Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

The Necks : Drive By (Rer, 2003)

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Hey mon ami ! Tu es en voyage ? Tu cherches comment dormir n’importe où ? Very simple ! Ecoute The Necks ! Tu mets ton casque, tu t’affales tranquille, tu glisses le disque Drive By. Ok ? C’est peut-être un des meilleurs albums de ce surprenant trio australien. Dès le début je kiffe. As de la variation : c’est lent comme quand tu roules à 180 km/h sur l’autoroute A4 juste dans la descente avant la sortie Fresnes-en-Woëvre dans le sens Paris / Strasbourg.

Chris Abrahams (piano), Tony Buck (drums), and Lloyd Swanton (bass) forment cet orchestre. Jamais pareil, pourtant un peu semblable,  tout bouge, tout reste, comment dire ce qui les animent ? Une transe du tympan ? Le son fait vibrer les mêmes terminaisons, excite les mêmes molécules de viande... Je sais pas comment ça marche, mais on sent bien que le chemin parcouru se répète sans jamais s’imiter et toi tu décolles doucement mais sûrement, le son fait son effet, drogue légal, toujours pas interdite en France, étonnant...Profitons en encore tant qu’il est temps.

La musique de ce trio australien, m’a beaucoup servi ... Et oui, ça sert la musique ! Elle m’a aidé à dormir, à me réveiller, à regarder la nature, à imaginer, à rouler, bref, c’est comme qui dirait platement mais sûrement un terreau fertile... Alors pour cette revue j’ai réécouté Aquatic / Drive By / Mosquito / See Through, que du bon... Y a un site web sur lequel tu trouves tout ! Bonne écoute ! Au fait, le dernier est sorti y a peu, pas encore écouté... Silverwater. Affalons-nous !

The Necks : Drive By (Rer)
Edition : 2003.
CD : 01/ Drive By
Xavier Charles © Le son du grisli

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Xavier Charles est clarinettiste. Entendu mercredi à Stockholm auprès de John Butcher et Axel Dörner, il entame ce soir une tournée avec Dans les arbres : Nantes (Pannonica ce soir), Tours (Festival Total Meeting le 5), Berne (Dampfzentrale le 8), Genève (Cave 12 le 9), Oslo (le 10) et Hamburgsund (le 12).

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Rothkamm : ALT 1989-2009 (Baskaru, 2009)

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Homme aux multiples fonctions (compositeur, philosophe, artiste conceptuel), l’Allemand Frank Rothkamm aka Rothkamm explore les routes tranchées de l’abstraction électronica sur son nouvel opus. Hébergé sur l’officine française Baskaru, maître de cérémonie d’un des plus grands disques du genre en cette année qui s’achève (HB de Francisco López & Lawrence English), ALT 1989-2009 invite à une originale plongée dans les froideurs épaisses du nord, dans des atmosphères aux coloris toutefois plus changeants qu’il n’y paraît de prime abord.

Tout démarre sur une vibration lourde et inquiétante (AAA), évocation univoque et moderniste d’Ursula Bogner, en plus abouti et maîtrisé. Merveilleusement déclinés en des thèmes variés et précis, les instants suivants s’intercalent dans les ruptures de genres. Echos américana d’un Square On Both Sides échappé sur Expanding Records, déviance galactique où Syd Barrett enverrait sombrer Nocturnal Emissions – quand ce n’est Tuxedomoon période The Ghost Sonata explorant quelques-uns des Twenty Systems de Benge – la floraison s’inquiète des tournures de gris, étonnamment belles et fébriles. Encore plus souvent, c’est le souvenir arctique du géant Biosphere qui prédomine, tel le poids insoupçonné d’un glacier matamoréen surgissant du fonds de l’obscurité pour nous menacer de sa fonte prochaine. N’oubliez pas d’enfiler votre polar avant le grand départ vers l’horizon.


Rothkamm, GUI. Courtesy of Baskaru.

Rothkamm : ALT 1989-2009 (Baskaru)
Edition : 2009.
CD : 01/ AAA 02/ GUI 03/ RED 04/ SUN 05/ LOW 06/ MID 07/ RND 08/ OOO 09/ DEC 10/ CON
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Thollem McDonas, Nicola Guazzaloca : Noble Art (Amirani, 2009)

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Deux pianistes : l’un natif de San Francisco (Thollem McDonas), l’autre de Bologne (Nicola Guazzaloca), prennent alibi sur la boxe (une passion commune ?) pour dualiser leur duo. Ce qui peut lier le noble art et l’improvisation (le défi, le duel, l’observation, l’attente, l’attaque) n’est pas fortuit et vise assez juste.

Ainsi, après une courte période d’observation et d’adaptation, surgira une désagréable séance de zapping pianistique où l’un collera à l’autre (et inversement !) sans que rien ne se dégage, sinon une virtuosité excessive. Puis viendra le combat. Celui-ci sera sanglant, titanesque, ébouriffant, guerrier. Et nos oreilles y trouveront quelques belles réjouissances soniques. Mais qui dit combat dit vainqueur et vaincu, et, l’improvisation a-t-elle vraiment besoin de vainqueurs et de vaincus ?

Thollem McDonas, Nicola Guazzaloca : Noble Art (Amirani Records)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009
CD : 01/ Alike to Me 02/ Down Twice 03/ On the Other Hand 04/ What a Morning 05/ Winnings for Backing
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Paul Dunmall : Deep (FMR, 2009)

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L’étrange couverture de Deep faisait craindre le pire pour la forme de ce reportage consacré à Paul Dunmall. La suite confirma la crainte. Heureusement, reste Paul Dunmall.

Sur la forme, le film multiplie en effet maladresses et lourdeurs : inventivité quasi nulle, montage fait à la hache et illustrations sonores enfilées sans le moindre rythme et avec encore moins d’à-propos. C’est donc le sujet qui l’emporte ici : Paul Dunmall revenant face caméra sur son parcours : enfance auprès d’un père batteur, premières leçons de clarinette et premier voyage aux Etats-Unis (Alice Coltrane, Johnny Guitar Watson), retour à Londres et nouvelles expériences musicales (entendre Louis Moholo, jouer aussi bien auprès de Tim Richard que de Danny Thompson).

Parfois, on oublie un peu le parcours chronologique pour donner quelques preuves de réel : extraits de concerts (avec le Profound Sound Trio, notamment), vision de Dunmall passant en revue ses instruments-fétiches ou témoignages de quelques-uns des partenaires du saxophoniste (Paul Rogers, Hamid Drake). Ces preuves redisent ainsi la complexité et l’importance du personnage, qui méritait mieux qu’un reportage de décrochage régional mais dont l’humilité saura sans doute s'en satisfaire.

Paul Dunmall : Deep (FMR)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Robin Crutchfield : Hidden Folk (Important, 2009)

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Il est des nouvelles que l’on n’attend pas et qui pourtant font plaisir quand elles arrivent. Celles données par Robin Crutchfield (ancien compagnon d’Arto Lindsay dans DNA et grand acteur de la scène No Wave) sur The Hidden Folk sont de celles-là.

En dix-neuf chapitres sonores, elles montrent un ancien rockeur expérimentateur qui a trouvé refuge dans un folk minimaliste sans attirer à lui toutes les moqueries. Au contraire, en explorant plus profondément encore avec une harpe, une lyre et des percussions, son intérêt pour les atmosphères préraphaélites (que Dark Day, un autre de ses groupes, explorait déjà), Crutchfield touche à la vérité – à  la sienne, en tout cas, ce qui n’est déjà pas mal. Ajouter une touche de spiritualité toute asiatique et quelques allusions à la musique de Moondog (l’utilisation des fade-in fade-out affermissent la comparaison) et voici le folk caché de Robin Crutchfield prêt à être dévoilé au plus grand nombre. Un disque enchanteur, à l'image de ces deux minutes :


Robin Crutchfield, Song for Apollo (extrait).


Robin Crutchfield, Pearl Sorting Pixies (extrait). Courtesy of Important Records.

Robin Crutchfield : The Hidden Folk (Important Records)
Edition : 2009.
CD : 01/ We Find Our Way In 02/ Conjuring 03/ Zither Madness 04/ Insect Machines 05/ Gnomes Underground 06/ Song For Apollo 07/ The Hollow Oak My Humble Home 08/ Poison Splinter 09/ Winkies Wake Up Call 10/ Mind the Dwarves 11/ Pearl Sorting Pixies 12/ Cricket Thicket 13/ Trolling the Tin Mines 14/ Wood Mallet Knockabout 15/ Rockinghorsefly 16/ Stoke the Bellows Fellows 17/ Faerie Lights 18/ It All Ends Here 19/ A Bowl is a Bell
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Interview de Mats Gustafsson

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Sous le nom de Sonore, Fire!, The Thing ou encore en tant que membre du London Jazz Composers Orchestra, Mats Gustafsson voit aujourd’hui paraître quatre de ses récents enregistrements. L’occasion de revenir sur son parcours, son rapport au jazz, ses besoins de  rock ou… de vinyles. Rapide, précis et électrique…

… Tous les sons sont de la musique… Tous les silences aussi… Alors, pour ce qui est de mon tout premier souvenir musical, j’évoquerais le souvenir d’un vinyle… Ca devait être un EP d’Elvis qui venait de la collection de disques de ma mère. C’était vraiment bon, mais un peu plus tard, j’ai goûté à Little Richard, le vrai roi du rock’n’roll… Ce qu’il est toujours !

Comment êtes-vous arrivé à la pratique de la musique ? Par ces disques, justement… Et aussi parce que j’avais 14/15 ans lorsque le mouvement punk a véritablement explosé en Suède…C’était plus que simple de se laisser gagner par le mouvement et de commencer à jouer dans des groupes, c’était tout naturel. A 14 ans, j’ai d’abord monté un groupe qui mêlait punk, improvisation et jazz rock : ça s’appelait Nirvana, un vrai truc de sauvage ! Et puis, un très bon club de jazz de ma ville, Umeå, programmait Steve Lacy, Per Henrik Wallin, Lokomotiv Konkret, Lars Göran Ulander et tant d’autres. Tout ça c’était la même chose pour moi : jazz, rock, punk. Tout ça c’était de la pure énergie !

Quels ont été vos premiers instruments et les musiciens qui vous motivaient le plus alors ? La flûte dès que j’ai eu 7 ans, et puis je suis passé au piano électrique mais c’était vraiment monstrueux de le transporter ici et là… Alors, après avoir assisté à un concert de Sonny Rollins en 1980, je suis passé au saxophone ténor. Quant aux musiciens, mon seul et véritable héros a toujours été Little Richard. Allez écouter les instruments à vents qui jouent derrière lui, ça aussi c’est sauvage !

Comment se sont passées vos premières années en tant que musicien à Stockholm ? Eh bien, j’avais 19 ans… La première année, je l’ai passée à m’entraîner au ténor dans mon placard à balai la nuit et à travailler à l’usine le jour. Et puis, je suis tombé sur des musiciens incroyables qui m’ont accueilli parmi eux et pris sous leurs ailes : Dror Feiler, Raymond Strid, Jörgen Adolfsson, Sten Sandell et d’autres encore… Ils constituaient alors une jolie petite scène à Stockholm…

Que vous ont-ils appris ? Enormément ! Ils m’ont apporté un soutien monstrueux ! Dror m’a beaucoup appris en matière de politique et d’idéologie autant qu’en musique. Il a été très compréhensif avec ce jeune type du Nord que j’étais alors. Ce que Raymond et Sten signifiaient pour moi était tout aussi énorme… Ils sont épatants ! Nous avons joué / improvisé ensemble régulièrement pendant des années, plusieurs fois par semaine. Nous avons beaucoup exploré ensemble, c’était une époque magnifique et très créative, propice à toutes recherches... Quant à Jörgen, il est sans doute le musicien le plus déprécié qui ait jamais existé. Son jeu d’alto est tout simplement « fanfuckintastic ».

Les musiciens américains ont aussi une importance particulière dans votre éducation musicale… Pouvez-vous me parler de ce voyage à Chicago que vous avez effectué au milieu des années 90 ? Eh bien, il s’agissait surtout pour moi d’aller y chercher des vinyles ! Mais c’était une époque de référence pour la musique créative, ils étaient tous à Chicago : Ken Vandermark, Jim O’Rourke, David Grubbs, Hamid Drake et tant d’autres. A cela, il fallait ajouter l’explosion du mouvement post-rock, la présence incroyable de la communauté du free jazz et puis la naissance de labels comme Okka Disk. Je suis très heureux d’avoir contribué à ce qui s’est passé à Chicago à cette époque. Cela signifie beaucoup pour moi, encore aujourd’hui…

Avec quels musiciens êtes-vous d’abord rentrés en contact là-bas ? Ken Vandermark, Hamid Drake, Michael Zerang, Kent Kessler, ont été les tous premiers… Et puis j’ai eu la possibilité de renouer avec Jim O’Rourke, ce qui m’a permis de collaborer avec Gastr del Sol et David Grubbs. Encore une fois, le milieu des années 90 à Chicago a été une époque formidable, tellement de choses se passaient là… Chicago est une putain de ville dans laquelle les choses se passent ! Beaucoup de super bars, de gens et de… vinyles.

Comment s’est fait votre recrutement dans le Brötzmann Chicago Tentet ? Joe McPhee et moi avons été appelés pour venir renforcer l’octette et le groupe s’est depuis consolidé autour de cette formule. C’est un groupe puissant, très rock, dans lequel on trouve des personnalités vraiment très singulières. C’est une sorte de volcan en fusion d’esprits créatifs dans lequel j’ai aussi beaucoup appris.

Vous parlez souvent de rock… Pouvez-vous évoquer ici vos relations avec Sonic Youth ou Cato Salsa Experience, par exemple ? Eh bien, ce sont des groupes qui produisent une musique terrible, et j’essaye de mettre mon grain de sel là-dedans. Il s’agit avant tout de confiance et de respect mutuel, et aussi de l’envie d’essayer des choses et de voir comment ça se passe. Ces musiciens s’intéressent tous beaucoup à la musique, à l’art, donc : en un sens, collaborer avec eux est très facile… La première fois que j’ai joué avec Jim, c’était à l’occasion d’une Company Week qu’organisa Derek Bailey en 1990… Il est tout simplement l’un des esprits les plus brillants que l’on puisse trouver dans le milieu de la creative music, voilà ce que je peux dire !

Pensez-vous appartenir à ce que l’on pourrait définir d’Internationale bruitiste qui rassemblerait des musiciens venus d’un peu partout qui mêlent jazz, noise, drone, etc. ?Peu importe comment tu appelles ça… Je n’aime pas catégoriser la musique. La musique est bonne ou ne l’est pas et s’il vous est donné de rencontrer des personnes qui font une musique tout autre que la vôtre, le résultat peut être passionnant. Mais il s’agit surtout de savoir qui est la personne avec laquelle vous jouez et non pas d’où elle vient, que ce soit géographiquement, historiquement, originellement ou musicalement. Il s’agit avant tout de qui vous êtes. Il y a de la super musique (et de la très mauvaise) partout dans le monde. Il suffit simplement de l’attraper…

The Thing fait une bonne balance entre free rock et free jazz, c’était le but de la chose ? Nous n’avons pas de but en particulier avec The Thing, si ce n’est celui de jouer une musique qui te botte le train, avec des éléments de musiques que nous aimons (ou détestons). Il s’agit surtout d’alchimie entre nous, nous jouons ce que nous jouons et nous jouons aussi qui nous sommes.

Avez-vous l’impression de jouer en ce moment la musique pour laquelle vous êtes fait ? Peut-être est-ce la musique qui joue de moi, qui sait ? Il n’y a pas de destin de cette sorte ; chacun se créé son propre destin. Tu crées ta propre musique, je crois que c’est comme ça que tout marche. Pour moi, en tout cas, c’est comme ça que ça marche.

Mats Gustafsson, propos recueillis en novembre 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sonore : Call Before You Dig (Okka Disk, 2009)

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Sur la première plage du premier des deux disques (un concert en 2009 / une séance studio en 2008) qui font Call Before You Dig, touver une présentation appuyée des forces en présences : Peter Brötzmann, Ken Vandermark et Mats Gustafsson (Sonore).

Toutes concentrations requises ensuite, et puis l’alerte : les trois musiciens s’engouffrent dans un labyrinthe, chacun dans une direction différente. Frénétiquement, ils empruntent des couloirs, butent, cognent, prennent étages et suspensions, temps de réflexions mesurés, engagent des courses, des luttes, et puis des airs charmeurs lorsqu’il s’agit d’endormir les autres le temps de trouver une échappatoire et de s’y précipiter de nouveau. La distribution de l’édifice est peu orthodoxe : superstructure (saxophones alto et ténor, clarinettes) et infrastructure (saxophones baryton, tarogato, clarinette basse) confondues aux couloirs donnant sur de grandes aires de jeux, salles de combat ou de méditation, cabinets de musique apaisée (les grandes plages de conciliations et même d’unisson à entendre sur le second disque) ou boudoirs, enfin, magasins d’instruments dans lesquels les trois hommes s’emparent d’autres armes, les essayent posément avant de repartir en trombes.

Ici l’enregistrement s’intéresse de près à l’évolution de Brötzmann, ailleurs plutôt à celle de Vandermark ou de Gustafsson. Ainsi : l’auditeur se focalise sur untel qui soudain tombe sur un autre ou à qui deux autres font tout à coup face. Souvent, le toujours même auditeur prend un intervenant pour un autre, et cet autre encore pour le troisième ; heureux, à chaque fois, de perdre ses repères.

Sonore : Call Before You Dig (Okka Disk)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009.
CD1 : 01/ The Cliff 02/ Mountains of Love 03/ Shake Horn 04/ Nurecognized Reflections 05/ Charged by the Pound 06/ Mailbox for an Attic 07/ Call Before You Dig – CD2 : 01/ The Ravens Cry at Dawn 02/ Better a Bird than a Cow 03/ Human Fact 04/ Iranic / J. Giuffre 05/ A Letter from the Past 06/ The Bitter the Better 07/ The Longer the Lieber 08/ Birds of the Underworld 09/ Waiting for the Dancing Bear 10/ A Dyed String 11/ Hellpig 12/ Zipper Backwards 13/ Dark Cloud Blues 14/ Blue Stone 15/ Hardline Drawing 16/ Rat Bag 17/ Hard to Believe But Good to Know
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Fire! : You Liked Me Five Minutes Ago (Rune Grammofon, 2009)

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Aux côtés du bassiste Johan Berthling (membre de Tape) et du batteur Andreas Werliin, Mats Gustafsson passe de saxophones ténor et baryton en Fender Rhodes sous le nom et au cri de Fire!

Sur la marche d’If I Took Your Hand, le trio ouvre l’enregistrement : vœu qui profite de la transformation ingénieuse des sons d’un clavier et d’un gimmick de basse qui incitera Gustafsson à se laisser aller à ses emportements coutumiers : free énergique après lequel la marche est bien fermée. Pour suivre, un bourdon électrique s’oppose sur But Sometimes I Am aux notes répétées de Berthling et aux propositions bruyantes de Gustafsson. L’effet, galvanisant dans son ensemble, sera le même sur Can I Hold You for a Minute ? et peut pêcher à l’endroit même où il avait cru bon de se faire remarquer : dans son héroïsme tapageur.

En guise de conclusion, quatre minutes jouant de répétitions et d’insistances redisent l’allure générale de l’entier enregistrement, évoquant ici (forcément) The Thing, ailleurs Oneida, The Ex ou encore Bridge 61, quand l’association Gustafsson / Berthling / Werliin aurait pu donner d’autres et de plus inédits résultats.

Fire! : You Liked Me Five Minutes Ago (Rune Grammofon / Amazon)
Edition : 2009.
CD : 01/ If I Took Your Hand… 02/ But Sometimes I Am 03/ Can I Hold You for a Minute ? 04/ You Liked Me Five Minutes Ago
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Dennis Gonzalez : Songs of Early Autumn (NoBusiness, 2009)

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Lorsque, sur l’invitation de son ami Joe Morris, Dennis Gonzalez se rend dans le Connecticut, l’automne imprime aux paysages de la Nouvelle Angleterre ses couleurs et sa lumière particulières. Arrivé à Guilford, au domicile de Joe, la neige se met à tomber et la température a sérieusement baissé. Dennis Gonzalez et Joe Morris avaient déjà joué ensemble quelques mois plus tôt, au cœur de l’été, pour la session No Photograph Avaible, éditée par Clean Feed, et c’est naturellement qu’ils se retrouvent alors pour prolonger leur collaboration musicale. Aux côtés de Joe Morris, guitariste mais jouant ici de la contrebasse : Timo Shanko, contrebassiste mais soufflant ici dans un saxophone et Luther Gray, batteur… jouant de la batterie !

Le nez froid, les doigts gourds, les hommes attaquent alors la session et tout se suite la musique déployée se pare de chaudes couleurs, d’une joie partagée de défier les intempéries. Si l’on devait lui offrir une filiation, on évoquerait le Old and New Dreams. Parce que  le groove y est véloce et heureux (Loft). Mais aussi pour les mélodies enfantines déployées par Dennis Gonzalez qui se faufilent entre les fantômes d’une rythmique troublante (Acceleration). Enfin, pour la contrebasse élastique, sautillante, comme dansant sur une batterie qui fait la part belle aux toms et se connecte ainsi au pouls des percussions africaines (Bush Medicine). On pense aussi beaucoup à Albert Ayler, pour la pratique d’un free jazz tantôt emporté (In Tallation), tantôt méditatif (Lamentation).

On pense, finalement, au cycle des saisons, à cet éternel retour mais aux couleurs changeantes, à ce continuum qu’est la musique inventée par les africains américains au 20ème siècle, qu’on appelle jazz, et dont nous est livré ici un exemple incroyablement vivant.


Dennis Gonzalez, Lamentation (extrait). Courtesy of NoBusiness Records.

Dennis Gonzalez Connecticut Quartet : Songs of Early Autumn (NoBusiness Records / Instant Jazz)
Edition: 2009.
CD : 01/ Loft  02/ Acceleration  03/ Bush Medicine  04/ Idolo 05/ In Tallation  06/ Lamentation  07/ Those Who Came Before  08/ Loyalty
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Grutronic : Essex Foam Party (Psi, 2009)

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Pour qui ignorerait l’identité des membres de Grutronic, un passage par le site du label Psi peut être utile. On peut en effet y lire que Stephen et Nick Grew, Richard Scott et David Ross, sont tous passés par l’acoustique avant de se servir exclusivement de claviers, samplers, processeurs, oscillateurs, etc.

Sur Essex Foam Party, deux invités rejoignent le quartet : Orphy Robinson (dont le vibraphone a plus que son importance sur le premier titre, Plonk) et Paul Obermayer (au sampler). Si elle peut être rangée dans le tiroir expérimental, la musique de ce Grutronic augmenté est capable de facéties jouissives et même de compositions dansantes. Des bulles et des projections sonores rebondissent d’un bout à l’autre du disque, sur lequel on imaginerait presque entendre de temps à autre Aphex Twin s’adonner à l’avant-garde. Très étonnant...

Grutronic : Essex Foam Party (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006-2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Plonk 02/ Essex Foam Party 03/ Concussion Vibes 04/ Nose-Up 05/ Ball Pool Blues 06/ Madness and Civilization 07/ Foam Sweet Foam
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Légèrement moins « réussi » qu’Essex Foam Party mais très recommandable quand même, Live Grutronic est un enregistrement du groupe publié par le netlabel Earth Monkey Productions et gratuitement téléchargeable ici.

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