Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Scott Fields : Moersbow/OZZO (Clean Feed, 2011)

scott fields moersbow

A Cologne, Scott Fields dirige un ensemble de vingt-quatre musiciens (dont font partie Frank Gratkowski, Carl Ludwig Hübsch, Thomas Lehn, Matthias Schubert) et argumente sa conduction d’une fluidité exemplaire.

Ici, continuité et exploration d’une texture contenue (Moersbow en hommage à Merzbow) ; ailleurs, séparation des cuivres et des cordes avant réunion ténébreuse des deux entités ; plus loin, percées solitaires et retrouvailles en forme d’unissons salvateurs. Et dans tous les cas de figures, une justesse de ton et de forme ne s’encombrant d’aucune démonstration de force ou de virtuosité inutile.

Scott Fields & Multiple Joyce Orchestra : Moersbow/Ozzo (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD: 01/ Moersbow 02/ Ozzo 1 03/ Ozzo 2 04/ Ozzo 3 05/ Ozzo 4
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Joe McPhee : Topology (Hat Hut, 1981)

joe mcphee topology

Ce texte est extrait du livre Free Fight. This Is Our (New) Thing de Guillaume Belhomme & Philippe Robert, publié par Camion Blanc.

Pour avoir voulu connaître à quoi ressemblait son premier souvenir de musique, j’obtins de Joe McPhee ceci : « C’est une expérience assez traumatisante, que j’ai vécue à l’âge de 3 ans. En Floride, pendant un orage, notre maison a été frappée par la foudre et réduite en cendres. Le lendemain, je suis retourné à son emplacement en compagnie de mon grand-père… Je me rappelle alors une chanson qui passait à la radio, dont les paroles étaient: « Daddy I Want a Diamond Ring ». Je me souviens aussi de la mélodie. »

L’électricité dans l’air et l’environnement-nébuleuse : au jazz qu’il découvrit au contact de Clifford Thornton – sur la boîte de carton de Topology, McPhee précise pour expliquer une reprise de « Pithecanthropus Erectus » que l’écoute de Charles Mingus lui révéla de quoi retournait le jazz moderne –, voici ce que Joe McPhee imposa souvent. Le raccourci veut ce qu’un raccourci peut valoir ; il conseille, en tout cas, de revenir à ce disque que le multi-instrumentiste (trompette d’abord, saxophone ténor ensuite, mille autres choses alors) enregistra avec John Snyder au synthétiseur au milieu des années 1970 : Pieces of Light, publié par le peintre Craig Johnson sur CjRecords – réédité sur CD par Atavistic.

McPhee 6

Après Johnson, ce sera Werner Uehlinger qui assurera Joe McPhee de son soutien : « Après être tombé sur les premières productions de CjR, Werner Uehlinger a profité d’un voyage d’affaires aux Etats-Unis pour venir nous rencontrer, Craig Johnson et moi, au domicile de Craig. Nous avons dîné ensemble et nous lui avons fait écouter quelques cassettes que nous pensions alors sortir sur CjR. Il a aimé cette musique et a décidé de publier lui-même une de ces cassettes. C’était une idée lancée comme ça, sans même qu’il envisage la création d’un label. Mais finalement, c’est à partir de là qu’est né Hat Hut Records. »

Après avoir publié un concert daté de 1970, Black Magic Man, Uehlinger prescrit à McPhee quelques séjours en Europe pour le bien de son catalogue : l’Américain y donne des concerts à Willisau et Bâle (The Willisau Concert, Rotation), y enregistre en 1976 un solo de taille (Tenor) et puis rencontre André Jaume et Raymond Boni, avec lesquels il enregistrera souvent : en duos, trios, et plus large ensemble, comme c’est le cas ici – « Topology », morceau-titre qui occupe deux des quatre faces du double LP, est d’ailleurs signé du trio. Dans cette version originelle du Joe McPhee Po Music, assemblée les 24 et 25 mars 1981, on trouvera aussi : Daniel Bourquin (saxophones alto et baryton), Pierre Favre (percussions), Radu Malfatti (trombone, micro-electronics, percussions), François Méchali (contrebasse), Michael Overhage (violoncelle), Irène Schweizer (piano) et Tamia (voix).

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L’électricité dans l’air et l’environnement-nébuleuse, Boni s’en charge d’abord sur « Age » : à force de courtes phrases, Schweizer réveille, elle, un volcan sur les flancs duquel rouleront des sonorités rares. De plaintes délirantes en hymne déboussolé (celui de « Blues for New Chicago »), le groupe va et investit bientôt le champ de la reprise : ce sera « Pithecanthropus Erectus ». L’absence de contrebasse et la voix de Jackie McLean manquent, à la première écoute, mais ceci n’est qu’une question d’habitudes, que le collectif s’occupe de mettre à mal : le baryton de Bourquin et le ténor de McPhee en verve, le trombone de Malfatti en inquiétudes, l’unisson d’envergure auquel se plient tous les souffleurs enfin, auront fait vriller l’erectus sus-cité. Un hommage à Pia, et voici l’heure de donner à entendre de quoi retourne cette Po Music, concept que le musicien tira de ses lectures d’Edward de Bono. McPhee, vingt-cinq ans plus tard : « Voici l’explication simplifiée de la Po Music : il s’agit de se servir du concept de provocation pour abandonner une série d’idées établies au profit de nouvelles. Voilà le concept que j’ai emprunté au Dr. De Bono. Po est un symbole, un indicateur de langage qui souligne qu’il faut user de provocations et montre que les choses ne sont pas forcément ce qu’elles ont l’air d’être. Par exemple, j’ai enregistré la composition de Sonny Rollins appelée « Oleo » sans être un joueur de bebop ; et le bebop est en lui-même une vie à part entière. Mon interprétation essaye de conduire la musique à un nouvel endroit. J’ai toujours espéré que mon nom (Joe McPhee) serait aussi un symbole de provocation… Une forme de langage. »

Les réactions en chaîne que l’on trouve en « Topology » montrent de quoi la méthode est capable : décharges en cascades modelant toute atmosphère quiète, interaction de principes opposés commandant de grands renversements. McPhee encore : « Les concepts et les théories ne m’intéressent que si elles produisent des résultats. Tout change et tout devient possible. » Les disques à suivre du Joe McPhee Po Music – par lequel passeront Milo Fine, Léon Francioli, Urs Leimbgruber ou Fritz Hauser – le diront à leur tour : « tout change et tout devient possible. »

McPhee

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Joe McPhee : Ibsen’s Ghosts (Not Two, 2011)

joe mcphee ibsen s ghost

Enregistrées le 21 février 2009 au Victoria Theater d’Oslo, cinq improvisations en appellent aux fantômes d’Ibsen : elles sont l’œuvre d’un quartette que forment Joe McPhee, Jeb Bishop, Ingebrigt Haker-Flaten et Michael Zerang.

Au ténor – et rien qu’au ténor –, McPhee invite ses partenaires à suivre son inspiration, qui le mène de mélodies lasses en fuites improvisées : là, les oppositions peuvent aboutir sur la coalition d’une boucle de trombone et d’un solo piqué de saxophone (deuxième improvisation) ; ailleurs, l’archet, brillant, peut recueillir les désillusions expérimentales (débuts de la troisième improvisation, qui gonflera sous les effets d’une exhortation commune) et la batterie renvoyer sèchement telle intervention (troisième improvisation).

Rapprochés par des intérêts communs défendus auprès de Vandermark ou Brötzmann, McPhee et ses partenaires réussissent où d’autres peinent : inventer sur l’instant des formes qui épousent leur vaillance.  

Joe McPhee : Ibsen’s Ghosts (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 21 février 2009. Edition : 2011.
CD : 01-05/ Improvisation #1 - Improvisation #5
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ido Bukelman : The Door (Kadima Collective, 2012)

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Le message est clair : l’harmonie doit être renversée, brisée, non plus interrogée mais anéantie. Pour Ido Bukelman, guitariste jadis influencé par Hendrix et aujourd’hui par la poésie d’Israël Eliraz, le salut passe et s’incruste dans la dissonance.

L’accord est toujours maltraitant. Les cordes sont frottées à même le nerf, battues et ballotées jusqu’au trépas. Nous sommes séduits par ce solo singulier, par cette envie de faire fondre les vanités. On aime cette Love Song empoisonnée à jamais et on souscrit, sans réserve aucune, à ce fiel déversé, ici, sans peur(s) et sans reproche(s).

Ido Bukelman : The Door (Kadima Collective)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Drop 02/ I Can Hear The Room’s Choir 03/ Man With Just a Handle Blues 04/ Love Song 05/ With Birds 06/ The Door Part I 07/ The Door Part II 08/ The Door Part III 09/ (The R C Singing) Over The Tall Flowers 10/ Red Door 11/ The Room’s Journey (End)
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Weasel Walter : Apocalyptik Paranoia (Gaffer, 2009)

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Apocalyptik Paranoia est un titre de disque qui fait peur. A qui le doit-on ? A Weasel Walter, batteur ! Sur quel label ? Gaffer ! Chouette, des rimes en « eur » ! En « heurts », même.

Parce que Walter est accompagné du guitariste Henry Kaiser (ouais, mon argument tient la route !), de Fred Lonberg-Holm au violoncelle, de Greg Kelley ou Peter Evans ou Forbes Graham à la trompette… Pas rien, tout de même. A deux, trois ou quatre, c’est la même chose : du rugueux grand angle, du persiflage trash, du noise à l’abordage, de l’électronique farfelu et de la grande trompette muette (mes félicitations à Kelley, dont la muetteur m’impressionnera toujours).

En 2002, Weasel Walter et Kevin Drumm et Fred Lonberg-Holm avaient enregistré pour Grob Eruption : des mini hurlements et des morceaux de bruits et des improvisations plus sèches. Ici, c’est du saignant, et de l’excrême… Je ne sais si le disque est encore disponible. On était mercredi et je voulais écrire sur un disque d’enfants… terribles.

Weasel Walter : Apocalyptik Paranoia (Gaffer)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : Scintillations 02/ Raging War 03/ Still Life 04/ Threnody 05/ Mass Erection 06/ Creaking Bones Break 07/ A Synthesis of Patterns 08/ Slowest Death
Pierre Cécile © Le son du grisli

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The Clarinet Trio : 4 (Leo, 2012)

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Beaucoup de cas de figures exposés ici par le Clarinet Trio (Jürgen Kupke, Michael Thieke, Gebhard Ullman). On aurait envie de dire : l’unisson, d’abord, encore et toujours. Ici, un unisson de combat ; ailleurs, un unisson fielleux, malade et expert en désunion.

Toujours, les souffles arpentent mille routes : celles, voilées, de la microtonalité et d’autres, plus déterminées, en direction de contrepoints doucement giuffriens. Sur ces routes aux signalisations sommaires, tous les trois s’adonnent à la course-poursuite : cris, strangulations, virages dangereux, traits saillants ; autant de conduites à risques et toujours arrivées à terme sans le moindre choc. Ailleurs mais sans s’éterniser, ils improvisent et avancent prudemment avec la sagesse au cœur.

Que leur reprocher ici ? Surement pas la diversité de leurs élans, l’étendue de leurs souffles. Rien, donc.

The Clarinet Trio : 4 (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.  
CD : 01/ May 5 02/ Blaues Viertel 03/ Collectives #13 #14 04/ Homegenous Emotions 05/ Catwalk Münzstrasse 06/ Waters  07 /Kleine Figuren # 1 08/ News ? No News ! 09/ Geringe Abweichungen von der Norm 10/ Kleine Figuren # 1 (Variation) 11/ Kleine Figuren # 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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"A" Trio : Music to Our Ears (Al Maslakh, 2012)

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Présentations faites hier de l’ ‘‘A’’ Trio, entrons dans le vif de l’improvisation consignée en Music to Our Ears. Le titre, d’ailleurs, pourrait être un credo qui relativiserait l’importance de tout étiquetage d’une réunion de sons naturellement attrapés au vol.

Ainsi donc Mazen Kerbaj (trompette), Sharif Sehnaoui (guitare) et Raed Yassin (contrebasse), composent-ils sur l’instant selon les usages du jour – faisant grand cas du silence, ne s’interdisent pas le plaisir des rafales expressionnistes – en se référant au passé (The Shape of Jazz That Came) ou en pariant sur le futur (Tomorrow, I’ll Make Breakfast). La forme actualise les recettes d’AMM en comptant sur l’érosion des discours et adresse quelques clins d’œil au free jazz des origines (ainsi Kerbaj peut invectiver quand Sehnaoui martèle manche et cordes).

Intense bien que tremblant, cet instant disparaîtra à l’orée d’un second, que se disputent déjà l’attente et la réflexion. Le troisième saura se souvenir et associera râles, parasites et harmoniques. Au bottleneck enfin, Sehnaoui taille dans les reliefs plus tôt élevés de Music to Our Ears pour peaufiner un ouvrage de beautés fragiles.

"A" Trio : Music to Our Ears (Al Maslakh / Instant Jazz)
Enregistrement : 29 et 30 septembre 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Textural Swing 02/ Three Portraits in No Color 03/ The Shape of Jazz That Came 04/ Tomorow, I’ll Make Breakfast
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Kasper T. Toeplitz, Eliane Radigue : Elemental II (Recordings of Sleaze Art, 2012)

kasper toeplitz eliane radigue elemental ii

C’est en tendant l’oreille que j’ai entendu les premières notes d’Elemental II, une œuvre qu’Eliane Radigue a composé pour le bassiste Kasper T. Toeplitz. Lui l’enregistre et la publie pour la seconde fois, des années après une captation live au festival Cités Soniques).  

Une fois qu'on est entré en Elemental II, il faut trouver une position, un équilibre, pour tenir sur ses ondes en mouvements et esquiver ses aigus. Son minimalisme pourrait être qualifié de « pur et dur ». Pour faire partie du grand tout, l’auditeur doit en effet se laisser faire (le laisser-faire serait un agir) autant que se rappeler de temps à autre à son bon souvenir (le qui-vive serait un réagir). Car il faut prendre garde aux craquements, ceux que fait une montagne après la pluie – ce que Toeplitz demanda à Radigue d’illustrer, justement.

La commande a été respectée et même au-delà de toute espérance je crois. Voilà pourquoi on entend aussi sur ce CD des appels à l’aide venir de sous la neige. Quand ce n’est pas des fantômes venir dire que l’ondulation d’un drone n’inquiétera jamais autant que leur flottement. Enfin, parmi les grands espaces blancs, Toeplitz arrange des niches : à vous de les remplir pour parachever la belle ouvrage.

Eliane Radigue, Kasper T. Toeplitz : Elemental II (Recordings of Sleaze Art / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Elemental II
Pierre cécile © le son du grisli

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eRikm, Michel Doneda : Razime (Monotype, 2012) / eRikm, Norbert Möslang : Stodgy (Mikroton, 2011)

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La collaboration date de mars 2009 : concert qui peint Michel Doneda et eRikm en musiciens-inventeurs souvent empêchés par des trucs et astuces de représentation. Alors, à l’intérieur du soprano, un souffle passe puis une note tremble, dont eRikm teste la résistance aux perturbations de toutes sortes (parasites, scratchs, samples…) et de diverses qualités.

Certes, ses interventions pullulent et son implication est nette, mais eRikm confond là vitesse et précipitation. Si le catalogue dans lequel il se sert est celui d’artifices souvent datés, il peut néanmoins receler des surprises : ainsi arrive-t-il qu’un grave nourri avec patience tombe à point contre un souffle descendant : le duo se reprend alors, et temporise avec ingéniosité (sur Rain).

Après quoi, la folie reprend, ainsi que le spectacle léger d’un petit théâtre expérimental d'allure : un morceau d’émission sportive captée par la radio de Doneda, d’autres souffles en peine, et l’attention s’endort. L’incandescence n’est pas toujours promesse de flamme.  

EN ECOUTE >>> Rain

eRikm, Michel Doneda : Razime (Monotype)
Enregistrement : mars 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Raz 02/ Rain 03/ Azine
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

erikm norbert moslang stodgy

Avec Norbert Möslang – aux cracked everyday-electronics, comme jadis en Voice Crack et, avec eRikm déjà, en poire_z –, guère mieux. Collection d’enregistrements datant de 2002 à 2005, Stodgy enfile ainsi trois pièces électroniques furieuses : à la réécoute, plus folâtres que fertiles. L’ardeur du dialogue, fracassante, aurait-elle amputé un peu de la réflexion ? Des étincelles encore, mais de flamme toujours pas.   

eRikm, Norbert Möslang : Stodgy (Mikroton)
Enregistrement : 2002-2005. Edition : 2011.
CD : 01/ Stinger 02/ Aérolithe 03/ Micelle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Chicago Underground Duo : Age of Energy (Northern Spy, 2012)

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En quinze ans d’âge le Chicago Underground Duo (Chad Taylor, Rob Mazurek) n’aura jamais aussi bien porté son nom. Trouble et hypnotique pourraient être les adjectifs convenant le mieux à ces quarante-cinq minutes de  musique s’il n’était quelques rares saillies aux reliefs secs et coupants.

Les electronics portent cette musique et ne la lâchent plus. Et quels que soient les surgissements ordonnés par la dureté de la frappe de l’un (Age of Energy) ou le cornet vaporeux de l’autre (It’s Alright), ils enrobent et déterminent une musique aux densités inégales : la fusion est totale quand mbira et cornet dialoguent avec abandon (Castle in Your Heart) mais se perd quand la masse n’a rien d’autre à offrir que son inaction (Winds & Sweeping Pines). Disque en demi-teinte donc.

Chicago Underground Duo : Age of Energy (Nothern Spy / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010-2011. Edition : 2012.  
CD : 01/ Winds & Sweeping Pines 02/ It’s Alright 03/ Castle in Your Heart 04/ Age of Energy
Luc Bouquet © Le son du grisli

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