Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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The Thirteenth Assembly : Station Direct (Important, 2011)

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On aurait beau louer derechef la pratique instrumentale des quatre musiciens qui composent The Thirteenth AssemblyTaylor Ho Bynum (cornet), Mary Halvorson (guitar), Jessica Pavone (violon) et Tomas Fujiwara (batterie) –, il faudrait encore s’assurer, pour conseiller l’écoute de leur second enregistrement, Station Direct (Terminus aurait eu le mérite de nous soulager un peu), qu’ils aient trouvé là quelque chose à en faire.

C’est que cela fait quelques disques que ces quatre individualités peinent (ensemble ou séparément) à exprimer quoi que ce soit, sinon d’original, au moins digne d’intérêt. Piochant un peu partout (jazz, folk, rock, minimalisme…), le musicien « neuf » pense que le mélange suffira pour rendre sa musique « nouvelle ». Or, celle-ci tourne à vide : on s’agite en répétitions, en unissons ou en canons ; on change des mélodies bécasses en exercices de style démonstratifs ; on se contente du passage au demi-ton voisin ou d’un peu de frénésie – là, les audaces sont de courtoisie et les impertinences s’imposent de clin d’œil en mouvement du menton – pour développer un peu.

Ainsi Station Direct est-il un gâchis qui semble suffire à ses auteurs : espérons seulement qu’ils ne fassent pas de ces mélanges indigestes le leitmotiv de leur discographie en devenir.

The Thirteenth Assembly : Station Direct (Important / Orkhêstra International)
Enregistrement : 11 décembre 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Nosedive 02/ Coming Up 03/ Randall Clasper 04/ Prosthetic Chorizo 05/ Long Road 06/ Station 07/ Direct
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources, 2011)

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Neuf mouvements en tension extrême, parcourus de forces obscures et rougeoyantes, qui font émerger par masses lentes et graves des phénomènes sonores hérissés de possibles, aux irisations inquiétantes : respirations saturées, grincements de portes, larsens, bruits de lames de couteaux, scintillements métalliques presque cristallins, étirements de tracés lumineux aux formes mystérieuses, glissandi de cordes scabreux, rires…

Neuf métamorphoses formidablement orchestrées et interprétées par onze musiciens (cuivres, bois, contrebasse et deux guitares électriques jouées par Henry Kaiser et Elliott Sharp), qui déploient des morphologies ambigües, comme électronisées, évoquant par jeux de latence successifs, des sons environnementaux – la mer, le vent, un oiseau –, un bestiaire fantastique, tout une jungle, selon d’étranges processus d’involution et d’évolution, de défiguration et de refiguration.

Une expérience d’écoute intense où l’ombre et le non-vu – le non-ouï – activent en silence une puissante fantasmatique.

Alon Nechushtan : Dark Forces (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01-10/ 01-10
Samuel Lequette © Le son du grisli

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Alex Mincek : Lift-tilt-filter-split (Carrier, 2011)

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Les cinq pièces récentes d'Alex Mincek regroupées ici constituent une bonne introduction à l'univers de ce jeune compositeur : abordant d'une façon ou d'une autre – mais toujours avec une énergique clarté – les problématiques de la répétition et de la modification, de l'identité et de la distinction, de la progressivité et de la soudaineté, ce répertoire intéresse dès la première audition.

Dans leurs jeux de reprises, les Pendulum III et V – ce dernier ferait presque songer à certaines conductions de Butch Morris – tout autant que Poco a poco, servis par l'efficace Wet Ink Ensemble, exposent leurs séquences et combinaisons d'une façon aussi incisive que la composition Lift-tilt-filter-split : le JACK Quartet (ledit quatuor à cordes s'est par exemple fait connaître dans Xenakis, pour le label Mode) y exprime son mordant avec une rauque électricité. Le duo Nucleus (pour saxophone & percussion, par Michael Ibrahim & Eric Poland) quant à lui, n'est pas moins digne d'intérêt ; davantage peut-être pour ses principes de composition que pour son monde sonore (qui ne surprendra guère l'amateur de Butcher & Sanders).

Un corpus de belle tension, qui mérite vraiment d'être découvert !

Alex Mincek : Lift-tilt-filter-split (Carrier Records)
Edition : 2011.
CD : 01/ Pendulum V (2009) 02/ String Quartet n°3 : lift-tilt-filter-split (2010) 03/ Pendulum III (2010) 04/ Poco a poco (2009) 05/ Nucleus (2007)
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Peter Evans : Beyond Civilized and Primitive (Dancing Wayang, 2011) / Ghosts (More Is More, 2011)

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Pour ne pas avoir lu Ran Prieur – philosophe ayant publié ce Beyond Civilized and Primitive qui a inspiré Peter Evans –, il s’agira de se faire une idée d’une pensée au gré des sons qu’elle a inspirés. Pas simple, si l’on prend en considération les six pièces du vinyle…

Fruits de deux jours passés en studio, ils font en effet état d’un goût pour l’éparpillement – plutôt charmant, il va sans dire, Nature/Culture n’a-t-il pas déjà prouvé que la solitude va plutôt bien à Evans ? Ainsi le trompettiste rapproche-t-il sur deux faces ses divers intérêts d’instrumentiste curieux : pour des berceuses débordant d’un horizon qui tient dans une note, pour un minimalisme progressant avec lenteur, pour des solos développés sur drone enregistré au préalable, pour des improvisations s’entrechoquant, une expérimentation aux usages pneumatiques ou encore un lyrisme fait pour être érodé.

Si le titre de la berceuse (Complexity, Change, Invention, Stability, Giving, Freedom, and Both the Past and the Future) pourrait expliquer de quoi retourne le disque dans son entier, c’est que les mots qu’on y trouve sont autant de clefs pour la compréhension des gestes et des propositions de Peter Evans comme des exercices et des trouvailles de Beyond Civilized and Primitive.

Peter Evans : Beyond Civilized and Primitive (Dancing Wayang)
Edition : 2011.
LP : A1/ Complexity, Change, Invention, Stability, Giving, Freedom, and Both the Past and the Future A2/ History is Broken A3/ What Is Possible? – B1/ We Like Hot Baths and Sailing Ships… B2/ Simple Tools for Complex Reasons B3/ Our Nature Is Not a Location
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En compagnie de Carlos Homs (piano), Sam Pluta (live processing), Tom Blancarte (contrebasse) et Jim Black (batterie), Peter Evans défend sur Ghosts une musique qui actualiserait celle de Sun Ra (faut-il oser le faire) ou celle du Miles Davis électrisé (faut-il en avoir envie). Le jazz qu’on y entend est ainsi consigné en capsule qui, après propulsion, deviendra satellite. Les interventions de Pluta ne sont pas pour rien dans la réussite du projet : l'empêchant de ourner en rond parce qu’e lui se refuse  à   respecter toute ligne de conduite.

Peter Evans Quintet : Ghosts (More Is More / Orkhêstra International)
Enregistrement : 5 et 6 juin 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ ... One to Ninety Two 02/ 323 03/ Ghost 04/ The Big Crunch 05/ Chorales 06/ Articulation 07/ Stardust
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos, 2011)

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Je n’ai jamais jamais autant attendu l’hiver que depuis qu’il a disparu. Ce n’est plus du ciel d’ailleurs qu’il peut arriver, mais des disques que je conserve au chaud. Il m’est par exemple arrivé hier lorsque, en écoutant le premier enregistrement de Risonanze erranti, un grand frisson m’a parcouru.

C’est l’Ensemble Experimental (Klaus Burger, Susanne Otto, Roberto Fabbriciani), Les Percussions de Strasbourg et l’EXPERIMENTALSTUDIO des SWR qui jouent cette œuvre électroacoustique (les electronics sont live) de Luigi Nono. Des mots extraits de volumes d’Herman Melville et d'Ingeborg Bachmann peuvent faire croire à des chansons glaçantes. Les voix s’y coupent malgré la résonance. Les percussions claquent. Des sifflets vous font perdre tous vos repères. Risonanze erranti vous couvre de blancs et vous voilà bien.

Pour tuba et live electronics, Post-prae-ludium per Donau est une pièce écrite pour Giancarlo Schiaffini. Klaus Burger est au tuba à côté des musiciens de l’EXPERIMENTALSTUDIO. Mais le tuba de Berger est une extension de la voix humaine. Il se promène avec délicatesse, là-bas, sur des couches de ouate et derrière des vapeurs. Les sons explorent les blancs de Malevitch alors que l’hiver n’arrive toujours pas. Peut-être est-il tombé sur l'Italie.

Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos)
Edition : 2011.
CD : 01/ Risonanze erranti 02/ Post-prae-ludium per Donau
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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ASPEC(T) : Abattoir (Nuun, 2011)

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ASPEC(T), ça pourrait être Keith Fullerton Whitman et Mat Pogo plongés dans le mazout. Parce que les collages du duo Mario Gabola (sax, minicassette, feedbacks, etc.) / SEC_ (bandes, samples, feedbacks, etc.) sont extatiques, sombres, frénétiques, et même parfois... lugubres !

Leurs bidouillages violents font remonter une bile de velours noire qu’on ignorait être en nous. Leur noise est bestial (des cris sont mixés à des aboiements) et leur langage inquiète plus que deux raisons. Abattoir, c’est encore les carcasses de Soutine au balcon et les fantômes de Bacon en sautoir. Inutile de dire qu’il est urgent d'aller voir l’exposition.

EN ECOUTE >>> La bestia inafferrabile

ASPEC(T) : Abattoir (Nuun Records)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Limitrofie 02/ Asymmetric Mimicry 03/ La bestia inafferrabile 04/ LightFoot 05/ Strategies of disappearance 06/ Contratti o sabotaggio? 07/ Black Body 08/ Noisy-le-grand 09/ Noisy-le-sec 10/ Intorno al drago 11/ Welcome to the new barbarian
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Denman Maroney : Double Zero (Porter, 2011)

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La notion d’ « hyperpiano » pour Denman Maroney n’est pas coquetterie mais la juste vision d’un travail entrepris depuis de nombreuses années en direction du centre et des périphéries du piano. Ainsi, la symétrie et la dissymétrie trouvent ici un moyen de se réconcilier et d’accompagner les heurts et chavirements voulus par le musicien.

Une main dans le ventre de la bête, une autre actionnant l’ivoire, voici un florilège de sons : sons fantômes, sirènes hurlantes et fracassantes, bourdonnement de tampura, résonnance d’acier, craquements et grincements, glissendis chromatiques, brides mélodiques aux accents monkiens : ici, entaille et harmonie ne sont plus ennemis mais alliés d’une suite solo particulièrement convaincante.

Denman Maroney : Double Zero (Porter/ Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Double Zero Part I 02/ Part II 03/ Part III 04/ Part IV 05/ Part V 06/ Part VI 07/ Part VII 08/ Part VIII 09/ Part IX
Luc Bouquet © Le son du grisli

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DuH : In Just (Red Toucan, 2011)

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Le premier concert de DuH – comprendre Frank Gratkowski (saxophone alto, clarinette et clarinette absse), Szilárd Mezei (violon), Albert Márkos (viloncelle) et Martin Blume (batterie) – eut lieu le 3 mai 2010 au LOFT de Cologne. In Just y revient.

Là, une dizaine d’improvisations obnubilées par les graves aux percussions vives qui recadrent et parfois même apaisent les chamailleries des instruments à vent et du violon. A l’alto, Gratkowski se montre inspiré (entendre Hop-Scotch), ce qui l'invite à prendre de grands airs de meneur de jeu. Sur abstractions saillantes, les musiciens font alors preuve de belles idées et de forte cohésion. 

DuH : In Just (Red Toucan / Orkhêstra International)
Enregistrement : 3 mai 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ In Just 02/ Spring 03/ Balloonman 04/ Mud-luscious 05/ Hop-scotch 06/ Jump-rope 07/ Far and wee 08/ Goat-footed
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Colorlist : The Fastest Way to Become the Ocean (Serein, 2011)

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Il y a forcément une surprise, bonne ou mauvaise, lorsqu'on ne s'attend à rien de particulier. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'un EP, un format souvent d'essai et de ratures. La surprise est ici excellente. La musique jouée par Colorlist (Charles Rumback,  batterie, synthétiseurs, électroniques & Charles Gorczynski, saxophones, harmonium, Monome) évoque tour à tour le world-jazz atmosphérique de Jan Garbarek (Light Conditions), les passacailles vocales de Moondog (What We Have Left) et les contrepoints calculés de Steve Reich (Nine Lives, sur lequel le guitariste Jeff Parker de Tortoise a été invité).

Colorlist nous offre ainsi un bain sonore bienfaiteur où les arpèges ensorcelants sont accompagnés de percussions pointillistes et de drones à l'harmonium. La sensiblerie et de la technicité font facilement sombrer ce type de mélopées. Colorist force le respect en accordant autant de place à la sensibilité et à la précision.

Colorlist : The Fastest Way to Become the Ocean (Serein)
Edition 2011.
LP : A1/ Light Conditions A2/ Nine Lives B1/ Coming into Sight bB2/ What We Have Left
Eric Deshayes © Le son du grisli

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Byard Lancaster : It's Not Up To Us (Vortex, 1968)

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Ce texte est extrait du deuxième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Cet album, selon son auteur, ne serait pas encore celui du plein épanouissement. Ce pourquoi d’ailleurs il se nomme It’s Not Up To Us. Sans compter que l'on y voit Byard Lancaster, sur la pochette, gravir de premières et métaphoriques marches… De ce disque produit par Joel Dorn pour Vortex, filiale d’Atlantic, le saxophoniste garde un bon souvenir, comme confié huit ans après sa réalisation à Philippe Carles, dans le cadre d’une interview publiée par Jazz Magazine. Surprenant entretien toutefois, ayant offert une couverture inespérée à cet Américain dont les propos s’avèrent çà et là contradictoires : l’on y sent un artiste tiraillé entre l’attrait du « business » et l’idée de participer à l’édification d’un monde meilleur.

Grâce au « business » Byard Lancaster entend cependant défendre une bonne cause : faire connaître au plus grand nombre la Great Black Music, tout en proposant une alternative au son alors en vogue dans sa ville d’origine, à savoir le Philadelphia Sound des producteurs Kenny Gamble et Leon Huff, tandem usinant des tubes au demeurant fort respectables immortalisés par Billy Paul, les Spinners ou les O’Jays.

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L’histoire de Philadelphie est indissociable de celle du jazz. Coltrane y a vécu. Jimmy Heath, Bobby Timmons et Lee Morgan s’y sont exprimés. Byard Lancaster, Khan Jamal, Rufus Harley et Monnette Sudler ont fini par en incarner un certain esprit, au point qu’au début des années 2000, Antoine Rajon les produise tous quatre pour le compte du petit label Isma’a : « Byard Lancaster est un homme libre confie-t-il. Hérault d’une musique qui n’est plus du jazz, il poursuit la quête d’Albert Ayler d’un folklore universel et moderne dont l’inspiration stellaire renvoie l’écho de l’Afrique originelle. »

Comme Charlemagne Palestine, mais à sa manière, Byard Lancaster paraît traquer sans fin le son primordial. Parfois même, en raison de cette recherche, il a pu donner l’impression de se disperser au fil des rencontres et des voyages qui le menèrent jusqu’en Jamaïque aux côtés de Big Youth.

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Quand It’s Not Up To Us est enregistré, Byard Lancaster n’a pas encore séjourné à Paris où il joua régulièrement auprès de ses compatriotes Clint Jackson III et Keno Speller, de Philadelphie eux aussi, présence dont témoignent des opus sortis par Jef Gilson sur Palm / Vandémiaire. Depuis, de celui qui a donc croisé Sun Ra, Pharoah Sanders, Bill Dixon, Larry Young et Ronald Shannon Jackson, le pianiste français François Tusques se souvient comme « d’une grande source d’inspiration et d’un authentique représentant du soul / free jazz ». Funny Funky Rib Grib, entre autres dédié à James Brown et Sammy Davis, en atteste. Tout comme ses œuvres des seventies les plus personnelles : Exodus, Personal Testimony, Live At Macalester College et le microsillon éponyme gravé avec le groupe Sounds Of Liberation. Toutefois, pareille intensité ne sera plus, par la suite, que rarement atteinte en dehors d’une version habitée de « The Creator Has A Master Plan » et des retrouvailles, sur Ancestral Link Hotel et Pam Africa, avec le batteur-percussionniste (mais pas que) Harold E. Smith.

Du meilleur alors encore à venir, réédité par Porter Records en CD depuis que les originaux sont devenus des pièces de collection, It’s Not Up To Us propose une sympathique ébauche dans laquelle on entend Byard Lancaster au saxophone, tout comme à la flute, son autre instrument de prédilection (il chante et joue aussi du piano, à l’occasion, mais pas ici). Surtout It’s Not Up To Us donne à entendre le guitariste Sonny Sharrock, à qui sont quasiment réservées les neuf minutes de « Satan », plage étonnamment singulière et mature par rapport aux autres compositions, et véritable morceau de bravoure question jeu. Globalement l’ambiance évoque The Dealer de Chico Hamilton (les alliages flute / guitare n’y sont pas étrangers), voire le saxophoniste Azar Lawrence en compagnie de Larry Coryell à ses débuts – au fait : qui se souvient encore d’Azar Lawrence ?

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