Le son du grisli

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Archives des interviews du son du grisli

Odean Pope : Universal Sounds (Porter, 2011)

universalgrisliCelui qui remplaça parfois Coltrane au sein du quintet de Miles Davis emprunte ici quelques petites choses du phrasé de Trane. Un lyrisme épais et militant se déposant sur le très coltranien  She Smiled Again par exemple.

D’Odean Pope, puisque c’est de lui qu’il s’agit, nous avons encore en tête le rôle essentiel qui fut le sien au sein des diverses formations de Max Roach. On connait donc son amour des tambours. Ici, le voici aux prises avec trois batteurs-percussionnistes (Warren Smith, Craig McIver, Jim Hamilton) ; un contrebassiste (Lee Smith, un modèle de robustesse et de liant) et un altiste (Marshall Allen) complétant le tableau.

Le charme de cet enregistrement réside plus dans sa force et sa diversité que dans une recherche d’unité, de toute façon utopique ici. Car Odean Pope et ses amis sont de mauvais élèves : leur blues s’évade vite de la tradition pour emprunter des chemins décousus, cabossés. De même, entre suspensions et abstinences, il faudra attendre une dizaine de minutes pour que le souffle généreux de Pope retrouve de sa superbe (The Binder, improvisation sanguine dans laquelle son ténor doit résister et tenir têtes aux assauts répétés de trois batteurs en surchauffe). Et même si l’étrangeté de l’EWI (electronic wind instrument) de Marshall Allen interroge plus qu’il ne séduit (déjà dans l’Arkestra…), cet Universal Sounds – que l’on imagine encore plus ravageur en concert – permet de replacer Odean Pope sur le devant d’une scène qu’il n’a, finalement, que très peu quittée.

Odean Pope : Universal Sounds (Porter Records / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD : 01/ Custody of the American Spirit 02/ Mwalimu 03/ The Binder 04/ She Smiled Again 05/ Go Figure 06/ The Track 07/ Blues 08/ Custody of the American (Bullshit Version)
Luc Bouquet © Le son du grisli



Chris Cogburn, Bonnie Jones, Bhob Rainey : Arena Ladridos (Another Timbre, 2010)

arenagrislidosLe point commun entre Bhob Rainey (saxophone soprano), Bonnie Jones (electronics) et Chris Cogburn (percussions), est connu maintenant. C’est Arena Ladridos, une perle de musique électroacoustique éclose dans le désert texan. Une rose des sables dont le cœur bat et respire.

Une note (le soprano) se disperse sur Govalle. Des reflets de métal (les percussions) se la renvoient, des bips réguliers (l’électronique) annoncent qu’elle respire encore. A la fin, les trois ne font plus qu’un et Govalle est fait de trois (l’opération est d’une belle envergure).

Du paysage infini sortent après cela des serpents : ils rampent sur la surface de Marfa. Leur vie de synthèse respecte les codes sonores du genre improvisé endogène très actif aujourd’hui. Le plus pour Arena Ladridos est le dépaysement qu’il propose.

Chris Cogburn, Bonnie Jones, Rhob Rainey : Arena Ladridos (Another Timbre / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Govalle 02/ Marfa
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Charles-Eric Charrier : Silver (Experimedia, 2011)

silversliLes projets de Charles-Eric Charrier (Man, Oldman…) n’interdisent pas à sa vraie identité de refaire surface. Silver paraît par exemple sous son nom même si Charrier ne l’a pas enregistré seul (on entend sur le disque ses complices Ronan Benoît et Cyril Secq).

La batterie d’abord, la basse quelques secondes plus tard et enfin la batterie : Silver débute à peine mais sonne déjà. Comme un mélange de folk à cactus (on pense à Calexico, Morricone, Pit er Pat) et du grésillement d’électricités de différentes sortes. Après cela, c’est inspirés par le post-rock de Tortoise que les musiciens jouent avant de prendre en place dans une coquille de noix qui prendra des airs de vaisseau … d’argent.

La mer est menaçante. Pour la calmer les slides de guitare sont parfois trop faciles et les hammers bien décevants. Mais le malaise n’est que passager…  Une berceuse à deux guitares, qui frise pourtant le folk de studio ECM (Egberto Gismonti, Stephan Micus…), recadre le trio qui s’en ira en jouant une autre fois post-rock, avec une belle efficacité. Après Man et Oldman, Charrier assure en SilverMan…

Charles-Eric Charrier : Silver (Experimedia)
Edition : 2011.
CD : 01/ 21 Echoes Short 02/ 12 From 03/ 6 I 04/ 9 Moving 05/ 9(8) Electricity
Pierre Cécile © Le son du grisli


Daunik Lazro : Horizon vertical (Hors Œil, 2011)

dauniksliDepuis une dizaine d’année Daunik Lazro a délaissé l’alto au profit du baryton.  Moins de satellites, plus de possibilités : les sons qui sortent du baryton de Lazro sont des sons qui écorchent le convenu. Ce sont des sons de batailles, propulsés contre l’arrogance des chefs. Ce sont des sons que beaucoup ne veulent pas entendre et que beaucoup n’entendront jamais. Des sons qui interrogent et bousculent un monde (à jamais ?) servile. Ce sont surtout de sons qui s’accordent et se réfléchissent aux partenaires du saxophoniste (ici Raymond Boni, Jérôme Noetinger, Jean-Luc Guionnet, Emilie Lesbros, Clayton Thomas, Kristoff K.Roll, Aurore Gruel, Michel Raji, Louis-Michel Marion, Qwat Neum Sixx). Au détour d’un concert, le saxophoniste dit le plaisir d’avoir joué quelque chose qui n’était jamais apparu jusque-là.

Et puis Daunik parle. Il parle de sa rage, de son désespoir, de ses tourments, de la perte, des expériences passées, des influences (Bechet, Dolphy, Ornette, Lyons, Portal). Avec le photographe Horace, il se souvient d’Ayler à Pleyel, des spectateurs qui partaient en masse, de ceux qui hurlaient leur dégoût et des autres qui criaient leur joie. Encore une bataille. Perdue ou gagnée ? Sommes-nous assez sereins, aujourd’hui, pour seulement envisager d’y répondre ? Et il parle encore. Il parle d’astrologie, du corps qui flanche, des substances illicites qui l’ont transporté dans une autre dimension.

Souvent, Christine Baudillon filme le saxophoniste, immobile. Minutieusement, elle enregistre le vent dans les branches. Elle superpose les axes. Un filet d’eau coule. Des feuilles mortes jonchent le sol. Le mouvement est lent et Tarkovski n’est pas loin. Et surtout, elle n’impose rien, ne bouscule rien. Cinéaste humble et investie, elle n’interfère pas : elle enregistre et témoigne. Seulement cela. Et ce cela est immense.

En bonus, un livret de photographies commentées par le saxophoniste lui-même. Un passé pas si lointain : des duos, des trios, des quartets et des visages jamais figés, toujours en mouvement. Un DVD indispensable mais vous l’aviez sans doute compris.

Christine Baudillon : Daunik Lazro : Horizon vertical (Hors Œil Editions)
Edition : 2011.
Luc Bouquet © Le son du grisli


Jason Stein : Three Kinds of Happiness (Not Two, 2010)

threekindsofgrisliThree Kinds of Happiness – enregistré au Shape Shoppe de Chicago pour l’essentiel – permet de retrouver Jason Stein à la tête de Locksmith Isidore : c’est-à-dire à son meilleur, même lorsque celui-ci s’avère relatif.

Avec le soutien fidèle de Jason Roebke et Mike Pride, Stein évoque ensemble Pee Wee Russell et Eric Dolphy sur le morceau d’ouverture avant de profiter d’un swing nonchalant réservant quelques plages de liberté à chacun des intervenants. La nonchalance est d'ailleurs à retrouver ailleurs : en ballade à l’équilibre précaire (Pride facétieux sur Little Bird) ou blues forcé (More Gone Door Gone).

Libre de toutes contraintes, Locksmith Isidore ne s’interdit même pas l’ennui, qu’il tient même à partager sur Man or Ray, en conclusion épaisse (Miss Izzy, seul titre enregistré à l’Alchemia en 2008) ou lorsqu’il cesse de ramper en méandres féconds pour servir une mélodie de seconde zone sur Ground Floor South. Le retour du swing ne célébrant pas toujours celui de l’idée (Arch and Shipp), le tour aura été fait de Three Kinds of Happiness, disque à prendre et à laisser tout à la fois.

Jason Stein’s Locksmith Isidore : Three Kinds of Happiness (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Crayons For Sammy 02/ Cash, Couch And Camper 03/ Little Bird 04/ Ground Floor South 05/ Arch And Shipp 06/ More Gone Door Gone 07/ Man Or Ray 08/ Miss Izzy
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Cornelius Cardew : Works 1960-70 (+3dB, 2010)

charriesliDes histoires de temps modifié, comme si il n'existait pas ou alors qu'il fut/est le témoignage de l'Eternité en mouvement. A coup sur en écoutant ce disque, j'aurais aimé rencontrer Monsieur Cardew et discuter avec lui... Ainsi qu’avec les trois musiciens interprétateurs/ créateurs, certainement au service de...

Le son est profond, il renvoie aux Hommes qui jouent ensemble et aussi a ceux qui veulent bien prendre le temps, encore lui, de se poser et écouter. Puis parfois des salves de notes appellent la douceur et le silence compris entre elles... Le dernier morceau me terrasse littéralement.

Cornelius Cardew : Works 1960-70 (+3dB)
Edition : 2010.
Charles-Eric Charrier © Le son du grisli

charsilversli

Charles-Eric Charrier est musicien. Il voit paraître ces jours-ci le disque Silver sur le label Experimedia.


Cornelius Cardew : Treatise (Edition Peters, 2010)

cornesliIl y a peu de temps, Luc Bouquet parlait très bien de Treatise de Cornelius Cardew. Alors je préférerais, moi, l’interpréter à ma manière en lisant la partition publiée par les éditions Peters. Une interprétation en mots écrits que je ne retoucherais pas, une lecture dans les conditions du direct.

Première page, déjà 34 > souffle ascendant & volutes & ligne au bout de laquelle tout fait rond et ronde > de grands cercles & Eole & ses codas inconnus, carrés de soie aux fils ascensionnels > revirement, parallèle grasse, parallèle grave, parallèle grasse & grave aux effets sur le grain des lignes de la partition > prière d’insérer, autre direction, carré blanc sur fond d’œil, grilles programmatiques & premiers éléments d’architecture : abbatiale en perte d’équilibre, champs de dunes & fils électriques, bec profilé, symphonie de partitions emmêlées > Paul Klee joue du piano dans la « pièce à vivre » de Merzbau, où l’on se cogne aux clusters d’angles en lisant des escaliers-partitions sans fin d’Escher, chorégraphies diverses de danseurs filiformes > Paul Klee en salle des pas perdus, mes triangles n’en sont pas, je ne vois plus qu’une ligne tracée net malgré les sigles partout > l’œil est perdu à la page 77 > blockhaus & poteaux télégraphiques, le premier son arrive crescendo il était temps > j’ai cru revoir là la cathédrale de Cádiz, sa plage à côté balayée par le grand vent, le sable qu’il amasse dans un coin de page blanche, le monticule d’où sort un feu d’artifices & d’étoiles vidées de substance > page 130 : les premiers ronds noirs (dibujos negros de chico blanco), galaxie arbre système, lignes cannes grabataires > le deuxième son arrive now & then, & then maintenant, tu y pleures encore et j’attends le silence pour chanter > pont-parasol ou peut-être insectes oblongs / éclatants > Dali pousse dans le dos Manuel de Falla qui dans ses déserts avance : El gran teatro del mundo en ligne de mire & dans la ligne dans la ligne dans la ligne : grasse, grave, à angle droit, en fleurs, en harpe de synthèse, en ballon qui s’envole, en antennes de télé, en poste de liaison, en nœuds de Gorgias, en partition double grise et blanche > No part of this work may be reproduced, for any reason, je vais trop loin pour ne pas avoir su m’arrêter, by any means, including any method of photographic reproduction, without the permission of the publisher, sher sher, refermé le carnet à spirale, pas pratique de l’utiliser, pas pratique Treatise, mais mais : c’est pas ce qu’on était venu shersher.

Cornelius Cardew : Treatise (Edition Peters / Souffle continu)
Edition : 2010.
Livre : Treatise
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Ulrich Krieger : Fathom (Sub Rosa, 2010)

ulrichsliComme moi, beaucoup iront écouter Fathom pour entendre ce qu’y fait Lee Ranaldo. D’autres viendront pour Alan Licht (comparse de Loren Mazzacane Connors) ou pour Tim Barnes (invité hier par Sonic Youth sur Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui). D’autres enfin pour le saxophoniste (baryton) Ulrich Krieger, que les plus pointilleux auront remarqué dans Zeitkratzer, avec Merzbow ou avec Jason Kahn (Timelines Los Angeles). Certains mêmes verront que le groupe d’Ulrich Krieger n’est autre que la mouture la plus récente de Text of Light

Mais qu’importe les noms : Fathom est un disque splendide. On connaissait les atmosphères fin de siècle, fin d’empire, voici venue l’heure de l’atmosphère fin de rock / fin de jazz (attention : on ne parle pas ici de post-rock !). Les musiciens éreintés ont déposé leurs instruments à terre. Les instruments à terre vomissent vers le ciel des drones et des larsens. Le saxophone de Krieger crie le plus fort de tous au départ. Le saxophone de Krieger se fait avoir par les variations post-minimalistes des guitares : il succombe. Une suite de mini-tonnerres ayant fait changer de ton le saxophone, la pièce en est devenue hallucinante. Fathom est une composition d’Ulrich Krieger. Voilà qui explique tout. Voilà qui change tout !

Ulrich Krieger : Fathom (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2005. Edition : 2010.
CD : 01/ Fathom
Pierre Cécile © Le son du grisli


Anthony Braxton, John McDonough : 6 Duos (Wesleyan) 2006 (Nessa, 2010)

6slisSon rapport au vaste territoire braxtonien, John McDonough l’explique en quelques lignes : découverte au son de The Montreux/Berlin Concerts ; désertion immédiate ; retour progressif pour avoir emprunté quelques parcelles avoisinantes (lots Coleman et Dolphy) ; hommage enfin lorsque lui vient l’idée de s’attaquer à la Composition 103 du maître en compagnie de six autres trompettes, dont celle de Taylor Ho Bynum. Touché par l’attention, Braxton proposera à McDonough de s’essayer au duo : l’expérience date de 2006.

Sagement, McDonough refuse toute option rivale avec autant de force qu’il s’oblige à ne pas verser dans la déférence stérile : mieux encore, il décline la possibilité de trouver à dire à mi-chemin de l’une et de l’autre. Le secret du trompettiste est sans doute d’avoir su profiter de l’honneur qui lui a été fait pour ne pas s’en être seulement contenté : le temps de rendre trois compositions personnelles (Finish Line, Massive Breath Attack et Schizoid), Composition 168 de Braxton, Hail to the Spirit of Liberty de John Philip Sousa et enfin une grande improvisation, le trompettiste emboîte le pas à son partenaire : progresse avec autant de mesure que lui, et puis rend à l’unisson, accompagne en sourdine, encourage en dévot ou ponctue en fantaisiste.

A un Braxton volubile à l’alto, fécond et astucieux aux soprano et sopranino, McDonough répond au son de lignes longues et appropriées, de combinaisons sonores plus simples mais adéquates toujours, d’odes expressives renfrognées et de laisser-aller émancipateurs – dont profite beaucoup la marche de Sousa. Jusqu’au dernier souffle – exténuation faite possibilités musicales sur Massive Breath Attack –, John McDonough convainc qu’il n’est pas seulement venu allonger la liste longue des partenaires d’Anthony Braxton. En admirateur redevable mais non soupirant autant qu’en instrumentiste capable mais sans intention de chicaner, il a en effet réussi à gagner statut à part, supérieur.

Anthony Braxton, John McDonough : 6 Duos (Wesleyan) 2006 (Nessa / Instant Jazz)
Enregistrement : 2011. Edition : 2010 (selon le livret) / 2011 (selon le CD).
CD : 01/ Finish Line 02/ Improvisation 03/ Hail to the Spirit of Liberty 04/ Massive Breath Attack 05/ Composition 168 + (103) 06/ Schizoid
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Bledsoe, Lapin, Poore, Schubert, Turner : Seek It Not With Your Eyes (Red Toucan, 2010)

seekitgrisliDe cette première excursion hors Russie, Alexey Lapin aura retenu que l’invitation est bonne conseillère. Ainsi en cette soirée du 18 juin 2009 au Loft de Cologne, le trio Alexey Lapin-Melvyn Poore-Matthias Schubert devint quartet avec le rajout du percussionniste Roger Turner puis quintet avec la venue de la flûtiste Helen Bledsoe.

L’improvisation qui fut entendue ce soir-là n’est pas de celles qui ne retiennent que passages en force et zapping musclé mais, au contraire, contient et suspend tension, déchirement et prémonition. Soit creuser et forer la colère rauque d’un saxophone ténor, l’amertume d’un tuba, les nervures perlées d’une cymbale frissonnante et les fluides théorèmes d’un pianiste que l’on imagine, heureux, d’être à l’origine d’un tel festin.

Et quand le possible prend forme, borner l’espace pour mettre en orbite Schubert. Puis, plus loin, avec Helen Bledsoe déclencher une nouvelle inquiétude, sourde et mortifère, cette fois-ci. Ainsi, de cette bienvenue invitation au partage, un groupe emménage et s’incruste. Durablement, on l’espère.

Helen Bledsoe, Alexey Lapin, Melvyn Poore, Matthias Schubert, Roger Turner : Seek It Not With Your Eyes (Red Toucan / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Per aspera 02/ Can’t Catch the Name 03/ Blur-Fanfare for the Rational Man 04/ Little Ways to Perceive the Invisible 05/ Animated Beings
Luc Bouquet © Le son du grisli

improbouquet

Dans le numéro de février d'Improjazz, Luc Bouquet poursuit sa minutieuse exploration de la discographie de John Coltrane en s'intéressant notamment à la collaboration du saxophoniste avec Eric Dolphy.



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