Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Offonoff: Clash (Smalltown Superjazz - 2008)

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De la rencontre de Terrie Ex, Paal Nilssen-Love et Massimo Pupillo (Zu) est né fin 2006 Offonoff. Avec Clash, le trio pose les bases de sa musique récréative et bruitiste.

Lorsqu'Ex s’acharne sur un accord de guitare, Pupillo l’imite pour finir d'introduire une progression de rock sauvage naturellement régénérée par les incartades brutes des musicien ; que Nilssen-Love décide de l’allure expéditive qui finira d’imposer l’hirsute exposition des bruits et voici Offonoff trouvant son impeccable rythme de croisière : de cordes indélicates subissant les effets de pédales ou les décharges électriques d’un appareillage que l’on voudrait douteux, le trio fait alors son lot, qu’il enfonce rapidement sous les coups de basse et de batterie, les plaintes aigues assez rares, seulement décoratives.

A la suite de The Ex, profitant des possibilités offertes par le jeu de Nilssen-Love et gonflé par le soutien d’un membre de Zu, Offonoff a peu de mal à persuader de sa raison de jouer, qui ajoute aux bruits la particularité d’un son.   

CD: 01/ Rabbit Punch 02/ Calls 03/ Kicking Stones 04/ Bone Meat 05/ Clash >>> Offonoff - Clash - 2008 - Smalltown Superjazz. Distribution Differ-ant.



By Any Means: Live at Crescendo (Ayler Records - 2008)

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Sous le nom de By Any Means se cache une collaboration qui commence à dater (celle de Charles Gayle, William Parker et Rashied Ali) mais qui donnait, en octobre 2007 à  Norrköping, d’irrévocables preuves de fraîcheur. 

Courant sur deux disques, Live at Crescendo amorce un fantasme de blues sur lequel traîne l’alto de Gayle (Zero Blues), qui se retire souvent pour écouter ses partenaires et méditer sur l’importance du partage en musique. Revenu pour rendre une mélodie dérivant sous les improvisations disjointes (We Three), le trio gère ensuite quelques moments chaotiques avec un savoir-faire remarquable : Straight Ahead Steps et Peace Inside, sous les invectives d’Ali.

Après quoi, Parker relance la machine au son d’un gimmick porteur (Machu Pichu), derrière lequel tout pourrait redescendre, si les trois hommes n'étaient pas insatiables : plaintes de Gayle modifiées selon les mouvements d’un corps secoué sans doute par les courants que provoque la section rythmique (Cry Nu). Par vagues successives et changeantes, Gayle, Parker et Ali, ont ainsi une autre fois attesté de leur jeunesse.

CD1: 01/ Introduction 02/ Zero Blues 03/ Hearts Joy 04/ We Three 05/ Different Stuff 06/ Love One Another 07/ Straight Ahead Steps - CD2: 01/ Peace Inside 02/ Machu Pichu 03/ Cry Nu 04/ Eternal Voice 05/ No Sorrow >>> By Any Means - Live at Crescendo - 2008 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.


Steve Lacy: The Forest and The Zoo (ESP - 2008)

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Steve Lacy, Enrico Rava, Johnny Dyani, Louis Moholo : quartette rangé sous le nom de Lacy, enregistré ici en Argentine peu de temps avant sa dissolution. Vendu par le saxophoniste à Bernard Stollman, l’enregistrement est la seule référence ESP de la discographie de Lacy.

Excellente, autant que peuvent l’assurer les musiciens qu’elle donne à entendre : la paire Dyani / Moholo, expansive, enveloppant les improvisations de ses sautes d’humeur discrètes autant qu’implacables ; le duo Lacy / Rava, jouant des paraphrases et des envolées free, de dialogues amusés mariant les progressions à étages du soprano et la luxuriance de chacune des trouvailles de la trompette.

L’émulation portée haut sur deux improvisations qui rompent sous les coups d’éclats de musiciens habiles et en verve, qui commandait forcément la réédition.

Steve Lacy : The Forest and the Zoo (ESP Disk / Orkhêstra International)
Réédtion : 2008.
CD : 01/ Forest 02/ Zoo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Ron Carter: Dear Miles (Blue Note - 2007)

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Dès 1963, et pour cinq ans, Ron Carter a été le contrebassiste du quintette de Miles Davis aux côtés de Wayne Shorter, Herbie Hancock et Tony Williams. Aujourd'hui, le voici adresssant son hommage au trompettiste, projet qu’il aura longtemps repoussé, attendant d’être certain des dispositions de sa formation à le mener à bien.

Au programme : quelques standards chers à Davis, deux thèmes originaux et une reprise de As Time Goes By. Plus efficace qu’audacieux, le quartette sert avec passion le bop enlevé de Seven Steps to Heaven, impose, fougueux, les thèmes de Gone de Gil Evans et de Bag’s Groove de Milt Jackson, pour enfin appliquer des arrangements plus sophistiqués à My Funny Valentine et Stella by Starlight. Percutant et sans artifices, Ron Carter convainc de la justesse de l’affection qui l’anime, et parvient, malgré quelques politesses, à éviter les écueils de la commémoration consensuelle.

CD: 01/ Gone 02/ Sveen Steps to Heaven 03/ My Funny Valentine 04/ Bag's Groove 05/ Someday My Prince Will Come 06/ Cut and Paste 07/ Stella by Starlight 08/ As Time Goes By 09/ Bye Bye Blackbird 10/ 595 >>> Ron Carter - Dear Miles - 2007 - Blue Note. Distribution EMI.


Evan Shaw, Jean Martin: Piano Music (Barnyard - 2008)

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En jeunes ayant des choses à dire, Evan Shaw (saxophones) et Jean Martin (batterie) peuvent se permettre d’improviser jusqu’à faire naître Piano Music : titre à la frondeur facile pour disque rempli d’épreuves persuasives.

Bien sûr, Shaw ne peut cacher longtemps ses influences (Ornette Coleman, Dewey Redman) et Martin rappelle de ses airs secs un peu de John Stevens, mais le duo parvient à faire oublier les références au gré d’illuminations bienvenues : alto straight contre soprano en dérive, répétitions amusées, faux-airs contemplatifs ou, partout ailleurs, extraits indélicats de frénésie brute. L’improvisation pour toute réjouissance.


Evan Shaw, Jean Martin, Sweeter than a plastic bag. Courtesy of Barnyard.

CD: 01/ Sweeter than a plastic bag 02/ Warren brings his lunch 03/ A strong glue is not necessary 04/ Me softly with his kill 05/ Sandwiches and a dip in the pool 06/ Wedged under the front of $0.99 07/ Rattlebag Jimmy 08/ Moose Clock 09/ Which way to Domino's? 10/ Philosophy of the world / Wiggins >>> Evan Shaw, Jean Martin - Piano Music - 2008 - Barnyard Records.



@c: Up, Down, Charm, Strange, Top, Bottom (Cronica Electronica - 2008)

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Les Portugais Miguel Carvalhais et Pedro Tudela, ou @c, travaillent à une musique électroacoustique en passe de perdre son acoustique mais convaincante quand même.

Sur Up, Down, Charm, Strange, Top, Bottom, trouver quelques combinaisons malignes : de field recordings européens et de reverses velléitaires, de souffles effacés par le mouvement soudain d’un archet sur violoncelle, et de digressions électroniques qui refusent la fadeur généralement partagée par les défenseurs d’ambient nébuleuse. 

Ailleurs, retravaillés, une guitare, un saxophone et quelques percussions, et le fruit étrange du travail minutieux d’un réducteur de voix, parachèvent la performance.

CD: 01/ 62 02/ 71 03/ 72 04/ 61 >>> @c - Up, Down, Charm, Strange, Top, Bottom - 2008 - Cronica Electronica.


Nicola Ratti: From the Desert Came Saltwater (Anticipate - 2008)

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Dans les pas de Giuseppe Ielasi, Nicola Ratti expose sur From the Desert Came Saltwater une ambient pop sortie de guitares électriques aux cordes plus ou moins tendues, parfois tremblantes, augmentées ici d'un murmure de voix déjà lointaine, là, de coups discrets portés sur un kit minimal de batterie. Le charme, résidant dans les structures mouvantes, longues au point de s'égarer souvent en détours inattendus.

CD: 01/ Cartographic Acrobate 02/ Above 03/ Voluta Musica 04/ Coconut 05/ Dew & Curfew 06/ Beneath [Extraits en écoute] >>> Nicola Ratti - From the Desert Came Saltwater - 2008 - Anticipate Recordings.


Barkingside: Barkingside (Emanem - 2008)

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Emmené par la clarinette d’Alex Ward, le groupe Barkingside donne dans une improvisation qui connaît ses classiques et qui, comme eux, fait souvent référence au jazz.

Comme sur Alopekis : introduction évoquant Gershwin avant de rompre devant un grand exercice de free entendu, sec et frénétique. Le piano d’Alexander Hawkins, ensuite, de répéter ses phrases pour imposer au groupe la démarche circulaire de Basenji, tourbillon chaotique bientôt interrompu par quelques sifflements et grattements, comme Carnauzer hésitera plus tard entre retenue et laisser-aller ravageur.

Enregistré à l’occasion de concerts donnés en 2006 et 2007, Barkingside en offre assez sur chaque titre pour que l’auditeur soit autorisé à faire une pause, et assez sur l’ensemble pour qu’il s’estime en droit d’attendre une suite.

CD: 01/ Alopekis 02/ Basenji 03/ Carnauzer >>> Barkingside - Barkingside - 2008 - Emanem. Distribution Orkhêstra International.


Spontaneous Music Ensemble : Bare Essentials 1972-3 (Emanem, 2008)

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D’enregistrements qu’il possédait sur cassettes, le saxophoniste Trevor Watts a composé Bare Essentials, compilation d’improvisations nées de sa collaboration en duo avec John Stevens entre 1972 et 1973.

Deux disques reviennent sur les efforts à mettre du compte au Spontaneous Music Ensemble, qui donnent à entendre Stevens passant de la batterie au cornet pour répondre aux injonctions de Watts. Dialogues décousus, élans pseudo-rythmiques et déferlements baroques, ou duo d’instruments à vents amassant leurs plaintes pour évoluer ailleurs en parallèles susceptibles de dévier, tout célèbre l’improvisation sauvage : tourmentes européennes envoûtées par une expression altière.

Spontaneous Music Ensemble : Bare Essentials 1972-3 (Emane / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1972-1973. Edition : 2008.
2 CD : CD1 : 01/ In The Midlands 02/ In The Middle 03/ Three Extracts 04/ Por Phil - CD2: 01/ Newcastle 72A 02/ Newcastle 72B 03/ Open Flower 1 04/ Open Flower 2 05/ Open Flower 3 06/ Open Flower 4 07/ Open Flower 5 08/ Open Flower 6 09/ Open Flower 7 10/ Opening The Set 11/ Beyond Limitation 12/ Lowering The Case
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Iannis Xenakis: Béton armé (Bvhaast - 2008)

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La musique de chambre de Xenakis dans l’interprétation qu’en donnent les Néerlandais Nora Mulder (piano) et Bas Wiegers (violon) – ou Duo 7090 – en compagnie d’autres instrumentistes recommandés par Béton Armé : ouvrage nécessitant aussi la présence d’un trombone et d’un trio de cordes.

En solo, duo ou trio, les musiciens servent donc des pièces à la timidité rognée par une fièvre hallucinatoire ou sur lesquelles les répétitions font figure de leurres appropriés tant la partition peut paraître récalcitrante. Au trombone, Koen Kaptijn rend lui aussi quelques hésitations (Keren), quand Mulder et Wiegers précipitent un discours plus affirmé sur Dikthas.

Et puis, les cordes, exprimant au son de l’archet insistant et d’aigus contrariant l’efficace progression des choses sur Ikhoor, révèlent une autre terre de contrastes, peinte partout sous couvert d’un Béton armé impromptu dont on a soigné la résolution sonore tout autant que l’exécution. 

CD: 01/ Evryali 02/ Mikka 03/ Mikka S 04/ Keren 05/ Ikhoor 06/ Dikhthas

Iannis Xenakis - Béton armé - 2008 - Bvhaast. Distribution Orkhêstra International.



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