Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Technical Drawings : The Ruïned Map (Gagarin, 2011)

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A l’heure où le magnifique Hauschka réconcilie le piano préparé et la techno (le RifRaf de mai en faisait tout l’éloge), un second grand disque de l’instrument favori de Charlemagne Palestine vient déposer la cerise sur le gâteau mouvant de notre époque. Œuvre du duo Melissa St Pierre / Jesse Stiles, alias Technical Drawings, The Ruïned Map dépote incroyablement la dub – et punaise du feu de Dieu, qu’est-ce que ça déménage des écoutilles !

Présentée d’ailleurs comme de la dub concrète, terme qui lui sied bien malgré son côté réducteur, la manière (forte) de la paire américaine évolue en une multitude de courants. A priori contradictoires, voire incongrus ensemble, les ingrédients de leur musique s’imposent très vite dans leur évidence rythmique – on le répète, ça secoue les pucerons. Intégrant un gamelan à des sensations qui vont du hip hop au krautrock, nomdidju que c’est bon, les artistes de la Big Apple gardent pour fil conducteur les modifications apportées au piano – qui est ici électrique.

Renforcé sur un seul titre (Strange Flora) par le poète rappeur Todd Jones – dont le flow prend, à la limite, trop de place – le disque poursuit durant ses huit titres ses étonnantes déclinaisons épicées sans nul autre besoin d’artifice. Vous cherchiez la synthèse entre Steve Reich et Autechre ou, alternativement, entre Kraftwerk et John Cage ? Plus besoin de fouiller, la voici.

Technical Drawings : The Ruined Map (Gagarin Records)
Edition : 2011
CD : 1/ Marching Band 2/ Underwater 3/ Issue Project Redux 4/ Strange Flora 5/ Skullfloor 6/ Interminable Spectral Mountains 7/ Pacific Coast Highway 8/ In Conclusion
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Louie Belogenis Trio : Tiresias (Porter, 2011)

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Le trio qu’emmène ici Louie Belogenis a été enregistré au printemps 2008. Comme l’avait fait jadis Rings of Saturn (duo avec Rashied Ali), Tiresias permet au saxophoniste d’estimer son entente avec un batteur ayant frayé avec l’une de ses grandes influences : Sunny Murray, cette fois, en présence du contrebassiste Michael Bisio.  

Si l’identité de Belogenis s’est sensiblement affranchie de l’écoute de Coltrane et d’Ayler, Tiresias est, de son aveu même, une évocation du Spiritual Unity – augmentée d’une reprise concentrée d’Alabama. Dès l’ouverture, le ténor drague et ramène à la surface des fragments lourds de sens qui, mis bout à bout, composent un exercice de style inventif. L’art de dériver ensemble qu’ont Belogenis, Bisio et Murray, profite de la nonchalance inquiète du premier, des obsessions désemparées du second et des décalages hors-cadre du troisième. Trois personnalités qui se disputent le commandement des écarts pour mieux élaborer de concert un free dont la nostalgie se délite en faveur d’une verve autrement moderne.

EN ECOUTE >>> Blind Prophecy

Louie Belogenis : Tiresias (Porter / Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 mai 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ When Darkness Fell 02/ Blind Prophecy 03/ Divination 04/ Tiresias 05/ Alabama 06/ Seven Lines
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Foton Quartet : Zomo Hall (Not Two, 2010)

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Reconnaissons et louons l’errance du Foton Quartet. Cette errance qui nous semble venir en droite ligne de Bill Dixon bénéficie d’une trompette et d’un saxophone ténor en totale correspondance. En solitaires ou escaladant quelques pics périlleux, s’unissant et se séparant sans complexes, les voici aux avant-postes d’une improvisation ne s’émancipant jamais totalement d’un clair-obscur lancinant.

L’un (Gerard Lebik) tournoie, réitère et durcit le trait sans s’abandonner à une possible (souhaitée ?) échappée convulsive. L’autre (Artur Majewski) le suit et anime parfois une nervosité libératrice. Au second plan, contrebassiste (Jakub Cywinski) et batteur (Vojciech Romanowski) se contentent d’entretenir la matière. Lanternant, ne sachant ni trop que faire ni comment se dégager d’un rythme impulsé par les souffleurs, leur paysage n’aborde que trop peu de récifs. Devons-nous le regretter ?

Gerard Lebik, Artur Majewski (Foton Quartet) : Zomo Hall (Not Two Records / Instant Jazz)
Enregistrement : 2007 & 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Track 1 02/ Track 2 03/ Track 3 04/ Track 4 05/ Track 5 06/ Track 6
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Patty Waters : Sings (ESP, 1966)

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Ce texte est extrait du premier des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Malgré une discographie squelettique, Patty Waters est devenue une figure légendaire, statut renforcé par le caractère sporadique de ses apparitions et le peu d’informations biographiques qu’elle a laissé filtrer. On sait qu’elle a grandi dans l’Iowa puis n’a cessé de déménager : à Denver d’abord, où elle a découvert Billie Holiday, Nancy Wilson et Anita O’Day qui irrigueront le registre classique de son chant ; à Los Angeles, puis San Francisco ensuite, où en 1963 elle rencontre Lenny Bruce ; et à New York, en 1964, où elle chante aux côtés de Bill Evans, Charles Mingus, Jaki Byard, Ben Webster, avant qu’Albert Ayler ne la découvre et présente à Bernard Stollman, patron du jeune label ESP chez qui, colporte la rumeur, l’on enregistre les plus obscurs novateurs. 

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C’est là que sortent les mythiques Sings et College Tour. Dès le premier, la dichotomie qu’elle n’aura de cesse de sublimer est évidente. Thurston Moore, du groupe Sonic Youth, a son idée sur le sujet : « De mettre son timbre reconnaissable entre mille, et légèrement voilé, au service de standards réinventés, ne l’empêche pas, par ailleurs, de larguer les amarres dans de folles envolées libertaires où le chant se fait cri, avec la même conviction, au point que le contraste entre ces deux composantes de son style soit saisissant. »  Effectivement, sur Sings, la première face est consacrée à de déchirantes histoires derrière lesquelles on croit deviner des éléments autobiographiques qu’elle accompagne au piano. Ces histoires sont incarnées par une voix fragile dont on n’est pas étonné qu’elle ait plu à Miles, tant le ton de la confidence est quasi murmuré et très pur. Patty Waters sait insuffler une tension paraissant s’éteindre dans l’exténuation du souffle, et sa fêlure participe d’un art de la suggestion. 

Sur la seconde face, c’est avec la même émotion qu’elle se lâche dans Black Is The Color Of My True Love’s Hair, portée par le trio de Burton Greene, qui, comme elle, navigue entre plusieurs eaux, entre accords classiques, clusters et réitérations orientalisantes. Les cris perçants de Patty Waters, qui constitueront l’essentiel du live College Tour, influenceront Yoko Ono (dont le premier disque ne sort qu’en 1968), puis Diamanda Galas (dans la conceptualisation d’un cri expressionniste nommé « shrei »). Dans le jazz rares sont celles qui osèrent de telles dissonances : Jeanne Lee, Linda Sharrock, Abbey Lincoln, Annette Peacock.  Après ces deux opus (le second lui permit de croiser Ran Blake, Dave Burrell et Giuseppi Logan), Patty Waters participe en 1968 à un enregistrement du Marzette Watts Ensemble, le temps d’un Lonely Woman de haute volée.

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Ensuite c’est le trou noir. L’absence au jazz – tout comme James Zitro, Giuseppi Logan, Henry Grimes, autres légendes ESP longtemps disparues. Alors qu’elle est encore la compagne du batteur Clifford Jarvis à qui elle dédia un de ses plus beaux morceaux, elle quitte le Lower East Side pour la Californie. Longtemps seuls Steve Swallow et Art Lande auront des nouvelles. Avant qu’elle ne revienne, et que sa voix ne soit plus que cendres. Un groupe de rock indie, Teenage Fanclub, a repris son Moon, Don’t Come Up Tonight et lui a dédié un morceau tout bêtement appelé Patty Waters. Sous le nom de Piero Manzoni, le leader du groupe psychédélique Ghost, Masaki Batoh, a repris Black Is The Color Of My True Love’s Hair, en hommage à Patty Waters justement, qu’il vénère.

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Tatsuya Nakatani, Kaoru Watanabe : Michiyuki (Kobo, 2011)

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Le premier disque du label Kobo, qui présentait Tatsuya Nakatani en duo avec l'aérophoniste Michel Doneda (White Stone Black Lamp), trouve un pendant dans le Michiyuki que le percussionniste a enregistré, à l'automne 2010, avec un autre grand souffleur : le flûtiste (shinobue, noh kan, ryuteki) Kaoru Watanabe.

Si l'ambiance créée par les deux hommes prend d'abord des allures méditatives, il ne faut pas s'y tromper : la musique ne donne pas dans le cliché zen ; elle envoûte plutôt, sans racoler, par une sorte de tension intime et assez communicative. Au fil de ces huit improvisations délicatement contrastées, les résonances que Nakatani sait préserver ne l'empêchent pas de sculpter aussi de véritables vagues d'énergie sur lesquelles Watanabe (par ailleurs spécialiste du tambour taiko) invente ses trajectoires. Passionnant, qu'on adopte une écoute flottante ou plus attentive...

Tatsuya Nakatani, Kaoru Watanabe : Michiyuki (Kobo / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Taikyo 02/ Escapism 03/ Yume 04/ Amaterasu 05/ Kikyuu 06/ Icarus 07/ Michiyuki 08/ Omatsuri
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Eliane Radigue : Transamorem - Transmortem (Important, 2011)

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On a beau avoir connu des drones, ceux d’Eliane Radigue ont toujours quelque chose de surprenant. Ceux de Transamorem - Transmortem remontent à 1973 et sont sortis de synthétiseur ARP. Ils forment des couches d’où sortent des fioritures qui ne surchargent jamais le décor. Au contraire, chaque nouvel arrivant s’y fond en respectant un mécanisme hypnotique qui n’est rien d’autre que la marque de fabrique de Radigue.

Transamorem - Transmortem est à la base une installation sonore « installée » en 1974 dans un des clubs mythiques de la ville de New York : The Kitchen. Se plonger dans cet enregistrement ne va pas jusqu’à nous faire changer d’endroit ni d’époque, mais promet quand même une descente en barque dantesque. Les flots sonores sont calmes d’apparence mais d’apparence seulement. Car qui plonge la main pour goûter le fluide voudra s’y enfouir tout entier : et un fantôme de plus dans la population de Transamorem – Transmortem !

Eliane Radigue : Transamorem – Transmortem (Important / Souffle continu)
Edition : 2011.
CD : 01/ Transamorem - Transmortem
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Craig Hilton, Tomas Phillips : Le goût de néant (Absinth, 2011)

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La référence à Baudelaire est tronquée, mais on pourrait y voir une nuance d’importance : le goût de néant plutôt que le goût du néant. C’est un solo de guzheng enregistré par Craig Hilton (Sans mouvement I) qu’il réécrit trois fois en compagnie de Tomas Phillips – l’un et l’autre musicien agissant alors au laptop.

La pièce acoustique est un paysage à horizons multiples : des trajectoires endurantes y sont amalgamées et révèle un sens inédit du désarroi sonore – inédit et non pas morne, puisque les basses fréquences et les faux drones qu’on y trouve attestent que les techniques étendues, même sur guzheng, ne suffisent plus : elles doivent être étirées désormais.

Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte ! Le fil qui relie ce premier Sans mouvement à ses réinventions est de plus en plus ténu : ainsi Sans mouvement II, à force de manipulations discrètes, répétera à l’envers le chant du premier titre ; Le goût de néant s’imposera en folk minimaliste dont l’atmosphère défaite évoque Terry Riley ou Alexander Balanescu ; Sans Mouvement III sacrifie tout à une mobilité prévenante, aux commandes du bateau ivre dans lequel prendre place, on imagine Morton Feldman : Et le Temps m'engloutit minute par minute.

Cette pièce et ses relectures forment donc ce goût de néant. Qui donne envie d’essayer le poème de Baudelaire en remplaçant chacun des « du » par un « de », et vice-versa. Alors donc on y trouverait acceptable aussi, et même bien davantage : Résigne-toi, mon cœur ; dors ton sommeil du brute.

EXTRAIT >>> Sans mouvement

Craig Hilton, Tomas Phillips : Le goût de néant (Absinth Records / Metamkine)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2011.
CD : 01/ sans mouvement I 02/ sans mouvement II 03/ le goût de néant 04/ sans mouvement III
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gurun Gurun : Gurun Gurun (Home Normal, 2011)

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Au risque de heurter tous les adversaires de la mondialisation – mais est-il plus grande joie que démantibuler les éructations malsaines de la Marine ? – le disque de musique japonaise de ce début d’année nous vient de… République Tchèque. Certes accompagné des toujours délicieuses Moskitoo, Aki Tomita ou Sawako sur les titres chantés (dont le superbe Fu en ouverture), le trio Tomas Knoflicek / Jara Tarnovski / Federsel conjugue en majuscules la J-pop tendance expérimentale.

Exprimant des nuances que Laura Gibson et Ethan Rose ne sont jamais parvenus à même effleurer sur leur gros loupé Bridge Carols, en dépit d’une démarche assez similaire (comme quoi la musique sera toujours affaire d’alchimie), le trio d’Europe centrale contourne avec élégance les clichés post-Gutevolk / Piana tout en respectant les codes d’une folktronica totalement extrême-orientale, les trois protagonistes réussissant leur coup notamment par l’introduction d’éléments jazzifiants d’une grande subtilité (telle la clarinette sur Kodomo) ou d’étonnantes combinaisons – elles sont aussi mystérieuses que captivantes (Yume No Mori).

Soignée jusque dans les détails cosmiques d’un interlude forcément bref (Io), la production ne sonne en outre jamais gonflée à l’hélium, parvenant à conserver l’équilibre qui donne toute leur force aux films du grand Hirokazu_Kore-eda. Un anti-tsunami sonique, en quelque sorte.

Gurun Gurun : Gurun Gurun (Home Normal)
Edition : 2011.
CD : 1/ Fu 2/ Karumi 3/ Emoto 4/ Kodomo 5/ Yume No Mori 6/ Io 7/ Ano Uta 8/ Kùkó 9/ Ato Toa Ota Tao 10/ Yuki ~ Hawaiian Snowflake 11/ Karumi (remix) 12/ Fu (remix)
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Mark Hanslip, Javier Carmona : Dosados (Babel, 2011)

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Parmi les partenaires avouables du saxophoniste ténor Mark Hanslip (membre du Loop Collective), il y a Paul Dunmall, Mark Sanders ou Veryan Weston. Moins illustre, il y a aussi Javier Carmona, batteur avec lequel il enregistrait l’année dernière Dosados.

Ce sont là dix pièces improvisées augmentées d’une lecture de Deadline de Steve Lacy. Dix pièces courtes (longueurs variant d’une poignée de secondes à sept minutes) sur lesquelles le duo change sans cesse de direction, mû sans doute par le désir de bien faire et de dire de différentes manières. Convaincant lorsque l’allure invite à créer dans l’urgence – là, le son du ténor peut évoquer celui de Rempis, la comparaison trahissant quand même chez le Britannique un manque de solidité et d’endurance –, le duo peine sur des exercices de réductionnisme – au point que ffs inaugure un nouveau genre, que l’on dira plutôt « soustractionniste ».  Quant à ce Deadline, le paisible ténor y insiste : l’avenir de Mark Hanslip et Javier Carmona se trouve dans la ligne claire. 

Mark Hanslip, Javier Carmona : Dosados (Babel Label)
Enregistrement : 9 juin 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ O Pointy Pointy 02/ Mucha Mierda 03/ Nipple 1 04/ Preambolo to Nipple 2 05/ Boules 06/ Horse-y 07/ ffs 08/ Deadline 09/ [the filler] 10/ Jowls, and a Beard 11/ Third Nipple, with Coda
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mathias Pontevia : Laminaire (Un rêve nu, 2011)

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C’est un objet pas commun qui tient du collier de nouilles ou d’une œuvre d’art brut, cela dépend des appréciations.  C’est un presse-papier en résine plombé qui contient des cotillons, une vieille photo, des germes (du tabac ?) et encore des germes (un morceau de branche ?). Ce presse-papier sert de support au disque de Mathias Pontevia, Laminaire. Mais Laminaire peut aussi être téléchargé gratuitement sur le site d’Un rêve nu.

Cette gratuité ne doit pas empêcher de commander Laminaire-presse-papier-collier-de-nouille-support parce que le travail de batterie de Mathias Pontevia mérite qu’on l’encourage. Cet amateur de Sunny Murray aussi bien que de Lê Quan Ninh mène des recherches sur les à-côtés de la batterie. Peut-être même sur ses aléas. Horizontalement, il monte des coups en pièces sonores comme d’autres montent des blancs en neige. Ici, on prend son temps et on écoute avec délices les conversations entre caisses et cymbales. Ici, laminaire la batterie s’étire. Elle file des tapisseries colorées. Pas forcément  expérimentales (souvent à l’ancienne d'ailleurs, à l'ancienne étendue j'entends) mais enchanteresses.

Mathias Pontevia : Laminaire (Un rêve nu)
Edition : 2011.
CD : 01/ Career 02/ Turbine 03/ Le cheval et le serpent 04/ Baie d’Along 05/ Saccharomyces Cerevisiae 06/ Vecteur 07/ Koinê 08/ Did He Loose Air ? 09/ Meet the Brush
Pierre Cécile © Le son du grisli

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