Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Disappears : Pre Language (Kranky, 2012)

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Parce qu’il faut bien qu’il s’occupe, Steve Shelley donne du fût et de la cymbale dans Disappears, qui sort aujourd’hui Pre Language. Comme on avait déjà pu l’entendre sur Lux et Guider, Disappears est très influencé par… Sonic Youth. Mais pas que.

C’est ce sur quoi insiste Pre Language. Dedans, rien de neuf ni de surprenant, mais un rock accessible, gimmicks et distorsions, en un mot marketing comme en cent : efficace. Pour différencier les morceaux, les intonations changent comme les influences (on entend celles du Velvet, de Joy Division, Pavement, Charlatans, et même parfois Oasis (oui), surtout quand le chant ne se contrôle plus).

De bon ton, mais Disappears sait se faire plus ténébreux : Love Drug (qu’est-ce à dire ?) est ainsi le titre qui fait qu’on peut espérer que le groupe fasse plus original, et donc (encore) mieux, sur son prochain album…

Disappears : Pre Language (Kranky)
01/ Replicate 02/ Pre Language 03/ Hibernation Sickness 04/ Minor Patterns 05/ All Gone White 06/ Joa 07/ Fear of Darkness 08/ Love Drug 09/ Brother Joliene
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Archipel électronique Vol. 1 (D'autres cordes, 2011)

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La lecture des quelques noms « connus » à l’affiche de la présente compilation (Sébastien Roux, eRikm, Frank Vigroux, Bérangère Maximin) laissait entrevoir une série de découvertes importantes, sinon sympathiques, et le moins qu’on puisse dire est que nulle déception ne surgit à l’écoute des neuf plages d‘Archipel Electronique Vol. 1 – à tel point que j’espère déjà une suite.

Tout débute d’ailleurs de fort belle manière en compagnie de Christophe Ruetsch. Associé à l’Ensemble Pythagore et au collectif Eole, l’artiste français né dans le Gers dévoile une pièce totalement subtile (S.L.O.T), à la croisée de William Basinski, Giuseppe Ielasi et Phil Niblock qui, rien qu’à elle seule, vaut le détour. Davantage brumeuse, ponctuée d’une suite de bruitages qui soulèvent son intérêt, France Matraque de Franck Vigroux ne sort toutefois pas du lot séparant Xela de Deaf Center. De l’abstraction au concret, il n’y a qu’un pas, franchi sans complexes par eRikm. Fondée sur la sirène d’alerte des pompiers que nous connaissons tous, Une Canopée Aux Accidents évolue rapidement vers une méditation alanguie, reconvertie au finale en une cascade de grillons digitalisés. Tout autre est l’atmosphère de la Matrice d’Annabelle Playe, que je qualifierais sans hésiter de berlinoise, au sens que lui avait donné Gilles Aubry sur son intrigant s6t8r – telle une sombre menace post-industrielle à fleur de peau.

Charnière de l’ensemble, Un Jour Mes Restes Au Soleil de Bérangère Maximin est réellement impressionnante d’envergure (in)soumise aux démons qui la traversent. Construite sur des échos de cordes stridentes, percutée par une basse bourdonnante jamais bavarde, l’œuvre explose sept minutes durant les canevas secrets d’une fabrication insoupçonnée. On n’en dira pas autant du bruitisme industrialisant de Jérôme Montagne, dont les tentations Yasunao Tone-friendly donnent envie de zapper, contrairement au terrifiant (et bien nommé) Territoire Fracas de Kasper T. Toeplitz – genre de déluge noise abyssal dont même le grand  Francisco Lopez doit cauchemarder la nuit, autant dire qu’on n’en sort pas intact. Tout en contrastes, à la lisière du néo-classique tel qu’on le retrouve sur le label Type, mais aussi influencé par Xenakis, la pièce C de Sébastien Roux rappelle, ne fut-ce que partiellement, que l’ombre de Pierre Schaeffer plane toujours sur notre temps et, pour conclure, L’Intelligence Pétrolifère de Sébastien Sighicelli (extraite de son opus Marée Noire de 2007) poursuit l’aventure entre concrétisation sonore et abstraction philosophique. Vous vouliez des découvertes ? En voici une de taille.

V/A : Archipel Electronique Vol 1 (D’Autres Cordes)
Edition : 2011
CD : 01/ S.L.O.T 02/ France Matraque 03/ Une Canopée Aux Accidents 04/ Matrice 05/ Un Jour, Mes Restes Au Soleil 06/ NOP(3) 07/ Territoire Fracas 08/ C 09/ L’Intelligence Pétrolifère
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Myelin : Axon (Intonema, 2011)

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Sous le nom de Myelin, Birgit Ulher (trompette, radio, objets…) et Heddy Boubaker (saxophone alto, objets…) envisagent sept improvisations de mécaniques complexes aux jeux calculés avec une précision qui demande concentration.

Selon quelques déplacements, des souffles butent contre les micros ou se perdent pour avoir eu du mal à les atteindre : on les dira blancs ou étouffés, expressifs quand même. Car leur présence ne fait pas l’essentiel d’Axon tant les réacteurs qui les meuvent brillent par leur ingéniosité : ainsi des moteurs en souffrance, des sifflets aphones et des soubresauts de micromachines fatiguées, agissent en conducteurs, arrangeurs, et parfois même, en ordonnateurs.

Libres et peu inquiets d’être soupçonnés de quitter le champ de l’expérimentation, ils peuvent même déposer un rythme fragile au creux d’un dialogue de simples intentions et de timidités ou modifier la trajectoire de brises et de salives qui gagnent à se laisser faire par les répercussions des impulsions nombreuses. D’aspect, l’exercice est entendu ; à l’écoute, il devient singulier.

EN ECOUTE >>> Impulse 1

Myelin : Axon (Intonema)
Enregistrement : 9 juillet 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Impulse 1 02/ Impulse 2 03/ Impulse 3 04/ Impulse 4 05/ Impulse 5 06/ Impulse 6 07/ Impulse 7
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ostravská Banda : On Tour (Mutable, 2011)

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Le chef d’orchestre Petr Kotik a fait le choix des compositions interprétées par l’Ostravská Banda qu’il dirige. C’est pourquoi les deux CD recèlent de trouvailles, que ce soit dans les présences au répertoire de Luca Francesconi (sur Riti Neutrali, la violoniste Hana Kotkova est poussée dans ses derniers retranchements par ses camarades), Paulina Zalubska (qui signe une Dispersion tumultueuse) ou Bernard Lang (qui prouve que le contemporain peut être bien entraînant), ou dans les travaux d’arrangements que respectent le Canticum Ostrava  et les barytons Thomas Buckner et Gregory Purnhagen (sur une Passion langoureuse de Somei Satoh) ou le pianiste Joseph Bukera.

Et puis il y a John Cage, encore et toujours. Sur Concert for Piano and Orchestra, Bukera est la proie de ses collègues : Cage montre qu’il n’est pas tout de faire partie d’un orchestre, qu’il vaut même mieux s’entendre avec la masse  sous peine de se faire hacher le sifflet. Mais Cage peut aussi être une « simple » source d’inspiration : In Four Parts (3, 6 & 11 for John Cage) est une composition de Kotik qui utilise des percussions de toutes les tailles. Encore une fois, Petr Kotik s’est montré en musicien contemporain hétéroclite : c’est ce qui a toujours fait sa force. Je ne vois pas de raison que cela change.

Ostravská Banda : On Tour (Mutable)
Edition : 2011.
CD1 : 01/ Luca Francesconi : Riti Neutrali (1991) 02/ Petr Bakla : Serenade. 03/ Paulina Zalubska : Dispersion (2007) 04/ Somei Satoh : The Passion (2009) – CD2 : 01/ John Cage :  Concert for piano and orchestra (1957-1958) 02/ Petr Kotik : In Four Parts (3, 6 & 11 for John Cage) 03/ Bernard Lang : Monadologie IV  
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Guillermo Gregorio, Jason Roebke, Brian Labycz : Colectivos (Peira, 2011)

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Ne pas attendre de Guillermo Gregorio, épris de jazz tristanien, d’improvisation (quelques disques majestueux chez Hatology) et de musique expérimentale, qu’il irrigue sa clarinette d’une quelconque dose de facilité ou de démonstration.

En trio avec Jason Roebke (contrebasse) et Brian Labycz (electronics), Gregorio module la phrase et argumente de sérieux contrepoints clarinette-contrebasse. En froissant le souffle ou en lui fluidifiant la trame, Gregorio – et on peut dire la même chose de Roebke – dévisage les terrains arides et stoppe tout effet dramatique malveillant. En ce sens réitère les expériences passées et renouvelle une musique singulière et ouverte à beaucoup de possibles.  

Guillermo Gregorio, Jason Roebke, Brian Labycz : Colectivos (Peira)
Edition : 2011.
CD : 01/ Colectivo 1 02/ Video 03/ Two Rows by Juan Carlos Paz 04/ Colectivo 2 05/ Improvisations on a Sonatina by Esteban Eitler 06/ Colectivo3 07/ Open 08/ Coplanar Nr. 4b 09/ Event 10/ Colectivo 5
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Yannis Kyriakides : Airfields (Mazagran, 2011)

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De l’écoute inspirante d’une musique indéterminée et discrète, Yannis Kyriakides a tiré l’électroacoustique d’Airfields, projet au son soigné que défend ici l'ensemble musikFabrik. La partition retient des plans de congestions cycliques : le piano mène la ronde, distribue les rôles aux autres instruments prêts à évoluer en vase clos sur la répétition de brefs motifs.

En filigrane, l’électronique attache les voix les unes aux autres : le tuba de Melvyn Poore et les cordes opposent leurs inquiétudes quand on ne leur commande pas de s’ignorer tout à fait. En conséquence, la pièce de Kyriakides est inégale : de beaux moments de suspension y alternent avec des envolées d’une dramaturgie entendue. Au fil des secondes, l’équilibre fragile entre acoustique et électronique, qui tenait pourtant en haleine, perd de son cachet : le piano avale même musikFabrik dans son entier, bientôt digéré sur un contemporain d’apparences.

Yannis Kyriakides : Airfields (Mazagran).
Enregistrement : 17 février 2011. Edition : 2011.
CD : 01-20/ Airfields
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Anders Hana : Dead Clubbing (Drid Machine, 2011)

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Parti sur les chapeaux de roues, Anders Hana s’essouffle au fil des secondes de Dead Clubbing – si ce n’est lui, c’est donc son batteur, donc lui ! (puisqu’il joue de tous les instruments sur ce disque : guitares, batterie, saxophones, synthés…). Mais ce n’est pas grave.

Explication : roulements de tambour, guitares musclées, mélange post-rock / noise, gros efforts et des chorus, des chorus et des chorus encore. Hana tire sur ses cordes, la tête en arrière. Son rock bruitiste et ventru se moque des erreurs, des débordements. Ses doigts dérapent, pas grave, ça amène d’autres bruits. Il ne demande qu’une chose, qu’on lui fasse confiance. Alors il peut anéantir tout beat et mettre au jour ce noise à ébullition.

Anders Hana : Dead Clubbing (Drid Machine)
Edition : 2011.
LP : A01/ Iskoras A02/ Viglen A03/ Háldi A04/ Kunna A05/ Kebnekaise A06/ Kvænan
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Machi Oul Big Band : Quetzal Coatl (Palm, 1975)

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Ce texte est extrait du troisième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Sur la pochette, des notes manuscrites de Manuel Villaroel, leader et compositeur du Machi Oul Big Band : « Le problème le plus épineux à résoudre était celui de l’équilibre entre le matériel écrit et l’improvisation. Ce qui paraissait être un casse-tête fut en fait une solution car le Machi Oul est une œuvre collective où chacun des membres a pris des responsabilités, assumé des risques. » Parmi eux, trois Villaroel issus d’une même famille, et Jean-François Canape, Alain Brunet, Gérard Coppéré, Jean Querlier, Jef Sicard, Joseph Traindl, François & Jean-Louis Méchali, Keno Speller – entre autres, et comme une connexion évidente (même si néanmoins sous-jacente) au Dharma Quintet.

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Tout a commencé au Chili, à Santiago dont est originaire Manuel. En parallèle à ses études de vétérinaire, il y découvrit le jazz, d’abord via Oscar Peterson, Erroll Garner, puis rapidement au travers des Ahmad Jamal, McCoy Tyner et – surtout – Cecil Taylor. Manuel joue déjà du piano ; Patricio, son frère, de la batterie. Autour de 1968, ensemble ils gagnent l’Europe à bord d’un cargo, sac au dos. Détours divers et variés ; rencontre avec Han Bennink ; arrivée à Nanterre où le producteur des disques Futura, Gérard Terronès, les repère et leur offre un engagement au Riverbop pendant lequel est mis sur pied un septette dont le premier album, datant de 1971, constituera en quelque sorte la matrice de Quetzal Coatl.

Manuel Villaroel : « Il me fallait personnellement affronter ma condition d’expatrié sans la renier. J’ai essayé de ne pas trahir mes racines, j’ai tenté de traduire dans ma musique tout ce qui m’était essentiel, de réfléchir ses origines – l’Amérique latine, ses feelings musicaux mais surtout humains – tout en restant fidèle au jazz, qui est le mode d’expression des musiciens du groupe. »

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De cette formation, ceux qui en ont le mieux parlé à l’époque sont sans doute Chris Flicker et Daniel Soutif. L’un et l’autre ont su insister sur la force d’un Machi Oul Big Band s’inscrivant à la fois dans la continuité (par endroits), et en rupture d’avec un free jazz alors parfois trop prompt à évacuer forme et écriture, comme si ce délestage, et lui seul, pouvait être garant de liberté.

Ici le prétexte est fort, qui s’ancre dans les chants de sorcier initiatiques, ce que signifie littéralement, et en premier chef : « Machi Oul ». Du coup, la quinzaine de musiciens réunis ne célèbre rien d’autre qu’un chant cérémoniel communautaire, d’ailleurs voulu bénéfique. « Music is the healing force of the universe » proclamait Albert Ayler. Toujours sur la pochette, Manuel Villaroel s’avère d’accord avec Ayler. Il ajoute : « elle apaise les conflits, unifie les individus. »

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Ici donc, ce qui se trame est chargé d’un rôle positif : il s’agit de guérir des maux physiques aussi bien que moraux. « Quetzel Coatl » (le morceau) s’inspire du serpent à plumes mythologique ; « Legendas de Nahuelbuta », d’un maquis de résistance à la colonisation. L’on songera au Third World de Gato Barbieri, voire à un autre big band, Brotherhood of Breath, de par la proximité des revendications. Et comme au sein de la Confrérie du Souffle britannique (notamment composée d’expatriés africains), générosité rime avec sincérité, arrangements avec ivresse collective. L’amour de la liberté prend la forme d’une jungle expressionniste. Toute explosion des solistes procure un sentiment extatique.

Une certaine joie se dégage de l’ensemble, proche du gai savoir d’un Mingus – mais paré des atours d’un folklore imaginaire latino-américain. Une autre mouture du Machi Oul Big Band, avec Richard Foy, Jean-François Loriol, Bertrand Auger et bien d’autres encore, mais toujours avec Jef Sicard, illuminera l’Espace Cardin le temps d’un concert mémorable et inspiré en 1979.

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Philippe Robert © Le son du grisli

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Karl Naegelen, Eve Risser, Joris Rühl : Fenêtre ovale / The New Songs : A Nest at the Junction of Paths (Umlaut, 2011)

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Karl Naegelen est compositeur. Chercher de nouvelles sonorités, épouser l’illusion sonore, sont au centre de ses recherches. Eve Risser et Joris Rühl sont improvisateurs. La première est pianiste, le second clarinettiste. Tous les trois se sont associés pour cette Fenêtre ovale. Le piano trouva sur son chemin quelques nouvelles préparations : un gros aimant, un vibromasseur, une brosse, du tissu, une perle. La clarinette eut pour partenaire une bassine et une balle rebondissante. Une fois trouvée la notation musicale (signes et pictogrammes), ils fixèrent la forme musicale en n’oubliant pas leur passé d’improvisateurs.

Et les voici maintenant en reconnaissance de cette étrange partition. Et à étrange partition, étrange musique : du bois et des rythmes, des reflets, un unisson, des craquements, des frottements, des accords sourds, des souffles, des obsessions rentrées, un minimalisme statique. Un nouvel alphabet de l’étrange et du pénétrant. Passionnant.

Karl Naegelen, Eve Risser, Joris Rühl : Fenêtre ovale (Umlaut / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ In aquam 02/ Fenêtre ovale 03/ Rondo 04/ Kroum 05/ Tremuli 06/ Etude 1 07/ Iter 08/ Ernst 09/ Khen  10/ Etude 2 11/ Variation sur Ernst 12/ Ombak 13/ Tk
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Au son de compositions signées Eve Risser ou Sofia Jernberg, se meut The New Songs, groupe que composent avec la paire de dames les guitaristes David Stäckenas et Kim Myhr. Faisant fi de quatre talents (pour certains : plusieurs fois) remarqués, la préciosité de l’affaire vire souvent au sérieux quand se mesurent déjà le lyrisme importun de Jernberg et la stérilité des inventions sur instruments préparés. De quoi répondre aux attentes de l’étiquette MFA (Musique française d’aujourd’hui),  qui accouche ici d’un autre disque creux.

The New Songs : A Nest at the Junction of Paths (Umlaut)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : : 01/ Je suis l'épine d'un pin 02/ Reality had a Little Weight 03/ Un carreau blanc 04/ Puff 05/ Fil 1 06/ The Hill
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ken Vandermark : Mark In the Water (Not Two, 2011)

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Le 29 novembre 2010, seul à l’Alchemia de Cracovie, Ken Vandermark rendait hommage à quelques souffleurs (voir la liste des titres) et à un guitariste (Fred McDowell). Dix moments à retrouver sur Mark in the Water – peut-être celle laissée par Le couteau dans l’eau de Polanski.

Au saxophone ténor, à la clarinette ou à la clarinette basse, Vandermark invente en conséquence : graves épais dédiés à Brötzmann, swing écorché évoquant Coleman Hawkins, construction à angles droits célébrant Anthony Braxton, dérapages volatiles honorant John Carter, graves sourds pliant sous l’autorité d’aigus dignes d’Eric Dolphy, subtil instrument en Si bémol prêchant la paix intérieure de Jimmy Giuffre.

Sur le conseil de Steve Lacy, Vandermark prouve que la nouveauté sort souvent de répétitions en proie à l’accident – maintenant ses efforts, il rappelle d’ailleurs ce que Mats Gustafsson donna sur Windows. En lien avec Joe McPhee, il déroule un hymne recueilli, qui en impose autant que ce jeu de clarinette basse qui, de bruits de clefs en perspectives de sonorités variées, invoque les cordes de McDowell. Après écoute – couplée au souvenir qu’on garde de celle de Furniture Music –, faut-il en conclure que tout solo de Ken Vandermark fait un disque indispensable ?

Ken Vandermark : Mark in the Water (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 29 novembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Lead Bird (for Peter Brotzmann) 02/ Dekooning (portrait of Coleman Hawkins) 03/ Steam Giraffe (portrait of Evan Parker) 04/ Personal Tide (portrait of Anthony Braxton) 05/ White Lemon (for Jimmy Giuffre) 06/ The Pride Of Time (for Fred McDowell) 07/ Burning Air (for John Carter) 08/ Future Perfect (for Eric Dolphy) 09/ Soul In The Sound (for Steve Lacy) 10/ Looking Back (for Joe McPhee), tenor sax
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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