Le son du grisli

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Interview de Quentin RolletAlan Silva à ParisA paraître : le son du grisli #5
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Interview de William Fowler Collins

william fowler collins itw

Ambient inquiète, électroacoustique, noise, metal, improvisation libre… l’art de William Fowler Collins (1974) ignore tout des frontières s’il est sûr de se voir réserver une place à l’ombre. Pour s’être récemment montré redoutable (Tenebroso, The Resurrections Unseen), l’ancien étudiant de Fred Frith et Pauline Oliveros, passe à la question introductive…

... Mes premiers souvenirs de musique viennent de l’autoradio de la voiture et de la collection de disques de mes parents. C’était le milieu des années 1970. A six ans, j’ai acheté mon premier disque : Let There Be Rock d’AC/DC. C’est là que tout a commencé. Depuis, la musique est devenue une obsession.

Comment es-tu venu à la pratique de la musique, et avec quel instrument ? Ca a été un processus naturel : à force d’écouter de la musique sans arrêt, j’ai ressenti l’envie d’en faire moi-même. La guitare est mon premier instrument... J’avais environ quatorze ans quand j’ai commencé à en jouer. C’était à la fin des années 1980. Mes influences étaient alors assez variées. Au début, j’ai pris des leçons orientées blues, j'apprenais les accords de jazz et les progressions. En plus de ça, mon jeu a pas mal été influencé par le rock que je pouvais entendre, celui de Jimi Hendrix ou de Pink Floyd par exemple. Aussi, à la même époque, j’ai découvert The Velvet Underground, The Sex pistols, Public Image Limited, et des groupes américains de punk hardcore, genre Black Flag ou Dead Kennedys… Les tout premiers groupes de rock indépendant émergeaient alors, et je me suis intéressé aux débuts de Sonic Youth, Dinosaur Jr., etc. 

Quelles ont été tes premières expériences en tant que guitariste ? Es-tu passé par un groupe ? Oui, j’ai immédiatement monté un groupe avec des amis. Nous étions alors tous débutants et n’avions aucune idée de ce que nous étions en train de faire, ce qui ne nous a pas empêché de commencer à jouer et même à écrire notre propre musique.

Tu as étudié au Mills College : qu’as-tu appris là-bas qui serve encore aujourd’hui à ta musique ? Je dirais que beaucoup des choses que j’ai apprises au Mills College sont cruciales pour ce que je fais aujourd’hui. J’y ai par exemple étudié des logiciels audio, l’enregistrement et le mixage (analogique ou digital), la composition, la performance, et aussi l’histoire de la musique. Toutes ces choses continuent de nourrir mon discours de musicien et de compositeur. Les deux années que j’ai passées dans cette université ont développé mon savoir, mes possibilités techniques et ma façon de définir ma propre musique. Je n’ai jamais suivi de cours de façon très stricte et je ne me suis jamais vraiment entraîné de façon classique non plus, alors, « désapprendre » ce que je savais de la musique pour m’ouvrir à des nouvelles idées ne m'a pas été très difficile. D’ailleurs, je n’aurais sans doute pas été accepté par un conservatoire… Les établissements qui dispensent des cours de musique sont en général très conservateurs, faire évoluer la musique en tant que médium est loin d’être leur préoccupation principale, ce qui me paraît complètement bizarre. Mills fait figure d’exception.

The Resurrections Unseen The Resurrections Unseen

Comment es-tu arrivé à la musique, disons, sombre ? J’aime toutes sortes de musiques et de sons mais j’ai toujours été intéressé par les plus pesantes, le côté obscur de la musique. Mon intérêt pour les nouvelles formes de musique ne cesse de grandir, par le bouche à oreille ou via mes recherches personnelles. J’ai aussi découvert beaucoup de musiques par le biais des bandes originales de film et des partitions. Ces dernières années, j’ai cultivé un goût pour l’heavy metal extrême, disons obscur. Travailler avec Aaron Turner (Isis, Jodis, Mamiffer, Old Man Gloom…) m’en a pas mal appris sur le monde du métal : c'est un collectionneur qui garde constamment un doigt sur le pouls du metal contemporain. Certains des compositeurs que j’apprécie, comme Scelsi ou Penderecki, ont pu écrire, Wselon moi, des pièces tout aussi intenses et sombres (si ce n’est plus) que la plupart des disques de metal que j’ai pu écouter. Pour moi, le noise a toujours été une question d’abstraction et de texture. Expérimenter sur la forme musicale et le son m’est assez naturel, c’est pourquoi la musique qui investit des territoires changeant, si ce n’est nouveaux, m'intéresse tellement.  

Si tu avais à conseiller l’écoute de musiciens ou de disques de ce genre, quels seraient-ils ? Il y en a tellement… Je citerai d’abord quelques musiques de films, comme celle que Wendy Carlos a écrite pour The Shining (aussi difficile à trouver que stupéfiant) ou celles qu’Eduard Artemyev a signées pour Tarkovsky, la musique et les sons créés par Tobe Hooper et Wayne Bell pour le premier Massacre à la tronçonneuse sont supers aussi, celle de John Carpenter pour le premier Halloween, la partition de Lalo Schifrin pour Amityville, la musique de Brian Hodgson et Delia Derbyshire pour La maison des damnés, les pièces que Morricone a écrites pour les films estampillés Giallo ou encore la musique écrite par Nick Cave et Warren Ellis pour The Proposition… Maintenant, je suis sûr que j’oublie quelques films importants…

... Pour ce qui est des disques « sombres », j’ai récemment écouté Ligfaerd de Nortt, Flowers of Romance de Public Image Limited, Subliminal Genocide de Xasthur, Salvation de Funeral Mist, MoRT de Blut Aud Nord, Quattro Pezzi for Orchestra de Giacinto Scelsi (j’ai écouté quasiment toute sa production dernièrement), Arvo Pärt, Piano and String Quartet de Morton Feldman… Ce sont quelques disques parmi tant d’autres, évidemment. La liste pourrait être allongée sans fin.

La plupart de ces BO ont utilisé des synthétiseurs… Quel rôle joue aujourd’hui l'électronique dans ta musique ? D’un point de vue technique, je ne me sers pas de synthétiseurs analogiques. J’utilise une ancienne version du logiciel SuperColldier, qui continue à faire partie de méthodes que j’emploie pour ma musique. J’expérimente encore comme je peux avec ce logiciel, qui a un interface graphique plus que primitif… Lorsque je l’applique à un guitare ou à des field recordings, leur son d’origine est transformé et cela peut donner naissance aux bases d’un nouveau morceau ou avoir une influence sur la direction à donner à une pièce sur laquelle je travaille…

La plupart du temps, tu enregistre seul... C'est un choix arrêté ? Quand je me suis installé à San Francisco pour intégrer une école d’art, ça faisait pas mal de temps que je ne jouais plus avec personne, alors j’ai commencé à enregistrer seul. C'était en 1992, ou aux environs. J’expérimentais un peu en utilisant un vieil enregistreur cassette Panasonic, je scotchais la tête des cassettes afin d’empiler des sons les uns sur les autres. J’utilisais aussi un enregistreur quatre pistes à cassette. Je l’utilise d’ailleurs encore, de temps à autre. Il y avait aussi un enregistreur dans un petit studio d’enregistrement du San Francisco Art Institute dont je pouvais me servir. Il appartenait au département cinéma, dans lequel je n’étais pas inscrit, mais qui m’avait permis d’enregistrer avec son matériel. Si je préfère travailler seul, j’ai quand même quelques collaborations en cours en ce moment : un projet avec Aaron Turner, un autre avec James Jackson Toth (Wooden Wand) ; je travaille aussi Raven Chacon sur un nouvel album de Mesa Ritual et termine une collaboration avec Horseback (Jenks Miller). J’aime profondément ces projets, d’autant qu’ils me permettent d’essayer de nouvelles idées que je n’aurais pu seulement aborder en solo. Mais ça ne m'a pas empêché de commencer l'enregistrement d'un nouvel album solo...

Selon toi, tes derniers disques disent-ils assez bien ce que tu souhaites exprimer en musique ? Oui, je crois qu’ils correspondent à ce que je voulais dire au moment de leur enregistrement.

T’arrive-t-il de les réécouter ? Pour beaucoup les écouter pendant leur confection, non, je n’y reviens pas trop une fois qu’ils sont terminés.

William Fowler Collins, propos recueillis en mars 2013.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Yannick Franck : Hierophany (Monochrome Vision, 2012)

yannick franck hierophany

Une basse souterraine, prenante, une seconde qui se pose sur la première… Et ainsi de suite. Eloignez tout claustrophobe, même léger, de la musique de Yannick Franck. On ne sait pas ce qu’elle veut et on sait encore moins ce qu’elle cache (un fourmillement, une rivière, une friche industrielle, un appel à l’évacuation ?).

Ce que l’on sait, par contre, ou plutôt ce que l’on apprendra, c’est que le traitement qu’il inflige aux sons qu’il renferme dans ses archives, leur empilement et leur accentuation met en branle une formidable machine à moudre et les sons, et les sources, et les récepteurs que nous sommes. Loin du noise de son trio Y.E.R.M.O., le Belge se fait ici redresseur de sorts et créateur d’ambiance suffocante : nous sommes de sa hiérophanie, et comment !

écoute le son du grisliYannick Franck
Hierophany (extraits)

Yannick Franck : Hierophany (Monochrome Vision)
Edition : 2012.
CD : 01/ Mausoleum 02/ The Dive 03/ Dying Down
Pierre Cécile © Le son du grisli


Asva, Philippe Petit : Empires Should Burn... (Basses Fréquences, 2012) / Philippe Petit : Eugénie (Alrealon, 2012)

asva philippe petit empires should burn

Qui voudra s’y coller n’aura pas fini de décrypter l’art sonique sonore et parfois hurlant de Philippe Petit. Grand amateur-dévoreur de musiques en tous genres, il a composé avec Asva (groupe de metal drone doom de G. Stuart Dahlquist) ce terrible appel à l’incendie des empires…

Pour que leur plan fonctionne, Petit et Dahlquist doivent avant tout imposer la terreur, alors ils s’emparent de leurs instruments (guitares, orgue, turntables, electronics, cymbalum, piano, cordes…) et invitent quelques amis à expliquer le contenu de leurs plans. Chacun son tour, Edward Ka-Spel, Bryan Lewis Saunders et Jarboe lisent un texte qui leur est soumis).

Le résultat est inquiétant mais peu à peu ce sombre univers à la Bosch laisse percer un rayon de lumière. Il inondera la fin du CD d’une musique atmosphérique pas loin d’être zen. On n’attendait pas de happy end, mais elle nous va aussi !

Asva, Philippe Petit : Empires Should Burn… (Basses Fréquences / Small Doses)
Edition : 2012.
CD / LP : 01/ And Empires Will Burn 02/ Seet Dreams Asshole 03/ A Vision 04/ The Star Implodes 05/ Apocryphatic_Ally
Pierre Cécile © Le son du grisli

philippe petit eugénie

Electronics et turntables encore, mais cette fois pour servir la musique électroacoustique. Entouré d’une dizaine d’ « amis » (Els Vandeweyer, Reinhold Friedl…), Philippe Petit offre sur ces deux faces de dix pouces quatre morceaux différents (ambient indianiste, baroque malsain, folk tordu, expérimental larvé) qui raviront les amateurs de post-tout et de lupanar créatif.

Philippe Petit : Eugénie (Alrealon)
Edition : 2012.
10’’ : A1/ An Air of Intrigue A2/ Clapoutique A3/ Pyramid of The Moon – B/ Magma from The Aquarium
Pierre Cécile © Le son du grisli 


Cremaster, Komora A : Split (Monotype, 2012)

cremaster komora 1 split

Un split, c’est presque pas grand-chose. Alors sur un quarante-cinq tours, imaginez-donc… Sauf que… Sauf que Cremaster et Komora A, justement…

On sait qu’il existe des groupes seulement bons sur format court. Ce n’est pas le cas de Cremaster, bien sûr. Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages (tous les deux aux electronics) l’ont déjà montré mais sur cette face A, ils mélangent des larsens et des craquements sans parvenir à se montrer le moins du monde original. Komora A (un trio polonais : Dominik Kowalczyk, Karol Koszniec& Jakub Mikołajczyk) seraient-ils du genre à peiner sur la longueur ? En quarante-cinq tours, en tout cas, ils font mouche, avec leurs buzzs et leurs reverses, dans le soupçon sonique plus que dans l’esbroufe ambient, alors bravo : belle découverte que celle de Komora A – dont on attend une k7 verte sur le même label Monotype.

Cremaster, Komora A : Split (Monotype)
Edition : 2012.
7’’ : A/ Cremaster : Haz B/ Komora A : Crystal Dwarf Opens His Eyes
Pierre Cécile © Le son du grisli


Suffer/Enjoy (Antifrost, 2002)

suffer enjoy antifrost

Ca y est, cette fois, on a franchi la ligne rouge. Et derrière, c’est le noir, si l’on en croit les premières secondes du premier morceau de cette compilation. On le doit à Francisco López : grave, insidieux, perturbant !

Comme notre vision commence à se faire à l’obscurité, on distingue des ombres (PG-13, Zbignew Karkowski, Coti, Utah Kawasaki, ILIOS, AS11, Philip Samartzis, Ami Yoshida, Jason Kahn et Kim Cascone). Toutes ont quelque chose à nous murmurer à l’oreille (Antifrost, le label qui a commandé ces travaux compilés aux artistes, a limité leur fréquence à 200 herz). Chaque plage nous transmet une chose ou une autre : la tremblote de Karkowski, l’ambient lo-fi de Coti, les crépitements de Samartzis, les sifflotements de Yoshida, et même l’effacement tonal de Kahn et Cascone, tout concourt à nous surprendre dans des contrées obscures où l’on tâtonne à l’ouïe. Imparable…

Collectif : Suffer/Enjoy (Antifrost)
Edition : 2002.
CD : Suffer/Enjoy
Pierre Cécile © Le son du grisli



John Raskin, Carla Harryman : Open Box (Tzadik, 2012)

jon raskin carla harryman

C'est une boîte de Pandore qu'ouvrent Jon Raskin (lecture, saxophones) et Carla Harryman (poésie et lecture) dès les premières secondes d'Open Box – projet mêlant musique et poésie que soutiennent pas moins de neuf musiciens, dont les membres du quartette de Raskin. Mais à l'intérieur de la boîte, trésors et drouille sont confondus.

Doué de parole, le duo explique d’abord les tenants et les aboutissants de leur projet sur fond de guitare et de batterie tonitruant : post-no wave poing levé sans véritable envergure, l'ouverture en appelle au patronage de Zorn ou de Ribot. La suite vaudra davantage que cette simplissime allégeance : Open Box 1 & 2 laissant les deux récitants portés par les surfaces étranges de Gino Robair : torves, les sonorités effacent la mièvrerie du récitatif dans un élan peu commun de poésie urbaine.   

C’est un art de l’étrange, ensuite, qui convoque des vocalisations à la népalaise et un baryton, une pièce de comédie musicale d’expérimentale obédience, un psychédélisme brouillon et les déclamations absconses qu’on croirait sorties d’un pénible jeu de rôles. C’est en conséquence vaguement saoul que l’on sort de cette écoute, demain nous dira-t-il quelle était la qualité de la mixture ?

Jon Raskin, Carla Harryman : Open Box (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Fish Speech 02/ Open Box Part 1 03/ Open Box Part 2 04/ LA Reactive Meme 05/ Song for Asa 06/ A Sun and Five Decompositions 07/ JS Active Meme
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


J/L Duo : Lovsang Och Hemlighet / Cerchio (Olof Bright, 2012)

jl duo Lovsång Och Hemlighet Cerchio

Johan Jutterström (instruments à vent) & Andreas Hiroui Larsson (batterie) forment ce duo de lettres, J/L, qui a enregistré entre 2009 et 2010 une drôle de carte de visite (recto-verso), intitulée Lovsang Och He-mlighet / Cerchio.

Drôle, la carte, car les deux hommes n’y sont pas démonstratifs tout de suite, bien au contraire ils ont plutôt l’air de chercher à disparaître derrière un jazz que l’on qualifiera de… ralenti. Peut-on y voir le premier effet de l’amour (Lovsang, c'est qu'en langues étrangères j'ai quelques notions !), qui est de rendre le sujet apathique ? Bref, il n’en reste pas moins que la carte est engageante et que si elle nous informe que le duo exerce dans un jazz « ralenti » elle se refuse pour autant à indiquer « tous travaux réductionnistes ». Climatique, chercheuse, et enfin plus énervée sur Cerchio, la musique du J/L Duo donne aussi quelquefois dans le clin d’œil (sur la fin, au duo Archie Shepp / Max Roach). Nul doute, on les recontactera !

J/L Duo : Lovsang Och Hemlighet / Cerchio (Olof Bright)
Edition : 2013.
CD : 01/ Lovsång och Hemlighet 02/ Intermission 03/ Lake of fire 04/ Where sculptures used to stand 06/ Between eye and wall 07/ Continuous sounds inside a locked mind 08/ Intermission 09/ Freccia 10/ Punto 11/ Linea 12/ Triangolo 13/ Sirena 14/ Frecce
Pierre Cécile © Le son du grisli


Gilded : Terrane (Hidden Shoal, 2012)

gilded terrane

Debut album, comme on dit du côté de Perth, de la paire australienne Gilded, Terrane nous entraîne sur des terres jazz ambient d’un bel intérêt, telle une rencontre entre Kapital Band 1 et Z’ev dans une tonalité proche de Sébastien Roux et Chris Corsano...

Déroulant sur une note paisible et éthérée des tentations où le jazz et la microtonalité ne s’effraient pas mutuellement, le duo Matt Rösner / Adam Trainer ose sans le moindre complexe l’enchaînement des couches sonores, tout en donnant à ses sonorités une légèreté bluffante. Des neuf morceaux, on goûtera tout particulièrement aux atmosphères quasi-americana de Road Movie, mais aussi aux boucles pianistiques de Tyne, en marge de Sylvain Chauveau et de son Black Book of Capitalism.



Gilded : Terrane (Hidden Schoal Recordings)
Edition : 2012.
CD : 01/Velar 02/    String and Stone 03/ Dew Cloud 04/ Road Movie 05/ Tyne 06/ Straight Crest 07/ Cluttered Room 08/ Expand/Contract  09/ Moth Food
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Talweg à Paris

hurlements talweg

talweg lsdg

talweg nos doubles errent dans la nuit duelle


talweg_substance_mort_hate_supreme


Martin Bladh : Dirge; The Peter Sotos Files (Freak Animal, 2008)

martin bladh dirge the peter sotos files

Alors qu’il travaille à la traduction en Suédois de Selfish, Little: The Annotated Lesley Ann Downey – en français : Egoïste, infime : Lesley Ann Downey annotée –, l’artiste « complet » (mais écorché) qu’est Martin Bladh décide de reprendre son ouvrage musical. A l’auteur du roman, Peter Sotos (jadis musicien de Whitehouse), Bladh fait part de son projet : il recevra de lui sons et images dont profitera sa relecture.

Violences sexuelles (faites à de jeunes personnes, presque exclusivement) et racolages médiatiques sont de Sotos les sujets de prédilection. En amateur d’étrange et de dérangeant, Bladh composera une bande-son étrange, dérangeante, mais aussi fascinante.

Ainsi diffuse-t-il, sur une note tenue de synthétiseur ou quelques rares notes de basse, des voix de jeunes-femmes éplorées au téléphone ; ailleurs, il bouclera des litanies d’enfants – tous appels au secours perdus à jamais. En musicien, il peut aussi arranger des pièces d’indus et de noise qu’interrompent témoignages réels et lectures (voix de Bladh ou de Sotos) ou parasitent des enregistrements récupérés (de boîte à musique brisée, d'une annonce de programme de trash tv, d'un surréaliste jury populaire…). Ainsi Martin Bladh fait-il sensation – dans une conversation avec Peter Sotos, il explique justement que c'est bien là que se trouve la clef de son art : dans la « sensation ».  

Martin Bladh : Dirge; The Peter Sotos Files (Freak Animal)
Edition : 2008.
CD : 01/ Buyer’s Theme 1 02/ Dirge 03/ Playground Sex 04/ Dirge: Marc 05/ Insult 06/ Buyer’s Theme 2 07/ Dirge: Mary 08/ Predicate 09/ Injury 10/ Buyer’s Theme
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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