Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Stroke by Stroke (Organized Music from Thessaloniki, 2011)

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Dimitra Lazaridou-Chatzigoga joue de la cithare et taquine des objets. Elle peut être accompagnée (cela arrive deux fois) par Michalis Kyratsous, qui taquine des objets lui aussi. Ce ne sont peut-être pas des instantanés de l’Athènes d’aujourd’hui qu’elle signe sur Stroke by Stroke. Car ce sont des images bizarres qui ressemblent à des collages – j’ai pensé à un moment à ceux de Jiří Kolář .

Sur les clichés de Lazaridou-Chatzigoga, on voit des drones brisés (oui, on les voit), de petits moteurs lancés à terre, un bras de machine à coudre, un gong qui fait illusion, tout ça amassé de façon artisanale. Le comble est que, derrière tout ça, il y a un sens. Ce sont en fin de compte vingt-et-un merveilleux à-peu-près de musique expérimentale, chargés de poésie, que Dimitra Lazaridou-Chatzigoga livre en guise de « nouvelle musique pour cithare ». On ne l'espérait pas. Mais il faut avouer que, maintenant, elle nous enchante.  

Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Stroke by Stroke (Organized Music from Thessaloniki)
Enregistrement : 2010-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Gargaretta 02/ Qualia 03/ Wolf 04/ Clinkers 05/ Atonement 06/ Intermittent 07/ To Detach Oneself 08/ Unicorn 09/ Emergency 10/ each and Every 11/ Any and All 12/ Woody Woodpecker 13/ Parasite 14/ Insect 15/ Operators 16/ Torrent 17/ Dorodango 18/ reattach Oneself 19/ The Instance 20/ Common Ground 21/ Sleep Talk
Héctor Cabrero © Le son du grisli



WPB3 : A Floating World (Mikroton, 2011) / Heddy Boubaker, Soizic Lebrat : Quasi souvenir (Petit label, 2011)

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La troisième des quatre pièces improvisées consignées sur A Floating World évoque l’interrogation incomplète qui occupa jadis Keith Rowe, Urs Leimgruber et Michel Doneda : No Difference Between a Fish, affirme ici WPB3 – soit : Nusch Werchowska (piano, objets), Mathias Pontevia (percussions) et Heddy Boubaker (saxophones alto et basse). La question serait donc celle, posée à nouveau, de l’affirmation d’une présence ou de plusieurs sur un exercice improvisé de genre délicat, voire discret. Y réussir tiendrait de l’adéquation mystère ; tout perdre serait le risque encouru à chaque intervention.

Les dosages du trio en question engendrent le plus souvent des morceaux de vaillance – écouter avec quelles façons il arrange les différents modules (rumeurs ombreuses, incertitudes inspirantes, dérives légères, répétitions étouffées, échappées mélodiques même) de Liquicy Rice – quand ce n’est pas, certes à de plus rares occasions, de tendres plages vaines – regretter cette fois l’échange virulent auquel se livrent, en fin de Deep South, White Heat, aigus de saxophone, emportements percussifs et accords impétueux.

Afin de trancher, retour à No Difference Between a Fish. Werchowska croulant sous les graves, Pontevia concédant à ses cymbales l’expression de clameurs animales, Boubaker, enfin, vrillant de cascades miniatures en dérapages ascensionnels. La pianiste à l’intérieur de son instrument, les rumeurs décideront dès lors du sort de l’improvisation : les dernières minutes d’A Floating World seront soufflantes. Après avoir affirmé leurs présences avec un art au final convaincant, les musiciens profitent d’un autre savoir qu’ils ont en commun : celui de bien disparaître.

WPB3 : A Floating World (Mikroton / Metamkine)
Enregistrement (par Benjamin Maumus) : 5, 6, 7 Novembre 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Liquicy Rice 02/ Deep South, White Heat 03/ No Difference Between a Fish 04/ The Wrinkles of the System
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En juin 2010, pour donner suite à Accumulation d'acariâtres acariens, Heddy Boubaker improvisait avec Soizic Lebrat (violoncelle) les sept pièces d’un Quasi souvenir enregistré par Benjamin Maumus et publié par Petit Label. Dissident du précédent, Berceuse vénéneuse ou Fièvre latente mutante : autant de titres à consonances donnés à des morceaux d’une toute autre inspiration. En effet, deux pratiques instrumentales assises s’y invectivent, l’une sifflant l’autre maugréant, lorsqu’elles n’adoptent pas une position de repli où fomenter de nouvelles et brillantes attaques (sur lignes grêles ou horizons abstraits). Lui aussi mal nommé, le disque est mémorable.


Chris Watson, Marcus Davidson : Cross-Pollination (Touch, 2011)

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Redisons-le : en matière de field recordings et d’ambient, le label Touch supplante largement tous ses concurrents. L’an dernier, l’extraordinaire Jana Winderen et son Energy Field nous avait emmenés dans un fascinant voyage dans les eaux polaires – l’exercice déplaçait les profondeurs matérielles ET spirituelles largement au-delà de tous les clichés de la National Geographic, le tout dans une qualité sonore admirable qu’on ne retrouve que sur la structure britannique, alors que le cru printemps/été 2011 de la maison fondée par Jon Wozencroft nous transporte de l’autre côté de la planète.

Laissant de côté les eaux glacées du Grand Nord, Chris Watson (oui, celui de Cabaret Voltaire) a promené ses micros dans le désert du Kalahari en Afrique du Sud et nous en a ramené un formidable témoignage des harmonies animales – fameuse découverte. Enregistrées entre le coucher et le lever du soleil, la nuit donc, réduites en une pièce de 28 minutes, les sonorités de Midnight at the Oase dévoilent une richesse sonore inouïe, à rendre pâlotte toute tentative musicale humaine, de la plus réfléchie à la plus spontanée.

Et ce n’est pas tout puisqu’en second rideau, l’artiste anglais est rejoint par Marcus Davidson (dont nous ignorons tout à part le nom) dans une Bee Symphony enregistrée en live à l’université de York l’an dernier. Son titre l’indique, la pièce explore les interactions harmoniques entre le bourdonnement des abeilles et un chœur humain (à cinq voix dans notre cas). Si la composition met un peu de temps à se mettre en place, elle révèle un lot d’émerveillements inattendus, quelque part entre György Ligeti et Philip Glass quand ce dernier intégrait la musique chorale à son Koyaanisqatsi (plus exactement, le passage où un Boeing 747 de United Airlines surgit des brumes de pollution). C’est wow !

Chris Watson, Marcus Davidson : Cross-Pollination (Touch / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01/ Chris Watson : Midnight at the Oasis 02/ Chris Watson & Marcus Davidson : The Bee Symphony
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Rova:Zorn : The Receiving Surfaces (Metalanguage, 2011) Rova:Zorn : The Receiving Surfaces (Metalanguage, 2011)

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Cet enregistrement du Rova augmenté de John Zorn (concert daté du 28 août 2010) célèbre le non-anniversaire du premier concert donné par le quartette (concert daté du 4 février 1978).

Ces deux « receiving surfaces » (pas d’édition CD) saisissent la progression d’un importun inspiré au sein d’une coterie éprouvée, l’opposition servant évidemment d’une autre manière l’impétueuse musique de chambre du Rova. Des encombrements, les cinq saxophonistes tirent la force de leur mouvement perpétuel : cascades, poursuites, insistances, déviations et propositions individuelles seyants au puzzle d’ensemble malgré leurs excentricités, voire leurs différences.

La seconde face persiste et signe avec davantage d’emportements. Ainsi retrouve-t-on sur The Receiving Surfaces l’audace des meilleurs Rova (As Was sans doute premier de tous) en plus d'y découvrir John Zorn en musicien encore capable d'enthousiasme. De là à dire que nous frôlons ici le document historique…

Rova:Zorn : The Receiving Surfaces (Metalanguage / Rova:Arts)
Enregistrement : 28 août 2010. Edition : 2011.
LP : A1/ Arc Fuse A2/ Helicoid B1/ Saddle Scroll Song B2/ Arc Fuse
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Phillips, Jauniaux, Goldstein : Birds Abide (Victo, 2011)

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A Victoriaville, le 22 mai de l’année dernière, Barre Phillips, Catherine Jauniaux et Malcolm Goldstein avaient jugé utile de n’être qu’eux-mêmes et rien qu’eux-mêmes.

Sur scène, les voici donc investis, sourds aux distractions extérieures et sensibles aux sollicitations de chacun. Oui, unis et liés par cet art du délestement qu’ils n’ont plus à prouver mais à maintenir et à renouveler (ne change rien pour que tout soit différent disait tonton JLG dans ses Histoire(s) du cinéma). Alors, ils partagent, se rebellent, se suivent, s’opposent sans se disperser.

Les histoires amorcées par Catherine Jauniaux avortent ou sont rendues incompréhensibles par le phrasé fissuré de la chanteuse. Qu’importe : le tableau a déjà changé de teinte. Maintenant, ils tressent et détressent, rompent ou entretiennent l’unisson. Parfois, d’une mélopée incertaine surgissent les traces d’un chant ancestral. Parfois, le violon est maître alors que la contrebasse n’est que d’accompagnement ou de soulagement. Mais toujours d’écoute. Parfois duo, presque toujours trio. En résumé : poignant.

Barre Phillips, Catherine Jauniaux, Malcolm Goldstein : Birds Abide (Victo / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Birds Abide 02/ Mount G 03/ I on My Left Shoulder 04/ Igritz 05/ Pebbles 06/ Room 504
Luc Bouquet © Le son du grisli



John Chantler : The Luminous Ground (Room40, 2011)

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Essentiellement connu sous nos latitudes nordiques pour son apport au très réussi U de Tujiko Noriko, John Chantler se retrouve tout naturellement sur le label Room40 de son pote Lawrence English pour sa seconde tentative solo. Globe-trotter devant l’éternel (il a résidé au Japon avant d’émigrer à Londres), le musicien australien explore sur The Luminous Ground les dérives psychotiques en tout genre, pourvu qu’elles soient denses et saturées.

Essentiellement, vous l’avez deviné, psychédéliques et kaléidoscopiques, les aventures dessinées par Chantler déploient en filaments serrés des envies d’au-delà sous psychotropes – on pourrait vous resservir toute notre panoplie de mots en psy-machin, tiens. Toutefois, un vague sentiment d’abandon envahit rapidement l’espace à l’écoute de ses sept titres. Ne cherchant d’ailleurs jamais à caresser l’auditeur dans le sens du poil, ce qui est totalement respectable, l’homme de Brisbane oublie qu’en musique plus que dans tout autre art, l’expérimentation est une arme à double tranchant qui peut très vite terminer sa course planté dans un sol aussi aride qu’il est stérile.  

EN ECOUTE >>> Untitled #2

John Chantler : The Luminous Ground (Room40)
Edition : 2011
LP : 1/ Untitled 2/ Untitled 3/ Untitled 4/ Untitled 5/ Untitled 6/ Untitled
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli


Bridges (Machinefabriek, 2011)

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Il faudra dire comme les couleurs de ces quatre faces tournent, n’en formant plus qu’une par moments. Et aussi parler des sons qu’expulsent de la surface du vinyle la rotation choisie : 33 tours par minute pour le double disque qu’est Bridges.

Les « ponts » en question sont ceux que Gerco Hiddink a photographié (photographies découpées ensuite) pour confectionner ces deux picture-discs. Auprès de ces mêmes ponts, Rutger Zuydervelt (Machinefabriek) a recueilli des field recordings auxquels réagiront enfin une sélection d’improvisateurs. Arrangés par couples, ce sont Jim Denley et Espen Reinertsen, Burkhard Beins et Jon Mueller, Mats Gustafsson et Nate WooleyErik Carlsson et Steven Hess, que ces éléments d’environnement inspirent.

Le premier duo élabore ainsi une miniature atmosphérique jouant du vent et de chants d’oiseaux et d’abeilles ; le second lève une imposante pièce rythmique ; le troisième dépose une pièce constructiviste sur quelques chocs sourds ; le dernier évolue en souterrain sujet à courants d’airs monstres. Pour finir, DJ Sniff résumera l’ensemble en une poignée de minutes à télécharger sur internet. Rien à redire.

Jim Denley, Espen Reinertsen, Burkhard Beins, Jon Mueller, Mats Gustafsson, Nate Wooley, Erik Carlsson, Steven Hess, DJ Sniff : Bridges (Machinefabriek)
Edition : 2011.
LP1 : A/ Jim Denley, Espen Reinertsen : Bergerslagbroek B/ Burkhard Beins, Jon Mueller : Netterden Channel – LP2 : A/ Mats Gustafsson, Nate Wooley : Rhine B/ Erik Carlsson, Steven Hess : Waal
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Anla Courtis : The Torrid (Porter, 2011)

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Anla Courtis a déjà fait du bruit avec beaucoup de monde. Et sur The Torrid, il continue.

S’il persiste et signe, c’est que la collaboration l’inspire ! Il n’y a qu’à entendre l’avalanche qu’il déclencha en concert en 2005 avec Rick Potts (guitare, effets) et Joseph Hammer (enregistreur, microcontact, loops et guitare) : cataclysmique, et nous n’en sommes qu’au premier titre.

Avec RLW (kalimba, shaker), V/VM (sound source) ou MSBR et KK Null (electronics), il peaufine une noise asphyxiante d’une tout autre teneur, sournoise. Il revient avec le guitariste Bill Horist à un folk expé pour revenir au solo de guitare sous les tombereaux de batterie d’ARMPIT.

Et le meilleur, c’est que Courtis a gardé le meilleur pour la fin. En offrant des sons d’harmonica qu’il a collectionné à Daniel Menche ou en jouant les guitare-héros fatigués à côté de l’orgue à drones de Campbell Kneale. A ceux qui ne connaîtrait pas Anla Courtis, je répète qu’il a déjà fait du bruit avec beaucoup de monde. Et je conseille l’écoute de ce CD pour que commence leur exploration.

EN ECOUTE >>> Newsnight & Go-Fi sur le site de Porter Records.

Anla Courtis : The Torrid (Porter Records)
Enregistrement : 2003-2008. Edition : 2011.
CD : 01/ LA Noodles (avec Rick Potts & Joseph Hammer) 02/ Stone Returns (avec RLW) 03/ Go-Fi (Bill Horist) 04/ 20.000 Volts (avec MSBR & KK Null) 05/ Newsight 365 (avec V/Vm) 06/ Pocket Gallows (avec Armpit) 07/ Harmful Rainstorm (avec Daniel Menche) 08/ A Garden (avec Campbell Kneale)
Pierre Cécile © Le son du grisli


Manuel Mota, Jason Kahn : Espírito Santo (Mazagran, 2011)

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En lambeaux, comme effilochées, les deux longues pièces de ce disque enregistré à Lisbonne en octobre 2009 par Manuel Mota (guitare électrique) et Jason Kahn (percussion, synthétiseur analogique) exploitent – par effleurements et rêverie lente – les propriétés acoustiques d'un lieu au plafond particulièrement élevé et aux murs de briques.

Tout épars qu'il soit, le jeu de Mota n'en est pas moins ancré dans l'instrument, tandis que Kahn est à son plus discret, ou précisément à sa plus essentielle et influente discrétion. Indépendants, plongés dans un songe qu'ils semblent parfois ne partager que de loin, les deux musiciens sculptent un souffle, une rumeur éclairée de quelques lointains carillons presque éteints, dont l'effet hypnotique peut gagner ; on comprend alors les mots de JK : « Durant l'enregistrement, j'ai rapidement perdu la perception du temps pour flotter dans la catacombe sonore que nous étions en train de créer. »

A quel volume écouter ce beau disque ? Point trop fort, c'est la promesse de fantômes... Plus haut, le surgissement d'un monde long, délicatement vibrant.

EN ECOUTE >>> Extrait >>> Extrait

Manuel Mota, Jason Kahn : Espírito Santo (Mazagran / Metamkine)
Enregistrement : 23 octobre 2009. Edition : 2011.
CD : Espírito Santo
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Kris Wanders, Mani Neumeier : Taken By Surprise (Not Two, 2011)

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Dans la catégorie des hauts convulsifs, voici Kris Wanders et Brett Evans. Soit deux ténors œuvrant à pulvériser les bonnes mœurs et les mous phrasés. Blocs d’énergie brute, stratèges de la destruction directe, Brötzmann pourrait être leur modèle. Mais ce serait bien vite oublier que Wanders fut l’un des pionniers du free européen avant de s’en éloigner.

Le retrouver aujourd’hui, roc inébranlable et fougueux comme au premier soir, n’est pas chose à négliger. Comme ne le sont pas ses partenaires : Yosuke Akai, guitariste au jeu saccadé (entre Sonny Sharrock et Joe Morris) ; Rory Brown, contrebassiste coriace et pénétrant ; Mani Neumeier, co-leader avec Wanders du quintet et batteur à la frappe pittoresque. Soit un disque aux multiples brulures et à l’énergie sidérante.

Kris Wanders - Mani Neumeier Quintet : Taken By Surprise (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Oxymoron 02/ Taken By Surprise 03/ Not on Radio
Luc Bouquet © Le son du grisli



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