Le son du grisli

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Giuseppe Ielasi : Aix (12K, 2009)

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Tel (another) Stunt, second épisode de la série Stunt initiée par Giuseppe Ielasi sur son propre label Schoolmap, son opus Aix succède à son indispensable August, tous deux en exil sur la maison 12K de Taylor Deupree.

Plus intimiste encore, l’univers de cet album – enregistré, comme son nom l’indique, à Aix-en-Provence – repose sur des rythmes largement irréguliers (marque de fabrique de ces derniers temps), encore que le second titre – sans nom, selon l’habitude iélasienne – séduise par sa lente fêlure où de brutales accélérations succèdent à une métronomie sournoise. Très riche et pleinement prenant au fur et à mesure de ses écoutes successives, ce second opus du producteur milanais dépasse, et de loin, le simple stade de l’aléatoire qui guide théoriquement ses pas. Tournoyant autour de ses mille trouvailles sonores, chaque seconde en est une preuve de plus, Aix imbibe le moindre neurone de son auditeur tout au long de sa trentaine de minutes, tantôt obsédantes jusqu’à l’étouffement digital (la piste 4), tantôt impitoyables dans une répétitivité surgie d’entre les lignes sonores. Loin de toute paresse échaudée par trop d’ambient aseptisée pour lounge bar vert olive, cette langueur chaude et coupante invite à un ailleurs musical où chacun se prend à rêver de lendemains universels. A condition de se donner du temps, notre bien le plus précieux. 

Giuseppe Ielasi : Aix (12K / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ - 02/ - 03/ - 04/ - 05/ - 06/ - 07/ - 08/ - 09/ -
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

Archives Giuseppe Ielasi

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Antoine Prum : Sunny’s Time Now (Paul Thiltges, 2008)

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La chose est assez rare pour qu’on la remarque : deux films – l’un consacré au saxophoniste, l’autre au batteur – montrent Sonny Simmons et Sunny Murray se croisant. Le premier : disponible sur DVD malgré ses nombreux défauts. Le second : en attente d’être diffusé autant que le méritent toutes ses qualités.

Sunny’s Time Now, donc : titre repris par le réalisateur Antoine Prum pour adresser son hommage à Sunny Murray. En ouverture, le noir et blanc souligne l’intensité d’un solo du batteur : toms, cymbales et grosse caisse, et puis le murmure du musicien, qui n’est autre qu’un chant d’extraction rare jouant les fils conducteurs pour gestes affranchis en mouvement perpétuel. Ensuite, le batteur parle, attestant qu’il ne sert à rien de mettre à mal le swing si l’on n’est pas capable, avant cela, de bien le servir.

La suite du film retrace autant le parcours de Murray qu’elle l’approche et le révèle par touches délicates. Glanant les témoignages de musiciens de choix (Cecil Taylor, William Parker, Grachan Moncur III, Tony Oxley, François Tusques, Robert Wyatt…) et d’amateurs éclairés aux souvenirs de taille (Val Wilmer, Delfeil de Ton, Daniel Caux, Ekkehard Jost…), le portrait s’en tient ailleurs à une approche plus discrète mais tout aussi parlante : prises de répétitions ou de concerts (là, trouver le sujet en compagnie de Simmons, Bobby Few, Tony Bevan ou John Edwards) sur lesquels Sunny Murray apparaît en camarade trublion ou en créateur ensorcelé. L’ensemble, organisé avec esprit et intelligence par Antoine Prum, véritable auteur qui vaudrait d’être diffusé.

Antoine Prum : Sunny’s Time Now (Paul Thiltges / La Bascule)
Réalisation : 2008.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Sunny Murray

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João Lucas : Abstract Mechanics (Creative Sources, 2009)

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La suite Abstract Mechanics est une composition du pianiste portugais João Lucas. La musique a été créée en studio en s’inspirant de la chorégraphie (filmée et montée pour l’occasion) Era uma coisa mesmo muito abstracto de la danseuse Andresa Soares. Cet aspect primordial de la méthode de création pourrait gêner l’appréhension de la musique. Il n’en est rien, tant cette dernière peut être appréciée sans complément visuel. João Lucas, qui gère également quelques effets électroniques, intègre divers field recordings et joue de l’accordéon, est épaulé par le violoncelliste Miguel Mira.

Si la chorégraphie était, selon les mots de sa conceptrice, « a very abstract thing », il est plutôt agréable de se laisser bercer par son accompagnement sonore, essentiellement d’un registre romantique. Alternant atmosphères fantomatiques et passages plus lyriques, la suite associe notes de piano égrenées lentement, sons de gouttes d’eau tombant sur un toit et cordes pincées à larges intervalles. Par moments, les instruments s’emballent avant de céder la place à des nappes d’effets électroniques. Mais vite, on revient à ce climat de langueur poétique seulement troublé par des sifflements mystérieux, voix d’enfants et autres passages d’accordéon déglingué.

La technique d’enregistrement employée donne parfois l’impression que les instruments sont joués à divers endroits d’une grande pièce. Cet aspect confère à l’ensemble une spatialité qui fait écho à la destination initiale de la suite.

João Lucas : Abstract Mechanics (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Intro 02/ Abstract Mechanics Part I 03/ Part II 04/ Part III 05/ Part IV 06/ Part V 07/ Part VI.
Jean Dezert © Le son du grisli

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Julie Tippetts, Martin Archer : Ghosts of Gold (Discus, 2009)

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L’écho détourné d’une clarinette basse ; un rythme synthétique entêtant ; des voix parlées, chuchotées, chantées ; des mélopées sans fin ; un dépouillement nacré ; voici quelques petites choses offertes par Julie Tippetts & Martin Archer.

Les poèmes de Julie Tippetts ont été écrits entre 1994 et 2004 et les voici aujourd’hui mis en espace(s) par Martin Archer, producteur inspiré et inspirant. Chaque pièce existe autonome et dépouillée, conçue autour et pour la voix-guide de Julie. Rien n’est surchargé et le trouble, le scellé, n’ont pas leur place ici. Délestés du superflu, attentifs, ouverts et gagnés de plein fouet par le duo, nous n’avons d’autre choix que de les suivre jusqu’au bout d’une nuit on ne peut plus idéale.

Julie Tippetts & Martin Archer : Ghosts of Gold (Discus / Instant Jazz)
Enregistrement : 2007 - 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Moonshine 02/ The Bear that Walks at Night 03/ Metamorphic Rocking 04/ Run Another Road 05/ The Winging 06/ The Brink 07/ Parchment Dust  08/ Rainsong 09/ Daydream & Candle-light 10/ Tightrope 11/ The Summons-Brittle Brimstone 12/ The Ghostly Apparition
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Asmus Tietchens : Flächen mit Figuren (NonVisualObjects, 2009)

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La musique délivrée par Asmus Tietchens sur Flächen mit Figuren est une autre abstraction. De souffles et de silences, de parasites en voie de disparition et de respirations que l’on rêverait régulières. Halos sonores de sphères insondables parce que trop éloignées et murmures de qui les peuple, tellement différents.

Quelques clics rappellent quand même que les recherches persistent, gêneurs de symphonies minuscules sur lesquelles seule une nuée d’insectes créés en laboratoire se fait entendre au point qu’on puisse attester là de l’existence d’une forme minuscule de vie. Enfin, traînées de poudre persistante, et retour à la terre sur le mouvement d’oscillations constructivistes concrètes mais fatiguées. Plus de surfaces interrogées que de personnages, mais la somme d’univers révélés avec grâce par Tietchens n’a que faire des échelles.


Asmus Tietchens, FmF 1 (extrait). Courtesy of NonVisualObjects.

Asmus Tietchens : Flächen mit Figuren (NonVisualObjects)
Edition : 2009
CD : 01/ FmF 1 02/ FmF 5 03/ FmF 3 04/ FmF 6 05/ FmF 7 06/ FmF 8 07/ FmF 5A 08/ FmF 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nestor Figueras, David Toop, Paul Burwell : Cholagogues (Schoolmap, 2009)

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En remontant le temps du côté de 1977, on trouve dans la discographie une rareté étonnante, prise lors d’une unique performance (la seule de ses auteurs ?) donnée le premier avril – et ce n’était pas un poisson – à l’Action Space de Londres. Editée à l’époque sur le label Bead de ses trois auteurs, le concert était capté – avis aux fétichistes – sur un enregistreur à cassettes Sony TC-164A, avec svp m’sieur dames, David Toop (chroniqueur du Wire et membre de The Flying Lizards) aux manettes.

Aujourd’hui remasterisé et reprise sur la maison Schoolmap Records du magnifique Giuseppe Ielasi, Cholalogues fut décrit en son temps par le critique Peter Riley comme un exemple fondateur de slow music, tant chaque protagoniste prend le temps de faire voguer son inspiration au gré épistolaire de son inspiration de la seconde. Munis d’une incroyable quincaillerie (flûtes, flûtes de Pan, trompettes, sifflets, percussions, cymbales, fiddle, sifflet pour chien, eau, sons produits par la respiration, la bouche et le corps…), Figueras, Toop et Burwell explorent – à temps plein et sans faillir à la tâche déconstruite – une philosophie de l’aléa qui, plus que ne tolère, encourage l’accident, viscéralement. L’intensité de la performance est, c’est évitable au vu de l’unicité de la performance, variable.

Tantôt d’un minimalisme adolescent, notamment dans les premières minutes où une flûte se gausse de son propre souffle, tantôt plus mature, voire animalier (notamment lorsque des sons idoines nous transposent au sein d’une volière anarchiste), la musique du trio – est-ce bien le terme ? – ne cesse d’évoluer, ôtant de l’esprit toute idée de monotonie casse-tympans. Par instants, on se prend même à imaginer une troupe de grands bambins impertinents dans un atelier métallurgique, trop heureux d’oublier les limites étriquées du format musical, sourires aux lèvres et œil goguenard. Il ne nous manquait plus que la vision et c’eût été parfait. 

Nestor Figueras, David Toop, Paul Burwell : Cholagogues (Schoolmap Records / Metamkine)
Enregistrement : 1977. Edition : 2009.
CD : 01/ Cholalogues
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Raphaël Imbert : N_Y Project (Zig Zag, 2009)

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Depuis 2003, Raphaël Imbert a beaucoup séjourné à New York pour mener à bien ses recherches sur le rapport des jazzmen au sacré. Aujourd’hui, ce disque pourrait être le pendant sonore des écrits du saxophoniste sur la dimension spirituelle du jazz.

Le morceau qui ouvre le disque est une reprise de Duke Ellington : Echoes of Harlem. Gerald Cleaver (batterie) et Joe Martin (contrebasse) reconstituent la jungle ellingtonienne tandis qu’avec le saxophone de Raphaël Imbert surgit la contemporanéité de l’asphalte new yorkais. Le décor est planté : nous sommes là au point de confluence de deux mondes, et ce point de choc s’appelle jazz. On sait aussi que le propos ne sera pas d’adopter une posture nostalgique mais plutôt d'interroger l’avenir du jazz à l’aune de son histoire, à l’image de la superbe photo de couverture de Franck Jaffrès qui laisse entrevoir un New York entre chien et loup.

Ce sera le thème Central Park West, emprunté à John Coltrane, qui clora l’album, et ainsi refermera sa boucle géographique et esthétique. A l’intérieur : onze compositions de Raphaël Imbert. Trois autres silhouettes de jazzmen mystiques se dessinent : Albert Ayler (dont le saxophone ténor emprunte le vibrato exacerbé sur Albert Everywhere, peut être le plus beau morceau ici), John Zorn (un My Klezmer Dream tout en angles et changements de rythme) et Rahsaan Roland Kirk (NYC Breakdowncalling ou l’art de souffler dans plusieurs sax simultanément).

Ailleurs, Imbert convoque l’esprit des cloîtres (Cloisters Sanctuary) et des temples (la très belle suite The Zen Bowman dédiée au philosophe allemand et adepte du zen Eugen Herrigel). On le comprend vite, N_Y Project est une œuvre, en ceci que la forme (la musique de jazz) et le fond (la dimension historique et spirituelle de celle-ci) sont en résonance et cohérence. Il n’est donc pas de hasard, et c’est naturellement que dans le livret  est évoqué l’ouvrage de Philippe Carles et Jean-Louis Comolli « Free Jazz Black Power », (re)lecture politique de la musique africaine-américaine et chant d’amour à sa modernité : « Qu’ y a-t-il dans l’amour du jazz ? La beauté, l’émotion, la nostalgie, l’excitation, la jeunesse, la révolte, tout cela sans doute. Mais d’abord le goût des chemins nouveaux, le vif désir de l’inouï ». Que nous retrouvons ici.

Raphaël Imbert : N_Y Project (Zig Zag Territoires / Harmonia Mundi)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Echoes of Harlem 02/ Lullaby from The Beginning 03/ Cloisters Sanctuary Introduction 04/ Cloisters Sanctuary 05/ Albert Everywhere 06/ My Klezmer Dream 07/ Struggle for Manhattan’s Life 08/ NYC Breakdowncalling 09/ The Zen Bowman : Prayer 10/ The Zen Bowman : Surrender 11/ The Zen Bowman : Target 12/ The Zen Bowman : Arrow 13/ Central Park West
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Barry Guy, Mats Gustafsson : Sinners, Rather than Saints (NoBusiness, 2009)

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En janvier dernier à Vilnius, église Sainte Catherine, Barry Guy improvisait seul ou en compagnie de Mats Gustafsson.

Là, se laissait d’abord aller de pizzicatos lents en précipitations mélodiques – mélancolie affectée par une suite d’emportements mesurés – sans réussir à faire d’Odyssey autre chose qu’une version de plus d’un thème qu’il chérit. Heureusement, l’archet plus inspiré de Sleep Leaper rectifiera le tir : répétitif et instable, Guy s'y fond en un lyrisme noir, baroque enfin débarrassé de tous codes astreignants. 

Aux côtés de Gustafsson, le contrebassiste dépose ailleurs un paysage indolent d’où sortira un échange ravageur : le saxophoniste imposant rapidement son allure (Can Ye Wheeple Puggy?) avant de prendre fait et cause pour une déconstruction revendiquant le statut de belle œuvre intacte (Flisk The Thrapple) et puis de dire tout le reste au son de collisions : Blad a Skelloch, où interjections contre archet provocateur, insistances d’une note et souffles étouffés à l’intérieur du baryton, tissent des phrases inquiètes et rares qui n’en peuvent plus de ponctuations. Enfin, une mélodie s’installe. Frêle, elle cède la place au silence, qui semble là pour finir de composer Sinners, Rather than Saints.

Barry Guy, Mats Gustafsson : Sinners, Rather than Saints (NoBusiness)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
LP : A1/ Can Ye Wheeple Puggy? A2/ Odyssey A3/ Flisk The Thrapple B1/ Sleep Leaper B2/ Blad a Skelloch
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Rashied Ali (1935-2009) par Gunter Hampel

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Rashied Ali grapped my arm and knocked his head over to follow him. I was sitting at Greene Street in his studio-loft-basement with Jeanne Lee, and were checking tracks on which Jeanne and two other singers had performed with Rashied. Sounded great.

Rashied led me upstairs : “I want you to check something“ and… I was to sit in a rehearsal room, an empty room, and some sort of stage, but the curtain was closed. He was like a little boy, wanting to show me his toys. I was supposed to guess. He had gotten one of those new electronic drums and he had tuned it and was pretty shure, I wouldn‘t guess if he was playing his regular drum set or if it was the electronic one. So I was in this room in new york, in Soho and had Rashied playing a special drumsolo, actually two drumsoli playing for my ears, only (and unfortunately, I didn‘t have any device on me, like a recorder or a carry with me small enough video recorder. I guess this was before 1985, now – 2009 – on the day when I got an e-mail from John from New York, I am sitting in Berlin, Germany, where I write this, saying that Rashied passed away today). Because the one hour I spent with Rashied were one of these moments which make my “gunter life” rich , with   special communications between other artist who obviously love my way of playing, because they open up to my like you open up to a friend, here the word brother would probably more meeting the occasion… But what Rashied played in his first solo for me — remember, we do not see each other, he was behind the curtain to let me guess which drumset he was playing – was the mightiest drumsolo I had heard of him, and believe me, I LOVE Coltrane’s duo recording, where Rashied and Trane were together ; his voice pulled me out of the visions in my head and ears :  “Gunter ? You are still here ? Now I play the other drumset”.

From the moment he started “the other“ drumset, I heard it was the electronic drumset, but there was no room to even keep any notice about it, it was RASHIED who played that drumset and I concentrated on WHAT he played, and that wasn‘t any less, from what came out of his acoustic drumset. All I wanted was SEE him play, so I pulled the curtain away, and luckily he continued playing, because we understood each other, with our feelings. Then, he got up and gave me his sticks : “Let‘s have a drum battle“, went over to the accoustic… And here we went. Playing for an hour or so, we took off, I wasn‘t the only one who had fun,  it was one of those BRIGHT MOMENTS.

To play with him, was so easy, We didn`t battle, we played with each other, we had calls and answers, rhythm and free playing, painted sounds, percussion waves on cymbals, one played a rhythm, the other soloed over it,  in other words, being musicians we had our talk. Transcontinental and transcultural exchange. No competition. A celebration. Having fun with each other with what we can do best : create sounds. When Jeanne joined the two of us we had become friends and wanted to play together and start with a duo, with the vibes an bassclarinet and flute, and then with Jeanne and… Musicians life-moving and thinking we can do all at the same time, too busy, now we cannot document our spirits, Rashied, but you‘ll live on in the cathedral of my heart, i‘ll burn a candle there for you.
   
Gunter Hampel © My Gunter Life / Le son du grisli

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Hildegard Kleeb, Peter Hansen : World News (Everest Records, 2009)

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Par la voix singulière de la pianiste Hildegard Kleeb, nous parviennent aujourd'hui World News, adressées par le compositeur Peter Hansen de la petite île suédoise qu'il habite. Kleeb une autre fois en interprète révélatrice d'atmosphères, et jouant ici du double sens.

Seule au piano, elle sert donc les vignettes musicales d'Hansen : tranquilles, celles-ci ; lointaines parfois au point d'avoir manqué d'être égarées vraiment : mélodies qui n'ont l'air de rien jusqu'à ce qu'elles se liquéfient et révèlent alors leur contenu véritable : tournures naïves et répétitions à distances changées en grandes pièces de musique en fragments : morceaux d'une identité qui se dit en silences, notes assoupies ou à la dérive d'une partition déposée sur carte postale.

Bien que personnage excentrique, Peter Hansen prouve là qu'il ne peut s'exprimer plus naturellement qu'en musique et, surtout, posément. Suffisait à Hildegard Kleeb de le faire parler au son de marches lentes sur lesquelles tournent des mondes qu'il est indispensable d'aller encore chercher.

Hildegard Kleeb, Peter Hansen : World News (Everest Records)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ World News 88  02/ Summerair Sketch 03/ World News 88 04/ World News 211 05/ Autogrill Bologna 06/ Vexation for a Burger 07/ World News 67 08/ Summerair Sketch 09/ World News 1 10/ 0 Corciano Notte 11/ World News 1 12/ Sunset Song 13/ World News 111 14/ Objet trouvé 05/ World News XXV “Month of Maying” 16/ Sylvestersang 17/ World News 111 18/ Fifth Trajectory “Upon One Note” for Crotales 19/ Impromptu 20/ World News 111 21/ World News XXX (Sphinxes) 22/ Adeles Song 23/ World News + World News 20 24/ Avebury 25/ World News XXIII
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Hildegard Kleeb

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