Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Spéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhommele son du grisli #3
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Giuliano Tull : Boparte (Rudi, 2011)

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La question d’arpenter des terres mille fois (sans doute beaucoup plus) empruntées jusqu’ici semble ne pas trop gêner le saxophoniste Giuliano Tull : un zeste de bop, un chouia de free, une pincée d’humour (là, s’il était arbitre, le chroniqueur sortirait le carton rouge) ; le tout en projection d’un jazz que l’on qualifiera de vif et de saillant.

Reconnaissons à ce jazz, à son leader (Giuliano Tull : saxophoniste entre Bobby Watson pour le phrasé et Ornette Coleman pour la forme) et à ses sidemen (Lauro Rossi : trombone, Giovanni Maier : contrebasse, Luca Colussi : batterie) un côté incisif, lequel fait défaut à la majeure partie des groupes œuvrant dans ce style. Sans ennui, sans génie : le renouveau serait-il impossible ?

Giuliano Tull Quartet : Boparte (Rudi Records)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Boparte 02/ C20 03/ Corto 04/ Lucifero’s Cabaret 05/ My Works 06/ Onda Lunga 07/ Wingrocks
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Peter Brötzmann : Wolke in Hosen (FMP, 1976)

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Ce texte est extrait du deuxième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Ce qu’un solo peut dire, Wolke in Hosen l’a un jour expliqué dans l’urgence. En mai 1976, aux clarinettes, saxophones (alto, ténor et basse) et, pour conclure, au piano, Peter Brötzmann enregistra douze improvisations éclatées qui échappent non pas à l’entendement mais à toutes significations usuelles au point qu’on peut se demander, à leur écoute, ce qu’un tel solo veut dire. Voire ce qu’un enregistrement solo pourra encore dire ensuite.

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Dans les notes de Portrait que publia le label FMP, Sam Rivers explique comme personne de quoi retourne un solo librement improvisé : A contribution of solo selections representing an individual approach to the ethereal art of spontaneous creativity - no preconceived thematic or harmonic conception - with form evolving organically as mental and emotional impulses translate into musical sounds presented with technical dexterity projecting an uninhibited emotion driven free flowing river of vibrant, bold, melodic inventions - constantly accelerating upward expanding outward momentum soaring through harmonic extensions punctuating an infusion of fleeting images illuminating shapes in dazzling displays of pyrotechnical virtuosity generating intricate textures with fluctuating bands of poly-chromatic colour radiating through hues on shifting mosaics emoting sonic explorations with primal forces stimulating incandescent forays penetrating dense clusters polytonal thrusts and a-tonal aberrations of sound colours defying melodic or harmonic analysis - tone colours permuting into a melange of designs with patterns interweaving fragments into coherent lines blossoming into flowers of musical perfection - dissolving into shimmering apparitions entangled in the tapestry of undulating sound colours floating through harmonic overtones juxtaposed over random percussive bursts of exhilarating reverberations cascading through quivering, fluttering arpeggios melding disparate musical influences into a structure depicting a paradigm of sparkling melodic inventions engulfing lyrical outpourings diffused through visceral expressions of blissful tranquility to unpredictable ever-changing soundscapes imbued with complex poly-rhythms revealing exquisite outlines in sophisticated detail - elegantly articulated cadenzas eloquently phrased lines producing an anatomy of intense emotional content - a reflection of intrinsic spiritual energy - a portrait.

Aux saxophones, il y eut plus tôt de beaux ouvrages signés de quelques solitaires mémorables – For Alto d’Anthony Braxton, Solo Saxophone Concerts de Roscoe Mitchell – et, peu de temps après, on éditera Solo de Steve Lacy (Emanem) ou Birthright d’Hamiett Bluiett (India Navigation). Mais ces disques-là, malgré leur importance, interrogent-ils la nature de la pratique instrumentale en solitaire au point de Wolke in Hosen ? Ecarté le poncif de la « carte de visite » – Brötzmann n’est pas du genre en ayant en poche –, quel est donc ici l’enjeu de l’astreinte ?

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Afin de ne pas répondre, affirmons que l’heure à laquelle Brötzmann entra au studio FMP de Berlin n’était pas celle des questions. Ce qui rend peut-être le propos du musicien plus démonstratif que jamais : son disque solo sera ce qu’un disque solo devrait toujours être : un enregistrement qui consigne le savoir-faire et l’état d’esprit d’un musicien qui se doit d’ignorer son possible auditeur et même quelques fois s’oublier lui-même.

S’il faut décrire Wolke in Hosen, il faut parler d’une voix qui vocifère et filtre à travers le cuivre du ténor, d’une ballade tremblante à l’alto et de deux clarinettes affectées au service d’un blues maltraité ; d’un folklore inquiet encore, d’aigus volatiles et d’atermoiements anguleux capables de retraites sur balancelle, d’un air fellinien annonçant le spectacle donné mille fois mais avec moins de force de la lutte de Jacob avec l’ange, de modulations espiègles autant que ravageuses… Partout et dans le même temps, Peter Brötzmann mesure son propos et soigne et ses excès. Parmi les musiciens qui retiendront la leçon, citer ceux qui intégreront le Peter Brötzmann Chicago Tentet : Ken Vandermark seul sur Furniture Music et Mark in the Water, Mats Gustafsson sur Impropositions, Windows, Catapult ou The Vilnius Implosion, Fred Lonberg-Holm au violoncelle sur Personal Scratch ou Dialogs, ou encore Kent Kessler à la contrebasse sur Bull Fiddle. A chaque fois, en sachant depuis Wolke in Hosen ce qu’un solo peut dire, se demander ce que cet autre saura dire à son tour.

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Keith Tippett : From Granite to Wind (Ogun, 2011)

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Dans l’art de concilier les formes, Keith Tippett et ses amis (James Gardiner-Bateman, Kevin Figes, Ben Waghorn, Paul Dunmall : saxophones / Julie Tippetts : voix / Thad Kelly : contrebasse / Peter Fairclough : batterie) frôlent la franche réussite. Impossible n’est pas Tippett et si l’unité de cette longue suite trébuche parfois, elle projette du jazz l’une de ses essentielles vertus : sa versatilité.

Dans cette fresque aux contours clairs vont s’enchaîner des brides de swing, des unissons retors, une voix hors-cadre, des cavalcades de cuivres, un solo de ténor sidérant, des oppositions insolites (voix écartelée face à ténor soyeux). Parfois, la juxtaposition des formes ne prend pas. Ainsi, quand un solo de soprano vient heurter et s’échouer sur une forme contemporaine, le procédé n’infuse que collision et incompréhension. Un petit bémol qui ne doit cependant pas décourager l’écoute d’un disque souvent remarquable.

Keith Tippett Octet : From Granite to Wind (Ogun / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ From Granite to Wind
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Kim Cascone : The Knotted Constellation (Monotype, 2011)

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Kim Cascone a passé tant de temps derrière des ordinateurs qu’il en a gardé un goût pour les retouches. Sur son dernier disque en date, The Knotted Constellation, enregistré entre 2009 et 2010, celui qui travailla avec Lynch à l’ambiance sonore de Twin Peaks et collabora entre autres avec Merzbow, Scanner, Jason Kahn etc., triture des field recordings.

A ce jeu-là, Cascone fait de sa grande expérience un atout de choix. Sa une longue pièce musicale s'ouvre par des sons de cloches et, après des reverses, n'st plus qu'une affaire de oupçons. Les présences humaines détectées par les rayons ont pour nom Christopher et Cage Cascone, Darius Ciuta, C. Spencer Yeh… Soudain, perce un rire fou. On comprend que l’angoisse est de mise et distille un malaise comme peuvent le faire les installations parlantes de Dennis Oppenheim.

Ensuite les field recordings (Cascone a parcouru la planète entière) tout en rêvant de grands espaces se laissent enfermer dans de petites boîtes, autant de planètes qui forment un nouveau cosmos. Présentées tel quel ou électroniquement modifiése, elles sont les noires et les blanches de la partition céleste de Kim Cascone.

Kim Cascone : The Knotted Constellation (Fourteen Rotted Coordinates) (Monotype)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2011.
CD : 01/ The Knotted Constellation (Fourteen Rotted Coordinates)
Pierre Cécile © Le son du grisli


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En souvenir de Josef Škvorecký

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Disparu le 3 janvier, Josef Škvorecký avait raconté au son du grisli le jazz qu'il fit bande-son de sa littérature. Pour rappel et en souvenir, l'entretien se trouve ici. Son histoire et sa bibliographie ici.

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Tim Hodgkinson, Milo Fine : Teshuvah (Rossbin, 2011)

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Des brisures provoquées par les changements d’instruments (piano, percussions, clarinette) de Milo Fine, la clarinette de Tim Hodgkinson s’en octroie un joyeux festin. En ce sens, abondant de sarcasmes et d’emballements, elle enserre et ne lâche jamais les filets tendus par son partenaire. Mieux, elle bouleverse le cercle, foisonne d’un souffle vibrant, s’unit ou se brise en duo de clarinettes, détermine les espaces à éclaircir ou à confier au silence.

Bien des crêtes vont ainsi s’enchaîner ou se superposer, s’infiltrer dans ce jeu du chat et de la souris (entêtement rapproché dans The Renunciant, questions-réponses dans The Remembering), le piano de Milo Fine, jouant ici le rôle du catalyseur magnifique. Et ainsi d’approfondir un dialogue toujours plus vif et jamais en panne d’élans à confronter.

Tim Hodgkinson, Milo Fine : Teshuvah (Rossbin Production)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ The Renunciant 02/ The Remembering 03/ The Work to Return
Luc Bouquet © Le son du grisli

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John Coltrane : Je pars d’un point et je vais le plus loin possible (Editions de l’éclat, 2011)

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Ce sont là publiés trois entretiens de John Coltrane avec Michel Delorme et une lettre qu’il adressa à Don DeMichael en 1962. A une époque où l’évolution de Coltrane interroge, Delorme et Jean Cluzet (pour Les cahiers du jazz), Delorme seul (interview publiée dans Jazz Hot ici augmentée) puis Delorme et Claude Lenissois pour Jazz Hot encore, l'envisagent avec justesse.

Coltrane est ainsi soumis à la question à une époque où, précise Cluzet, il « ne nous a pas encore livré tous ses secrets. » Faisant preuve de tempérance et d’un intérêt nourri par un réel désir d’apprendre, Delorme et ses comparses recueillent la parole du saxophoniste : ses relations avec le « nouveau jazz » (ici, Coltrane confie ne pas avoir dépassé encore les recherches menées par Coleman, Mingus ou Dolphy), son évolution de créateur (durée de ses solos, nouvelles combinaisons de formations), ses interrogations quant à l’avenir de ses capacités d’instrumentiste (« Physiquement, je ne peux pas aller au-delà de ce que je fais actuellement dans la forme que je pratique. Cela m’effraie un peu de penser que je vais encore devoir changer »).

Honnête écartant toute pose, Delorme ne cache pas être dubitatif devant quelques choix faits par le saxophoniste. En conséquence, Je pars d’un point et je vais le plus loin possible pose plus de questions (celles du musicien et celles de son auditeur) qu’il n’enfile les affirmations satisfaites. Le doute est partout dans ces pages et, ici inscrit dans l’œuvre immense de John Coltrane, rend la lecture de ce petit recueil indispensable à tout amateur de John Coltrane. Dont Michel Delorme se souvient aujourd’hui : « Il se dégageait de lui une impression de grande force tranquille, il répondait aux questions de façon extrêmement sérieuse mais ne se prenait jamais au sérieux. Je n’ai jamais rencontré un artiste aussi humble. De mon côté, j’étais comme un gosse à qui on offre la lune, limite groupie ! Je passais le plus de temps possible avec lui et le conduisais là où il avait besoin d’ aller, j’allais faire des emplettes pour lui. J’aurais dû faire dédicacer ma bagnole ! »

John Coltrane : Je pars d’un point et je vais le plus loin possible. Entretiens avec Michel Delorme (Editions de l’éclat)
Edition : 2011
Livre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Merzouga : Mekong Morning Glory (Gruenrekorder, 2011)

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Ma passion pour les field recordings fera que bientôt je ne voyagerai plus. Je ne quitterai ma chambre que pour des questions d'ordre quotidien. Il me suffira de mettre dans ma platine un CD comme celui de Merzouga (né de l'union d'Eva Pöpplein et de Janko Hanushevsky), Mekong Morning Glory, et cela suffira.

Pas besoin d’avoir tourné et retourné des tonnes d’Atlas pour deviner où nous emmène ce CD : on y suit à l’oreille les méandres du fleuve légendaire (Laos, Cambodge et Vietnam). Certains ne changent rien à leurs carnets de voyages. D’autres, comme Merzouga, le font pour le partager et surtout pour ne pas ennuyer leurs auditeurs. Les enregistrements d’un voyage fait en 2008 ont donc été retouchés l’année d’après. Aujourd'hui, ils étonnent ceux qui n’ont pas fait ce voyage : des alizés, des oiseaux, des enfants, de l’eau, de temps en temps des instruments de musique. Des sons pas toujours « sonores » mais qui aident notre imagination et, des mois après, nous invitent à imaginer ce ravissant voyage. 

Merzouga : Mekong Morning Glory (Gruenrekorder)
Edition : 2011.
CD : 01/ Mekong Morning Glory
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Andre Vida : Brud (PAN, 2011)

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Constitué d’enregistrements réalisés en live et en studio entre 1995 et 2011, Brud (3 CD) offre une première vision d’ensemble de l’œuvre complexe du saxophoniste, poly-instrumentiste et poète Andre Vida.

Compositeur et improvisateur hongrois-américain vivant à Berlin, co-fondateur avec Brandon Evans du collectif new-yorkais CTIA, Andre Vida a notamment collaboré avec Anthony Braxton (il a participé à l’ensemble Ghost Trance), Rashad Becker, Axel Dörner, Matt "MV" Valentine, Tim Barnes, Helen Rush, Olaf Rupp, Clare Cooper, Clayton Thomas, Elisabeth King, Steve Heather, Jamie Lidell, Tim Exile and Kevin Blechdom, Elton John, Gonzales, Cecil Taylor, Ornette Coleman, Jim O’Rourke, Susie Ibarra, Guillermo E. Brown

Quartet, saxophone solo, pièces pour violoncelle et sextet de bois, musique électronique sont réunis dans ce recueil musical, organisé, non pas selon un ordre chronologique (un enregistrement de 1995 voisine avec des enregistrements de 2005 et de 2011) disposant linéairement des gestes musicaux isolés, mais plutôt selon des intensités et des aspects, des regroupements sonores faisant apparaître par secousses la formation stratifiée d'un langage jouant de la variété de ses idiomes.

Proche, par son caractère à la fois échevelé et raffiné, de certaines évolutions des jazz dits « free » et « loft » (on pense parfois aux enregistrements d'Henry Threadgill) ; rituelle ou extatique, par sa dimension performantielle, son acharnement réitératif, son caractère graduel et cyclique, ses écarts vers la voix humaine, vers le chant et vers le cri – caquètements, feulements, bourdonnements : la musique d'Andre Vida surprend chaque fois par ses réinventions et par l’étendue de ses modalités expressives, usant tantôt de la « pauvreté » d'un instrument seul – un synthé convulsif ou un saxophone écorché, suffoqué et brutal –, tantôt de la richesse des colorations harmoniques à l’intérieur d’une forme presque classique, comme dans Xberg Suite, composition en neuf mouvements pour basse, accordéon, batterie et sax ténor, qui introduit une impulsion régulière et un mouvement mélodique fort suivant un déploiement obsédant.

Brud est un objet peu saisissable, une sonographie étrange révélant des signes, des symboles et des itinéraires, montrant la transformation totale d’un musicien en quelque chose d’autre.

EN ECOUTE >>> Andre Vida & Anthony Braxton : Antiscones >>> Andre Vida : Kastle

Andre Vida : Brud. Volumes I-III. 1995-1991 (PAN / Metamkine)
Enregistrement : 1995-2011. Edition : 2011.
CD1: 01/ Purrls 02/ Child Real Eyes 03/ Cello Solo 04/ Blues Shuffler 05/ New Day 06/ Wire In My Heart 07/ Piece Of CD1 08/ 8 High Enough, That If You Fell, You Would Break Just A Little 09/ Plate Chicken Feed 10/ Who Let The Gods Out 11/ Wu Two 12/ Put It In Your Pocket 13/ Antiscones 14/ Tie Me Up 15/ Brudika 16/ Knoibs 17/ Rising 18/ Gypsy Star – CD2 : 01/ Broken Tape 02/ OClaClaVee 03/ AxelRaDre 04/ Kastle 2 05/ Falling Kastle 06/ Kastle E89 07/ Shields Kastle 08/ Woodwing – CD3 : 01/ X 02/ Staring Intently 03/ Lady Mandala 04/ A Delicate Situation 05/ Gypsy Star 06/ The Three Two 07/ 39 Flowers 08/ Solution S 09/ Wenn Dein Haar
Samuel Lequette © Le son du grisli

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C. Spencer Yeh : 1975 (Intransitive, 2011)

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C’est en amateur de drone que C. Spencer Yeh envisage un vieux piano sur 1975. C’est en imaginant de quelles manières il pourra ensuite transformer sa voix qu’il en donne sur le même disque.

Ici alors se succèdent les bruissements de cordes peu épaisses arrangées en nattes folles, une folie langagière faisant grand cas des 0 et des 1, des sinusoïdales ancrées dans le bois et des boucles vocales qui perdent au gré de leurs emballements de leur humanité. Au milieu du disque, Yeh chiffonne des enregistrements de saxophone solo, soumet un autre piano à la question des chocs ou promène, deux titres l'affirment, deux guitares ayant fait cause commune d’un horizon tremblant.

Ces pièces enregistrées entre 2005 et 2009 confondent pour leur salut improvisation, musiques électroacoustique et concrète et branle-bas de combat expérimental. Pour un « résultat » beaucoup plus convaincant que ce que Yeh a pu dire seul par le passé – sur Nothin’ But A Heartache, par exemple, où l’expérimentation tenait davantage de la pose stérile.

EN ECOUTE >>> Drone / Shrinkwrap From A Solo Saxophone (Skit)

C. Spencer Yeh : 1975 (Intransitive / Metamkine)
Enregistrement : 2005-2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Drone 02/ Voice 03/ Drone 04/ Voice 05/ Drone 06/ Shrinkwrap From A Solo Saxophone CD (Skit) 07/ Two Guitars 08/ Two Guitars 09/ Drips (Skit) 10/ Au revoir... 11/ ... Et bonne nuit
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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