Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Sudo Quartet : Live at Banlieue Bleue (NoBusiness, 2012)

sudo quartet

S’il démontre que le festival Banlieues Bleues peut encore être pourvoyeur d’instants d’intérêt, ce Live célèbre encore davantage la complicité intacte du duo de cordes Léandre / Zingaro, sublimée par les présences de Sebi Tramontana (troisième larron d’un Chicken Check In Complex jadis enregistré aux Instants Chavirés) et Paul Lovens.

Volatil, le violoniste appelle à lui tous les graves de la contrebasse, les endort sur phrase défaite – la voix de Léandre prend alors le relai – ou entame avec eux un jeu de rapprochement et d’éloignement dont les mouvements profitent de la cohérence du quartette. C’est qu’en arrière-fond, trombone et batterie œuvrent aussi à la prestation haute : litanie improvisée délicate et puissante, voilà pour le souvenir.

EN ECOUTE >>> Sudo 1 >>> Sudo 4

Sudo Quartet : Live at Banlieue Bleue (NoBusiness)
Enregistrement : 25 mars 2011. Edition : 2013.
CD : 01-05/ Sudo 1 – Sudo 5
Guillaume Belhomme © le son du grisli



Katsura Mouri, Tim Olive : Various Histories (845 Audio, 2013)

katsura mouri tim olive various stories

Aux platines, edits & mix, Katsura Mouri. Aux pickups et metals, Tim Olive. Et avec tous ces branchements, le duo ne craint par le grand saut… à l’eau. Malgré nos craintes, nous plongeons avec eux.  

Au fond, c’est comme un moteur qui tourne et nous attire. L’oreille perçoit ce quelle peut (cliquetis, frottements, frisements) jusqu’à ce qu’apparaissent (même bien cachées) une, deux puis trois mélodies. Sous l’effet des bruits de Mouri et Olive ou celui de la pression, notre cerveau nous jouerait-il des tours ? Impossible de répondre, je me souviens seulement de l’expérience, et surtout de la cinquième plage : comme engourdi, des basses me pénètrent, et une force plus grande que moi me transporte. Je crois ne plus entendre qu’un drone et des coups donnés sur une corde. J’en ressors sonné, béatement conquis de ces contes à ouïr debout.

Katsura Mouri, Tim Olive : Various Histories (845 Audio)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.
CD : 01-05/ Various Histories
Pierre Cécile © Le son du grisli


Evan Parker, Matthew Shipp : Rex, Wrecks & XXX (Rogue Art, 2013)

evan parker matthew shipp rex wrecks xxx

Si les duos d'Evan Parker – ici au seul ténor – en compagnie de pianistes (Mengelberg, Graewe, Farrell, Oberg, Fernández, Tracey, Tilbury) semblent désormais proliférer, ceux de Matthew Shipp avec des saxophonistes sont plus rares (on se souvient de Rob Brown ou de Sabir Mateen) et méritent une attention particulière, d'autant plus lorsque ces collaborations le mènent hors de son cercle américain, comme dernièrement avec John Butcher, At Oto.

La rencontre avec Parker, il y a une douzaine d'années, dans le cadre des projets de Spring Heel Jack, avait débouché, en 2006, sur les Abbey Road Duos publiés par Treader : les pistes ouvertes par ce disque se voient aujourd'hui superbement prolongées et approfondies dans le double volume qu'édite le label RogueArt. Le premier volet, en pièces brèves (dont deux solos), a été enregistré au Vortex londonien, dans les conditions du studio, début septembre 2011 ; le second a été capté en concert au même endroit, le lendemain.

Les éclats rauques que les cristalliers tirent du front de taille, au-delà des clusters à facettes, des belles chutes de séracs et du jeu « cassé » sismographique, finissent par dégager des bribes de chants, vite retournées et refourbies. Mieux qu'une stricte réitération, ce rude pétrissage, cette lente extraction, amène au jour des esquisses qui bientôt sombrent, saisies un instant à peine ou suggérées par le travail même (d'exsudation, de percolation). Ces conjonctions successives, complexes, loin de l'équilibre, partagent-elles quelque cousinage avec les « phénomènes à structures dissipatives » du physicien Prigogine ?

Evan Parker, Matthew Shipp : Rex, Wrecks & XXX (Rogue Art / Souffle Continu)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD1 (studio) : 01/ Rex 1 02/ Rex 2 03/ Wrecks 1 04/ Rex 3 05/ Wrecks 2 06/ Rex 4 07/ Rex 5 08/ Rex 6 – CD2 (live) : 01/ XXX
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Ches Smith, These Arches : Hammered (Clean Feed, 2013)

ches smith hammered

Les questionnements du disque précédent ne sont plus. L’heure est au désordre. Ches Smith est ici le patron d’une entreprise de pillage et de non-sens (presque) absolu. Comme ici, tout va à Zoot Allures, Tony Malaby et Tim Berne, pourtant habitués à vagabonder avant fracas, se retrouvent immédiatement dans la fournaise. Sans préavis et sans chemin tout tracé. Mary Halvorson et Andrea Parkins ne sont pas plus sages, qui prennent part avec gourmandise à ce sabotage volontaire.

Esprits forts et jamais fuyants, cris sans chuchotements, gesticulations et riffs détraqués, les collisions ne peuvent que s’enchaîner. Ici, c’est le clou rouillé dans le talon, le scrupule dans la chaussure, les duels de saxophones mal dosés, les unissons embrouillés. C’est une maîtrise – puisqu’il faut aussi en passer par là – qui ne se prend pas au sérieux. Ici, le sonique ricane de ses habitudes. Ici, les cinq de These Arches ont le bon goût de saboter le bon goût.

EN ECOUTE >>> Hammered

Ches Smith, These Arches : Hammered (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Frisner 02/ Wilson Phillip 03/ Dead Battery 04/ Hammered 05/ Limitations 06/ Learned from Jamie Stewart 07/ Animal Collection 08/ This Might Be a Fade Out
Luc Bouquet © Le son du grisli


Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ, 2013)

jakob ullmann fremde zeit addendum 4

Sur quel point de cette carte sonore énigmatique (cette carte que j’entends à chaque fois que je la regarde) faut-il placer Jakob Ullmann ? Que sont devenues ses études de musique sacrée ? Et son expérience avec Friedrich Goldmann ? J’ai écouté le plus attentivement du monde Fremde Zeiten Addendum 4 et je n’ai obtenu aucune réponse. Le code de sa couverture m’avait prévenu, le disque alimenterait encore l'énigme Ullmann

Voilà de quoi elle retourne. Pendant une heure et six minutes, un orgue démontre une sensibilité qu’on ne lui aurait peut-être pas soupçonnée, jamais, si Ullmann ne s’était chargé de lui. Si l’Allemand n’avait eu envie de l’assigner au bourdon avant de lui faire prendre plusieurs chemins, celui des combinaisons minimalistes (bien sûr, l’instrument le rapproche de Terry Riley, de Moondog…), d’arpèges volatiles, de dissonances… Souvent on entend passer le souffle dans la tuyauterie et le souffle est une menace constante. Il aspire les notes les unes après les autres. Jusqu’à la dernière. Jusqu’à l’extinction de ce merveilleux solo et de l’alimentation du mystère.

Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ)
Edition : 2013.
CD : 01/ Fremde Zeiten Addendum 4
Héctor Cabrero © Le son du grisli



DEER : One (Deszpot, 2013)

deer one

Christian Müller, Hans Koch et Silber Ingols – Biennois aux clarinettes basses augmentées par l’usage de machines – prennent, pour leur première collaboration sous le nom de DEER, le prétexte d’une note unique, que l’on dira de concordance et soupçonnera hommage au brame.

Non pas de synthèse même si ondulante, non pas de didgeridoo même si endurante : la note tremble et dessine des vagues que le ressac nourrira d’éclats ornementaux et vivifiants, le drone et son lent retournement provoquant une série de glissements et de roulements qui se jouent autant des surfaces que d’un espace qu’ils renversent dans son entier. Nombreuses et pas toutes perceptibles, les couches qui composent One en font un ouvrage fascinant, accaparant même.

DEER : One (Deszpot)
Edition : 2013.
CD : 01/ One
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Gregory Büttner : Scherenschnitt / Olaf Hochherz : Rooms to Carry Books Through / Adam Asnan : FBFC (1000füssler, 2013)

gregory buttner scherenschnitt

Des trois références qui viennent grossir la discographie du label au mille-pattes de Gregory Büttner, Scherenschnitt est celle qui augmente aussi  l’œuvre enregistré du patron. Née d’une installation du même nom (dont la couverture du petit disque montre un détail), Scherenschmitt est une histoire de découpage (de papier et de carton) enregistré et du collage de ces enregistrements. Sur onze minutes, l’expérience de close miking, récepteur à mi chemin du matériau et du geste, découpe moins une « silhouette acoustique » qu’elle ne révèle les trajectoires de mouvements « in process » inquiets d’artisanat autant que d’artefact.

Gregory Büttner : Scherenschnitt (1000füssler)
Edition : 2013.
CD : 01/ Scherenschnitt

olaf hochherz rooms to carry books through

Muni de micros piezo, baffles, mixer…, Olaf Hochherz s’attelait en 2012 à Berlin à l’électroencéphalogramme d’un livre. Les résultats de l’expérience sont à entendre sur Rooms to Carry Books Through – qui évoquent à leur façon le Voyage autour de ma chambre de Maistre : soufflements, silences, respirations infimes et réactions minuscules d’un livre qu’Hochherz peut aussi provoquer du doigt. Bientôt, c’est un prélude qui convainc l’amateur de papier qu’une faune jusqu’alors inconnue s’affaire entre ses pages.

EN ECOUTE >>> Rooms to Carry Books Through (extrait)

Olaf Hochherz : Rooms to Carry Books Through (1000füssler)
Edition : 2013.
CD : 01/ Rooms to Carry Books Through

adam asnan fbfc

Un bruit de tonnerre et les tremblements qu’il provoque ouvrent FBFC, travail d’amplification d’un couvercle de métal auquel s’est appliqué Adam Asnan. S’il porte des coups à l’objet, le musicien choisit de se laisser déborder par les échos qu’il commande à l’électronique. Ainsi, alternant rythmes réguliers et attaques défaites, Asnan modèle au son de feedbacks et de rumeurs les reliefs concrets d’épatantes ecchymoses, voire d’ultramodernes commotions.

EN ECOUTE >>> FBFC 2

Adam Asnan : FBFC (1000füssler)
Edition : 2013.
CD : 01/ FBFC 1 02/ FBFC 2 03/ FBFC 3 04/ FBFC 4
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Lama, Chris Speed : Lamaçal (Clean Feed, 2013)

lama chris speed lamaçal

Les formes ne sont pas audacieuses. En un sens, pas du tout révolutionnaires. Mais qui vise la Révolution aujourd’hui ? Ce sont des formes utilisées, rabâchées depuis des lustres. Des formes qui font s’enchevêtrer les souffles (ici trompette et clarinette). Des formes qui ne rejettent pas le chorus spacieux du contrebassiste (Moby Dick). Des formes qui rappellent l’harmolodie d’un certain Ornette C (Pair of Dice). Des formes qui jouent avec les fantômes et les electronics (Overture for a Wandering Fish, Manta). Des formes d’hier et dont les lendemains ne sont pourtant jamais cloisonnés.

Ici, Lama ne jette pas ses bases aux orties mais, au contraire, en parcourt la substance sans se départir d’une fougue jubilatoire. Il y a de la fraîcheur chez nos amis lusitaniens, un souci d’explorer plus que de convaincre. Et si on peut préférer leur premier enregistrement, Oneiros, Susana Santos Silva (une vraie présence), Gonçalo Almeida, Greg Smith et Chris Speed, l’invité, réussissent à nous faire oublier ces « modernes » combos dont le copier-coller commence à nous saturer les oreilles.

Lama, Chris Speed : Lamaçal (Clean Feed / Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : 01/ Ouverture for a Wandering Fish 02/ Lamaçal 03/ Moby Dick 04/ Cachalote 05/ Pair of Dice 06/ Anémona 07/ Manta
Luc Bouquet © Le son du grisli


Brian Chase : Drums & Drones (Pogus, 2013)

brian chase drums & drones

J’ignore tout (complètement tout) des Yeah Yeah Yeahs, que je confonds sûrement d’ailleurs avec d’autres groupes pop de sa génération. Or il va me falloir faire maintenant une distinction puisque leur batteur, Brian Chase, a sorti un disque solo sur le label de l’excentrique Al Margolis, Pogus – sur le site duquel j’apprends d’ailleurs que Chase a expérimenté au côté d’Alan Licht, Anthony Coleman ou David First, entre autres.

Pour revoir mes à-priori, je passe donc le CD (un DVD avec des vidéos d’Ursula Scherrer et Erik Z a aussi été édité pour l’occasion) de « batterie et de drones ». Chase y mène une dizaine d'expériences dont un retour aux percussions indiennes qu’il sculpte comme des totems à coups de feedbacks et de résonateur, un découpage en règle d’une ligne-fréquence, des tours de prestidigitation qui transforment sa batterie en guimbarde, en râlements… S’il se montre plutôt étonnant, Chase convainc surtout lorsqu’il se passe de l’électricité, si ce n’est sur Snare Drush Drone où il fait du ressac de vagues en boucles un magnifique collier de perles plates et aigues.

J’avoue maintenant avoir promis, depuis mon écoute de Drums and Drones, que j’irai jeter une oreille sur le travail des Yeah Yeah Yeahs, avec une attention toute particulière pour son Chase de batteur…

EN ECOUTE >>> Snare Brush Drone >>> Drum Roll Drone

Brian Chase : Drums & Drones (Pogus / Metamkine)
CD (+ DVD) : 01/ Aum Drone 02/ Drone State of Mind, V.1 03/ Stick Shot Harmonies Drone 04/ Bass Drum Drone 05/ Melody Drum Drone 06/ Snare Brush Drone 07/ Cymbal Drone 08/ Feedback Drone 09/ Drone State of Mind, V.2 10/ Drum Roll Drone
Pierre Cécile © Le son du grisli


Interview with Richard Chartier @ le son du grisli

interview de richard chartier copy

How, when and why, did you get involved with music? I was always interested in sound(s), even as a child. I loved the sound of refrigerators, air conditioners. I could often be found listening to machines, putting my ears right up to them. A strange child perhaps… The logical progression of that interest was electronic music and then experimental music in high school.
 
What is your first instrument? I think my first proper instrument was a Yamaha DX100 with the tiny keys. I learned to play music by ear listening to lots of synth pop hits in the 80s. There is a little solo recording of it used in the Pinkcourtesyphone track “here is something… that is nothing” on Foley Foley Folio (LINE_SEG01). A tribute to a clunky synth.
 
When did you begin to do the kind of music you’re doing nowadays? Who were/are your first influences as a musician? I don’t really consider myself a musician. I started working abstractly with sound in approximately 1990. You can actually here my work from that time on Untitled Tapes: 1991-1993. Big influences for me at that time were artists like Zoviet France, The Hafler Trio, Phauss, John Duncan, Throbbing Gristle, to name a few. Its when I started to listen to these more abstract experimental works that I realized I didn’t have to create “songs” or “song structured work”. It was very freeing.
 
If you don’t consider yourself a musician, do you consider yourself a composer? A sound artist ? What would be the difference you could do between these denominations? I have been misquoted before saying I was a ‘composer’. What I actually said was that I was a ‘composer of elements’… or better yet a ‘composer of sounds’… Composition in the broadest terms, I design and arrange sounds. (Which some would consider a description of ‘Music’) I am not trained musically, my work is certainly not academic in nature. I guess to me a musician is an artist that thinks in notes. Its all a very grey area now. All artists approach their work in a very personal, specific way.

I couldn’t explain but I feel a ‘european touch’ in your music : would ‘reductionism’ be the point? I am not sure if its particularly European. I think its “considered.” There is certainly a big minimalist tradition in the United States in composition and visual arts. I have been influenced by many forms of reductionism across history and art forms. I was the kid who liked the white crayon.
 
And What about Wandelweiser, are you aware of their work or of the works of german / british / french reductionism? If yes, are they inspiring? There is just too much to keep track of. I was not aware of the Wandelweiser label. I do know and enjoy the work of artists like AMM and Polwechsel (Trapist and Radian are 2 HUGE favorites of mine).

When and Why did you begin LINE? Documenting your work seems really important for you (you’re releasing compilations of your works, for example). I began LINE in 2000. In 1999 was sending around my new work “Series” to Raster-Noton and Mille Plateaux. The response from both was “its too minimal” which I found amusing and frustrating. By the time Olaf Bender wrote again and said he understood the work better now and wanted to release “Series”… LINE had already begun. LINE was started by encouragement from Taylor Deupree. “If no one wants to release this work, release it yourself, better yet… start a label that focuses on this type of work.” We ran it as a sub label of 12k. Taylor was doing all the business/inventory aspects and I was doing the design, selecting artists, etc. At the end of 2010 Taylor and I decided to separate the two entities. Since the beginning of 2011, LINE has been me doing everything. Its a one-man circus here.

How do you consider your own first releases you published on LINE? “Of Surfaces” (LINE_008) and “Two Locations” (LINE_013) are very dear to me. “Series” (LINE_001) is very abstract to me and I don’t remember the time when I created it, and its not an easy listen.

Sometimes it seems you want to archive, as an archaeologist would do, your old recordings (by publishing compilations of your works, for example) & sometimes you use these old works to record new releases… “Other Materials” (3PARTICLES02), “Further Materials” (LINE_035), and “Subsequent Materials” (LINE_066) are collections of compilation and unreleased tracks. “Retrieval” (on ERS) and “Recurrence” (LINE_059) are the only two that really reformulate and recompose older works and bear very little resemblance to the original. Those two are reinvestigations, you could say. In rock you can use the same guitar again from song to song… so why not be able to re-use.. remodify… a sound that I created. “Archival 1991” (on CROUTON) and “Untitled Tapes:1991-1993” (3PARTICLES12) are both archival materials of my earliest recordings. I think its an important exercise to be able to look back and reflect on what you have done, how it colors what you do now, and learn from it. I am not the person I was at age 20.

You sometimes sounds “abstract”, and sometimes not. Is it, here and there, a choice you make? What is the difference between the music of Richard Chartier and the music of Pinkcourtesyphone? I hate trying to describe my work, but there is a big difference with the Pinkcourtesyphone project. The work under my own name is very formalist, minimal, and quiet. Its focused on listening and spatiality. Sensation rather than emotion. Pinkcourtesyphone is a project that extends into more musical and dense territories, beats, vocals, lush emotions, and fuzzy nostalgia. It has subject matter, narrative, emotional content, sexuality and lots of coded language in its titles, references, and samples. Pinkcourtesyphone material is very freeing for me to create. It can even get noisy. The upcoming album “Description of Problem” (LINE_SEG03) is about obsession & revenge and features vocals by my friends William Basinski, AGF, Cosey Fanni Tutti, Kid Congo Powers, and Evelina Domnitch.

Is it easy to express yourself as a musician (or composer of sounds) with discrete sounds? Can music, like drawing, be an art of fading-out? I started working with sound when I was still actively painting. I would go from painting to sound to painting to sound, back and forth. I saw them both influencing my palette and composition. Eventually I realized I couldn’t really create the spatiality on 2d surface that I was seeking. Painting became a language that wasn’t suited for me anymore. I love a good erasure.

richard chartier solo   richard chartier william basinski

I’ve learn about the works of some musicians thanks to some of your collaborations (Curgenven, for example). How do you decide to start collaboration with such partners? In almost all cases I need to know the other artist as a person before I will work with them. The only exceptions are Nosei Sakata (who I never met… and still the two CDs as 0/r still baffle me) and my in the works collaboration with Justin K Broadrick (Godflesh, Final, Jesu) with Pinkcourtesyphone. The best collaborations are when you cannot tell who is doing what. Often I take on a different artistic voice when working alongside another artist. In the end, I always learn much from these interactions and different perspectives.

And what about the musicians you produce on LINE (Roden, Lopez, Novak, Whetham, Cluett)? Do their music need to have a common point with yours to be released on LINE? Some of them work in different fields (noise, field recordings…). I think the releases on LINE are all very different and each artist has a distinctive “voice” and process. Overall there is a broad range of works. Mark Fell or Frank Bretschneider are rhythmic, AGF deals with voice, Doublends Vert is purely acoustic, Scott Cortez and Lovesliescrushing is all guitar. Chessmachine is insane and noisy. Certainly they don’t have to be related to my work but there has to be a care to their work, it has to stand out and be something that absorbs me (and I hope, listeners as well).

What about field recordings? On these days, it seems any “ambient” musician has to deal with it… I like field recordings incorporated into work when it enhances the texture and space of piece. I do feel they can be overused / abused. Straight single field recordings on their own, no layering, no editing, can be very dull. France Jobin’s work has always been made with field recordings, and what she does is quite beautiful and abstracted. Robert Curgenven has taken field recordings and really pushed them with his use of dub plates and room resonances. When I hear field recording pieces I not only want to feel transported.. I want to feel lost. I have my own basic rules about field recordings… no wind chimes, no whale songs, no basic bird songs (of course broke my bird rule once before)… there was one other, but i seem to have forgotten it… haha.

Novak is managing his own label too. Which are the record labels you’re following? What are the last records you’ve listen to and loved? I absolutely love what Opal Tapes and PAN are doing. They both have very singular visions yet the works are so pan-genre. I love things that are hard to categorize. I always appreciate Touch and MEGO historically. I also love 100% Silk. A few of my current favorites: “Andøya” by Eric Holm, “Psychic 9-5 Club” by HTRK, “Sirene” by Robert Curgenven, “Warehouses” by Kane Ikin, “Ett” by Klara Lewis, “Tulpa” by Perfume Advert, “LA Spark” by Wrangler, “Ill Fares The Land” by Koenraad Ecker. And for dinnertime “Mi Senti” by Roisin Murphy.

Can you introduce me ‘Subsequent Materials’? What is “the aim” of such a release? 'Subsequent Materials' is merely a collection of pieces that appeared on compilations, bonus tracks, unreleased works or versions from 2006-2012. Its 3 hours of sound works, not recommended in a single serving.

Richard Chartier, propos recueillis en juin 2014.
Pierre Cécile © Le son du grisli



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