Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Scrambled Eggs, “A” Trio : Beach Party at Mirna el Chalouhi (Johnny Kafta’s Kids Menu, 2011)

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Voici de qui sont faites les deux formations à entendre sur Beach Party at Mirna el Chalouhi : Charbel Haber (guitare électrique, électronique), Tony Elieh (basse) et Malek Rizkallaf (batterie) pour Scrambled Eggs : Mazen Kerbaj (trompette, voix), Sharif Sehnaoui (guitare acoustique) et Raed Yassin (contrebasse et voix) pour “A”  Trio. L’enregistrement s’est fait en studio début 2009, qui scelle l’entente possible d’un groupe de post-rock et d’un trio d’improvisateurs inspirés.

Au son de deux pièces longues que sépare un interlude écrit – Koji Kabuto, chanson amusée qui doit autant à Primus qu’à Rashied Taha (le jeune). Sur le morceau-titre, l’association arrange revendications bruitistes et besoins de silences avec habileté. Alors la musique est lente, aride aussi comme doit l’être tout folk en perdition ; ensuite, la voici colossale pour avoir tout à coup cédé aux bruits. Sur l’autre grande pièce, Uninterruptible Power Supply, Scrambled Eggs et “A” Trio mettent en branle une mécanique grinçante mais capable encore d’accorder avec intensité grognements, larsens et inserts hors-normes. Beach Party at Mirna el Chalouhi : où l’on entend l’“A” Trio sous influence tonitruante et Scrambled Eggs sur conseil musical avisé. 

Scrambled Eggs, “A” Trio : Beach Party at Mirna el Chalouhi (Johnny Kafta’s Kids Menu)
Enregistrement : 5 et 6 janvier 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Beach Party at Mirna el Chalouhi 02/ Koji Kabuto (Ya Akruto) 03/ Uninterruptible Power Supply
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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André Goudbeek, Lê Quan Ninh, Peter Jacquemyn : Uwaga (Not Two, 2011)

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Tirant une magie plus subtile et brute que jamais des convergences organiques de ses flux d'énergie, le trio d'André Goudbeek (saxophone alto, clarinette basse), Peter Jacquemyn (contrebasse, voix) et Lê Quan Ninh (percussion) trouvait, sur la scène de l'Alchemia de Cracovie, à l'automne 2008, une aire proche de celle qu'il avait arpentée en studio, trois ans auparavant, avec la pianiste Christine Wodrascka, pour le disque Agiiiir (label Free Elephant).

Au moyen du vol stationnaire ou par l'assaut véritable, on atteint, dans les deux improvisations de ce concert – qui savent déployer leurs mouvements internes et maintenir l'intérêt – cette « autre vitesse » de la vitesse (ou de l'immobilité) qui instaure un espace neuf, où œuvrent, autonomes dans leur entente intime, et l'arc à souder gerbant ses étincelles sur la grosse caisse vibrante, et le saxophone gauche brûlé par son chant qui s'exaspère, et les bobinages électrisant cet arbre qu'on appelle contrebasse. Attention : travail poétique en action !

André Goubeek, Lê Quan Ninh, Peter Jacquemyn : Uwaga (Not Two / Metropolis)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Attention ! 02/ Pasop !
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Ken Vandermark, Tim Daisy : The Conversation (Multikulti, 2011)

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Fluide quand le rythme n’est plus seulement mécanique mais avant tout ouvert à l’aléatoire, la batterie de Tim Daisy ventile la ligne claire qu’elle vient de créer.

Vif mais sans excès, le saxophone ténor de Ken Vandermark milite pour que, sans déchirures, s’unissent les contraires (phrasé foisonnant ici, trait obsessionnel répété à l’infini quelques secondes plus tard) tandis que sa clarinette navigue de Charybde en Scylla (lire : de Jimmy Giuffre en excès fiévreux).

Tous deux puisent au-delà des possibles, délestent le rythme de sa pesanteur, imbriquent des élans jamais rassasiés. Et surtout : dédient cet enregistrement au grand Fred Anderson.

Tim Daisy,  Ken Vandermark : The Conversation (Multikulti / Instant Jazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Pasfoto 02/4 North 03/ Impasto 04/ Anthology Moves 05/ Fifty Cent Opera
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Joe McPhee, Michael Zerang : Creole Gardens (NoBusiness, 2011) + Christoph Erb / Jim Baker / Michael Zerang (Exchange, 2011)

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Ces « jardins créoles » ont fleuri sur le souvenir d’un concert, daté de 2009, que Joe McPhee et Michael Zerang ont donné ensemble. Ils sont un hommage à la Nouvelle-Orléans que rehausse une entente d’exception développée en Survival Unit ou Brötzmann Chicago Tentet...

En ouverture, la trompette est distributive et la caisse claire inquiète de récupérer chacune de ses notes sur frottements légers. Mais Zerang ose bientôt des éléments de ponctuation que McPhee respecte au son d’un hymne pénétrant. Il fera de même un peu plus tard à l’alto : ce qu’il dit à l’instrument, qu’il soit trompette ou saxophone, personne d’autre que lui n’aurait pu le dire, ni même l’inventer. C’est que derrière chacune des phrases de McPhee, sereines en apparence, pointe une anxiété tenace. 

Aires de jeu obligeant ses usagers à évoluer en véloces, ces Creole Gardens se souviennent du passage des marching bands et des milliers d’airs qui ont contribué à l’histoire de la ville. Mais ce sont aussi des œuvres ouvertes que McPhee et Zerang arrangent selon l’instant, en carré du recueillement éclairé par d’intenses lueurs d’espoir.

EN ECOUTE >>> Congo Square Dances / saints and Sinners >>> Crescent City Lullaby

Joe McPhee, Michael Zerang : Creole Gardens (New Orleand Suite) (NoBusiness)
Enregistrement : 24 septembre 2009. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Congo Square Dances / Saints and Sinners 02/ Rise / After the Flood 03/ Crescent City Lullaby 04/ And Now Miss Annie, The Black Queen 05/ The Drummer – Who-Sits On-The-Drum
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sur cet échange qui date du 11 juin 2011, Michael Zerang improvise en compagnie de Jim Baker (synthétiseur analogique, piano) et Christoph Erb (instruments à vent). Si Zerang est celui des trois qui fait le plus œuvre d’inventions et si Erb sait se montrer surprenant aussi bien au saxophone ténor qu’à la clarinette basse, ne leur reste plus qu’a espérer que Baker parvienne lui aussi à convaincre. Fantasque au synthétiseur mais souvent démonstratif, pâtissant d’une inspiration aléatoire au piano, il peut tout de même, de temps à autre, rendre la rencontre irréprochable.

Christoph Erb, Jim Baker, Michael Zerang : Erb / Baker / Zerang (Exchange)
Enregistrement : 11 juin 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Situr 02/ Opisthoproctidae 03/ Fesch 04/ Tauch 05/ Sakana 06/ Ogcocephalus 07/ Devon
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Fred Frith, Annie Lewandowski : Long as in Short, Walk as in Run (Ninth World, 2011)

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On sait comme Fred Frith aime les duos. Il le prouve encore, en concert avec Annie Lewandowski (que je découvre avec ce CD) et qui (ai-je appris) a un groupe de pop appelé Powerdove, a joué avec Xiu Xiu et improvise au piano et à l’accordéon (dans le London Improvisers’ Orchestra, par exemple). Enfin, qu'elle a aussi joué au Café Oto avec Frith et Evan Parker (voir ci-dessous).

Il en résulte que Long as in Short, Walk as in Run est ce qu’on pourrait appeler un disque d’improvisation pop. Plutôt convaincante d'ailleurs : quand Frith frappe sa guitare, Lewandowski titille son piano de façon plus timide. Le seul bémol vient de ce qu’ils ont un peu de mal à convaincre lorsqu’ils jouent des mélodies à l’arpège et des notes claires. Mais on ne compte qu’un bémol à Long as in Short, Walk as in Run !

Fred Frith, Annie Lewandowski  : Long as in Short, Walk as in Run (Ninth World)
Enregistrement : 4 mai 2010. Edition : 2011.
CD : Long as in Short, Walk as in Run
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Cordes expéditives : Okkyung Lee, Sheriffs of Nothingness, Christian Munthe, Ernesto Rodrigues, Mathieu Werchowski...

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sheriffsSheriffs of Nothingness : A Summer’s Night at the Crooked Forest (Sofa, 2011)
Traînant ou agissant par saccades, les archets conjoints du duo Sheriffs of Nothingness tissent des tapis d’ombres aux variations charmantes. Emportées ou redondantes, fiévreuses ou apaisantes, ce sont-là onze pièces environnementales (Summer Nights, Sunset, Forests…). Qui balancent sous le coup des soupçons ou unissons féroces des païens archets de Kari Ronnekleiv et Ole Henrik Moe.

zero_centigradeZero Centigrade : Unknown Distances (Audio Tong, 2011)
Aux côtés du trompettiste Vincenzo De Luce, le guitariste Tonino Taiuti défend ses compositions sous le nom de Zero Centigrade. Ici défilent quinze pièces enregistrées en 2010 d’un folk expérimental qui peut évoquer, selon les moments, Sharif Sehnaoui ou Gastr del Sol. Après le western, voici inventée l’Americana Spaghetti.

okkyung_leeOkkyung Lee : Noisy Love Songs (for George Dyer) (Tzadik, 2011)
En compagnie d’invités (Peter Evans, Ikue Mori, Satoshi Takeichi…), Okkyung Lee sert sur un disque du même nom quelques Noisy Love Songs. En fait de chansons, ce sont des pièces minimalistes aux influences diverses (musique de chambre dérangée, folk, pop, romantisme…) que l’on colle les unes aux autres. L’amalgame est parfois hasardeux mais n’en constitue pas moins un recueil de musique courtoise.

lee_noyes_christian_muntheChristian Munthe, Lee Noyes : Onliners (*For*Sake, 2011)
Pour avoir entendu Christian Munthe dans d’autres circonstances, ce duo avec Lee Noyes n’en est que plus réjouissant. Sur des percussions souvent étouffées, le guitariste y apparaît en élève de Derek Bailey : un élève impatient et parfois en manque de confiance. Mais lorsqu’il doute, qu’il se demande s’il faut toujours, coûte que coûte, remplir les silences, alors Munthe trouve refuge en mélodies ou arpèges qu’il s’amuse à faire tourner.

Gu_mundur_Steinn_GunnarssonGuðmundur Steinn Gunnarsson : Horpma (Carrier, 2011)
A côté du compositeur Guðmundur Steinn Gunnarsson, cinq autres musiciens (dont Charity Chan et Kanoko Nishi) sont à entendre sur Horpma. Cette pièce en deux temps ordonne le concours de 27 instruments à cordes pour défendre au mieux une musique espiègle pour être en décalage perpétuel. Les motifs que se repassent guitares et clavecins, piano et harpe, ukulele et langspil, déclenchent au fil des secondes une œuvre singulière, faite autant d’insistances que de beaux accidents.

rodrigues_werchowski_drainErnesto Rodrigues, Mathieu Werchowski, Guilherme Rodrigues : Drain (Creative Sources, 2011)
En compagnie du violoniste Mathieu Werchowski, Ernesto et Guilherme Rodrigues augmentent leur œuvre improvisé d’une référence. Drain, la référence en question, est faite de mouvements d’archets contradictoires, de pas de deux et de trois pas effrayés par les parasites, de réactions des cordes aux assauts des mains gauches. Bientôt, les flèches décochées ont raison des bois, qui grincent avant d’expirer.

wolfliBaudouin de Jaer : The Heavenly Ladder / Analysis of the Musical Cryptograms (Sub Rosa, 2011)
Mettre en musique les dessins d’Adolf Wölfli, grande figure de l’art brut, est ici le propos du violoniste Baudouin de Jaer. Des couleurs et des étranges partitions du Suisse, le musicien belge tire, selon l’inspiration, un minimalisme aux portes du silence, des airs de folklore halluciné ou des ritournelles de scènes champêtres que n’aurait pas reniées Bruegel. Soit, un art musical aussi baroque qu’est chamarrée l’œuvre de Wölfli.

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Tom Johnson : Orgelpark Color Chart (Mazagran, 2011)

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C’est le premier jour de neige que je passe sous les orgues (je suis actuellement très au Nord). Les instruments sont quatre. Ils ont été enregistrés en concert à Amsterdam. La partition qu’ils suivent est de Tom Johnson.

Le compositeur de L’Opéra de quatre notes fait bouger quatre orgues, sur une note. Leurs aigus se superposent, leurs voix se passent le témoin et dessinent un chemin qui descend et fait descendre avec lui la composition d’une octave. D'ailleurs plus on avance plus les notes graves empiètent sur la partition. Le trait épaissit comme les lignes des toiles de Franz Kline. Ces lignes noires que l’on retrouve lorsqu’on écoute Orgelpark Color Chart. Ces lignes noires qui ont ranimé mon goût pour les grandes orgues. Il suffisait d'un drone et d'un peu de neige.

EN ECOUTE >>> Orgelpark Color Chart (extrait)

Tom Johson : Orgelpark Color Chart (Mazagran)
Enregistrement : 23 mars 2010. Edition : 2011.
CD : Orgelpark Color Chart
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Jean-Marc Montera, Thurston Moore, Lee Ranaldo : Les anges du pêché (Dysmusie, 2011)

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Il y a longtemps que je ne cherche plus à comprendre pourquoi les guitares de Lee Ranaldo et de Thurston Moore me font un tel effet (que l’on pourrait qualifier de « bœuf »). Toujours, même lorsqu’elles tournent en rond sans avoir l’air de savoir où elles vont. Toujours, même depuis que, comme l’a fait remarquer le guitariste John Fahey au guitariste Elliott Sharp, Sonic Youth est devenu Sonic Middle Age. En accord avec Fahey, il faut bien admettre que les héros ont vieilli. Mais sont-ils fatigués pour autant ? Pour amorcer un début de commencement de réponse, il suffit de mettre sur la platine Les anges du pêché. Même si nous attribuerons en fait ce LP à Jean-Marc Montera puisqu’il y discourt tour à tour avec Moore et Ranaldo.

La première rencontre date de l’année dernière et la seconde de 1997 – c’est en fait une des chutes des sessions Connors  / Moore / Montera qui ont déjà servi à Hat Noir (A Possible Dawn) et Xeric (MMMR). Dédié à l’homme qui enregistra les guitaristes, In Memory of Martin Stumpf est l’œuvre de quatre mains qui égrènent une harmonie bruitiste. Montera et Moore se renvoient des larsens, des hoquets et des accords polymorphes… L’année 1997 embrasse les allures d’une fausse époque (new-no-wave / no-new-no-wave / no-no Wave ?).

Sur l’autre face, c’est Ranaldo qui joue avec Montera. Voilà l’exemple parfait de ces guitares qui « tournent en rond » à ce point qu'elles frisent l’illustration sonore. On dirait qu’elles se jaugent avant de trancher dans le vif du sujet. Ranaldo et Montera sont des guitaristes turbulents qui tournent à la vitesse du disque et s’entrechoquent. Comme en un pogo éternel, ils évoluent et grandissent en criant que le « middle age » n’est pas le même pour tout le monde.

Jean-Marc Montera, Thurston Moore, Lee Ranaldo  Les anges du pêché (Dysmusie / Souffle Continu)
Enregistrement  1997  2010. Edition  2011.
LP  A Montera  Ranaldo  From Another Room B Montera  Moore  In Memory of Martin Stumpf
Pierre Cécile © Le son du grisli

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David Antin : John Cage sans Cage (Les presses du réel, 2011)

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David Antin est un homme de parole et un poète qui improvise depuis plus de quarante ans. John Cage sans Cage rassemble deux de ses talk poems : variations (souvenirs / inspiration) sur un même thème (le compositeur en question).

En introduction à la retranscription de ses performances, Antin explique sa démarche, sa relation à celui qui l’écoute, dont il a besoin même s’il avoue parler davantage pour lui-même. En public, son imagination et sa science littéraire s’entendent sur un flot de paroles qui ensorcellent ; sur le papier, l’absence de ponctuation, de majuscules, et une forme étrange, donnent au texte le statut d'œuvre aboutie. Pour ne plus parler de poésie, noter ce qu’on trouve-là de John Cage.

alors pourquoi serais-je la bonne personne pour
venir parler de john cage        puisque dès la
préface de son livre silence que j'ai trouvé si plein
de sens        silence        un livre que j'ai découvert
au début des années soixante et qui était porteur
de tellement de sens pour moi        je trouvais
aussi certaines des attitudes exprimées dans la
préface extrêmement peu prometteuses
        mais plus loin dans cette même préface
john fait preuve d'une grande perversité        je
partage cette perversité et je l'admire        je
suppose donc que c'est cela qui a pu le rendre
séduisant à mes yeux

Cage, alors : en anecdotes dont les toiles de fond sont celles des expressionnistes abstraits puis en évocation-prétexte au récit de la lente déchéance de la mère du poète. Derrière la figure du compositeur, ce sont deux chroniques saisissantes qui se succèdent.

David Antin : John Cage sans Cage (Les presses du réel)
Edition : 2011.
Livre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright, 2011)

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J’aimerais savoir pourquoi Jakob Riis, Danois de son état, prévient « No Denmark » avant de nous engager à écouter cinq de ses travaux de laptop (des duos avec Mats Gustafsson, Christine Sehnaoui Abdelnour, Anders Lindjö et Per Svensson, plus un solo).

Peut-être est-ce à cause de ses partenaires ? La saxophoniste qui propulse des courants d’air à l’intérieur de son appareil électronique. Le saxophoniste qui se sert de son baryton comme d’une arme de destruction massive. Les guitaristes (une préférence pour Anders, plus inventif que Svensson) qui bruitent pour tenter de crever l’appareil de Riis.

Avec eux, Riis s’est battu à en retourner des éléments de la taille de la terre, du ciel, de la mer et du soleil : No Soil, No Sky, No Sea, No Sun. Et c'est au milieu du CD, seul, qu’il a proféré son No Denmark. C’est d'aillleurs peut-être la plus belle pièce de toutes. Riis fait de sa solitude un atout. Il se promène parmi des drones et invente un paysage qui n’a rien de danois en effet. Parce qu’il n’est comparable à aucun autre paysage existant, tout simplement.

Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright / Metamkine)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2011.
CD : 01/ No Soil 02/ No Sky 03/ No Denmark 04/ No Sea 05/ No Sun
Pierre Cécile © Le son du grisli

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