Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Henri Roger, Eric-Maria Couturier, Emanuelle Somer, Bruno Tocanne : Parce que ! (Facing You / IMR, 2014)

henri roger eric-maria couturier emmanuelle somer bruno tocanne parce que

Henri Roger fait référence à Pierre Soulages et décide d’improviser Parce que ! en s’abritant derrière une citation : « Pourquoi noir ? La seule réponse, incluant les raisons ignorées, tapies au plus obscur de nous-mêmes et des pouvoirs de la peinture c’est : PARCE QUE ». Le noir (l’outrenoir, pour être exact) du peintre va bien au piano de Roger. En apposant des noires graves et des blanches de lumière il construit un cadre qu’investissent sur son modèle Eric-Maria Couturier au violoncelle, Emmanuelle Somer à la clarinette basse, au cor anglais, au hautbois ou au saxophone, et Bruno Tocanne à la batterie.
 
C’est épais, dense, emporté, secret, soufflant et fier. C’est un peu de Soulages en effet, surtout lorsque celui-ci revient sur les origines de ses Outrenoirs : « Un jour de janvier 1979, je peignais et la couleur noire avait envahi la toile. Cela me paraissait sans issue, sans espoir. Depuis des heures, je peinais, je déposais une sorte de pâte noire, je la retirais, j’en ajoutais encore et je la retirais. J’étais perdu dans un marécage, j’y pataugeais. Cela s’organisait par moments et aussitôt m’échappait… » Ce n’est pas le même « marécage » pour Roger et ses comparses, c’en est un autre, qui s’organise et, heureusement, lui (leur) échappe aussi.

Henri Roger, Eric-Maria Couturier, Emmanuelle Somer, Bruno Tocanne : Parce que ! (Facing You / IMR / Les Allumés du Jazz)
Enregistrement : 18 novembre 2013. Edition : 2014.
01/ Trace ouate 02/ Coulures apparences 03/ Signe banquise 04/ Ratures brumes 05/ Griffures au fond
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Nicolas Bernier : Frequencies (a/fragments) (LINE, 2014)

nicolas bernier frequencies a fragments

Je me méfie des résonances, des fréquences et des ondes sinus, comme des mouvements trop violents. Autant dire que l’artiste montréalais Nicolas Bernier joue de tout ce dont je me méfie. Mais (car il y a un mais) il active surtout des systèmes qu’il a inventés & joue avec la lumière. C’est pourquoi Nicolas Bernier a un avantage sur les autres, qui est de jouer de tout ce dont je me méfie en savant-percussionniste.

Et ce n’est pas tout… L’expérimentateur Bernier (l’artiste sonore, diraient d’autres, en équilibre entre l’espace et le son) lance une question à laquelle l’instrumentiste Nicolas répond… et bizarrement ces questions-réponses trouvent un rythme dont on ne peut qu’approuver les « fréquences ». Pas avare de tensions, son ambient électroacoustique s’inscrit dans la nouveauté et sa résonance. Et ses répliques sont surprenantes.

Nicolas Bernier : Frequencies (a / fragments) (LINE)
Edition : 2014.
CD : 01/ Frequencies (a / fragments)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sonny Simmons & Co. : Instrumental Martial Arts of Tomorrow / Chasin' the Bird (Improvising Beings, 2014)

sonny simmons instrumental martial arts of tomorrow

Trop volage pour battre pavillon, le vaisseau dans lequel a récemment embarqué Sonny Simmons arborait quand même un étendard, qui claqua au vent avant d’être arraché au fuselage. C’est que l’engin sut atteindre les hauteurs auxquelles la mission Leaving Knowledge, Brilliance And Wisdom l’obligeait. Retrouvé en proche banlieue de Birmingham, Alabama, ce qu’il reste de cet étendard présente aujourd’hui encore, inscrite en lettres de feux, une devise qui dit assez bien le grand air de défi qu’affichaient Simmons et les membres de son équipage (Anton Mobin, AKA_Bondage, Michel Kristof et Julien Palomo) au moment du départ : Instrumental Martial Arts of Tomorrow.

Le voyage a été long, mouvementé, et ce ne sont que cinq de ses « moments » que l’Instance Bienveillante (IB) a jugé bon, sinon de révéler au public, en tout cas de ne pas taire plus longtemps. Fragmenté, c’est là un journal de bord qui raconte par le son – on y distinguera même quelques instruments – les tremblements de la machine avant son décollage, les appréhensions de ses passagers, leurs réactions contrariées devant l’Inconnue comme les façons qu’ils auront eu d’éviter ses écueils à coup d’improvisations bravaches, de disputes salutaires, d’accords suspendus, enfin, de charmes que souffle Simmons à l’approche du Serpent.

Après avoir croisé le fer avec satellites, poussières et comètes, l’appareil adressa un message à l’étranger qui, peu méfiant, répondit par une aimable invitation : là, le saxophone accuse les différents paliers de la descente, le métal fait grincer sa fatigue, et c’est la rencontre. Cordiale, surprenante même : l’hôte fit en effet part de son exaltation dans un langage imprévisible, qui fuse et crépite… de quoi plaire au commandant Simmons, qui saisit alors tout le sens de la mission rétro futuriste qui lui a été confiée (suite aux explorations de Paul Bley et Annette Peacock, Joe McPhee avec John Snyder, Anthony Braxton ou George Lewis avec Richard Teitelbaum). Sens, qu’il s’empressa de signifier à la faune en liesse – selon l’état actuel de nos recherches, employer le mot « faune » n’est pas faire injure à l’hôte en question – en usant d’un idiome qu’elle et elle seule pouvait sans doute comprendre : « Shaga-Uga ».

La formule est plusieurs fois répétée. Après quoi, silence radio. Les enregistrements ne disent rien des conditions dans lesquelles a été effectué le voyage de retour ni à quel moment ses jeunes coéquipiers se sont aperçus de la disparition du commandant. Leurs témoignages n’ont pu faire avancer l’enquête ; à cette heure, le mystère reste entier. Pour ne pas être suspectée de conspiration, l’IB a fait nommer Huey Sonny Simmons Chevalier du Grand Ordre du Clavier Galactique et, à un journaliste qui l’interrogeait sur l’affaire, a répondu en ces termes : « C’est la vie… »

Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings)
Edition : 2014.
8 CD : CD1-CD4 : Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance – CD5-CD8 : Chasin the Bird?
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings, 2014)

sonny simmons leaving knowledge wisdom and brilliance chasing the bird

Oubliez les balises, oubliez les repères, oubliez les raccords. Oubliez l’homme noir, oubliez l’homme blanc. Oubliez le musicien, oubliez le producteur. Oubliez le commerce, les traités. Mais prenez tout de Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance. Et prenez tout de Chasing the Bird? Prenez tout de ces huit disques, prenez tout de cette folle épopée.

Laisser (en héritage) la Connaissance, la Sagesse et la Brillance dit beaucoup de choses du délestement. Et de l’oubli. Et de la mémoire. Ici, des traces de Trane, Ustad Bismillah Khan. Et des traces du lendemain. Du lendemain sans la question. Ici, mille vibrations de cérémonies. Prêts pour la Cérémonie ? l’Inde, l’Afrique, le jeu de l’ordre et du désordre. La cathédrale indéfinie. Un festin nu, ce jazz qui pointe ? Ici, on ne garde que l’amorce. Le reste nous est donné, à compléter. Mais qui le voudrait ?

Chasin the Bird?, c’est encore l’oubli et la mémoire. Mais c’est aussi les flammes et les forges. C’est le son devenant ocre. C’est la magie noire. C’est la frayeur et la paix et encore le délestement. C’est le phrasé qui se déchire car le blues gagne toujours. C’est du crachin sonique. C’est un doux exorcisme. C’est du psychédélisme s’effaçant. C’est une montagne de sagesse en action. C’est l’autre langage. Celui que l’on n’osait plus imaginer, invoquer.

Je ne puis rien écrire sur cette musique. Je l’ai imaginé. J’étais loin du compte. Cette musique résiste au chroniqueur. Ou l’oblige à avoir quelque (petit) talent. Je vous livrerai seulement les noms de ceux qui furent les sages héros de cette épopée : Sonny Simmons, Bruno Grégoire, Michel Kristof, Julien Palomo, Anton Mobin, AKA_bondage, Nobodisoundz, Other Matter.

écoute le son du grisliSonny Simmons
Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance (extraits)

Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings)
Edition : 2014.
8 CD : CD1-CD4 : Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance – CD5-CD8 : Chasin the Bird?
Luc Bouquet © Le son du grisli

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David Berezan : Allusions sonores (Empreintes DIGITALes)

david berezan allusions sonores

David Berezan est un compositeur de musique acousmatique, souvent récompensé. Allusions Sonores est le premier disque que j’entends de lui. Attention, rien à voir avec le Berezan de mon immeuble, qu’on ne me soupçonne pas de conflit d’intérêt !

Sur Empreintes DIGITALes, ce Berezan là remplit tout l’espace du CD d' « allusions sonores » qui font référence à des bruits divers et variés ( bouées de navigation maritime, lamellophone balinais, field recordings de plusieurs continents…). Bien, très bien même… Et là-dessus, il jette des reverses, des tintements et des sons acoustico-moléculaires qui épateraient plus d’un marin revenu sourd de Badlands... Bref, de quoi réjouir le terrien adepte de musique de grand large que je suis !

écoute le son du grisliDavid Berezan
Allusions sonores

David Berezan : Allusions sonores (Empreintes DIGITALes)
Edition : 2014.
CD : 01/ Buoy 02/ Thumbs 03/ Badlands 04/ Galungan 05/ Nijo
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ingar Zach, Frédéric Blondy, Eivind Lønning, Espen Reinertsen : Paris, 30 mai 2014

ingar zach frédéric blondy streifenjunko église saint-merry

Carré magique : à Saint-Merry, le taulier et pianiste (in- et outside) Fred Blondy avait déjà invité Ingar Zach à jouer (avec Xavier Charles) dans le cadre de l'excellent festival automnal Crack. Le percussionniste norvégien revient cette fois avec Streifenjunko, duo soufflant composé de ses  jeunes compatriotes Eivind Lønning (trompette) et Espen Reinertsen (saxophone ténor). Deux jours de résidence ont suffi à ce quatuor pour trouver ses marques, les inscrire dans le temps et l'espace d'un concert, et prendre son envol.
 
Une première pièce s'organise autour des sons d'allure spectrale que tirent Blondy et Zach des cordes graves du piano et du corps de la grosse caisse. Lønning et Reinersten, séparés par Zach,  insinuent leurs boucles dans ce tissu. Lorsque Blondy s'assoit au clavier, les canvas feldmaniens de Why Patterns? ne sont pas loin.
 
Après la pause, changement de registre. Carré fou : sous la baguette de Zach, place à l'éclatement, aux interjections, aux clusters et aux frappes sèches. Aucune dispersion cependant, aucune déperdition, tout est tenu – sauf la gestuelle de Blondy, qui danse avec son piano en frappant des agrégats de silence aussi fort qu'un Jerry Lee Lewis « étendu ».
 
Cette seconde pièce, par un processus mystérieux, se transmuera en une ample ad libitum aux sonorités profondes et douces, suspendu loin au-dessus de l'abstraction, dans une espèce d'immatériel glorieux, peint en quatre dimensions : carré blanc.

Ingar Zach, Frédéric Blondy, Eivind Lønning, Espen Reinertsen, Paris, Eglise Saint-Merry, 30 mai 2014
Claude-Marin Herbert © Le son du grisli

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Foole, Flaherty, Baczkowsky, Nace, Corsano : Wrong Number (Open Mouth) / Flaherty, Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)

wrong number

Est-ce un « jazz » (un « iazz » ?) compressé qu’il faut déchiffrer sur la couverture de ce nouvel enregistrement – daté du 30 janvier 2013 – de Paul Flaherty, Bill Nace et Chris Corsano ?  Parlant de « compressé », comment Steve Baczkoswky et le (ci-devant) vocaliste Dredd Foole pourront-ils s’imposer auprès du trio ?

Assez bien – le suspense fut de courte durée –, à entendre Foole, voix lointaine mais que les musiciens écoutent à tel point qu’un parfum de Body/Head flotte sur la première face : aux appels lancés, répondent les soupirs des saxophonistes… Mais la tension monte.

En seconde face, Foole, en chef d’orchestre éconduit, essuie les foudres d’improvisateurs aux coudées franches : Corsano cogne et même mitraille, Nace élabore à distance rapprochée d’ampli, Flaherty et Baczkowsky bronchent. Si l’ensemble met à mal les éléments de langage que Foole a plus tôt osés, la cacophonie à naître, ambiante et accaparante, se passe très bien de ne rien signifier. Son « iazz » est non seulement compressé, mais bel et bien serré et menaçant.

Dredd Foole, Paul Flaherty, Steve Baczkowsky, Bill Nace, Chris Corsano : Wrong Number (Open Mouth)
Enregistrement : 30 janvier 2013. Edition : 2014.
LP : A-B/ Wrong Number
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

paul flaherty randall colbourne ironic havoc

Poursuivant une collaboration qui commence à dater, Paul Flaherty et Randall Colbourne enregistrèrent  en mai 2013 Ironic Havoc en duo. Inspirés par un phénomène atmosphérique (plus de détails dans les notes du disque, que signe Flaherty), le saxophoniste et le batteur peaufinent un autre jazz d’intensité, free possible ou swing défait qui font leurs reliefs d’accrocs supérieurs.  

Paul Flaherty, Randall Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)
Enregistrement : mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Jumping Spiders 02/ Moving Outside a Million Years 03/ Bstry 04/ Revenge of the Roadkill 05/ Watching 06/ Conclusion
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


musique actionCe dimanche 1er juin, à 18H30, Bill Nace sera de concert avec Kim Gordon en Body/Head à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action.

 

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Tilbury, Chang, Drouin... : Variable Formations (Another Timbre, 2013) / Tilbury : Triadic Memories (Atopos, 2008)

johnny chang jamie drouin john tilbury angharad davies lee patterson phil durrant various formations

Au Café Oto le 16 février 2013, Johnny Chang et Jamie Drouin invitèrent John Tilbury, Angharad Davies, Phil Durrant et Lee Patterson à composer au gré de formations changeantes : solo du pianiste, duo Chang / Drouin, trio Davies / Durrant / Patterson, enfin, sextette à entendre sur ce disque.

En faisant écho à la musique jouée plus tôt (celle d'Eva-Maria Houben, par exemple, pour le trio), les musiciens improvisèrent ensemble : le piano, sur deux notes, attire à lui l'archet du violon et une ligne électronique tremblante ; un lot de cordes lasses accentue les appréhensions, et même les angoisses, d'un clavier sur l'éternel retour ; une délicatesse partagée soigne les reliefs d'une pièce de musique électroacoustique où les évocations et les références enrichissent une électroacoustique de belle déconvenue.

John Tilbury, Johnny Chang, Jamie Drouin, Phil Durrant, Lee Patterson, Angharad Davies : Variable Formations (Another Timbre)
Enregistrement : 16 février 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Variable Formations
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

john tilbury triadic memories

En concert à Londres, le 6 octobre 2008, Triadic Memories par John Tilbury. Cette note aigue, encore, non pensée mais révélée par Morton Feldman, qui à sa traîne en commande deux ou trois autres, plus graves qu’elle mais qu’elle fait tourner au rythme d’un balancement perpétuel. Dont les effets sont imprévisibles. Plus loin, Tilbury interprète Notti Stellate a Vagli, hommage à Feldman signé Howard Skempton. Les notes sont liées davantage mais la délicatesse est de rigueur encore. Tout est une autre fois affaire de notes défaites et suspendues.

John Tilbury : Triadic Memories / Notti Stellate A Vagli (Atopos)
Edition : 2008.
2 CD : CD1 : 01/ Triadic Memories Part 1 – CD2 : 01/ Triadic Memories Part 2 02/ Notti Stellate A Vagli
Guillaume Belhomm © Le son du grisli

musique action

Ce dimanche 1er juin à 14 heures, John Tilbury sera de concert avec Isabelle Duthoit, Anne-James Chaton et Frantz Hautzinger, à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action

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Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project : Hasselt (Not Two, 2014)

frode gjerstad paal nilssen-love project hasselt

Depuis leur premier duo, Day Before One, Frode Gjerstad et Paal Nilssen-Love ont mené ensemble tant de projets qu’en baptiser un nouveau tient de la gageure. Enregistrés le 23 septembre 2006 à Hasselt, ils optent alors pour la simplicité : Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project, quartette dans lequel on trouve Sabir Mateen – recrue du Circulasione Totale Orchestra – et le bassiste Peter Friis-Nielsen – Danois entendu auprès d’Hasse Poulsen, notamment.

Qui ne craint la fièvre (ni la basse électrique) trouvera en ce concert en cinq temps de quoi éprouver sa résistance à un free sur palette étendue : experts en sifflements comme en sonorités épaisses, Gjerstad et Mateen passent de saxophones (alto et ténor) en clarinettes et flûte avec une urgence et un aplomb capables de résister aux coups portés par Nilssen-Love et à l’affect électricité de Friis-Nielsen. Aussi impressionnante soit-elle – on aura, tout de même, relevé  ici et là quelques convulsions –, la fièvre ne déclarait qu’une indisposition bénigne.

Frode Gjerstad / Paal Nilssen-Love Project : Hasselt (Not Two)
Enregistrement : 23 septembre 2006. Edition : 2014.
CD : 01/ Hasselt #1 02/ Hasselt #2 03/ Hasselt #3 04/ Hasselt #4 05/ Hasslet #5
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni / Studies for Stradbroke (Winds Measure, 2013)

lawrence english suikinkutsu no katawara ni

Au rayon field recordings pour (sur ?) ambient, Lawrence English en connaît des trucs. Et il faut bien avouer que ces trucs marchent encore, qu’il s’agisse, pour le disque qui nous concerne (tiré à seulement 150 exemplaires par Winds Measure), de gouttelettes d’eau filtrées par ordinateur, d’insectes ou d’oiseaux de ciels japonais ou australien, etc.

A pas mesurés English s’écarte cette fois un peu de sa musique à nappes évanescente. Au compte-gouttes il sélectionne ses enregistrements de terrain pour faire son choix entre deux solutions : les écouter et les examiner ou en faire une musique tellurique qui évoque son compère de Boombana Echoes  Akio Suzuki (rythmique, répétitive, rêveuse). Quand English finit de planer, il est d’un concret qui charme tout autant !

écoute le son du grisliLawrence English
Bamboo Shinjuku

Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni (Winds Measure)
Enregistrement : 2003-2011. Edition : 2013.
CDR : 01/ Shimmering Black Hawk 02/ Taima Bells 03/ Bamboo Shinjuku 04/ Minor Lori Swings 05/ Chamber 06/ Shinjuku Semi 07/ Slowly Turns Blue 08/ Raven Songs 09/ Complimentary Cicada
Pierre Cécile © Le son du grisli

lawrence english studies for stradbroke

Il faut écouter consciencieusement pour goûter à ces jolis sons « hydrophoniques » provenant de Stradbroke Island. Le clapotis de l’eau, le claquement des micros, l’apnée et le retour à la surface. Sur terre English en cogne des pierres et des galets : il fallait se méfier de l’eau qui dort, sa musique ricoche fort… et loin.

écoute le son du grisliLawrence English
Terminal Motor

Lawrence English : Studies for Stradbroke (Winds Measure)
Enregistrement : janvier-août 2007. Edition : 2013.
CDR : 01/ Slide (Open) 02/ Reeds of Brown Lake 03/ Intercepted Communications 04/ Invented Tide 05/ Terminal Motor 06/ Slipping Grains 07/ Rock Walls 08/ Slide (Close)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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