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Brooke Joyce : Waves of Stone (Innova, 2009)

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Brooke Joyce est un jeune compositeur qui enseigne la théorie, l’histoire de la musique et la composition au Luther College de Decorah (Iowa). Lauréat du Joseph Bearns Prize, il nous offre ici un CD-carte de visite assez fourni. Les six pièces du disque ont été composées entre 1994 et 2008. Ne s’y détermine aucune identité tranchée mais des influences parfois encombrantes.

Peu à l’aise quand il s’agit de composer pour la voix (l’insupportable Three Iowa Ballads, le plus réussi Come Up the Fields, Father), il semble trouver la juste harmonie avec Waves of Stone, pièce pour deux pianos aux lignes claires et distinctes. De même,  les résurgences sobres et angoissantes de Dark Waters, pièce pour violoncelle et piano, donnent à espérer des lendemains plus lumineux pour peu que le jeune compositeur n’hésite plus à emprunter de véritables chemins buissonniers. C’est tout le mal que l’on lui souhaite.

Brooke Joyce : Waves of Stone (Innova / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Six degrees of Separation 02/ Dark Waters 03/ Three Iowa Ballads – The Miner’s Chant 04/ The Iowa Ballad – The Ballad of Hardin Town 05/ The Iowa Ballads – My Little German Home Across the Sea 06/ Come Up from the Fields, Father 07/ Waves of Stone – The Contemplation of Water 08/ The Contemplation of Stone – The Still Point 09/ Waves of Stone – The Pipes of Heaven 10/ Toydogmusic
Luc Bouquet © Le son du grisli

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The Ex : 30 (Ex Records, 2009)

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Saviez-vous que The Ex a trente (30) ans ? Il suffirait de le dire, d’écrire ici trente fois  « The Ex » en guise de remerciements puis de faire un lien vers un méchant site marchand qui vous vendrait la rétrospective 30.

Peu importe la manière, peu importe que vous donniez aux méchants ou aux gentils, il faut simplement se ruer sur ces deux disques : une rétrospective bien faite, qui se pose la question de son utilité (qu’est-ce ce qu’une compilation sinon une référence de plus qui présente à la fois de manière générale les grands travaux d’hier et fait état en même temps de ce qui vous anime encore aujourd’hui ?).

L’écoute de 30 offre un plaisir immédiat, vous remet en mémoire un morceau oublié ou vous fait découvrir un titre à côté duquel vous étiez honteusement passé, vous montre l’entreprise familiale aux côtés d’invités de marque (Getatchew Mekuria, Tom Cora, Han Bennink…). Plage après plage, ces deux disques vous enfoncent dans le crâne que The Ex est le plus grand groupe de rock à avoir émergé alors que vous marchiez à peine, que les mêmes The Ex ont subi une évolution qui les mena de premières influences punko-undertones-buzzcocksiennes à un statut de faiseur d’indispensables chansons rugueuses, frontales et entretenant parfois, dans le but de brouiller les pistes, un rapport étrange à la musique andalouse ou éthiopienne. Tout est là, sur deux disques : 30 années d’Ex No Future.

The Ex : 30 (Ex Records / Amazon)
Edition : 2009.
CD1 : 01/ Rules 02/ Blessed Box at the Backseat 03/ Sucked Out Chucked Out #1 04/ The Wellknown Soldier 05/ Jack Frost is Innocent 06/ Fire and Ice 07/ White Liberal 08/ Ay Carmela 09/ Knock 10/ Choice 11/ Rara Rap 12/ Headache by Numbers 13/ Shopping Street 14/ State of Freedom 15/ Blah Blah 16/ Bouquet of Barbed Wire 17/ Gonna Rob the Spermbank 18/ Lied ded Steinklopfer - CD2 : 01/ State of Shock 02/ Hidegen Fjnak A Szelek 03/ Stupid Competitions 04/ Former Reporter 05/ Travel On, Poor Bob 06/ Atoll 07/ Frenzy 08/ Time Flies 09/ Symfonie Voor Machines 10/ Huriyet 11/ Ethiopia Hagere 12/ The Big Black 13/ IF That Hat Fits The Suit 14/ The Lawn of Limp 15/ Listen to the Painters
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Michael J. Schumacher : Weave (Entr'acte, 2009)

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Le label Entr'acte publie à tour de bras des disques en série limitée originaux qui se penchent sur le destin de l'ambient triturée. Ici, c'est l'artiste Michael J. Schumacher qui s'y est collé. Résultat = cinq « instrumentals » de haute volée.

Le premier (Loom) est sans aucun doute le plus convaincant : il regroupe instruments ordinaires ou presque ordinaires (guitare, orgue, moteurs, extraits de disques) sur une musique atmosphérique qui accapare l'auditeur dans la minute. Autre réussite, Erosion se consacre au seul instrument guitare (le musicien remettant ici en cause la technique du picking) tandis que Refrain rappelle les travaux de Four Tet avant de s'abandonner à deux lubies : le rythme et le bruit.

Quant aux deux autres compositions, Schumacher semble s'y promener sur des structures légères qui virent à l'anecdotique pour ce qui est de Malaise et sonne comme de la pop benoîtement (mais fraîchement aussi) expérimentale à la Stereolab sur Part Music. Cependant, la vérité de Michael J. Schumacher est ailleurs encore, dans tout ce que Weave n'a pas le temps de dire mais laisse dans son sillage.

Michael J. Schumacher : Weave (Entr'acte)
Edition : 2009. 
CD : 01/ Loom 02/ Malaise 03/ Urge 04/ Part Music 05/ Erosion 06/ Refrain
Pierre Cécile © Le son du grisli

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The Frame Quartet : 35mm (Okkadisk, 2009)

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Les rôles sont redistribués sans cesse, les silences gangrènent de plus en plus le discours, la soulitude est remise en cause : sur 35mm, premier enregistrement de The Frame Quartet, Ken Vandermark est un autre.

Sous prétexte de rendre hommage au cinéma, il passe là de saxophone ténor en clarinette auprès de Fred Lonberg-Holm (violoncelle et appareils électroniques), Nate McBride (basse) et Tim Daisy (batterie), et met au jour un quatrième courant sans axe principal, qui croule ici sous les déflagrations, abuse là de répétitions intentionnelles, multiplie ailleurs les emportements expressionnistes.

Tout à tour, des aires de jeux différentes sont ouvertes aux intervenants, qui bousculent styles et usages attendus, rompent la linéarité du discours. Le silence aussi a son mot à dire, liant subtil de déconstructions assemblées. En conclusion, et pour ne pas changer cette fois, d’autres dédicaces : à Peter Brötzmann, Han Bennink et Fred Van Hove, Ennio Morricone, Merce Cunningham, Jimmy Lyons et Steve Lacy.

The Frame Quartet : 35mm (Okkadisk)
Edition : 2009.
CD : 01/ Multi-Chrome (for Peter Brotzmann, Han Bennink, Fred Van Hove) 02/ Lens (for Ennio Morricone) 03/ M.E.S. (for Merce Cunningham) 04/ Theater Piece (for Jimmy Lyons) 05/ Straw (for Steve Lacy).
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Vandermark 5 : Annular Gift (Not Two, 2009)

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Réemploi d’un compte-rendu de concert publié l’année dernière dans la revue Improjazz (155) :

« En février et mars 2008, Ken Vandermark fit tourner son quintette en Europe. A Rotterdam, Cadix ou Cologne, on put ainsi entendre le Vandermark 5, qui conclua sa tournée les 14 et 15 mars dans les caves de l’Alchemia, café de Cracovie où le groupe a ses habitudes depuis qu’il y a passé une semaine en 2004 – ces concerts du groupe (qui employait alors le tromboniste Jeb Bishop) se trouvent consignés sur Alchemia, coffret renfermant douze disques publié par le label polonais Not Two. Cette année, deux soirées seulement, donc, et une formation qui n’est plus la même : pour donner à entendre à la place de Bishop le violoncelliste Fred Lonberg-Holm, déjà présent sur l’indispensable Beat Reader. 

Pour l’essentiel, le répertoire est neuf : que l’on retrouvera (puisqu’enregistré tout au long de ces deux soirs) sur une future référence du catalogue Not Two et qui permet au Vandermark 5 de mettre à l’épreuve sa nouvelle combinaison. Concentrés, les musiciens entament le premier des quatre sets donnés à Cracovie, qui tiendront parfois de la séance d’enregistrement partagée avec le public : Table, Skull, and Bottles inaugurant l’exercice sur l’air d’une musique de chambre aux arrangements soignés bousculé bientôt par le saxophone alto de Dave Rempis et l’archet vindicatif de Lonberg-Holm. Passant de saxophone ténor en clarinette, Vandermark dirige ensuite ses partenaires autant qu’il s’adonne avec eux à des jeux de construction poly maniaque (Heavy Chair, sur lequel Rempis n’en finira pas de bondir, Cadmium Orange, qui révèle les obsessions de musiciens envoûtés par la répétition) qui font confiance autant aux unissons impétueux qu’à toutes improvisations ardentes : solo du batteur Tim Daisy sur un titre du contrebassiste Kent Kessler (Latitude sophistiquée) ou dérives du ténor sur l’apaisant Early Color que signe Rempis.

Elargissant son champ d’action – allures ou attitudes différentes à appliquer à chacun des thèmes : dépositions d’atmosphères aléatoires faisant référence à l’école new yorkaise de musique contemporaine ou phases d’obstinations concertées ravivant les couleurs d’un jazz d’avant-garde mais efficient né à Chicago (The Ladder, en rappel, combinant à lui seul ces deux éléments) –, le Vandermark 5 attesta à Cracovie de son évolution frondeuse : Lonberg-Holm prenant singulièrement le parti de la section rythmique (célébrer ici son entente avec Kessler) tandis que Vandermark, robuste et assuré, tire maintenant davantage de son association avec Rempis, au caractère plus affirmé – au passage, ne pas hésiter à aller l’entendre à la tête de son propre quartette sur The Disappointment of Parsley, dernière référence en date du catalogue Not Two enregistrée au même endroit quelques mois plus tôt.  Plus que dans l’arrivée de Lonberg-Holm au sein du groupe, sans doute faut-il voir dans la fervente communion de Vandermark et Rempis les sources de la régénérescence d’une formation d’exception. Au sortir de la taverne obscure, avant de gagner la rue du miel qui longe le quartier de Kazimierz, l’évidence, en tout cas, en est là. »

Quelques mois plus tard, Not Two publiait sous le nom d’Annular Gift une sélection des titres enregistrés lors de ces deux soirées : Spiel, Table, Skull, and Bottles, Early Color, Second Marker, Cement et Cadmium Orange. Soit, un condensé expéditif qui vient renforcer les premières impressions (l’art du Vandermark 5 ne s’est jamais aussi bien porté, conséquence de l’entente exceptionnelle du meneur et de partenaires arrivés à maturité) et retrace de façon cohérente deux soirées de concerts intenses. Au bilan de 2009, le Vandermark 5 revendique ainsi d’un coup d’un seul le titre de meilleur disque et celui de meilleur concert.

The Vandermark 5 : Annular Gift (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Spiel (for Bertolt Brecht und Kurt Weill) 02/ Table, Skull, and Bottles (for Bruno Johnson) 03/ Early Color (for Saul Leiter) 04/ Second Marker (for Ab Baars) 05/ Cement (for Michael Haberz) 06/ Cadmium Orange (for Francis Bacon)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jérôme Noetinger, Michel Doneda, eRikm : Dos d'ânes (Ronda, 2009)

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Ça ripe, ça zappe, ça zippe et ça dérape : dans cette « réorganisation » (pour le support phonographique) d’extraits de concerts donnés sur différentes scènes françaises en 2007, Michel Doneda (saxophones soprano & sopranino), eRikm (CD-J, electronics) et Jérôme Noetinger (dispositif électroacoustique) déploient un bruissant gymkhana sans esbroufe et, pour être tout à fait franc, une grosse ambiance s’en dégage !

Point celle de baston touffue que souffleur et platiniste développèrent avec Montera il y a dix ans pour le disque intitulé Not (label Victo), ni celle d’abrasion rotative créée par Noetinger et eRikm dans leur disque paru chez Erstwhile ; plutôt celle d’un riche carnet de voyage… On est sur la route, voies rapides texturées d’enrobé drainant, nuées d’éphémères dans les phares, départementales défoncées de nids-de-poule ; braque, vire, contourne, saute : dos-d’âne(s) – en désordre dans le coffre, c’est l’anagramme de Doneda… Ça injecte, ça pulse, ça crisse, ça déjante !


Jérôme Noetinger, Michel Doneda, eRikm, Nervures (extrait). Courtesy of Ronda.

Jérôme Noetinger, Michel Doneda, eRikm : Dos d'ânes (Ronda / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Dos d’ânes : grandeur nature 02/ Il fait nuit dans la tête 03/ Nervures
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Rob Young : The Wire Primers : A Guide to Modern Music (Verso, 2009)

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L’une des rubriques phares du magazine Wire recense les disques essentiels d’un groupe ou d’un genre musical. The Primer (son nom) fait aujourd’hui l’objet d’un livre : The Wire Primers : A Guide to Modern Music.

Quatre grands thèmes découpent cette compilation d’articles et permet à Rob Young, son concepteur, de distribuer les musiciens :  Avant-Rock (Captain Beefhart ou The Fall se retrouvent là, mais aussi Sonic Youth et Zappa ou des dossiers consacrés à la Noise avec Sudden Infant, Merzbow et John Wiese, ou au tropicalisme – un bémol pour le contenu de celui-ci) ; Funk, Hip Hop & Beyond (de James Brown à Fela Kuti en allant jusqu’à aborder le turntablism de Grand Zero) ; Jazz & Improv (d’Ornette à Sun Ra pour le premier et de l’AMM à Derek Bailey pour le second) ; Modern Composition, pour finir (John Cage et Morton Feldman, Pierre Henry, Pierre Schaeffer, François Bayle, Karlheinz Stockhausen et Iannis Xenakis).

Les méthodes des journalistes de Wire ne sont plus à présenter : les chroniques (toutes très accessibles s’il nous est donné de lire l’anglais) se succèdent après une brève présentation ou un recadrage « historique ». A la fois ouvrage de vulgarisation et guide de curiosités musicales, The Wire Primers : A Guide to Modern Music va permettre aux amateurs du journal d’arrêter de tenir ce carnet dans lequel étaient classés par ordre alphabétique les noms de groupes auxquels étaient accolés les numéros de revues et de pages les concernant. Quoi que... On peut encore trouver du plaisir à ce genre de loisir...

Rob Young : The Wire Primers A Guide to Modern Music (Verso)

Edition : 2009.

Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sofia Jernberg, Lene Grenager : Crochet (Olof Bright, 2009)

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Sortie de Spunk, la violoncelliste norvégienne Lene Grenager rencontre la jeune chanteuse suédoise Sofia Jernberg par l'entremise de Mats Gustafsson.

Le Crochet résultant, de consigner le dialogue improvisé, souvent âpre mais ravissant, de deux musiciennes comparant leurs langages : de cordes lâchées en cancans et de cris extirpés en pizzicatos butés. Lorsque Jernberg s’étonne de ses propres ressources, Grenager croit faire illusion en prenant soin de frotter les cordes de son instrument. Et quand Grenager claque quelques coups secs sur le bois du même, Jernberg tient la note, en apaisée détachée du tumulte. Or, quelles que soient les apparences, c’est bien ce tumulte qui commande l’ensemble de Crochet, disque qui saisit un auditeur qui aura du mal à s'en défaire. 

Sofia Jernberg, Lene Grenager : Crochet (Olof Bright / Metamkine)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009
CD : 01/ Tempo 56 02/ Lichen 03/ The Melody 04/ Shiver 05/ Point and Line 06/ The Other Melody 07/ Made of Glass 08/ Excess 09/ Whistle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Machinefabriek, Andrea Belfi : Pulses and Places (Korm Plastics, 2009)

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Initié au tournant de ce siècle, le projet Brombron voit à chaque numéro deux musiciens (ou plus) en résidence au centre culturel Extrapool de Nimègue aux Pays-Bas (le pays se fait une spécialité du genre collaboratif, comme le prouve cette autre excellente série qu’est In The Fishtank sur Konkurrent). Dirigée par le très actif Frans de Waard, patron de l’officine Korm Plastics et maître d’œuvre de l’excellent site musical Vital Weekly, la série est désormais hébergée sur son propre label après l’avoir longtemps chez Staalplaat. Des numéros précédents, on notera notamment la conjugaison des talents de Stephan Mathieu & Ekkehard Ehlers (‘Brombron 2’), Frank Bretschneider & Peter Duimelinks (‘Brombron 10’) ou Felix Kubin & Coolhaven (‘Brombron 11’). Beaucoup de monde, on le voit. Dans la liste, les noms de Francisco López & Richard Francis, récemment chroniqués en ces lieux, et de Machinefabriek & Andrea Belfi  sont totalement à leur place, singulière et indépendante.

Le volume 15 est tout bonnement sensationnel. Musicien électro-acoustique, Belfi s’est déjà fait remarquer sur la maison Häpna, alors qu’au cours des dernières années, Rutger Zuydervelt a présenté un nombre considérable de travaux, certains d’une immense qualité (Marijn, Cello Recycling/Cello Drowning, Weleer). Première union entre les deux artistes, l’Italien principalement aux percussions et le Néerlandais surtout aux guitares et à l’orgue, le disque est remarquable de grondements divers et de drones amadoués à coups de gongs et objets divers. Au cours de quatre morceaux d’anthologie (dont le dernier, à écouter absolument !), la recherche sonore sans failles du duo italo-néerlandais émerveille et subjugue, tant à chaque seconde on a envie de se plonger dans l’instant qui va suivre. Evidemment, pour la farandole d’anniversaire du petit Théo, va falloir penser à autre chose.

Machinefabriek, Andrea Belfi : Brombron 15: Pulses And Places (Korm Plastics / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Untitled 02/ Untitled 03/ Untitled 04/ Untitled
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Fred Anderson : 21st Century Chase (Delmark, 2009)

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Fred Anderson fêtait récemment ses 80 ans. Pour l’occasion, donnait un concert en trio dans son endroit, le Velvet Lounge, en compagnie du saxophoniste Kidd Jordan, du guitariste Jeff Parker, du contrebassiste Harrison Bankhead et du batteur Chad Taylor. Comme souvent maintenant (et comme il l’avait déjà fait avec Fred Anderson pour Timeless), le label Delmark a choisi de produire le même enregistrement sous forme de CD et de DVD.

Si l’image n’est pas obligatoire (en bonus, le film donne la parole à Henry Grimes), elle permet quand même de suivre les gestes d’Anderson, silhouette à la courbe fière, qui laisse Jordan ouvrir seul la première des deux parties de 21st Century Chase. Déjà, le son est profond, la musique intense et l’ensemble astreignant : impossible à l’auditeur de se détacher du discours ici mis en place, d’autant que l'octogénaire rattrape maintenant son partenaire intempestif. Reste à la fougueuse section rythmique d’accompagner le tout et à Parker de changer rapidement ses premières saillies mièvres en colliers d’aigus autrement convaincants, qu’il destine à sa soudaine coalition avec Jordan, insistant lui aussi dans les hauteurs. La seconde partie du titre verra le guitariste jouer davantage l’incitateur éclairé et mener les musiciens d’expérimental minimaliste en free jazz apothéotique [soumettre un autre adjectif].

En conclusion, Ode to Alvin Fielder, malgré l’hommage, peine à convaincre sur un swing gauche : restent seulement les entrelacs des saxophones ou la solution du retour aux deux premières plages.

Fred Anderson : 21st Century Chase (Delmark / Amazon)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD / DVD : 01/ 21st Century Chase Part 1 02/ 21st Century Chase Part 2 03/ Ode to Alvin Fielder
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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