Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Susan Stenger : Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media, 2009)

soundtrackforagrisliLivre-disque et souvenir d’une exposition organisée au Musée d'Art Contemporain de Lyon en 2006, Soundtrack for an Exhibition s’attache à recréer un projet qui alliait peinture, cinéma et musique, en assemblant photographies de toiles (John Armleder, Steven Parrino), extraits des rushs du film The King is Alive (Kristian Levring), et pièce sonore (revue pour tenir ici sur l’espace d’un DVD mais courant à l’origine le long de 96 jours, durée de l’exposition) écrite par Susan Stenger (Band of Susans, Brood).

S’il ne donne qu’un aperçu de l’univers musical déployé pour l’occasion, le disque donne à entendre une longue progression découpée dans l’optique de rendre hommage à des styles musicaux différents, et qui fait, sur son ensemble, référence aux travaux de drones de Phill Niblock. En guise d'intervenants : Kim Gordon, Alan Vega, Ulrich Krieger, Bruce Gilbert, Jim White, Mika Vainio, FM Enheit ou Spider Stacy, finissent de diversifier le propos, qui va de ritournelles répétitives en mélodies de pop précieuse, de nappes monochromes en constructions rythmiques lasses. Partout, le transport est lent, engage l’auditeur sur terrains différents – certains accueillants, d’autres moins.

Pas toujours heureux, donc, le voyage touche pourtant à sa fin en donnant l’impression d’avoir traversé une œuvre conceptuelle d’un minimalisme magistral et souvent obnubilant. Pour revenir aux origines du projet, se plonger enfin dans l’entretien de Mathieu Copeland avec Susan Stenger et Tony Conrad, le second ne cachant pas ses inquiétudes face à l’ampleur d’un exercice encore en projet. Désormais évanoui mais consigné en objet rare.

Susan Stenger, Mathieu Copeland (édition) : Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media / Les presses du réel)
Exposition : 2006. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living, 2009)

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This Heat est l'un de mes groupes préférés de tous les temps. Seulement une poignée d'albums, tous géniaux, et le frisson assuré à chaque écoute de l'album bleu. Tout était là : un sens rythmique incomparable (on peut souvent danser sur leur musique), un sens mélodique inoui (et des voix à tomber par terre) et un travail sur le son en avance de 20 ans sur son époque.

J'avais écouté les autres disques sortis de ce vivier après la dissolution du groupe au début des années 1980 : Camberwell Now (le projet du batteur Charles Hayward) et Lifetones (le projet dub de Charles Bullen) mais je n'ai découvert que tout récemment l'existence d'une cassette post This Heat de Gareth Williams, maintenant rééditée en CD. Autant le dire tout de suite : cette réédition est un repiquage de la cassette : le son est plus low tech que low fi. Mais peu importe. Il n'y a pas eu de nettoyage dénaturant le propos... On y entend des boites à rythmes empruntées à Scritti Politi, des harmonies vocales qui évoquent This Heat, bien sûr, mais aussi souvent le groupe Tuxedomoon. Le disque a semble-t-il été composé suite au départ de Gareth Wiliams en Inde, après avoir quitté le groupe. Cet album a mis 25 ans à être réellement édité et distribué. Depuis que j'ai reçu le CD par la poste (le lendemain de mon paiement par paypal via le site myspace du groupe), je n'écoute pratiquement que ça. Magnifique !

Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1985. Edition : 2009.
CD : 01/ Another Flaming Tune 02/ Beguiling the Hours 03/ The Best Weapon 04/ A to B 05/ Breast Stroke 06/ Raindrops from Heaven 07/ Restless Mind 08/ B to A 09/ Golden Age 10/ It's Madness 11/ Generous Moon
David Fenech © Le son du grisli

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David Fenech est musicien. Polochon Battle est à ce jour son dernier enregistrement paru.


Wooley, Lonberg-Holm, Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter, 2009)

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Nate Wooley (trompette), Fred Lonberg-Holm (violoncelle) et Jason Roebke (contrebasse) phrasent l’inquiétude, la menace. Le bois, vitriolé, grince et s’écartèle. Les archets appuient sur les cordes jusqu’à la double cassure. Tout se noue et jamais rien ne se dénoue. En sursaut ou en silence, l’étrangeté s’entretient. Tension continue : on racle, on brise, on repousse, on strie. Ça fuit tout convenu, tout rituel. Il y aura beaucoup d’horizontalités, d’unissons, d’écarts, d’incidences, de pulsions et ça ne dira rien de l’apaisement. Ça ira magnétiquement. Ça sera perturbé et insondable. Ça n’ouvrira aucune porte, aucune piste. Ça existera d’un souffle fielleux et profond. Un disque perturbant jusqu’à l’excès.

Nate Wooley, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter Records / Orkhêstra International)
CD : 01/ Tacones Altos 02/ Sans Aluminumius  03/ Southern Ends of the Earth 04/ Saint Mary 05/ Anywhere, Anyplace at All
Edition : 2009.
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Nicole Mitchell’s Black Earth Strings : Renegades (Delmark, 2009)

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Le Black Earth Strings est une émanation du Black Earth Ensemble, emmené par la flûtiste Nicole Mitchell. On y retrouve le contrebassiste Josh Abrams et la violoncelliste Tomeka Reid et y sont accueillis la violoniste Renee Baker et la percussionniste Shirazette Tinnin. Il plane sur cette session le même esprit que dans l’Ensemble : celui de la Great Black Music.

Rappelons que Nicole Mitchell est vice présidente de l’AACM, cette association chicagoane qui rassemble des musiciens et dont Lester Bowie, membre fondateur, définissait ainsi le propos : « contribuer à développer la personnalité des jeunes musiciens afin de créer une musique d'un haut niveau artistique à l'attention du grand public ». Soulignons aussi que c’est sur Delmark, historique label indépendant, que sort ce disque.

L’instrumentation évoque tantôt la musique de chambre européenne (le violon, le violoncelle, l’alto et la contrebasse, comme en témoigne Symbology # 1), le jazz (la pulsation de la contrebasse et de la batterie sur Mama Found Out) ou l’Afrique (quand Abrams s’emparant du gembi accompagne les percussions de Tinnin sur Windance). Et c’est la flûte, un des plus anciens instruments du monde, qui fait le lien. Nicole Mitchell est ici au sommet de son art : insaisissable, toujours surprenante et changeante. Elle est à la tête d’un quintet qui, si c’est ici son premier disque, a commencé de jouer il y a bientôt dix ans. D’où le sentiment de fraîcheur et de complicité mêlées.

« J’ai appris que, quand on est femme et noire et que l’on veut faire de la musique, il faut être agressive » nous dit Mitchell. Son groupe, à forte empreinte féminine (un homme, tout de même), parle de liberté et de rupture avec la société machiste (Waris Dirie, en hommage à l’artiste somalienne qui lutte contre les mutilations sexuelles ou encore By My Own Grace, hymne féministe), écho d’un monde impérialiste et esclavagiste (Wade, inspiré par le gospel Wade in the Water) balayés d’un revers de main par ce grand disque.

Nicole Mitchell’s Black Earth Strings : Renegades  (Delmark / Socadisc)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 1/ Crossroads 2/ No matter what 3/ Ice 4/ Windance 5/ Renegades 6/ By my own grace 7/ What if 8/ Symbology #2A 9/ Wade 10/ Waterdance 11/ Symbology #1 12/ Mama found out 13/ If I could have you the way I want you 14/ Symbology #2 15/ Waris Dirie 16/ Aaya’s rainbow
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources, 2009)

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Au Música Portuguesa Hoje festival de Lisbonne, fut donnée l’année dernière une trentaine de minutes d’une musique électroacoustique élaborée par Rhodri Davies (harpe, électronique), Carlos Santos (électronique), Stéphane Rives (saxophone soprano), et puis Guilherme et Ernesto Rodrigues (violoncelle et violon).

Plus d’une demi-heure, pour être tout à fait juste, d’une rencontre internationale s’entendant sur un amas de lignes de fuite, souterraines ou ascendantes, et de drones assemblés : là, un aigu perce, ailleurs, un autre renonce. L’improvisation s’immisce dans le paysage, attire à elle l’auditeur pour l’avaler ensuite. L’exercice est réussi, et l’épreuve : manifeste.

Ernesto Rodrigues, Rhodri Davies, Stéphane Rives, Guilherme Rodrigues, Carlos Santos : Twrf Neus Ciglau (Creative Sources)
Enregistrement : 12 juillet 2008. Edition : 2009
CD : 01/ #1
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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James Ferraro : Clear / Discovery (Holy Mountain, 2009)

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Jusqu’à présent, les nombreux disques de James Ferraro (alias Lamborghini Crystal, alias 90210…, mieux connu pour sa participation au défunt groupe culte The Skaters) sont sortis uniquement en édition (très) limitée sur des petits labels comme New Age Tapes. Privilégiant des supports alternatifs tels que la K7 ou le CD-R, le musicien fait partie de ces artistes dont l’œuvre est caractérisé avant tout par sa spontanéité, aussi bien au niveau du processus de création que de la diffusion. Comme on l’a déjà entendu sur les albums Marble Surf ou Multitopia, l’esthétique d’inachèvement privilégiée (son parasité et sale, distorsions) ne donne jamais une impression de bâclage, tant son mélange de noise, de minimalisme et de psychédélisme fascine d’un bout à l’autre.

Les albums jumeaux Clear et Discovery, sortis initialement sur CD-R, sont réédités par le label Holy Moutain. Une fois encore, les nappes de synthé cosmique et le groove lancinant évoquent aussi bien les envolées métronomiques d’expérimentateurs allemands des années 1970 et 1980 comme Klaus Schulze que les dérives extatiques d’un Terry Riley. Cet aspect mystique et nécessairement répétitif peut également rappeler les dernières productions des Japonais Boredoms. L’intérêt amusé du musicien pour une certaine culture télévisuelle (révélée notamment par les différents pseudonymes de Ferraro ou l’aspect de ses albums) apparaît plus loin sous la forme de riffs de guitare qui ne dépareraient pas aux génériques des séries policières de notre enfance. Post-modernisme, nostalgie et transe, fusionnent ainsi pour former une musique pop racée, intelligente et idéale pour compter les étoiles filantes un soir d’été dans le jardin de sa grand-mère.

James Ferraro : Clear / Discovery (Holy Mountain)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
LP : 01-03 (Clear) / 01-02 (Discovery)
Jean Dezert © Le son du grisli


Quatre têtes : Figuren (Creative Sources, 2009)

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De deux duos (Gabriela Friedli - Priska Walss / Claudia Ulla Binder - Susann Wehrli) est né Quatre têtes, quartet exclusivement féminin. De l’étrangeté de l’orchestration (deux pianos, flûte et trombone) émerge une intensité confondante. Car plutôt que de n’explorer qu’une seule piste, ce sont en multiples chercheuses de sons et de sens que se sont postées nos quatre musiciennes. Dans cette musique, se croisent l’attente et le tâtonnement, la curiosité et l’inquiétude. On y découvre des enchâssements de timbres singuliers (la grave palette de l’imposant cor des Alpes, un mélodica sorti des sentiers battus), des arithmétiques audacieuses (quartet et divers duos), des fugues et des courses-poursuites haletantes. Bruissements, glissandi, horizontalité inquiète, dialogues ludiques et affranchis s’entrecroisent sans tourment et avec une décontraction naturelle. Stabilité, classicisme des phrasés et cassures abruptes ne s’opposent nullement car on sent les quatre musiciennes durablement soudées et toujours en demande de nouvelles situations. Une réussite totale pour nos quatre têtes pensantes et si magnifiquement jouantes.

Quatre Têtes : Figuren (Creative Sources)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009
CD : 01/ Beauty’s Biest 02/ Falmingo 03/ Lavtina 04/ Laüfer und Turn 05/ Penelope 06/ Myriapoda 07/ Voyageurs 08/ Waiting for Cary Grant 09/ Knopf und Knopfloch 10/ Anaphora
Luc Bouquet © Le son du grisli

Archives Gabriela Friedli


Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia : In Celebration of Knowing All The Blues of The Evening (Unframed Recordings, 2009)

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A coups de farfisa et d’oscillateurs, Jaime Fennelly et Shawn Hansen édifient ici sous le nom de Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia une grande composition instantanée d’expérimentale inquiétante, puis agressive.

Pour apparaître crescendo sous la forme d’une simple nappe sonore oscillante, drone sur lequel s’agglomèrent bientôt toutes sortes d’intervenants : larsen, souffles épais, effets crachant ou parasites. Les trois grands mouvements de Civil Twilight passés – qui imposèrent la trame de l’œuvre au noir –, voici huit notes de clavier, répétées sans souci véritable d’allure à conserver. Se chevauchant, voici qu’elles cèdent sous l’influence bruyante d’effets velléitaires et changent radicalement la face de l’expérience : Darkness finit de convaincre de l’écrasante présence de Fennelly et Hansen.

Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia : In Celebration of Knowing All The Blues of The Evening (Unframed Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD : 01/ Civil Twilight 1 02/ Civil Twilight 2 03/ Civil Twilight 3 04/ Darkness (Nautical Twilight) 1 05/ Darkness (Nautical Twilight) 2 06/ Darkness (Nautical Twilight) 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Evan Parker : The Moment's Energy (ECM, 2009)

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Si le premier enregistrement de l’Electro-Acoustic Ensemble avait été, il y a une douzaine d’années, une passionnante découverte – la « cellule anglaise » (Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton) s’y trouvant pistée par son « shadow trio » (Phil Wachsmann, Walter Prati, Marco Vecchi) – le cinquième* album du groupe (toujours chez ECM) ne renouvelle pas complètement l’enchantement.

L’accroissement de l’effectif (culminant ici à quatorze membres, dont Agustí Fernández, Joel Ryan, Richard Barrett et Paul Obermayer) au fil des disques, un temps vanté par des chroniqueurs admiratifs de ce qu’ils prenaient pour une performance (de quoi ?), ne fait rien à l’affaire – mais ne l’aggrave pas non plus, à mon sens ; l’impression d’empâtement semble davantage tenir à la nature même et à la densité des interactions à l’œuvre. Le principe parkérien de prolifération donnant de merveilleux résultats hallucinatoires et poétiques dans le contexte du solo (voire du solo « traité », comme avec Prati dans Hall of Mirrors [CD MM&T] ou Lawrence Casserley dans Solar Wind [CD Touch]), un jeu supplémentaire de diffractions croisées peut confiner à l’obscurcissement des beaux labyrinthes de verre, comme si, par inflation, on passait d’un essaim turbulent à un avion gros-porteur, masse vrombissante creusant la nuit en clignotant puis virant pesamment sur une aile. On guette alors, dans ce flux laminaire, tout autant les festons du soprano que les trouées de Ned Rothenberg (clarinettes, shakuhachi), les éclaircies de Peter Evans (trompette, trompette piccolo) que l’impeccable sho de Ko Ishikawa, véritable générateur acoustico-électronique…

*Après Toward the Margins (6 musiciens, 1996), Drawn Inward (7 musiciens, 1998), Memory/Vision (9 musiciens, 2002), The Eleventh Hour (11 musiciens, 2004)

Evan Parker : The Moment's Energy (ECM / Universal)
Edition : 2009.
CD : 01/ I 02/ II 03/ III 04/ IV 05/ V 06/ VI 07/ VII 08/ Incandescent Clouds
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Archives Evan Parker


Evan Parker, John Wiese : C-Section (Second Layer Records, 2009)

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La Free Noise, genre aux frontières floues (comme souvent), serait caractérisée par le mariage et/ou la collision de la noise et du free jazz. Les collaborations d’Anthony Braxton et de Wolf Eyes ou de C. Spencer Yeh avec Paul Flaherty et Chris Corsano en seraient de bonnes illustrations. En 2007, ce style a en outre donné son nom à une tournée commune en Angleterre de certains des ses plus illustres expérimentateurs : le groupe Yellow Swans, le batteur Paul Hession, C. Spencer Yeh, le contrebassiste John Edwards, mais aussi Evan Parker et John Wiese. Une fameuse affiche qui a dû en secouer plus d’un et qui a certainement donné l’occasion à ces deux derniers de s’apprivoiser.

Ce dernier terme n’est pas choisi au hasard, tant les sonorités du saxophone d’Evan Parker et celles des dispositifs électroniques de John Wiese ne semblent a priori pas faites pour s’entendre. Le premier offre son jeu de voltige, acoustique et sensuel, à l’aide de son inimitable technique du souffle circulaire. Le second sculpte, littéralement, des strates de sons purs et métalliques (formant trilles, pulsations et distorsions) prodigués souvent avec de la retenue et presque de la délicatesse et à d’autres moments avec beaucoup plus de nervosité. Assez vite, on se rend compte que l’association fonctionne. L’essentiel bien sûr n’est pas de repérer un dialogue aisément compréhensible entre les deux musiciens, mais de ressentir leur production conjointe comme un acte musical unique et indivisible.

Par moments pourtant, John Wiese semble se laisser emporter par la fougue du saxophoniste. Ainsi, le tour de force que constitue ce dernier morceau de plus de 24 minutes, véritable orgie où les masses sonores mouvantes se transforment progressivement pour emporter l’auditeur dans un maelstrom le laissant au final complètement pantois.

Evan Parker, John Wiese : C-Section (Second Layer Records)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ The Jist 02/ Little Black Book 03/ No Shoes 04/ Dog Cesarean
Jean Dezert © Le son du grisli

Archives Evan Parker



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