Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Peace Warriors par Guillaume Tarche

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Guitar, Leave Me Alone? par Guillaume Belhomme

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Derek Bailey : Concert in Milwaukee (Incus, 2011)

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Pour changer, voici une cassette repiquée sur CD. Un concert donné seul à Milwaukee par Derek Bailey le 31 mars 1983. Une cassette éditée la même année, non pas alors sortie sur Incus mais plus « librement » vendue les soirs de concerts. Ce sont enfin quatre improvisations : deux à la guitare électrique, deux autres à la guitare classique.

Concert in Milwaukee est en un mot un notable exercice d’improvisation en solitaire. Bailey y erre pendant près d’une heure dans un paysage de techniques en ruines pour fomenter un monde parallèle qui s’inspire du passé mais ne veut pas qu’on l’y attache. Pour construire encore, il insiste : les harmoniques sont nombreuses, les notes sont étouffées ou enfilées, les accords se succèdent à vive allure. Ils ne prennent garde à ce qui s’est dit avant eux pas plus que ne le feront les accords à suivre : chaque son est un élément de recherche, tous les sons attachés forment un casse-tête qu’il importe peu à Bailey de résoudre.

L’affaire du guitariste est plutôt de lui trouver mille angles d’attaque et autant de tentatives inspirées qui n’auraient pas été plus belles si elles avaient été efficaces. Par définition presque, le jeu libre ne peut se satisfaire de forme arrêtée, d’idéal à atteindre, moins encore de solution radicale. La beauté de ce concert américain est à trouver dans la réflexion et dans l’affolement, dans les moyens insensés que Derek Bailey met à changer son rapport à l’instant et son mépris des codes en d’intempestives et fortifiantes rhapsodies.

Derek Bailey : Concert in Milwaukee. Solo Guitar (Incus Records)
Enregistrement : 31 mars 1983. Réédition : 2011.
CD : 01/ 8E 02/ 21A 03/ 15E 04/ 9A
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Autres fanzines par Philippe Robert

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Fanzines par Philippe Robert

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Teal Triggs : Fanzines (Pyramid, 2010)

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Rares sont les fanzines de la taille du livre de Teal Triggs, Fanzines, la révolution du Do It Yourself. Si elle a été traduite en français, cette grande étude porte essentiellement sur les publications américaines et anglaises. En amatrice de punk et en spécialiste de la culture queer, Triggs donne sans compter dans le no future et la riot girl.

Ce qui ne gâte pas la lecture de son livre. Le sujet est orienté, il suffit de le savoir. Car comment ne pas trouver passionnante cette histoire de l’auto-édition confidentielle (Triggs part des pamphlets de Thomas Paine et des poèmes de William Blake) et cette tentative de définition qui pourrait convenir à toutes les époques ? Alternatifs, résistants, intimes ou narcissiques, idolâtre, multiformes (les exemples donnés peuvent ressembler à un magazine professionnel, d’autres à un agenda de collégienne)…

Après cela, Triggs insiste : c’est la musique (plus que la science-fiction, la BD, le sport…) qui offrira à l’univers du fanzine ses plus belles créations. Elle passe en revue des titres qui le prouvent : Suburban Press, Sniffin Glue, Chainsaw, Sub Pop, etc. Elle regrette ensuite la dérive du fanzine vers les rives de la culture dominante (même si, bizarrement, le fait qu’un livre tel que le sien existe atteste que la « culture dominante » peut trouver un intérêt au fanzine). Enfin Triggs applaudit à la réaction qui s’ensuivit : un retour à l’intime avant l’arrivée des e-zines. Elle trouvera là peut-être matière à une autre étude : d’autres espaces de libertés, de protestations, de cultures parallèles ou de sous-cultures revendiquées.

Teal Triggs : Fanzines. La révolution du DIY (Pyramyd / Amazon)
Edition : 2010.
Livre
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Hamiet Bluiett : Orchestra, Duo & Septet (Chiaroscuro, 2011)

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Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dès le titre, l’affaire est entendue. Deux jours de 1977, Hamiet Bluiett essaya trois combinaisons. Hamiet Bluiett et Don Pullen s’y essayèrent ensemble, pour être juste. La pièce du duo n’est pourtant pas la plus marquante des trois que l’on trouve sur Orchestra, Duo & Septet – ce Nioka qui avoue sa faiblesse sur piano romantique avant d’abandonner tout désir d’audace aux promesses des formations plus épaisses.

A l’orchestre rendant Glory (Symphony For World Peace) et au septette combinant Oasis et The Well, donc. Entre le baryton et la clarinette de Bluiett et le piano de Pullen s’immiscent ainsi >>>

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Le sous-titre de « Glory » prévenait de l’emphase du projet orchestral. Sa théâtralité est évidente, mais la forme de son propos n’est jamais arrêtée. La « symphonie » de moins d’un quart d’heure traverse un champ récitatif nébuleux avant d’accorder deux emportements à la traîne desquels l’orchestre brode : écarts dissonants d’un Pullen tissant des liens avec l’art de Chris McGregor période Blue Notes et impétuosités barytones de Bluiett. Et puis, la machine se grippe : les cuivres œuvrant au changement de décor les font tomber tous, événement que l’entier groupe reprend à son compte pour vociférer sur ruines fantastiques.

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The Well is there for all. La seconde face est celle d’un septette bon enfant d’allure et pourtant tranchant net en faveur d’une rosserie musicale jouant de contrastes. Bluiett divague dans les hauteurs de son baryton avant de répéter une note grave à laquelle les cordes opposeront des sifflements descendants : l’« Oasis » faite fontaine de jouvence, comme le laisse concevoir ce court texte au dos de la couverture.

La même année, Hamiet Bluiett s’essaya aussi au solo. Birthright fut enregistré en loft, à New York encore. Il y fait preuve d’une instabilité qui le détache une autre fois de toutes conventions (de style, notamment). Le label India Navigation publia ce solo. Un rapprochement avec Chiaroscuro aurait permis l’édition d’un disque double célébrant le grand art d’Hamiet Bluiett, toujours égal, qu’il ait été seul ou diversement accompagné.

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Blip : Calibrated (Splitrec, 2011) / West Head Project : A Closely Woven Fabrik (Splitrec, 2011)

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Jim Denley avoue : Blip – le duo qu’il forme depuis 2008 avec le contrebassiste Mike Majkowski –avait déjà enregistré des improvisations sans avoir ressenti ensuite le besoin de les consigner sur disque.

Avec Calibrated, les choses ont donc changé. C’est qu’à l’écoute, on trouve-là comme de beaux moments d’abandon mis en musique. Les sonorités de Denley peinent à quitter le corps de son saxophone alto ou de sa flûte et, lorsqu’elles y parviennent, gagnent immédiatement l’intérieur de la contrebasse à moteurs de Majkowski –  les moteurs en question ressemblent à ces langues de carton que les enfants attachent aux haubans de leur vélo.

C’est qu’un  duo tel qu’envisagé par Denley est une occasion de transformer son langage au contact de l’autre : ainsi donc, l’alto se laisse happer par la contrebasse qui le traîne et le fait rebondir, craquer enfin. Pour s’en sortir, le saxophoniste réengagera le dialogue sur une voie moins expérimentale : les réflexes sont ancrés dans la tradition d’une improvisation plus remontée. Leur chant équilibre l’exercice de mesure que promettait d’être Calibrated.

Blip : Calibrated (Splitrec)
Edition : 2011.
CD : Calibrated
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En mars 2009 à Maria Island, Tasmanie, Denley animait en compagnie de Monika Brooks (accordéon) et Dale Gorfinkel (trompette préparée, installations) le West Head Project. Conclusion d’une résidence d’une dizaine de jours sur ce site, A Closely Woven Fabrik  est la promenade enregistrée de trois musiciens et de leur public. Des chants d’oiseaux, quelques paroles, des pas, se mêlent à une étonnante improvisation sur site. Eau et bois participent évidemment du sonore mis en musique ; sont même les éléments de choix d’un nouvel et fabuleux écosystème.

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Ce samedi 22 octobre, Jim Denley donnera un concert en duo avec Magda Mayas à Fresnes-en-Woëvre dans le cadre du festival Densités.

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Tell : Tonal - Nagual (Rossbin, 2009)

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Il arrive régulièrement que l’electronics (et les platines) aient tendance à prendre beaucoup de place lors d’une rencontre avec un instrument acoustique. Ou bien le platiniste fait un effort ou bien il oblige son ou ses partenaires à amplifier (c’est le cas de le dire) leur jeu.

Sur Tonal – Nagual, les deux cas existent. Coexistent même : l’électronicien Joke Lanz (Sudden Infant) et le batteur Christian Wolfarth, enregistrés en 2008 à Berlin, cherchent un équilibre et finissent par le trouver. Tell est d’abord un duo de robots un peu gauches dont les grincements et l’enraiement difficile laissent place à une noise à gros grains. Après quoi Tell colle des sons et réalise un cinéma pour l’oreille convenable. Mais quand Tell change son fusil d’épaule, c’est la révélation : Wolfarth extirpe de ses cymbales des ondes sifflantes. Sous les ondes, Lanz évolue en sous-marin. Le batteur peut taper de façon classique sur sa caisse claire et l’électronicien continuer de naviguer en eaux troubles. L’équilibre a été trouvé dans les abysses. Il fallait simplement prendre le temps d’y aller.

Tell : Tonal - Nagual (Rossbin)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ The Eleventh Hour 02/ Little Black Spiders 03/ Virus Infection B-23 04/ Replicant Dance 05/ New Scientists 06/ Angry Young Men 07/ Perverted Perambulation
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ce vendredi 21 octobre, Christian Wolfarth donnera un concert en duo avec Enrico Malatesta à Fresnes-en-Woëvre dans le cadre du festival Densités.

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Dennis Cooper : Jerk (Dis Voir, 2011) / Dennis Cooper : Them (Tzadik, 2011)

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Ayant toujours accompagné ma lecture des romans de Dennis Cooper de musique occulte (disons le mot), je ne fus pas surpris d’apprendre la parution de deux livres qui parlent (disons le mot) : Jerk, à travers leurs larmes & Them.

Jerk (dont il existe deux versions : l’une anglaise l’autre française) est une pièce de théâtre sonore commandée par l’Atelier de Création Radiophonique. Un comédien (Jonathan Capdevielle) y joue le rôle de David Brooks emprisonné à vie pour avoir été complice dans les années 70 du serial-killer Dean Corll, qui raconte son histoire au travers d’un spectacle de marionnettes. L’épreuve est saisissante, pour ne pas dire puissante. Les poupées de Gisèle Vienne (que l’on avait déjà aperçues au dos du vinyle 3 de KTL) qui reconstituent dans le livre le désœuvrement des adolescents le sont tout autant. Et l’illustration sonore de Peter Rehberg est intelligente au point qu’on ne l’entend pas. La musique est un élément du sordide décor, et parfaite à ce titre.

Peter Rehberg, Dennis Cooper, Gisèle Vienne : Jerk, à travers leurs larmes (Dis voir)
Edition : 2011.
Livre + CD : Jerk, à travers leurs larmes.

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Sur Them, c’est la voix de Dennis Cooper qu’on entend : un récit de mort et de sexe mêlés, sur des illustrations sonores de Chris Cochrane (guitare, claviers, accordéon, tambour) accompagné de Kato Hideki (basse, percussions, claviers, mandoline) et une danse d'Ishmael Houston-Jones. Pour que l’auditeur puisse reprendre ses esprits entre deux lectures, on lui assène des plages sonores qui évoluent entre blues rock lent et no wave (notons que le projet date de 1985). Bien sûr, le jeu de guitare est assez simple et ne brille pas par son invention, mais peut-on envisager la musique sans la rattacher au projet littéraire ? D’autant que texte et musique font ici un couple terrible et merveilleux.

Chris Cochrane, Dennis Cooper, Ishmael Houston-Jones : Them (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD : 01/ Pre-Show 02/ Rite 03/ Ish Solo 04/ I Saw Them Once 05/ Trio 06/ Dead Friends / Blood 07/ I Met Julian Andes, 19, In Line 08/ Circle Duets / Masturbation / Fag Bash 09/ A Kock at My Bedroom Door 10/ Cruising 11/ Film Loop 12/ Goat 13/ Lymph Nodes

Pierre Cécile © Le son du grisli

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