Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Bertrand Denzler, John Edwards, Eddie Prévost : All-in-All (Matchless, 2013)

bertrand denzler john edwards eddie prévost all-in-all

C'est un claquement de fouet qui lance cette quatrième joute renvoyant à l'épreuve improvisée Eddie Prévost et un saxophoniste de taille. Associé à John Edwards (comme ce fut le cas en présence d’Evan Parker sur le premier des Meetings with Remarkable Saxophonists), le batteur a donc, de 12 décembre 2011, convié Bertrand Denzler à prendre le relais de Parker, Butcher et Yarde, dans sa série de concerts de têtes.  

Au ténor – qu’il sera parfois à deux doigts de changer en soprano –, Denzler impose à ses hôtes répétitions, redites voire retours sur phrase à peine formulée. Dans la réserve, il envisage des trajectoires difficiles qu’il a raison de vouloir suivre : à pas comptés, n’y découvre-t-il pas des sonorités flattant son goût de la variation et de la métamorphose ? Plus loin, Edwards renchérit d’un gimmick qui invite ses partenaires à un emportement qui ne tarde pas à renverser la rencontre.

Retourné aux graves, Denzler progresse alors par à-coups rapides, développe un discours dont chaque phrase est nourrie de celle qui l’a précédée, porté par un archet en sous-main et des tambours et cymbales aux éclats tranchants : qui plus est, sous les effets d’un équilibre rare que le trio aura trouvé entre recherches vigilantes et grandioses bordées.  

Bertrand Denzler, John Edwards, Eddie Prévost : All-in-All [en tout et pour tout] (Matchless Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 12 décembre 2011. Edition : 2013.
01/ All-in-All (en tout et pour tout) – Part 1 02/ All-in-All (en tout et pour tout) – Part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Philip Corner : Rocks Can Fall At Any Time (More Mars Team, 2013)

philip corner rocks can fall at any time

Avec ses pièces qui datent de 1972 à 1997, le vinyle Rocks Can Fall At Any Time peut passer pour une rétrospective des travaux de Phil Corner, ce compositeur contemporain qui, en odeur de sainteté orientale, tissa des liens avec le minimalisme et la musique atmosphérique. Alors bien sûr il serait facile d’y voir un peu de philosophie zen et le rendu des gamelans. Or, je ne vois là rien de tout ça. Car Corner met plutôt en scène des petits morceaux de chaos. Ses cymbales et ses gongs (tout comme ceux de Phoebe Neville qui l’accompagne en Thaïlande) sont frottées ou frappées et n’ont certainement de zen que leurs espoirs abattus.

Sur la deuxième face, Corner se munit d’une cruche pour jouer avec le vocaliste James Fulkerson et concocter avec lui un inclassable mille-feuille d’échos. Après, il passe derrière un harmonium pour mêler ses graves et ses aigus avec une indolence qui est depuis longtemps le moteur de sa science rosicrucienne (puisque c’est Satie qu’il interprète ici à sa façon). Si ce n’est qu’elles s’écoutent avec un charme délicieux toutes lumières éteintes, je n’ai pas trouvé le point commun à ces quatre pièces de Phil Corner. Une possibilité subsiste, indiquée par le titre de cette petite rétrospective... à chaque fois, pour ces quatre pièces d'époques différentes, rien n’est jamais joué, tout peut arriver.

Philip Corner : Rocks Can Fall At Any Time (More Mars Team / Metamkine)
Enregistrement : 1972-1997. Edition : 2013.
LP : A1/ Gong (Ceng – Ceng)/Ear : For Francine Aubrey A2/ Two in Thailand B1/ Om. Duet : Jug and Bottle B2/ Satie’s Chords Of the Rose + Croix… As A Revelation
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Franck Médioni : My Favorite Things (Alter Ego, 2013)

franck médioni le tour du jazz en 80 écrivains

Comme il le fait énergiquement dans les pages d’Improjazz, Franck Médioni s’intéresse aujourd’hui dans un livre à l’écrivain – sinon écrivant, « écriveur »..., l’important étant que le scribouilleur en question ait eu la chance d’avoir été publié – qui éprouve (ou dit éprouver) un « amour pour le jazz ». Mais la méthode est tout autre que celle employée dans le fanzine : ici, il presse son invité de choisir un disque qu’il affectionne particulièrement pour l’engager ensuite à broder.

Voici donc des souvenirs remués de façons diverses, des chroniques ou des œuvres plus originales, qui partagent presque tous un fâcheux point commun : vous faire regretter ne pas avoir préféré à leur lecture la réécoute de tel ou tel disque de Coltrane, Monk, Waldron, Little ou Ayler, qu’ils évoquent ou qui les inspirent. Lire avec Thomas Compère-Morel la pochette de l’exemplaire qu’il garde de John Coltrane Plays jusqu’à l’étiquette jaune du disquaire chez qui son père l’acheta jadis, apprendre avec Edouard Dor que « Cinglé » en jazz se dit  « Sun Ra », suivre Arnaud Dudek déménager souvent de Strasbourg à Chalon-sur-Saône sur fond de Brad Meldhau, se repaître de citations avec Sylvie Kandé qui cherche le « frisson du sens » sous les doigts de Keith Jarrett, s’ennuyer ferme avec Nimrod qui n’écoutera jamais autant Louis Armstrong et Duke Ellington qu’il ne s’écoute écrire...

En quatre-vingts écrivains et deux-cent-soixante-dix pages, bien sûr, on ne pouvait faire « le tour du jazz ». Il y avait malgré tout assez d’énergie (enfin, osé-je l’espérer), en tout cas assez d’espace, pour « produire » une littérature d’un autre ordre – merci tout de même, pour leurs parenthèses salutaires, à Yves Citon, Georges Didi-Huberman, Gérard Mordillat et Frank Smith... Et aussi à Michel Arcens pour avoir cité Virginia Woolf : Comme c’est mieux le silence!

Franck Médioni : My Favorite Things. Le tour du jazz en 80 écrivains (Alter Ego)
Edition : 2013.
Livre : Le tour du jazz en 80 écrivains
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Olivier Dumont, Rodolphe Loubatière : Mouture (Observatory, 2013)

olivier dumont rodolphe loubatière mouture

Et revoici Olivier Dumont et Rodolphe Loubatière. Revoici leurs ressacs, revoici leurs petites fissures, revoici leurs feedbacks, revoici leurs sustains. L’un est toujours guitariste, l’autre toujours batteur. Mais ceci ne veut rien dire puisque chez eux rien ne se joue comme prévu. Et pourtant rien ne se déjoue.

Il y a chez eux une option vitale. Elle passe par le circulaire. Chez eux, presque tous les trajets le sont. Une marche entre chien et loup, une lenteur ou un étouffement, une résonance,  un glissement, un carnyx, une scie, des grouillements : le mouvement est rotatif, intensément rotatif. Ici, toute nouvelle inflexion enfante un nouveau territoire, chaque grincement s’invite symphonie. Ici, les sons se libèrent, s’intensifient, suivent leur naturel trajet. Circulaire, le trajet, mais je crois l’avoir déjà écrit.

EN ECOUTE >>> Mouture (extrait)

Olivier Dumont, Rodolphe Loubatière : Mouture (Observatory / Metamkine)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CDR : 01/ Side A 02/ Side B
Luc Bouquet © Le son du grisli


Fragment Factory Expéditives : Alice Kemp, Schimpfluch-Gruppe, Aaron Dilloway, Tom Smith, Philip Marshall

fragment factory expéditives

alice kempAlice Kemp : Decay and Persistence (CDR, 2013)
Réinterprétation par son auteure d’une bande-son créée pour deux performances de Weeks & Whitford, Decay and Persistence est maintenant un voyage à faire sur CD et, même, dans l’oreille d’Alice Kemp (Germseed) : trouver-là, rendus avec une précision remarquable, coups de tonnerre, tic-tac, souffles, bois qui craquent, et peut-être aussi le battement d’un cœur. Au bout du voyage, applaudir à un théâtre concret aux effets ravissants.

EN ECOUTE >>> Live-Aktion 28.04.2012, Tokyo

nigredo

Schimpfluch-Gruppe : Nigredo (K7, 2013)
Un autre bois (on l’imagine), et sur cassette, crépite sur Nigredo. C’est que Rudolf Eb.Er et Dave Phillips y ont marché, en route pour Tokyo où ils donnèrent un concert « préparé » sous le nom de Schimpfluch-Gruppe. Devant l’assistance, un souffle fut transformé en râle, ce râle en ombre épaisse et inquiétante, cette ombre en chimère prisonnière d’une cellule de béton gris. Dans un bruit assourdissant de métal (des chaînes, peut-être), ce sera la libération. En face B, un canal chacun, Eb.Er et Phillips exposent le matériau qu’ils composèrent indépendamment pour leur rencontre : ni chimère, ni béton, ni métal, mais des ombres encore.

EN ECOUTE >>> Decay and Persistance

aaron dilloway tom smith

Aaron Dilloway, Tom Smith : Allein Zu Zweit (K7, 2013)
C’est un autre concert passé sur cassette : celui, donné par Aaron Dilloway (Wolf Eyes, The Nevari Butchers) et Tom Smith (To Live and Shave in L.A., Ohne) à Hambourg le 22 juin 2012 – quelques jours plus tôt, le duo s’était produit à Hanovre, ce dont témoigne Impeccable Transparencies, un disque double produit par Smith sur son Karl Schmidt Verlag. Seul, Alloway lance une course le long de laquelle il butera souvent : voilà la cause des barrissements, plaintes et déferlantes, dont il fait son miel. Avec Smith, le voici occupé à confectionner une boucle sur laquelle déposer un noise qui pourra quelquefois pêcher par emportement lyrique.

EN ECOUTE >>> Allein / Zu Zweit

philipp marshall

Philip Marshall : Passive Aggressive (K7, 2013)
Deux ans après avoir publié Casse-tête sur Tapeworm, label à cassettes qu’il dirige, Philip Marshall voit paraître Passive Agressive sur Fragment Factory. C’est une autre bande à dérouler dans laquelle sont contenus des aigus tenaces que gonflent les parasites qu’ils portent en eux et même arborent, un grave aux obsessions multiples et qui danse sous leurs effets, un doigt de saturations, enfin, pour finir de changer la cassette dont on parle en étonnante malle à contrastes.

EN ECOUTE >>> Passive

fragment factory



Marc Behrens : Queendom Maybe Rise (Crónica, 2013)

marc behrens queendom maybe rise

Outre une apparition sur l’excellentissime HD de son compatriote Atom™, Marc Behrens est surtout connu pour son œuvre électroacoustique, qu’il développe depuis plus de vingt ans avec une constance qui n’a d’égale que son inifni sens de la recherche. Son nouveau bébé, Queendom Maybe Rise, ne fait nullement exception à la règle, bercé qu’il est entre field recordings ovipares et traitement numérique soigné.

En de nombreux instants, on a l’impression d’assister à un documentaire animalier sur le monde des airs et/ou de l’inifiniment petit mis en ondes par Nicolas Bernier, avant qu’un violent orage ne vienne tout bouleverser ; à d’autres instants, on retrouve les excellents échos de Thomas Köner, voire de Jana Winderen, pour quarante-et-une minutes de bravoure captivante. Second et dernier titre, Quuendom repose entièrement sur la voix de Yoko Higashi (déjà aperçue chez Lionel Marchetti), directement ou régénérée digitalement telle la rencontre entre Luciano Berio et Machinefabriek. Pourquoi se priver ?

EN ECOUTE >>> Maybe Rise >>> Queendom

Marc Behrens : Queendom Maybe Rise (Crónica / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Leafer Maybe Rise 02/ Queendom
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Tanikawa Takuo : Music for Contemporary Kagura (Improvising Beings, 2013)

tanikawa takuo music for contemporary kagura

La pochette de ce disque est superbe, mais elle ne dit pas au japanophile néophyte de quoi a l’air le kagura… C’est qu’on comprend vite que le kagura n’est pas un instrument, mais bien plus que cela : une musique ! Maintenant, penchons-nous sur le travail de Tanikawa Takuo, musicien qui était apparu sur Crimson Lip avec Alan Silva (sur le même label) et qui s'est mis en tête de remettre le kagura au goût du jour.

A croire que le rite shintoïste (information vérifiée) demande du kagura contemporain. Qu'à cela ne tienne, Tanikawa attrape guitare et koto, et ça commence plutôt bien, avec des cordes à gratter (c'est la première étape de la résurrection) et des basses de synthé qui orientent la musique vers le noise. On applaudira la poigne du contrebassiste sur Music for Contemporary Kagura 2 (Alan Silva) et l’effacement des batteurs (Sabu Toyozumi & Shota Koyoma), en tout cas jusqu'à ce que Tanikawa aille en force dans un solo de guitare et une sorte de fusion psyché. Tout à coup, le « kagura contemporain » retourne vers le futur (les années 70 (du siècle dernier)) : et voilà que le soufflé retombe, et les dieux shintoïstes avec.

Tanikawa Takuo : Music for Contemporary Kagura (Improvising Beings)
Edition : 2013.
CD : 01-05/ Music for Contemporary Kagura 1 – Scene 1-5 06-10/ Music for Contemporary Kagura 2 – Scene 1-5
Pierre Cécile © Le son du grisli


Pierre-Yves Macé : Musique et document sonore (Les Presses du Réel, 2012)

pierre-yves macé musique et document sonore

C’est une thèse de doctorat désormais publiée que son auteur, Pierre-Yves Macé, aurait pu (pourrait) poursuivre à vie : l’utilisation du document sonore dans le contexte musical est son sujet. Partant d’Edison, voici donc l’histoire d’un « document » – la notion, démonstrative et laissant derrière elle quelque trace, sera brillamment expliquée dans un chapitre – qui abandonne les rayonnages de l’archive pour l’univers plus exaltant de la création sonore.

Si l’exercice, formaté, connaît quelques impératifs (exposés d’esthétique convoquant inévitablement Adorno, Benjamin, Barthes, Deleuze…, citations zélées, organisation rigoureuse – à laquelle échappe toutefois ce bel interlude par lequel John Cage passe une tête), il profite de la diversité des écoutes auxquels il renvoie. Plus encore, il passionne par l’entendement déductif de Macé.

Traité de mille manières (amplifié, manipulé, traité, transformé, digéré…), le document finira souvent par adopter les contours d’arts hétéroclites pour être ceux de Ferrari, Nono, Reich, Bayle, Curran, Bryars, mais aussi Panhuysen, Matmos, Kyriakides, Kerbaj, Onda… A chaque fois, c’est un imaginaire augmenté par le « fourmillement du réel » que Macé envisage en chercheur éclairé avant d’en disposer les références dans une luxuriante toile de sons, aussi panorama saisissant : Musique et document sonore.

Pierre-Yves Macé : Musique et document sonore (Les Presses du Réel)
Edition : 2012.
Livre : Musique et document sonore, 336 pages.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Luís Lopes Humanization 4tet : Live in Madison / Yells at Eels : Colorado at Clinton (Ayler, 2013)

luis lopes humanization quartet live in madison

La guitare de Luís Lopes est sale. Sale et robuste. On peut lui trouver quelques airs sharrockiens voire hendrixiens. C’est une guitare hurlante et qui n’a de politesse que dans l’irrespect. Elle est soupir de sang, torture et récif.  Elle broie le noir et n’enfante que du plus noir. Souvent, elle entre en querelle avec le saxo batailleur de Rodrigo Amado. A vrai dire souvent. Voire très souvent. En vérité : tout le temps. Le ténor portugais qui y déploie lyrisme et venin ne lâche jamais prise.

Les deux frangins Gonzalez (Aaron : contrebasse, Stefan : batterie) mettent la finesse au placard et prennent soin de jeter la clé très loin. Ils ne sont pas dentelle mais scie. Scie acérée et tranchante. Parfois – mais rarement –, tout ce beau monde demande grâce : respiration nécessaire que se charge de pervertir à foison l’empoisonnante guitare de Luís Lopes. Chassez le naturel…

EN ECOUTE >>> Big Love >>> Two Girls

Luís Lopes Humanization 4tet : Live in Madison (Ayler / Orkhêstra International)
Enregistrement : 8 juillet 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Bush Baby 02/ Jungle Gymnastics 03/ Long March for Frida Kahlo 04/ Big Love 05/ Two Girls 06/ Dehumanization Blues
Luc Bouquet © Le son du grisli

yells at eel colorado at clinon

Commencé mollement (Devil’s Slide), Colorado in Clinton trouve rapidement ses marques. Le climat sera automnal et n’atteindra que très rarement le rouge feu de l’incendie (Dokonori Shiito). Nouveau venu dans le Yells at Eels, Akash Mittal est un saxophoniste appliqué et au lyrisme largement malabyen. Du côté de la Gonzalez Family, tout baigne : Dennis brode quelques piquants solos, Aaron – malgré une prise de son quelconque  égalise souplesse et profondeur, Stefan détermine quelques tempos célestes. Et quand cornet et contrebasse marient leurs élans sur un poignant Constellations on the Ground, nous n’avons d’autre choix que se rendre à l’art bienfaisant de la maison Gonzalez.

EN ECOUTE >>> Shades of India

Dennis Gonzalez / Yells at Eels : Colorado at Clinton (Ayler / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Devil’s Slide 02/ Shadows 03/ Wind Streaks in Syrtis Major 04/ Shades of India 05/ Constellations on the Ground 06/ Dokonori Shiito
Luc Bouquet © Le son du grisli


Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch, 2013)

mika vaino joachim nordwall monstrance touch le son du grisli

Vieille branche de la musique électronique, qu’elle soit ou non drapée de beats, Mika Vainio joint ses forces obscures au Suédois Joachim Nordwall (le fondateur du label iDEAL Recordings), pour un disque en tous points vibrant. Telle une connexion frappadingue où Einstürzende Neubauten jammerait – osons le mot – aux côtés de SunnO))) dans un squat berlinois à douze mètres du mur, les deux Scandinaves font hurler les guitares et l’électronique, qu’est-ce que ça envoie du bois, ou plutôt de l’acier trempé.

Toutefois, Vainio (pour rappel, moitié de Pan Sonic) et Nordwall ne se contentent pas de jouer à qui sera le plus bruyant et/ou strident. Passés les – très – impressionnants deux premiers morceaux, un calme dès plus trompeurs s’installe, comme un écho de combinat est-allemand désaffecté (think Jason Kahn vs Gilles Aubry) et la suite des sept tracks explose à la moulinette toute allusion à la monotonie. Au-delà des mots, je vous laisse le plaisir sensoriel de la découverte, vous risquez d’en ressortir tout ouf.

Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Alloy Ceremony 02/ Live At The Chrome Cathedral 03/ Midas In Reverse 04/ Irkutsk 05/ Praseodymium 06/ Promethium 07/ In The Sheltering Sanctus Of Minerals
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli



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