Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jason Kahn, Asher : Planes (Mikroton, 2009)

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Un public assistait le 26 septembre 2008 à l’Axiom Gallery de Boston à un concert de Jason Kahn et Asher. Le premier jouait du synthétiseur analogique et le second enregistrait en direct et procédait à des feedbacks.

Il se peut que l’un des membres de ce public ait eu les yeux fermés pour mieux chercher à savoir non pas d’où mais de quand provenaient les bruits qu’il entendait : sur un buzz au timbre chaleureux, il repérait des cris provenant d’un jardin d’enfants, le bruit fait par le mouvement des  pales d’un hélicoptère, des preuves sonores de l’existence des fantômes, ou encore des cloches et des souffles de différentes sortes.

Tous ces sons gravitant autour de l’esthétique mise en place par Kahn et Asher ; tous ces sons gravitant depuis combien de temps déjà ? Et lorsque le même membre du public tombera sur le disque enregistré à l’occasion de cette soirée, un indice lui sera donné, son titre : Planes. Fallait-il y entendre des micros déposés sur les carlingues ? Le monde à l’envers et l’Axiom Gallery en plein ciel ?

Jason Kahn, Asher : Planes (Mikroton / Metamkine)
Enregistrement : 26 septembre 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Planes
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Grischa Lichtenberger : Treibgut (Raster Norton, 2009)

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Nouveau venu sur le label de Carsten Nicolai, le jeune Grischa Lichtenberger produit le second volet de la série Unun. Plus martiale et inquiétante que les rythmes créatifs d’Aoki Takamasa, sa vision d’orage percute – au premier abord – moins que celle de son camarade japonais, en tout cas très différemment.

Evidemment à l’opposé complet d’une vision aseptisée de la musique électronique, totalement radical dans le choix de ses beats aux mille brisures, Treibgut ne laisse pas d’intriguer. Composé de craquements épars et de fureurs interstellaires, l’univers cacophonique et mystérieux de son auteur confine à un autisme robotique dont on ne sort pas complètement indemne.

Grischa Lichtenberger : Treibgut (Raster-Noton / Kompakt)
Edition : 2009.
EP (vinyl) : 01/ 0406_01_RS_! 02/ 1205_10 03/ 0607_LV_1_RE 04/ Calipso 05/ 0106_13_LV_3 Sand Aufheben Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Aoki Takamasa : Rn-Rhythm-Variations (Raster Noton, 2009)

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Figure tellurique d’une techno desséchée qui donne toute sa pleine saveur sur l’incomparable maison Raster-Noton, Aoki Takamasa fait encore des miraculeuses siennes en 2009. Adepte cette fois du format vinylique – le présent objet est la troisième sortie de la série Unun – le producteur japonais démontre une science du beat pleinement sidérante de créativité.

A l’orée d’une forêt magique où les druides se nommeraient Byetone et Pan Sonic, les sons du résident berlinois inspirent une chaleur subtile qui fait complètement oublier les intenses sessions informatiques passées à démantibuler les sonorités d’origine. Mise à contribution, l’essentielle Tujiko Noriko voit ainsi sa voix câline ressuscitée en quelques échos synthétisés, c’est carrément stupéfiant ! La suite s’affirme dans les mêmes eaux troublantes, toujours superbement dynamique sans la moindre once de lourdeur. That vinyl rules, baby.

Aoki Takamasa : Rn-Rhythm-Variations EP (Raster Noton / Kompakt / Metakmine)
Edition : 2009.
EP (vinyl) : 01/ Rn2-09 Pt 1 + Pt 2 02/ Rn3-09 03/ Rn4-09 04/ Rn5-09
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Christine Wodrascka, Ramon Lopez : Momentos (Leo Records, 2009)

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Aux portes du matin (Leo Records LR 318) le disait déjà et Momentos le confirme : cette musique-là est de celles, grandes et profondes, qui marquent autant les musiciens que l’auditeur. « Un son est lancé, un autre suit » nous confie la pianiste dans les linear notes du CD. La porte d’entrée de leur duo se situe donc là ; dans cette liberté qu’ils s’offrent, et cela, sans la moindre réserve.

Christine Wodrascka est cette pianiste qui aime débouler en un continu frénétique mais qui pense aussi à retenir l’espace, à éloigner son jeu des clusters d’usage. Frappées, grattées, pincées, les cordes de son piano ne renâclent jamais à répondre aux éclats de cymbales de son compère percussionniste Ramon Lopez. Celui-ci affectionne tout autant le déluge que le chuchotis. Aimant à associer-additionner sa batterie à des percussions diverses et variées (tablas, cajon, steel drums), il ne surjoue jamais, et, tous deux, s’engagent sans retenue aucune. Tendue ou lumineuse, solide et intègre, leur musique ne s’oublie pas de sitôt.

Christine Wodrascka, Ramon Lopez : Momentos (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009
CD : 01/ Au début du chemin 02/ Ikkyu 03/ Es verdad 04/ Les enfants 05/ Delante del fuego 06/ Ensemble, la joie 07/ Recuerdos de la luna 08/ Entourés d’abeilles 09/ Con la lluvia 10/ Là-bas 11/ Pelea 12/ Resistiendo
Luc Bouquet © son du grisli

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Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude, 2009)

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Sur Objects sense objectes, Ferran Fages (guitare) et Dimitra Lazaridou Chatzigoga (cithare) font front commun et tentent de redresser ensemble leur ensemble minuscule de cordes à la dérive.

Sèches toutes, brutes et parfois lâches, celles-ci se nourrissent de leur propre discours avant qu’entre un drone inattendu, qui va et vient parmi les nouvelles propositions de Fages et Chatzigoga : plus percussives maintenant, lorsqu’il ne s’agit pas de grattements ou même – provocation ultime – d’un arpège joué proprement. Heureusement, l’usage familier n’est que passager, et reparaissent les dissonances, les silences derrière lesquels sont pensés d’autres coups et les tensions changeantes capables aussi de notes limites. Voici les tourments d’Objects sense objectes rassurés, et même confortés.

Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude Records / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ 3 (5 :46) 02/ 6 (31 :35) 03/ 7/2 (6 :47) 04/ 12 (12 :11)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Necks : Drive By (Rer, 2003)

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Hey mon ami ! Tu es en voyage ? Tu cherches comment dormir n’importe où ? Very simple ! Ecoute The Necks ! Tu mets ton casque, tu t’affales tranquille, tu glisses le disque Drive By. Ok ? C’est peut-être un des meilleurs albums de ce surprenant trio australien. Dès le début je kiffe. As de la variation : c’est lent comme quand tu roules à 180 km/h sur l’autoroute A4 juste dans la descente avant la sortie Fresnes-en-Woëvre dans le sens Paris / Strasbourg.

Chris Abrahams (piano), Tony Buck (drums), and Lloyd Swanton (bass) forment cet orchestre. Jamais pareil, pourtant un peu semblable,  tout bouge, tout reste, comment dire ce qui les animent ? Une transe du tympan ? Le son fait vibrer les mêmes terminaisons, excite les mêmes molécules de viande... Je sais pas comment ça marche, mais on sent bien que le chemin parcouru se répète sans jamais s’imiter et toi tu décolles doucement mais sûrement, le son fait son effet, drogue légal, toujours pas interdite en France, étonnant...Profitons en encore tant qu’il est temps.

La musique de ce trio australien, m’a beaucoup servi ... Et oui, ça sert la musique ! Elle m’a aidé à dormir, à me réveiller, à regarder la nature, à imaginer, à rouler, bref, c’est comme qui dirait platement mais sûrement un terreau fertile... Alors pour cette revue j’ai réécouté Aquatic / Drive By / Mosquito / See Through, que du bon... Y a un site web sur lequel tu trouves tout ! Bonne écoute ! Au fait, le dernier est sorti y a peu, pas encore écouté... Silverwater. Affalons-nous !

The Necks : Drive By (Rer)
Edition : 2003.
CD : 01/ Drive By
Xavier Charles © Le son du grisli

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Xavier Charles est clarinettiste. Entendu mercredi à Stockholm auprès de John Butcher et Axel Dörner, il entame ce soir une tournée avec Dans les arbres : Nantes (Pannonica ce soir), Tours (Festival Total Meeting le 5), Berne (Dampfzentrale le 8), Genève (Cave 12 le 9), Oslo (le 10) et Hamburgsund (le 12).

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Rothkamm : ALT 1989-2009 (Baskaru, 2009)

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Homme aux multiples fonctions (compositeur, philosophe, artiste conceptuel), l’Allemand Frank Rothkamm aka Rothkamm explore les routes tranchées de l’abstraction électronica sur son nouvel opus. Hébergé sur l’officine française Baskaru, maître de cérémonie d’un des plus grands disques du genre en cette année qui s’achève (HB de Francisco López & Lawrence English), ALT 1989-2009 invite à une originale plongée dans les froideurs épaisses du nord, dans des atmosphères aux coloris toutefois plus changeants qu’il n’y paraît de prime abord.

Tout démarre sur une vibration lourde et inquiétante (AAA), évocation univoque et moderniste d’Ursula Bogner, en plus abouti et maîtrisé. Merveilleusement déclinés en des thèmes variés et précis, les instants suivants s’intercalent dans les ruptures de genres. Echos américana d’un Square On Both Sides échappé sur Expanding Records, déviance galactique où Syd Barrett enverrait sombrer Nocturnal Emissions – quand ce n’est Tuxedomoon période The Ghost Sonata explorant quelques-uns des Twenty Systems de Benge – la floraison s’inquiète des tournures de gris, étonnamment belles et fébriles. Encore plus souvent, c’est le souvenir arctique du géant Biosphere qui prédomine, tel le poids insoupçonné d’un glacier matamoréen surgissant du fonds de l’obscurité pour nous menacer de sa fonte prochaine. N’oubliez pas d’enfiler votre polar avant le grand départ vers l’horizon.


Rothkamm, GUI. Courtesy of Baskaru.

Rothkamm : ALT 1989-2009 (Baskaru)
Edition : 2009.
CD : 01/ AAA 02/ GUI 03/ RED 04/ SUN 05/ LOW 06/ MID 07/ RND 08/ OOO 09/ DEC 10/ CON
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Thollem McDonas, Nicola Guazzaloca : Noble Art (Amirani, 2009)

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Deux pianistes : l’un natif de San Francisco (Thollem McDonas), l’autre de Bologne (Nicola Guazzaloca), prennent alibi sur la boxe (une passion commune ?) pour dualiser leur duo. Ce qui peut lier le noble art et l’improvisation (le défi, le duel, l’observation, l’attente, l’attaque) n’est pas fortuit et vise assez juste.

Ainsi, après une courte période d’observation et d’adaptation, surgira une désagréable séance de zapping pianistique où l’un collera à l’autre (et inversement !) sans que rien ne se dégage, sinon une virtuosité excessive. Puis viendra le combat. Celui-ci sera sanglant, titanesque, ébouriffant, guerrier. Et nos oreilles y trouveront quelques belles réjouissances soniques. Mais qui dit combat dit vainqueur et vaincu, et, l’improvisation a-t-elle vraiment besoin de vainqueurs et de vaincus ?

Thollem McDonas, Nicola Guazzaloca : Noble Art (Amirani Records)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009
CD : 01/ Alike to Me 02/ Down Twice 03/ On the Other Hand 04/ What a Morning 05/ Winnings for Backing
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Paul Dunmall : Deep (FMR, 2009)

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L’étrange couverture de Deep faisait craindre le pire pour la forme de ce reportage consacré à Paul Dunmall. La suite confirma la crainte. Heureusement, reste Paul Dunmall.

Sur la forme, le film multiplie en effet maladresses et lourdeurs : inventivité quasi nulle, montage fait à la hache et illustrations sonores enfilées sans le moindre rythme et avec encore moins d’à-propos. C’est donc le sujet qui l’emporte ici : Paul Dunmall revenant face caméra sur son parcours : enfance auprès d’un père batteur, premières leçons de clarinette et premier voyage aux Etats-Unis (Alice Coltrane, Johnny Guitar Watson), retour à Londres et nouvelles expériences musicales (entendre Louis Moholo, jouer aussi bien auprès de Tim Richard que de Danny Thompson).

Parfois, on oublie un peu le parcours chronologique pour donner quelques preuves de réel : extraits de concerts (avec le Profound Sound Trio, notamment), vision de Dunmall passant en revue ses instruments-fétiches ou témoignages de quelques-uns des partenaires du saxophoniste (Paul Rogers, Hamid Drake). Ces preuves redisent ainsi la complexité et l’importance du personnage, qui méritait mieux qu’un reportage de décrochage régional mais dont l’humilité saura sans doute s'en satisfaire.

Paul Dunmall : Deep (FMR)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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