Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Daniel Menche : Glass Forest (Important, 2008)

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Suite des explorations bruitistes de Daniel Menche, Glass Forest voit le musicien confectionner d’autres drones, amas de bourdons traînés au sol et série implacable de chocs indéfinissables, ou enregistrements sur le vif de rebonds partis à l’assaut de larsens longs.

Dense, l’expérience invite l’auditeur à renouer avec le grand œuvre de Menche, qui pense aujourd’hui à abandonner le format cd pour présenter d’autres formes de recherche sur vinyle.

Daniel Menche : Glass Forest (Important)
Edition : 2008.
CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Doppelmoppel : Outside This Area (Intakt, 2008)

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Née en 1982, Doppelmoppel est une formation réunissant deux guitaristes (Uwe Kropinski et Joe Sachse) et deux trombonistes (Conny et Johannes Bauer), qui enregistraient en 2007 leur troisième disque seulement.

Caractéristiques rares, donc, comme celles de la musique improvisée à laquelle renvoie Outside This Area, faite de réminiscences éclatées : swing autant que déconstruction, rock bruitiste et sérénade carioca. Grâce à l’intensification des échanges et au choix de plus en plus affirmé d’abandonner peu à peu un lyrisme qui le rassure mais le perd aussi, Doppelmoppel parvient à édifier un mélange original et opérant.

CD: 01/ Walk 1 02/ Walk 2 03/ Walk 3 04/ Walk 4 05/ Walk 5 06/ Walk 6 07/ Walk 7 08/ Walk 8 09/ Walk 9 10/ Walk 10 11/ Walk 11

Doppelmoppel - Outside This Area - 2008 - Intakt Records. Distribution Orkhêstra International.


Horace Silver: Live at Newport ’58 (Blue Note - 2008)

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Cinq ans avant d’enregistrer son emblématique Song for My Father, Horace Silver se produisait sur la scène du Festival de Newport. Pour preuve : cet enregistrement inédit, produit aujourd’hui par Blue Note.

Aux côtés du pianiste, déjà, le saxophoniste ténor Junior Cook et le contrebassiste Gene Taylor, et aussi Louis Smith, trompettiste flamboyant, et Louis Hayes, batteur adroit capable de répondre aux cadres changeants de la musique de Silver : hard bop classique (version longue de Tippin’, Cool Eyes), digression latine (The Outlaw) ou blues aléatoire (Senor Blues).

Imperturbable, le quintette s’empare à chaque fois du thème pour en donner une autre version irréprochable, précise dans ses arrangements, adepte des lignes pures. Infaillible et serein.

CD: 01/ Introduction 02/ Tippin’ 03/ The Outlaw 04/ Senor Blues 05/ Cool Eyes

Horace Silver Quintet - Live at Newport ’58 - 2008 - Blue Note. Distribution EMI.


Two Bands And A Legend: I See You Baby (Smalltown Superjazz - 2007)

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Restes de l’enregistrement du premier album de Two Bands And A Legend – projet réunissant The Thing, Cato Salsa Experience et Joe McPheeI See You Baby présente trois reprises valant bien le pressage d’un EP.

Celle d’I See You Baby de Groove Armada, d’abord, sur lequel Cato Salsa prend l’ascendant, et commande les riffs efficaces prêts à porter la voix de Joe McPhee en personne. En fond, un baryton tare de ses graves une balance jusque là dévolue aux guitares. Plus anecdotique, la courte interprétation du Nation Time de McPhee, ouverte ensuite par un grand duo de saxophones évidemment free, mais poussive, bientôt, notamment à cause de l’inspiration peu convaincante du clavier.

En guise de conclusion : Our Prayer, thème signé Donald Ayler qui dépose en filigrane le portrait de son frère, hymne aylérien au carré sur lequel déraillent, intuitifs, les instruments à vent. Pièce, aussi, qui vaut presque à elle seul la raison d’être du EP.

CD: 01/ I See You Baby 02/ Nation Time 03/ Our Prayer

Two Bands And A Legend - I See You Baby - 2007 - Smalltown Superjazz. Distribution Differ-ant.


Kioku: Both Far and Near (Quiet Design - 2007)

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Partagés entre approche libre du jazz et leur intérêt pour les traditions musicales asiatiques, les trois membres de KiokuWynn Yamami (taiko, percussions), Ali Sakkal (saxophones) et Christopher Ariza (électronique) – rendent avec Both Far and Near une épreuve hésitante.

Pour ne pas savoir décider ni trouver le bon dosage entre recueillement oriental et grands emportements propres au free jazz, l’équilibre semble d’abord tenir, avant de céder bientôt. Sur les résonances des percussions, quelques moments décisifs, auxquels met un terme un saxophone tout à coup trop lyrique. Both Far and Near vaudrait donc aussi pour l’auditeur.


Kioku, Pinari (extrait). Courtesy of Quiet Design.

CD: 01/ Pinari 02/ Yatai Bayashi 03/ The Drum Thing 04/ Binalig 05/ Miyake 06/ Spirits 16

Kioku - Both Far and Near - 2007 - Quiet Design.



Hélène Labarrière: Les temps changent (Emouvance - 2007)

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Les temps changent. Auprès d’Hélène Labarrière : le saxophoniste François Corneloup (au baryton), le guitariste Hasse Poulsen et le batteur Christophe Marguet, ouvrent comme l’on s’y attendait sans qu’on y trouve à redire : Soizig, progression cyclique faite de grincements, qui plante le décors avant l’implacable crescendo (Un jour plus tôt) et le développement contrarié de Regard suspendu, rattrapé à grands coups de duos éclairés.

Et puis, le contraste terrible, entre le folk trop gentil de Good Boy – sur lequel un Poulsen aux arpèges clairs ne donnera pas de suite aux dissonances glissées sur le tard – et le retour à une pratique plus expérimentale qui met aux commandes un laisser-aller racé sur la Complainte de la Butte ou une fièvre bienfaitrice sur Histoire de collection.

Exposé ramassé, la conclusion oscille entre The Ex et Akosh S., et Les temps changent auront passés. Les compositions de Labarrière, aussi brillantes que sont investis les quatre musiciens.

CD: 01/ Soizig 02/ Un jour plus tôt 03/ Regard suspendu 04/ September The Bass 05/ Good Boy 06/ Une cure d’inefficacité 07/ Histoire de collection 08/ Une femme sous influence 09/ La complainte de la butte 10/ Donde estan ustedes

Hélène Labarrière - Les temps changent - 2007 - Emouvance. Distribution Abeille musique.


Steve Lehman : Manifold (Clean Feed, 2007)

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Après avoir tiré ses leçons de l’enseignement de professeurs tels que Jackie McLean et Anthony Braxton, restait au jeune saxophoniste Steve Lehman de mettre en pratique. Au Festival de Jazz de Coimbra, en 2007, par exemple.

A la tête d’un quartette classique d’apparence – trompette de Jonathan Finlayson, contrebasse de John Hébert et batterie de Nasheet WaitsLehman mène à l’alto un jazz encore influencé par l’avant-garde des années 1960 (celle de Max Roach, Don Cherry, ou Andrew Hill – dont il reprend ici Dusk) qu’il rafraîchit toutefois au son d’arrangements éclectiques et parfois audacieux.

Impeccable, la section rythmique pousse souvent dans ses derniers retranchements trompette et alto, qui plaident partout ailleurs en faveur de leur entente au son d’entrelacs réjouissants. Le temps, encore, d’un hommage amusé à Evan Parker, et l’enregistrement se termine, qu’il est alors obligatoire de conseiller.

Steve Lehman : Manifold (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2007. Edition : 2007.
CD : 01/ Interface D 02/ Is This Rhythm 03/ Dusk 04/ Interface F 05/ Interface C 06/ Cloak & Dagger 07/ Interface A 08/ Berceuse 09/ For Evan Parker
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Karlheinz Stockhausen : Bass Clarinet & Piano (MDG, 2007)

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Récemment appliqué à rendre une sélection de pièces emblématiques du corpus de l’école viennoise, le pianiste Steffen Schleiermacher interprète en compagnie du clarinettiste Volker Hemken des pièces pour piano et clarinette basse écrites entre 1954 et 1979 par Karlheinz Stockhausen.

Du neuvième Klavierstück – au développement chahuté par les hésitations feintes de son interprète (accord appuyé disparaissant en decrescendo puis défait par les silences) – à de précédents plus tempétueux encore, et du lyrisme déconstruit de Tanze Luzefai – sur lequel la clarinette basse fantasme un recours toujours possible à l’improvisation – à la terre de contrastes qu’est In Freundschaft, Schleiermacher et Hemken défendent chacun leur tour les pièces du compositeur.

Et puis, ensemble, ils servent les douze mélodies de Tierkreis : Bartók et Satie bousculés par le cours moderne des choses, ou pratiques plus expérimentales recourant parfois à l’usage d’un piano jouet ou d’une boîte à musique. Maîtrisant son sujet, le duo rend ainsi grâce au travail acoustique de Stockhausen, appliqué au piano et à la clarinette basse.

Karlheinz Stockhausen : Bass Clarinet & Piano (MDG / Codaex)
Edition : 2007.
CD : 01/ Klavierstück IX (1956/61) 02/ Tanze Luzefai (1979) 03/ Klavierstück VII (1954) 04/ Klavierstück VIII (1954) 05/ In Freundschaft (1977/79) 06 – 17 / Tierkreis (1975) : Aquarius, Pisces, Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libra, Scorpio, Sagittarius, Capricorn
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Kali Fasteau, Kidd Jordan: Live at The Kerava Jazz Festival, Finland (Flyin Note - 2008)

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Au Kerava Jazz Festival, édition 2007, Kali Fasteau retrouvait le saxophoniste Kidd Jordan et le percussionniste Newman Taylor Baker, puis établissait le dialogue au moyen d’instruments divers.

Incisive dès l’ouverture, elle rejoint le ténor au son d’une zurna – sorte de hautbois originaire du Proche Orient – pour consacrer ensuite un nouvel instrument à chaque échange. Défilent alors piano, flûtes, clavier électrique, violon, percussions et saxophone soprano, qui interrogent toujours autrement le contact établi avec Jordan. Expérimentale ou lyrique, Fasteau pêche parfois par excès de naïveté (noyant ses flûtes en delay ou faisant toute confiance à un son de harpe sorti d’un vieux clavier), quand elle démontre ailleurs ses possibilités iconoclastes : expérimentations électroniques appliquée à ses partenaires sur Talking Trance ou grand duo de free jazz sur un Exponantial Time qui la voit passer à la batterie.

Jordan, quant à lui, n’abandonne jamais Kali Fasteau à ses élucubrations, mais la suit parfois comme pour l’amadouer, puis la ramène dans le champ d’un jazz singulier, qu’elle confronte depuis plus de trente ans à ses interrogations personnelles de la modernité.

CD: 01/ Sound Tranceport 02/ Trancendance 03/ Reed Trance Plant 04/ Received Wisdom 05/ Sibelius Suite 06/ Talking Trance 07/ Violit Violines 08/ Exponential Time 09/ Sound Science

Kali Z. Fasteau, Kidd Jordan, Newman Taylor Baker - Live at The Kerava Jazz Festival - 2008 - Flying Note.


Fessenden: v1.1 (Other Electricities - 2008)

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Premier enregistrement studio mais sixième référence de Fessenden – comprendre : Steven Hess (Pan American, On), Joshua Convey et Stephen Fiehn –, v1.1 redit toutes les qualités de la musique électroacoustique du trio.

Passées en ordinateurs, une batterie, une guitare et une basse, s’occupent de peindre différentes atmosphères, quoique toutes oppressantes. Des rythmes mis en boucles que bousculent des effets ayant déjà avalé les guitares, un embouteillage d’aigus provoqué par la progression saccadée des musiciens, le mariage improvisé et réussi de nappes bruitistes et de larsens. L’électroacoustique brute voire féroce, souveraine et agissante.


Fessenden, Diode. Courtesy of Other Electricities.

CD: 01/ Not Sleeping, Just Resting 02/ Mid-Swing 03/ Diode 04/ A Walk In The Park 05/ PeakV/Z*sin

Fessenden - v1.1 - 2008 - Other Electricities.



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