Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Thomas Tilly (Tô) : Cables & Signs (Fissür, 2010)

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Ce qu’il y a de merveilleux avec les field recordings c’est qu’ils ne sont pas faits pour donner un exemple de variété / vérité du monde ni même pour très humblement acter des bruits de la nature. Souvent, les field recordings dévoilent ce que le collectionneur qui les a récoltés a à l’intérieur, même lorsque celui-ci ne touche presque à rien.

C’est le cas avec Thomas Tilly (). Au château de Sauzay, il a chaussé des bottes puis a pris l’eau pour enregistrer des bestioles et des plantes. Sait-il au moins les noms des unes et des autres ? Pas sûr. Mais peut-être ; l’important n’est pas là mais plutôt dans ces crépitements plus ou moins rapides, ces mouvements imperceptibles à l’œil nu mais audible si tant est qu’on transporte avec soi le bon matériel amphibie. Après, les enregistrements seront agencés de manière à ce qu’ils formeront un CD agréable à l'écoute : les microcosmes y forment un orchestre que Thomas Tilly dirige (ne dit-il pas qu’il envisage ces captations comme des pièces de musique à part entière ?). Est-ce qu’un grouillement, un ronflement ou une déglutition d’insecte fait partie de la partition ? Et quid des effets sur une herbe ou une tige des mouvements du soleil ? La seule chose sûre, ici, c’est que la symphonie de Cables & Signs vaut bien une messe humaine.

Thomas Tilly / Tô : Cables & Signs (Ten Underwater Field Recordings) (Fissür / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : 01-10/ Cables & Signs (Ten Underwater Field Recordings)
Héctor Cabrero © Le son du grisli



Ap'strophe : Corgroc (Another Timbre, 2010)

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Que ceux et celles qui n’aiment dans la peinture de paysages que les aplats épais quittent la salle d’exposition. Car si Ap’strophe en remet une couche, c’est dans la finesse, l’ellipse, l’effleurement...

Ferran Fages intervient pourtant à la guitare et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare. De quoi faire beaucoup avec des cordes pincées ou frappées, des attaques sur un corps en bois ou sur des mécaniques de métal. A la place il y a Spring et Is Like a Perhaps Hand (faut-il lire « Spring Is Like a Perhaps Hand » ?). C’est à dire qu’il y a un drone qui siffle et le jeu bizarre de cordes distendues. Il y a aussi des grincements (le bois) et des mouvements de plaques (le métal). Et sous l’effet de la surprise le tout procure de drôles de sensations qui font qu’on se demande si le duo n’avait pas surréastylistiquement raison : le printemps serait peut être comme une main.


Ap'strophe, Corgroc (extrait).

Ap’strophe : Corgroc (Another Timbre)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Spring 02/ Is Like a Perhapd Hand
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Eric Lunde, Kommissar Hjuler : Separture / Grundordnung-Unterschrank-Scooter (MNDR, 2010)

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A l’annonce de la rencontre entre Eric Lunde et Kommissar Hjuler, on pouvait craindre le combat de trop : celui de deux fureurs opposées amenées à traîner derrière elles leurs bruits hétéroclites ; celui de deux artistes en tous genres dont les travaux sonores se nourrissent d’éléments d’un concret affirmé. 

Or, sur le disque qu’ils se partagent, Eric Lunde et Kommisar Hjuler démontrent l’un après l’autre d’attentions plutôt délicates : le premier en ensevelissant sous les grondements un vieux disque rayé puis en ménageant l’auditeur au son de folles trouvailles bruitiste (qu’un air de folk, irlandais peut-être, anéantira) ; le second en consacrant une face entière à un vieux document qu’il refaçonne et dont la nature est faite pour nous échapper (enregistrement d’une leçon de conduite de tramway, peut-être : une présence donne des indications quand une autre accélère puis ralentit, accélère puis ralentit…). La contre-attaque est inattendue et même ingénieuse.

Eric Lunde, Kommissar Hjuler : Separture / Grundordnung-Unterschrank-Scooter (MNDR, 2010)
Edition : 2010.
LP : A/ Eric Lunde : Separture B/ Kommissar Hjuler : Grundordnung-Unterschrank-Scooter
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


David S. Ware : Onecept (AUM Fidelity, 2010)

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Instruments qu’il avait déjà utilisés à la toute fin des eighties pour les enregistrements de Passage to Music et Great Bliss I & II (il jouait alors aussi – et superbement – de la flûte) et qu’il retrouva l’an dernier pour un solo enlevé (Saturnian I – Aum), stritch et saxello refont leur apparition dans l’univers de David Spencer Ware.

Arrivé à bout de course d’un quartet cadenassé par le jeu monocorde de Guillermo Brown, le saxophoniste retrouve avec cet Onecept toute l’intensité et la générosité de son souffle. Warren Smith, tantôt aux timbales et gongs, tantôt à la batterie est un batteur d’écoute, d’imagination et de relance. William Parker semble retrouvé, juvénile, jouant la complicité (Vata) ou l’éloignement (Desire Worlds) avec un égal bonheur. C’est qu’ici, l’équilibre est de tous les instants. La soif est toujours de dissonance et de continuum (Desire Worlds où le saxello de Ware évoque plus l’intensité brûlante d’un Ayler que les loopings cerclés d’un Kirk, autre familier du saxello) et à travers ces neuf plages improvisées (là-aussi : une nouveauté chez Ware) d’autres rebonds émergent : les sombres déchirures timbales-contrebasse, la fluidité toute naturelle du saxophoniste moins convulsif que d’ordinaire et cette entente magnifique, porteuse, ici des espoirs les plus fous.


David S. Ware, Wheel of Life (extrait).


David S. Ware, Vata (extrait). Courtesy of AUM Fidelity.

David S. Ware : Onecept (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009.  Edition : 2010.
CD : 01/ Book of Krittika 02/ Wheel of Life 03/ Celestial 04/ Desire Worlds 05/ Astral Earth 06/ Savaka 07/ Bardo 08/ Anagami 09/ Vata
Luc Bouquet © Le son du grisli


Contre-chronique : Confusion bleue

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First of all, I would like to thank for this great opportunity to make a personal response to the review of my album Confusion Bleue (Soul Note, 2010) by Luc Bouquet.  I also need to thank for the honest opinion expressed in this review. I welcome differences opinions, because that’s how one learns about his/her weakness. 

Having said that… As one can easily imagine, I disagree with most of the points raised in this review.  But please know… this is NOT an emotional response!  This is partially because (as a contributor for the Japanese magazine JAZZ TOKYO) I have reviewed some albums pretty negatively as well. I strongly believe in the freedom of opinion, and so of course, there is NO emotional grand for me to react to this less-than-positive review by Luc Bouquet.

In any case, I would like to clarify a few things below… But let’s start from one point I share with this reviewer: I totally agree with the opinion regarding Ross Bonadonna who contributed enormously to Confusion bleue and another album of mine Hommage an Klaus Kinski (Soul Note, 2007).   Ross is to me the best kept secret of the fertile avant-garde/ experimental music scene of NYC.  Despite his enormous talent, Ross is a modest person – likely the reason he has somehow managed to avoid getting a spotlight in his long musical career. But he is clearly one of the very talents needs to be heard by creative listeners.

But this appears to be the only thing Bouquet and myself agree for Confusion Bleue. For example, even though the reviewer points out the lack of direction, I am confident that the improvisation presented in this album had clear direction – actually had multiple directions UNLIKE most of so called ‘free improvisation’. The reviewer may have meant that the music lost ‘focus’ or ‘concentration’… But I do not believe this is the case. And actually, the band managed to achieve a great deal of musical concentrations throughout this album.

My main problem of most of FULLY improvised music is the monotonic nature of many performances. Or let’s say SINGLE-direction. And for experienced listeners, there is no need to present examples on this. I am not denying the value of such approach, and there are many (monotonic) free improvisations I admire (especially the ones by Euro masters, including Bailey, Portal, Parker, Favre, AMM, Centazzo, Guy, Schlippenbach and Riley).  But my musical influences and interests are broader, and my goal is to go “beyond free”… I believe this multi-directional approach – successfully accomplished in this album (my opinion) –  is one of the ways to achieve this goal. 

I am also honestly very happy about the rendition of Blue in Green presented in this album. In fact, this was the first time I managed to realize my vision of standard playing – loose but structured spontaneous improvisation with over all respects to the melody and harmony. And guessing from the many positive reviews of Confusion Bleue published at various international media, I am happy to report that my above opinions are clearly shared by others. But of course, every creative listener (including critic) needs to have her/his opinions, just like every creative musician should also have her/his own. But no opinion is free from one’s subjective perception or ‘taste’.  And as Bouquet concluded his review, the above disagreements appear to be largely due to a matter of personal ‘tastes’.

I am suspecting that he clearly did not like my preferences of sweet/romantic melodies. I had a similar experience with the famed avant-producer Leo Feigin (of Leo Records). While Leo gave very encouraging comments on New York Moments (Konnex, 2007) – the least ‘romantic’ album of my releases, he has told me several times that I am making a mistake by melding the syrupy romanticism with avant-garde ethic. But if I disclose that Jean-Jacques Goldman (!!!) was one of my musical heroes during my high school years in Japan (before I moved to the US for college) … A good French listener would understand that I am as Leo correctly described “incurable romantic”.

So please give it a try to my music, ONLY if you are curious of how an incurable romantic handles avant-garde!!  You can listen (streamed) to the entire album of Confusion Bleue here. Thank you very much for the attention!

Nobu Stowe



Michel Doneda Expéditives : Kirme, The Cigar That Talks, Fragment of the Cadastre, Miettes

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Michel Doneda, Taavi Kerikmäe : Kirme (Improtest, 2010)
La première moitié de ce disque offre trois pièces gravées en studio (2008) par le sopraniste en compagnie du pianiste estonien Kerikmäe : une belle tension s’y accumule, riche d’insectes, avant de trouver à s’épancher en concert (2009), dans la seconde partie. Les deux hommes, les mains dans le son, auscultant les viscères d’un piano de précision, interrogeant le creux actif du saxophone, se meuvent sans obstruction, le long de filons d’énergie. Une aventureuse tannerie de sonorités.

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Michel Doneda, John Russell, Roger Turner : The Cigar That Talks (Collection PiedNu, 2010)
Fort bien enregistré, ce trio intriqué commence par fureter assez longuement dans les échardes anglaises et récolte de douces éraflures ; les escarbilles montent ensuite et c’est aiguillonné par leurs bouffées qu’on traverse de splendides buissons électrisés, ardents, et de fins rideaux d’herbes bruissantes. Un groupe extrêmement vivant, détenteur d’un « élémentaire sonore » qu’on aimerait aussi écouter en plein air ! Quant au cigare qui parle… Smoke it !

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Michel Doneda, Rhodri Davies, Louisa Martin, Phil Minton, Lee Patterson : Fragment of the Cadastre (Another Timbre, 2010)
Capté à Leeds la veille de l’enregistrement de Midhopestones (par les mêmes musiciens et pour le même label), ce précieux live – tiré à 150 exemplaires – rend compte de la première réunion d’un quintet fascinant. Dès les premiers instants se déploie, tissée et vibrante, une longue poésie nocturne… Somptueuse musique onirique, contrôlée et respirable, habitée !

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Michel Doneda : Miettes (Mômeludies, 2010)
Recueillies durant plusieurs années par le travailleur du son (« égratignure faite dans l’air ») qu’est Doneda, ces miettes ne constituent pas un pain : réflexions articulées ou bribes aphoristiques, elles témoignent d’une pensée et d’une pratique vives. Eclairantes, troublantes, elles résonnent, s’oublient puis reviennent, accompagnant le lecteur, l’auditeur, le musicien. « Les sons que nous improvisons sont des totems de paille, de brindilles ramassées ici et très loin. »


Céleste Boursier-Mougenot : Etats seconds (Analogues, 2008)

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Céleste Boursier-Mougenot n’est pas qu’un artiste plastique. Il est aussi compositeur, installateur et même inventeur, comme nous le raconte Etats seconds, un livre publié il y a quelques mois à l’occasion de la tenue d’une exposition du même nom.

Ce livre fait un état des lieux des états seconds d’œuvres qui revendiquent le droit d’être détournées (par les visiteurs de l'exposition mais aussi par des animaux ou l'homme de la rue du lieu d’exposition). Comme beaucoup, CBM cherche à repousser les frontières de l’œuvre d’art mais avec un je-ne-sais-quoi de plus qui tient sûrement à une explication que l’on trouve dans le livre : « L’amplification permet de travailler la plasticité du temps ».

Car chez CBM il y a à voir et à entendre : par exemple, si la guitare allongée de From Here to Ear rappelle celles de Christian Marclay, la sienne fera du bruit en plus parce qu’elle sert aussi de perchoir. C’est d’ailleurs aussi là la limite de l’objet-livre. Il est difficile de « re-produire » certaines œuvres de Boursier-Mougenot (une réinvention du piano mécanique ou un son dessiné sur un mur) et parfois on ne peut qu’inventer à leur place le bruit des images – notons que l’éditeur propose sur son site internet une « interprétation sonore des textes du livre ». On sait que le mieux quand même reste de se déplacer. Mais garder une trace de ces Etats seconds, qui plus est à côté de textes intelligents, c’est déjà beaucoup.

Céleste Boursier-Mougenot : Etats seconds (Analogues)
Edition : 2008.
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Ab Baars : Time to do my lions (Wig, 2010)

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Parmi les dix pièces improvisées en 2008 qu’il dédie ici à autant d’artistes inspirants – parmi lesquels on trouve musiciens (Ig Henneman, Misha Mengelberg, Paul Termos, Sunny Murray) ou peintres (Max Beckmann, Eli Content) –, Ab Baars en choisit une qui donnera son titre au recueil : Time to do my lions, phrase extraite d’un poème d’Anne Carson qui évoque les lions dessinés chaque jour par Hokusaï, méthode que celui-ci avait trouvé pour vider ses journées de toute colère.

C’est qu’en Bonnard musicien, Baars étanche dès qu’il le peut sa soif de Japon : au shakuhachi, il évoque de longs voyages avec une délicatesse respectueuse d’une histoire instrumentale qui aurait pu, il le sait, lui rester étrangère (Nissin Joma) : alors comme l’encre imprègne lentement le papier, dans l’air la ligne musicale s’évanouit. Dans les notes écrites pour l’occasion, le musicien avoue que sa découverte du shakuhachi, en 2005, lui a révélé un monde et, même, a eu des effets sur sa pratique du ténor et de la clarinette. Sur Watazumi Doso, c’est alors au saxophone qu’il rend, léger et vibrionnant, hommage à l’un des maîtres du shakuhachi moderne.

Au ténor encore, Baars investit le champ d’un free intériorisé aux dérapages nombreux suivis de redirections intentionnelles (The Rhythm is in the Sound) ; plus tôt, il fit de quatre notes la base de toutes ses trouvailles de linguiste à accents (Day and Dream). A la clarinette enfin, la déconstruction est souvent préférée à tout autre exercice : Gammer en clin d’œil loufoque (à Mengelberg, donc) contre Purple Petal en expérience ardue. D'ailleurs tout, chez Baars, est histoire d’expérience : au-delà du savoir faire, la patience toujours fait son œuvre. Et l’élégance d’Ab Baars n’a plus qu’à conclure.

Ab Baars : Time to do my lions (Wig / Improjazz)
Enregistrement : 4 avril et 28 novembre 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Day and Dream 02/ Tim to do My Lions 03/ Purple Petal 04/ 12 O’Clock and All Is Well 05/ Nisshin Joma 06/ Gammer 07/ Ritratto del mare a Anzio 08/ Watazumi Doso 09/ The Rhythm is in the Sound 10/ 730 Union Street
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Nobu Stowe : Confusion bleue (Soul Note, 2010)

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Confusion bleue : le titre est bien trouvé. Le bleu pour le jazz et la confusion pour cet amalgame de couleurs vives, de sursauts soniques souvent aléatoires.

Résumons : un trio qui improvise sans direction précise, qui fait résonner le désordre et s’y ensable avec enthousiasme. Une liberté choisie entre éclats et surgissements. Un free qui laisse perplexe, une virée binaire qui ne trouve pas destination, un magma stagnant percé d’effets électroniques. Parfois s’y glissent quelques assauts familiers (une guitare toute sharockienne et un alto convulsif, les deux à la charge de la seule et même personne : l’intriguant Ross Bonadonna) et l’oreille y trouve les repères qui lui échappaient jusqu’alors. Ailleurs, ce sont les sucreries indigestes d’un Keith Jarrett des pires heures que choisit de ressusciter Nobu Stowe dans un Blue in Green totalement vidé de sa substance originale. Ici,  un disque qui interroge, questionne… Mais vous l’aurez compris : ce n’est pas vraiment ma tasse de bière !

Nobu Stowe : Confusion bleue (Soul Note)
Enregistrement : 2007. Edition : 2010.
CD : 01/ Introduction 02/ Premier mouvement 03/ Intermède I 04/ Deuxième mouvement 05/ Intermède II 06/ Blue in Green 07/ Troisième mouvement 08/ Intermède III 09/ Quatrième mouvement 10/ Epilogue : dans la confusion bleue
Luc Bouquet © Le son du grisli


Aki Takase : A Week Went By (Psi, 2010)

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Avec John Edwards et Tony Levin (5 fois en trio) et puis John Tchicai à l’occasion, Aki Takase enregistrait A Week Went By en deux soirs de concerts.

Abandonnant là ce son « grand piano » qui gâche régulièrement ses beaux efforts de virtuose, elle fulmine en répétitive et sert d’implacables rengaines de ténèbres (Surface Tension, Steinblock) ou se laisse surprendre par les vocalisations du contrebassiste pour fomenter dans son coin un air de folklore que n’aurait pas renié McGregor (A Week Went By).

Au centre du disque apparaît Tchicai, qui cite Monk et Gillespie entre deux salves découpées net et puis repart. Deux solos aussi – la pianiste y allant de danses grotesques en jeux expérimentaux dont l’originalité est à trouver surtout dans les sonorités qu’elle met au jour (Yumetamago) – et entre l’un et l’autre le retour du trio : épais mais riche (éclats de Levin) ; riche mais intense (accompagnement ombreux d’Edwards). L’ouvrage expressionniste est partout convaincant et même, grâce à l’habilité du trio, supérieur.

Aki Takase : A Week Went By (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Surface Tension 02/ A Week Went By 03/ Steinblock 04/ Just Drop In 05/ 57577 06/ Ima we Mukashi 07/ Cell Culture 08/ Men Are Shadows 09/ Yumetamago
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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