Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Hamiet Bluiett : Orchestra, Duo & Septet (Chiaroscuro, 2011)

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Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dès le titre, l’affaire est entendue. Deux jours de 1977, Hamiet Bluiett essaya trois combinaisons. Hamiet Bluiett et Don Pullen s’y essayèrent ensemble, pour être juste. La pièce du duo n’est pourtant pas la plus marquante des trois que l’on trouve sur Orchestra, Duo & Septet – ce Nioka qui avoue sa faiblesse sur piano romantique avant d’abandonner tout désir d’audace aux promesses des formations plus épaisses.

A l’orchestre rendant Glory (Symphony For World Peace) et au septette combinant Oasis et The Well, donc. Entre le baryton et la clarinette de Bluiett et le piano de Pullen s’immiscent ainsi >>>

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Le sous-titre de « Glory » prévenait de l’emphase du projet orchestral. Sa théâtralité est évidente, mais la forme de son propos n’est jamais arrêtée. La « symphonie » de moins d’un quart d’heure traverse un champ récitatif nébuleux avant d’accorder deux emportements à la traîne desquels l’orchestre brode : écarts dissonants d’un Pullen tissant des liens avec l’art de Chris McGregor période Blue Notes et impétuosités barytones de Bluiett. Et puis, la machine se grippe : les cuivres œuvrant au changement de décor les font tomber tous, événement que l’entier groupe reprend à son compte pour vociférer sur ruines fantastiques.

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The Well is there for all. La seconde face est celle d’un septette bon enfant d’allure et pourtant tranchant net en faveur d’une rosserie musicale jouant de contrastes. Bluiett divague dans les hauteurs de son baryton avant de répéter une note grave à laquelle les cordes opposeront des sifflements descendants : l’« Oasis » faite fontaine de jouvence, comme le laisse concevoir ce court texte au dos de la couverture.

La même année, Hamiet Bluiett s’essaya aussi au solo. Birthright fut enregistré en loft, à New York encore. Il y fait preuve d’une instabilité qui le détache une autre fois de toutes conventions (de style, notamment). Le label India Navigation publia ce solo. Un rapprochement avec Chiaroscuro aurait permis l’édition d’un disque double célébrant le grand art d’Hamiet Bluiett, toujours égal, qu’il ait été seul ou diversement accompagné.

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Blip : Calibrated (Splitrec, 2011) / West Head Project : A Closely Woven Fabrik (Splitrec, 2011)

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Jim Denley avoue : Blip – le duo qu’il forme depuis 2008 avec le contrebassiste Mike Majkowski –avait déjà enregistré des improvisations sans avoir ressenti ensuite le besoin de les consigner sur disque.

Avec Calibrated, les choses ont donc changé. C’est qu’à l’écoute, on trouve-là comme de beaux moments d’abandon mis en musique. Les sonorités de Denley peinent à quitter le corps de son saxophone alto ou de sa flûte et, lorsqu’elles y parviennent, gagnent immédiatement l’intérieur de la contrebasse à moteurs de Majkowski –  les moteurs en question ressemblent à ces langues de carton que les enfants attachent aux haubans de leur vélo.

C’est qu’un  duo tel qu’envisagé par Denley est une occasion de transformer son langage au contact de l’autre : ainsi donc, l’alto se laisse happer par la contrebasse qui le traîne et le fait rebondir, craquer enfin. Pour s’en sortir, le saxophoniste réengagera le dialogue sur une voie moins expérimentale : les réflexes sont ancrés dans la tradition d’une improvisation plus remontée. Leur chant équilibre l’exercice de mesure que promettait d’être Calibrated.

Blip : Calibrated (Splitrec)
Edition : 2011.
CD : Calibrated
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En mars 2009 à Maria Island, Tasmanie, Denley animait en compagnie de Monika Brooks (accordéon) et Dale Gorfinkel (trompette préparée, installations) le West Head Project. Conclusion d’une résidence d’une dizaine de jours sur ce site, A Closely Woven Fabrik  est la promenade enregistrée de trois musiciens et de leur public. Des chants d’oiseaux, quelques paroles, des pas, se mêlent à une étonnante improvisation sur site. Eau et bois participent évidemment du sonore mis en musique ; sont même les éléments de choix d’un nouvel et fabuleux écosystème.

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Ce samedi 22 octobre, Jim Denley donnera un concert en duo avec Magda Mayas à Fresnes-en-Woëvre dans le cadre du festival Densités.

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Tell : Tonal - Nagual (Rossbin, 2009)

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Il arrive régulièrement que l’electronics (et les platines) aient tendance à prendre beaucoup de place lors d’une rencontre avec un instrument acoustique. Ou bien le platiniste fait un effort ou bien il oblige son ou ses partenaires à amplifier (c’est le cas de le dire) leur jeu.

Sur Tonal – Nagual, les deux cas existent. Coexistent même : l’électronicien Joke Lanz (Sudden Infant) et le batteur Christian Wolfarth, enregistrés en 2008 à Berlin, cherchent un équilibre et finissent par le trouver. Tell est d’abord un duo de robots un peu gauches dont les grincements et l’enraiement difficile laissent place à une noise à gros grains. Après quoi Tell colle des sons et réalise un cinéma pour l’oreille convenable. Mais quand Tell change son fusil d’épaule, c’est la révélation : Wolfarth extirpe de ses cymbales des ondes sifflantes. Sous les ondes, Lanz évolue en sous-marin. Le batteur peut taper de façon classique sur sa caisse claire et l’électronicien continuer de naviguer en eaux troubles. L’équilibre a été trouvé dans les abysses. Il fallait simplement prendre le temps d’y aller.

Tell : Tonal - Nagual (Rossbin)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ The Eleventh Hour 02/ Little Black Spiders 03/ Virus Infection B-23 04/ Replicant Dance 05/ New Scientists 06/ Angry Young Men 07/ Perverted Perambulation
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ce vendredi 21 octobre, Christian Wolfarth donnera un concert en duo avec Enrico Malatesta à Fresnes-en-Woëvre dans le cadre du festival Densités.

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Dennis Cooper : Jerk (Dis Voir, 2011) / Dennis Cooper : Them (Tzadik, 2011)

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Ayant toujours accompagné ma lecture des romans de Dennis Cooper de musique occulte (disons le mot), je ne fus pas surpris d’apprendre la parution de deux livres qui parlent (disons le mot) : Jerk, à travers leurs larmes & Them.

Jerk (dont il existe deux versions : l’une anglaise l’autre française) est une pièce de théâtre sonore commandée par l’Atelier de Création Radiophonique. Un comédien (Jonathan Capdevielle) y joue le rôle de David Brooks emprisonné à vie pour avoir été complice dans les années 70 du serial-killer Dean Corll, qui raconte son histoire au travers d’un spectacle de marionnettes. L’épreuve est saisissante, pour ne pas dire puissante. Les poupées de Gisèle Vienne (que l’on avait déjà aperçues au dos du vinyle 3 de KTL) qui reconstituent dans le livre le désœuvrement des adolescents le sont tout autant. Et l’illustration sonore de Peter Rehberg est intelligente au point qu’on ne l’entend pas. La musique est un élément du sordide décor, et parfaite à ce titre.

Peter Rehberg, Dennis Cooper, Gisèle Vienne : Jerk, à travers leurs larmes (Dis voir)
Edition : 2011.
Livre + CD : Jerk, à travers leurs larmes.

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Sur Them, c’est la voix de Dennis Cooper qu’on entend : un récit de mort et de sexe mêlés, sur des illustrations sonores de Chris Cochrane (guitare, claviers, accordéon, tambour) accompagné de Kato Hideki (basse, percussions, claviers, mandoline) et une danse d'Ishmael Houston-Jones. Pour que l’auditeur puisse reprendre ses esprits entre deux lectures, on lui assène des plages sonores qui évoluent entre blues rock lent et no wave (notons que le projet date de 1985). Bien sûr, le jeu de guitare est assez simple et ne brille pas par son invention, mais peut-on envisager la musique sans la rattacher au projet littéraire ? D’autant que texte et musique font ici un couple terrible et merveilleux.

Chris Cochrane, Dennis Cooper, Ishmael Houston-Jones : Them (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD : 01/ Pre-Show 02/ Rite 03/ Ish Solo 04/ I Saw Them Once 05/ Trio 06/ Dead Friends / Blood 07/ I Met Julian Andes, 19, In Line 08/ Circle Duets / Masturbation / Fag Bash 09/ A Kock at My Bedroom Door 10/ Cruising 11/ Film Loop 12/ Goat 13/ Lymph Nodes

Pierre Cécile © Le son du grisli

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Kris Wanders : In Remembrance of the Human Race (Not Two, 2011)

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Entendu jadis au sein du Globe Unity de Schlippenbach ou sur la seconde face du Requiem for Che Guevara de Fred Van Hove, le saxophoniste Kris Wanders a dû attendre qu’un millénaire se termine pour poursuivre son œuvre enregistré. Si ce concert anversois daté de 2009 le regrette avec force, c’est que Wanders y redit toute la puissance de son souffle.

En compagnie de Johannes Bauer (trombone), Peter Jacquemyn (contrebasse) et Mark Sanders (batterie), le ténor fait d’abord tourner un motif en boucle – voire en bourrique – qui contraste avec la langueur affichée par le tromboniste. Plus loin, ce-dernier décidera plutôt d’un contrepoint ou de croiser le fer avec les éclats de rocailles projetés par Wanders. In Remembrance of the Human Race est né d’un art sombre et impétueux : Uwaga sera, pour sa part, une mélodie quiète (Bauer encore) sur reliefs abrupts (Wanders toujours).

Brötzmann pour toute facilité, Ayler ou Gayle pour aller plus loin : Wanders aurait pu seulement grossir la liste longue des saxophonistes récitant le dialecte d’anciennes références. Or, l'homme fait lui-même, et presque autant que ces trois-là, preuve de singularité. A Man’s Dream est la pièce qui ici le dit pour la troisième fois : Bauer, Jacquemyn et Sanders, élevant en machinistes le beau décor dans lequel chancèle ce ténor d’exception.

Kris Wanders' Outfit : In Remembrance of the Human Race (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 16 mai 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ In Remembrance of the Human Race 02/ Uwaga 03/ A Man’s Dream
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Alva Noto, Ryuihi Sakamoto : Summvs (Raster-Noton, 2011)

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A la vision des protagonistes en présence, on ne vous fera pas l’injure de rappeler les nombreux hauts faits d’armes de leurs discographies respectives, on ne peut que s’attendre à un événement incontournable, sinon musical, du moins médiatique. A vrai dire, nous aurions aimé ne dire que du bien de Summvs (somme, dans l’idiome éteint de Néron et Brutus) mais l’honnêteté la plus élémentaire ne peut taire quelques agacements.

Alors que l’électronicien allemand et le compositeur japonais en sont déjà à leur cinquième collaboration, un sentiment diffus de laisser-aller – certains évoqueront même la notion de paresse – imprègne les cinquante-six minutes du disque. Non que ce soit de mauvais goût, les deux gaillards savent ce qu’ils font, même trop bien, simplement nous avons trop pris l’habitude de nous extasier devant leurs travaux précédents pour ne pas en apercevoir les plus voyantes ficelles.

Notes éparses de piano chez l’un, elles nous font toutefois pleinement regretter Un autre décembre de Sylvain Chauveau, interventions numériques chez l’autre, on leur préférera sans doute la bien plus pertinente confrontation ANBB de l’an dernier, tout concours à la balise d’un sentier tellement familier qu’on finit par ne plus trouver de surprise ni même de plaisir. D’autant plus regrettable que le duo germano-nippon nous avait récemment tapé dans l’oreille avecutp_, splendide live réalisé avec l’Ensemble Modern pour le quatre centième anniversaire de la ville de Mannheim, doublé d’un DVD absolument fascinant.  

Alva Noto, Ryuichi Sakamoto : Summvs (Raster-Noton)
Edition : 2011.
CD : 01/ Microon I 02/ Reverso 03/ Halo 04/ Microon II 05/ Pionier IOO 06/ Ionoscan 07/ By This River 08/ Naono 09/ Microon III 10/ By This River – Phantom
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Shift : Songs from Aipotu (Leo, 2011)

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Au début les traits ne sont pas totalement définis, les frontières sont poreuses. Plutôt qu’une musique de tension(s) et de détente(s), s’envisage une musique d’attente et d’accomplissement. Le sens de ces grouillements, craquèlements et quasi-silence s’éclaircissent peu à peu. Dans ce demi-songe qu’est Introduction, les sons, frêles et distants, se brouillent, s’entrechoquent et donnent naissance à un rythme tendu, délivrant ainsi les élans enfouis. Le synthétiseur pousse alors ses larges vagues en plein large, le piano ne s’incommode plus d’un solo tranchant et la clarinette devient presque debusyenne.

Maintenant, tous peuvent resserrer les formes, ne plus taire leur jeu et grignoter le spasme en son entier (Modern Classics, Shot). Ainsi va la musique de Shift (Frank Gratkowski, Thomas Lehn, Philip Zoubek, Dieter Manderscheid, Martin Blume) : libre, autonome et diablement convaincante.

EN ECOUTE >>> Un extrait de 40 secondes

Shift : Songs from Aipotu (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Introduction 02/ Modern Classics 03/ Gavotte 04/ Shot
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Otomo Yoshihide, Axel Dörner, Sachiko M, Martin Brandlmayr : Allurements of the Ellipsoid (NEOS, 2010)

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Ces allurements, autrement dit attirances, concerneraient des musiques expérimentales envisagées à Berlin pour l’une, à Vienne pour l’autre, à Tokyo pour les dernières. Non pas nationales, mais géographiques, réunies en 2005, et trois jours durant, à Donaueschingen (latitude : 47.9594, longitude : 8.4989).

Sorte de jumelage concrétisé en terrain d’entente, ces Allurements of the Ellipsoid sont quatre qui célébrèrent autant de pratiques instrumentales délicates – si l’on compte pour une et une seule celle d’Otomo Yoshihide qui manie ici électronique, platines et guitare, et à qui le présent quartette aurait dû emprunter le nom. Ses trois autres éléments : Sachiko M (ondes sinus), Axel Dörner (trompette) et Martin Brandlmayr (batteries et percussions).

Tous engins de pressions intiment à l’instant de former sa musique à partir de souffles blancs, de frottements sur caisse claire ou de métal en résonance, de ronflements et d’aigus courts ou longs. Parmi l’ensemble et tout en l’augmentant sans cesse, les musiciens parviennent à faire œuvre de cohésion. Les éléments les plus concrets – la frappe régulée de Brandlmayr, les cordes lasses dans lesquelles bute Yoshihide – n’affaiblissent pas l’abstraction du propos mais l’encadrent et l’ennoblissent, la parachèvent.

Dörner, en débiteur de courant d’air ou en soliste monomaniaque, et Sachiko M, en projeteuse d’aigus et de microcontacts, agissent davantage en perturbateurs nécessaires : il faut que sonne l’heure des luttes pour provoquer l’invention et faire que ses formes varient.  La fin sera d’ailleurs ténébreuse : la guitare s’y lèvera pour geindre avant que le calme l’emporte : sa trajectoire est une dernière ellipse.

Otomo Yoshihide, Axel Dörner, Sachiko M, Martin Brandlmayr : Allurements of the Ellipsoid (NEOS / Codaex)
Enregistrement : 10-12 octobre 2005. Edition : 2010.
CD1 : 01/ Allurement 1 02/ Allurement 2 – CD2 : 01/ Allurement 3 02/ Allurement 4
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Charlemagne Palestine, Joachim Montessuis : Voxorgachitectronumputer (Sub Rosa, 2011)

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Le 29 juin 2007 dans l’église du Gesu à Toulouse, Charlemagne Palestine et Joachim Montessuis (musicien qui n’avait publié jusque-ici qu’une compilation du nom d’Errances) ont donné un concert. Le premier est à l’orgue, le deuxième à l’ordinateur et les deux vocalisent.

La collaboration dure un peu plus d’une heure. Charlemagne Palestine confectionne des drones et des motifs assez simplistes mais qui vont en s’étoffant. A force d’actionner les tirettes et de jouer des effets, le duo vire de cap : sa musique n’en devient que plus étrange, remplie autant de graves que d’aigus qui interfèrent. C’est une musique psychédélique d’aujourd’hui que Palestine et Montessuis transforment en décor de théâtre devant lequel ils donnent de la voix. C’est le temps d'un dernier acte loufoque. Et il y a là quelque chose de grandiose. Car Voxorgachitectronumputer est une sonate pop exquise à écouter, une Pathétique jubilatoire.

Charlemagne Palestine, Joachim Montessuis : Voxorgachitectronumputer (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 29 juin 2007. Edition : 2011.
CD : 01/ Voxorgachitectronumputer
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Freiband : Stainless Steel (ini.itu, 2011)

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Héritier foisonnant du grand Christian Fennesz, Frans de Waard aka Freiband n’a eu de cesse au cours de son évolution musicale d’intégrer une lutte vivace contre tous les conformismes pompeux et nuisibles. Qu’il agisse en patron de label (Korn Plastics, c’est lui), en cheville ouvrière du passionnant magazine Vital Weekly ou en musicien aux multiples alias (Kapotte Muziek, THU20, sans parler de son propre blaze), l’artiste néerlandais intègre tout au long de son parcours des références d’hier aux techniques d’aujourd’hui. Dangereuse tant les germes de la stérilité émotionnelle guettent le moindre faux-pas, sa manière noise évite à la fois la noyade purement bruitiste et les emprunts exotiques mal dégrossis (un gamelan indonésien, une très belle habitude du micro-label bruxellois ini.itu – qu’on ne remerciera jamais assez pour le soin particulier qu’il apporte à ses pochettes et son artwork).

Présenté sous un LP où chaque face évolue en contrepoint de l’autre (Stainless (Software) et Steel (Hardware)), le disque de Freiband invite à sa table des références à la fois incontournables et précieuses. Très souvent, notamment en fin de la face A, on songe à du Iannis Xenakis échappé de Paris pour un refuge entre Vienne et Jakarta et la plaque retournée, on se prend à rêver d’une collision au sommet entre l’unique Steve Reich et M. Wolfgang Voigt (cette onomatopée en 4/4 !!!), sous le haut patronage de Lawrence English. Autant dire que pas une seconde, on ne baille aux corneilles.

EN ECOUTE >>> Stainless (Software) >>> Steel (Hardware)

Freiband : Stainless Steel (ini.itu)
Edition : 2011.
LP : A/ Stainless (Software) B/ Steel (Hardware)
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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