Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Grass Roots : Grass Roots (AUM Fidelity, 2012)

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Indiscutablement, Grass Roots ne manque pas d’atouts. Darius Jones, en particulier, dont on connait l’épaisseur du souffle, le rejet des codes, la convulsion naturelle et qui, ici, déroule, à nouveau, ses rocambolesques phrasés.

On saisit d’emblée l’intention du quartet : varier les prises de vue, créer puzzle, faire du souffle unifié une vertu première (Hovering Above) tout en le désavouant ailleurs (Ricochet).

Et surtout : réconcilier les pôles (ternaire-binaire, composition-improvisation), désosser le passé pour mieux édifier le présent. Donc : rassembler ce qui ne demandait qu’à l’être et explorer sans trop de contrainte un territoire ouvert et jamais cadenassé. Pour faire court : saisir la ronde des possibles.

EN ECOUTE >>> Lovelorn >>> Ricochet >>> Whatiss

Sean Conly, Alex Harding, Darius Jones, Chad Taylor : Grass Roots (AUM Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Hottness 02/ Lovelorn 03/ Ricochet 04/ Schnibbett 05/ Flight AZ 1734 06/ Whatiss 07/ Hovering Above
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Radu Malfatti, Taku Unami : (Erstwhile, 2012)

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D’ordinaire, le silence « se fait ». Au Stone de New York, le 11 septembre 2011, ce sont Radu Malfatti et Taku Unami – intimes pour avoir plusieurs fois enregistré ensemble (Tokyo Sextet [2005]: Electronic Version, Kushikushism, Goat vs Donkey) – qui firent le silence. Qui n’est plus ce qu’il était…

Dans le public, d’abord, des conversations que chasse l’entrée des musiciens. Dans l’obscurité ce 11 septembre 2011 ou plus tard sur disque – c'est-à-dire à distance et privé même des ombres –, il faudra guetter le moindre son pour espérer pouvoir ensuite seulement supposer ce que le duo trame. Objets déplacés, rumeur de la rue, grincement d’une porte, respirations s’il tend bien l’oreille : l’auditeur se fait tout un monde du peu qui lui parvient. Pour ne pas le perdre tout à fait, c’est une note de guitare acoustique qu’Unami soudain taquine ou un grave de trombone qui, à peine mis au jour, disparaît – du bout des lèvres, Malfatti pourra plus loin évoluer sur une poignée de notes.

Cinquante minutes : une expérience et plus encore un moment que Malfatti et Unami ont choisi de ne pas traduire ni transformer en musique, mais plutôt de révéler en négatif. En fin de parcours, le tromboniste demande à son partenaire s’il en a fini, souligne qu’il n’est que l’invité, la réponse à la question est un oui derrière lequel l’enregistrement prend fin. L’autre question laissée en suspens (par le musicien, le label, et à leur suite le chroniqueur) ne concernera pas tant la performance sonore – l’art en a vu jouer bien d’autres – que son passage sur disque. Dont le titre même s'efface devant un soupir.

Radu Malfatti, Taku Unami : s/t (Erstwhile / Metamkine)
Enregistrement : 11 septembre 2011. Edition : 2012.
CD
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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La vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors, 2012)

le retour de la Vierge de Nuremberg le son du grisli

Elle aurait pu ne pas être originaire de Nuremberg, Dieu que cette Vierge aurait été pareillement affolante ! Dedans, tout ce que Jean-Noël Cognard et ses amis ont envie d’y fourrer (le rock bagarreur version France 3 Régions des débuts m’a quand même fait craindre le pire)…

Après quoi c’est du meilleur, et même du bon : une trompette (oui oui, celle de Berrocal) qui rend hommage à Don Cherry, une guitare et un saxophone qui s’affrontent à fleurets empoisonnés, une voix féminine (en anglais ça passe, en français pas loin de casser) qui pousse un air d’Americana (la trompette s’y envolera), des loops et des reverses qui dégomment tous les clichés du rock. C’est quoi donc en fait ? Une brocante farfelue qui surprend sans arrêt et où le charme agit même parfois.

La Vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
LP : A1/ Malpartida A2/ Constantinople A3/ Soundcheck A4/ Die Nacht A5/ Asba A6/ Kiss My Blood – B1/ Rock'n'Roll Station B2/ Karambolage B3/ Kurzshluss B4/ Carmilla B5/ Les Ghoules
Pierre Cécile © le son du grisli

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Ce jeudi 13 décembre, La Vierge de Nuremberg se produira au Cirque électrique (Paris), dans le cadre d'une carte blanche offerte à... Chantal morte.

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Alexandre Galand : Field Recording (Le mot et le reste, 2012)

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Dans W2 [1998-2008], Eric La Casa citait déjà Nicolas Bouvier et L’Usage du Monde : « Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. » Au tour aujourd’hui d’Alexandre Galand, ancienne plume du son du grisli mais plus encore docteur ès Maîtres fous (autre hommage qui trahit chez l’homme un goût pour l’ethnologie mêlant image et son) d’adresser une pensée à Bouvier – et à ses souvenirs de voyages recueillis sur Nagra dont traitait L’oreille du voyageur il y quelques années – dans le sous-titre de l’ouvrage qu’il consacre aux enregistrements de terrain : Field recording.

Presque autant que le monde dont Bouvier fit l’usage, le champ est vaste et divisé en plus en bien nombreuses parcelles (écologie, documentaire, création radiophonique, biographie, journalisme, musique…) : une grande introduction le rappelle, qui dit de quoi retourne l’exercice du field recording : à défaut de définition arrêtée, une description large qui explore trois grands domaines : captation des sons de la nature, captation de la musique des hommes et composition.

Passée une brève histoire de systèmes d’enregistrement que l’on peut emporter, voici que s’ouvre un livre que l’on dira « des Merveilles » pour évoquer un autre voyageur d’importance. Traitant de nature, l’anthologie raconte d’abord les enregistrements d’oiseaux de Ludwig Koch et donne la parole à Jean C. Roché. Traitant d’ethnomusicologie, elle insiste sur les enregistrements faits « sur le terrain » de chants à sauver à jamais de l’oubli (fantômes d’Alan Lomax et d’Hugh Tracey) et interroge Bernard Lortat-Jacob. Traitant enfin de musique, elle retourne à Russolo, Ruttman et Schaeffer, avant de mettre en lumière des disques signés Steve Reich, Luc Ferrari, Alvin Lucier, Bill Fontana, Eric La Casa, Kristoff K. Roll, BJ Nilsen, Aki Onda, Eric Cordier, Geir Jenssen, Laurent Jeanneau, Jana Winderen… et de laisser Peter Cusack expliquer ses préoccupations du jour.  

A l’image du « field recording », le livre est protéiforme, curieux et cultivé. Il est aussi l’œuvre d’un esthète qui ne peut cacher longtemps que l’idée qu’il se fait du « beau » a eu son mot à dire dans la sélection établie. Non moins pertinente, celle-ci profite en plus et en conséquence de citations littéraires – de Rabelais à Apollinaire – qui tombent toujours à propos. Comme le fera ici, en guise de conclusion, cette sentence de Victor Hugo qui inspira Pierre Henry : « Tout bruit écouté longtemps devient une voix. »

Alexandre Galand : Field Recording. L’usage sonore du monde (Le mot et le reste)
Edition : 2012.
Livre : Field Recording. L’usage sonore du monde
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Carlos Zingaro, Jean-Luc Cappozzo, Jérôme Bourdellon, Nicolas Lelièvre : Live at Total Meeting (NoBusiness, 2012)

zingaro cappozzo bourdellon lelièvre live at total meeting le son du grisli

Un soir d’hiver. Une rencontre. Une première fois ? Rien ne l’indique. Mais rien n’indique le contraire. La timidité se consume. Les phrases sont courtes, font obstacle au silence. Il s’agit quand même d’observer et d’agir. Viendra l’idylle mais plus tard.

Maintenant un rythme. Et chacun de transformer la plainte en joie. La connexion s’est faite. Et personne pour nous dire d’où c’est parti. Maintenant les secousses, le jeu qui n’est plus le je. Un percussionniste s’arc-boute : une clarinette basse puis un violon lui viennent en aide. Et tiennent bon face aux déluges. Maintenant, ils peuvent racler, draper le sensible. La phrase s’allonge, s’épanche. Les unissons s’activent. Une flûte gambade. Une trompette grésille. Le stylo se nomme inutile. Juste écrire le nom de ces quatre musiciens-magiciens: Carlos Zingaro, Jean-Luc Cappozzo, Jérôme Bourdellon, Nicolas Lelièvre. Voilà qui est fait.

EN ECOUTE >>> Total 03

Carlos Zingaro, Jean-Luc Cappozzo, Jérôme Bourdellon, Nicolas Lelièvre : Live at Total Meeting (NoBusiness)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.  
CD : 01/Total 1 02/ Total 02 03/ Total 03
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Liudas Mockūnas, Barry Guy : Lava (NoBusiness, 2012) / Maya Homburger, Barry Guy : Tales of Enchantment (Intakt, 2012)

liudas mockunas barry guy lava le son du grisli

Avec Liudas Mockūnas, Barry Guy poursuit sur NoBusiness son oeuvre enregistré en compagnie de saxophonistes épais – le label n’a-t-il pas plus tôt produit ses rencontres avec Mats Gustafsson en The Thing (Metal!), Tarfala Trio (SYZYGY) et en simple duo (Sinners, Rather than Saints) ?

Lui aussi rompu au duo (Ilk et NoBusiness l’ayant respectivement associé à Stefan Pasborg et Marc Ducret, pour des résultats certes peu convaincants), le saxophoniste (soprano, ténor et basse) lituanien se mesure donc à une contrebasse de taille. De la main, Guy agrippe un lot de cordes qui chantent sous tensions et obligent le soprano à opérer derechef un repli dans un motif conciliant. Plus loin, le même saxophone réagira en furieux sur coups d’archet rapide et le ténor disputera la moindre seconde d’espace à son partenaire.

Plus grave encore est la seconde face : le saxophone basse progressant à notes comptées pour mieux convaincre la contrebasse qu’un accord est nécessaire. De mouvements circulaires en effets d’archet rebondissant, Guy y travaillera : le contraste étant souvent chez lui gage de qualité, Lava en bénéficiera. 

EN ECOUTE >>> Nebula II >>> Singularity

Liudas Mockūnas, Barry Guy : Lava (NoBusiness)
Enregistrement : 2 avril 2011. Edition : 2012.
LP : A1/ Nebula I A2/ Nebula II A3/ Nebula III A4/ Fumarole – B1/ Event Horizon B2/ Singularity B3/ Dark Matter
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

maya homburger barry guy tales of enchantment

C’est en inspirés – par la peinture d’Elena Gutmann notamment sur Tales of Enchantment – que Maya Homburger et Barry Guy reviennent à leur duo classique. Toujours sur la ligne de feu, violon baroque et contrebasse profonde chantent sous cape et font œuvre de folie éclectique. Ombreux ou flamboyant, réfléchis ou affranchis (roue libre sur Going Home), le duo met son grand art au service de compositions différentes pour êtres signées Guy, Kurtág, Biber... 

Maya Homburger, Barry Guy : Tales of Enchantment (Intakt / Orkhêstra International)
Enregistrement : 13-15 décembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Veni Creator Spiritus (Hymne 9th century and improvisation) 02-08/ Barry Guy "Hommage à Max Bill" (2–8) 09/  H. I. F. Biber (1644 –1704) Mystery Sonata No 6 "The Agony in the Garden" 10/ György Kurtág "Hommage à J. S. B." 11/ H. I. F. Biber Mystery Sonata No 9 "The Carrying of the Cross" (with introduction and interlude by Barry Guy) 12/ Barry Guy "Going Home" 13-19/ Barry Guy "Tales of Enchantment" (13 –19) for Elana Gutmann 20/ H. I. F. Biber Mystery Sonata No 15 "The Coronation of the Virgin" (Canzona and Sarabanda)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

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Tony Levin : Life of Dreams / Language of the Spirit (Rare Music, 2011)

tony levin life of dreams

Publié l'année de la disparition du batteur, sur son propre label, ce disque présente une curieuse combinaison instrumentale – Tony Levin en avait pourtant déjà expérimenté une du même acabit dans son Live in Viersen : trois saxophonistes (Dunmall, Sheppard, Underwood) l'y entouraient – qui pourrait laisser redouter, compte tenu de la puissance d'abattage des deux ténors en lice, quelque viril conclave ou contest... Il n'en est rien ! Mieux, cet enregistrement de janvier 2006 se révèle comme une bonne surprise.

Paul Dunmall (saxophones ténor & soprano), Evan Parker (saxophones ténor & soprano) et Ray Warleigh (saxophone alto, flûte), s'ils ont droit au duo de rigueur avec le tambourinaire, tirent de leurs contrepoints, en tutti, un vrai avantage et une belle dimension orchestrale. Foisonnant mais toujours détaillé, le jeu de Levin confère un admirable pouls (évident au point de se faire oublier, puis revenant nous obséder) à ces pièces improvisées dont on retiendra surtout les tissages les plus collectifs ; et Dunmall a beau tirer un peu vers « l'interstellaire », le lyrisme de Warleigh permet de convoquer d'autres ombres : un chant doit s'inventer.

Tony Levin, Paul Dunmall, Ray Warleigh, Evan Parker : Life of Dreams (Rare Music)
Enregistrement : 15 juin 2006. Edition : 2011.
CD: 01/ One Sooner 02/ Been Here Before 03/ Dark Age, Light Age 04/ Life of Dreams 05/ Barriers of Time 06/ The Word Game 07/ From the First
Guillaume Tarche © Le son du grisli

tony levin language of the spirit le son du grisli

Paul Dunmall au ténor puis au soprano, soutenu par la paire Tony Levin / John Edwards. L’enregistrement date de 2005 (13 mars), qui débute au son d’un swing d’allure lente que pressent bientôt une frappe plus appuyée. Alors, le saxophoniste peut laisser libre cours à son imagination, d’autant que l’archet d’Edwards, on le sait, est fait pour l’inspirer. Le second moment de l’improvisation ne cesse d’ailleurs de gagner en intensité.

Tony Levin, Paul Dunmall, John Edwards : Language of the Spirit (Rare Music)
Enregistrement : 13 mars 2005. Edition : 2011.
CD : 01/ The Expanded Mind 02/ Language Of The Spirit 03/ Ascending 04/ Being Well 05/ Well Being
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Paul Giallorenzo : Emergent (Leo, 2012)

paul giallorenzo emergent le son du grisli

D’un label ayant peu documenté la scène de Chicago, on ne pourra que se réjouir de la sortie de l’Emergent de Paul Giallorenzo. De ce quartet aux multiples entrées, on n’entendra d’abord que l’ouragan Williams (Mars de son prénom) : rapidement convulsif, soudainement barbierien, Imprograf semble avoir été composé pour lui : chorus embrasé avant solo absolu de ténor sur fond de rythmique déchaînée (bien trop sages et trop métronomiques, par ailleurs, messieurs Anton Hatwich et Marc Riordan). Mais on aura également remarqué le gouailleur et généreux tromboniste Jeb Bishop. Et dans le rôle du détrousseur de phrasés, Giallorenzo nous convainc totalement.

Reste à approfondir les compositions du pianiste et cela est une autre affaire : hommage appuyé à Fred Anderson (Spatialist) et à peine plus voilé en direction de Steve Lacy (Slowed Roll) pour le meilleur ; swing rigide (The Swinger) et bop raisonnable (Spring Chicken) pour le moins bon. Soit quelques légers bémols n’entachant que partiellement un enregistrement souvent lumineux.

Paul Giallorenzo’s Gitgo : Emergent (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ On Your Marks 02/ Want It 03/ Slowed Roll 04/ Spacialist 05/ Obelaskism 06/ Imprograf 07/ The Swinger 08/ Spring Chicken
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Kihnoua : The Sybil’s Whisper (Metalanguage, 2012)

kihnoua the sybil's whisper le son du grisli

The Sybil’s Whisper : l’improvisation date du 20 octobre 2011 et implique, rassemblés sous le nom de Kihnoua, Larry Ochs (saxophones ténor et sopranino), Dohee Lee (voix, percussions), Wilbert de Joode (contrebasse) et Scott Amendola (batterie, electronics).

La nostalgie qu’illustrent ces trois mannequins démembrés de couverture marque les débuts de l’enregistrement : contrebasse et sopranino s’y mêlent avant qu’une voix ne se lève enveloppée d’électronique menue. Le baroque de la situation n’échappe pas même aux improvisateurs, qui abandonnent bientôt toute pondération au profit d’une discorde plus inspirante.

C’est alors le ténor et de grands tambours qui forcent le groupe à jouer des épaules et des coudes : avec Grip Bone débuterait ainsi un disque fait d’écarts instrumentaux et de langages inédits (celui de Lee, premier de tous) contraints de s’accorder. Or, avec Grip Bone, il se termine aussi : les échanges des deux titres qui lui succèdent, certes vindicatifs et même parfois imposants (premières secondes du dernier titre sur lequel brillent l’archet de Joode sur la batterie d’Amendola), traînent en longueur et finissent pas lasser.

Kihnoua : The Sybil’s Whisper (Metalanguage)
Enregistrement : 20 octobre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Flutter 02/ Grip Bone 03/ Erase the Sky 04/ …in progress…
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Roland Etzin : TransMongolian (Gruenrekorder, 2012)

roland etzin transmongolian le son du grisli

Russie, Mongolie, Chine, Corée du Sud et Japon : voilà où nous emmène ce TransMongolian, une oeuvre de field recordings que l’Allemand Roland Etzin a écrite pour la manifestation « Via Mongolia » en 2010. Dans l’ordre des pays cités, la musique du réel recompose le voyage au point de brouiller les cartes. En effet : le réseau ferroviaire russe sort-il vraiment du grand hangar dans lequel, au début du CD, résonnent des voix et de la ferraille ? Qu’importe ! En train, en marche, en route !

A la fenêtre, on verra passer des insectes géants et des enfants s’amusant en Chine, des plongeurs et des hommes en barque sur le Lac Baïkal, des femmes tranquilles qui attendent la fin du monde en se balançant en Mongolie, des oiseaux caméléons en Corée du Sud et des personnages de jeux vidéo qui ont pris formes humaines au Japon. D’impressionnantes découvertes à faire entre ses quatre murs avec à portée de main deux livres de chevet : Voyage autour de ma chambre et Un barbare en Asie.

Roland Etzin : TransMongolian (Gruenrekorder)
Edition : 2012.
CD : TransMongolian
Pierre Cécile © le son du grisli

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