Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Hafdís Bjarnadóttir : Sounds of Iceland Íslandshljóơ (Gruenrekorder, 2015)

hafdis bjarnadottir sounds of iceland

C’est peu dire que la nature est inhospitalière (sûrement autant qu’étonnante) en Islande. Et c’est ce dont rend compte, avec une approche au micro qui m’a laissé rêveur, ces « sounds » captés par Hafdís Bjarnadóttir. Le patronyme de l’homme au micro nous fait penser qu’il est des lieux et qu'il connaît donc plus que bien son sujet. En plus de faire le tour de son île, il a tenu à enregistrer en toutes saisons.

Sur le CD, c’est donc de l’eau qui bout sur un feu jamais éteint, du vent qui vous gèle même si vous vous trouvez à des centaines de kilomètres d’où il est passé, des fjords qui fondent ou qui vous fondent dessus, des avalanches de rafales ou des chutes d’oiseaux (certains cris sont étonnants !). Pour accompagner tout ça, on trouve dans le digipack un petit recueil de photos (une quinzaine). Bref, de quoi faire un beau voyage.

Hafdís Bjarnadóttir : Sounds of Iceland (Gruenrekorder)
Edition : 2015.
CD : 01-07/ Sounds of Iceland Íslandshljóơ
Pierre Cécile © Le son du grisli



Left Exit, Mr K : Featuring Michael Duch & Klaus Holm (Clean Feed, 2015)

left exit mr k featuring michael duch & klaus holm

Karl Hjalmar Nyberg (saxophones) et Andreas Skår Winther (batterie et cordes) ont pris l’habitude d’improviser sous le nom de Left Exit, Mr K. En juin 2014, le duo accueillait Klaus Ellerheusen Holm (saxophone et clarinette) et Michael Francis Duch (contrebasse) afin de mettre en boîte la dizaine de pièces de leur premier disque.

Si, l’un contre l’autre, Nyberg et Winther se cherchent et ainsi se motivent (Uncompromising Squares), leur compagnie les oblige souvent à d’autres intentions : qui commandent aux souffles et aux cordes de lentement se frôler (Aluminium, Between Our Houses) sinon de balancer sur le va-et-vient d’un grave archet de contrebasse (Dumpster Hamster).

A force de lever de légers reliefs sur l’horizon qu’ils se partagent, les quatre musiciens en arrivent – à peu près au mitan de l’enregistrement – à envisager une verticalité autrement inspirante : derrière elle, trouver quelques influences (un air de Malachi sur Free Furniture, No Rugs, d’Evan Parker sur Exit Jakartha). Rassurantes, autant qu’est engageant ce premier essai sur disque.  

Left Exit, Mr. K : Featuring Michael Duch & Klaus Holm (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : juin 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Aluminium (And Other Sources of Health) 02/ Dumpster Hamster 03/ Waves, Linens and White Light 04/ Between Our Houses 05/ Incompromising Squares 06/ Chalk (Inquiry) 07/ Free Furniture, No Rugs 08/ Inferior Interior 09/ Cigarettes and Pay-per-View 10/ Exit Kakartha
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Gurun Gurun : Kon B (Home Normal, 2015)

gurun gurun kon b

Quelque part dans le no man's land entre la République Tchèque et le Japon nous était parvenu, en 2010, un disque rêveur et pointilliste, c'était le premier du groupe Gurun Gurun. Chanté entièrement en japonais – il faut dire que les Moskitoo et autres Sawako étaient de la partie –, son univers avant pop(tronica) avait fait l'effet d'une micro-bombe dans l'espace spatio-temporel entre Tujiko Noriko et Tangtype, avant que cinq années de silence ne nous mettent sur la fausse piste d'un one shot.

Heureuse nouvelle, première du nom, le quatuor tchèque a mis fin à son silence. Jolie surprise (bis), Federsel, Jara Tarnovski & co reprennent le chantier là où ils l'avaient abandonné. Toujours empreinte de cette délicatesse olfactive, elle caresse les oreilles telle une douce plume, la démarche s'accompagnant cette fois des services d'autres chanteuses, sans que le résultat n'en soit chamboulé (les mauvaises langues diront que leurs voix sont interchangeables, mais bon). Et vu que, musicalement, l'abstraction electronica reste de mise, avec juste ce qu'il faut de points de repère pour y accrocher, le résultat demeure tout aussi enchanteur, pour autant qu'on ne rêve pas de les reprendre sous la douche.

Gurun Gurun : Kon B (Home Normal)
Edition : 2015
CD : 1/ Atarashii Hi 2/ Aoi 3/ Itsuka No Hoshi / Hia 4/ Shizumeru / Kiikii 5/ Koe / Sukuu 6/ Mado 7/ Tsuki Ni Te 8/ Beda Folten Supasuta
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Coppice : Matches (Category of Manifestation, 2015)

coppice matches

Il y a quelque chose qui me chagrine dans ces CD qui sortent à une centaine d’exemplaires (parfois c’est moins, et mon chagrin n’en est que plus grand !). C’est presque une défaite annoncée… Mais dans le cas de Coppice, il y a derrière cette pénurie d’exemplaires une « envie de faire rare » ou « limité ». Ce n’est pas la première fois que le duo « réserve » ses piécettes bruitistes à un public réduit. Son côté select, sans doute.

Sur Matches (100 ex. comme promis), ils piochent dans leurs enregistrements studio ou live pour faire de nouveaux bruits. Une shruti-box et un orgue à soufflet (qui peut se refermer sur un buzz ou un bourdon), tous les deux préparés bien sûr, des bandes, et voilà de quoi composer une marche proto-techno ou un noise mécanique et post-futuriste. En fait, Coppice s’inscrit dans les pas de Russolo avec la faconde de l’inventeur d’instrument doué pour la com’ arty. Déjà pas mal.

Coppice : Matches (Category of Manifestation / Metamkine)
Edition : 2015.
CD : 01/ Held Cascade 02/ Bromine 03/ Labile Form 04/ Discharge Form 05/ Subparallel Episode 06/ Bramble 07/ Caper
Pierre Cécile © Le son du grisli


Charlemagne Palestine : Schlingen Blängen for Organo Rinascimentale Non Temperato (I Dischi di Angelica, 2015)

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A la fin des années 1970, Charlemagne Palestine engageait Schlingen Blängen, une série de travaux s’inspirant des manières de l’expressionnisme abstrait – celui de Rothko, de Newman et de Still, en premier lieu, insiste le musicien dans les courtes notes qui accompagnent ce disque. En 2004, derrière l’orgue de la Basilique San Martino de Bologne, il y travaillait encore – ci-dessous, un extrait d'une interprétation plus récente encore. 

On pourra essayer de suivre les trajectoires de chacune des longues notes qui forment ce grand tableau pour orgue « Renaissance », les chants parallèles qui tout à coup les doublent, les lests qui soudain les confondent ou les voix qui, un temps, les aspirent. Le minimalisme de Palestine – qui commanda, déjà, combien de voyages en ballon ? – progresse par touches quand son colletage explore un espace confondant où s’unissent oscillations et torsions. C’est alors sur un rail unique, à la verticalité sans cesse contrariée, que la musique se déforme : comme sur une toile la lumière peut faire naître de nouvelles couleurs, les secondes révèlent des airs inédits, toujours insaisissables.

Charlemagne Palestine : Schlingen Blängen for Organo Rinascimentale Non Temperato (I Dischi di Angelica / Orkhêstra International)
Enregistrement : 9 mai 2004. Edition : 2015.
CD : 01/ Schlingen Blängen for Organo Rinascimentale Non Temperato
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers : Intricacies (NoBusiness, 2015)

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S’il fallait encore démontrer de quelle manière il est possible de diriger une formation – un quintette, ici, qui réunit Paul Hubweber (trombone), Frank Paul Schubert (saxophones alto et soprano), Alexander von Schlippenbach (piano), Clayton Thomas (contrebasse) et Willi Kellers (batterie) – de derrière un piano, Intricacies – concert enregistré à Berlin le 24 février 2014 – serait d’une aide précieuse.  

C’est donc Alexander von Schlippenbach qui, une fois encore, se charge de la démonstration. Ainsi impose-t-il avec un naturel déconcertant trois pièces sur lesquelles il offrira autant d’espace à ses partenaires qu’il saura s’en réserver. Parmi ceux-là, c’est d’abord le trombone et le saxophone que l’on remarque : Paul Hubweber et Frank Paul Schubert, qui conservent leur équilibre sur les reliefs et les rapides d’une section rythmique en butte, justement.

Qu’ils se prennent les notes dans quelle partition ou se plient aux codes percussifs qui décident des répétitions comme des changements de cap, Hubweber et Schubert ne font pas défaut à l’invention du trio qui les accompagne et les oblige tout à la fois. Mais l’obligation n’interdit pas la surprise : ainsi, les souffleurs peuvent lui préférer soudain la suspension de notes approchantes (sur Come to Blown), la citation (de Mingus, notamment) ou cette envie de doublage qui pousse l’alto à surpasser en fougue les fougues cumulées de l’entier quintette (sur Intricacies).

Assez parlé des souffles, d’autant que leur révélation eut sans doute été impossible sans le trio qui les accompagne : au tapage ou taponnage, Schlippenbach reste du groupe le musicien qu’on ne peut retenir par la manche quand, au défi d’un accompagnement délicat, Thomas et Kellers répondent par un art impeccable. Voici, en conséquence, Intricacies faite référence des discographies de Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Clayton Thomas et Willi Kellers. Mieux encore, de l’œuvre d’Alexander von Schlippenbach aussi.

écoute le son du grisliPaul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers
Intricacies (extrait)

Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers : Intricacies (NoBusiness)
Enregistrement : 24 février 2014. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : 01/ Come to Blows – CD2 : 01/ Intricacies 02/ Encore
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


David Toop : Lost Shadows: In Defence of the Soul / Yanomami Shamanism, Songs, Ritual, 1978 (Sub Rosa, 2015)

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A l'image du Smithsonian Folkways, qui recueille depuis des décennies les sons produits sous tous les continents et latitudes, David Toop intègre dans sa démarche les musiques populaires, dans toutes leurs diversités possibles. Son premier disque en sept ans, Lost Shadows: In Defence of the Soul / Yanomami Shamanism, Songs, Ritual, 1978 présente en un double album les extraordinaires – au sens multiple du terme – chants rituels et cérémonies chamanes du peuple amazonien des Yanomami.

Dans des  passages où une certaine forme de transe explose à la tronche des pauvres occidentaux que nous sommes, et banzaï la différence de cultures!, Toop nous emmène dans une expédition sonore absolument hors du commun. Là où  d'infâmes émissions de télé nous vendent un exotisme de pacotille pour lecteur de Télé 7 Jours (style Rendez-Vous en Terre Inconnue), le musicien/cologue anglais n'a nul besoin d'images pour nous transporter dans un monde parallèle. Et, il sera d'accord avec nous, le premier mérite en revient aux habitants du lieu (au nord du Brésil et au sud du Vénézuéla) et à leurs vifs échos d'une culture riche et insolite.

David Toop : Lost Shadows: In Defence of the Soul / Yanomami Shamanism, Songs, Ritual, 1978 (Sub Rosa / Les Presses du Réel)
Edition : 2015
2 CD : 1-1/ Tayari-teri: Shamans Healing 1-2/ Tayari-teri: Shamans Healing 1-3/ Tayari-teri: Shamans Healing 1-4/ Torokoiwe: Solo Shama, First Chant     1-5/ Torokoiwe: Solo Shama, Second Chant 1-6/ Torokoiwe: Solo Shama, Second Chant 1-7/ Caberima Night Insects, Birds And Moths 2-1/ Mabutawi-Teri: Wayamou Duo Exchange 2-2/ Mabutawi-Teri: Young Women's Circle Song 2-3/ Cuntinamo: Piaruainai, Solo Shaman 2-4/ Cuntinamo: Piaruainai, Solo Shaman 2-5/ Cuntinamo: Piaruainai, Solo Shaman 2-6/ Mabutawi-Teri: Young Men Singing 2-7/ Mabutawi-Teri: Young Men Singing 2-8/ Mabutawi-Teri: Young Men Singing 2-9/ Mabutawi-Teri: Young Men Singing 2-10/ Mabutawi-Teri: Rain Song 2-11/ Mabutawi-Teri: Rain Song 2-12/ Mabutawi-Teri: Rain Song 2-13/ Mabutawi-Teri: Rain Song 2-14/ Mabutawi-Teri: Young Men's Circle Song 2-15/ Caberima Night Insects, Birds And Moths
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Fraufraulein : Extinguishment (Another Timbre, 2015)

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Avec l’un ou l’autre de ses partenaires de Delicate Sen, Billy Gomberg ou Richard Kamerman, Anne Guthrie travaille à une musique électroacoustique à la fragilité parlante. Avec le premier, elle forme aussi Fraufraulein, qui fait aujourd’hui œuvre d’Extinguishment.

Elle au cor, lui à la basse électrique, l’un et l’autre à l’électronique et aux enregistrements : Guthrie et Gomberg peuvent décliner leur approche sensible de l’expérimentation. Alors, graves et aigus cherchent un équilibre sur un fil que font trembler field recordings, notes tenues de cor et cordes pincées à peine ; le même cor et les mêmes cordes disent ensuite sous la menace d’une tension grandissante que des expressions retenues savent, aussi bien que de tapageuses, dissimuler des présences, voire de tout caractère ; enfin, un aigu persistant soutient une voix inintelligible qui s’effacera devant les bruits de l’écho qu’elle aura provoqués.

Ce n’est donc pas là un réductionnisme de plus mais plutôt une électroacoustique qui fait de l’éphémère une suite de moments appropriés : où l’expression – dont les codes sont secrets et les significations multiples – se dérobe comme pour mieux marquer les esprits.

Fraufraulein : Extinguishment (Another Timbre)
Enregistrement : juin à septembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Convention of Moss 02/ Whalebone In a Treeless Landscape 03/ My Left Hand, Your Right Hand
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Florian Wittenburg : Aleatoric Inspiration (Nur/Nicht/Nur, 2015)

florian wittenburg aleatoric inspiration

Il a raison, Florian Wittenburg, pourquoi choisir entre acoustique et électroacoustique ? Pourquoi ne pas s’atteler aux deux ? Après, ce n’est qu’une question d’ « aléatoire ».

Sur les huit morceaux d’Aleatoric Inspiration (titre tiré du titre d'un des morceaux), six sont acoustiques. Wittenburg se sert du piano sous l’influence de compositeurs contemporains de l’aléatoire, justement (Morton Feldman surtout). Des micro arpèges, des répétitions, des silences… Comparé aux maîtres du genre, pas très impressionnant, mais ça passe – sauf quand de temps à autre on frôle la BO de docudrama.

Là où Wittenburg s’en sort mieux, c’est sur ses deux compositions électroacoustiques. Pulses & Drones, où il utilise des samples de Benoît Delbecq (un genre de bruit de flippant flipper qui pulse contre des drones aux volumes taillés comme il faut) et Piece for Bowed Piano & Electronics (un drone qui grésille fabriqué avec le pianiste Ned McGowan). Là, d’accord… Peut-être parce que le drone a, par définition, moins à craindre de l’aléatoire.

Florian Wittenburg : Aleatoric Inspiration (Nur/Nicht/Nur)
Edition : 2015.
CD : 01/ Aleatoric Inspiration 02/ Pulses & Drones 03/ Für Scarlett 04/ Dark Piece 05/ Little Permutation Piece 06/ Motiv Sabine 07/ Piece for Bowed Piano & Electronics 08/ Aleatoric Inspiration II
Pierre Cécile © Le son du grisli


John Coltrane : Live at Penn State ’63 (Hi Hat, 2015)

john coltrane live at penn state 63

Ajout à Coltrane sur le vif, à propos d'un concert du quartette de John Coltrane qui vient d’être publié… Ce n’est pas le Coltrane aventureux des soirées en club que l’on retrouve ici mais celui de la future tournée européenne d’octobre-novembre 1963. En cette soirée du 19 janvier 1963 passée au Schwab Auditorium de la Penn State University, le saxophoniste, sûr de sa technique, segmente ses solos en plusieurs pistes et fait une confiance totale en ses partenaires : McCoy Tyner délivre de somptueux chorus (Every Time We Say Goodbye, Mr. PC) ; Jimmy Garrison, pour une fois pas trop maltraité par la prise de son, fait admirer son travail en profondeur tandis qu’Elvin Jones se fait moins tonitruant que d’ordinaire.

Tournant autour du thème de Bye Bye Blackbird, Coltrane semble gêné par les accords de son pianiste. Quand ce dernier s’efface et laisse parler le trio, il oublie le thème et densifie de nouveaux rivages. Notons ici le subtil jeu de balais du batteur pendant le doux chorus de Garrison. Seul maître à bord de The Inch Worm, Coltrane se montre souverain au soprano et le sera à nouveau lors d’une version malheureusement incomplète de My Favorite Things. Le génie du saxophoniste se fait discret sur Every Time We Say Goodbye quand, au contraire, Tyner se montre prolixe et que Garrison malaxe l'harmonie avec une liberté totale. Incomplètes, les versions de Mr. PC et de I Want to Talk about You profitent respectivement d'un chorus inspiré du pianiste et de l’habituel – et ici  bouleversant – stop chorus du saxophoniste. A suivre…

John Coltrane : Live at Penn State ’63 (Hi Hat)
Enregistrement : 1963 / Edition : 2015
CD : 01/ Bye Bye Blackbird 02/ The Inch Worm 03/ Every Time We Say Goodbye 04/ Mr P.C. 05/ I Want to Talk about You 06/ My Favorite Things
Luc Bouquet © Le son du grisli



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