlle Léandre, William Parker : Live at Dunois (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ part 1 02/ Part 2 03/ Part 3 04/ Part 4 05/ Part 5 06/ Part 6
Jean Dezert © Le son du grisli

Joëlle Léandre déjà sur grisli
Jubilee Concert (Intakt - 2009)
Basse-continue (Hors-Oeil - 2008)
Out of Nowhere (Ambiances magnétiques - 2008)
Kor (Leo Records - 2008)
The Stone Quartet (DMG - 2008)
A voix basse (Musica Falsa - 2008)
Winter in New York (Leo Records - 2007)
9 Moments (Red Toucan - 2007)
At the Le Mans Jazz Festival (Leo Records - 2006)
Face It! (Leo Records - 2005)
Fire Dance (Red Toucan - 2005)

William Parker déjà sur grisli
Petit oiseau (AUM Fidelity - 2008)
Double Sunrise Over Neptune (AUM Fidelity - 2008)
Corn Meal Dance (AUM Fidelity - 2007)
Who Owns Music ? (Buddy's Knife - 2007)
Long Hidden : The Olmec Series (AUM Fidelity - 2006)
Evolving Silence 2 (Earsay - 2006)
Sound Unity (AUM Fidelity - 2005)
And William Danced (Ayler - 2002)

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Nate Young : Regression (Ideal, 2009)

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La pochette de Regression ne peut cacher longtemps l’humeur dans laquelle Nate Young, sorti de Wolf Eyes, enregistra récemment en solitaire. Sombre, sa musique est aussi loin d’être seulement expérimentale.

C’est que, à coups de synthétiseurs et force d'usage de magnétophone, il signe un ouvrage qui hésite entre des constructions refusant à qui les entend toute respiration aisée (Trapped, Sleep Anxiety) et de plus charmantes récréations (marche glauque mais amusée tout de même de Dread ou Untitled fantasmant une pièce d’accompagnement d’un proto-Jimi Tenor). Ici et là, le même matériau de base, fait de boucles insistantes, de râles, de grouillements et de sifflements, liés les uns aux autres par un drone ou une envahissante nappe de clavier. D’un bout à l’autre du disque, une ligne court, d’une esthétique aussi flottante que réfléchie : et voici Regression implantée en profondeurs.

Nate Young : Regression (Ideal / Metamkine)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009
CD : 01/ Trapped 02/ Dread 03/ Under the Skin 04/ Sweating Sickness 05/ Sweating  Sickness 2 06/ Sleep Anxiety 07/ Untitled
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Urs Leimgruber, Thomas Lehn : Lausanne (For 4 Ears, 2009)

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Au regard des habituelles rencontres et combinaisons ad hoc qui sont d’usage sur la scène européenne de l’improvisation, le fait que Thomas Lehn (synthétiseur analogique) et Urs Leimgruber (saxophones ténor & soprano) se soient retrouvés au Théâtre du Lapin Vert de Lausanne, en décembre 2006, n’a pas de quoi surprendre outre mesure… Encore que leur association ne soit pas si évidente.

En duettiste aguerri, Lehn, de ses nuées électriques, ouvre tiroirs, cavernes ou univers entiers, à francs coups d’élytres ; travaillant sur des échelles et profondeurs fort diverses, il offre des pistes vers l’abstraction ; Leimgruber s’y engage : close miking, grincements ou bourdonnements œuvrent à la dissolution de l’instrument sans confiner pourtant à sa recréation – très grand styliste, le souffleur suisse n’en reste pas moins encore saxophoniste et peut-être son agilité, sa versatilité s’épuisent-elles dans pareil contexte (sans doute comprend-on mieux alors les sommets auxquels il touche lorsque la théâtralité réactive de son geste retrouve celle de Joëlle Léandre ou Fritz Hauser).

Il semble, et ce sont alors les plus belles explorations du disque, que l’intrication des timbres soit d’autant plus féconde que la poussée est longue, débarrassée de certaines agitations, pénétrée d’une cinétique neuve – et c’est fréquemment le cas dans cet intéressant enregistrement.

Urs Leimgruber, Thomas Lehn : Lausanne (For 4 Ears / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD : 01/ Un 02/ Deux 03/ Trois 04/ Quatre 05/ Cinque
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Urs Leimgruber déjà sur grisli
Love Letters to The President (Intakt - 2009)
Idp-Cologne (Psi - 2005)
13 Pieces for Saxophones (Leo - 2007)

Thomas Lehn déjà sur grisli
One (Sofa - 2005)
HHHH (Unsounds - 2005)

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Roy Nathanson : Subway Moon (Buddy's Knife, 2009)

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Le disque Sotto Voce avait permis au saxophoniste Roy Nathanson de mettre en musique quelques-uns de ses poèmes. Subway Moon lui offre aujourd’hui de les voir réunis dans un livre.

Au gré des pages, l’ouvrage révèle alors un musicien en quête d’autres – toutes figures rencontrées à Brooklyn, dans le métro et parfois à la surface – et, forcément, de soi, qui change par l’écriture un peu de sa réalité immédiate : interrogations humaines et souffrances amassées, remarques amusées ou maladies qui traînent. Le rythme, soutenu, transforme parfois l’exercice de lecture en scansions entêtantes jusqu’à ce qu’une image raccroche soudain le lecteur : évocation, par exemple, d’un autre que Nathanson juge être sa copie conforme, étranger lui faisant face dans un wagon et qui entame bientôt Sometimes I Feel Like a Motherless Child.

Par des voies détournées, Roy Nathanson en arrive donc à une littérature des origines : souvenirs et rapport au père révélés dans un plus long chapitre, à la sensibilité exemplaire – de celles qui savent profiter d’une dose suffisante de distance. Parce qu’il craint tout à coup, peut-être, de trop en dire sur lui, l’auteur bifurque et dit tout le bien qu’il pense de la musique de George Russell : autre ombre accaparante de sa réalité.

Roy Nathanson : Subway Moon (Buddy's Knife)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Peter Evans : Nature / Culture (Psi, 2009)

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D'abord déballer le bel objet et décrypter le dessin, signé par le trompettiste Peter Evans, qui s'étale sur les trois faces de son nouveau double album : Nature / Culture. Un corps humain au centre d'un réseau de filaments tortueux. La tête : un agencement complexe de tubes, pistons et d'une embouchure. C'est son instrument. Des pieds partent des fils qui se rejoignent pour former d'un côté une main et de l'autre, ce qui ressemble à une portée musicale. Cette image où s'interpénètrent éléments organiques et mécaniques est, à l'instar du titre de l'album, une illustration de la tension qui est à la source de la musique que l'on va entendre : mélange d'inspiration et d'expression physique pure d'une part, et utilisation de procédés techniques d'amplification et d'enregistrement très précis d'autre part.

Sur les deux CDs qui composent cet album, le trompettiste raconte des histoires uniquement en solo – Peter Evans est également impliqué dans plusieurs formations, notamment avec Okkyung Lee et Steve Beresford ou avec le Mostly Other People Do the Killing. Comme on avait déjà pu l'entendre sur son premier album More is More (Psi Records, 2006), Peter Evans se révèle être un des plus magnifiques et des plus passionnants conteurs apparus sur la scène des musiques improvisées ces dernières années. Comme il l'écrit dans le livret, son investissement dans ce travail solo lui permet « to tell stories that are short, long, true, false, unfinished, overlapping, fantastic and mundane. » Avec aisance, il passe de vocalises abstraites à un discours enjoué et ironique sur les formes traditionnelles du jazz, de drones enveloppants à des cascades de notes limpides, violentes et sensuelles. Jamais l'attention de l'auditeur ne fléchit, tant l'investissement du musicien est total.

Peter Evans : Nature / Culture (Psi / Orkhêstra)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD1 : 01/ Micro 02/ Macro 03/ Full 04/ Jazz 05/ The Chamber 06/ Wa 07/ Five - CD2 : 01/ Nature / Culture a 02/ Nature / Culture b 03/ Nature / Culture c 04/ Nature / Culture d 05/ Nature / Culture e 06/ Technology
Jean Dezert © Le son du grisli

Peter Evans déjà sur grisli
Check for Monsters (Emanem - 2009)

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Kenneth Kirschner : Filaments & Voids (12K, 2009)

Filamentsli

Complexes et mystérieux, les rapports qui sous-tendent la musique et le silence qui lui succède peuvent donner lieu à de multiples interprétations. Dans quelle mesure l’absence de musique marque-t-elle la fin d’une œuvre musicale ? Le silence est-il un mysticisme ou un néant ? David Tudor, interprète magistral de John Cage, l’avait bien compris, le silence en musique ne l’est jamais totalement. Quand il (non-)jouait la célèbre 4’33, les instants séparant l’ouverture et la fermeture du couvercle de son piano lui faisait entendre les bruits du public, tout comme Cage lui-même prétendait que le silence absolu n’existait pas.

Pour son retour sur le label 12K, le compositeur électro-acoustique Kenneth Kirschner inscrit son œuvre quelque part entre une electronica ambient d’une magnifique pureté post-Ligeti (Les Filaments) et un continuum cagien (Les Voids). Entre composition moderne et drones numérisés, chaque mini-séquence est suivie d’un silence de quelques secondes, le procédé étant répété à de multiples reprises à l’intérieur même de chaque plage (quatre au total sur ce double disque compact). Absolument remarquables de synthèse métaphysique, elle va bien au-delà de l’apparente froideur intellectuelle du projet, les quatre œuvres du musicien de Brooklyn s’inscrivent complètement dans la logique cosmique d’un Murcof (ou d’un Stanley Kubrick en mode 2001, Odyssée de l’Espace), les spectaculaires effets planants en moins, les insondables mystères interplanétaires en plus. Ce silence de l’infini, toujours lui.

Kenneth Kirschner : Filaments & Voids (12K / Metamkine)
Enregistrement : 1996-2008. Edition : 2009.
CD 1 : 01/ October 19, 2006 02/ September 11, 1996 03/ June 10, 2008 - CD 2 : 01/ March 16, 2006

Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Kenneth Kirschner déjà sur grisli
Three Compositions (SIRR - 2006)
Post_Piano 2 (12K - 2005)

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Gunter Hampel : Lifer (Birth, 2009)

lifersli

Un soir de février 2009, Gunter Hampel donnait un concert au Bowery Poetry Club de New York. Dans le public, filmait un fils. 

Après avoir trouvé son angle, Ruomi Lee Hampel consigne l’expérience : au vibraphone, à la clarinette basse et à la flûte, le père évolue seul au gré d’un swing libertaire mis au service de développements nés d’une concentration inattendue : parce qu’elle lutte sans cesse contre le tempérament de feu du musicien, qui glisse quelques citations dans ses impertinentes structures mélodiques ou se laisse porter par des vibrations de différentes natures.

Talkin Bass Clarinet, de tirer les leçons d’une influence énorme (celle d’Eric Dolphy), et puis, en guise de conclusion, une discussion en coulisses entre Hampel et le saxophoniste Giuseppi Logan : dans les marges, de grandes figures existent encore.

Gunter Hampel : Lifer (Birth)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
DVD : 01/ The Path 02/ Who’s Controlling Whom 03/ Unexpected 04/ Talkin Bass Clarinet 05/ Godzilla 06/ Backstage Talk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Gunter Hampel déjà sur grisli
Music from Europe (ESP - 2008)
Emission 2004 (Birth - 2005)

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Peaches : I Feel Cream (XL, 2009)

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En 2001, la Canadienne Peaches (Merrill Nisker, pour l’état-civil) a fait une entrée fracassante dans le grand rock’n’roll circus avec son premier album, The Teaches Of Peaches, paru sur le label berlinois Kitty-Yo. Truffé de pépites abrasives aux paroles (s)explicites, ce disque parfumé à la dynamite s’est répandu comme une traînée de poudre, s’imposant comme un classique instantané et propulsant la demoiselle à la proue du (pétaradant) courant electro-clash. Incarnation ultime de la femme fatale, Peaches combine la hargne revendicatrice des riot grrrls avec les tenues (et les poses) provocatrices d’une Madonna – un mélange haut en couleurs dont les effets deviennent franchement dévastateurs lorsque la demoiselle, mi-vamp mi-catcheuse, se produit sur scène : attention, chaud devant !

Enchaînant disques et concerts sans faiblir, tout en s’offrant de petites incartades bien senties (notamment sur le We don’t play guitars des Chicks On Speed), Peaches a maintenu ferme son emprise, à tel point que, au moment de la sortie de son troisième album (Impeach My Bush, 2006) le magazine anglais Diva l’a fort judicieusement qualifiée de « bisexual queen of dirty electro-cool » – titre autrement plus enviable que celui de reine d’Angleterre…

Ce n’est certes pas avec I Feel Cream que ce titre risque de lui échapper. Aucune révolution de palais n’accompagne ce quatrième album, tout au long duquel Peaches, égale à elle-même, se jette à plaisir dans le stupre. Armée d’une boîte à rythmes, d’un micro et d’un culot à tout casser, cette bondissante fille indigne de Joan Jett nous assène une douzaine de bombinettes pleines de sueur, de speed et de paillettes. Que Simian Mobile Disco, Digitalism ou encore Soulwax aient participé à l’enregistrement d’I Feel Cream n’a guère d’importance : nous savons qui mène la danse – et la mène rudement bien. Parmi ceux qui s’aventureront dans ce disque aux airs de cabaret déglingué, certains ne manqueront sans doute pas de chipoter, trouvant que Merrill en fait décidément un peu trop. Et alors ? N’est-ce pas précisément pour ça qu’on l’aime ? Parce que, tou(te)s (g)riff(e)s dehors, elle n’a jamais peur d’en faire trop ?

Peaches : I Feel Cream (XL / Beggars)
Edition : 2009.
CD : 01/ Serpentine 02/ Talk to Me 03/ Lose You 04/ More 05/ Billionaire 06/ I Feel Cream 07/ Trick or Treat 08/ Show Stopper 09/ Mommy Complex 10/ Mud 11/ Relax 12/ Take You Out
Jérôme Provençal © Le son du grisli

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