Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert (Klopotec, 2016) / Evan Parker, Lazro, McPhee : Seven Pieces (Clean Feed, 2016)

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Même après tant d’années, on ne sait jamais comment ça marche, un duo ; à quoi ça tient... On n’ira pas voir (réécouter) en arrière ni faire la somme de ce qui a été fait. On attendra plutôt que tombe le nouvel échange pour constater la fidélité, l’éternelle entente, l’impossible fausse note.

Le 21 mai dernier, Daunik Lazro et Joe McPhee se retrouvaient au festival de jazz de Cerkno, en Slovénie – leur premier enregistrement en duo date de 1991, qui a donné Duet (In Situ). Leur expérience commune en associations différentes a, depuis, scellé des liens que les premières secondes du disque, déjà, donnent à entendre. Lentement, les musiciens engagent une nouvelle conversation ; alors qu’ils sont tous deux au saxophone, leurs langues se délient.

D’un bout du disque à l’autre, c’est un chassé-croisé agissant : la volupté du baryton peut permettre à l’alto de progresser en électron libre, les fantaisies de la trompette de poche (comme celles de la voix de McPhee) faire naître des souffles graves, la moindre extravagance mener à la rêverie. Sur un thème écrit (Voices For Alto And Tenor) ou la reprise d’un motif d’Ayler (auquel le duo rend, en l’associant à Ornette Coleman, hommage en fin de concert), McPhee et Lazro opèrent aussi d’impeccables rétablissements. C’est d’ailleurs là que leur duo atteste cette « éternelle entente », cette « impossible fausse note » : en improvisant, comme si de rien n’était, un ordre rétabli.  

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Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Klopotec
Enregistrement : 21 mai 2016. Edition : 2016.
CD : 01-07/ The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En 1995, Willisau était encore Willisau et – avec l’aide du CCAM de Vandoeuvre-les-Nancy – accueillait Evan Parker, Daunik Lazro et Joe Mc Phee. Alors, chacun y allait de son souffle, prenait position en un acte solidaire et accompli. En basses ou moyennes fréquences (trio) ou en hautes cimes (duo Parker / Lazro, trio parfois), les connexions étaient fortes, extensives. Les souffles cherchaient parfois le continu (Parker solo) mais toujours aimaient à pénétrer-engendrer le réel. Ces trois-là étaient grands de présence. Et s’ils remettaient le couvert ?

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Evan Parker, Daunik Lazro, Joe McPhee : Seven Pieces. Live in Willisau 1995
Clean Feed / Orkhêstra International
Enregistrement : 1995. Edition : 2016.
CD : 01/ Echoes of Memory 02/ Sweet Dreams of Flying 03/ Broadway Limited 04/ Florid 05/ Concertino in Blue 06/ Tree Dancing 07/ To Rush at the Wind
Luc Bouquet © Le son du grisli

 



Vide-Grisli : désintégration progressive du grisli

lsdg 7 mars 2013

Jusqu'au 11 décembre prochain, le son du grisli vous invite à une expérience unique : assister à la désintégration progressive de la charpente de son site internet. Le dézingage sera quotidien.

C'est que, dès le lundi 12 décembre, l'adresse www.lesondugrisli.com ne devra plus afficher qu'un seul et unique message redirigeant le lecteur à une autre adresse où il pourra (s'il le souhaite) se procurer la version papier du son du grisli, qui paraîtra désormais deux fois l'an (les 11 juin et 11 décembre).

A côté de ce message, quand même, une playlist et quelques liens. Les archives (2004-2016) seront conservées, que viendront grossir à distance interviews, comptes-rendus de concerts ou de festivals et chroniques des disques apparaissant dans la playlist. 

En remerciement de leur fidélité, le son du grisli propose d'offrir à ses lecteurs un bout de sa charpente qu'ils pourront conserver comme le beau souvenir d'un site internet qui a - comme le veut l'époque - peu à peu été gangréné par le papier. Les demandes peuvent êtres adressées ici.

En espérant quand même vous revoir, voire vous revoir lire,

la rédaction du son du grisli

jason_kahn

   


Cheval de Frise : Cheval de Frise (Sonore, 2000)

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Duo de rock expérimental formé à Bordeaux en 1998, Cheval de Frise (Thomas Bonvalet, guitare, et Vincent Beysselance, batterie) donne à entendre une énergie fulgurante, un langage puissant. Riffs assymétriques et géographies alambiquées se bousculent pour nous donner l'essentiel.

Cheval de Frise compose une musique en constante évolution où les connexions entre les deux musiciens sont presque palpables. On sent des influences du côté de Gastr del Sol ou Don Caballero.



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Cheval de Frise : Cheval de Frise
Sonore
Edition : 2000.
CD : 01/ Connexion monstrueuse entre un objet et son image 02/ Noblesse de l'échec 03/ Construction d'écorces d'arbres 04/ Langue hastee 05/ Lundi deux mars 06/ Un pont et des eaux noires limoneuses 07/ Incline et chenu 08/ Le feu, le lin et la bougie 09/ Les canaux sont ouverts, les moustiques meurent, le monstre disparait 10/ Mille courbettes 11/ Douche froide, harmonium 12/ Le vestibule de lâches 13/ Noblesse de l'échec
Colin Faivre © Le son du grisli

le son du grisli

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Musicien improvisant au banjo baryton, Colin Faivre s'apprête à sortir son troisième disque, Les dormeurs des abysses.


Vladimir Tarasov, Eugenijus Kanevičius, Liudas Mockūnas : Intuitus (NoBusiness, 2016)

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On sait le Mockūnas épais, mais aussi capable de contorsions : grave en clarinette – basse, c’est presque obligé ; en Si bémol, davantage… Si bémol –, le voici brassant l’air au ténor et singeant au soprano. La singularité n’est certes toujours pas d’actualité (à la clarinette, on croirait entendre un sous-Vandermark et, au ténor, un sous-Brötzmann), mais pourquoi s’en tenir là ?

Sorti de toute « inquiétude identitaire », que reprocher à Mockūnas ? Pas grand-chose, à vrai dire : les improvisations qu’il emmène s’écoutent sans qu’on s’en plaigne – à la contrebasse, Eugenijus Kanevičius intrigue même, et plus d'une fois, quand Vladimir Tarasov travaille en toute discrétion. Comme beaucoup – et combien d’autres moins talentueux que lui ? – Mockūnas pratiquerait donc une avant-garde... de tradition. Ayant accepté cela, on accepte de l'entendre jouer libre et faire comme si rien n’avait existé avant lui.

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Vladimir Tarasov, Eugenijus Kanevičius, Liudas Mockūnas : Intuitus
NoBusiness
Enregistrement : juin 2014. Edition : 2016.
2 LP : A1/ Celebrating Life A2/ Once Around the Corner – B1/ Broken Christmas B2/ Time Loop Backwards – C1/
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Kalimi : Otona No Kagaku (Silent Water, 2014)

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C’est pour le moment la seule référence de Kalimi, duo que forment Giovanni Di Domenico (électronique et claviers) et Mathieu Calleja (batterie) – la paire est déjà associée dans le quartette Going –, mais elle promet.

De voir se développer, notamment, une association qui fait de l’acharnement instrumental le premier élément de ses franches conversations. Au Rhodes, Di Domenico sature souvent quand son électronique multiplie les sorties de piste ou façonne de longs signaux. Quant à Calleja, qu’il agace son partenaire ou marque mollement le temps, il bout sans discontinuer et entretient la flamme qui fait de cette improvisation ex abrupto un bien joli baptême.


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Kalimi : Otona No Kagaku
Silent Water
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A1/ Forever High A2/ 7 .1 A3/ Selfie My Ass A4/ B’hier – B1/ Mad at The Machine B2/ Otona No Kagaku B3/ 9.2   
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Putrefier : Cog Dominance (Industrial Recollections, 2012)

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En 1987, le label Broken Flag (= Gary Mundy de Ramleh) sortait une cassette de Putrefier (comme j’aime ce nom de groupe) : Cog Dominance. Retour de flamme grâce à Industrial Recollections !

C’est aujourd’hui sur un CD qu’on retrouve les provocations soniques de Mark Durgan. A quelques mètres, une voiture traîne un paquet de boîtes de conserve mais ce n’est pas « just married » qu’on peut lire sur la plaque mais « just died ». Un peu de reverb, des crashs, des graves et un étrange attirail électronique qui tire des rafales : louder than bombs, les Putrefier ? D’un martial vindicatif, pour le moins !

Putrefier : Cog Dominance (Industrial Recollections)
Enregistrement : 1987. Réédition : 2012.
CD : 01-05/ Cog Dominance
Pierre Cécile © Le son du grisli


The Milo Fine Free Jazz Ensemble : You Will Not Be Pressed to Buy (Shih Shih Wu Ai, 2012)

the milo fine free jazz ensemble you will not be pressed to buy

Si Earlier Outbreaks of Iconoclasm revenaient sur les premières années du Milo Fine Free Jazz Ensemble (1976-1978), ce double disque consigne deux enregistrements récents : concerts donnés en 2011 à la West Bank School of Music en compagnie de la vocaliste Viv Corringham et du cornettiste John O’Brien.De quoi faire passer l’Ensemble non plus pour un duo mais pour un grand groupe de trois, et aussi changer les formes qu’il improvise.

Le 1er avril, Fine et Gnitka se produisent avec Corringham qui, à ses vocalises, ajoute un peu d’électronique. L’échange est vif mais la théâtralité de l’invitée – comme sur ce Senilità publié plus tôt par Emanem – plombe l’ensemble des cinq pièces données ce soir-là.  

« Loin du jazz, loin du rock, loin des douceurs », disait hier Luc Bouquet. C’est aujourd’hui (ou presque) la même chose : avec O’Brien, le 7 octobre de la même année, l’Ensemble alterne les façons de faire, qui conservent quand même quelques points communs : nervosité, diversité, éclat. Auprès du duo, O’Brien sait se faire entendre : son souffle est même porteur de surprises qui, de l’ensemble, augmente l’art. 

The Milo Fine Free Jazz Ensemble : In Concert at the West Bank School of Music (Shih Shih Wu Ai)
Enregistrement : 1er avril & 7 octobre 2011. Edition : ?
2 CD : CD1 : 01/ 4111T1 02/ 4111T2 03/ 4111T3 04/ 4111T4 05/ 4111T4 05/ 4111T5 – CD2 : 01/ 10711T1 02/ 10711T2 03/ 10711T3 04/ 10711T4 05/ 10711T5 06/ 10711T6
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Joséphine Michel, Mika Vainio : Halfway to White (Touch, 2015)

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Premier livre-CD (bel ouvrage, avec couverture en toile !) à paraître chez Touch, Halfway to White associe la musique de Mika Vainio et les photographies de Joséphine Michel dans un jeu commun de… surexpositions. Vibratoire, l’association des deux !

Car les bruits travaillés de Vainio (par plaques = du cristal, des reverses, des zoom sur microcosmos et sur la fin de l’ambient électriquonique) retombent bien à plat sur les photos. Il y a donc relation entre ce que l’on voit et ce que l’on entend puisqu’un visuel noise prend le dessus. Quand le regard ne peut pas dire ce qu’on trouve dans les photos (parfois floues) l’oreille prend le dessus et se charge de la mise au point. Au point ou au pixel… Les détails (visuels & sonores) deviennent des quartiers entiers et les quartiers entiers sont résumés en un point ou un pixel. Qui voudra s’y retrouver tracera des quadrillages sur le livre mais ne s’y retrouvera pas pour autant. Plus que l’Highway to Hell l’Halfway to White est « d’enfer ».

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Joséphine Michel, Mika Vainio : Halfway to White (Touch)
Edition : 2015.
Livre + CD : 01/ Fade From Black 2/ Missing a Border 03/ Notes on the Exposures 04/ Line of a Curve 05/ White Out
Pierre Cécile © Le son du grisli


Garrison Fewell (1953-2015)

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C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de Garrison Fewell, qui, depuis deux ans et demi, luttait contre un cancer – lumineux, il écrivait encore récemment : My illness is a blessing beyond my imagination, the opportunity to reach a more pure state of life which I live every day, enjoying light and peace no matter what physical challenges present themselves. My deep appreciation for life, my endless gratitude for many friends, the wisdom of the cosmos revealing new vistas to me. And a certain freedom, a joy that is only polished more deeply by this experience, the intensity of the music that has no attachment to ego but flows forth uninhibited from its essence... these gifts are unimaginable yet I enjoy their grace. En guise d'hommage, nous reproduisons ci-dessous le portrait publié dans le hors-série sept guitares. All the best, Garrison.

La musique de Garrison  Fewell coule, vient à nous lentement telle une vague apaisée. Parfois, elle empruntera des chemins plus détournés, quelques circonvolutions en arabesque ou en trajectoires anguleuses, imprimera quelques accélérations aussi, mais reviendra bientôt à cette tranquille assurance, cette limpidité, cette évidence du son.

Car Fewell, c’est avant tout ce son qui ne souffre aucune coquetterie, aucune affectation, aucune inutile virtuosité ; un son sûr de lui-même. Le guitariste est un musicien qui sait s’effacer pour laisser la place aux autres et, plutôt que d’occuper l’espace à tout prix, Garrison Fewell ouvre de grandes brèches comme autant d’invitations pour ses compagnons à s’y engouffrer. Il nous rappelle, alors, qu’éloquence n’est pas bavardage, qu’autorité n’est pas omniprésence : « Respecter les possibilités des autres musiciens, ainsi que leurs propres contributions, même lorsqu’il s’agit de défendre ses propres compositions, permet de tirer parti de transformations et d’interactions spontanées. »

Quand on interroge Fewell sur ses influences, celui-ci refuse de choisir entre tradition et avant-garde : aux côtés des grands maîtres pionniers du genre (Jim Hall, Kenny Burrell) on trouve le diamant brut Derek Bailey. De ce dernier, Garrison Fewell a hérité le tempérament de sorcier d’une musique de l’instant et de défricheur des mille possibles de son instrument. La guitare entre ses mains doit être un « orchestre miniature » : « J’essaye de jouer de l’instrument au maximum de ses capacités, sur le manche mais pas seulement. »

Outre le jazz et la creative music, les musiques d’Orient sont pour Fewell une immense source d’inspiration : pour la sonorité aérienne des instruments qui l’incarnent (oud, shenai, sarode, etc.) comme pour la modalité qui permet de créer, en dilatant l’espace temps, les conditions idéales à l’improvisation. « Depuis des temps reculés, l’improvisation a toujours été un élément inhérent de la musique, les ragas indiens en sont un exemple. » L’Orient, c’est aussi pour Fewell le lieu de toutes les quêtes spirituelles et en particulier du bouddhisme, auquel il croit profondément. Evoquer la foi de Fewell ne sert aucunement l’anecdote mais nous ramène à ce son qui est son identité, l’essence même de son art : « Cela fait trente-trois ans que je suis adepte du bouddhisme et je travaille chaque jour dans le but d’approfondir ma connexion à la nature musicale que nous possédons tous : une sorte de vibration lumineuse de rythme et de son à laquelle nous pouvons nous connecter, qui dépasse l’esprit et l’environnement, transcende toutes limites et nous permet de mieux vivre en accord avec l’entier univers. Une triade est un peu le réglage sur lequel s’accorde l’harmonie des planètes et des intervalles de leurs relations. Dans le Lotus Sutra, il y a justement un Bodhisattva que l’on appelle « Son Merveilleux ».

Pour sa poursuite du « Son Merveilleux », le guitariste Garrison Fewell sait s’offrir les services de solides et lumineux compagnons. Citons bien sûr le vieux sage John Tchicai, rencontré en 2003, avec lequel il emmène un trio complété d’un autre saxophoniste, Charlie Kohlhase, et invitons à l’écoute de leur double album Good Night Songs. Ici le trio, à la manière de celui de Jimmy Giuffre quelques décennies auparavant, sans contrebasse ni batterie, nous rappelle que le free peut être apaisé et source d’itinérances méditatives. Citons aussi l’alter ego Eric Hofbauer, partenaire en duo de guitares ou au sein du Variable Density Sound Orchestra, sextet important dans lequel s’invite le trompettiste Roy Campbell Jr. Ici aussi, Garrison Fewell crée les conditions d’une musique qui s’impose vite par son étrange beauté, de légèreté et densité mêlées.

Si jamais vous rencontrez Garrison Fewell au détour de son inlassable traque du Son Merveilleux, s’il vous plaît, rassurez-le : il est assurément sur le bon chemin.

Pierre Lemarchand @ le son du grisli / sept guitares

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Hartmut Geerken : Live at Goethe Institut 1976 (Holidays)

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Ce concert au Goethe Institut de Kaboul en 1976 est l’oeuvre du pianist Hartmut Geerken et de son Rock and Free Jazz Group. La prise de son du double vinyle est lointaine – et ses aigus assez plats – mais restitue une ambiance, voire même une époque (celle des expériences en instituts, voire ambassades).

Auprès de Geerken, trouver Fritz Pfeiffer (saxophone alto), Maqsud Schukurwali (guitare) et Ghafur Rasul (batterie). Manquant vraisemblablement d’une basse, le groupe se démène pour remplir tout l’espace au son d’un mélange de free jazz, de blues, de rock et de funk même. Dans une veine Jef Gilson, mais sans souffle, il déploie des trucs et astuces qui n’arrivent pas à convaincre, même lorsqu’ils servent un thème de Don Cherry ou Clifford Thornton.

En troisième face, la guitare disparaît, et laisse un peu de champ à Geerken : ce sera la « meilleure » des trois faces. Le second disque retourné et c’est le retour de Schukurwali : avec lui, celui d’une musique légère de manège à gimmicks. Guère, donc, à la hauteur de ce que le pianiste a pu enregistrer avec quelques musiciens de ses fidèles : John Tchicai ou Don Moye

Hartmut Geerken’s Rock and Free Jazz Group Kabul : Live in Kabul 1976 (Holidays)
Enregistrement : 22 septembre 1976. Edition : 2013.
2 LP : Live at Goethe Institut 1976
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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