Le son du grisli

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Charlemagne Palestine : Strumming Music (Sub Rosa, 2010)

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La neige ne tombait plus lorsque le disque est arrivé en bout de piste. Charlemagne Palestine n’avait pas cessé de crier qu’il était le découvreur de la Strumming Music, qu’il était même la Strumming Music à lui tout seul.

C’est d’abord la réédition d’une musique répétitive pour piano solo ; une musique sportive, anti-cadence (on perd souvent le rythme quand Palestine s’accroche aux branches), intense, enthousiasmante, brouillonne. Mais ses brouillons valent autant que beaucoup de compositions sur partitions. Après le piano, c’est aussi de l’inédit avec une Strumming Music pour clavecin et une autre pour cordes. L’archet d’un violon va et vient sur une note en jouant de l’intensité de son attaque, donc du volume. Avec le violon, je suis allé et venu ; avec le clavecin, j’ai plus tôt parcouru des contrées sonores comme le passager d’un train miniature voit défiler de nouveaux paysages alors qu’il passe et repasse entre les mêmes arbres et gares en plastique. La neige avait cessé de tomber lorsque le disque est arrivé en bout de piste. Mais tout était à présent sous la neige.

Charlemagne Palestine : Strumming Music for piano, Harpsichord and Strings Ensemble (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
3 CD : Strumming for Bosendorfer Piano / Strumming for Harpsichord / Strumming for Strings Ensemble
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Voix Expéditives : Guylaine Cosseron, Savina Yannatou, Barry Guy, Keith Tippet, Julie Tippett, Antoine Beuger

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Guylaine Cosseron : Avant les mots (Petit Label, 2010). Si le titre de ce recueil vocal solo inquiète quelque peu (orientant d’emblée l’audition et faisant se profiler les tutélaires Schwitters, Minton ou Ghérasim Luca – ce dernier, moins inarticuleur qu’explorateur « après les mots »), l’a priori s’efface à l’écoute de ses dix miniatures (que leur brièveté, pour la plupart, sauve) : le théâtral n’est que frôlé et l’organique parfois utilement poussé au-delà des diphonies et autres laryngomintoneries, vers le pur bruit, quasi synthétique. (gt)

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Savina Yannatou, Barry Guy : Attikos (Maya, 2010). Enregistré au Bimhuis en mai dernier, cet intéressant duo de la chanteuse grecque – qu’on connaît chez ECM – et d’un Barry Guy (contrebasse) respirable fait soigneusement alterner les modes de jeu et les ambiances, les pièces improvisées et les morceaux concertés (traditionnels arrangés ou compositions personnelles) : ainsi songe-t-on tantôt à Lauren Newton & Joëlle Léandre, tantôt presque à Angélique Ionatos & Renaud Garcia-Fons… sans aller jusqu’au Journal Violone II de Barre Phillips néanmoins. (gt)

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Couple in Spirit (Keith & Julie Tippett) : Live at the Purcell Room (Ogun, 2010). Ce disque m’a proprement soigné de la tentation cynique de railler la symbiotique béatitude du « couple in spirit » – pour reprendre le nom sous lequel Keith (piano + accessoires divers) et Julie (voix + petites percussions) Tippett apparaissent en tant que duo, depuis quelques décennies. Tous deux déploient, dans ce troisième témoignage phonographique de leur collaboration, gravé en novembre 2008, une pièce unique – avec ses méandres – et sereinement architecturée : en action, un prenant travail de tisserands ! (gt)

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Antoine Beuger : Keine Fernen Mehr (Edition Wandelweiser, 2010)
Deux disques de sifflements. Low volume required : des notes sifflées qui retiennent votre attention, comme si un autre que vous-même vous sifflait en tête. Antoine Beuger, que l'on a entendu avec Radu Malfatti, siffle longtemps et la pollution sonore ou le dérangement mélodique qu’il cause est formidable à entendre. (hc)

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Looper : Dying Sun (Another Timbre + Cathnor, 2010)

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Quand bien même, en filigrane, la couverture de Dying Sun laisse deviner un arbre ; quand bien même la première des trois pièces d'improvisation que le disque renferme est d'appellation astronomique. Ce soleil épuisé au lit duquel se sont portés Martin Küchen, Nikos Veliotis et Ingar Zach en serait un capable seulement de lueurs tombantes, et qui peinent à atteindre les grandes profondeurs. L'association – l'enjeu le nécessitait – est d'exception, qui s'était déjà inquiété d'ombres et de couleurs pâles à déformer à Oslo et Stävanger en compagnie de John Tilbury (sur le film qu'est Mass, ces tableaux en mouvement lent rappellent Grosz, Bacon, Freud ou encore les portraits du Fayoum) et compose sous le nom de Looper.

Hostilités muettes, déliquescence des atermoiements, motifs insidieux agissant en toutes discrétions, en discrétions sur lesquelles le trio s'accorde pour la troisième fois sur disque. Soleil épuisé, donc, mais qui n'en mourra pas parce que le monde en décomposition qu'il encercle a malgré tout trouvé en lui sa source d'inspiration, de régénération voire. Ainsi : toujours, le temps sera marqué (régularité de la prospection de Zach) même lorsque l'auditeur, étourdi, en aura perdu la notion ; toujours, l'étagement horizontal se chargera d'ajouter une couche différente aux reliefs déjà irréguliers (baryton facteur de drones) ; de plus en plus, la distance parcourue laissera à une faune douée de bioluminescence le luxe des lumières (l'archet répertoriant le bruit d'espèces aussi rares que sont enfouis les territoires qu'elles arpentent).

Quant au trio d'humains en présence : les clefs de Küchen trahissent la mécanique nécessaire à l'exploration, l'archet soumis à gravité de Veliotis se résout à l'appel du « vide » des contre-reliefs, jusqu'à ce que les cymbales de Zach commandent le retour à la surface. Progressif, celui-ci, et qu'il faut bien concéder pour constater les formidables découvertes de l'expérience, dont la plainte spasmodique du dragon des abysses est peut-être la pièce de choix.

Looper : Dying Sun (Another Timer + Cathnor / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2010. 
CD : 01/ Grand Redshift 02/ Hazy Dawn 03/ Near Eternity
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Lee Konitz, Chris Cheek, Stéphane Furic Leibovici : Jugendstil II (ESP, 2010)

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En ouverture, les alléchants contrepoints – contre-chants de l’école Konitz-Marsh-Tristano. Juste le dialogue ambré d’un ténor (Chris Cheek) et d’un alto (Lee Konitz), tous deux délestés de la performance. Rien à départager, tout à partager. Le tout sous les doigts attentifs de l’enveloppante contrebasse de Stéphane Furic Leibovici. Rien d’inutile chez eux, juste l’obligation de dire les choses essentielles : l’entente, l’abandon, l’écoute, la proximité, la confiance.

Et ainsi, plage après plage, et après que vibraphone, flûte, harpe, célesta et clarinette eussent embelli une musique de l’offrande même, nous voici, déjà, en fin de route. En fin de jazz pourrions nous écrire tant tous les codes de la musique ternaire se trouvent ici renouvelés, réinventés. Car une petite chose est passée par là et qui a transfiguré la musique : la douceur. Et la douceur n’est jamais à sous-estimer. Une belle et sobre musique et, indiscutablement, le meilleur enregistrement de Lee Konitz depuis des lustres.

Lee Konitz, Chris Cheek, Stéphane Furic Leibovici : Jugendstil II (ESP / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2005. Edition : 2010.
CD : 01/Odysseus Return Home 02/ Tomorrow I Shall Dance for You 03/ A Music of Tranquillity 04/ Float West on the Slender Current 05/ A l’île de Fressanges 06/ Les mains de Pénélope 07/ Phongsaly 08/ Local Heroes
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Sharif Sehnaoui : Old and New Acoustics (Al Maslakh, 2010)

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Old and New Acoustics, c’est un peu un tour d’horizon que fait Sharif Sehnaoui de sa guitare. En deux temps (le premier morceau dure plus de trente minutes, le deuxième seulement sept), il explore son instrument sans en passer par l’overdubbing et sans retravailler son enregistrement.

Tout est donc là. Tout est offert à l’auditeur. Les notes étouffées comme le branlement sympathique des cordes. La chanson rebondie d’une baguette frappant en cadence, des bribes de rythmes que Sehnaoui agence comme s’il était plus percussionniste que guitariste. Ce qui ne l’empêche pas de l’être encore de temps en temps, guitariste…

Par exemple lorsqu’il invente une mélodie de petit automate ou se concentre sur deux ou trois gimmicks. Ou aussi, comme sur Trane, quand il donne dans un folk bizarre : on pense à la Mongolie, à de grands plateaux où naissent des parasites qui forment de beaux contre-chants. C’est assez rare à entendre et assez beau à voir.

Sharif Sehnaoui : Old and New Acoustics (Al Maslakh / Metamkine)
Enregistrement : 9 juin 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ To Blodly Go Where No Man Has Gone Before 02/ Trane
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Otomo Yoshihide : Bells (Doubt, 2010)

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Dans le même temps qu’il servait son obsession pour Lonely Woman, Otomo Yoshihide prenait la tête du même New Jazz Trio et du même New Jazz Trio augmenté – Sachiko M et Jim O’Rourke – le temps d’investir deux fois Bells d’Albert Ayler.

En quintette : la relecture est fauve, qui compose d’abord avec les agressions des ondes sinusoïdales et les vociférations de la guitare électrique ; la dérive est faite de multiples déviations instrumentales, parmi lesquelles Yoshihide parviendra à glisser les notes arrêtées de l’hymne inspirant. En trio : la guitare électrique désormais sans effets mais déformée par un vibrato obséquieux en appelle à une autre évocation. Qui fera pourtant elle aussi avec la multiplication de bruits que chance et opportunités transporteront autant que le transport roulant de la section rythmique. Dernières inspections des tirants et Yoshihide termine sous l’archet d’Hiroaki. Si la préférence ira à Lonely Woman, ces deux versions de Bells seront conseillées quand même.

Otomo Yoshihide’s New Jazz Trio : Bells (Doubt / Metamkine)
Enregistrement : 5 août 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Bells 02/ Bells
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Otomo Yoshihide : Lonely Woman (Doubt, 2010)

otomo yoshihide lonely woman

C’est une vieille habitude, pour Otomo Yoshihide, que celle de reprendre Lonely Woman. Si Guitar Solo en consigne déjà une version enregistrée en 2004, ce disque-là en assemble six, interprétées seul encore, en New Jazz Trio ou New Jazz Trio augmenté des présences de Sachiko M et Jim O’Rourke.

Le quintette se charge d’ailleurs des première et dernière versions à entendre sur le disque : lente divagation autour du thème d’Ornette Coleman conclue sur rendez-vous d’aigus tenaces ; jeu de miroirs opposant leurs motifs abstraits. Seul, Yoshihide élabore, au son d’une guitare acoustique brisée et plus tard d’une guitare électrique, deux approches de l’œuvre : nonchalante obligée et bruitiste défroquée. En New Jazz Trio promis, il donne avec Mizutani Hiroaki (basse) et Yoshigaki Yasuhiro (batterie) deux autres relectures : digression enlevée de guitare électrique contre versant mélodique où se réfugie la guitare acoustique. Malgré le spectre, pas une fois la redite. Lonely Woman conseillé en conséquence.

Otomo Yoshihide’s New Jazz Trio : Lonely Woman (Doubt / Metamkine)
Enregistrement : 5 août 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Lonely Woman 02/ Lonely Woman 03/ Lonely Woman 04/ Lonely Woman 05/ Lonely Woman 06/ Lonely Woman
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Bill Wells, Stefan Schneider : Pianotapes (Karaoke Kalk, 2010)

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Instrument prestigieux que la frontière ténébreuse entre musiques classiques et populaires a rendu plus que jamais fréquenté, le piano se prête merveilleusement aux expérimentations en sens divers, du silence total (ou presque) de John Cage aux manipulations bricolées d’Hauschka, sans oublier le néo-classicisme classieux de Max Richter et le minimalisme fertile de Sylvain Chauveau.

Joué telle une musique de chambre par l’Ecossais Bill Wells (The Pastels, BMX Bandits, Isobel Campbell), le clavier bien tempéré de Pianotapes est confronté au traitement de l’Allemand Stefan Schneider, qui enregistre le Bechstein sur deux vieux enregistreurs à bandes magnétiques, pour ensuite les rejouer à des vitesses différentes. Au-delà du concept, qui évoque également William Basinski, la musicalité de l’œuvre est déroutante. D’une très clarté sonore, superbement enregistré, le disque demeure toutefois d’un embrigadement solitaire. Tout en défiant les structures tonales par ses micro-mélodies dont on perd rapidement le fil, la vision développée par le duo peine à marquer durablement sa cohérence, dans l’espace et dans le temps. Bon, tant pis.

Bill Wells, Stefan Schneider : Pianotapes (Karaoke Kalk)
Edition : 2010.
CD : 01/ Pntps 7 02/ Pntps 4 03/ Pntps 112 04/ Pntps 88 05/ Pntps 3 06/ Pntps 8 07/ Pntps 5 08/ Pntps 6
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Marion Brown : Juba-Lee (Fontana, 1966)

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Soyons clairs : Juba-Lee est l’une des précieuses pépites de la free music. Jamais vraiment rééditée. Une obscure réédition japonaise à la toute fin des années quatre-vingt et, depuis, plus rien.

Juba-Lee, ce n’est pas un disque enregistré à la va-vite et où l’on rémunère les musiciens à coup de substances illicites (ça peut donner de belles choses, toutefois). Juba-Lee, c’est un disque de feu intérieur, un disque qui pense l’ailleurs. C’est un disque qui ne veut plus des dissonances faciles. C’est un disque qui sait d’où il vient (le jazz sans le blues, les musiques contemporaines) et qui sait jusqu’où il pourrait essaimer.

Il y a Marion Brown et son alto éclaté. Son souffle est un souffle de saccades et de douces lacérations. Encore plus qu’auparavant (les disques ESP), il en appelle au rassemblement des troupes. L’avenir nous dira que peu l’entendirent. Il y a Bennie Maupin (vif, convulsif et à fleur de peau), Reggie Johnson (rond et délié), Beaver Harris (clair comme l’eau de roche, sobre et intense aux balais), Dave Burrell (conquérant et partisan : un convoi d’inquiétudes et de mystères jamais complètement résolu). Il y a aussi – et surtout – Alan Shorter et son bugle grave, profond, hypnotique. Entre silences et percées foudroyantes, il naviguait, alors, trop souvent en solitaire. Son souffle déblayait bien des idées reçues. Et si peu de monde pour s’en apercevoir. Oui, une pépite à rééditer d’urgence.

Marion Brown : Juba-Lee (Fontana)
Enregistrement : 1966.
CD : 01/ 512 e 12 02/ The Visitor 03/ Juba-Lee 04/ Iditus
Luc Bouquet © le son du grisli

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Rob Brown, Daniel Levin, Anthony Braxton, Mikolaj Trzaska, Vanessa Rossetto, Jean-Luc Guionnet, Didier Lasserre...

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Rob Brown, Daniel Levin : Natural Disorder (Not Two, 2010)
Deux attitudes président à cette nouvelle rencontre Rob Brown (saxophone alto) / Daniel Levin (violoncelle), datée de novembre 2008. La première les incite à se laisser aller au gré d’une tendresse leur inspirant le minimum (On the Balance, Skywriting) ; la seconde les force à se mesurer avec un à-propos plus convaincant (Put Up of Shut Up, Setting Off, Briar Patch). La seconde attitude l’emportant sur la première, l’écoute de Natural Disorder y gagne en conséquence – retour notamment à Setting Off, sur lequel Levin sape toutes intentions mélodiques de Brown à coups d’archet salvateur.

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Paul Hubweber, Philip Zoubek: Archiduc Concert : Dansaert Variations (Emanem, 2010)
Le premier au trombone le second au piano préparé : Paul Hubweber et Philip Zoubek enregistrés à L'Archiduc (Bruxelles) le 2 novembre 2007. Soutenant d’abord les longues notes d’Hubweber, Zoubek le rejoint sur le front et clame à son tour : riche, le vocabulaire qu’il découvre à l’intérieur de son instrument. Le langage est alors fait de trouvailles ravissantes, d’amusantes réactions aux sources sonores extérieures et de longueurs inévitables (conclusion basse de Plafond).

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Anthony Braxton, Anne Rhodes : GTM (Synthax) 2003 (Leo, 2010)
En 2003, Anthony Braxton extirpa de son Large Ensemble la chanteuse Anne Rhodes pour enregistrer avec elle GTM (Synthax) 2003. Les deux Compositions (339 et 340) nées de la rencontre diffèrent par leurs principes et leurs qualités. Ainsi, la première s’avère stérile pour mélanger chant, électronique et saxophones, avec une confiance qui empêche que l’on se pose des questions sur la teneur de l’amalgame, tandis que la seconde se donne des airs de danse frivole impliquant les musiciens davantage sans qu’ils parviennent à convaincre pour autant.

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Tomasz Szwelnik, Mikolaj Trzaska : Don’t Leave Us Home Alone (Kilogram, 2010)
Pas moins de 19 pièces au programme de Don’t Leave Us Alone de Tomasz Szwelnik (piano preparé) et Mikolaj Trzaska (saxophone alto, clarinette basse). La supplique fait effet, alors on force l’écoute de folies distinctives, ici dans l’attente d’une réaction de la part de l’autre, là dans la surenchère expressionniste (Smoke Was Gathering Under the Eyelids en écoute ci-contre), ailleurs encore dans l’élaboration d’atmosphères ombreuses. A la clarinette, Trzaska emmène l’exercice avec une autorité qui transforme à chaque fois l’échange improvisé en dialogue supérieur (Strokind A Dragon’s Muzzle).

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Hwaet : Hwaet (Abrash / Music Appreciation, 2010)
Nouvel élément de l’œuvre hétéroclite de Vanessa Rossetto : rétrospective d’enregistrements réalisés depuis 2007 avec Steven Flato sous le nom de Hwaet. De compositions en improvisations, le duo confectionne en amateurs éclairés des combinaisons de bruits divers (parasites radio, souffles, field recordings, larsens, etc.). Parfois fragile, l’ensemble peut libérer de beaux airs de musique inquiète qui doivent beaucoup au violon espiègle de Rossetto ou au mauvais sort que l’on réserve à l’intervention des voix humaines.

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Didier Lasserre, Jean-Luc Guionnet : Out Suite (Entre deux points, 2010)
En formations différemment inspirées par le jazz (Snus et Nuts pour le premier, Return of the New Thing et The Ames Room pour le second), Didier Lasserre et Jean-Luc Guionnet avaient déjà fait de belles choses de leur intérêt pour les virulences. En duo, les voici se mesurant une poignée de minutes durant. Ici, la verve est égale pour ne pas dire habituelle, et la curiosité tient des deux méthodes de conciliation mises en place, efficientes : batterie stimulant d’abord l’implacable jeu d’alto ; même batterie amortissant ensuite toutes rafales jlg sur peaux apaisantes.

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