Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Yusef Lateef, Celer, Thomas Ankersmit, Tomas Phillips, Bent Spoon Duo, Carl Ludwig Hübsch, Christoph Schiller, Stasis Duo

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Yusef Lateef, Adam Rudolph : Towards the Unknown (Meta, 2010)
Towards the Unknown est la rencontre de deux multi instrumentistes (Adam Rudolph et Yusef Lateef) et aussi un hommage adressé par le premier au second. Malheureusement, Towards the Unknown est aussi un disque peu recommandable sur lequel de petits orchestres donnent sérieusement de la voix, du tambourin ou du synthétiseur. De bons sentiments évoluant en vase clos, donc : irrespirable. (gb)

celer

Celer : Dying Star (Dragon’s Eye Recordings, 2010)
Avec Dying Star de Celer (Will Long et Danielle Baquet-Long), les codes de l’écurie Dragon’s Eye Recordings sont respectés : on est ici dans une ambient diaphane. C’est délicat et ça se contente d’une note et de ses variantes automnales. Mais, le soleil de la pochette nous aveuglant, impossible d'y reconnaître la moindre identité. (pc)

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Thomas Ankersmit : Live in Utrecht (Ash International, 2010)
Il aurait fallu assister à ce Live in Utrech de Thomas Ankersmit pour savoir d’où sortaient tous ces bruits (drones, chuintements, éructations, larsens, notes de synthés et des samples pour couronner le tout). Il aurait fallu assister à ce live pour connaître aussi notre réaction face à autant d’agressions (des représailles, peut-être ?). Mais pour calmer ses ardeurs et les nôtres, Ankersmit terminait sa prestation sur un air de folk : très bizarre et très acceptable tout ça. (pc)

phillips

Tomas Phillips : Quartet for Instruments (Humming Conch, 2010)
Le titre est simple et la musique est plutôt belle. Quartet for Instruments est une pièce de tendresse où un piano, une clarinette, un violoncelle et des traitements électroniques, se disputent des cauchemars éclairés à la bougie. On pense parfois à Michael Nyman ou à Taylor Deupree alors que l’œuvre est celle de Tomas Phillips. (hc)

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Bent Spoon Duo : Cover Prince (Bug Incision, 2010)
Sur Cover Prince, Chris Dadge (violon et guitare) et Scott Munro (violon et « partial trombone ») se frottent l’un à l’autre. Eloge du crin-crin et souffles courts pour tout panache, le duo démontre d’un je m’enfoutisme contagieux puisque l’auditeur finit par relativiser lui aussi. Trois applaudissements sur la fin du disque. (gb)


Hubschiller

Carl Ludwig Hübsch, Christoph Schiller : Giles U. (Another Timbre, 2010)
Sortis de Millefleurs, Christoph Schiller et Carl Ludwig Hübsch dialoguent à l'épinette et au tuba. Passé les premières craintes – notamment celle de voir le duo se satisfaire de la juxtaposition de souffles souffreteux et de cordes étouffées –, un système évolutif se met en place qui saura jouer des contrastes. Grâce à l'usage que Schiller fait de l'électricité et à la grave répartie d'Hübsch, Giles U. parvient à convaincre d’un bout à l’autre de ses sept mouvements. (gb)

stasis

Stasis Duo : - (L’innomable, 2010)
Après 3, Adam Sussman et Matt Earle continuent de donner dans les bruits blancs. Sur ce disque sans titre, ils travaillent le numérique un peu à la manière d’Ikeda si ce n’est en plus agressif. Leurs armes sont des larsens qui forment une œuvre trop clinique pour être honnête. (pc)



Hannes Loeschel : Songs of Innocence (Col Legno, 2010)

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Sur des poèmes de William Blake, le pianiste Hannes Loeschel a composé Songs of Innocence, recueil de chansons qui renouvellent le genre pour être servies par des musiciens avertis d’autres musiques dont sont par exemple Phil Minton (voix), Clayton Thomas (contrebasse), Burkhard Stangl (guitare, Fender Rhodes) ou Mathias Koch (batterie) – ces trois derniers formant avec Loeschel le projet Exit Eden.

Malgré l’acuité avec laquelle les huit musiciens convoqués s’attèlent à ces poèmes mis en musiques, certains titres s’avèrent anecdotiques seulement – brouillons évoquant grossièrement Divine Comedy (Night) ou Nick Cave (The Echoing Green). Heureusement, pour équilibrer les penchants rock-cabaret de Lauschel, compter sur l’expérience de Theresa Eipeldauer et Phil Minton (sur Introduction, l’entendre défendre en chanteur sage les charmes d’un hymne crépusculaire) ; et puis, pour changer l’accompagnement de rigueur en moments instrumentaux vertigineux, Stangl semble aussi diriger le groupe : Spring et The Chapel of Gold brillant en conséquence en pièces majestueuses dont le dérangement bruitiste aurait pu profiter aux dix-huit pièces de Songs of Innocence et lui permettre ainsi de faire encore mieux.


Hannes Loeschel, Introduction. Courtesy of Col Legno

Hannes Loeschel : Songs of Innocence (Col Legno / Amazon)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Introduction 02/ Night 03/ Spring 04/ On Another Sorrow 05/ Laughing Song 06/ A Dream 07/ The Lamb 08/ The Shepherd 09/ The Echoing Green 10/ The Chimney Sweeper 11/ Infant Joy 12/ The Divine Image 13/ Holy Thursday 14/ The Little Boy Lost / The Little Boy Found 15/ A Cradle Song 16/ Nurse’s Song 17/ The Blossom 18/ Chapel of Gold
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Alva Noto : For 2 (Line, 2010)

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Personnage ardemment défendu sur le Grisli, Alva Noto compile sur For 2 les compositions dédiées à des personnages du vingtième siècle, du cinéaste russe Andrei Tarkovsky au dramaturge allemand Heiner Müller en passant par le  musicien américain Phill Niblock. En avant pour un très intéressant aperçu de la vie parallèle de l’auteur de Unitxt, entre 2003 et 2007.

Davantage inspiré par un esprit ambient qui confine au néo-classiscisme tel que l’imaginerait Wolfgang Voigt (alias GAS), Carsten Nicolai n’oublie toutefois pas complètement le minimalisme de ses beats, ceux qui nous excitent tant sur son label Raster-Noton (Garment, 13). Ici penché sur l’héritage indispensable de la musique concrète de Francisco López (Villa Aurora), là impregné d’un faux jazz viennois que pratiquerait Kai Fagaschinski aux côtés de Philip Glass (Argonaut), For 2 dévoile les multiples facettes méconnues de son auteur. Explorateur des espaces interstellaires, à l’instar de Lawrence English mais aussi de Brian Eno, le musicien de Chemnitz sublime le beau dans la pérennité alors que, trop souvent rangé dans la catégorie des producteurs d’une techno squelettique qui n’en demeure pas moins indispensable, il pourrait se contenter de capitaliser sur la recette d’une relative et bien illusoire notoriété.

Alva Noto : For 2 (Line)
Edition : 2010.
CD : 01/ Garment For A Garment 02/ Villa Aurora For Marta Feuchtwanger 03/ Pax For Chain Music 04/ Argonaut For Heiner Müller 05/ Stalker For Andrei Tarkovsky 06/ Sonolumi For Camera Lucida 07/ Interim For Dieter Rams 08/ T3 For Dieter Rams 09/ Early Winter For Phill Niblock 10/ Anthem Berlin For The Kingdom Of Elgaland-Vargaland 11/ Ans For Evgeny Murzin 12/ Argonaut-Version For Heiner Müller
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Peter Greenaway : 4 American Composers (Les films du paradoxe, 2007)

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On savait le cinéaste Peter Greenaway amateur de musique depuis que Michael Nyman signa pour lui la bande-son de Meurtre dans un jardin anglais. On peut aussi se faire une idée précise de ses goûts en visionnant quatre films réunis en coffret – celui-ci est sorti en 2007, pardon pour le retard je rentre tout juste de vacances.

Tous tournés à Londres en 1983, ce sont quatre portraits de John Cage, Robert Ashley, Philip Glass et Meredith Monk. Dans des styles différents, les sujets agissent avec la même passion mais pas avec les mêmes armes : Cage en dit, par exemple, plus sur sa façon de voir les choses quand il rit à gorge déployée et Monk passe elle sans arrêt par le geste pour ajouter une touche de séduction supplémentaire à sa palette vocale. Si ces deux films-là sont les plus beaux (en associant chorégraphie et musique, Monk a trouvé à ce moment précis la recette idéale à son expression), la lecture des autres apporte son lot de surprises : Ashley, droit comme un i derrière un pied de micro, apparaît sur l'écran en narrateur d’un opéra télé baroque mais peut être trop « daté 80 ». Glass dirige son Ensemble avec une certaine prestance (le temps n'est pas encore venu de sa grandiloquence) et fait en interview le vœu que les gens apprennent à « écouter autrement ». Et si ce vœu nécessitait pour être exaucé l’aide de l’image, Peter Greenaway aura été l’intermédiaire parfait.

Peter Greenaway : 4 American Composers (Les films du paradoxe, 2007).
Réalisation : 1983. Edition : 2007.
Héctor Cabrero © Le son du grisli


McPhee, Brötzmann, Kessler, Zerang : The Damage Is Done (Not Two, 2010)

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Toujours ici : penser à Ayler. Reconsidérer le spasme et ne plus jamais faire de la convulsion un cri de révolte. Ou alors : pas uniquement. Entendre et étendre le message. Ne jamais l’éteindre. A ceux qui le peuvent encore : écouter et ne plus prendre fuite. Faire en sorte que leur cri ne soit pas cri dans le désert. Douter car à qui cette musique chante-t-elle aujourd’hui ? Qui en est assez sage pour en décrypter l’élan ?

Penser à Ayler donc. Mais fuir les comparaisons. Il serait facile de dire que Peter Brötzmann serait Ayler et que Joe Mc Phee serait Don Cherry et Don Ayler réunis (Je est donc deux autres). Et puis Kent Kessler serait…et puis Michael Zerang serait… Oublier tout cela, oublier l’avoir pensé, écrit.

C’est leur troisième disque. C’est un double CD. Enregistré en public (16 mars 2008. Alchemia. Cracovie). Il n’y a pas de round d’observation. Pas d’indications ou de clin d’œil. Juste un chant gorgé d’amour. Gagné d’amour. Et de hargne, si vous le voulez à tout prix. Mais je ne vous suivrais pas sur cette voie. Ici, je n’entends que quatre musiciens qui cherchent, s’autorisent à se tromper de route, à brouiller le convenu (le deuxième CD malaxe la palette sonique, croise des souffles inquiets). « McPhee est perdu, en retrait, gêné par l’ogre Brötz » brailleront les spécialistes. Laissons-les brailler : qu’il est doux de n’être pas spécialiste. Ici : juste enthousiaste à cette libre et envoutante musique.

Joe McPhee, Peter Brötzmann, Kent Kessler, Michael Zerang : The Damage Is Done (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD1 : 01/ The Damage Is Done 02/ Alchemia Souls - CD2 : 01/ A Temporary Trip 02/ With Charon 03/ On the Acheron 04/ Into the Hades
Luc Bouquet © le son du grisli



Frank Reinecke : Music for Double Bass (Neos, 2010)

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Ce que le contrebassiste Frank Reinecke entend par « Music » sur ce Music for Double Bass appartient au champ d’une musique contemporaine inquiète autant de silences que de déferlements. A son répertoire, donc, des œuvres de Giacinto Scelsi (Nuits), Isang Yun (Für Aki I & II), Iannis Xenakis (Theraps), Manfred Stahnke (Streetmusic III), Hans Werner Henze (S. Biagio 9 Agosto Ore 1207) et Bent Lorentzen (Tiefe) – ce dernier et Stankhe dédiant d'ailleurs leur pièce à Reinecke.

Sur le fond comme sur la forme, Frank Reinecke travaille en instrumentiste assuré mais aussi en faiseur de tableau surprenant : Scelsi est ainsi célébré en lyrique fertile et Xenakis en penseur épris de mélodie au point de céder à l’appel de sirènes. Ailleurs, l’archet multiplie lignes courbes et points de fuite : dépeignant tour à tour les affres du bourgeois tourmenté sur une tiède partition d’Henze ou examinant les allers et retours sur le papier des fantastiques folies obsessionnelles de Lorentzer – la raison du contrebassiste gagnant là en clarté et en évidence au point d’égaler bientôt son convaincant souci de création.

Frank Reinecke : Music for Double Bass (Neos / Codaex)
Enregistrement : 2004-2006. Edition : 2010.
CD : 01-02/ Nuits (C’est bien la nuit / Le réveil profond) 03-04/ Für Aki I & II 05/ Theraps 06/ Streetmusic III 07/ S. Biagio 9 Agosto Ore 1207 - Ricordo Per Un Contrabbasso Solo 08/ Tiefe
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


ROVA Saxophone Quartet, Nels CLine Singers : The Celestial Septet (New World, 2010)

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Le ROVA (Bruce Ackley, Steve Adams, Larry Ochs, Jon Raskin) fusionne avec le Nels Cline Singers (Devin Hoff, Scott Amendola, Nels Cline) et devient le Celestial Septet. Le Celestial Septet ou comment concilier le tout collectif du ROVA aux saillies solitaires du Nels Cline Singers.

Par une écriture rigoureuse, une combinaison des modes de jeu et de textures, le sextet gagne la partie haut la main. La richesse et la diversité de The Buried Quilt qui clôture ce disque résiste et échappe à l’écueil des zappings et des surcharges faciles. Ainsi, en imbriquant, déterminant et alternant des flux, à priori, antinomiques (l’unisson minimaliste du début, la fulgurance free, le dialogue saxophone-guitare, le cluster final), le lien se crée ; abouti, définitif.

Ce qui avait précédé n’était pas sans intérêt. Sans tâtonnements, entre lyrisme perçant, lent déploiement des souffles et excès métallique d’une impétueuse guitare, nous avions déjà entrevu l’essentiel de cette idéale fusion. Ils recommencent quand ils veulent.

ROVA Saxophone Quartet, Nels Cline Singers : The Celestial Septet (New Worlds / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Cesar Chavez 02/ Trouble Ticket 03/ Whose to Know 04/ Head Count 05/ The Buried Quilt
Luc Bouquet © Le son du grisli


Fennesz, Daniell, Buck : Knoxville (Thrill Jockey, 2010)

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« Envisager un séjour à Knoxville vous expose à toutes sortes de décharges électriques », voilà ce qu’on pourrait lire sur un sticker collé sur la pochette du disque de Fennesz, Daniell et Buck, si l’ère du tout-prévenance / « gare-aux-effets secondaires » était arrivée dans sa phase ultime – mais ne nous en faisons pas, ce beau jour arrivera bien vite.

Pour l'heure, la pochette nous offre des fleurs alors que l’enchaînement des quatre titres de Knoxville (la ville où les guitaristes Christian Fennesz et David Daniell et le batteur Tony Buck ont joué ensemble au Big Ears Festival en 2009) fait passer l’auditeur d’un climat chargé à un autre. Au début, les guitares électriques recrachent des notes de cristal. Après ça, il y a leur résonance, des larsens, des distorsions, bref assez pour que l’orage éclate. Les médiators s’emballent et claquent dans des cymbales qui n’attendaient que ça : le final est grandiose. Voilà à quoi ressemble Knoxville ; autant dire qu’il est impératif de s’y rendre.

Christian Fennesz, David Daniell, Tony Buck : Knoxville (Thrill Jockey / Amazon)
Enregistrement : 7 février 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Unüberwindbare Wände 02/ Heat from Ligh 03/ Antonia 04/ Diamond Mind
Pierre Cécile © Le son du grisli


Rivière Composers' Pool : Summer Works 2009 (Emanem, 2010)

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Deux jours d’août et quelques instants de la mi-septembre 2009. Quatre musiciens, cordes et anches, dans différentes combinaisons et situations (studio & concert). Un triple disque… et une inquiétude : que l’exhaustivité documentaire d’une telle somme – en noyant la musique, si ce n’est l’auditeur – ne nuise…

C’est autour de la personnalité de Kent Carter (contrebasse), auquel Emanem doit une belle série de « disques à cordes », que les échanges s’organisent, improvisés dans un plaisant esprit chambriste. Le premier disque offre un trio au son superbe : Albrecht Maurer (violon, alto) et Theo Jörgensmann (clarinette – qui avait recruté Carter pour son Fellowship sur hatOLOGY) rejoignent le bassiste sur de brèves pièces spontanément composées avec élégance et célérité ; les jeux de reprises, de motifs, d’allures forment, dans leurs condensations et étirements, d’assez weberniennes et convaincantes danses.

La galette suivante se partage entre le duo de Carter avec Etienne Rolin (clarinettes, flûte) et le quartet regroupant tous les musiciens présents. La relation épanouie des deux premiers est dominée par une connivence qui permet de fécondes distances : leur impeccable sens de l’espace se voit donc nettement modifié dans la configuration plus touffue qui succède. Tresses et trajectoires, si elles se multiplient alors, n’obscurcissent néanmoins pas le propos (faut-il le regretter ?).

Le troisième disque saisit le quartet en concert ; de front, en mêlée, échappés ou tactiquement groupés pour porter alternativement l’un et l’autre, les musiciens développent, avec un soin particulier porté à la forme, une suite chantante qui s’autorise digressions et échauffourées.

Les craintes de l’auditeur, au seuil de ces trois heures d’enregistrements, n’avaient pas lieu d’être : il faut saluer la magnifique abondance avec laquelle cette musique se déploie, évidente.

Rivière Composers’ Pool : Summer Works 2009 (Emanem / Orkhêstra International)
CD1 : 01/ Ways of Moving 02/ Spaces 03/ Horizon 04/ Persistent 05/ Pinwheel 06/ Music for A Ghost Story 07/ Dance to This 08/ Suite of Actions 09/ Pilgrimage for Two 10/ Up and away – CD2 : 01/ Hi 02/ Sky Cry 03/ And What is This? 04/ Folksong 05/ Eye for I 06/ Alto Flute Story 07/ By 08-14/ The Summer Works Suite, Part One to Part Seven – CD3 : 01-04/ The Summer Works Concert, First Movement to Fourth Movement
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.

Guillaume Tarche © Le son du grisli


Kirk Knuffke : Chew Your Food (NoBusiness, 2010)

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Au rythme d'un swing las, le trompettiste Kirk Knuffke – membre d'Ideal Bread qui sortait il y a quelques mois un peu convaincant Amnesia Brown sur Clean Feed – ouvre Chew Your Food, enregistré au Roulette de New York avec le contrebassiste Lisle Ellis et le batteur Kenny Wollesen.

Ingénieuse, la formule du trio offre à Knuffke la possibilité de ne pas seulement faire naître des comparaisons (Don Cherry aux phrases amorties, Lester Bowie au lyrisme court ou, sur la fin du disque, Bill Dixon en proie au doute) mais aussi de lui permettre d'imposer sa voix particulière : c'est à dire gauche et timide d'allure mais plutôt subtile en fin de compte – si ce n'est lorsque l'assaille une soudaine envie de sourdine. Wollesen et Ellis en soutien, Knuffke marque par les façons qu'il a de ne jamais précipiter son discours pour dériver plutôt sous les effets d'une langueur élastique.

Kirk Knuffke : Chew Your Food (NoBusiness / Instant Jazz)
Enregistrement : 19 mars 2009. Edition : 2010.
LP : A01/ Chirpy A02/ The Work A03/ Sung the Same A04/ Whatever's Next – B01/That's a Shame B02/ Chew Your Food B03/ Motor B04/ Loading B05/ Grummet 
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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