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Tom Johnson : Orgelpark Color Chart (Mazagran, 2011)

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C’est le premier jour de neige que je passe sous les orgues (je suis actuellement très au Nord). Les instruments sont quatre. Ils ont été enregistrés en concert à Amsterdam. La partition qu’ils suivent est de Tom Johnson.

Le compositeur de L’Opéra de quatre notes fait bouger quatre orgues, sur une note. Leurs aigus se superposent, leurs voix se passent le témoin et dessinent un chemin qui descend et fait descendre avec lui la composition d’une octave. D'ailleurs plus on avance plus les notes graves empiètent sur la partition. Le trait épaissit comme les lignes des toiles de Franz Kline. Ces lignes noires que l’on retrouve lorsqu’on écoute Orgelpark Color Chart. Ces lignes noires qui ont ranimé mon goût pour les grandes orgues. Il suffisait d'un drone et d'un peu de neige.

EN ECOUTE >>> Orgelpark Color Chart (extrait)

Tom Johson : Orgelpark Color Chart (Mazagran)
Enregistrement : 23 mars 2010. Edition : 2011.
CD : Orgelpark Color Chart
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Jean-Marc Montera, Thurston Moore, Lee Ranaldo : Les anges du pêché (Dysmusie, 2011)

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Il y a longtemps que je ne cherche plus à comprendre pourquoi les guitares de Lee Ranaldo et de Thurston Moore me font un tel effet (que l’on pourrait qualifier de « bœuf »). Toujours, même lorsqu’elles tournent en rond sans avoir l’air de savoir où elles vont. Toujours, même depuis que, comme l’a fait remarquer le guitariste John Fahey au guitariste Elliott Sharp, Sonic Youth est devenu Sonic Middle Age. En accord avec Fahey, il faut bien admettre que les héros ont vieilli. Mais sont-ils fatigués pour autant ? Pour amorcer un début de commencement de réponse, il suffit de mettre sur la platine Les anges du pêché. Même si nous attribuerons en fait ce LP à Jean-Marc Montera puisqu’il y discourt tour à tour avec Moore et Ranaldo.

La première rencontre date de l’année dernière et la seconde de 1997 – c’est en fait une des chutes des sessions Connors  / Moore / Montera qui ont déjà servi à Hat Noir (A Possible Dawn) et Xeric (MMMR). Dédié à l’homme qui enregistra les guitaristes, In Memory of Martin Stumpf est l’œuvre de quatre mains qui égrènent une harmonie bruitiste. Montera et Moore se renvoient des larsens, des hoquets et des accords polymorphes… L’année 1997 embrasse les allures d’une fausse époque (new-no-wave / no-new-no-wave / no-no Wave ?).

Sur l’autre face, c’est Ranaldo qui joue avec Montera. Voilà l’exemple parfait de ces guitares qui « tournent en rond » à ce point qu'elles frisent l’illustration sonore. On dirait qu’elles se jaugent avant de trancher dans le vif du sujet. Ranaldo et Montera sont des guitaristes turbulents qui tournent à la vitesse du disque et s’entrechoquent. Comme en un pogo éternel, ils évoluent et grandissent en criant que le « middle age » n’est pas le même pour tout le monde.

Jean-Marc Montera, Thurston Moore, Lee Ranaldo  Les anges du pêché (Dysmusie / Souffle Continu)
Enregistrement  1997  2010. Edition  2011.
LP  A Montera  Ranaldo  From Another Room B Montera  Moore  In Memory of Martin Stumpf
Pierre Cécile © Le son du grisli

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David Antin : John Cage sans Cage (Les presses du réel, 2011)

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David Antin est un homme de parole et un poète qui improvise depuis plus de quarante ans. John Cage sans Cage rassemble deux de ses talk poems : variations (souvenirs / inspiration) sur un même thème (le compositeur en question).

En introduction à la retranscription de ses performances, Antin explique sa démarche, sa relation à celui qui l’écoute, dont il a besoin même s’il avoue parler davantage pour lui-même. En public, son imagination et sa science littéraire s’entendent sur un flot de paroles qui ensorcellent ; sur le papier, l’absence de ponctuation, de majuscules, et une forme étrange, donnent au texte le statut d'œuvre aboutie. Pour ne plus parler de poésie, noter ce qu’on trouve-là de John Cage.

alors pourquoi serais-je la bonne personne pour
venir parler de john cage        puisque dès la
préface de son livre silence que j'ai trouvé si plein
de sens        silence        un livre que j'ai découvert
au début des années soixante et qui était porteur
de tellement de sens pour moi        je trouvais
aussi certaines des attitudes exprimées dans la
préface extrêmement peu prometteuses
        mais plus loin dans cette même préface
john fait preuve d'une grande perversité        je
partage cette perversité et je l'admire        je
suppose donc que c'est cela qui a pu le rendre
séduisant à mes yeux

Cage, alors : en anecdotes dont les toiles de fond sont celles des expressionnistes abstraits puis en évocation-prétexte au récit de la lente déchéance de la mère du poète. Derrière la figure du compositeur, ce sont deux chroniques saisissantes qui se succèdent.

David Antin : John Cage sans Cage (Les presses du réel)
Edition : 2011.
Livre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright, 2011)

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J’aimerais savoir pourquoi Jakob Riis, Danois de son état, prévient « No Denmark » avant de nous engager à écouter cinq de ses travaux de laptop (des duos avec Mats Gustafsson, Christine Sehnaoui Abdelnour, Anders Lindjö et Per Svensson, plus un solo).

Peut-être est-ce à cause de ses partenaires ? La saxophoniste qui propulse des courants d’air à l’intérieur de son appareil électronique. Le saxophoniste qui se sert de son baryton comme d’une arme de destruction massive. Les guitaristes (une préférence pour Anders, plus inventif que Svensson) qui bruitent pour tenter de crever l’appareil de Riis.

Avec eux, Riis s’est battu à en retourner des éléments de la taille de la terre, du ciel, de la mer et du soleil : No Soil, No Sky, No Sea, No Sun. Et c'est au milieu du CD, seul, qu’il a proféré son No Denmark. C’est d'aillleurs peut-être la plus belle pièce de toutes. Riis fait de sa solitude un atout. Il se promène parmi des drones et invente un paysage qui n’a rien de danois en effet. Parce qu’il n’est comparable à aucun autre paysage existant, tout simplement.

Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright / Metamkine)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2011.
CD : 01/ No Soil 02/ No Sky 03/ No Denmark 04/ No Sea 05/ No Sun
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Frank Wright : Uhuru Na Umoja (America, 1970)

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Ce texte est extrait du deuxième des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dans Music in My Soul, autobiographie publiée aux éditions Buddy Knife, Noah Howard raconte : J’ai rencontré Frank Wright  à l’été 1962, je me souviens bien de ce jour, j’avais répété avec Dave Burrell de l’autre côté de la rue où j’habitais alors, c’était une de ces journées très chaudes dans le Lower East Side, plus de 38 degrés et une forte humidité. On était tous sur le trottoir à parler – Dave Burrell, Norris Jones, Bobby Kapp, Marion Brown et Sonny Sharrock – quand une Cadillac s’arrête d’où sort Sunny Murray avec ce grand noir qui balance de sa grosse voix : « Je suis Frank Wright ! (…) Frank avait déjà ce franc-parler et une personnalité très affirmée. Il était difficile à ceux qui le rencontraient de ne pas l’apprécier. De l’association Frank Wright / Noah Howard – dans le même livre, le second précise que de son arrivée à Paris, à la suite de Wright, naît le « Frank Wright-Noah Howard Quartet » –, quatre enregistrements sont connus : One for John, enregistré en 1969 ; Uhuru Na Umoja, Space Dimension et Church Number Nine, datant de l’année suivante.

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A chaque fois : Wright est au ténor, Howard à l’alto, Bobby Few au piano. A la batterie sur One for John et Church Number Nine : Muhammad Ali (que Wright trouve un matin sur le pas de sa porte après avoir signifié à son frère, Rashied, qu’il cherchait un batteur) ; sur Uhuru Na Umoja et Space Dimension, Art Taylor le remplace. On ne sait où vont se nicher les causes des préférences : pour Uhuru Na Umoja, disque publié sous le nom de Wright par le label America, la préférence tient elle aussi du mystère. Ou peut-être de Taylor ? Sur la couverture, l’ancien soutien rythmique de Bud Powell et Red Garland y affiche sa présence dans le contraste. Si non, serait-ce des cinq compositions signées Howard qu’on trouve sur le disque ? En ouverture, « Oriental Mood » : chinoiserie fantastique dont un free abrasif fera sa chose. La coalition des saxophones vitupère, siffle, attise le feu dont « Aurora Borealis » s’emparera pour composer un vaste paysage fait de rouge et d’ors. Les arpèges de Few, appuyés, feront la transition jusqu’à « Pluto » – avant d’y arriver, le quartette aura servi deux promesses : « Grooving » et « Being ». L’ascension est imposante et les lignes de conduite brisées de plus en plus : en conséquence, l’ardeur avec laquelle la formation progresse est furieuse.

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Après avoir abandonné le Mississipi pour Cleveland où il s’est fait entendre à la contrebasse avant d’adopter le saxophone ténor sous l’influence d’Albert Ayler – « cet expressionnisme abstrait est devenu son message », écrit encore Howard Wright gagna donc New York. Investir la scène du Village Gate avec Coltrane, enregistrer avec Ayler un Holy Ghost de légende, et puis arpenter le secteur en Cadillac. Dire que sa rencontre avec Howard a fourni les preuves les plus évidentes de l’art avec lequel Wright a œuvré à transformer le jazz ancien à en perdre haleine n’atténuera ni les qualités des disques qu’il enregistra par la suite sous la bannière Center of the World avec Alan Silva et les mêmes Few et Ali ni la superbe de ses apparitions dans l’Orchestra of Two Continents de Cecil Taylor – pour citer Howard une dernière fois : « Frank a joué brièvement avec Cecil Taylor, et je crois qu’il a été le seul saxophoniste que Cecil a vraiment entendu. »

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Alexey Kruglov : Identification (Leo, 2011)

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Les trois précédents CD d’Alexey Kruglov publiés chez Leo Records pouvaient laisser planer quelques doutes : l’appétit était là, le potentiel aussi mais le tout restait bien trop superficiel ou éphémère pour convaincre totalement.

Identification, longue suite de soixante-quatre minutes, rassure. En trio avec le contrebassiste Dmitry Denisov et le batteur Vladimir Borisov, Alexey Kruglov multiplie les angles d’attaque, utilise ses propres monogrammes pour aérer une improvisation qu’il veut d’abord explosive avant de laisser batterie puis contrebasse déposer quelques solaires solos (mais quel horrible sonorité de contrebasse tout de même !).

Souvent le leader embouche plusieurs saxophones et, simultanément, se crispe sur un piano rugueux et conquérant (Charles Gayle n’est alors plus très loin), d’où cette étrange impression d’entendre un quartet plutôt qu’un trio. En fin de disque, une mélodie aux sages contours viendra révéler une autre facette du multi-instrumentiste : possible remède aux frondes déclenchées précédemment, la douceur d’Alexey Kruglov finalise un disque souvent envoûtant, toujours passionnant.

Alexey Kruglov : Identification (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Identification
Luc Bouquet © Le son du grisli

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The Ames Room : Bird Dies (Clean Feed, 2011)

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Après s’être souvenu sur In de concerts donnés à Niort et à Poznan, The Ames Room voit publiée sur Clean Feed une équation singulière : The Ames Room in Lille = Bird Dies. L’enregistrement date du 10 mars 2010 et renferme une pièce unique. Elle est, il va presque sans dire, recommandable à plus d’un titre.

Sur Bird Dies donc, l’association Guionnet / Thomas / Guthrie enfonce le clou à coups de bec, d’archet et de baguette : d’une pratique musicale wisigothe, d’une épreuve d’endurance et d’intensité, d’une scansion répétitive qui trouve son salut dans l’accident, d’un jeu de dupes enfin auquel se livre, bonhomme, la réunion de trois boutefeux.

D’abord, l’alto de Guionnet bute : ses partenaires filtrent ses premiers motifs (frappes joueuses de Guthrie) ou les lui renvoient au visage (claques assénées par Thomas sur contrebasse-catapulte). Là, Guionnet esquive et, obstiné, décide d’un autre plan : comme en un jeu de briques il fait tourner ses phrases courtes de degré en degré jusqu’à ce qu’elles s’imbriquent dans le mur épais que le trio élève. Qui impressionne, une fois terminé, à en croire le nombre d’oiseaux inertes retrouvés à son pied. 

The Ames Room : Bird Dies (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 10 mars 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Bird Dies
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

total_meetingJean-Luc Guionnet jouera à Paris ce vendredi 9 décembre en duo avec Seijiro Murayama (Jazz at Home). Le dimanche 11 décembre, il jouera à Tours, cette fois en Hubbub (Total Meeting).

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Adam Pieronczyk : El buscador (Jazzwerkstatt, 2010)

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Ça s’appelle El Buscador. Il y a un leader (le saxophoniste polonais Adam Pieronczyk) et des sidemens (le tromboniste Adrian Mears, le contrebassiste Anthony Cox, le batteur Krzysztof Dziedzic). Il y a du jazz et presque que cela. Et il y a aussi un ennui kolossal. Mais il y aussi le rôle du chroniqueur qui est celui d’informer.

Donc informons : un ténor soyeux, un soprano quelconque, des contrepoints rarement avisés, une contrebasse qui régule les fluides, des compositions et orchestrations semblant extraites des derniers CD d’Henri Texier (en beaucoup moins bien), des densités toujours remises à plus tard, des solos sans inspiration ni aspérités, des lignes claires mais inhabitées. Il y a tout cela mais si peu d’idées nouvelles que l’écoute en résulte éprouvante.

Adam Pieronczyk Quartet : El Buscador (JazzWerkstatt)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Ivolginskij Dacan 02/ The Bushido Code 03/ Tranquil Prestidigitator 04/ Copernicus 05/ Andalusian Garden Bel Canto 06/ If I Ever Sawthe Seashore, I Believe I’d Die of Joy 07/ Muniak & Pieronczyk Best Bakers in Town 08/ The Storks of Marrakech
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Misha Mengelberg, Evan Parker : It Won't Be Called Broken Chair (Psi, 2011)

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Le statut de « vénérables vétérans » fait-il du duo de ces « figures de l'improvisation euro-péenne » une évidence ? Pas si sûr...

Faut-il s'étonner qu'il n'ait pas été formé avant cette rencontre au Bimhuis amstellodamois en février 2006 ? Sans doute, mais cela semble significatif.

Les deux longues improvisations (l'une pendant le concert même, l'autre avant l'arrivée du public) retenues sur ce disque (bien que deux autres pièces avec EP au saxophone soprano aient été enregistrées – c'est ce que révèle l'amusant livret que signe Steve Beresford) témoignent sans erreur de la fructueuse association des principes – divergents, vraiment ?! – qu'incarnent ou semblent incarner Evan Parker (saxophone ténor) & Misha Mengelberg (piano).

Le raccourci bien commode qui voudrait que le premier soit « volcanique » et le second « dégagé » ne tient pas longtemps : à la prolifération attendue, le souffleur sait préférer d'assez suaves linéarités jazz ; et le pianiste ne s'épuise pas plus en gambades fantasques qu'en sauts dégingandés. Si, çà et là, les esprits s'échauffent un peu, le jeu, avec son économie propre, prime toujours : celui de cache-cache, celui du cadavre exquis (ou de la citation exhumée), celui du stride contre le phrasé rêveur...

Pour celui des échecs (avec saxophoniste), Misha avait trouvé un partenaire en Lacy ; pour celui de colin-maillard (avec pianiste), Evan connaît Tilbury, et Tracey pour le scrabble, et Schlippenbach pour celui de go. Ensemble, Parker & Mengelberg jouent, joutent et nous réjouissent.

Misha Mengelberg, Evan Parker : It Won't Be Called Broken Chair (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 18 février 2006. Edition : 2011.
CD 01/ Broken Chair 02/ At the Magician's
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Ig Henneman : Cut A Paper (Wig, 2011)

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Sûr que les recrues du sextette d’Ig Henneman font pâlir d’envie plus d’un orchestre épais – qu’ils versent ou non dans la musique intègre. Ainsi y trouve-t-on aux côtés de la violoniste : Ab Baars (saxophone ténor, clarinette, shakuhachi), Axel Dörner (trompette), Lori Freedman (clarinette, clarinette basse), Wilbert de Joode (contrebasse) et Marilyn Lerner (piano).

Sur des compositions d’Henneman, le groupe accorde ses savoir-faire et ses penchants fantasques : à partir d’une citation de Monk, sert une pièce aussi cérébrale que ludique (Moot) ; touché par le souffle de Dörner, caresse d’autres espoirs de réduction (Rivulet, Precarious Gait) ; enivré par ses frasques instrumentales, entame une danse macabre (Cut A Paper) ou transforme des souvenirs de standards en pièce d’un théâtre musical où les tirades en démontrent (Brain and Body).

A la proue du vaisseau – Hollandais volant, il va sans dire –, Henneman peut ressasser une trouvaille mélodique et l’interroger au gré d’arrangements précis (Light Verse), commander à tel élément de sa troupe de s’en extirper, histoire de voir ce qu’il est capable d’inventer hors d’elle (Narration) ou encore peindre à coup d’archet des collisions d’oiseaux de feu (Toe and Heel). N’est-ce pas assez pour aller entendre Cut A Paper * ?

EN ECOUTE >>> Fervid
 
Ig Henneman : Cut a Paper (Wig)
CD : 01/ Moot 02/ Light Verse 03/ Brain and Body 04/ Rivulet 05/ Narration 06/ Toe and Heel 07/ Fervid 08/ Cut a Paper 09/ Precarious Gait 10/ A Far Cry
Enregistrement : 19 et 20 décembre 2010. Edition : 2011.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

tm* et, ce samedi 10 décembre, l’Ig Henneman Sextet à Tours, dans le cadre du festival Total Meeting?

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