Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Sergio Merce : Microtonal Saxophone (Potlatch, 2014)

sergio merce microtonal saxophone

Comme Lucio Capece – compatriote avec lequel il enregistra Casa et qui trouva refuge avant lui sur Potlatch (Zero Plus Zero) –, le saxophoniste Sergio Merce a le goût du détournement instrumental et celui des hautes sphères, tous intérêts servis par Microtonal Saxophone. L'instrument promis est un alto mis à plat, accessoirisé (embouts et tubes) et rempli (eau, gaz, air comprimé), que Merce fait chanter (souffle continu et pédale de sustain) depuis plus de trois années.

Le saxophone d’exception pourrait être alto de cristal : la microtonalité qu’il laisse filtrer joue de voix stratifiées, d’oscillations longues ou de faibles tremblements, de perturbations qui mettent à mal toute tentation monochrome, de lignes endurantes que la crainte de l’uniformité éloigne peu à peu les unes des autres. A force, ce sont-là des reliefs dessinés dans l’air, qui, seconde après seconde, composent à l’horizon un mirage : irrésistible, insaisissable.

écoute le son du grisliSergio Merce
Microtonal Saxophone

Sergio Merce : Microtonal Saxophone (Potlatch / Souffle Continu)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ I 02/ II 03/ III 04/ IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Mary Halvorson, Michael Formanek, Tomas Fujiwara : Thumbscrew (Cuneiform, 2014)

mary halvorson tomas fujiwara michael formanek thumbscrew

Avec un apparent plaisir, Mary Halvorson, Michael Formanek et Tomas Fujiwara aiment à dégrader leurs propres compositions. Leurs petites mélodies très vite se brouillent, partent en chemin d’errance et ne retrouvent que rarement leur point de départ. On ne leur en voudra pas tant ces mêmes points de départ n’avaient pas grand avenir.

Ce qui est, par contre, admirable et heureux ici, ce sont ces points de basculement, cette déstructuration fuyante, faussement fragile. L’uniformité, l’absence d’attaque de la guitariste sont ici compensés par une errance continue et obsessionnelle, laquelle s’entiche parfois de vrilles hendrixiennes ou sharrockiennes. Minutieux dans la déconstruction, contrebassiste et batteur protègent et renforcent ces lignes brisées qu’ils se plaisent à amplifier pour le plus grand bonheur d’une guitariste, ici, amoureusement épaulée.

Mary Halvorson, Michael Formanek, Tomas Fujiwara : Thumbscrew (Cuneiform / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Cheap Knock 02/ Thumbscrew 03/ Fluid Hills in Pink 04/ Nothing Doing 05/ Goddess Sparkle 06/ Buzzard’s Breath 07/ Still…Doesn’t Swing 08/ Falling Too Far 09/ Line to Create Madness
Luc Bouquet © Le son du grisli


Dewey Redman : Tarik (BYG, 1969)

dewey redman tarik

Ce texte est extrait du deuxième des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Ornette Coleman / Dewey Redman / Charlie Haden / Ed Blackwell : en 1969, le quartette d’Ornette Coleman tourne en Europe. A Paris le 1er octobre, deux de ses membres s’en échappent pour enregistrer Tarik en compagnie de Malachi Favors, contrebassiste sorti pour l’occasion de l’Art Ensemble of Chicago. Il s’agit de Redman – saxophoniste dont Tarik sera le deuxième disque personnel – et de Blackwell, batteur vif qui mettra en route, à force de rebonds arrangés sur caisse claire, ce disque d’exception.

Avant Red & Black, concert du duo Dewey Redman / Ed Blackwell enregistré en 1980 au festival de Willisau, Tarik avait déjà fait du rouge et du noir les couleurs du saxophoniste. Sur la couverture, Redman y apparaît portant fez rouge et soufflant sur fond noir. Au creux des sillons, sa musique est de colère rentrée lorsqu’elle ne se ménage pas quelques zones d’ombres. Sur le pas de ces rebonds arrangés sur caisse claire, le meneur intervient à la musette. L’usage de l’instrument déplace géographiquement le propos musical – un peu plus encore que ne l’avait fait pour d’autres celui du saxophone soprano. Au jeu des comparaisons, on rapprocherait volontiers le son de musette de Redman du « jeu » de violon d’Ornette Coleman. De là, redire la présence, des années durant, du premier auprès du second, ami d’enfance et voisin de New York où Dewey Redman s’installe en 1967. Ainsi sur Friends and Neighbors, enregistrement daté de 1970, l’auteur de Tarik est-il, tout comme Ed Blackwell (et Charlie Haden, pour être complet), et ami et voisin d’Ornette Coleman.

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La musette abandonnée, voici Redman au ténor. L’esprit est frappeur, qui anime l’association que le saxophoniste dirige sur des titres de sa composition : « Fo Io » et « Paris ? Oui ! » dont le trio que Coleman emmena au Golden Circle en 1965 aurait apprécié les claudications – le rythme dérivant de Blackwell et la découpe franche de Favors : échos fantastiques des pratiques sœurs de Charles Moffett et David Izenzon ;  « Lop-o-Lop » sur lequel un court gimmick de contrebasse se laisse modifier par les enluminures exotiques du batteur tandis qu’au premier plan Redman vocalise, fait de son saxophone un porte-voix de légende qui permet aux trois hommes d’intensifier des ardeurs que leur audace commune aura poussées jusqu’aux portes du bruit ; « Related and Unrelated Vibrations », enfin, hymne décousu sur lequel le saxophoniste change une combinaison de contractions musculaires en formule ravissante – citation d’Evan Parker tirée de son texte DE MOTU, dans la traduction qu’en a donnée Guillaume Tarche : Je ne me suis pas penché sur le problème du chant « dans » l’instrument car, à moins d’être pratiqué au trombone ou au didgeridoo, il ne me plaît guère et m’évoque le kazoo ou le peigne musical (recouvert de papier) ; si j’y ai recours, c’est inconsciemment ou dans les situations extrêmes (bien qu’à chaque fois que j’écoute Dewey Redman le faire, je regrette d’avoir été aussi paresseux).

Ce que Dewey Redman parvient à extirper du pavillon de son instrument dira ensuite d’autres manières – célébrant le répertoire du maître en Old and New Dreams avec Don Cherry, Charlie Haden et Ed Blackwell, dès 1976 – son indéfectible relation à Ornette Coleman. Laissera entendre aussi – malgré les aléas d’une discographie inégale, jusqu’au dernier jour (en 2005, Redman enregistrait The Key of Life avec Blackwell encore) – que c’est en ami qu’il aura le mieux défendu son art.

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Masayuki Imanishi : Type (Creative Sources, 2014) / Radical Demos #3 (Obs, 2013)

masayuki imanishi type

Au dernier carnaval, quand arriva le tour du char du Japon, l’assistance était circonspecte. Il faut dire que les participants étaient en déroute. Certains d’entre eux se tenaient la jugulaire, d’autres se frappaient la tête au sol, d’autres encore cherchaient dans leur costume la cause de la terrible envie qu’ils avaient de se gratter. Bref, le char n’avançait pas.

C’est que la musique sur laquelle il aurait dû le faire avait été confiée à Masayuki Imanishi, qui joue d’un ordinateur, d’un poste de radio, de field recordings et de… papier. Allez comprendre le choix de l’ambassade… Reste qu’une électro qui n’en est pas une, plus une abstract ambient qui n’en est pas une non plus, mettait tout le défilé en péril. Moi, j’étais le seul à prendre plaisir, secouant mon fils imaginaire à bout de bras, battant le pavé en respectant le rythme (il y a quand même là des aller-retour que l’on peut balayer du pied), un rythme dans lequel je semblais être le seul (avec mon fils imaginaire) à trouver un peu de vie. M’emparant du drapeau, je représentais, seul et contre tous, le Japon. Je souhaite à quiconque de vivre un jour cette expérience.

Masayuki Imanishi : Type (Creative Sources)
Edition : 2014.
CD : 01-08/ #1-#8
Pierre Cécile © Le son du grisli

gintas k david ellis simon tyszko masayuki imanishi dasein

Comme Masayuki Iminashi triture sa radio sur cette compilation de « Radical Demos » (la troisième que publie Obs Records) ! Plus caverneux ou étouffée (ou mystérieux encore) que sur Type, il insuffle la vie à des machines inertes qui pépient ou croassent en remerciement. A côté, les montages vocalisant de Gintas K, David Ellis et Simon Tyszko, & l’évocation expérimentale du Vietnam par Dasein font pâles figures.

écoute le son du grisliMasayuki Imanishi
Radio #3

Gintas K, David Ellis, Simon Tyszko / Masayuki Iminashi / Dasein : Radical Demos #3 (Obs)
Edition : 2013.
2CD-R : CD1 : 01/ Gintas K, David Ellis, Simon Tyszko : Unsong 02/ Gintas K, David Ellis, Simon Tyszko : Unfun 03/ Masayuki 03/ Masayuki Iminashi : Radio #1 04/ Masayuki Iminashi : Radio #2 05/ Masayuki Iminashi : Radio #3 06/ Masayuki Iminashi : Radio #4 07/ Masayuki Iminashi : Radio #5 – CD2 : 01/ Dasein : Jus de terre 02/ Dasein : Arables 03/ Vers le ciel !
Pierre Cécile © Le son du grisli


Reinhold Friedl, Franck Vigroux : Tobel (Alamuse, 2014) / Franck Vigroux : Entrailles (D'autres Cordes, 2013)

reinhold friedl franck vigroux tobel

Un chroniqueur n’a presque plus rien à présenter lorsque des musiciens ont la bonne idée de consacrer à un de leurs disques un site internet aussi bien fait que celui de Tobel. Reste à dire que Tobel est un CD qu’ont enregistré en duo Reinhold Friedl (Zeitkratzer)* et Franck Vigroux (Franck Vigroux)…

… pour aller un peu plus loin (quand même), on louera l’adhérence d’une composition où l’intérieur-piano du premier et l’électronique du second se trouvent de nombreux points communs. Cet amour des drones, par exemple, et les changements d’univers que peuvent provoquer le moindre tremblement. Ce qui fait qu'on passera, sur Tobel, d’une ambient en sourdine au chant de bataille sur lequel des coups de canons feront tomber un rideau de fumée électrique. Si vous ne voyez pas bien où je veux en venir, je vous conseillerai, vexé, d’aller faire un tour sur Tobel (le site).

Reinhold Friedl, Franck Vigroux : Tobel (Alamuse)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Tobel
Pierre Cécile © Le son du grisli

franck vigroux entrailles

Les belles images de Grégory Robin nous promènent dans l’étonnant Musée de la Mine, à Saint-Etienne. Installé dans la salle des pendus, Franck Vigroux donne un concert sans public, dans un genre indus-noise (voire techno expérimentale) qui m’a réconcilié avec le musicien. A la console, à la guitare (dans le sillage de Merzbow *, toutes proportions gardées), et retour à la console : réconciliant, en effet !

Franck Vigroux : Entrailles (D’autres Cordes)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
DVD : 01/ Muscle 02/ Poudres 03/ Batteries 04/ Comète 05/ Loup 06/ Vallée
Pierre Cécile © Le son du grisli

sonic protest 2014* Dans le cadre du festival Sonic Protest, Reinhold Friedl emmènera Zeitkratzer ce jeudi 10 avril à Paris, en l'église Saint-Merry où sont aussi attendus Merzbow et les trois DJ de Sounds of Silence.



Phil Minton, dieb13 : Im Pavillon (PanRec, 2013)

phil minton dieb13 im pavillon

La rencontre est courte – qui tient sur un mini-DVD – mais intense : concert de Phil Minton* et de dieb13, filmé le 7 novembre 2009 à l’Unlimited Festival de Wels par Pavel Borodin.

La caméra est mouvante et s’intéresse de près à ce que, dans les derniers rangs, on aura, à l’œil, eu du mal à saisir : rassemblement des forces et des pouvoirs du vocaliste, artifices et réflexes multiples du platiniste. Dans une respiration, puis un souffle, le duo trouve l’inspiration : de cris rentrés en irritations de sillon, d’interjections insensées en tremblements mécaniques, une première pièce va, une vingtaine de minutes durant, avec patience et intuition. Une seconde, nettement plus courte, donnera dans une exaltation autrement démonstrative.

En supplément, Borodin donne à voir quelques instants de balance et recueille des musiciens un paquet de phrases qu’humour et flegme se disputent. Autrement démonstratif, aussi, de l’intérêt à apporter à Im Pavillon.  

Phil Minton, Dieb13 : Im Pavillon (PanRec)
Enregistrement : 7 novembre 2009. Edition : 2013.
DVD : Im Pavillon
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

sonic protest 2014* Dans le cadre du festival Sonic Protest, Phil Minton donnera ce mercredi 9 avril à Paris, Cirque électrique, un solo entre L'oeillère et Albert Marcoeur & le Quatuor Béla


Michael Pisaro : black, white, red, green, blue (voyelles) (Winds Measure, 2014)

michael pisaro barry chabala black white red green blue voyelles

Le titre de ce disque double (trois rééditions différentes, au son amélioré, d’une cassette Winds Measure publiée en 2010) associe les noms, empruntés à Rimbaud, des deux compositions à y entendre : black, white, red, green, blue, de Michael Pisaro, interprétée par le guitariste Barry Chabala, et (voyelles), composition inspirée à Pisaro par ladite interprétation de Chabala.

Disposé à toutes discrétions, Chabala fait, sur le premier disque, œuvre de précision : coups légers régulièrement adressés à un unique accord, bends variant la hauteur de notes longues, pincements de deux à trois cordes changeantes, domptages de retours d’ampli et silences nombreux, sont les éléments qui régissent une succession de plan-séquences dont les couleurs nous empêchent de distinguer toutes figures – on trouvera ici la partition de Pisaro.

Régurgité, black, white, red, green, blue revient alors à Pisaro. Dans l’interprétation du guitariste, le compositeur trouve de quoi former d’autres paysages. Encore reconnaissable, l’instrument fait avec la compagnie de rumeurs nouvelles et assiste parfois à la naissance (latente) d’un léger larsen ou de grisailles éparses dans le sillage d’un accord qu’il avait suspendu. Plus sensible à l’illusion, la seconde composition impressionne mais ne saurait faire effet sans l’écho qui, en avance sur son temps, l’a précédé : cinq couleurs, origines qu’elle réinvente.

écoute le son du grisliBarry Chabala
black, white, red, green, blue (extrait)

écoute le son du grisliMichael Pisaro
(voyelles) (extrait)

Michael Pisaro : black, white, red, green, blue (voyelles) (Winds Measure)
Réédition : 2014.
CD / K7 : CD1 : 01/ black, white, red, green, blue – CD2 : 01/ (voyelles)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Baise en ville (Vand'Oeuvre, 2013)

baise en ville ccam vand'oeuvre

Onomatopées en mitraillette et guitare mitraille, torsion et distorsion des cordes, flamenco putréfié, zapping et pilonnage d’accords : Jean-Sébastien Mariage et Natacha Muslera apprennent à nous faire aimer les déviances.

Le premier est sec comme un pavé. Sa guitare triture toujours les mêmes tumultes. L’accord est rêche et rechute. C’est une guitare balancier sans espoir d’issue. C’est une guitare qui a contacté la dissonance. Et la dissonance a répondu. La seconde strangule son propre souffle, creuse et abreuve les grands écarts. Mais ne joue jamais à la diva du verbe. S’empêcherait presque d’initier le cri. Et tous deux de s’extraire des tristes normalités. Le contraire nous aurait surpris.

Baise en ville : Baise en ville (CCAM Vand’Œuvre / Metamkine)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Presque ruine 02/ Merveille ! Pisser debout sous un déluge de grêle 03/ Mimosa Hostilis 04/ Claque au ralenti 05/ Gelée binaire 06/ Lambeaux 07/ L’eau tonne comme un crachat d’hiver 08/ Peau père
Luc Bouquet © Le son du grisli 


Anla Courtis, BJ Nilsen : Nijmegen Pulse (BromBron, 2013)

alan courtis bj nilsen nijmegen pulse

Les premières minutes, il faut tendre l’oreille pour deviner qu’Alan Courtis* et BJ Nilsen se promènent à Nijmegen, charmante (certainement) cité des Pays-Bas. Leurs field recordings arrivent crescendo et sont plus à ranger dans le tiroir « ambient » que dans une exposition d’archives sonores.

Mais on connaît les deux hommes et les choses changent sur la seconde piste du CD. Dès lors, s’ils rapporteront des bruits d’oiseaux, le carillon d’une église, le souffle du vent ou les discussions d’un groupe d’écoliers, ce sera pour se les réapproprier. Avec l’aide d’un walkman, d’une guitare et d’un orgue électrique, ils en fabriquent des rumeurs anxiogènes qui va aussi bien à l’art de Courtis qu’à celui de Nilsen. Et lorsqu’ils ne retournent pas Nijmegen (Grondplatte Negemjin), il y a toujours dans leurs field recordings un artefact qui traîne, comme un trésor caché dans une image d’Epinal.

Anla Courtis, BJ Nilsen : Nijmegen Pulse (BromBron / Metamkine)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Snelbinder Collectief 02/ Cheesewheel Masters 03/ Grondplatte Negemjin 04/ As Double and Brutal As Nature
Pierre Cécile © le son du grisli

sonic protest 2014* Dans le cadre du festival Sonic Protest, Anla Courtis donnera à entendre les conclusions d'un projet mené avec les jeunes de l'hôpital de jour d'Antony. Ce 6 avril, à La Générale, Paris.


Common Objects : Live In Morden Tower (Mikroton, 2013)

common objects live in morden tower

Au nombre des projets de Rhodri Davies, John Butcher et Lee Patterson*, il faudra désormais compter avec Common Objects. Le 25 janvier 2013, à la mythique Morden Tower de Newcastle, le trio enregistrait pour la première fois.

Davies, Butcher, puis Patterson ; trois solos, d’abord : lignes grêles qui, en voisines, font bientôt horizon commun ; lignes brisées qui ferment la cage d’un oiseau affolé ; lignes arrangées en circuits d’une électronique qui cache sa dissidence dans sa discrétion. Réunis, voici les musiciens œuvrant ensemble à une abstraction que se disputent des insistances en résonances et de concrets airs amplifiés. L’art du trio est agité de l’intérieur, et ses mouvements souvent contenus : comme en atelier, il travaille à sa cohérence puis s’endort dans un souffle. La cohérence, reposant à ses côtés.

Common Objects : Live In Morden Tower (Mikroton / Metamkine)
Enregistrement : 25 janvier 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Spatial Principle 02/ Grade A Fancy 03/ Thoracic Pattern 04/ Breathless, Sodden Trash
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

sonic protest 2014

* Tiers d'Atmosphérique, Lee Patterson sera, dans le cadre du festival Sonic Protest, en concert à Paris ce 6 avril, à Brest le 8, à Metz le 9,  à Lille le 11 et à Bruxelles le 12.



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