Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman, 2014)

jef gilson et malagasy

En introduction du texte qu’il consacra, dans Free Fight, à Œil Vision, Philippe Robert écrit : De nos jours, on connaît généralement Jef Gilson pour son approche du jazz modal […] Certains, plus rares, savent son investissement de longue date : qu’il a collaboré avec les Double Six par exemple, ou encore qu’il a été ingénieur du son et label manager – les disques Palm, c’est lui. Tous les amateurs, bien évidemment, apprécient le pianiste-arrangeur et compositeur qu’il a été. Ajoutons aussi qu’il fut par ici un découvreur de talents sans pareil : Jean-Louis Chautemps, Jean-Luc Ponty, Bernard Lubat lui doivent beaucoup, tout comme de nombreux jazzmen américains de passage à Paris – Byard Lancaster et David S. Ware entre autres.

A la reconnaissance de Gilson, le label Jazzman travailla déjà en publiant Archives, Chansons de Jazz et The Best of Jef Gilson. Cette année, c’est la « période malgache » du pianiste que le label met en valeur dans un coffret de rééditions (Malagasy, Malagasy at Newport-Paris, et le Maintenant ‘Zao de Sylvin Marc et Del Rabenja, édités en leur temps sur Palm) augmentés d’inédits. Le livret d’une vingtaine de pages raconte le premier voyage de Gilson à Madagascar à l’occasion d’une tournée organisée en mai 1968 – présences du contrebassiste Bibi Rovère et du batteur Lionel Magal. Le mois suivant, le pianiste quitte l’île en promettant aux musiciens qu’il y a rencontrés d’y revenir bientôt : l’expérience d’un folklore à envisager en langue vivante n’est-elle pas faite pour plaire à l’amateur de « chansons de jazz » qu’il est ?

jef gilson malagasy les touches noires  jef gilson malagasy

Elle-même carrefour d’influences, la terre est fertile – comme celle d’une autre Afrique, qui, dans un même état d’esprit, souffla Moshi à l’oreille de Barney Wilen –, où Gilson retournera plusieurs fois et d’où il rapportera des enregistrements d’une fusion qui embrasse jazz modal, rhythm-and-blues et foklore local – ainsi la vahila est-elle intégrée à un instrumentarium souvent porté par une basse et un piano électriques ou un Fender Rhodes. Si l’expérience, chamarrée, n’est pas toujours « valable » – les thèmes sont parfois d’une composition mince quand la modalité impose au groupe quelques longueurs –, elle recèle de trouvailles : pulsation du cœur des rues d’alors Tananarive sur A Tana de Jean-Charles Capon, saxophone de Roland De Comarmond sur une reprise de The Creator Has A Master Plan de Pharoah Sanders, permissions du meneur versant Malagasy dans un free rafraîchissant, écarts de Del Rabenja au saxophone ténor sur Buddha’s Vision, beaux moments de concerts que renferme le dernier disque du coffret, dont la conclusion donne à entendre auprès du groupe de Gilson Clint Jackson III, Khan Jamal (si ce n’est Bernard Lubat), et Byard Lancaster. Lancaster, qui emploiera ensuite des membres de Malagasy pour l’enregistrement de Funny Funky Rib Crib et Us, deux références du catalogue du Palm de Jef Gilson.

Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman)
Edition : 2014.
4 CD / 5 LP : CD1 : 01/ A Tana 02/ Avaradoha 03/ Chant Inca 04/ Sodina 05/ The Creator Has A Master Plan 06/ Malagasy – CD2/ 01/ Newport Bounce 02/ Salegy Jef 03/ Solo Franck 04/ Buddha’s Vision 05/ Veloma Lava 06/ Valiha Del 07/ Requiem pour Django 08/ Dizzy 48 09/ 1973 – CD3 : Madagascar Now : Maintenant ‘Zao : 01/ Valiha Ny Dada 02/ Katramo 03/ Hommage à Rakotofazy 04/ Amore Ny Canal 05/ Del-Light 06/ Ô Ambalavoa “City” 07/ Rotaka (Fais Peter) – CD4 : Les touches noires 01/ Colchiques dans les prés (Live) 02/ Unknown I 03/ Unknown II 04/ Unknown III 05/ Chant Inca (ive) 06/ Dizzy 48 (Live) 07/ Prélude en sol mineur (Live) 08/ Les touches noires 09/ Unknown IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac, 2014)

hélène breschand les incarnés

Une fois le chant des sirènes dévoilé, il ne nous reste plus qu’à admettre le parcours. La harpe d’Hélène Breschand nous guide. Le tableau semble souterrain, réverbéré. De petites notes s’écartèlent. Après les sirènes, les fées. Un effet de pendule s’accroche à la corde. La corde devient tôle. Se dissipe.

A-t-on rêvé ou l’a-t-on bien entendue, cette music box ? C’est si simple ce soupir. Les cordes sollicitent  et chuchotent la solitude. Hélène nous guide toujours. Ces petits bruits, qu’annoncent-ils ? Une note ogresse semble vouloir tout avaler. La clameur se renforce. Le chaos serait-il avenir ? Maintenant, l’atelier est hurlant. Verra-t-on la lumière ? Au lointain s’ânonne le chant des sirènes. Chant enfermé, chant clôturé, chant barricadé. Et si tout cela n’était que piège ? Nul doute : nous y retournerions. Encore et toujours.

Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac Records)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Les Incarnés 1  B/ Les Incarnés 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Xeerox : 1979-1981. Recuerdo espectral de un viejo decorado eléctrico (Anòmia, 2013)

xeerox 1979-1981

On tombe parfois sur des disques qui, sans être originaux, vous révèlent toute une époque (la leur) et même tout un pays (ici, l’Espagne). Ainsi donc, le Barcelonais Javier Hernando éditait en 2008 sur CD des archives de son groupe Xeerox (1979-1981). Cinq ans plus tard, Anòmia rééditait ces archives sur un vinyl.

A la croisée des chemins (krautrock / punk / no wave / indus) et des influences (Wire, DNA...), Xeerox mettait sa guitare, sa basse et sa batterie au service d’un rock déglingue de trois ou quatre accords annonçant les shoegazers à peine nés, de refrains stridents et même, il faut l’avouer, parfois cacophoniques. A la fin, voilà le groupe qui manipule des bandes… Avec cet art sauvage qu’on doit reconnaître à ce Xeerox qui nous sera désormais familier.

Xeerox : 1979-1981. Recuerdo espectral de un viejo decorado eléctrico (Anòmia)
Enregistrement : 1979-1981. Edition : 2013.
LP : 01-10/ Untitled
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pinkcourtesyphone : A Ravishment of Mirror (Dragon’s Eye, 2014)

pinkcourtesyphone a ravishment of mirror

A Ravishment of Mirror aurait pu faire une excellente B.O. pour Maps to the Stars de David Cronenberg. Du moins, j’imagine. Ce troisième album de Pinkcourtesyphone (derrière lequel se cache Richard Chartier) se propose en effet de décrire la part d’ombre du halo galactique qui entoure Hollywood.

L’occasion pour l'Américain de donner dans une ambient un peu plus ténébreuse que d’habitude, même si on y trouve quelques éclaircies (d’un beau rose). Des portes qui claquent sur deux notes de synthé, des voix synthétiques qui en appellent à la gloire, des beats électriques et des inserts de field recordings… toutes les prétentions et les désillusions dont Chartier s’inspire illuminent l’un et l’autre côté de ses partitions-miroirs. Une fois de plus, impossible de ne pas suivre Chartier.

écoute le son du grisliPinkcourtesyphone
Falling Star

Pinkcourtesyphone : A Ravishment of Mirror (Dragon’s Eye)
Edition : 2014.
CD : 01/ Why Pretend / The Desire of Absence / Faulty Connections 02/ Pixels… Sometimes… Broke Your Heart (for A.) 03/ Falling Star (for P. Entwistle) 04/ 62,000 Valentines (for T. Hunter)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jake Meginsky : L’appel du vide (Open Mouth, 2014)

jake meginsky l'appel du vide

Percussionniste passé à l’électronique, Jake Meginsky forma avec John Truscinski Slaughterhouse Percussion, duo qui, augmenté de Bill Nace, devint XO4. Aussi, avec Nmperign, il signa Selected Occasions Handsom Deceit et, plus récemment, remixait Last Mistress de Body/Head. Seul, c’est, forcément, L’appel du vide.

Plus de batterie, donc, mais des rythmes encore. Des allures, pour être précis, qui mettent en forme les rumeurs que Meginsky fait tourner quarante-cinq fois par minute. Quand son électronique tremble, elle tremble fort – en Strotter Inst. impatient, le musicien dénigre toute idée de « crescendo ». Quand l’abstraction prend le dessus, elle gagne jusqu’aux sillons du vinyle pour arracher un lot de pleurs au matériau. Enfin, quand électronique et abstraction s’entendent, voici Meginsky changé en gnawa trépident – trépignant, voire – ou en exceptionnel polisseur de surfaces. L’appel du vide est alors à son comble, impossible de lui résister.

Jake Meginsky : L’appel du vide (Open Mouth)
Edition : 2014.
LP : A1/ L'appel du vide A2/ Labmeat - B1/ Knuckleball B2/ Sgriob B3/ Decalomania
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Christian Marclay : Fire & Water (Dis Voir, 2014)

christian marclay fire & water

Grâce aux éditions Dis Voir, j’ai vu et entendu l’installation que Christian Marclay a réalisée en 2011 à Beppu, dans le sud du Japon. Bien sûr, je regrette de ne pas avoir fait le voyage. Mais n’ai-je pas accédé à une autre dimension de l’œuvre ?

L’installation que je possède maintenant tient dans une soixantaine de pages et un CD. Les photos du livre montrent Beppu (ses jardins, son port, comment les habitants vivent à côté ou dans ses onsens…) et la centaine d’oriflammes orange (pour le feu) et bleu (pour l’eau) que l'artiste installa sur une de ses jetées. Dans le bas des drapeaux, des clochettes sonnent sous le vent. Ce sont elles que l’on peut entendre sur le CD… Si l’on supporte bien les aigus, l’enregistrement devient vite obnubilant, ses clochettes tintinnabulent (c’est le mot approprié) sur les bruits de la ville et le passage des promeneurs. Bientôt, vous voilà flottant, fier et droit comme un oriflamme !

Christian Marclay : Fire & Water (Dis Voir)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
Livre + CD : Fire & Water
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Akio Suzuki, Aki Onda : ma ta ta bi (ORAL, 2014)

akio suzuki aki onda ma ta ta bi

Trois heures durant, Akio Suzuki et Aki Onda ont, le 30 juin 2013, arpenté ce qu’il reste d’une usine désaffectée de la banlieue de Bruxelles. A leurs instruments traditionnels (ANALOPOS et pierres pour le premier, radios, ampli et walkmans pour le second), ils ajoutèrent quelques outils trouvés sur place : clous, planches de bois, bouteilles vides… Enregistrée, la performance est aujourd’hui rendue, réinventée aussi.

Dans la brochure d’une vingtaine de pages qui accompagne (renferme, même) le disque, une conversation est retranscrite. Les deux hommes se souviennent là de cet environnement particulier qu’il s’agissait de révéler par le son, hostile – pollution industrielle – mais confident, et disent l’importance de l’écho dans leur pratique sonore.

Sur disque, maintenant. Dans le même temps qu’il interroge l’acoustique de l’endroit, le duo recueille et parfois transforme ce que ce même endroit a à dire ; à ses captures, mêle ensuite ses propres respirations : inventions in-situ et inspirations « sur place ». Comme la trace sonore laissée au sol par le passage d’un avion, le chant de l’ANALOPOS, le bruit de gestes concrets ou la voix de mystérieuses cassettes, prennent alors place sur un air de fabuleuse cantilène : ma ta ta bi.

écoute le son du grisliAkio Suzuki, Aki Onda
ma ta ta bi (extraits)

Akio Suzuki, Aki Onda : ma ta ta bi (ORAL / Metamkine)
Enregistrement : 30 juin 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ ta bi no ha zi ma ri 02/ do ko ka ra 03/ ma ta ta bi 04/ do ko e 05/ fu ta ta bi 06/ ta bi no ha te
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Three Uncles : Live & More (Setola di Maiale, 2014) / One Hour With (Setola di Maiale, 2013)

the three uncles live & more

Le 10 mars 2013, The Three Uncles (Matthias Boss : violon, Roberto del Piano : basse électrique, Marcello Magliocchi : batterie, percussions) s’invitaient sur la petite scène du Limitationes d’Heiligenkreuz. Ce qu’ils avaient à offrir n’était autre qu’une improvisation à pas feutrés. Le violoniste rongeait ses phrasés, cisaillait la mélodie puis s’en allait cajoler quelque instantanée litanie. La basse électrique fourmillait, bruissait, secouait parfois le cocotier. Le batteur-percussionniste faisait titiller ses bibelots soniques avec aplomb et justesse. Mais l’improvisation n’était que feutrée…

Le 13 mars 2012, soit un an auparavant, les trois oncles étaient quatre (Massimo Falascone : saxophone) ou six (Paolo Falascone et Claudio Maffi : contrebasses) et leurs improvisations regorgeaient de fiel et de lucidité. Sur le vif, l’on découvrait alors une basse électrique éructant une colère ouverte, saisissante. L’aventure ne faisait que commencer…

The Three Uncles : Live & More (Setola di Maiale)
Enregistrement : 2012-2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Farewell 02/ Farewell 03/ Farewell 04/ Farewell 05/ Farewell 06/ Farewell 07/ Farewell 08/ Farewell 09/ Farewell 10/ Farewell 11/Farewell 12/ Four Uncles 13/ Six Uncles Part A 14/ Six Uncles Part B
Luc Bouquet © Le son du grisli

the three uncles one hour with

Très bavards et très explicites avaient été ces mêmes Three Uncles lors de leur baptême discographique. Tous se glissaient dans les interstices des vieilles murailles. Violon et basse électrique portaient l’ivresse à bout de bras tandis que la batterie tentait de réguler la bataille. La microtonalité se portait large. La liberté : idem.

The Three Uncles : One Hour With (Setola di Maiale)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01-07/ 01-07
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Improvisations Expéditives : Evan Parker, Sequoia, Carl Ludwig Hubsch, Pierre-Yves Martel, Jeffrey Morgan, David Birchall...

improvisations expéditives mai 2014

sequoia

Sequoia : Rotations (Evil Rabbit, 2014)
Avec celle de Meinrad Kneer, ce sont en Sequoia trois autres contrebasses qui usinent, scient ou provoque des avalanches : Antonio Borghini, Klaus Kürvers et Miles Perkin, accordés, le 31 mai 2012 en studio, sur une musique d’ombres portées. Leurs instruments changés en sculptures sonores fuselées, le quatuor de contrebasses joue de torsions et de courants divers pour accoucher de chants parallèles aux pizzicatos graves et grincements de mécaniques qu’on trouve en creux de ce bel enregistrement.

antonio bertoni

Antonio Bertoni : ½ (H)our Drama (Leo, 2013)
Autre contrebassiste habile, Antonio Bertoni se plaisait, le 11 juin 2013, à gripper la progression d’un solo d’une demi-heure. Balançant entre deux notes, l’archet accroche en effet et puis dérape, obligeant le musicien à trouver, sans changer d’allure, des parades instrumentales inspirantes (certaines convaincantes) mais qui l’endormiront : l’allure faiblit, la fatigue point.

hubsch martel zoubel

Carl Ludwig Hübsch, Pierre-Yves Martel, Philip Zoubek : June 16th (Schraum, 2013)
C’est à une musique d’atmosphère que nous convient Carl Ludwig Hübsch, Pierre-Yves Martel et Philip Zoubek. L’avantage, d’aller rapidement à Martel, dont la viole de gambe, ses obsessions et ses crissements, rehausse un exercice allant de baroque en minimalisme coi et entraîne bientôt piano et tuba à sa suite : la fin du disque en devient même passionnante.

1724

1724 : Escaped Fragments (Klopotek, 2014)
Luca Kézdy (violon, efx), Emil Gross (batterie, électronique) et Tomes Leś (guitare, efx) forment ce 1724 enregistré en 2013. Souvent agitée – malgré quelques replis en lents atermoiements de convenance –, l’improvisation du trio pâtit de gestes dispensables, élans emportés et phrasage rebattu, qui rappellent le free rock Knitting Factory… l’urgence et la fièvre en moins.

brice marks birchall

David Birchall, Olie Brice, Phillip Marks : Spitting Feathers (Black & White Cat Press, 2013)
Enregistrés le 22 octobre 2011, David Birchall (guitare), Olie Brice (contrebasse) et Phillip Marks (batterie membre de Bark!) démontrent en une heure un goût pour une improvisation aérée. Que taillent quand même quelques gestes incisifs et augmente une recherche sonore qui impose à Birchall l’usage d’effets variés. Changeante, la musique du trio intéresse.

white cloud

Jeffrey Morgan, Mike Goyvaerts, Willy Van Buggenhout : White Smoke (Creative Sources, 2012)
Les saxophones (soprano et ténor) de Jeffrey Morgan vont plutôt bien aux usages hétéroclites que font Mike Goyvaerts de ses percussions et objets et Willy Van Buggenhout de son synthétiseur EMS – ici enregistrés les 10 et 20 novembre 2011. Amusée sinon traînante, voire détachée, l’improvisation du trio claudique et divertit sans toutefois faire preuve de singularité.  

simao costa

Simão Costa ‎: π_Ano Pre-Cau-Tion Per-Cu-Ssion On Short Circuit (Shhpuma, 2014)
Simão Costa joue certes seul, mais ses instruments sont multiples : piano, enceintes, transducteur et objets. Parvenant à sortir de belles lignes de l’usage qu’il fait de feedbacks, son jeu au piano est d’un conventionnel qui ruine ses découvertes électriques. Et lorsque ses structures grondent, elles s’effritent et laissent paraître leurs canevas simplistes.  

evan parker

Evan Parker : Vaincu.Va! Live at Western Front 1978 (Western Front New Music, 2013)
En 1978, en clôture d’une tournée nord-américaine, Evan Parker improvisa seul au Western Front de Vancouver – concert consigné l’année dernière sur vinyle par l’institution. Qu’elle parte des aigus ou des graves du soprano, l’exploration instrumentale est toujours impressionnante, son motif naissant toujours de la profusion : de notes, d’attaques, de tentatives, de retournements, de nuances et d’abandons. Western Front a donc bien fait d’explorer ses archives.

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Piotr Melech, Fred Lonberg-Holm, Witold Oleszak, Adam Golebiewski : Di Vi Ded By 4 (Multikulti, 2013)

piotr melech fred lonberg-holm divided by 4

La clarinette de Piotr Melech lance-t-elle appel ou amorce ? Le violoncelle de Fred Lonberg-Holm n’en a cure, qui lacère la corde jusqu’à la fracture. De cette improvisation qui ressoude le sonique au désordre, on cherchera en vain la colonne vertébrale, l’articulation. Tout ici se démembre et à part quelques rares formes prégnantes, la confusion règne. Mais cette confusion est belle, guerrière.

Ici, le quartet prend le chemin des babillages incontrôlés. Les cordes sont en pleurs ou réduites au seul grincement, au seul gémissement. La clarinette se fait bourdon, s’émancipe parfois de sa glue, module quelque inattendue douceur sur fond de grignotage de cordes avant de retrouver intacte et décuplée l’angoisse initiale. On en oublierait presque le piano de Witold Oleszak et les tambours d’Adam Golebiewski, parfaits contremaîtres d’une improvisation singulièrement indocile.

Piotr Melech, Fred Lonberg-Holm, Witold Oleszak, Adam Golebiewski : Di Vi Ded By 4 (Multikulti Project)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Improvisation One 02/ Improvisation Two 03/ Improvisation Three 04/ Improvisation Four 05/ Improvisation Five 06/ Improvisation Six 07/ Improvisation Seven 08/ Improvisation Eight 09/ Improvisation Nine
Luc Bouquet © Le son du grisli 

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