Le son du grisli

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Archives des interviews du son du grisli

Cornelius Cardew : The Great Learning (Bolt, 2010)

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Inspiré par la lecture de La Grande Etude de Confucius, Cornelius Cardew écrivit une partition que Nima Gousheh et James Bull conduisirent il y a peu de temps encore à Wigry, en Pologne. Ils dirigèrent un orchestre constitué pour une bonne part d’amateurs. Comme The Great Learning est une œuvre très ambitieuse, elle tient en 4 CD et un livret qui reproduit des morceaux de la partition.

Il fallut à Gousheh et Bull diriger des chanteurs prêts à être noyés dans la masse. Plus encore peut-être, des chanteurs capables de se poser une grande question : quelle est donc ma place d’individu dans un chœur d’intervenants disparates dont le seul dénominateur commun est une « simple » partition ? Afin de les aider, Cardew découpa sa composition en sept paragraphes (ce qui fait ici deux paragraphes par CD, excepté pour le troisième, entièrement consacré au paragraphe 5).

Ces paragraphes sont des éléments porteurs de la composition, tout comme le bourdon des orgues.  Dans ce Grand Tout s’immiscent des lectures du texte (en Anglais) et des chants libres – on trouve-là tout le charme des utopies sixties : la collectivité promettant les libertés individuelles, l’expression d’un seul homme adoptée tout à coup par plusieurs…

C’est pourquoi cette œuvre de Cardew n’arrête pas de changer de forme. Elle peut se rapprocher du folk ou faire penser à une Symphonie d’un Penderecki qui aurait adhéré à Fluxus (car si le drame s’empare du théâtre sonore de cette interprétation, il finit toujours par exploser tel un ballon de baudruche). Sorties de leur récitation, les voix s’interpellent, pétaradent et s’affrontent. Les hommes jettent des objets à terre, les femmes les supplient et les convainquent du bienfait du repos.  C’est ainsi que se termine The Great Learning : la polyphonie célébre la quiétude retrouvée.

EN ECOUTE >>> Paragraph 2 >>> Paragraph 4 >>> Paragraph 5

Cornelius Cardew : The Great Learning (Bolt / Metamkine)
Enregistrement : 18-24 juillet 2010. Edition : 2011.
CD1 : 01/ Paragraph 1 02/ Paragraph 2 – CD2 : 01/ Paragraph 3 02/ Paragraph 4 – CD3 : 01/ Paragraph 5  - CD4 : 01/ Paragraph 6 02/ Paragraph 7
Héctor Cabrero © Le son du grisli



RED Trio, John Butcher : Empire (NoBusiness, 2011)

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Il faut bien avouer que ce RED Trio augmenté de John Butcher n’est plus tout à fait le RED Trio. La rencontre, qui date d’avril 2010, a transformé la chose : c’était le moins que l’on pouvait attendre de la présence de Butcher sur cet Empire que publie ces jours-ci NoBusiness.

La « chose » en question peinait – appréciation personnelle et, notons-le, différente de celle de Luc (ce qui peut arriver, foi d’Attraction terrestre !) – à convaincre vraiment l’année dernière sur Clean Feed. En Butcher, Rodrigo Pinheiro (piano), Hernani Faustino (contrebasse) et Gabriel Ferrandini (batterie), ont trouvé un partenaire-mentor. Au ténor puis au soprano, celui-ci fomente des salves tremblantes qui manquent aux trois hommes quand elles ont déserté le champ musical – et ce, malgré l’habileté de Faustino.

Mais à quatre, les musiciens vont de balancement charriant des plaintes répétitives en atmosphères épaisses qui ne cessent de se développer en attirant à elles les volte-face du soprano ou les répétitions affolées (et bien plus convaincantes sur le morceau-titre) de Pinheiro. Comprendre alors que John Butcher évolue tel un oiseau en cage : mais un oiseau de feu qui cogne et emporte toutes structures enfin. Le RED Trio s’en remettra-t-il ?

EN ECOUTE >>> Sustained

RED Trio, John Butcher : Empire (NoBusiness)
Enregistrement : 6 avril 2010. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Sustained 02/ Pachyderm 03/ Empire
Guillaume Belhomme © le son du grisli


Emilie Lesbros : Attraction terrestre (IOT, 2011)

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C’est le premier disque solo d’Emilie Lesbros.
Il y a un parcours riche de rencontres (Barre Phillips, Daunik Lazro, Raymond Boni, Hélène Breschand) et de thématiques approchées (le chant classique, le rock, l’improvisation). Il y a une voix claire et sobre, des blues cachés, des heures rouges et bleues. Il y a les voix des aînées (Catherine Jauniaux, Iva Bittova, Meredith Monk) ; celles qu’il serait assassin de ne pas citer. Il y a des éclairs et des habiletés, des sombres inquiétudes et des éclaircies saisissantes.  Il y a des fausses fragilités et le risque du premier CD carte de visite. Il y a des sphères gangrénées d’un fiel enfoui et jamais totalement impulsé. Il y a des vents et des ocres. Il y a des violons et des pianos entrant en résonnance avec le chant sans ombre d’Emilie Lesbros. Il y a, à l’arrivée, un disque qui enchante.
C’est le premier disque d’Emilie Lesbros et ce disque lui ressemble totalement. Entièrement.

Emilie Lesbros : Attraction terrestre (DFragment / Amazon)
Edition : 2011.
CD : 01/ Dla ciebie 02/ Brushing Your Hair 03/ Clapotains 04/ In’citation’ 05/ Berce Mozart 06/ Emptiness 07/ Attraction terrestre 08/ Stop Singing 09/ Dormez-vous ? 10/ Time Flies 11/ 1979 12/ Des avions sur nos têtes
Luc Bouquet © Le son du grisli


Sei Miguel, Pedro Gomes : Turbina Anthem (NoBusiness, 2011)

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Turbina Anthem, c'est une trompette de poche et des guitares. Ce sont surtout Sei Miguel et Pedro Gomes qui réduisent la musique au silence et, ensuite, augmentent le silence en musique.

Le trompettiste et le guitariste semblent souvent ne pas aller dans la même direction. Le premier pose une note et le second prend la tangente. Que la guitare soit électrique et sous effets ou qu’elle soit folk, Miguel réagit de la même façon. Il attrape une sourdine et débite un post-cool qui calme les algarades.

Turbina Anthem n’en est pas moins pour autant un disque audacieux. Et véloce en plus de ça… Un disque de musique zen qui de temps en temps troque sa sérénité pour une rage de vivre bien plus urgente. Voilà donc un bel hymne.

EN ECOUTE >>> The Pale Star I >>> The Pale Star II

Sei Miguel, Pedro Gomes : Turbina Anthem (NoBusiness)
CD / LP : 01/ The Pale Star I, Manha da noite 02/ Spoon 03/ Two Faces : O Deus-Martelo 04/ Ascent 05/ The Pale Star II, Cânone 06/ African Raincoat 07/ primeira Cançao 08/ Blue Blade Raga Rag 09/ The Pale Star III, Imaginary Grass 10/ Bright Star Anyway 11/ The Pale Star IV, Das Cinzas 12/ Jura 13/ Segunda Cançao 14/ The Pale Star V, Firmamento
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Evan Parker, Matthew Wright : Trance Map (Psi, 2011) / Parker, Mori, Laswell, Nauseef : Near Nadir (Tzadik, 2011)

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Alors que DJ Sniff donnait sur EP sa relecture d’une sélection de 33 tours signés Evan Parker, Matthew Wright modèle, sur Trance Map, le discours du même saxophoniste, mais en sa présence.

Au soprano et en usant de sa collection personnelle de samples, Parker agit donc ici. A ses côtés, Wright s’agite à l’échantillonneur et aux platines le temps d’une grande pièce d’improvisation que l’on découpera en quatre pour plus de convenance d’écoute – le deuxième temps verra aussi Toma Gouband intervenir au lithophone, percussion de pierres sonnantes.

Si quelques-uns des travaux d’électroacoustique de Parker se sont avérés confus, voire décevants, il faut dire la réussite qu’est Trance Map. Abandonné à l’improvisation, ne comptant que sur la surprise, le soprano tremble là d’euphorie, travesti en flûte multiple invente ici un chant diaphane, progresse ailleurs augmenté de machettes dans une luxuriante jungle sonore. Wright peut aussi transformer le saxophone en instrument débiteur de signaux électriques ou emmêler ses éléments de langage sur mouvements circulaires. Comme on bat le mil, il confond sa voix avec celle d’Evan Parker, avec idée et endurance, et ce jusqu’à ce que le jour décline, et la chaleur de Trance Map avec.

Evan Parker, Matthew Wright : Trance Map (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Intro 02/ 03/ 04/ Outro
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En 2010, Evan Parker improvisait en compagnie d’Ikue Mori (synthétiseurs), Bill Laswell (basse électrique) et Mark Nauseef (percussions) ce Near Nadir de facture différente. Ici en effet, le soprano ne peut rien pour rattraper l’affaire électroacoustique : les synthétiseurs de Mori y tissent des tapis de naïvetés synthétiques, les cloches et woodblocks récitent un gamelan new age quand les basses de Laswell – qui s’est cependant mille fois montré moins pondéré – finissent d’étouffer les déclamations d’une association vaine.



Benjamin Thigpen : Divide by Zero (Sub Rosa, 2011)

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La noise music de Benjamin Thigpen (dont le disque précédent date de 2004) ne joue d’aucun artifice. C’est pourquoi elle est déroutante et pourquoi Divide by Zero n'en finit pas de surprendre au fil des écoutes.

En faisant référence à Pierre Soulages, peintre qui du noir fait surgir la lumière, Thigpen ménage des percées aveuglantes dans son univers lugubre et glaçant. Comme les écrans défaillants des postes de télévision (celui de la couverture en a explosé !) que l’on trouve dans quantité de films d’épouvante, la musique électroacoustique de Thigpen crache des menaces et vomit des fantômes. La réception est le plus souvent mauvaise. Des bips annoncent qu’un danger se prépare. Des oiseaux affolés s’enfuient en poussant des cris que vous n'oublierez plus jamais.

Chaque dérapage est capable de mettre le feu aux poudres. Mais tous ne le font pas, pour la simple raison que la musique de Benjamin Thigpen ne se joue pas tant dans l’explosion que dans le confinement d’une antimatière bien plus néfaste pour l’entendement. Ce sont des efforts que Thigpen fait pour la contenir que naissent bien de pures merveilles!

Benjamin Thigpen : Divide by Zero (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2003-2007. Edition : 2011.
CD : 01/ Incandescence 02/ Malfunction 30931 03/ Espoir 04/ Brief Candle 05/ 0.95652173913
Pierre Cécile © Le son du grisli


Samuel Blaser : Consort in Motion (Kind of Blue, 2011)

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Tout peut être jazzifié. Tout doit-il l’être ? Encore qu’ici le terme de jazzification ne soit pas particulièrement adapté. Disons : libres digressions sur Monteverdi, Marini et autres compositeurs de la Renaissance et du début du baroque italien. Voilà pour le cadre.

Passons à la musique. Les arias n’en sont plus. Les mélodies perdent de leur horizontalité pour s’allonger jusqu’à l’extrême.  La basse n’est jamais continue mais fureteuse, chercheuse. Discrète aussi. Trop, sans doute. La nonchalance guette, la mélancolie se frôle mais la magie opère toujours. Pensez : Paul Bley et Paul Motian réunis à nouveau. Comme hier : ce dialogue de belle distance, ces espaces qui s’ouvrent et qui installent l’idée que la partage, avec ces deux-là, n’est jamais illusion. Bien sûr, c’est ici Russ Lossing qui officie et non Paul Bley mais le mimétisme est tel entre les deux hommes que ça en devient troublant. Quant au leader, tendrement loquace et faussement détaché, il insuffle vie et grâce à un enregistrement souvent passionnant.

Samuel Blaser : Consort in Motion (Kind of Blue / Amazon)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.  
CD : 01/ Lamento della Ninfa 02/ Reflections on piagn’e sospira 03/ Reflections on toccata 04/ Passacaglia 05/ Ritornello 06/ Si dolce è l’tormento 07/ Balletto secondo – Retirata 08/ Reflections on vespa della Beata Vergine 09/ Ritornello 10/ Il ritorno d’Ulisse in patria
Luc Bouquet © le son du grisli


Cecil Taylor : Garden (Hat Hut, 1981)

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Ce texte est extrait du premier volume de fanzines Free Fight. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

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Des disques à vous faire relever la nuit, Cecil Taylor en a enregistré une poignée. Vous vous levez donc Garden en tête – par exemple –, parce qu’une note de ce concert solo semble vous avoir échappé en rêve. L’index de couverture avait pourtant prévenu : l’enregistrement aurait-il demandé davantage d’attention encore ? A une heure indue, la réécoute : Bâle, la nuit ; Bâle, le 16 novembre 1981 – huit jours plus tôt, l’Unit de Taylor (présences de Jimmy Lyons, William Parker et Rashid Bakr) donnait un concert à Fribourg (The Eighth). Garden : Calling It The 16th?

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Une note, disait-on, une note s’est échappée, et pas seulement en rêve. Bien, mais laquelle ? N’est-ce pas plutôt toutes ? Toutes les notes que Cecil Taylor a, un jour ou l’autre, distribuées seul n’échappent-elles pas à tout entendement ? En Garden, donc : le pianiste gagne son instrument en donnant de la voix : poésie personnelle virgules et points liés à un théâtre d’ombres dont on trouve un autre exemple reproduit sur la couverture du disque : texte ample mais cursif et aéré dont tous sens vous échappent aussi. Ensuite, les premiers accords tombent, ceux d’Elell, pièce à la progression non pas empêchée mais éclatée. De boucles insolentes pour échapper à tout retour à l’identique en développements qui vont d’accords appuyés – peu voire pas de clusters sur Bösendorfer ici – en notes cherchant en illuminées la sortie d’un piano-labyrinthe.

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Ainsi les notes cherchent autant que Cecil Taylor. Elles, cependant, angoissent, s’emportent et finalement s’épuisent. Leurs séductions en appellent au blues, à la musique contemporaine, au minimalisme même ; sans cesse les phrases sont interrompues, un motif à peine naissant est abandonné pour un autre, les mélodies sont à l’emporte-pièce et sont en conséquence plus de sept – peut-être sept fois sept – qui filtrent d’ Elell, Garden II, Garden I + Stepping On Stars, Introduction to Z, Driver Says, Pemmican et Points. Après quoi, Cecil Taylor se paye le luxe d’une conclusion : fantasque, intrépide, impétueuse, en conséquence supérieure.

Composant avec ses sautes d’humeur augmentés d’éléments du chaos ambiant qu’il a capturés, Cecil Taylor distribue des notes qui vous échapperont toujours. Après réécoute, avouer ne pas avoir reconnu la fautive qui a interrompu votre sommeil. Mais l’important est d’être revenu – de cette façon-là ou d’une autre, peu importe – au grand solo de Garden

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Seijiro Murayama, Stéphane Rives : Axiom For The Duration (Potlatch, 2011)

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L’axiome promis par Seijiro Murayama et Stéphane Rives devra naître d’un principe commun et austère. L’échange est endurant qui décide de la rencontre du cercle au contour appuyé (insistance du frotteur) et de lignes qui se tiennent à distance (fugues du sopraniste).

« Butcherisé », Rives décide ainsi de notes longues et finies : ici, une alarme ; là, un sifflement ; ailleurs encore, un léger débordement. Le polissage de Murayama arrange, lui, le mouvement des lignes et ainsi le rythme du tableau : en milieu de parcours, ses effets élèvent même quelques reliefs : légers, qui ne peuvent obstruer l’horizon au bord duquel le soprano passera en transformateurs et sur lequel sauront se fondre la subtilité du percussionniste et la patience du saxophoniste. C’est aussi là que le duo trouvera l’équilibre qui lui convient ; là qu’il décidera donc de conclure.

Seijiro Murayama, Stéphane Rives : Axiom for the Duration (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 5 et 6 mai 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ One Piece
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Seijiro Murayama, Jean-Luc Guionnet : Window Dressing (Potlatch, 2011)

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La publication simultanée, sous l'excellente étiquette Potlatch, de deux enregistrements associant l'ahurissant percussionniste Seijiro Murayama d'une part à Stéphane Rives (saxophone soprano – Axiom For The Duration) et d'autre part à Jean-Luc Guionnet (saxophone alto), offre bien sûr le plaisir de mesurer, si ce n'est de comparer, les esthétiques à l'œuvre et les traits distinctifs des formations en question – le continu & le discontinu, le frotter & le frapper, le temps & la durée.

C'est pourtant au seul duo (« débarrassé » des Chamy ou Mattin auxquels il est parfois associé à la scène) avec l'altiste que je souhaite m'en tenir ici, car j'attendais tout particulièrement ce disque depuis Le bruit du toit (2007, label Xing Wu) ; si celui-ci avait été saisi dans un temple japonais, la moitié du présent témoignage a été captée à la radio slovène en juin 2010, et l'autre partie très finement gravée par Éric La Casa en décembre cette même année.

La formidable tension qui nimbe les échanges – ou peut-être faudrait-il parler d'interventions, d'interjections – de Guionnet (dans la gorge, dans les dents) et Murayama (par matières primordiales), mieux qu'une crispation, établit les polarités électriques nécessaires à l'érection des pierres (alignées ou en tumulus), à la projection des graviers : cartons perforés, ciel retroué. La raréfaction des gestes sonores ne confère pas à ces derniers la moindre dramatisation solennelle ; simples faits, dans leur hiératisme, leur manière de modestie et leur sobre poésie verticale.

Seijiro Murayama, Jean-Luc Guionnet : Window Dressing (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 30 juin 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Procédé 02/ Processus 03/ Procession 04/ Procès
Guillaume Tarche © Le son du grisli



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